SD
pagnes. Les traditions lui donnent pour premiers habitants les Telchines, ouvriers et navigateurs habiles, sans doute des Phéniciens, à qui les populations alors ignorantes de la Grèce firent une réputation d'enchanteurs et de sorciers; puis les Héliades ou fils du Soleil, autre population qui parait également phénicienne, et qui fonda les villes d’ialisos, Camiros et Lindos; ensuite des Pélasgcs, venus, les uns de Lesbos sous la conduite de Leucippos, les autres de Thessalie sous celle de Phorbas ; des Crétois, sous Althemène; des Argiens-Achéens, sous Tlépolème; enfin des Doriens d’Argos , commandés par un autre Altheméne, petit-fils de l’Héraelide Téménos. Les Doriens se rendirent maîtres de l’ile, et, avec les Doriens de Cos, de Cnide et d’Ilalicarnasse, formèrent une confédération appelée Herapole Dorique. Ils devinrent puissants par leur marine et leur commerce, et fondèrent de nombreuses colonies ; Salapie, en Apulie; Pnrthénope, qui devint Naples; Rlmda ou Rhodanusia, aux embouchures du Rhône ; Rhoda, en Hespérie; en Sicile, Géla, de concert avec des Crétois ; Soli, en Cilicie; enfin dans les petites îles voisines de Rhodes, Carpathos, Nisytra, Chalci , Symi, Calydna. A l’intérieur, le gouvernement républicain aristocratique remplaça la monarchie héroïque. Assujettis par Darius, les Rhodiens furent délivrés du joug des Perses à la paix de Cimon, 449, mais forcés de reconnaître l’hégémonie d’Athènes; ils passèrent en 412 dans l’alliance de Sparte, rentrèrent en 377 dans celle d’Athènes, recouvrèrent par la guerre Sociale la pleine jouissance de leur liberté, 358- 35b, furent soumis par Artémise, reine de Carie, 354, mais délivrés peu de temps après, 351, grâce à la mortd'Artémise et à l’intervention des Athéniens, entraînés par un éloquent discours de Démosthène. Rhodes se soumit à Alexandre, qui la traita avec ménagement, et, dès ce moment, elle devint, par l’abaissement définitif d’Athènes, la première puissance maritime de la Grèce. Ayant chassé la garnison macédonienne à la mort d’Alexandre , elle s’allia avec Ptolémée, roi d’Egypte, et s’attira par là l’inimitié d’Antigone, dont le fils, Démétrius Poliorcète, entreprit en vain contre elle un siège célèbre dans l’antiquité, 305 304. Unis à Rome contre Philippe de Macédoine, 200, et Antiochus de Syrie, 191, les Rhodiens gagnèrent, à la défaite de ces princes, la ruine de deux marines rivales, et la possession de la Lyeie et d’une partie de la Carie; mais ils devinrent suspects au sénat dans la guerre contre Persée, et se virent privés de leurs possessions du continent, 167. Ils résistèrent courageusement à Mithridate, furent bien traités par Sylla et César. Mais Cassius prit Rhodes, qui lui avait refusé des vaisseaux, 42, et la pilla. Antoine l’exempta de tout tribut, et la replaça sur le pied d’Etat autonome; elle fut enfin privée de sa liberté une lre fois par Claude, 44 ap. J.-C., et définitivement par Vespasien, qui, la réunissant à Samos et aux autres iles voisines, en forma la province des lies, avec la ville de Rhodes pour capitale. Elle fut ensuite rangée dans le diocèse d'Asie, la préfecture et l’empire d’Urient, et fit partie du thème de Cibyrrha, quand les thèmes furent substitués aux provinces. Le christianisme s’y était introduit , et Rhodes était devenue la métropole des 17 évêchés des Cyclades, relevant elle-même du patriarchat de Constantinople. Dévastée par les Arabes en 656, 713 et 807, elle était, au commencement du xive siècle, séparée entre des seigneurs grecs et des Turcs, et ne reconnaissait plus que nominalement la souveraineté d’Andronic 11, empereur de Constantinople, lorsque les chevaliers de St-Jean de Jérusalem s’en emparèrent, 1309. Us repoussèrent les attaques des Turcs en 1444 et 1480, mais furent forcés en 1522 d’abandonner l’ile à Soliman II. Depuis, elle est restée aux Turcs. Auj. elle forme, avec Patmos, Nicaria, Leros, Calymno, Nisyros, Stampalia, Episcopi, Khallii, Symi,Castel-Rosso, Scarpanto.et Casso, un livah de l’eyalet des Iles. — La ville de Rhodes , fondée seu'ement en 408 par les habitants des trois autres villes de l’ile, à la partie septentrionale, était célèbre dans l’antiquité par la belle disposition de ses rues, la grandeur de ses ports, la beauté de ses édifices publics, ornés de plus de 3,000 statues : le plus remarquable était un fameux Colosse d’Apollon |E. Colosse ) . Le gouvernement de Rhodes se composait d’une assemblée du peuple, d’un sénat, et de prytanes, à la fois magistrats politiques et chefs militaires. Rhodes, fut le centre d un grand mouvement artistique et intellectuel, et le siège d’une célèbre école d’éloquence, où enseignèrent Esehiue etMilon. La ville ac uelle, const ruite sur l’emplacement de l’ancienne, mais moins étendue, ne conserve plus rien de l’antiquité. Elle a été bâtie par les chevaliers, et c’est encore auj. une vdle tout entière du moyeu âge, avec fortifications à créneaux, murailles à
meurtrières, maisons à tourelles, percées d’ogives et ornées d’armoiries. On y remarque les ruines de l’anc. cathédrale S'-Jeau, détruite en 1856 par l'explosion d’un magasin à pondre placé dans ses caveaux, et celles du palais des chevaliers. Elle est le ch -1. de l'eyalet des Iles et du livah de son nom. On y compte 6,000 Turcs, 1,000 Juifs, et 5,000 Grec-s. Divers services de bateaux à vapeur entre Marseille et Constantinople, cette dernière ville et Alexadrie, touchent à Rhodes. V. Guérin, Eiuile sur l’ile de Rhodes, Paris, 1856, in-8° G. P.
