LA BASTIDE. V. BASTIDE (LA
LABAT (Jean Baptiste), dominicain, né à Paris en 1663, m. en 1738 , s’embarqua, en 1693, comme missionnaire pour les Antilles, fut nommé procureur général de cette mission, se fit remarquer par ses connaissances en mathématiques , visita , avec le titre d’ingénieur, tout l’archipel des Antilles, fortifia la Martinique, contribua en 1704 à la défense de la Guadeloupe, et fut rappelé pour une mission à Rome en 1706. De retour à Paris , 1716, il s’occupa de la publication de ses voyages. On a de lui : Nouveau voyage aux lies de l’Amérique , contenant l'histoire naturelle de ce pays , l’origine , les mœurs, etc. , Paris , 1722, 6 vol. in-12, et 1742, 8 vol. in-12, livre instructif et amusant; Nouvelle relation de l'Afrique occidentale , etc., 1728 , 5 vol. in-12 , d’après les Mémoires de Brue , livre excellent , plein de détails exacts ; Voyage du chevalier Desmarchais en Guinée , 1730; 4 vol. in-12; Relation histo-
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rique de l’Ethiopie occidentale , 1732, 5 vol. in-12 ; Voyage en Espagne et en Italie , 1730, 8 vol. in-12; Mémoires du chevalier d'Arvieux , contenant ses voyages en Asie , en Syrie, en Palestine, etc., 1735, 6 vol. in-12. Dans ses divers ouvrages, La bat a traité avec soin des productions botaniques des contrées qu’il a parcourues.
LA BAUME. V. Baume et Griffet.
LABBANA , anc. v. de Mésopotamie, sur le Tigre, près de Ninive. Selon quelques uns , auj. Mossoul.
LABBE (Philippe), jésuite érudit, né à Bourges en 1607, m. en 1667 , enseigna dans les maisons'de son ordre la rhétorique, la philosophie et la théologie. Ses ouvrages, où l'érudition est considérable , mais où il y a peu de pureté et de goût , sont presque tous en latin et au nombre de 75. Les principaux sont : le Chronologiste français , 1666 , 5 vol. in-12; Histoire du Berry , Paris, 1647 , in-12; Abrégé royal de l’alliance chronologique de l’histoire sacrée et profane, 1652,
2 vol. in-4°; Nova bibliotheca manuscriptorum , 1657, 2 vol. in-fol. ; Thésaurus epitaphorum , 1666, in-8° ; Concordia chronologica, technica et historien, 1670, 5 vol. in-fol. ; Collection des conciles , 1671 , 18 vol. in-fol., dont 10 sont du P. Cossart; Collection des historiens byzantins, qu’il n’a que commencée , et où H donna Olympiodore et Hésychius , 1648 ; Galeni vita ex propriis operibus collecta, 1660 , in-8°; Bibliothèque des bibliothèques , 1664 et 1686 , in-4°. C. N.
LABBEY (dom Fauste) , bénédictin, né à Yesoul en 1657 , m. à Luxeuil en 1727 , a laissé : Luxovii chronicon lib. x , 2 vol. in-4°; Recherches sur les monastères de l’ordre de St-Bcnolt établis dans le comté de Bourgogne, in-4° ; Analyse et table des registres de l'hôtel -de-ville de Vesoul, in-fol. Il avait aussi travaillé à un Dictionnaire de la Bible ; ses notes passèrent entre les mains de dom Calrnet.
LABDACUS , fils de Polydore , roi de Tbèbes , fut père de Laïus. Ses descendants , Laïus , Œdipe , Etéocle , Polynice, Thersandre, etc., sont appelés quelquefois, de son nom , Labdacides.
LABE , nom bohémien de I’Eebe.
LABE (Louise Charlin ou Charly, dite Louise) , née à Lyon en 1526, m. en 1566, reçut de la nature tous les agrémcrbB de l’esprit et les grâces de son sexe. A peine âgée de 16 ans, elle alla au siège de Perpignan avec son père, qui avait un emploi dans l’armée, et mérita par sa bravoure le surnom de Capitaine Loys. Mais bientôt elle quitta la profession des armes, et revint à Lyon où elle épousa un riche cordier nommé Perrin, dont la fortune lui permit de satisfaire ses goûts pour la littérature ; de là lui vint le surnom de la Belle Cordière. Elle attira chez elle une nombreuse réunion d’artistes et de gens de lettres , et se rendit célèbre par des poésies, qui parurent pour la lre fois en 1555 , 1 vol. in-12; ce sont 3 Elégies et 24 Sonnets. Les meilleures de ces dernières pièces sont passionnées à la manière de Sapho. Il y a aussi le Débat de Folie et d’ Amour, dialogue en prose, plein de grâce , de finesse , d’esprit et d’élégance. La Fontaine en a tiré sa fable de l’Amour et la Folie. Les OEuvres de Louise Labé ont été souvent réimprimées ; Bréghot en a donné une édition avec notes, commentaires, glossaire , Lyon , 1824 , 1 vol. in-12; le texte seul a été publié parBoisel, 1845 , 1 vol. in-12.
LABÉATES, peuple de l’ancienne Dalmatie ; v. principale : Scodra.
LABÊATIS , lac de l’anc. Dalmatie. Auj. lac de Zante.
LA BEAUMELLE ( Laurent Angliviel de), littérateur, né à Valleraugue ( Gard) en 1726, m. à Paris en 177.3, i doit l’avantage d’être fort connu à sa querelle avec Voltaire bien plus qu’à ses écrits. Il fit ses études dans un collège de charité, dirigé par l’évêque d’Alais, et où on élevait dans la religion catholique les enfants nés, comme La Beaumelle, de parents protestants. Il alla ensuite à Genève, où il fit sa philosophie et rentra dans le sein de l’église protestante. Appelé à Copenhague pour y professer la littérati re française, 1751, il y resta un an. De là, il vint à Berlin , où il prit à tâche, on ne sait pourquoi , d’indisposer Voltaire contre lui , en se posant comme son rival en littérature. Il expia cruellement cette audace, et quand Voltaire aurait eu le tort de pousser trop loin sa vengeance, La Beaumelle aura toujours celui de l’avoir attaqué le premier. Ses principaux ouvrages sont : Mémoires pour servir d l'histoire de Mme de Mainlenon, suivis des Lettres de eette dame , Amsterdam , 15 vol. in-12, 1755-1756, qu’il fut accusé d’avoir dérobés à S‘-Cyr. Les Mémoires sont un roman ; les Lettres sont tronquées, falsifiées, et même beaucoup sont fabriquées. ( Voy . Lavallée, Correspondance générale de Madame de Maintenon , t. I.) Notes sur h Siècle de Louis XIV, publiées avec le texte de cet ouvrage, Francfort, 3 vol. in-12, 1753, et dont la hardiesse de quelques-unes le firent mettre à la
Bastille, où il resta un an ; Lettres à M. de Voltaire, en réponse au Supplément au Siècle de Louis XIV, 1761 et 1763, in-12, où il repousse les calomnies de Voltaire ; Commentaire sur la Henriade, qui ne parut qu’après sa mort, édité par Fréron, Paris, 1775, in-4c ; il y gâte l’excellente critique qu’il y fait la plupart du temps de c-e poëme, en en refaisant des vers, des tirades, et des chants tout entiers. Après sa querelle avec Voltaire, il se retira à Toulouse, où il se maria En 1772, il vint à Paris occuper une place à la Bibliothèque du roi. On a publié de lui une Vie de Mauperluis, suivie de Lettres inédites de Frédéric le Grand, qui, pour la plupart, sont falsifiées, transformées, ou amplifiées, Paris, 1856, in-12. V. une Notice sur sa vie et ses écrits par Mich. Nicolas, Paris, 1852, in-8°. C. N.
LABEDOYÈRE (Charles-Angélique Huchet, comte de), né à Paris en 1786, d’une famille d’ancienne noblesse, prit le parti des armes dès l’âge de 20 ans, et fit toutes les guerres de l’Empire ; il se distingua par une rare bravoure, particulièrement au siège de Ratisbonne, où il monta presque seul à l’assaut et décida la reddition de la place, et à la bataille de la Moskowa. Tour à tour aide de camp du maréchal Lannes et du prince Eugène Beauharnais , puis colonel , il vit avec une profonde douleur la chute de Napoléon. Cependant, plusieurs de ses parents, qui tenaient à la famille des Bourbons, le rallièrent, en quelque sorte malgré lui , à la Restauration. Il était sans emploi ; Louis XVIII lui donna le 7e régiment d’infanterie de ligne, en garnison à Grenoble. Il part pour se rendre à son poste, apprend que Napoléon a quitté l’île d’Elbe et qu’il marche sur Grenoble. Toutes ses affections se réveillent , et il se joint à l’Empereur, qui le nomme son aide de camp, et bieutôt général de division et pair de France. Après la 2e Restauration, lorsque l’armée de la Loire eut été licenciée, il se retira à Riom ; compris dans la liste des généraux accusés d’avoir trahi le roi (juillet 1815), il allait partir pour l’Amérique; mais il voulut auparavant embrasser sa femme et son fils, vint à Paris, y fut arrêté, traduit devant un conseil de guerre, où il se défendit luimême avec beaucoup de noblesse et de résignation , condamné à mort , le 15 août 1815, et fusillé le 19 dans la plaine de Grenelle.
LA BELLE (Etienne de). V. Bele 4 (Della).
LABEON , Labeo, surnom de plusieurs familles de l’anc. Rome. Il exprimait un défaut physique, soit des taches ( labes ) de rousseur, soit des lèvres ( labiaA épaisses.
labÉon (Q. Fabius), général romain, vainquit Antiochus, roi de Syrie, l’an 565 de Rome, 1P8 av. J.-C. Peu généreux et sans bonne foi , il fit couper en deux tous les vaisseaux du vaincu, qui avait juré de livrer ïa moitié de sa flotte. Ami de Térence , il l’aida , dit-on , de ses conseils.
i.abéon (C. Antistius), jurisconsulte romain, servit sous César en Gaule. Cependant il entra dans la conjuration formée contre lui , combattit et se tua après la bataille de Philippes, en 42 av. J.-C. — Son fils, qui portait le même nom , hérita de ses opinions et de sa science; Auguste paraît ne pas l’avoir inquiété. De ses nombreux ouvrages, nous n’avons qu’un fragment cité dans les Pandectes. Il fut le rival d’Atéius Capito. D — r.
LABERGERIE (J. -B. Rougier de), agronome, né à Bourgueil (Touraine) en 1759, m. en 1836, fut membre de l’Assemblée législative en 1791, préfet de l’Yonne sous le Consulat, s’occupa toute sa vie d’agriculture pratique et théorique, et a laissé, entre autres ouvrages assez estimés : Histoire de V agriculture ancienne des Grecs... , 1829, 1 vol. in-8°; Histoire de l’agriculture ancienne des Romains..., 1834, 1 vol. in-8°; Histoire de l’agriculture des Gaulois... , 1829,
I vol. in-8°; Histoire de l'agriculture française, considérée dans ses rapports avec les lois, le culte, les mœurs, le commerce. ., 1815, 1 vol. in-8°.
