‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 395 sur 864 · RÉGIMENT DE T, A CALOTTE V. CALOTTE · texte numérisé non relu

RÉGIMENT DE T, A CALOTTE V. CALOTTE

REG1X A CASTRA ou REGINUM, v. de la Vindélicie; auj. Batisbonne.

REGINON , chroniqueur, né à Altrepium sur le Rhin, d’une famille noble, entra de bonne heure au couvent de Prüm , en fut abbé de 892 à 899 , et passa au couvent de S^Maximin à Trêves, où il mourut en 915. Il a laissé : 1° une Chronique, de la naissance de J.-C. à l’an 907, continuée par un moine du couvent de Trêves jusqu’à 977, publiée à Mayence, 1521, in- fol., puis par Pistorius dans les Rerum germanicarum scriplores , Francf., 1583, et par Pertz dans les Monumenta Germaniœ historica, Hanovre, 1826; 2° un recueil de Canons , publié par Baluze sous le titre de Ecclesiaslicis disciplinis et religione christiunâ, Paris, 1671, et de nouveau par Wasserschlcben, Leipzig, 1840, in-8°; c’est un véritable manuel du droit canonique en vigueur dans les Gaules au ixe siècle , et destiné à guider les évêques dans l’exercice de leur juridiction.

REGINUM. V. Reoina castra.

REG10DUNUM, nom latin de Dun-le-Roi et de Duneur-Meuse.

REGIOMONTANUS ( Jean Muller, dit), astronome, né en 1436 près de Kœnigsberg (Saxe-Hildburghausen ), dont le nom signifie mont royal ( regius mons |, m. en 1476, élève et ami de Purbach, fit un cours de mathématiques à Vienne, se rendit en Italie, à la suite du cardinal Bessarion, 1461, pour se fortifier dans la langue grecque, enseigna avec grand succès l’astronomie à Padoue en 1463 , fut appelé à Bude par Mathias Corvin, fonda une imprimerie à Nuremberg, 1471, et fut attiré à Rome par le pape Sixte IV. 11 y mourut de la peste, ou, suivant d’autres, assassiné par le fils de George de Trébizonde, dont il avait critiqué les ouvrages. Il est, avec Purbach, un des régénérateurs de l’astronomie; tous deux ont reconnu les invraisemblances du système de Ptolémée. Ils publièrent ensemble, à la demande de Bessarion , un abrégé, en langue latine, de l 'Almagesle de Ptolémée, Venise, 1496, iu-fol.Regiomontanus adonné seul : Ephemeridss

astronomicæ, Nuremberg, 1475, in-4°; Tabula magna primi mobilis, ibid. , 1475; Kalendarium nocum, ibid., 1476, in-4°; de Reformatione calendarii, Venise, 1484; Tabulas direelionum profectionumque, Venise, 1485, in-4°; Problemata xvi de cometœ longitudine , magnitudine et loco vero, 1531; de Triangulis planis et sphericis libri v , una cum tabulis sinuum, 1511, etc. -• V.

RÉGIS (Sl-Jean-François) , né en 1597 au village de Foncouverte, diocèse de Narbonne, m. en 1640, Jésuite célébré par sa piété , son dévouement à ses devoirs , et son zèle pour la religion. Clément XI le béatifia en 1716 , et Clément XII le mit au rang des saints en 1737. Fête, le 16 juin.

régis (Pierre-Sylvain leroy , dit) , philosophe cartésien, né en 1632 à Salvetat de Blanquefort (Agénois), m. en 1707, étudia la théologie à Cahors et à Paris, fut initié par Rohault à la philosophie de Descartes , et alla en 1665 la propager à Toulouse et à Montpellier. Il revint à Paris en 1680 ; mais l’archevêque de cette ville, Harlay, attaché à l’ancienne philosophie, fit fermer son école. On a de lui : Système de philosophie , Paris , 1690, 3 vol. in-4°; L’usage de ta raison et de la foi, 1704, in-4° ; Discursus philosophions in quo historia philosophiæ antiques et recentioris recensetur , 1705 , in-12. Régis était membre de l’Académie des Sciences.

régis ( J.— B. ) , Jésuite français, missionnaire à la Chine et géographe habile , dressa , de concert avec les PP. Bouvet, Jartoux, Fridelli , Cardoso, la carte générale des Etats de l’empereur Khang-Hi, 1708-15. Cette œuvre fut achevée en 8 années, et, malgré les travaux et les voyages qu’elle nécessita , le P. Régis recueillit encore un grand nombre d’observations curieuses sur les pays qu’il avait parcourus. En 1724, il prit part aux discussions que les missionnaires eurent à soutenir devant l’empereur Young-Tching pour empêcher la proscription du christianisme à la Chine. Il a fait une traduction latine de VY-Hing , livre classique chinois, publiée par J. Mohl , Stuttgard , 1834-39 , 2 vol. in-8°.