ehodes (Chevaliers de /. V. m.vi.te.
RHODES EXTÉRIEURES et INTERIEURES. V. APPENZELL.
RHOÛEZ ou RODEZ, Se;/odunum , Civitns Ituthenorum , ch.-l. du département de l’Aveyron , à 607 kil . S. de Paris, sur la rive dr. de l’Aveyron; par 44° 21’ 5’’ lat. N., et 0“ 14' 15'' long. E.; 9,200 hab. Evêché suffragant d’AIbi ; tribunaux de l'c instance et de commerce, lycée, école normale primaire, institut de sourds-muets, cabinet d’Itistoire naturelle, de physique et d'antiquités, bibliothèque. Sociétés d’agriculture, des sciences, lettres et arts. Dépôt d’étalons. Antique cité des Ruthèues, puis capitale du liouergue et du comté de Rhodez, dont on trouve le premier comte vers 820. Rhodez possède une belle cathédrale, construite sur les ruines d’uue antique métropole du viB siècle, commencée au xiiie et terminée au xvi8. Beau cloître des Cordeliers, du xive siècle. La ville est irrégulièrement bâtie, mais entourée de jolies promenades. Fabriques de serges, tricots, couvertures de laine. Commerce de grosse draperie, toiles grises, fromages, mulets, bestiaux. Patrie d’Alexis Monteil.
RHODIGIUM , nom latin de Rovico.
RHODOGUNE. V. Rodogune.
RHODOMaNN I l.aurenti , recteur de l’ Académie de Wittemberg, né à Sassowerf ( Haute-Saxe | en 1546, in. en 1606, est regardé comme un des restaurateurs de la langue grecque en Allemagne II taisait des vers grecs qui sont encore auj. un objet d’étonnement pour les connaisseurs. Ses vers latins sont médiocres. Il était poëte-lauréat. Il a laissé : une Vie de Luther, en vers héroïques grecs, avec la traduction latine, Ursel , 1579, in-8°; une Histoire du peuple de Dieu, traitée de la même manière, Francfort, 1581, in-8°; d’autres poésies grecques et latines; nne excellente traduction latine de Diodore de Sicile, Hanovre, 1604, in-fol.; et Paralipomenon ab Homero libri xiv, grec-latin, avec notes, ibid., 1604, in-8». C. N.
RHODOPE, chaîne de montagnes de la Thrace, auj. Despoto-Daijh, se détache des monts Doubnitza, au S. de Sophia, entre les sources de l’Hèbre (Maritza ) et du Nestos (Karasou ou Nesto J, et sépare les bassins de ees deux rivières. Le Rhodope est célèbre, dans la mythologie de la Grèce, comme la demeure d'Orphée. Sous l’empire romain , il a donné son nom à une province, qui semble déjà exister sous Valérien , mais dont on ne trouve la mention positive qu’à l’époque du concile de Sardique, 347. Elle apparteuait au diocèse de Thrace, à la préfecture et à l’empire d’Orient, et s’étendait entre le Rhodope au N., le Nestos à l’O., le cours inférieur de l’Hèbre à I E , et la mer Egée au S.; auj. une partie de l’eyalet d’Andrinople. Son chef-lieu était Abdère. C. P.
rhodope , courtisane de Thrace , fut esclave avec; Esope ; Charax de Lesbos, frère de Sapho, la racheta. Elle s’établit ensuite à Naucratis eu Egypte, et y gagna tant d’argent, qu’elle put, dit-on, bâtir à ses frais une pyramide.