LABÉRIUS (Décimus-Junius), chevalier romain, m. en l’an 44 av. J.-C., écrivit des pièces bouffonnes appelées Mimes. Il fut contraint par César de jouer dans l’une de ses pièces. Macrobe nous a conservé le prologue qu’il prononça.
II a été publié, avec quelques autres fragments, par H. Estienne, Paris, 1564, in-8", et par L.-F. Becher, Leipzig, 1787, in-8°. Horace estimait peu les écrits de Labérius. D — R.
LABES, v. des Etats prussiens (Poméranie), au confl. du Rega et du Lotznitz, à 66 kil. E.-N.-E. de Stettin ; 2,600 hab. Draps et toiles ; industrie agricole,
LABIAU , Labiavia, v. des Etats prussiens (Prusse), sur la Deine, à 50 kil. E.-N.-E. de Kœnigsberg; 3,500 hab. Pêche active ; tanneries, distilleries.
LAB1D , fils de Rabia , de la tribu d’Amir-ibn-Sassàa, poète arabe avant Mahomet , auteur d’une Moàllaqa, em-
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brassa l'islamisme, et mourut en 662. Sa Moàllaqa a été traduite par S. de Sacy, qui a donné une notice sur ce poëte, à la suite des Fables de Bidpaï. Labîd, dans ce morceau , offre d’abord une peinture, remarquable dans les détails, de quelques scènes du désert , et fait ensuite son apologie. D.
LABIÉNUS (Titus), chevalier romain , fit ses premières armes dans la guerre contre les pirates, passa successivement par le tribunat , l'édilité, la préture, et servit avec distinction en Gaule comme lieutenant de César. Lorsque celui-ci eut passé le Rubicon , il se déclara contre lui , et combattit dans les rangs des Pompéiens à Pharsale, 48, à Thapsus, 46, et enfin à Munda, où il périt, 45 avant J.-C.
LABIÉNUS (Quintus), fils du précédent, suivit le parti de Brutus et de Cassius, se retira chez les Parthes après la défaite de Philippes, seconda leur roi Orodes dans ses guerres contre les Romains, fut fait prisonnier par Ventidius, lieutenant d’Antoine, et probablement mis à mort.
LABILLARDIÈRE (Jacques-Julien Houton de), botaniste, né en 1775 à Alençon, m. en 1834, accompagna d’Entrecasteaux dans son expédition à la recherche de La Pérouse. On lui doit : Icônes plantarum Syriœ, 1791-1812, 1 vol. in-4° ; Notas Hollandiæ plantarum specimen, Paris, 1804-6, 2 vol. in-4°, fig.; Sertum Austro-Caledonicum, Paris, 1824-25, 2 vol. in-l°, fig.; Relation du voyage à la recherche de La Pérouse..., Paris, an viii, 2 vol. in-4°. Il fut élu membre de l’Académie des sciences en 1800. La Billardiére est un des naturalistes voyageurs qui ont le plus contribué aux progrès de l’histoire naturelle ; il a surtout beaucoup étendu les bases de la botanique des terres australes .
LA BLETTERIE (Jean-Philippe René de), oratorien , professeur d’éloquence au Collège royal, né à Rennes en 1696, m. à Paris en 1772. Il a laissé une Vie de l’empereur Julien, Paris, 1735, in-12, judicieusement, mais incorrectement écrite , et assez impartiale; une Histoire de Jovien, Paris, 1748, 2 vol. in-12; une traduction des Annales de Tacite, Paris, 1768, 3 vol. in-12, d’un style pénible et commun ; des Mœurs des Germains et de la Vie d'Agricola, Paris, 1755, 2 vol. in-12; enfin quelques Dissertations insérées dans les Mémoires de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, dont il fut membre depuis 1742. C. N.
LA BOETIE (Etienne de), conseiller au parlement de Bordeaux, né à Sarlat (Dordogne) en 1530, m. en 1563. Son éducation fiit mâle et sévère. Vivement épris des beautés de l'antiquité, il s’efforça de les faire passer dans notre langue par des traductions. Ce fut au milieu des troubles de la Guyenne, violemment comprimés par Montmorency, qu’il composa, à l’âge de 18 ans, son discours De la servitude volontaire, qu’on appela après lui le Contre un, brûlante philippique contre la royauté, mais sans allusion aux passions du moment. Cet ouvrage, remarquable surtout par le style, valut à l’auteur l’amitié de Montaigne. En mourant, La Boétie institua Montaigne héritier de ses papiers et de sa bibliothèque ; cet ami lui a donné une gloire immortelle, d’abord par la publication partielle de ses écrits, qu’il fit précéder d ’ EpUres dédicatoires dictées par l’attachement le plus tendre, et ensuite par le fameux chapitre de l’Amitié (Essais, liv. i, c. xxvii), où il exprime les regrets les plus touchants. La Boétie avait traduit la Mesnagerie de Xénophan, les Règles de mariage de Plutarque, la Lettre de consolation de Plutarque à sa femme, composé des vers latins, 29 sonnets, et le discours De la servitude volontaire. M. Léon Feugère a donné une édit, de ses oeuvres avec une Etude sur La Boétie , Paris, 1846, in-12. V. J.-F. Payen, Notice biobibliographique sur La Boétie, Paris, 1855, in-8°. F. B.
LABORDE I Jean-Benjamin de) , né a Paris en 1734, m. en 1794, lel valetdechambreet favori de Louis XV, étudia sous Dauvergne et Rameau , et mit en musique quelques opéras de Quinault et de Marmontel. Après la mort de Louis XV , il devint fermier général , et fut envoyé à i échafaud sous la Terreur. Il a laissé : Essai sur la musique ancienne et moderne, mauvais ouvrage ; Essai d'histoire chronologique; Voyage pittoresque de la France; Histoire abrégée de la mer du Sud; Mémoires historiques sur Raoul de Coucy.
laborde ( Henri -François , comte de), général, né à Dijon en 1764, m. en 1833, entra au service en 1783, commanda une division, en 1793, au siège de Toulon, et prit d’assaut les deux plus importantes redoutes. Il était à l’armée des Pyrénées-Occidentales en 1794 , à celle du Rhin en 1795. Il fit avec honneur toutes les campagnes de l’Empire, reçut le commandement d’une division de la jeune garde en 1813, et fut blessé à Dresde. Nommé pair de France dans les Cent-Jours, il fut banni en 1815.
laborde (Alexandre-Louis-Joseph, comte de), né à Paris en 1774, d’une famille du Béarn , m. en 1842 , était
fils d’un riche financier. Il prit du service dans l’armée autrichienne en 1790, rentra en France après le traité de Campo-Formio, 1797, et fut attaché, quelque temps après,
, à l’ambassade de Lucien Bonaparte en Espagne. Il visita ce pays en artiste , et commença, en 1807 , la publication d’un Voyage pittoresque et historique de l’Espagne, 4 vol. in-fol., magnifique ouvrage qui absorba une partie de sa fortune, et qu’il ne put achever qu’en 1820. Auditeur au conseil d’Etat en 1808, maître des requêtes en 1810, chargé du service des ponts et chaussées du départ, de la Seine en 1811, il trouva le temps de publier encore un Itinéraire descriptif de l’Espagne , 1809-27, 5 vol. in-8° et atlas in-4°. Adjudant-major de la garde nationale de Paris en 1814, il débattit avec les alliés les conditions de la capitulation de cette garde. Député de la gauche en 1822, il combattit, l’année suivante, l’intervention armée de la F rance en Espagne Le 30 juillet 1830, il fut nommé préfet provisoire du département de la Seine, devint bientôt aide de camp du roi Louis-Philippe, et questeur de la Chambre des députés , entra à l’Académie des Inscriptions en 1819, et à celle des Sciences morales et politiques en 1832. On le compte parmi les propagateurs de la méthode d’enseignement mutuel. Outre les ouvrages déjà cités, il a laissé : les Monuments de la France, 1816; Voyage pittoresque en Autriche, 1821-23, 3 vol. in-fol. ; Paris municipe , 1833, in-8°; Versailles ancien et moderne, 1840, in-8°. — Son fils , Léon de Laborde, né en 1807, membre de l’Académie des Inscriptions depuis 1842, a publié : Journal d'un voyage dans le Fayoum, 1829 ; les Grandes habitations françaises au XVIIe siècle; Voyage dans l'Arabie Pétrée , 1830; Flore de l’Arabie Pétrée, 1833, in-4°; Essai pour servir à l’histoire de la gravure sur bois, 1833, in-8°; Histoire de la decouverte de l’imprimerie, 1836, in-8» ; Voyages en Asie Mineure et en Syrie, 1838 ; Débuts de l’imprimerie à Strasbourg , 1840, in-8°; les Anciens monuments de Paris, 1846, in-4°; de l'Organisation des bibliothèques dans Paris, 1846-47; les Ducs de Bourgogne, Etudes sur les lettres , les arts et l'industrie pendant le XVe siècle, 1849-51, 2 vol. in-8°; la Renaissance des arts à la cour de France, Etudes sur le xvie siècle, 1850, in-8°; Mémoires et dissertations, 1853, in-8°; Notice des émaux, bijoux et objets divers exposés dans les galeries du Louvre, 1853, in-12; Athènes aux xve, XVIe et xvlie siècles, 1855, 2 vol. in-8°
LABOUAN , îlot de la mer de Chine , près de la côte N.- O. de l’ile de Bornéo ; occupé par les Anglais en 1846.
LABOUR (Terre de), en italien Terra di Lavoro, anc. Laborinus pagus, partie de la Campanie, anc. prov. du roy. d’Italie, au N.-O., entre la province d’Aquila au N., les Etats de l’Eglise au N.-O., la mer Tyrrliénienne à 10., la prov. de Naples, la prov. de Salerne et la prov. d’Avellino au S-, les prov, de Bénévent et de Molise à l’E. Superf., 5,975 ldi. carr., 145 kil. sur 68. Pop., 653,464 liab. Ch.-l., Caserta. Elle est divisée en 5 districts, Caserta , Noie, Gaëte, Sora, Piedimonte. Sol plat, très-fertile et bien cultivé, arrosé par le Volturno. Récolte de céréales, maïs, lin, chanvre, olives, vins, fruits, légumes. Depuis 1864, la Terre de Labour se nomme Province de Caserta.
