RAOUL-ROCHETTE. V. ROCHETTE
RAPAl.LO, v. du royaume d’Italie, port sur le golfe do son nom, à 26 kil. E.-S.-E. de Gênes; 10,018 hab.
RAPES, nom donné, dans l’anc. monarchie française, aux officiers des ordres du roi qui vendaient leurs charges en conservant le droit de se parer de l’ordre.
RAPHAËL, c.-à-d. Remède de Dieu, un des sept archanges qui sont devant le trône de Dieu , accompagna lobie de Ninive à Ragès, guérit Sara, fille de llaguel, qui était en proie au démon, et la fit épouser à Tobie, à qui il enseigna le moyen de rendre la vue à son père aveugle avec du fiel de poisson. Fête, le 12 septembre.
Raphaël sanzio, le plus grand des peintres modernes, né à Urbin en 1483, m. en 1520. Il reçut les premières leçons de son père, Jean Sanzio, artiste médiocre, mais fiu*i jugeant sagement ses propres forces et les dispositions d’un tel élève, l’envoya de bonne heure à Pérouse, auprès du Pérugin. Raphaël, qui allait aussi étudier à I lorence, ne tarda point à surpasser son maître. A 17 ans, il peignit, pour l’église St-Dominique, à Città-di- Castello, un St Nicolas de Tolentino et un Christ en croix, qui commencèrent sa réputation. Le Sposalizio ou Mariage de la Vierge (auj. à Milan) est daté de 1504. Ce fut vers ce temps que le Pinturicchio lui transmit la direction d’une grande entreprise, la peinture des faits mémorables de la vie de Pie II, dans la bibliothèque (depuis sacristie) de la cathédrale de Sienne. Avant que ces travaux, auxquels il eut la principale part, fussent achevés, Raphaël se rendit à Florence, pour étudier encore les chefs-d’œuvre que possédait le palais des Médicis. Les ouvrages qu’il exécuta depuis cette époque se rapportent à la seconde période de son talent, encore loin de son apogée ’. à l’entente parfaite de la perspective, à une grande pureté de lignes, qu’il avait acquises à l’école du Pérugin, s’ajoutèrent une touche plus large, plus de grâces dans le coloris, plus de vigueur dans les teintes, qualités dont il fut surtout redevable à l’étude des peintures de Masaccio, ainsi qu’aux conseils de Fra Bartolomeo. Son génie était puissamment excité par l’ambition d’égaler l’élégance et le style de Léonard de Vinci, l’énergie savante et l’ampleur de Michel-Ange, dont les cartons faisaient alors l’admiration de Florence. 11 disait, avec candeur et modestie, qu’il rendait grâces au ciel d’être venu au monde du temps de ce grand artiste. Comme types de la nouvelle manière de Raphaël, on peut citer la Vierge au chardonneret, la Déposition du Christ dans le tombeau |auj. au palais Borghèse, à Rome|, une Vierge dite la Belle Jardinière (au Louvrel, etune Assomption, peinte pour le monastère de Monte- Lucci. En 1508, Raphaël fut appelé à Rome par son oncle, Bramante, architecte de Jules II , et chargé d’orner de peintures à fresque les salles du Vatican. En trois années, il peignit, dans la salle délia Segnatura, quatre grandes compositions qui montrent un nouveau progrès de son talent, la Dispute du St-Sacremenl, V Ecole d'Athènes, le Parnasse, et la Jurisprudence. Puis il entra en lice avec Michel-Ange, en s'exerçant sur les mêmes sujets que ce grand artiste venait de peindre à la grande voûte de la chapelle Sixtine : de cette lutte sortirent les Sibylles et les Prophètes qui décorent l’église Santa-Maria-della-Pace , œuvres égales à celles de Michel-Ange pour le grandiose de la composition, supérieures