RtlODOSTO. V. Rodosto.
RHODUSSÆ. V. Roihthos.
RHÜtN iMontsI , Rhrpmiehirje , chn’ne de montagnes dans le cercle bavar- is de la Haute-Frnncon'e, la liesse pruss etine et la Saxe-Meiningen. La Fulde et l’Ulsttr y prennent leur source.
RHUOTEE , liiutieum , cap de la Troaùe, sur ITIellespont. On y voit un tumulus qui porte le nom de tombeau d’Ajax , et qui n’est qu’une construction romaine.
RHONASZLK, v. de Hongrie (Marina os,, à 9 kil. E. de Szigeth. Mine de sel produisant 50ü,0u0 quintaux par an.
RHONE , nom formé du celtique Reu-ain, rivière rapide, en latin Rhoilunus, Heuve de Suisse et île France, prend naissance dans le massif du S'-Gothard. à 24 kd. S. -O. de la source du Rhin , entre les monts Furca et Grinisel , traverse de l’E. à l'O. le Valais, passe à Siun , puis s'engage dans une gorge étroite près de Martigny, tourne au N., arrose S1— Maurice, et se jette dans le lac *e Genève, dont il exhausse incessamment le lit par des dépôts de limon, et d’où d soi t a Geuivo même. A peu de distance de cette I ville, il sépare l’Ain de la Hl8-Savoie, et traverse une vallée
RH'ï
RIB
étroite et encaissée, où il n’a plus que 16 à 25 mètres de | largeur, au lieu de 78 à 117. Au village de Coupy, il passait sous une arche de 60 pas de longueur; c’est ce qu’on appelait la perte du Rhône; on a fait sauter ce barrage; mais le Rhône est encore très-tourmenté, son lit devient ensuite ; très-profond, encaissé dans des berges à pic de 50 mèt. de ' hauteur, et le fleuve ne devient navigable qu’au Parc. Il coule ensuite do l’E. à l’O., arrose Lyon, où il reçoit la t-aône, et tourne au S.; il arrose ensuite Givors et Vienne : là, sa vallée, qui jusqu’alors a été large, est resserrée par des collines jusqu’à Avignon , où ses rives deviennent plates, basses et marécageuses jusqu’à la mer. Après Vienne, le Rhône passe à Tournon, Valence, Montélimart, Pont-S1- Esprit , Avignon , Beaucaire, Tarascon , et arrive à Arles, où il forme un heau port', et se partage en deux bras, le Rhône à l’E., et le petit Rhône à 10.; ces deux bras forment le Delta du Rhône, appelé l’ile de la Camargue, formée par les alluvions du fleuve. Ces deux bras se jettent dans la Méditerranée par plusieurs embouchures fort ensablées ; une barre dangereuse rend la navigation impossible jusqu'à Arles. Le Rhône, qui coule sur une pente fort rapide, a un cours de 860 kil., dont 520 en France. Sa vitesse, entre Lyon et Avignon, est, en moyenne, de lm,5 à 2“,5 par seconde; de 4 mèt. pendant les hautes eaux. Ses affluents sont, eu Suisse, l’Arve et plusieurs torrents; en France, à droite: la Valseriue, l’Ain, la Saône, le Gicr, l’Ardèche, la Cèze, le Gard; à gauche : le Guiers, l’Isère, la Drôme, la Sorgues, la Durance. Les inondations du Rhône portent assez fréquemment la désolation dans les pays riverains. La ceinture du bassin du Rhône est formée, depuis le SMjiothard, par les Alpes Bernoises, le Jorat, le Jura, les Vosges méridionales, les monts Familles, le plateau de Langres, la Côte d’Or et les Cévennes, sur l'autre rive, on trouve, depuis le Sl-Gothard, les Alpes Pennines, les Alpes Grées, les Alpes Cottiennes, et les Alpes Maritimes. Ce bassin communique avec celui du Rhin par le canal du Rhône au Rhin ; avec celui de la Seine, par le canal de Bourgogne ; avec celui de la Loire, par le canal du Centre; avec celui de la Garonne, par le canal du Languedoc. M.
Rhône , département de l’E. de la France, ch.-l. Lyon. Formé, en 1793, d'une partie du départent, de Rhôue-et- Loire, et compris, avant 1790, dans le Lyonnais; situé entre les départements de Saône-et-Loire au N., de l’Ain et de l'Isère à l'E., de ta Loire au S. et à l'O. Superf., 279,035 heet.; pop., 678,618 hab. Arrosé par la Saône et le Rhône; traversé à l’ü. parles montagnes des Cévennes. Sol assez fertile : peu de céréales, vins abondants, dont quelques-uns fins et très-estimés ; élève de porcs, belles châtaignes, dites marrons de Lyon. Exploitation de cuivre et de houille Industrie très-importante : la fabrication des soieries, dont le centre est à Lyon, est une des grandes richesses commerciales de France; mousselines brodées de Tarare; tissus de coton, verres à vitres, charcuterie, fromages du Mont-Dore. Ce département dépend de l’archevêché et de la Cour impériale de Lyon.