LABOURD (Le) , en basque Laphur-duy (solitude) , en latin Lapurdensis pagus , petit pays de l’anc. France (Gascogne), entre le golfe de Gascogne à l’O. , l’Adour au N., la Basse-Navarre à l’E., et les Pyrénées au S. Ch.-l., Bayonne; villes princip. : Sl-Jean-de-Luz, Guiche, Ustaritz, Andaye. — Souvent dévasté par les Cantabres, il fut protégé, au temps des Romains, par la construction de Lapurdum (Bayonne). Il s’étendit primitivement de l’autre côté de la Bidassoa jusqu’à SuSébastien. Il suivit les destinées de la Guyenne. C’est auj. l’arrond. de Bayonne (Basses- Pyrénées),
LA BOURDONNAIS (Bertrand-François Mahé de), né en 1699 à Sl-Malo, m. en 1755, entra de bonne heure au service de la Compagnie française des Indes, et s’y fit remarquer au point d’étre nommé, à 35 ans, gouverneur général des îles de France et de Bourbon. Ces deux colonies lui durent tout , justice, industrie, commerce, culture du manioc , du sucre , du café et du coton. Bernardin de Saint-Pierre , dans Paul et Virginie, a dépeint avec chaleur et vérité les bienfaits de son administration. La guerre ayant éclaté avec l’Angleterre en 1743 , La Bourdonnais équipa une escadre, vint au secours de Dupleix, gouverneur des Indes françaises, menacé dans Pondichéry, assiégea les Anglais dans Madras, et les força à capituler, 1746. Un artiole de la capitulation laissait aux Anglais le droit de racheter Madras; Dupleix refusa de ratifier ce traité. La Bourdonnais, indigné, évacua Madras, mais fut aussitôt destitué de son commandement. Mandé à la cour, en 1748 , pour répondre aux accusations de ses ennemis, il revint en France, et là, sans avoir été entendu, fut jeté
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•à la Bastille. Il y resta 4 ans, victime de la plus odieuse iniquité. En 1752, il lui fut permis de se défendre, et son innocence fut reconnue. La Bourdonnais ne put jouir longtemps de la liberté; tombé dans l’indigence, il succomba après une douloureuse agonie de 3 ans. Il a laissé des Mémoires intéressants et fidèles sur tous les événements auxquels il fut mêlé, Paris, 1750.
LA BOURDONNAYE (François-Régis, comte de), né à Angers en 1767, m. en 1839. Il émigra à Coblentz en 1792, servit dans l’armée de Coudé contre la République française , puis parmi les Vendéens , se rallia au gouvernement consulaire, fut membre du conseil général de Maine-et-Loire et maire d’Angers, accueillit avec joie la Restauration, se montra, dans les Chambres de 1815 et de 1816, un des plus fougueux d’entre les ultra-royalistes, loua le principal rôle dans l’exclusion de Manuel en 1823, contribua au renversement du ministère Villèle, 1829, entra dans le cabinet Polignac comme ministre de l’intérieur, mais, par scrupule ou par habileté, recula devant le coup d’Etat de 1830, et donna sa démission; Charles X le nomma pair de France. Il est resté de lui une bonne ordonnance, relative à l’Ecole des chartes. Sous le roi Louis-Philippe , il vécut dans la retraite. B.
LABOUREUR (Jean Le). V. Le Laboureur.
LABRADOR, vaste presqu’île de l’Amérique du N., dans la Nouvelle-Bretagne, à l’E. ; bornée au N. par le détroit d’Hudson et la mer de Davis, qui la séparent de ,1a terre de Baffin et du Groenland, au N.-E. par l’océan Atlantique, au S.-E. par le détroit de Belle-Ile, qui la sépare de Terre-Neuve, au S. par la baie du Sl-Laurent et le Bas-Canada, à l’O. par la mer d’Hudson; entre 50°-63° lat. N., et 57° 40’-82» long. O.; 1,500 kil. sur 1,300. Comprise dans le gvt anglais de Terre-Neuve, elle est peu connue à l’intérieur, et habitée par 4,000 Esquimaux environ, et 10,000 Indiens Chippeouans, qui s’occupent principalement de la pêche. Climat très-froid. Côtes rocheuses, escarpées, semées d’îlots, et offrant beaucoup de havres (Ungava, Bvadore, Forteau, etc.). Découvert par Séb. Cabot en 1497 ce pays fut visité par l’espagnol Gaspard Cortéréal , 1501, qui le nomma Tierra de Laborador (terre de labour), à cause de la fertilité de la côte. Les Frères Moraves ont formé sur la côte O. les établissements de Nain, Okkulc , lioffenlhal et Hébron. B.
LABRE (Benoît- Joseph), né en 1748 à Ammette, près de Boulogne-sur-Mer, m. en 1783, se rendit célèbre par sa pauvreté volontaire et évangélique, ses longues et pénibles austérités, ses pèlerinages, son dévouement pour les pauvres. Sa vie ne fut qu’un long martyre, relevé par la plus grande humilité. Proclamé saint par le peuple de Rome, qui fut témoin pendant 15 ans de ses vertus, il fut béatifié par Pie IX, en juin 1859.
LA BRÈDE. V. Brède (la).
LABRIT , LEBRET ou ALBRET, Leporetum, ch.-l. de cant. (Landes) , arr. et à 24 kil. N. de Mont-de-Marsan , sur le Le.strigon; 1,036 hab. Autrefois ch.-l. de la sirie d’Albret. Quelques ruines du château de Henri IV.
LA BROSSE ( Pierre de), d’abord barbier de S1 Louis, puis chambellan et favori de Philippe le Hardi, craignant de perdre son crédit par l’ascendant de la reine Marie, accusa cette princesse d’avoir causé la mort du fils aîné du roi, né d’un premier lit. La calomnie ayant été reconnue, on l’accusa du crime à son tour, et il fut pendu en 1276.
LA brosse (Guy de), médecin de Louis XIII, né à Rouen, on ne sait en quelle année, m. en 1641, était grand-oncle maternel du célèbre Fagon, premier médecin de Louis XIV. Son goût pour la botanique, et l’utilité que la pratique de la médecine pouvait retirer de l’étude de cette science, lui firent concevoir l’idée de la création d’un jardin où l’on pourrait cultiver les plantes médicinales; à cet effet, il donna au roi un terrain qui fait auj. partie du Jardin des Plantes de Paris; mais ce ne fut qu’au bout de sept ans de démarches et de sollicitations, en 1626, qu’il vint à bout d’arracher à Richelieu les moyens d’existence de cet établissement. Il en fut nommé le premier intendant, et dès lors il s’appliqua à faire venir de toutes parts les plantes qui pouvaient y être cultivées. On a de La Bi'osse : Traité de la peste , 1623; de la Nature , vertu et utilité des plantes, et dessin du Jardin royal de médecine, 1650, in-fol., avec 50 fig. sur cuivre. F.
LABRUGUIÈRE, ch.-l. de cant. (Tarn), arr. et à 12 kil. S.-S.-E. de Castres sur le Thauré; 1,393 hab. Draps, tuiles, briques.
LA BRUYERE (Jean de), célèbre moraliste, né en 1645 à Paris, et non â Dourdan ( Seine-et-Oise ), m. en 1696, après avoir été trésorier de France à Caen, fut
placé, sur la recommandation de Bossuet, près de M. Le Duc, Louis de Bourbon, petit-fils du grand Condé, pour lui apprendre l’histoire. Ses fonctions durent cesser avant 1685, époque du mariage de son élève avec M1Ie de Nantes. Mais il n’en passa pas moins le reste de ses jours dans l’hôtel de Condé, à Versailles, attaché au prince en qualité d’homme de lettres, avec mille écus de pension. Loin de se répandre dans le monde, il ne se lia guère qu’avec Santeuil, rechercha le commerce des grands écrivains de son temps, Boileau et Bossuet, et préfera le rôle d’observateur. En 1688, il sortit tout à coup de son obscurité par la publication des Caractères de Théophraste tradints du grec, avec les Caractères ou les mœurs de ce siècle, 1 vol. in-12, dont il avait donné le manuscrit au libraire comme présent de noces de sa fille. L’ouvrage obtint beaucoup de succès, et ouvrit à l’auteur les portes de l’Académie Française, en 1693. Par une innovation hardie, il fit, dans son discours de réception, l’éloge de plusieurs académiciens vivants, de ceux surtout qui lui avaient été favorables. Les Caractères en étaient à la 9e édition, quand il mourut. La traduction de Théophraste laisse à désirer; mais cela tient peut-être en partie aux textes défectueux sur lesquels La Bruyère travailla. Il a pris, dans les Mœurs de ce siècle, la forme et la manière de Théophraste ; mais, pour la pensée, il est le disciple de Descartes dans le traité des Passions. Son plan nous a été révélé par lui-même : << De seize chapitres, dit-il, il y en a quinze qui, s’attachant à découvrir le faux et le ridicule qui se rencontrent dans les objets des passions et des attachements humains, ne tendent qu’à ruiner tous les obstacles qui affaiblissent d’abord, et qui éteignent ensuite dans tous les hommes la connaissance de Dieu. G’est une préparation au seizième et dernier chapitre, où les preuves de Dieu sont apportées, où la Providence est défendue contre l’incrédulité. » (Préface du discours à l’Académie. ) Son but est de montrer en quoi tous les objets qui sont en dehors de l’âme, de la raison et de la vérité, sont incertains, capricieux, et incapables d’assurer le bonheur de l’homme. Il se sert de ses défauts et de ses faiblesses pour corriger son esprit et ses mœurs. Ce n’est pas l’homme en général qu’il a voulu peindre , mais bien l’homme de son siècle, sur lequel il a sans cesse les yeux attachés. Aussi les contemporains, et, après eux, les modernes, ont-ils cru pouvoir donner la clef des caractères et des portraits dont se compose cette vaste galerie. Le style de La Bruyère est toujours concis, élégant, varié, plein d’images, savamment travaillé ; il produit les effets les plus inattendus par le mélange de la familiarité et de l’éloquence, de la simplicité et de l’ironie, par l’emploi de quelques tournures nouvelles et de mots anciens heureusement rajeunis. L’ouvrage n’est pas sans défauts : certains portraits sont chargés, quelques-uns trop longs, et on y rencontre parfois de l’affectation; le désir de tout peindre, d’avoir le trait, de tenir toujours l’esprit en suspeus, a donné au style de l’auteur quelque chose d'un peu apprêté et de maniéré. Ensuite La Bruyère a cédé quelquefois à des mouvements de tristesse profonde, à des accès de colère chagrine, qui ont assombri ses tableaux et passionné ses satires. Philinle, avec l’idée bien arrêtée d'être peuple, a plus d'une fois exagéré les travers et les ridicules de ces grands qui ne le valaient pas. Encouragé par le succès, La Bruyère augmenta sans cesse son livre, et, dans la 8e édition, le petit volume in-12 qui, eu 1688, ne comptait que 360 pages, formait en 1694, avec le Discours de réception à V Académie et la Préface dont il est précédé, un énorme volume in-12 de 836 pages. L’ouvrage perdit un peu de sa réputation, après la mort de l’auteur; ce fut Fontenelle, irrité de se reconnaître dans le caractère de Cydias , qui lui porta les premiers coups. Mais le bon goût de Voltaire lui vint en aide, et il reprit complètement faveur avec La Harpe et Suard, dont notre époque partage la légitime admiration pour ce grand peintre des faiblesses du cœur humain et des petitesses de l’amour-propre. S’il avait eu des devanciers dans Descartes, Pascal, Nicole, La Rochefoucauld, il eut aussi des imitateurs dans Duclos et Vauvenargues. Il avait également composé des Dialogues sur le quiétisme ; mais ceux qui ont été imprimés sous son nom appartiennent à Elliès Du Pin. Les siens ont été supprimés ou perdus. Les plus remarquables éditions des Caractères sont celles de Coste, 1720,3 vol. in-12; de Suard, 1781, in-12; de Mn,ede Geniis, 1812, in-12; de Lefebvre, 1822, in-8°; d’Auger, 1823, in-12; de Walckenaër, Paris, 1845, 2 vol. in- 2; de M. Hémardinquer, avec un commentaire historique, anecdotique et littéraire, Paris, 1849, 1 vol. in-12; de M. A. Destailleur, avec toutes les variantes, 2 vol. in-18, Paris, 1854, en partie calquée sur la précédente. V. Vict. Fabre,
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Éloge de La Bruyère, Paris, 1810; Caboche, de La Bruyère. thèse, Paris, 1844, in-8°. F. B.