REGIUM. V. Riiegium.

REGIUS (Henri Leroy ou Duroy , dit) , né à Utrecht en 1598, m. en 1679 , professeur de médecine dans sa ville natale, fut un des premiers à soutenir la circulation du sang. D'abord partisan des doctrines de Descartes , il s'en écarta ensuite , et fut publiquement désavoué par ce philosophe en 1647. On a de lui : Pliysiologia , 1641; Fundamenta physices , 1647; Eiplicalio mentis humants , 1648; Pliilosopliia naluralis, 1661.

REGMALARD. V. Remalard.

REGNARD (Jean-François), célèbre poète comique, né à Paris en 1655, m. en 1709, faisait des vers avant douze ans , et fut élevé avec distinction. Comme il finissait son éducation, à l’âge de 20 ans , il perdit son père, se trouva maître d'une belle fortune, put se livrer à son goût pour les voyages et les plaisirs, visita deux fois l’Italie , en 1676 et 1678 , mena grand train, s’adonna au jeu et y fut heureux, et s’éprit d’une jeune Provençale, qui consentit à le suivre en France. S’étant embarqué, il tomba, avec elle, entre les mains de pirates qui l’emmenèrent à Alger, où il fut vendu comme esclave, puis conduit à Constantinople. Il demeura deux ans en captivité, et put enfin se racheter pour 12,000 francs. Cette aventure ne le guérit pas de sa passion pour les voyages, et, en 1681, il partit pour le Nord, et s’avança jusqu'en Laponie. De là il revint en Pologne, en Allemagne, rentra en France vers 1683, et se fixa à Paris, où il acheta une charge de trésorier de France. Sa maison, séjour des plaisirs et de la bonne chère, fut fréquentée par le petit-fils du Grand Coudé et par le prince de Conti. Il occupa ses loisirs à la culture des lettres, répondit à la Satire de Boileau contre les Femmes par une Satire contre les Maris, 1694, et vengea son nom , malignement placé dans 1 ' Epilre X , par le Tombeau de M. Boileau-Despréaux , 1695 , ouvrages , du reste, assez faibles. Plus tard, les deux poètes se réconcilièrent. Regnard rencontra mieux sa vocation en travaillant pour la scène comique. Il donna ses premières pièces au Théâtre-Italien [Attendez-moi sous l'orme , et la Sérénade 1 694 ; la Foire de Sl-Germain, 1695 ; les Momies d'Egypte, et le Bal, 1696) , et les fit, pour la plupart, en collaboration avec Dufresny ; elles sont médiocres. Celles qu’il fit seul pour le Théâtre-Français sont bien supérieures ; les principales sont : le Joueur, en 5 actes, 1696 ; le Distrait, en 5 actes, 1697 ; Démocrite, en 5 actes, 1700; le Retour imprévu, 1 acte, en prose, 1700; les Folies amoureuses, en 3 actes, 1704 ; les Ménechmes,ou les Jumeaux, on 5 actes, 1705; et le Légataire universel , en 5 actes, 1708; toutes sont en Yers. Au point de vue de l’action, elles sont mieux montées

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peut-être, plus intriguées et mieux dénouées que celles de Molière ; la liaison et la rapidité des scènes ne laissent pas un instant de trêve. Toujours gai , plaisant et aisé , Regnard provoque un rire franc et naturel, en peignant au vif les mœurs de la fin du règne de Louis XIV, le jeu effréné, l’amour du vin, l’hypocrisie en religion et en conduite. Il cherche à s’amuser lui-même en amusant les autres, et toujours il laisse au spectateur à tirer la morale de ses piétés. Le style, à la hauteur des plus grands comiques, est gai, franc, plein de naturel sans trivialité ; les images en sont vives, les expressions puisées au vrai fond de la langue. Boileau a dit de lui « qu’il n’était pas médiocrement gai •>, et Voltaire : « qui ne se plaît pas à Regnard, n’est pas digne d'admirer Molière. » C’est notre plus grand poète comique après lui. Outre ses nombreuses pièces, imprimées pour la plupart de son vivant, on a de lui : Voyage en Flandre , etc. , 1731 ; la Provençale , 1731 ; Voyage en Normandie , en prose et en vers. Les OEuvres de Régnai d ont été publiées par G. Garnier, 1789-90, fi vol. in-8°, réimprimées en 1816 et 1820; par Crapelet, 1823, 6 vol. iu-8»; par M. Alfred Michiels, 1855, 2 vol. in-8°. F. B.