Rhône ( Département des bouciies-du-). V. bouciies-
DU-ltlIÔNE.
riiône-et-loire , département formé en 1790 de l’anc. gouvernement du Lyonnais, avait pour ch.-l. Lyon , était divisé en 6 districts, Lyon , campagne de Lyon, Montbrison , Sl-Etienne , Roanne, Villefranche , et peuplé de 633,600 hab. Après le siège de Lyon, 1793, la Convention j le partagea en deux départements, le Rhône, ch.-l. Lyon, appelé alors Ville-Afirauchie, et la Loire, ch.-l. Feurs, plus tard Montbrison. C. P.
RHÔNE-AC-uillN (Canal du), appelé aussi Canal de l'Est, et, sous la Restauration, Canal de Monsieur, canal qui met en communication les bassins du Rhône et du Rhin. Il commence à la Saône, à S,-Sytnphorien, un peu eu amont de mJean-de-Losne, et finit dans l'Hl, en amont et près de Strasbourg. Cette grande ligne de navigation, dont le développement e>t de 349 kil., traverse les départements de la Côte-d Or, du Jura, du Doubs, du llaut-Rhin, et du Bas- Rhin. Les villes où passe le canal sont Dole, Besançon, Baume-les-Dames , Montbéliard, Neuf-Brisach ; il y a un embranchement de Mulhouse à Unilingue. On commença, en 1784, l'exécution de la partie du canal comprise entre Dôle et la Saône, et qui fut ouverte avant 1790; les travaux, repris sous le Consulat, n’ont été achevés qu’eu 1833. Ils ont coûte 28,191,803 fr. B.
RHOUPLN . roi d'Arménie. V. Rgcpen.
R1IL1S. V. Ciildas-de-Riiuis (Saint ).
RllYMNUS, riv. de l'auc. Sartnatie , qu’on rapporte auj. à V Oural.
R11ÏRDACUS, fleuve de l’Asie-Mineure , appelé d’a-
bord Lycus, prend sa source au pied de l’Olympe de Mysie, traverse le lac Artynia ou Apolloniatis ( Abulliont ), reçoit, à sa sortie du lac, le Macestos ( Sousouqhirli ), près de la ville de Milétopolis, et se jette dans la Propontide en face de l’ile de Besbicos ( Kalolimni ). Il formait eu cet endroit la limite entre la Bithynie et la Mysie. Auj. on l’appelle Ouloubad ou Adranas-Tschaï dans la partie supérieure de son cours, et Mokalidsch - Tschai ou Mikalitza , depuis sa réunion avec le Sousoughirli. Lucullus gagna sur ses bords, en 73, une bataille sur l’armée de Mithridate. C. P.
RHYTION , coupe de festin en forme de corne, chez les anc. Grecs et les anc. Romains. Souvent la partie inférieure représentait une tête de chien de chasse, de loup, de cheval, etc. Le Rhytion était en terre cuite, avait souvent une anse sur le côté, et jamais de pied. Un esclave le présentait au convive qui demandait à boire, et qui le lui rendait après avoir bu. Sa capacité égalait 45 centilitres environ. C. D — Y.
RIAILLÊ , ch.-l. de cant. ( Loire -Inférieure), arr. et à 22 kil. N.- O. d’Ancenis, sur l’Erdre ; 394 hab. Forges à fer. Source d’eau minérale, dont les eaux forment une cascade de 20 mèt. de haut.
RIANS, ch.-l. de cant. (Var), arr. et à 45 kil. N.-O. de Brignoles; 2,250 hab. Fabr. d’huile.
RIANTEC , vge (Morbihan), arr. et à 10 kil. S.-E. de Lorient; 979 hab.
RIAEIO (Pierre), neveu du pape Sixte IV, m. en 1474, fut nommé successivement, par son oncle, cardinal de Sl-Sixte, patriarche de Constantinople, archevêque de Florence, et légat du S*-Siége pour toute l’Italie. Il acquit d’immenses richesses, se signala par une magnificence fastueuse, et acquit, au prix de 40,000 ducats, la ville et la principauté dlmola, qu’il donna à sou frère Jérôme.
riario (Jérôme), frère du précédent, reçut de lui, en 1473 , la principauté d’imola , commanda les troupes du Saint-Siège, fit la guerre à Laurent de Médicis , se rendit maître de la principauté de Forli en 1480, attaqita ensuite le duc de Ferrare, Hercule Ier d’Este, défit le duc de Calabre, qui était venu au secours de ce prince , et enleva plusieurs forteresses aux Colonna. La mort de son oncle Sixte IV le livra sans défense à la haine des Romains; il périt assassiné en 1488.