LABYNIT, roi de Babylone. V. Balthasar.
LABYRINTHE, nom donné par les anciens à une réunion de salles ou de galeries nombreuses, communiquant les unes avec les autres, à tout lieu plein de détours, coupé de chemins enchevêtrés les uns dans les autres, au point qu’il était difficile d’en trouver l’issue. Il y en avait deux en Egypte : le Labyrinthe de Mendès, attribué à un prince de ce nom, et situé dans l’île du lac Mœris; le Labyrinthe des douze Seigneurs , construit au S.-E. du lac Mœris, vers l’an 660 av. J.-C., par Psammétichus et ses compagnons de pouvoir. Ce dernier était divisé en 12 palais voûtés, dont chacun avait 12 portes ; il avait 2 étages, l’un audessus du sol, l'autre au-dessous , contenant ensemble 3,000 chambres; dans la partie souterraine étaient des tombeaux de rois, et de crocodiles sacrés. Ce monument existait encore au temps de l’empereur Auguste. Le Labyrinlhede Crète, près deCnosse, construit, dit-on, par Dédale, sur le modèle de celui des douze Seigneurs, était creusé dans des carrières, et destiné aux sépultures royales ; selon la Fable, il servit de prison au Minotaure. Il y eut encore un Labyrinthe de Lemnns, où les Cabires célébraient leur culte, et qui, suivant Pline, surpassait tous les autres en magnificence ; et un Labyrinthe de Clusium en Italie , vaste hypogée, dont Porsenna était regardé comme l’auteur.
LAC (Cercle du), en allemand See, anc. divis. administrative du gr. -duché de Bade, entre celui du Rhin supérieur au N. -O., le Wurtemberg au N.-E., le lac de Constance au S.-E., la Suisse au S., le cercle du Rhin super, à l'O. ; 3,575 kil. carr., 105 kil. sur 35; 200,000 hab. Ch.-l., Constance. V. Bade, au Supplément.
lac , lacus. Les Romains donnaient ce nom a des bassins de fontaines d’eau vive, à des abreuvoirs, et à des sources. Il y avait à Rome 3 lacs connus historiquement : 1° le Lac Curlius , ancienne fontaine profonde, qui existait originairement au milieu du Forum; il prit son nom du Sabin Metius Curtius, qui s’y noya pendant la guerre de Romulus et de Tatius. Suivant une autre tradition , c’était un gouffre qui s’ouvrit en ce lieu l’an de Rome 393 , et dans lequel le Romain Marcus Curtius se jeta tout armé, en se dévouant aux dieux infernaux, parce que l’ouverture de ce gouffre annonçait, disait-on , que ces dieux voulaient ruiner la ville. Le gouffre se referma aussitôt, ou plutôt fut comblé dans la suite , mais le lieu garda le nom de Lac Curtius. Sur son emplacement on éleva un petit autel, qu’ombragèrent une vigne, un figuier, et un olivier sauvages. — 2° Lac de Ju~ turne. Petite source d’eau vive située sur le Forum romain, près des temples de Castor et de Vesta. — 3° Lac Servilius. Fontaine que l’on trouvait vers le côté S.-E. du mont Capitolin , à l'entrée du Vicus Jugarius. C. D — y.
LACA1LLE (Nicolas-Louis de), célèbre astronome, né le 15 mars 1713 à Chalon -sur-Saône, d’un capitaine des chasses de la duchesse de Vendôme, m. à Pans le 21 mars 1762, fit ses études au collège de Lisieux, à Paris, entra dans la carrière ecclésiastique , mais n’alla pas plus loin que le diaconat , et revint à l’étude des sciences , dont le goût lui avait été inspiré par son père. Lié avec J. Cassini et Maraldi , il fut associé, dès 1739, aux travaux de révision de la méridienne de Fiance. Il conclut de calculs minutieux que les degrés vont en croissant quand on s’éloigne de l’équateur ; des erreurs de mesure avaient fait crqire à Cassini que le contraire avait lieu. Pendant qu’il exécutait ce travail , on le nomma professeur de mathématiques au collège Mazarin , ce qui fut pour lui l’occasion de publier des ouvrages d’enseignement : Leçons de mathématiques , 1741 ; Leçons de mécanique , 1743; Leçons d’astronomie, 1746 ; Eléments d’optique , 1750. On lui donna la jouissance, dans ce collège, d'un petit observatoire, où il installa quelques instruments bien imparfaifs , mais avec lesquels cependant il réussit à obtenir des mesures d’une exactitude surprenante. Il fut admis à l’Académie des Sciences en 1741. En 1750 , il partit pour le Cap de Bonne-Espérance; là il mesura un arc du méridien, la longueur du pendule, et détermina les positions de plus de 10,000 étoiles du ciel austral, dans lequel il forma 16 constellations; il fut chargé aussi de lever la carte de l’île de France. On a déduit de scs observations faites au Cap , comparées à celles de Lalande à Berlin-, les parallaxes de la lune, de Mars et de Vénus. Pendant son absence de 4 ans environ, il ne dépensa pas entièrement , pour lui , un aide-artiste et l’achat de ses instruments, les 10,000 livres qu’on lui avait données. A son retour, il rendit le surplus ; scrupuleuse exactitude qui étonna beaucoup. Rentré à Paris , il publia ses Fondements de l' astronomie , 1757 , in-4°, en latin , et ses Tables solaires, 1758. Il s’occupa ensuite des étoiles zodia-
cales ; pour cela , il substitua l’emploi de la lunette méridienne à la méthode des hauteurs correspondantes, qu’il avait toujours employée. Lalande a dit de Lacaille ■< qu’il avait fait à lui seul, pendant la durée de sa vie, plus d’observations et de calculs que tous les astronomes ses contemporains réunis » ; et Delambre , ■< qu’il était le calculateur le plus courageux et l’observateur le plus zélé, le plus actif, le plus assidu qui eût jamais existé. » Maraldi a publié , d’après les manuscrits de Lacaille , le Cœlum australe stelliferum, 1763, in-4° ; et Carlier a rédigé le Journal historique du voyage au Cap, 1763, in-12. V.
LA CALPRENÈDE (Gautier de Costes de), né vers 1610 au château de Toulgou, près de Sarlat (Dordogne) , m. en 1663. Fils d’un juge, il vint à Paris jeune encore, entra au service , et fut nommé gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Il s’est exercé dans le roman et dans la poésie dramatique. Ses romans les plus fameux sont : Cassandre , 10 vol. in-8», 1642 , où il fait entrer une grande partie de l’histoire d’Alexandre ; Cléopâtre, où tout lerègne d’Auguste est mis à contribution dans 23 tomes , dont la composition successive tint le public en haleine pendant plus de 12 ans; Pharamond ou l’Histoire de France, avec préface protestant contre la qualification de romans donnée à ces sortes de productions , et réclamant pour elles le nom d’histoires. Ces dissertations galantes, ces interminables descriptions , ces portraits sans nombre , ce verbiage fade et langoureux, jouirent d’une grande renommée, à laquelle Boileau lui-même se laissa prendre dans sa jeunesse. La Calprenède a fait représenter sept pièces , tant tragi-comédies que tragédies. De ces dernières, les plus connues sont : Mithridale , 1635 ; Edouard , roi d’Angleterre, 1638 ; le Comte d'Essex , 1639. Leur caractère commun est d’avoir substitué au ton cavalier et hardi du temps de Louis XIII, des sentiments tendres et langoureux. F. B.
LA CANAU. F. Canau(la).
LA CAUNE. V. Caune (la).
LACAZE, brg (Tarn), arr. et à 35 kil. N.-E. de Castres, surleGijon; 447 hab. Fabr. de draps.
LACÉDÉMON, fils de Jupiter et de Taygète, donna son nom à Sparte, dont il fut le 4e roi. Les Lacédémoniens lui attribuaient l’introduction du culte des Grâces dans la Grèce.
LACÉDÉMONE , un des deux noms que portait indifféremment la ville de Sparte. Cependant le nom de Lacédémoniens s’appliquait plus spécialement aux habitants du territoire de Sparte, et celui de Spartiates aux habitants de la ville même.
lacédemone (Eparcliie de), division administrative du royaume de Grèce; 40,000 hab. Ch.-l., Sparte. Formée d’une partie de l’ancienne Laconie.