REGNAULT | Michel-Louis-Etienne) , dit de Sl-Jeand'Ângély , né en 1760 à Sl-Fargeau , d’un président de tribunal, m. en 1819, fut reçu avocat en 1781 , et devint, l'année suivante, lieutenant de la prévôté de la marine à Rochefort. Député aux Etats-Généraux de 1789 parle tiersétat du bailliage de Sl-Jean-d’Angély , il y apporta des opinions modérées, et publia le Journal de Versuilles. Il s’attacha au parti qui voulait sauver la monarchie , n’échappa aux proscriptions du 10 août 1792 qu’en se condamnant à une réclusion volontaire , fut découvert et arrêté à Douai en 1793, retenu en prison jusqu’à la chute de Robespierre , obtint alors un emploi à l’armée d'Italie , s’attacha à la fortune de Bonaparte , et le seconda au 18 brumaire. Il fut nommé successivement conseiller d’Etat, président de la section de l'Intérieur au conseil d’Etat, secrétaire de l’Etat de la famille impériale, comte de l’Empire , procureur-général près de la Haute-Cour. Fidèle à Napoléon Ier, il repoussa les offres des Bourbons en 1814, plaida en 1815 à la Chambre les intérêts de Napoléon II , passa en Amérique, ne rentra en France qu’en 1819, et mourut peu d'heures après son arrivée. Il avait coopéré de 1789 à 1793 , au Journal de Paris , et publié , avec Duquesnoy , l’ Ami des patriotes , 1791, 4 vol. in -8°. B.

REGNAULT (Jean-Baptiste), ptintre d’histoire, né à Paris en 1754 , d’une famille pauvre, m. en 1829, s’engagea comme mousse , fit plusieurs voyages au long cours , et, même dans cette position, montra beaucoup de goût pour le dessin. Rentré en France, et ayant quitté le service de la mer, un peintre obscur, Bardin, l’emmena à Rome, où il se livra avec ardeur à l’étude. Il revint ensuite à Paris , où il remporta , à l’âge de 22 ans , le grand prix par un tableau A' Alexandre et Diogène , fut agrégé à l’Académie de peinture en 1782 sur la présentation du tableau d 'Andromède et Persée , et , en 1783 , élu membre de l’Académie avec un tableau de V Education d'Achille, œuvre d’un haut style et l’une de ses meilleures productions. Régnault fit partie de l'Institut dès sa création. Parmi ses œuvres, qui toutes ont plus de grâce que d’énergie, on cite le Déluge , Mars désarmé par Vénus , Socrate et Alcibiade chez Aspasie , la Mort d' Adonis , les Trois Grâces, l'Amour endormi , Jupiter enlevant lo , le Triomphe de la Paix , etc. Il eut pour élèves Guérin, Hersent, Blondel, Richomme.

REGNE VILLE, vge ( Manche), arr. et à 10 kil. O.-S.- O. de Coutances ; 486 hab. Bureau de douanes, entrepôt de sel. Exploit, de marbres.

REGNIER (Mathurin) , poète satirique, né à Chartres en 1573 , d’une bonne famille de bourgeoisie, in. à Rouen en 1613, était, par sa mère, neveu du poète Desportes, qui lui donna les premiers principes de jtersification. On le destinait à 1 état ecclesiastique, et il fut tonsuré dès l’âge de 9 ans. En 1593, il suivit à Rome le cardinal de Joyeuse passa dix ans près de lui, puis s’attacha au comte Ph linpe de Béthune, ambassadeur à Rome de 1601 a 1605. Il dut à ces circonstances de connaître la langue et la littérature italiennes. Après une longue attente” il obtint par dévolu un canonicat dans l’église Notre-Dame de Chartres, 1604. Le maréchal d’Estrées lui fit accorder une abbaye de 5,000 livres de rente, et Henri IV lui donna, en 1606, une pension de 2,000 livres sur l’abbaye des Yaux-de Cernay . Désormais dans l’aisance, il s’abandonna à son goût pour les lettres et les plaisirs, ou plutôt continua ce genre de vie , car, dès sa jeunesse, il avait été fort dissipé , et, dans son enfance , rimait déjà de petites pièces satir ques. Sa vie épicurienne abréga ses jours : il mourut à 40 ans. Ses Œuvres se composent de 16 Satires, 3 Ept-