RIAZA, v. d'Espagne (Vieille-Castille), prov. et à 43 kil. N.-E. de Ségovie , sur une riv. de son nom, affluent du Douro; 3,000 hab.
RIAZAN, autrefois Pereiaslavl-BiaizanslioS , v. de la Russie d'Europe ( Grande- Russie ), capitale du gvt de son nom, à 888 kil. S.-E. de Sl-Pétersbourg, 190 de Moscou, sur le Troubasch (bras de l’Oka| ; par 54° 38’ 9" lat. N., et 37° 24' 16” long. E.; 21,419 hab. Evêché grec. Cour criminelle et Cour civile d’appel. Gymnase. Fabriques de draps, toiles, verreries, forges. A 50 kil S.-E. est le Vieux- Riazan, sur l’Oka, capitale d’un des duchés souverains de la Russie au moyen âge, détruite par les Tartares en 1568. — Le gvt de Riazan, entre ceux de Vladimir au N., de Moscou et de Toula à l’O. , deTambov au S. et à l’E., a 40,000 hectares, 300 kil. sur 200, et 1,427,299 hab. Divisé en 12 districts. Sol plat et marécageux, mais fertile. Belles forêts. Fabr. de toiles, cordages, verrerie, coutellerie, teintureries, tanneries.
RIBADENEIRA (Pierre), jésuite, né à Tolède en 1527, m. en 1611, fut un des premiers compagnons d'Ignace de Loyola, dont il propagea l'Institut en France, dans les I’ays-Bas, en Italie et en Espagne. On a de lui : Vies de St hjnace, de Lainez , de Salmeron et de St François Boryia, Madrid, 1594, in-fol.; Histoire du schisme d' Angleterre. faïence, 1588, in-8° ; Fleur des Vies des Saints, Madrid, 1599- 1610, 2 vol. in-fol.; Bibliothèque des écrivains jésuites, Lyon,
RIRAGORZA (La), petit pays d’Espagne (Aragon), dans la province d'Huesca, formait autrefois un comté avec Sobrarbe; capitale, Bcnabarre ou lienn verre. Séparé, à l’E., de la Catalogne par la riv. Noguera-Ribagorzana, et borné au N. par la frontière de France.
RIBALTA (François), peintre espagnol, né à Castellon de la Plana vers 1551, m. en 1628, alla tivs-jenne étudier à Valence, et se perfectionna en Italie. Il dessinait avec pureté, composait habilement, et donnait à ses figures beaucoup de noblesse : sa couleur est un peu dure, mais ses nus dénotent une grande science anatomique. On trouve de ses ouvrages dans beaucoup de villes espagnoles. A. M.
KiBALTA (Jean ), peintre, né en 1597 à Valence, fils et élève du précédent, auquel il ne survécut que peu de mois, fit, à 18 ans, le magnifique Calvaire de San- Miquel de loi 1 Reyes, exécuta 31 portraits d’hommes illustres de Valence,
RIB
RIC
et des tableaux pour presque toutes les églises de la ville. Le père et le fils travaillaient d’une manière tellement semblable, que l’on confond souvent leurs productions : mais le coloris de Jean est plus léger, sou exécution moins soigneuse. A. M.
RIBAUDS, ftibaldi, sergents d’armes institués, selon le P. Daniel, par Philippe -Auguste à son avènement; leur chef avait le nom de Roi des Ribauds. Armés de massues d’airain, et de carquois toujours pleins de carreaux, ils gardaient le prince, et ne laissaient approcher de lui aucun inconnu. Ou les employa par la suite à porter les ordres du souverain, à garder les châteaux des frontières; pendant la guerre, ils servaient aux reconnaissances, aux assauts, à toutes les entreprises qui exigeaient de la hardiesse et de la vigueur. Les Ribauds se rendirent redoutables par leurs violences, et méprisables par leurs excès; au xine siècle, leur nom était déjà une injure, et s’appliquait aux gens perdus de crimes et de débauches , aux brigands des Grandes-Compagnies. On ne tarda point à les supprimer. Mais le Roi des Ribauds continua d’exister comme officier domestique : il était chargé de maintenir la police dans les maisons royales , de surveiller les maisons de jeu et de prostitution, de livrer les condamnés au bourreau , et même de remplir les fonctions d'exécuteur. Quand le Prévôt de l'hôtel eut été institué sous Charles V, il passa sous sa juridiction et parmi ses archers, mais disparut au siècle suivant. Les ducs de Bourgogne, de Normandie, de Bretagne, certaines villes même, eurent, comme le roi, des officiers appelés Rois des Ribauds. B.