pour la beauté et la grâce des figures, pour la noblesse aisée et naturelle des poses. Raphaël s’éleva plus haut encore dans la Galatée, qu’il peignit pour Augustin Chigi, et dans sa fameuse Vierge de Foligno (auj. à Rome). Reprenant ensuite ses travaux du Vatican, il en peignit la seconde salle ; là, dans une série de peintures, telles qu ' Helindore chassé du Temple, Attila arrêté par le pape»Léon le Grand, le Miracle de Bolsena , et l’Ange délivrant St Pierre, il représenta allégoriquement certains faits contemporains par des scènes antiques, et l’on reconnaît aux figures, qui sont d’admirables portraits, des allusions adroites et flatteuses à de grands personnages, ses protecteurs. A la mort du Bramante , 1514, commence la 3e manière de Raphaël. Il devient le véritable chef de l'école romaine, et le directeur de la plupart des travaux que Léon X faisait exécuter. Aussi habile dans l’architecture que dans la
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peinture, il donne, pour la basilique de S*-Pierre, des plans magnifiques, qui, malheureusement, ne furent pas exécutés; il fait construire au Vatican la Cour des Loges , il trois étages ou rangs de galeries, qu’il devait orner de 52 sujets sacrés, d’arabesques et de sculptures en stuc. Il élève les palais Berti et Vidoni, à Rome, et donne les dessins des palais Gandolfini et Uguccioni, à Florence. Au milieu de tant de travaux, Raphaël se fit aider par ses élèves; parmi les dernières peintures du Vatican, on ne cite guère comme étant totalement de lui que V Incendie de Dorgo- Vecchio. Il fit encore les portraits de Jules II, de LéonX, des cardinaux de Rossi et de Médicis, de Castiglione, de Jeanne d’Aragon, et le sien propre. Appelé à la cour de François Ier, il n’accepta pas les offres brillantes Je ce prince, mais peignit pour lui une Sle Famille et un Si Michel terrassant l'ange des ténèbres (auj. au Louvre). Au nombre des dernières œuvres de Raphaël , on cite V Histoire de Psyché dans le palais Ghigi , le tableau del Spasimo di Sicilia , la Vierge à la perle, la Vierge eu poisson, tous trois en Espagne, la Vierge aux quatre Pères de l’Eglise, St Jean dans le désert. Il travaillait à son chefd’œuvre, au chef-d’œuvre de la peinture, la Transfiguration de J.-C. (au Vatican), lorsqu’une courte et violente maladie, résultat de l’abus des plaisirs, l’enleva à l'âge de 37 ans; sa fin fut hâtée, dit-on, par la maladresse des médecins, qui, mal instruits des causes de son mal, achevèrent de l’épuiser en le saignant. Jules Romain, son élève, -acheva le tableau de la Transfiguration. Les restes de Raphaël furent déposés à l’église de S,e- Marie- de -la- Rotonde (le Panthéon), dans une chapelle de la Vierge, dont il prescrivit la fondation par son testament. Raphaël avait des manières nobles, un esprit vif et élevé, un grand fonds de modestie. Son vrai portrait est, dans ses toiles, toujours à côté duPérugin; on le voit dans V Ecole d' Athènes , à l'extrême droite : sa figure a de la grâce, bien qu’il ait le nez fort, la lèvre hors ligne, le teint olivâtre, le cou long et grêle; sa taille est un peu courte. La maîtresse dont l’amour l’inspira, et qui est appelée la Fornarina ( la boulangère), figure dans VHéliodore et dans le Parnasse sous les traits de Clio ; dans la Transfiguialion, c’est la femme agenouillée qui tourne la tête. Les compositions de