RAO
RAP
éloquence naturelle, qui entraînait même ses contradicteurs dans les conseils de guerre; mais il aimait le vin avec excès. Il avait été complètement mutilé sur les champs de bataille, où il reçut 60 blessures, et l'on put dire « qu’il ne lui restait rien d’entier que le cœur. « A. C.
RAON-L’ETAPE, ch.-l. de cant. (Vosges), arr. et à 20 kil. N.-N.-O. de Sl-Dié. sur la rive dr. de la Meurthe ; 3,222 hab. Ruines d’un château-fort du xiu' siècle. Commerce de grains et de bois de construction. Fabr. de calicots et de toiles, bonneterie, potasse, alênes et poinçons.
RAOUL ou RODOLPHE (Saint), archevêque de Bourges de 840 à H66, était fils d’un comte de Querey, issu de sang royal. Fête, le 21 juin.
Raoul ou Rodolphe de Bourgogne, roi de France, 923-936, et le second qui ait interrompu la suite régulière des Carlovingiens, élu roi pendant la captivité de Charles le Simple et la retraite en Angleterre de Louis d'Outremer , était fils de Raoul, duc de Bourgogne, et d’Adélaïde de Paris, et neveu de Boson. Il épousa Emma, fille de Robert, duc de France, et nièce du roi Eudes, marcha, en 922, au secours de son beau-frère, reconnu roi après la déposition de Charles le Simple, combattit auprès de lui à Soissons, où périt Robert, et fixa la victoire avec ses deux beaux-frères, Hugues le Grand, duc de France, et Herbert II, comte de Vermandois, 923. Il dut la couronne à la décision d’Emma, consultée par Hugues. Plusieurs fois attaqué, en Bourgogne même, par les Normands de la Loire, il les isola des Normands de Rollon, en cédant à ce duc une partie du Maine et le Bessin, 924, acheta, 923, 927, la retraite des premiers, les repoussa vigoureusement, 925, alla, avec Herbert II et Arnoul de Flandre, attaquer Rolloi,, à qui il enleva Eu, poursuivit en Artois, 926, les Normands aventureux, y eut son camp incendié par eux, fut reporté blessé à Laon, écrasa, 930, les Normands de la Loire dans le Limousin, enfin obtint, 933, l’hommage de Guillaume Longue-Epée, 2e duc deNormandie, à qui il accorda Coutances et Avratiches, dites “ les terres bretonnes, » et peut-être la suzeraineté sur la Bretagne. Dans l’E. , il eut à réprimer les incursions des Hongrois (appelés Bulgares par les contemporains), qui, dévastant, dès 924, la Provence et le comté de Toulouse, avaient passé, 926, dans le Verdunois et la Champagne; il les en chassa au moment où ils menaçaient Reims, et à deux reprises, 926, 927, les rejeta hors de France. Dans le S.-E., il ne put soutenir efficacement Hugues de Vienne, qui, roi d’Italie, aurait voulu, avec la protection et sous la suzeraineté de Raoul, conserver le royaume de Provence attribué à Rodolphe II, roi des Deux-Bourgognes; mais plus tard, 931, il reçut l’hommage du fils de Louis l’Aveugle, Charles-Constantin, réduit au comté de Viennois. Presque toujours méconnu par les peuples du S.-O., qui affectaient la fidélité à Charles le Simple pour demeurer indépendants, il n’obtint, 924, qu’au prix du comté de Bourges la soumission apparente de Guillaume il d’Aquitaine, ne fut réellement reconnu (malgré trois expéditions) ni par lui ni par son frère Acfred, dernier duc de la maison d’Auvergne, soumit, en 9.30, la province disputée entre les comtes de Toulouse et de Poitiers, et ne reçut qu’en 932 l’hommage de Raymond 111, comte de Toulouse, duc d’Aquitaine, comte d’Auvergne et marquis de Gothie. 11 obtint en même temps celui de Lope-Aznar, duc de Gascogne. An N.-E., il perdit la Lorraine, placée par Gislehert sous la suzeraineté du roi de Germanie, bon plus formidable ennemi fut sou beau-frère et ancien allié, Herbert, qui, mécontent de son exclusion du trône et gardant Charles le Simple comme un épouvantail pour Raoul, lui arracha ainsi Péronne et Reims. 11 ne put obtenir Laon, qu’Enuna défendit contre lui, mais fit reconnaître Charles, 92H, par Gislehert, Guillaume Longue-Epée, le pape Jean X, et Hugues le Grand lui-même. La cession de Laon conjura le péril ; Charles fut rejeté en prison, et y mourut, 9z9. Délivré de toute crainte, Raoul soutint Hugues contre Herbert, à qui il enleva, 931, Arras, Douai, Doullens, Amiens, Sl-Quentin, Ilam, les sièges de Reims et de Châlous, où il plaça de nouveaux prélats dont l’intronisation divisa l’Eglise pendant dix ans; enfin il contraignit Herbert à fuir en Germanie, et ne lui accorda la paix de Soissons, 935, qu’à la sollicitation de Henri Ier d’Allemagne et de Gislehert. Raoul mourut l’année suivante, 936.
Raoul, dit T Ardent, à cause de la vivacité de son zèle ou du genre de son éloquence, archidiacre du diocèse de Poitiers, suivit, eu 1101, Guillaume IX, comte de Poitiers, en Palestine, et l’on croit qu’il mourut pendant ce voyage.
Il a laissé des Homélies latines, Paris, 1567, 2 vol. in-8°, traduites eu français par Jeau Robert et Fremin Capitis.
Raoul de Caen , suivit Tancrède en Palestine en 1096 et écrivit les Faits et gestes du prince Tancrède pendant T expédition de Jérusalem. Cette Histoire, en latin, a été publiée par 4). Martène dans le t. ni de ses Anecdota, et par Muraton dans les Scriptores rerum italicarum mcdii œvi. Elle est traduite en français dans la collection de Mémoires relatifs à l’histoire de France par M. Guizot.