RIBAULT iJean de), navigateur, né à Dieppe, fut chargé par l’amiral Coligny d’aller fonder une colonie dans la Floride. Fendant ce voyage, qui dura trois ans, 1562-65, il fit bâtir le fort Charles. Au début d une nouvelle expédition , il fut attaqué par une escadre espagnole, fait prisonnier, et mis à mort avec ses compagnons.
RIBE, en allemand Ripen , v. de Danemark |Jutland) , ch.-l. de stift ou diocèse, sur la Nibs-Aa, à 7 kil. de son embouchure, à 231 kil. O. de Copenhague, 100 N.- O. de Slesvig ; 2,200 hab. Evêché luthérien. Ecole classique; cathédrale du xne siècle. Fabr. de toiles rayées. — Le stift de Kilie a 9,322 kil. carrés , et lfi0,000 hab. Divisé en 3 amts : Rmkjobing, Veile, et Ribe. Il comprend, sur la côte O., d.rns la mer du Nord, les îles Fano et Manô, et a perdu, depuis 1 64, ses enclaves du Mesvig.
RIBFAUVILLÉ , en allemand Rappoltsweiler, ch.-l. de cant. ( Haut-Rhin ), arr. et à 16 kil. N.- N. -O. de Colmar, sur la Liepvrette et près le chemin de fer de Strasbourg âBâle, à l’entrée d'une vallée pittoresque et au pied d’une montagne que couronnent les ruines de trois châteauxforts, Ribeaupierre, G irsperg, et St-Ulrich 6,162 hab. Un remarque l’église de S* -Grégoire et l’hôtel -de- ville; aux environs, la promenade du Herrengarten et le pèlerinage de Notre-Dame-de-Tusenbach. Bon vin rouge et vin blanc fin estimé. Nombreuses fabr. de cotonnades, siamoises, mouchoirs, cravates, bonneterie; teinturerie, poterie de terre.
RIBECOURT, ch.-l. de cant. (Oise), arr. et à 17 kil. N.-E. de Compïègne, sur la rive (lr. de. l’Oise ; 609 hab.
RIBEIRA-BRA VA , v. et port de l’Afrique portugaise (Cap Vert) ; 3,600 hab.
Ri BEI K A-Gn an de , v. de l'île San-Miguel (Açores), dans la partie N , à 45 kil. N.-E. de San-Miguel; 2,401 hab. Sources thermales.
RIBEMONT, ch.-l. de cant. (Aisne), arr. et à 15 kil. S.-E. de S‘- Quentin, sur la rive g. de l’Oise ; 2,515 hab. Lainages, calicots; tanneries. Autrefois fortifié. Patrie de Condorcet et de l’architecte Blondel.
R1BENZA. V. Rejfnitz.
RIBl.RA (Joseph), célèbre peintre, surnommé V Espagnole!, né à Xativa ou St-l’hilippe , près de Valince, en 15H9, m. à Naples en 1659, étudia, à Valence, dans l'atelier de Jean Kibalta, puis partit pour Rome. Il y fut d’abord si misérable, qu’il portait des haillons, et mangeait les croûtes de pain que lui donnaient ses compagnons. Un cardinal vint à son aide. Ribera admirait tellement les œuvres de Caravagc, qu’il voulut devenir son disciple. Après avoir été a Parme copier les tableaux du Corrège, il finit par se rendre à Naples, pour tenter la fortune. Un riche négociant lui donna en mariage sa fille unique; le vice-roi le combla de faveurs, et les églises se disputèrent ses productions. Sa renommée pénétra bientôt en Espagne : Philippe IV ordonna au comte de Monterey, son représentant en Italie, de lui envoyer quelques-uns de ses tableaux. Le clergé imita son exemple, de sorte que Ribera ne pouvait suffire aux commandes. Il se distingua par la violence de sa manière ; le dessin , le clair-obscur, l’expression ,
tout est rude, fougueux, heurté dans ses tableaux. Il aime les sujets terribles, les actions sanguinaires, les tortures, l’image des crimes et des souffrances. On trouve de ses oeuvres dans la plupart des collections publiques ou privées de l’Europe. Le Louvre n’en possède qu’une seule, 1 Adoration des bergers. On remarque, à Madrid, hion sur la roue, et une Mater dolorosa; à Naples, une Descente de croix, St lerôme, St Janvier sortant de la fournaise. Ribera a gravé environ 25 pièces à l'eau-forte. A. M.
R1BERAC, s.-préf. (Dordogne), à 37 kil. O. -N. -O. de Périgueux, sur la rive g. de la Dronne; 1,820 hab. Eglise calviniste. Trib. de lre instance. Ville ancienne, assez bien bâtie. Vins de basse qualité, eaux-de-vie, lainages, lins, etc. Connn. de grains, toiles, porcs. Ruines d’uu château-fort des comtes de Turenne.