LACEDOGNA, anc. Aquilonia, v. du royaume d’Italie (Principauté Ultérieure), à 24 kil. N.-E. de San-Angelodei-Lomba-di ; 6.404 hab. Evêché. ,
LACËPÊDÉ (Bernard-Germain-Étienne de la Villesük-Illon , comte de), écrivain naturaliste, né à Agen en 1756 , m. en 1825. Il dut à l’heureuse situation de fortune de ses parents de pouvoir se livrer dès l’enfance à son goût pour l’étude des sciences et des arts. Après avoir fait beaucoup de bruit dans sa ville natale, il vint en 1776 à Paris , où ses premiers essais en physique et en musique lui valurent un accueil très-flatteur de la part de Gluck et de Bnffon. Il hésita quelque temps entre les deux voies qui s’ouvraient devant lui , composa la musique de l’opéra d'Omphale, et publia la Poétique de la musique, 1785, ouvrage médiocre, mais qui eut un grand succès. En 1781 , il fit paraître un Essai sur l' électricité ; en 1783, une Physique générale et particulière , qui furent l’objet de violentes attaques. On a dit avec raison que Lacépède, c’est Buffon , moins le style ; ses deux .ouvrages reproduisaient les défauts du maître sans en avoir les qualités. Lacépède devint le disciple favori de Buffon , qui le choisit en 1785 pour sous-démonstrateur du Cabinet du roi. En 1788-1789 parut, comme suite aux œuvres de Buffon , V Histoire générale et particulière des quadrupèdes ovipares et des serpents, 2 vol. in-4°, ouvrage où l’on trouve un grand esprit de méthode, mais une classification fondée sur des caractères beaucoup trop superficiels, et une multitude d’erreurs, inévitables du reste à une époque où tant de pays restaient inexplorés. Pendant la Révolution, Lacépède devint membre, et même un moment président de l’Assemblée législative, et refusa la place alors assez périlleuse de gouverneur du fils de Louis XVI. Bientôt cependant, ne se croyantplusen sûreté, il donna sa démission de la place qu’il occupait au Muséum, et se retira à la campagne. Après le 9 thermidor, il revint à Paris sous le simple titre d’élève de l’Ecole normale , et finit par retrouver une chaire au Muséum, celle des reptiles
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et dos poissons. En 1796, il fut admis à l’Institut ; il publia Y Histoire naturelle des poissons , 5 vol. in-4°, 1798-1803 , où se rencontrent les mêmes qualités et les mêmes défauts que dans le précédent ouvrage , et , en 1£94 , l 'Histoire naturelle des cétacés , 1 vol. in-4°. Il prit part aussi, avec Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire, à la publication de la Ménagerie du Muséum , 1801 et suiv. , recueil resté inachevé. Il fut sénateur en 1799 , président du sénat en 1801 , grand-chancelier de la Légion d’honneur en 1803 , ministre d’Etat en 1804, grand-maître de l’Université pendantles Cent-Jours. Il fut nommé pair de France pendant la première Restaution, rayé de la liste à la seconde rentrée des Bourbons , puis réintégré en 1819. La fin de sa vie fut consacrée à la rédaction d’une Histoire générale de l’Europe, 1826,, vaste cadre assez mal rempli. Après sa mort, on publia Y Histoire naturelle de l’homme , 1827 , in-8° ; et les Ages de la nature , 1830, 2 vol. in-8°. Il existe une édition des OEuvres complètes d'histoire naturelle, 1826 et suiv. , 11 vol. in-8°. Lacépède a rédigé en outre un grand nombre de notices, mémoires , etc. , insérés dans les recueils de l’Institut et du Muséum , ou dans divers journaux scientifiques. Ses travaux ont été beaucoup trop vantés de son vivant, et peut-être un peu trop dépréciés après sa mort. C’était un homme très-laborieux , de vie et de mœurs simples , d’un style pompeux et brillanté , d’un esprit méthodique, mais sans hauteur de vues; il était d’une indifférence parfaite en matière politique. Il ne fut jamais riche, car il pratiquait largement la bienfaisance. M — u.
LACER (C.-Julius), architecte romain, contemporain de Trajan. Il a construit le beau pont qu’on voit encore sur le Tage, près d’Alcantava.
LA CERDA (Ferdinand de) , infant de Castille, né en 1254 , m. en 1275 , était fils aîné du roi Alphonse X. Il fut chargé de la régence pendant que ce prince faisait valoir ses prétentions à l’Empire. Il était gendre de S1 Louis. Il mourut avant Alphonse , laissant des enfants qui furent frustrés du trône par leur oncle Sanche IV.
LA cerda (Alphonse de) , dit le Déshérité , fils du précédent , fit de vains efforts pour monter sur le trône de Castille , se réfugia en France en 1303, reçut de Charles le Bel la baronnie de Lunel , et mourut en 1327.
la cerda (Louis de) , dit Louis d’Espagne, fils aîné du précédent , amiral de France en 1341 , servit sous Philippe VI de Valois contre les Anglais, auxquels il prit Guérande en 1345, puis sous Charles de Blois en Bretagne. Le pape lui donna le vain titre de roi des îles Fortunées, 1344.
la cerda (Charles de) , dit Charles d’Espagne, frère du précédent, favori du roi de France Jean le Bon, connétable en 1350, fut assassiné par Charles le Mauvais, roi de Navarre, en 1354.
lacerda ( Jean-Louis de) , jésuite, né à Tolède en 1560, m. en 1613, professa pendant plus de 50 ans dans sa patrie la logique , la théologie , la rhétorique et la poésie. On a de lui un Commentaire sur Virgile , le plus complet que l’on connaisse, 3 vol. in-fol., Madrid et Lyon, 1608-17 ; une édition de Tertullien, avec des notes , Paris, 1624-30; une grammaire latine en 5 livres ( de Institutione grammalicâ ) , 1613 , longtemps classique en Espagne; Adversaria sacra, Lyon , 1626 , in-fol. , où il éclaircit le texte de plusieurs auteurs sacrés.
la cerda ( Melchior de) , jésuite espagnol , né à Cifuentès dans le xvie siècle, professa les belles-lettres, la philosophie , et la théologie à Séville pendant 30 ans, et publia : Apparatus latini sermonis per topographiam, chronographiam, prosographiam , etc. , Séville , 1598 , in-4° ; Usus et exercilatio démonstrations , 1598, in-4°; Campi eloquentiæ , Lyon, 1674, 2 vol. in-4°; Consolatio ad Hispanos , 1621 , in-4°, écrit publié au sujet de la défaite de V Invincible Armada.
lacerda (Dona Bernarda Ferreira de ), née à Porto ' en 1595, m. en 1644, mariée à Fern. Correa de Souza, enseigna les lettres latines aux infants d'Espagne, fils de Philippe III. Elle écrivit des comédies, des poésies diverses, un poème épique intitulé l'Espagne délivrée, Lisbonne, 1618, in-4°, etc. Lope de Vega la loue de son cœur portugais et de sa plume espagnole.
LACERNA. Espèce de toge quadrangulaire longue , beaucoup moins ample que la toge véritable, et s’attachant sur la poitrine avec une boucle. Elle était en usage comme manteau militaire dans les premiers siècles de Rome, et remplaça souvent la toge, du temps des empereurs, dès le principat d’Auguste. Les lacerna ordinaires étaient en lain? blanche ou brune; les plus riches, en pourpre. C. D — y.
LACÉTANS, Lacetani, peuple d’Hispanie, le même que les Iaccétans ( V. ce mot ) .
LACHA , nom moderne du mont Olympe.
LACHABEAUSSIÈRE (Ange-Etienne-Xavier Poisson de), auteur dramatique, né en 1752, à, Paris, m. en 1820, fut administrateur de l’Opéra en 1798. Accusé bientôt de dilapidation, il réussit à se faire absoudre. On a de lui : l'Intrigante, 1776, comédie en 5 actes et en vers ; Gulistan, 1817, opéra-comique en 3 actes, en société avec Etienne, musique de Dalayrac ; une foule de petites pièces , de poésies diverses, et des imitations d ’ Anacréon , Bion , Moschus, etc., en vers français, 1803.
LA CHAISE (François d’Aix, dit le P. de), jésuite, né en 1624, au château d’Aix (Forez), d’une famille de gentilshommes, m. en 1709, était petit-neveu du P. Cotton, confesseur de LouisXlIl.Tourà tour professeur dans son ordre, recteur de Grenoble et de Lyon, provincial, il succéda au P. Ferrier dans la direction de la conscience de Louis XIV, en 1675. D’un esprit médiocre, mais insinuant et persuasif, d’un caractère aimable et bon. il conserva la confiance du roi pendant 34 ans. Il approuva la révocation de l’édit de Nantes, 1685, et la condamnation du livre des Maximes des Saints, par Fénelon, 1699, mais défendit longtemps le Nouveau Testament du P. Quesnel, attaché aux opinions de Jansénius, contre les dénonciations de ses ennemis, 1703. On prétend que ce fut lui qui décida Louis XIV à épouser Mme de Maintenon. On a de lui un cours de philosophie sous le titre de Pr.ripalcticœ philosophiæ placita, Lyon, 1661, et plusieurs Dissertations dans le recueil de l’Académie des Inscriptions, dont il fut membre en 1701. G.
Laciiaise (Cimetière duPère), ou du mont-louis ou de l’est, principal cimetière de Paris, situé au N.-E. et hors de l’anc. enceinte de la ville avant 1860, vis-à-vis de la cidevant barrière d’ Aulnay, dont il était séparé par le boulevard alors extérieur de ce nom. Il s’étend sur le penchant et sur le plateau d’une haute colline qui domine tout Paris. Avant la Révolution, cet endroit s’appelait Mont-Louis. Il y avait là une maison de campagne appai’tenant aux jésuites; sur la demande du P. de La Chaise, confesseur de Louis XIV, le roi la rebâtit, et le P. de La Chaise y séjournait fréquemment. Le 1er prairial an xn (21 mai 1804), ce domaine fut consacré aux sépultures publiques sous le nom de Cimetière du Père Lachaise, du nom du personnage historique qui l’avait habité, ou de Mont-Louis, de son nom primitif, ou de l’Est, de sa situation relativement à Paris. L'entrée principale s’annonce par un hémicycle , formé d’un mur monumental. Au centre s’ouvre une large porte, dont les pieds droits figurent deux grands cippes funéraires, en pierre, terminés en demi-cercle, et ornés de sculptures en bas-reliefs représentant les emblèmes de la mort et du deuil ; vers le haut de chaque cippe, un sablier ailé dans un médaillon ; sur chaque angle, une torche funèbre; au milieu, une guirlande de cyprès allant d’un côté à l’autre; sur l’imposte de la porte, des lacrymatoires ( V. ce mot ) ; on se croirait en pleine antiquité païenne, si on ne voyait sous les guirlandes, au milieu des cippes, les deux inscriptions suivantes, prises de nos livres saints, à droite : Qui crédit in me, eliamsi morluus fuerit, vivet (Joann. xi.) « Celui qui croit en moi, quand il serait mort, vivra. » A gauche : Spes iliorum immortalitate plcnaest; (Sapient. iii, 4.) « Leur espérance est pleine d’immortalité. » On pénétre dans ce champ de sépulture par une large avenue , droite, bordée de cyprès et de tombeaux. Elle s’étend jusqu’au pied escarpé de la colline, où, presque au sommet, s’élève, en perspective, une chapelle d’architecture dorique fort simple, bâtie sur une esplanade, occupée encore, en 1820, par la maison du P. de Lachaise. Les autres parties du cimetière sont dessinées à peu près en jardin paysagiste, sauf quelques longues allées de tilleuls ou de marronniers qui en forment Iss divisions principales. Les tombeaux remplissent ces divisions, pêle-mêle, excepté sur les bords des chemins, où ils s’alignent. Ils sont presque tous petits, et la forme de la plupart est inspirée ou copiée de l’antique : ce sont des cippes, des colonnes surmontées d’une urne cinéraire figurée, des obélisques de pierre, de marbre ou de granit. D’autres sont de petites chapelles sépulcrales, ou des caveaux pour un mort, souvent pour une famille. Les plus pauvres ont une simple dalle verticale, ou couchée à terre, ou une croix de bois peinte en noir, avec un grillage également noir et en bois, pour protéger les 2 mètres de terrain où ils reposent. Beaucoup sont ombragés de cyprès, de thuyas, ou plantés d’arbuste3 ou de fleurs. Le P. Lachaise est presque le cimetière de l’aristocratie; aussi y trouve-t-on beaucoup do tombeaux somptueux et magnifiques, grandes œuvres d’art, où I on a prodigué par masse la pierre ou le marbre blanc. Quelques-uns de ces monuments appartiennent à des noms
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illustres, tels que Héloïse et Abélard , Molière, La Fontaine, Delille, Masséna, le maréchal Lefebvre, Decrès, Casimir Périer, la princesse Demidoff, Aguado, Larrey, C. Delavigne, etc.; mais la plupart ne rappellent que l’illustration essentiellement viagère de la fortune, impuissante à faire retenir les noms obscurs gravés sur les mausolées les plus superbes. Les épitaphes forment le luxe des petits tombeaux ; tous en ont, les unes touchantes, la plupart triviales ou emphatiques. Le cimetière du P. Lachaise a 43 hectares de superficie environ , plus de dix fois l'étendue du parc dont il fut d’abord formé, et de temps en temps on l’agrandit encore. Véritable ville des morts, un officier, sous le titre de gardien en chef, en tient l’état civil. La plupart des célébrités parisiennes y veulent être inhumées, car il y a une mode jusque dans le trépas. Il semble que leur réunion soit comme un écho silencieux du bruit qu’ils ont fait dans la grande cité. Ce cimetière est une des choses remarquables de Paris, peut-être une chose unique en son genre; ses monuments innombrables et toujours augmentant, pressés les uns contre les autres, somptueux, riches, coquets, ou tout au moins élégants, lui donnent quelque chose de mondain et de vaniteux ; c’est presque une promenade publique, et on y rencontre plus de curieux visiteurs que de parents ou d’amis affligés. Depuis 1860, ce cimetière est dans Paris, 20e arrond. C. D — y.