Raphaël se distinguent par la richesse de la pensée, la noblesse de l’ordonnance, une majesté qui n’exclut point la grâce, par l’heureuse disposition des groupes, la variété des attitudes, la beauté des draperies, une vigueur sans exagération, une naïveté exempte de froideur. Ses Vierges surtout ont une expression de beauté céleste que l’on n’a jamais égalée. D'autres peintres ont pu posséder certaine qualité plus complète, mais aucun ne réunit comme lui toutes les qualités. «La grâce de Raphaël, dit Girodet, est noble et divine : elle ravit, on l’adore... Il a élevé l’art de la peinture au plus haut degré qu’elle ait pu atteindre depuis le siècle d’Alexandre. » Raimondi a popularisé les œuvres de Raphaël par la gravure. Raphaël avait fait 12 cartons ou dessins coloriés qui devaient être exécutés en tapisserie à Bruxelles ; 7 de ces cartons décorent auj. une galerie du château d’IIamptoncourt ; les 5 autres ont été perdus. Les cartons d’Hamptoncourt représentent la Pèche miraculeuse, Jésus donnant les clefs à St Pierre, St Jean guérissant un boiteux à la porte du Temple, ta Mort d’Ananie , St Paul frappant Elymas de cécité, St Paul et St Barnabe à Lystres, et St Paul prêchant à Athènes. La cathédrale de Meaux possède la copie de ces tableaux, et celle de la Lapidation de St Etienne et de la Conversion de St Paul, dont les originaux n’existent plus; il y a , à la bibliothèque S'®- Geneviève de Paris, une belle copie de l’ Ecole d’ Athènes, par M. P. Balze. Citons encore, parmi les œuvres de Raphaël : Sle Cecile, à Bologne; la Madone de St Sixte, à Dresde; la Vierge à la chaise, à Florence; la Vierge au candélabre, à Londres; la Vierge au voile, à Paris; la Vierge d'A/be, à Sl-Pétershourg; Sle Marguerite, à Paris. La Vie de Haphaël a été écrite en français par Quatremère de Quincy, 1824, in-8®; en allemand, par Passavant, 1844. B.
RATHAEL (saint-), vge (Var), arr. et à 33 kil. S.-E. de Draguignan ; 1,143 hab. Petit port de pêche. Bonaparte y débarqua à son retour d'Egypte, et, eu 1814, s’y embarqua pour l’ile d’Elbe.
RAPHELENG (François Ravlenghien, dit) , né en 1539 à Lannoy près de Lille, m. en 1597, fut d’abord commerçant à Nuremberg, professeur de grec à Cambridge, puis devint correcteur de Plantin, dont il épouoa la fille en 1565, et lui succéda dans son imprimerie. Les éditions publiées par lui sont fort belles, mais moins pures que celles de son beau-père. Il est auteur d’un Lexique arabe, l.eyde, 1613, in-4°, et d’un Dictionnaire chaldatque, inséré dans l 'Apparat de la bible polyglotte, 1571. Ç.
RAPHIA , v. et port de Palestine , au S. de Gaza , près de la frontière d’Egypte. Victoire de Ptolémée IV sur Antiochus le Grand, 216 av. J.-C. Auj. Refah ou lletha.
RAPIIIDIM, lieu de l’Arabie Pétrée , près du mont Horeb. Selon la Bible, ce fut le 11° campement des Hébreux ; Moïse y fit jaillir l’eau d’un rocher, et Josué y vainquit les Amalécites.
RAPIIŒ , Rapotum , brg et paroisse d’Irlande , comté et à 38 kil. N.-E. de Donegal; 8,400 hab. Son évêché a été supprimé en 18.35 ; bibliothèque. On remarque la cathédrale et le palais épiscopal.
RAPIDA CASTRA, nom anc. de Coi.éah.
RAPIDE, rivière des Etats-Unis (Nebraska). Source dans les Black-Hills , par 43° 50’ lat. N. et 108° long. O. ; cours de 730 kil. , à l E. , après lequel il se jette dans le Missouri , par 42° 30’ lat. N. et 102® long. O. Navigation difficile.