RIBEYRO (Bernardin), poëte portugais du xvie siècle, né à Torrao ( Alentéjo) , fut gentilhomme de la chambre du roi Emmanuel. Créateur du genre pastoral dans son pays, il a laissé des églogues tendres et gracieuses, que gâtent parfois les jeux d’esprit. Camoëns l’appelait son Ennius. Nous avons encore de Ribeyro un roman, moitié pastoral , moitié chevaleresque, Menina e tloça, ou l’Innocente jeune file , fort remarquable pour le style , et le premier modèle de la bonne prose portugaise. - R1BEYROLEES. V. Bort.
R1B1ERS, ch.-l. de cant. (Hautes-Alpes), arr. et à 50 kil. S.-S. -U. de Gap , surleBuech; 701 hab. Fabr. de cadis.
RIBNITZ, v. du Mecklembourg-Schwérin , à 22 kil. N.-E. de Rostock, près de l’embouchure de la Reckenitz dans la Baltique; 2,800 hab. Brasseries, distilleries; comm. de poissons.
R1BOUTTÉ (François-Louis) , né à Lyon en 1770, m. en 1834, fut quelque temps agent de change, puis écrivit pour le Théâtre-Français plusieurs comédies médiocres, qui eurent cependant du succès : l’Assemblée de famille, 1808; le Ministère anglais, 1812; le Spéculateur, ou l'Ecole de la jeunesse , 1826 , toutes en 5 actes et en vers.
RICA , espèce de voile carré en laine teinte en pourpre, orné de franges , à l’usage des matrones chez les anc. Romains, et particulièrement de la Flaminique-dial. On le mettait sur les épaules , en le ramenant sur la tète jusqu'au front. C. D — y.
RICARD (Dominique), helléniste et traducteur, né à Toulouse en 1741 , m. en 1803 , embrassa l'état ecclésiastique , professa la rhétorique au collège d’Auxerre, puis devint précepteur du fils du président de Meslay. On a de lui : OEuvres morales de Plutarque, 1795, 17 vol. in-12 , et Lies des hommes illustres du même auteur, 1798-1803 , 13 vol. in-12 , traductions qu’il entreprit avec passion , et dont il s’occupa avec persévérance pendant de longues années. Elles sont estimées , et ont été plusieurs fois réimprimées.
RlCARDI , riv. d’Italie, dans le territoire de Bologne. Sur ses bords Laurent de Médicis battit les exilés de Florence , en 1466; ce fut là, dit-on, que, pour la première fois , on se servit d'artillerie légère montée sur des roues.
RiCARDO ( David) , économiste, né à Londres en 1772, m. en 1823, fils d’un Juif qui était venu de Lisbonne s’établir en Angleterre, reçut une éducation libérale, fut courtier de change, comme son père , et amassa une fortune considérable. 11 s’était livré, dès sa jeunesse, à l'étude de l'économie politique. Son premier écrit fut: Le haut prix du lingot, preuve de la dépréciation des billets de banque. Londres, 1K09, in-8». Il y attribuait la hausse du prix des marchandises à la dépréciation des billets de la banque, suite d'escomptes exagérés qui permettaient aux fabricants de produire au-delà des débouchés. Ce livre lui valut de vives attaques. En 1817, Ricardo publia son principal ouvrage, les Principes de l’économie politique et de l'impôt , 1817 , 1821 , trad. en français par Constancio , avec notes de J. -B. Say , Paris, 1819, 2 vol. in-H», 0ù il établit que la valeur des marchandises dépend principalement du travail nécessaire à leur production. On y trouve quelques idées ingénieuses , mais plus spéculatives que pratiques, sur la hausse des salaires. Ricardo se convertit à la foi anglicane, et fut élu membre de la Chambre des Communes, eu 1817. Il y apporta un esprit libéral, et se montra zélé partisan de la réforme parlementaire 11 s’occupait principalement des questions économiques, et travaillait , au moment de sa mort, à un Essai sur la meilleure constitution d'une banque nationale. Il a aussi publié : Essai sur l'influence du bas prix du ble sur les profits ou le cours des fonds publics, 1815, in-8°; Sur les prohibitions en agriculture, 1822, in-8°, où il combat les obstacles mis à l’importation des blés étrangers; Projet de papier-monnaie économique et
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siir, 1816 , 1818, écrit ingénieux, où Von trouve quelques idées curieuses sur l'usage et la nature des monnaies. 11 y propose la création d’un papier remboursable en lingots d’or, certain que ces lingots, ne pouvant servir de monnaie courante, personne ne demandera le remboursement Ses Œuvres complètes, traduites en français, ont été publiées par Fonteyraud , Paris , 184(3, 1 vol. in-8°. Bu.