LA CHALOTAIS (Louis-René deCASRADEUC de), procureur-général au parlement de Rennes, né dans cette ville en 1701, m. en 1785, provoqua la suppression des Jésuites en publiant le Compte-rendu des Constitutions de cet ordre, 1761-62. En 1765, il refusa, avec d’autres membres du parlement de Bretagne, d’enregistrer des édits bursaux du gouvernement, qui attentaient aux droits de cette province. Enfermé avec son fils dans la citadelle de S^Malo, et privé de papier et d’encre, il y écrivit un Mémoire contre ses détracteurs avec un cure-dent et de la suie délayée. L’indignation publique éclata en sa faveur, et il sortit de sa prison, mais fut exilé à Saintes jusqu’à la mort de Louis XV. Il reprit ses fonctions en 1775, et les garda jusqu’à sa mort. On a de lui, outre le Compte-rendu , et 3 vol. de Mémoires pour sa justification, 1767, un Essai d'éducation nationale, 1763, in-12, qui renferme des vues élevées. L— H.
LACHAMBRE (Marin Cureau De), médecin de Louis XIV, né au Mans en 1594, m. à Paris en 1669, membre de l’Académie française et de l’Académie des sciences, fut un médecin médiocre, mais dut sa réputation à son habileté comme physionomiste, qui le fit consulter souvent par le roi. On a de lui : l’Art de connaître les hommes , 1653 ; les Caractères des passions, 5 vol., 1640-62, ouvrage estimé, où se trouve une Dissertation sur les animaux ; Système de l’âme, 1664, etc. Ses ouvrages témoignent d’une grande simplicité : il ajoutait foi à la chiromancie, aux prédictions des astrologues, etc.
LA CHAPELLE (Jean de), né à Bourges en 1655, m. à Paris en 1723, fut secrétaire du prince de Conti, et chargé par Louis XIV d’une mission en Suisse. Il fit jouer Zaïde, Cléopâtre, Téléphonie, Âjax, mauvaises tragédies que soutint un instant le talent de l’acteur Baron ; on lui doit encore deux pitoyables romans , les Amours de Catulle, 1680, et les Amours de Tibulle, 1723; enfin une Lettre d'un Suisse à un Français , 1703. Malgré ses œuvres, il remplaça Furetière à l’Académie Française. J. T.
lachapelle (Armand boisbeleau de), ministre protestant, né en 1676 à Ozillac près de Jonzac (Saintonge), m. en 1746, passa très-jeune en Angleterre, et prêcha en Irlande, à Londres, à La Haye. Il airaduit en français: la Religion chrétienne démontrée par la résurrection de J.-C., de Dittou, Amsterdam, 1728, 2 vol. in-8°; le Babillard , de Steele, ibïd. , 1734 et 35, 2 vol. in-12. Il est connu surtout par sa coopération à la Bibliothèque anglaise, Amsterdam, 1729 et suiv., 15 vol. in-12, et à la Bibliothèque raisonnée des savants de l’Europe, ibid. , 1728-53, 52 vol. in-12.
lachapelle (Madame), sage-femme, née à Paris en 1769, m. en 1821, a su, par son habileté et un rare esprit d’observation, conquérir un nom dans la science. Elle fut directrice de l’hospice de la Maternité en 1797, fit des cours publics, et forma par ses leçons un grand nombre d’élèves distinguées. On a d’elle : Pratique des accouchements, 3 vol. in-8°, 1821-25.
LA CHATEIGNERAIE. V. Jarnac.
LA CHATRE. V. Châtre (la).
LA CHAUSSÉE (Pierre-Claude Nivelle de), auteur dramatique, né à Paris en 1692, m. en 1754, se fit connaître par une Epitre à Clio, 1731, dans laquelle il combattit le paradoxe de Lamotte sur les tragédies et les odes en prose. En 1734, il débuta au théâtre par la Fausse I
antipathie, où s’entrevoit le drame, genre nouveau pour notre scène, et qu’il y sut introduire avec talent et succès. Témoin le Préjugé à la mode, 1735 ; Mélanide, 1741 ; l'Ecole des mères, 1745; la Gouvernante, 1747 , les meilleures pièces de l’auteur, toutes en 5 actes, en vers, san? qu’aucune d’elles soit restée au théâtre. Ce drame larmoyant, où le comique et le tragique sont accouplés, porte souvent l’intérêt à son comble; il n’est pourtant qu’une nouvelle voie ouverte à l’art, il n’est point un perfectionnement de l’art. La Chaussée donna, en 1738, une tragédie médiocre, Maximien. Il a inséré quelques Contes dans le Recueil de ce n messieurs (avec Caylus, Duclos, etc.), 1745. Il fut membre de l’Académie française. Piron le poursuivit de ses épigrammes, et Collé le surnomma le Cotlin dramatique. Ses Œuvres ont été publiées en 5 vol. in-12, Paris, 1762. Si, malgré un style lâche, une versification faible et sans couleur, La Chaussée a fait honneur au théâtre français, Voltaire l’a cependant bien jugé « un des premiers aprè:"' ceux qui ont eu du génie. •> J. T.
LA CHAIJX-DE-FOND. V. Chàüx-de-Fond (la).
LACHÉSIS, une des Parques. V. Parques.
LACHESNAYE-DESBOIS (Aubert de), littérateur, né dans le Maine en 1699, m. en 1784, entra dans l’ordre des Capucins, puis, renonçant au cloître, se mit aux gages des abbés Desfontaines et Granet, pour lesquels il écrivit des articles littéraires. On a de lui : Dictionnaire d’agriculture, 1751 ; Dictionnaire militaire, 1758; — domestique, 1762; — des Moeurs et Coutumes des Français, 1767 ; — de la Noblesse , 1770, etc.
LACHMANN (Charles), écrivain allemand, né à Bruns wiek en 1793 , m . en 1 851 , étudia à Leipzig et à Gœttingue, et obtint en 1816 une chaire de philosophie à Berlin, après une thèse remarquable sur les Niebelungen, le premier ou vrage dont la critique ait éclairé les beautés de cette vieille épopée germanique. Il donna ensuite de ce poëme une édition, où les interpolations sont savamment distin guées. Il prit part à la publication des anciens historiens allemands, donna des éditions de Lessing, du Nouveau Testament, des Institutes de Gaius, de l’Iliade d’Homère, de Properce, de Lucrèce, etc. On lui doit encore un Traité dv système des chœurs dans la tragédie grecque, en latin.
LACHMI. V. Lakchmi.
LACHN1TZ ( Louis- VV enceslas ) , compositeur de mu sique, né à Prague en 1756, m. en 1820, a arrangé pour l’Opéra de Paris les Mystères d’Isis, 1801, d’après la FliUe enchantée de Mozart, et le Don Juan du même auteur, 1805. Il composa, avec Kalkbrenner, l’oratorio de Saül, 1803, et la Prise de Jéricho, 1805.
LACINIENNE (Table). Inscription relatant le sommaire de l’invasion carthaginoise en Italie, pendant la 2a guerre punique. Elle était en langues punique et grecque, et gravée sur des tables d’airain fixées à un autel près du temple de Junon, au cap Lacinium, auj. cap des Colonnes. Annibal éleva l’autel et fit graver l’inscription, l’an 547 de Rome, 206 av. J.-C. Cette inscription ‘est perdue.
LACINIUM promontorium , nom ancien du cap des Colonnes.
LAC1NIUS, brigand italien de la Grande-Grèce, fut tué par Hercule, à qui il avait voulu dérober les bœufs de Géryon ; son nom est resté au cap Lacinium, où le vainqueur avait bâti un temple à Junon Lacinienne.
LAOKNAU, v. de l’Hindoustan. V. Laknau.
LACLOS (Pierre-Ambroise-François Choderlos de), né à Amiens en 1741, m. en 1803, officier d’artillerie, est auteur d’un roman, mauvais de tous points , qui fit scandale, les Liaisons dangereuses, 1784, 2 vol. in-8°; il fut secrétaire et agent du duc d’Orléans, dont il seconda habilement la cause après 1789. Il rédigea le Journal des Amis de la Constitution, et fit avec Brissot la fameuse pétition du Champ-de-Mars. Arrêté en 1793, lors de la mort ’ de son protecteur, il fut épargné, dit-on, par Robespierre, qui lui faisait composer ses discours au fond de sa prison. Le 9 thermidor lui rendit la liberté, et il rentra dans la carrière militaire avec le grade de général de brigade, pour être, bientôt après, chargé du commandement de l’artillerie à l’armée d’Italie. Ce fut là qu’il mourut des suites de ses fatigues, laissant la réputation d’un officier distingué et d’un honnête homme. Il s’était signalé par d’utiles travaux de génie militaire, et par l’invention de nouveaux projectiles. Laclos a laissé encore : Galerie des Etats-Généraux, 1789 ; Galerie des dames françaises, 1793, avec Luchet, Rivarol et Mirabeau ; les Folies philosophiques, par unjiommo retiré du monde, 1784; et des Poésies fugitives. G. L.