RAPIN (Nicolas) , né vers 1540 à Fontenay-le Comte , m. en 1608, fut avocat au Parlement de Paris, remplit successivement les charges de vice-sénéchal de Fontenay, de lieutenant de robe courte, et de grand-prévôt de la connétablie. 11 servit avec zèle Henri IV, signala son courage à la bataille d’ivry, et eut une large part dans la composition de la Satire Ménippée. On a publié les OEuvres latines et françaises de N. Rapin, 1620, in-4°, qui contiennent 2 livres d’épigrammes latines, des vers français mesurés à la manière des Grecs et des Latins, des traductions ou imitations ( Satires et Epilres d'Horace, Art d’aimer d'Ovide, Psaumes de la Pénitence, le 28e chant du Roland furieux) , etc. J. T.
rapin (René) , né à Tours on 1621 , m. en 1687 , entra chez les Jésuites en 1639, professa les belles-lettres, et publia alternativement des écrits de piété et de littérature, qui ont fait dire qu’il servait Dieu et le monde par semestre. On a de lui des Eglogues sacrées ( Ectogœ sacræ) 1654 , in 4®, et un poëme des Jardins ( Hortorum , hbri iv ), 1665 , in-4®, ou 1780, in-12, qui lui valurent un rang très-distingué parmi les poètes latins modernes. Malgré l’abus de la mythologie, son poëme des Jardins est ingénieusement composé et fort élégamment écrit. Il a été traduit en vers anglais, en vers italiens, et, en prose française, par Dourxigné, 1773, in-12, et par Voiron et Gabiot, 1782, in-8°. Les poésies latines de Rapin , parmi lesquelles se trouvent un poëme héroïque, Christus patiens , des Odes , etc., furent réunies en 1681 , 2 vol. in-12. On a encore de Rapin : De la perfection du christianisme , De l’importance du salut , etc., publiés en 1725, 3 vol. in-12. Comme littérateur, Rapin a donné: Comparaison d'Homère et de Virgile, 1668; — de Déinoslhène et de Cicéron, 1670; — de Platon et d’Aristote, 1671 ; — Réflexions sur I éloquence , 1672; — Sur la Poétique d’Aristote, 1674; — Sur la Philosophie ancienne et moderne , 1676. La critique manque de précision , et le style n'en est plus suffisamment correct; ou peut cependant tirer quelque profit de cette lecture. J. T.
rapin-thoyuas I Paul) , historien , neveu de Pellisson, né à Castres en 1661, m. en 1725, fut d'abord avocat; mais , craignant de se voir fermer la magistrature comme protestant, il embrassa la proiession des armes. Forcé de quitter la France par la révocation de l'édit de Nantes, il passa en Hollande, suivit le prince d’Orange ( Guillaume III) en Angleterre , fut blessé au siège de Limcrick , puis appelé en Angleterre pour être gouverneur du jeune duc de Port land. On a de lui une Histoire d'Angleterre , La Haye, 1724,
8 vol. in-8®, souvent réimprimée , et dont l'édition la plus complète est celle de La Haye (Paris) , 1749 et suiv., 16 vol. in-4°; une Dissertation sur les whigs et les torys , La Haye, 1717, in-4®. Rapin est un historien savant, mais partial , diffus et froid.
KAPOl.LA , v. du roy. d’Italie (Prov. de Potenza), à 6 kil. S. -S. -O de Melfi; 3,490 hab. Jadis évêché, transféré à Melfi en 1528.
RAPOTUM , nom latin de Rapike.
RAPP ( Jean, comte), né à Colmar en 1772, m. en 1821, servit sous Custine, Pichegru, Moreau et Desaix , et suivit ce dernier en Egypte comme aide-de-camp. Desaix ayant été tué à Marengo , ltapp devint aide-de-camp de Bonaparte , et , en 1802, fut chargé d’aller annoncer aux Suisses l’intervention de la France dans leurs troubles politiques. Un brillant fait d’armes à Austerlitz lui valut le grade de général de division. 11 se fit admirer à léna, et surtout à Golymin , 1806 , où il reçut 9 blessures dans la même jour née. Gouverneur de Thorn , puis de Dantzick , il combattit à Essling, et fit la campagne de Russie, en 1812, après laquelle il soutint héroïquement, pendant une année, le siège de Dantzick. Retenu prisonnier, malgré la capitulation qui stipulait qu’il pourrait rentrer eu France avec ses