tres, 5 Elégies, de Poésies mêlées, et de Poésies spirituelles. Il ne doit rien à un labeur profond et assidu; la satire lui venait d’inspiration. Il excelle à saisir le ridicule, et à le peindre en traits ineffaçables ; c’est un observateur plein de finesse, de sagacité, de bon sens, d’une malice exquise et presque sans art. Outre de fréquentes imitations des poètes latins , il a fait de larges emprunts aux satiriques italiens, ce qui diminue le mérite d’originalité qu’on lui accorde d’ordinaire; mais si l’on songe qu’à cette époque la satire , comme genre , était presque inconnue en France, le goût encore imparfait, la langue informe, on devra lui tenir grand compte de la vigueur et de l'agrément de ses saillies. Par sa pureté et son abondance, son style est bien supérieur à celui de tous ses devanciers ; il est plein de sens, d’énergie, de vigueur, et très-agréable encore. On peut reprocher parfois à ses satires et à ses épitres le manque de clarté, de proportion, et une extrême liberté de langage, défaut de son siècle. Les principales éditions de Régnier sont celles de Brocsette, avec un bon commentaire, Londres, 1729, réimprimée à Paris en 1822, in-8°; de Lenglet du Fresuoy, Londres, 1733, in-4° ; de Viullet- Leduc, précédée de V Histoire de la Satire en France, Paris, 1822, in-18 et gr. in-8°; de M. E. de Barthélemy, avec pièces inédites, Paris, 1862, in-12. F. B.

régnier-desmaraïs (François-Séraphin), grammairien et littérateur, né à Paris en 1632, m. en 1713, débuta par traduire la Batrachomyomachie en vers burlesques. En 1662, il suivit à Rome le duc de Créqui comme secrétaire d'ambassade, composa en italien des vers pleins de coloris et de grâce, qui le firent admettre à l’Académie délia Crusca, revint en France en 1668, fut pourvu du prieuré de Grammont. prit les ordres sacrés, et entra, en 1670, à l’Académie française, dont il devint secrétaire en 1684. Il publia la lre édition du Dictionnaire de cette Compagnie, 1694, 2 vol. in-fol., tint la plume dans les démêlés avec Furetière, et, par sa ténacité dans ses opinions, mérita le surnom d’abbé Perlinax. Il a traduit en français la Pratique de la perfection chrétienne, par Rodriguez, 1676, 3 vol. in-4°; le traité de la Divination, 1720, et celui des Vrais biens et les vrais maux, de Cicéron, 1721, travaux estimables. malgré des fautes nombreuses. 11 donna la lre partie d’une Grammaire française, qui devait contenir les doctrines de l’Académie, 1705, in-4°, et 1706, in-12; ouvrage qui n’est pas sans mérite, car Régnier connaissait bien les délicatesses de la langue. On a de lui encore : Histoire des démêlés de la cour de France arec celle de Rome au sujet de l'affaire des Corses, 1707, in-4°; Poésies françaises, italiennes, latines et espagnoles, 1707-8, 2 vol. in-12. Ses vers italiens, notamment sa traduction d’Anacréon, 1693, in-8°, valent mieux que ses vers français, qui sont trèsmédiocres. J . T.

Régnier (Claude- Antoine), duc de Massa, né à Blamont (Meurthe) en 1746, m. en 1814, était avocat à Nancy à l’époque de la Révolution. Député aux Etats-Généraux de 1789, il ne s’y occupa guère que de questions administratives. Echappé aux proscriptions du 10 août 1792, il vécut ignoré pendant la Terreur, fut député de la Meurthe au conseil des Anciens, 1795-99, contribua au coup d’Etat du 18 brumaire, travailla à la Constitution consulaire, entra au conseil d’Etat ( section des finances), et fit rétablir la peine de la marque pour les crimes de faux. Nommé en 1802 grand-juge ou ministre de la justice, i-1 fut chargé en même temps de la police générale. Ce fut lui qui dirigea, en 1804, les poursuites contre Cadoudal et Pichegru. Plus tard, le ministère de la police fut distrait de ses attributions. En 1813, il rendit aussi le portefeuille de la justice, et fut nommé président du Corps législatif. Frappé de la chute de Napoléon 1er et de ses propres disgrâces, il n’y survécut que trois mois. B.

régnier (Edme), mécanicien, né en 1751 à Semur, m. en 1825, fut d’abord ouvrier armurier. La première production de son esprit inventif fut une éprouvette pour essayer la force des poudres de chasse, machine qui le conduisit bientôt à imaginer le dynamomètre. On lui dut ensuite les paratonnerres à conducteurs mobiles, le méridien sonnant (canon méridien), une serrure à combinaison, une échelle à incendie, le sécateur pour la taille des arbustes, etc. Il forma le noyau du musée d’artillerie à Paris, et devint conservateur de cet établissement, membre du comité consultatif des arts, contrôleur en chef des armes de la garde nationale. V.

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