LACOBRIGA, v. d’Hispanie (Lusitanie), dans le Cunéus. On voit ses ruines près de Lagos.
LACOMBE (François), littérateur, né à Avignon en
LAC
1733, m. vers 1795 à Montpellier, où il était commissaire de police, a publié : Lettres historiques du comte d'Orrery sur les ouvrages de Swift, trad. de l’anglais, 1753, in-12 ; Lettres choisies Je Christine, reine de Suède, 1759, in-12; Lettres secrètes de Christine de Suède, Paris, 1762, in-12, apocryphes; Lettres de Shaflesbury sur l'enthousiasme, trad. de l'anglais, Paris, 1762, in-12; Dictionnaire du vieux langage français, 1765-67, 2 vol. in-8° ; Tableau de Londres et de ses environs, 1780, in-12.
Aacombe (Jacques), compilateur, né à Paris en 1724, m. en 1811, fut avocat, puis libraire. On a de lui : Dictionnaire portatif des beaux-arts, Paris, 1752, 53 et 59, in-8°; Abrégé chronologique de l'histoire ancienne, 1757 ; — de l’Histoire du Nord , 1762, 2 vol. in-8°; — de l’Histoire d’Espagne et de Portugal (commencé par le président Hénault), 1759 et 1765, 2 vol. in-8° ; Mémoires secrets de la duchesse de Porlsmoulh, 1805, 2 vol. in-12; Précis de l’art dramatique des anciens et des modernes, 1808, 2 vol. iu-8°, en société avec Champfort. Il a fourni à l'Encyclopédie méthodique les Dictionnaires des Arts et métiers, — des Chasses, — de l'Art oratoire, — des Amusements des sciences.
lacombe de prezel (Honoré), frère du précédent, avocat, né à Paris en 1725, a laissé: Dictionnaire d’anecdotes, 1756, 2 vol. in-8°; Dictionnaire iconologique, 1756, in-12; Progrès du commerce, 1760, in-12; Dictionnaire portatif de jurisprudence, 1763, 3 vol. in-12; Dictionnaire des portraits historiques, 1768, 3 vol. in-8° ; les Pensées de Pope, 1766, in-12.
LA CONDAMINE ( Charles -Marie de) , savant voyageur, né à Paris en 1701, m. en 1774, s’eurôla d’abord comme volontaire, puis, dégoûté du service, entra en qualité d’adjoint-chimiste à l’Académie des Sciences, et fut attaché par elle au voyage que Bouguer fit à l’équateur, en 1736, pour déterminer la grandeur et la figure de la terre. Dans cette expédition, qui dura dix ans, il ne montra pas moins de sagacité que de courage, et, à son retour, il publia ses observations, d’où naquit une querelle entre lui et ses collègues. La Condamine, gai et spirituel, mit les rieurs de son côté. D’une curiosité insatiable, mais unie à de solides qualités, il fit encore pour son propre compte de nombreux voyages scientifiques, et fut reçu en 1760 à l’Académie Française. Voici ses principaux ouvrages : Délation abrégée d'un voyage fait dans l'intérieur de l’Amérique méridionale, 1745, in-8° ; La figure de la terre déterminée par les observations de MM. de La Condamine et Bouguer, 1749, in-4o; Journal du voyage fait par ordre du roi à l’équateur, 1751, in-4°; Histoire des pyramides de Quito, 1751, in-4°; divers Mémoires sur l'inoculation , recueillis en 2 vol. in-12. On a aussi de lui des poésies et autres opuscules. L — h.
LACONICUM. Espèce de poêle, placé près du sudataire d'un bain, chez les anc. Romains, et destiné à en augmenter, ou du moins en conserver la chaleur.
LACONIE , Laconia, contrée de l’anc. Grèce (Péloponèse, au S.-E.) , entre l’Argolide et l’Arcadie au N., la Messénie à l’O., le golfe de Laconie au S., et le golfe Argolique à l’E. Ch.-l., Sparte. Sol très-montueux , dominé par les chaînes du Taygète et du Parnon , qui se terminaient dans deux presqu’îles, l’une au cap Ténare, l’autre au cap Malée; arrosé par l’Eurotas, et peu fertile. Il y avait de riches forêts et de belles carrières de marbre. On divisait la Laconie en 4 parties : le District politique, où était Sparte, au S. de cette ville, et le long du cours supérieur de l’Eurotas; le Nome d’Amyclœ, à l’O. du précédent; YEgialéc, le long de la côte E.; et le pays des Périèques, au S. — La Laconie fut habitée d’abord par des Pélasges, de la tribu des Lélèges, d’où le pays s’appela Lelegia. Lors de l’invasion hellénique, il fut soumis par les Achéens, à l’exception de l’Egialée, qui resta au pouvoir de la tribu pélasgique des Cynuriens. Les Doriens, sous la conduite des Héraelides, ne s’emparèrent d’abord que de la partie N. de la Laconie jusqu’à S.parte; le reste du pays, Amyclée, Géronthrées, Hélos, ne fut complètement soumis que trois siècles après, et les habitants réduits à la condition, les uns de sujets ( V. Laconiens ) , les autres d’esclaves ( V. Hilotes ) . Dès ce moment , la Laconie suivit le sort de Sparte. Après la conquête romaine , elle fut comprise dans les mêmes divisions administratives, et soumise jusqu’à nos jours aux mêmes dominations que le reste de la Morée. C. P.
laconie (Golfe de), golfe formé par la mer de Crète entre les deux presqu’îles qui terminent la Laconie au S.; fermé à l’O. par le cap Ténare, à l’E. par le cap Malée. Auj. golfe de Kolokythia.
laconie, nomarchie du royaume de Grèce ; ch.-l., Sparte. Pop., 113,336 hab. De 1836 à 1845, ce fut un gouvernement composé du canton de Maïna. Avant cette époque, le nom
LAC
de Laconie était donné à un nome comprenant les cantons de Maïna, de Monembasie et de Misitra.
laconie , nom donné au New-Hampshire par les navigateurs qui le découvrirent , à cause de son aspect aride.
LACONIE (ELEUTIIÉRO-). V. ELEUTItERO-LACONIE.
LACONIENS, nom donné, après la conquête dorienne, à la classe intermédiaire des habitants de la Laconie. C’était un mélange de la population achéenne, qui avait précédé les Doriens, et des étrangers, qui avaient aidé les conquérants, ou avaient été invités par eux à venir occuper la place des anciens habitants. Sans partager les droits politiques des Doriens de Sparte, ils n’étaient pas esclaves comme les Hilotes, et vivaient dans la condition de sujets libres. Ils avaient reçu une grande partie des terres de la Laconie, et payaient , à ce titre, un tribut à l’Etat. Ils étaient forcés d’accompagner les Spartiates à la guerre ; mais ils possédaient sans partage le commerce et l’industrie, que dédaignaient les Doriens. Ils se révoltèrent plusieurs fois contre les Spartiates, mais furent toujours réprimés. On leur donnait aussi le nom de Périèques ( qui habitent aux environs, les gens de la campagne), par opposition aux habitants de la ville et du district politique, aux citoyens. C. P.
LACOUR (dom Didier de), bénédictin, né en 1550 à Marzeville près de Verdun, m. en 1633, entra de bonne heure dans les ordres, se distingua par sa science, fut nommé supérieur du monastère de S1- Vannes de Verdun, parvint à y rétablir la discipline méconnue, et fonda sur le même modèle la congrégation de SMVIaur.
LACRETELLE (Pierre-Louis), dit V Aine, né à Metz en 1751, m. en 1824, fut reçu au barreau de Paris en 1778, et se voua principalement aux travaux de cabinet. Lié avec les encyclopédistes, il fut couronné, en 1784, par l’Académie de Metz, pour un Discours contre les peines infamantes, qui obtint ensuite le prix Monthyon , 1786. Dévoué à la Révolution , il essaya de la modérer, fut député suppléant à l’Assemblée constituante, membre de la Législative, et vécut dans la retraite pendant le règne de la Convention. Il entra, en 1801, au Corps législatif, et , l’année suivante, succéda à La Harpe à l’Académie Française. Fidèle à la liberté, il n’accepta rien de l’Empire ni de la Restauration , et écrivit contre celle-ci dans le Mercure de France et dans la Minerve. On a de lui divers mélanges, et tous les articles de Logique, de Métaphysique et de Morale, contenus dans l’ Encyclopédie méthodique. Ses Œuvres complètes, publiées en 1823 et années suivantes, contiennent : Eloquence judiciaire et Philosophie législative, 3 vol.; Roman théâtral, 1 vol.; Portraits et tableaux, 2 vol.; Eludes sur la Révolution ; Mes soirées à Malesherbes, etc. L — il.
lacretelle (Jean-Charles-Dominique ) , dit le Jeune, né à Metz en 1766, m. en 1855, commença par écrire une tragédie, Caton d'Utique, vint à Paris en 1787, entra au Journal des Débats de l'Assemblée constituante, et y montra dès le début les qualités qui l’ont toujours distingué, la netteté d’esprit et l’élégance du style. Rédacteur du Précurseur lors du 13 vendémiaire, il se déclara contre la Convention , et fut proscrit. Victime encore du 18 fructidor, il fit deux ans de prison à la Force et au Temple. Nommé membre du bureau de la presse en 1801, il commença de publier un Précis historique de la Révolution française, qui contint les parties suivantes: Assemblée législative, 1801, 1 vol. in-18 ; Convention nationale, 1803, 2 vol. in-18; Directoire exécutif, 1806, 2 vol. in-18. Un ouvrage plus important fut V Histoire de France pendant le xvill® siècle, 1808, 6 vol. in-8°. En même temps, Lacretelle dirigeait le Publiciste, qui fut supprimé en 1810, et remplissait les fonctions de censeur dramatique. Nommé professeur -adjoint d’histoire à la Faculté des lettres de Paris , 1809 , puis professeur titulaire, 1812 , il remplaça Esménard à l’Académie Française en 1811. Lors des événements de 1814, il se rallia des premiers aux Bourbons. Sous la Restauration , il fit paraître une Histoire de France pendant les guerres de religion , 1814-16, 4 vol. in-8° ; une Histoire de la Révolution française, 1821-27, 8 vol. in-8° ; des Considérations sur la cause des Grecs, 1825, in-8°, une Histoire de France depuis la Restauration, 1829 et suiv.,4 vol. in-8°. En 1827, la manifestation qu’il provoqua, au sein de l’Académie, en faveur de la liberté de la presse, lui fit perdre sa place de censeur dramatique. Comme historien, Lacretelle se recommande plus par une certaine habileté d’arrangement que par la profondeur. « Beaucoup de phrases, a dit de lui Napoléon, et peu de couleur ; point de résultats ; il est académique, et nullement historien. » En ce qui concerne la période révolutionnaire, acteur ou spectateur intéressé, il a été souvent pamphlétaire. Dans sa vieillesse, il publia son Testament politique et littéraire , 4840 , 2 vol . in-8°, et , peu
LAC
— 1512 — LAC
de temps avant sa mort, il écrivait Y Eloge de Dclille et Y Histoire de l'abbaye de Cluny. B.
LACROIX (Louis-Antoine Nicolle de), géographe, né à Paris en 1704, m. en 1760, se fit prêtre, et, dans ses loisirs, enseigna la géographie. On a de lui une Géographie moderne, 1747, in-12, ouvrage remarquable pour son temps, et qui servit de base, pendant 50 ans, à l’enseignement dans les collèges.
Lacroix du Maine (François grudé de ) , en latin Crucimanus , bibliographe, né au Mans en 1552, m. en 1592, composa une Bibliothèque française, Paris, 1584, in-fol., catalogue des auteurs qui avaient écrit en français jusqu’à cette époque, dont une 2« édition fut donnée en 1777, Paris, 6 vol. in-4°, en y joignant le Dictionnaire des écrivains français de Duverdier et les notes de La Monnoye, Bouhier et Falconet. Lacroix du Maine fut assassiné par des fanatiques, qui le soupçonnaient d’être partisan de la Réformation. C — s.
Lacroix ( Jean-Franç. de), compilateur du xviii6 siècle, né à Compiègne, a publié : Anecdotes anglaises, — italiennes,
— arabes, — militaires, etc., 1769 et suiv.; Dictionnaire des faits et dits mémorables, 1768 ; — des Femmes célèbres, 1769 ;
— des Cultes, 1770; — des Saints, 1772.
Lacroix (Sylvestre-Frauçois) , mathématicien , né à Paris en 1765, m. en 1843, se fit connaître par un travail sur les assurances maritimes, que l’Académie des Sciences couronna en 1787, enseigna les mathématiques successivement à l’École des gardes-marines de Rochefort , à l’Ecole militaire de Paris, à l’Ecole d’artillerie de Besançon , fut nommé examinateur des aspirants et des élèves du corps d'artillerie en 1793 , professeur-adjoint de géométrie descriptive à l’Ecole normale en 1795, puis professeur de mathématiques à l’Ecole centrale des Quatre-Nations, enfin, en 1799, professeur d’analyse à l’Ecole polytechnique et membre de l’Institut. Lors de l’organisation de l’Université impériale, il eut la chaire de mathématiques transcendantes et le décanat de la Faculté des Sciences. Il entra au Collège de France eu 1815. On a de lui : Cours de mathématiques élémentaires (arithmétique, algèbre, géométrie, trigonométrie), 1796-1801, ouvrage clair et méthodique, qui a puissamment contribué au progrès des études; Traité du calcul différentiel et intégral , 1797, 2 vol. in-4°, et 1810-19, .3 vol. in-4°, son principal titre de gloire; Traité des différences et des séries, 1800, in-8° ; Essai sur l'enseignement des mathématiques, 1805, in-8°; Traité du calcul des probabilités, 1816, in-8°; Manuel a arpentage, 1826, in-18; Introduction à la connaissance de la sphère, 1828, in-18, etc.
LACROSSE (Jean-Baptiste-Raymond, baron de), marin français, né en 1761 à Meilhan (Lot-et-Garonne), m. en 1829, entra à 18 ans dans la marine royale, fit la campagne d'Amérique , commanda une division dans la malheureuse expédition d’Irlande, fut nommé contre-amiral , soutint une espèce de siège dans le port de La Hogue, reçut la place d’inspecteur-général des côtes depuis Cherbourg jusqu’à Anvers, commanda à la Guadeloupe, dirigea l’armement de la flottille destinée à une descente en Angleterre et en reçut le commandement après la mort de Brueix , fut préfet maritime à Rochefort , et prit sa retraite en 1816. V. LaCROSSE, au Supplément.
LACROZE (Mathurin Veyssières de), orientaliste, né à Nantes en 1661, m. en 1739, partit à l’âge de 14 ans pour la Guadeloupe, où il acquit la connaissance de l’anglais, de l’espagnol et du portugais. Il revint à Nantes en 1677, et apprit la médecine; mais dégoûté de sa nouvelle profession , il prit l’habit de Sl-Benoit dans la congrégation de Sl-Maur, en 1682. D’un caractère indépendant, il lutta contre ses supérieurs, et n’échappa à la prison que par la fuite. Il arriva à Bâle, dépourvu de ressources, puis se rendit à Berlin , où il fut nommé bibliothécaire du roi , précepteur de la princesse royale, et plus tard professeur de philosophie au collège français. Ce savant était doué d’un esprit pénétrant et d’une mémoire prodigieuse. Ses principaux ouvrages sont : Vindiciœ veterum scriptorum contra Harduinum , Rotterdam , 1708 ; Histoire du christianisme des Indes, La Haye, 1724; — de celui d'Ethiopie et d'Arménie, ibid. , 1739; Lexicon Ægypliaco-latinum, Oxford, 1775, in-4°; Thésaurus epislolicus lacrozianus, 3 vol. in-4°, ouvrage précieux pour l’histoire littéraire et pour la philologie orientale, chinoise et tartare. D.
LA CRUZ (Pantoja de), peintre, né à Madrid en 1551, m. en 1610, fut chargé par Philippe II de décorer les plafonds de l’Escurial. Il excella dans le portrait. Ses ouvrages les plus remarquables sont : une Adoration des bergers , où , suivant le goût du temps , il a représenté toute la famille du roi ; le portrait de Philippe III à cheval, conservé au palais des ducs d’Uzeda à Montalvan, ceux
de Charles-Quint et de Philippe II , en pied , au palais de l’Escurial.
la cituz (Juana-Inez de), religieuse et poète espagnole, née en 1614 à Mexico, m. en 1695 , prit d’abord pour modèles Garcilaso et Boscan , mais s’égara bientôt à. la suite de Gongora. Le recueil de ses poésies , publié à Madrid en 1670, contient quelques autos, des sonnets, des romances, et des chants religieux. Sur le titre de eet ouvrage, elle est qualifiée de dixième Muse.
la cruz y cano (Ramon de) , poëte dramatique espagnol, né en 1728 à Madrid, m. en 1795, fut avocat, secrétaire , professeur, avant de se consacrer au théâtre. Le recueil de ses œuvres, publié en 10 vol., 1788, contient des comédies , des drames , des intermèdes , des prologues allégoriques, où l’on reconnaît l’influence d’une étude sérieuse de Molière.
LACRYMATOIRE , nom créé au xvic siècle pour désigner de petits vases à long col, en verre , en terre cuite, ou en albâtre, trouvés dans les urnes cinéraires de beaucoup de tombeaux romains. Les antiquaires s’imaginèrent que ces vases servaient à recueillir les larmes des pleureuses ou des parents , pour les enfermer ensuite avec les cendres des défunts , en vertu de cette croyance que les larmes réjouissaient les Mânes. Une opinion mieux discutée paraît établir que les prétendus lacrymatoires, qui avaient de 8 à 15 centimèt. de haut, et d’autres, seulement 3 ou 4 , servaient à mettre des parfums pour parfumer les cendres de3 morts. Ils étaient petits, parce que les parfums étaient fort chers , et que d’ailleurs tous les parents devant en apporter, il fallait forcément que la part fournie par chacun fût petite. Néanmoins on a trouvé quelques-unes de ces fioles qui contenaient aussi des larmes , outre les parfums ; mais c’était là l’exception et non la règle. La plupart des lacrymatoires ont été trouvés dans des tombes gallo-romaines. C. D-y.
LACTANCE (Lueius-Cœlius-Firmianus), écrivain latin, né vers le milieu du me siècle , sans doute en Afrique , m. à Trêves vers 325. Il fut d’abord païen , étudia à Sicca ( Numidie) sous Arnobe, et Dioclétien lui confia, vers 290, une chaire d’éloquence à Nicomédie. Puis il devint chrétien vers 300 , fut chargé par Constantin, vers 318, de l’éducation de son fils Crispus, et combattit par ses écrits les philosophes païens. Son principal ouvrage est le traité des Institutions divines, en 7 livres, où il attaque le polythéisme et la philosophie païenne. On y admire la pureté du style, qui a fait donner à l’auteur par S1 Jérôme le titre de Cicéron chrétien, et la force des raisonnements ; mais Lactance, remarquable comme apologiste , a moins d'autorité dans l’exposition de la doctrine. Il a fait lui-même un Epilome de ses Institutions , adressé à son frère. Nous avons aussi ses traités Sur la colère de Dieu , Sur l'oeuvre de Dieu ou la création de l’homme, Sur la mort des persécuteurs. Les meilleures éditions de ses œuvres sont celles de Rome, 1654- 1659, 14 vol. in-8° ; de Paris, 1748, 2 vol. in-4° ; de Deux- Ponts, 2 vol. in-8°, 1786. Les Institutions divines ont été traduites en français par René Famé, Paris, 1746 ; la Mort des persécuteurs, par Maucroix, Paris, 1680, in-12, et par Basuage, Utrecht, 1687, in-8°. D — R.
LAC-TCHOU, pays d’Asie, tributaire de l’Annam, au S. de la Chine, à l’E. de l'Empire birman, et à 10. du Tonkin. Il est peu connu.
LACTÉE (Voie). V. au Supplément.
LACTORATES , peuple de la Gaule (Novempopulanie), séparé des Tolosates par la Gimone. Ch.-l. , Laclora (Lectoure ).
LACUÉE DE CESSAC ( Jean-Gérard , comte de ) , général, né en 1752 à Massas près d’Agen, m. en 1841 , était au service quand la Révolution éclata. Député à l’Assemblée législative , il s’y déclara l’adversaire de Dumouriez. Membre du conseil des Anciens en 1795 , partisan du 18 brumaire , il prit la défense de Carnot en disgrâce. Il fut appelé au conseil d’Etat , où il présida la section de la guerre , fut ministre de la guerre par intérim , gouverneur de l’Ecole polytechnique , directeur général des revues et de la conscription militaire, et enfin ministre en 1807. Directeur de l’administration de la guerre après le comte Dejean, il se fit beaucoup d’ennemis en poursuivant les dilapidations, fut destitué après la campagne de Russie, et n’en demeura pas moins fidèle à l’empereur jusqu’à la fin. Il n’eut aucun emploi sous la Restauration , mais entra à la Chambre des pairs en 1831. On a de lui un Guide des officiers particuliers en campagne , 1786 et 1815, 2 vol. in-8°, et le Dictionnaire d'art militaire de Y Encyclopédie méthodique.
LACUNA ou LAGUNA (André), médecin, né à Ségovie en 1499 , m. à Anvers en 1560 , étudia d’abord à Salamanque, puis à Paris, revint en Espagne en 1536, fut reçu