RICAliDOS-CARRILLO (Antonio) , général espagnol, né à Séville en 1748, m. en 1798, entra dans le corps des gardes espagnoles dés l’âge de 15 ans , se distingua aux expéditions d’Alger et de Gibraltar, et était parvenu au grade de capitaine-général de la Catalogue , lorsque la guerre éclata contre la France en 1798. Avec des troupes réunies à la bâte, il entra sur le territoire français, prit le fort des Bains et celui de Bellegarde , se signala au coin oat de Trullas, et poussa jusqu’à Perpignan. Le manque de renforts , la malveillance du cabinet espagnol , les clameurs du peuple qui l’accusait de lenteur , le jetèrent dans le découragement; après quelques revers , il fut disgracié, et alla mourir dans une de ses terres. B.
RICAUT (Paul|, diplomate anglais, m. en 1700, fut secrétaire du comte Wincbelsea, envoyé extraordinaire de Charles II à Constantinople, consul à Smyrne , secrétaire des provinces de Leinster et de Connaugbt en Irlande, juge de l’Amirauté, et résident près des villes hanséatiqnes. On lui doit : une traduction anglaise de l’Histoire du Pérou par Garcilaso delà Vega, 1688, in-fol. ; Histoire de l'état présent de l’ Empire ottoman , Londr., 1669, trad. en français par Briot , Paris, 1670, in-4°, et par Bespjer, Rouen, 1677 , 2 vol. in-12 , ouvrage intéressant, etqui faisait bien connaître les mœurs et la politique des Turcs ; Histoire des trois derniers empereurs turcs , Londr. , 1680 , in fol. , trad. en français par Briot , Paris, 1683 , 4 vol. in-12 ; Histoire des Turcs depuis 1679, Amst. , 1709, 3 vol. in-12; Histoire de l’état présent de l’Eglise grecque et de l’Eglise arménienne , Londres, 1678, in-12, traduite en français par Rosemond , Middelbourg, 1692 , in-12. B.
R1CCATI | Vincent de ) , Jésuite, habile géomètre, né en 1707 à Castel-Franco, m. en 1775, enseigna pendant 35 ans les mathématiques à Bologne , et fit exécuter des travaux considérables pour empêcher les débordements du Reno , du Pô , de l’Adige et de la Brenta. On a de lui : De usu molùs traclorn in constructione æquationum differenlialium, Bologne , 1752, in-4°; Opuscula ad res physicus et mathemaiicas pertinentia , Lueques, 1757-72, 2 vol. in-4° ; Inslilu- Uones anulyticœ collecter , Bologne, 1765-67 , 3 vol. in-4°. — Son père, le comte Jacques de Riccati, mathématicien distingué , a laissé son nom à une équation différentielle du premier ordre. — Son frère, le comte Jourdain Riccati, né à Trévise en 1709, m. en 1790 , est auteur d'un Traité des cordes vibrantes. V.
RICCI ( Mathieu) , jésuite, né à Macerata en 1552 , m. à Pékin en 1610, fut choisi avec les PP. Roger et Pasio pour fonder une mission à la Chine , prêcha d'abord dans la province de Canton , parvint à se faire présenter à la cour de Pékin en 1600, gagna par ses présents et son habileté les bonnes grâces de l’empereur, et opéra de nombreuses conversions. Outre des ouvrages de géométrie et de morale religieuse, écrits en chinois, il a laissé des Mémoires , d’après lesquels le P. Trigault a rédigé, sous le titre De christiand ejpedilione apud Sinas, Augsbourg, 1615, in-4°, l'histoire de l'établissemeut et des premières années de la mission de la Chine. B.
RICCI (Sébastien) , peintre, né en 1660 à Cividale-di- Belluuo , m. en 1734 , voyagea eu France , en Allemagne , en Angleterre et en Flandre, et se rendit ainsi familier le style des plus habiles maîtres , qu’il savait parfaitement imiter. Ses principaux tableaux sont : le Massacre des Innocents , à l’école de la Charité à Venise; l'Enlèvement des Sabines , à Rome; Grégoire priant la Vierge en faveur des âmes du Purgatoire, à Bergame; l’Assomption de la Vierge, dans l’église Sl-Charles à Vienne. Ses compositions sont en général bien entendues et pleines de vérité ; le dessin est bon, et le coloris brillant. B.
Ricci (Laurent), né à Florence en 1703, m. en 1775, entra chez les Jésuites à 15 ans, sortit de la maison professe de Rome pour aller enseigner la rhétorique et la philosophie à Sienne, devint directeur spirituel au séminaire de Rome , professeur de théologie au Collège romain , secrétaire, puis général de son ordre en 1758. Ce fut pendant son géuéralat que les Jésuites furent expulsés successivement de tous les grands Etats de l’Europe. Pressé de modifier leurs constitutions pour prévenir des catastrophes, il s’y refusa, et, persuadé que la Compagnie n'avait donné aucun motif à sa suppression, répondit : Sial ut saut, aat non sint. Quand l’Ordre eut été supprimé par le pape,
1773 , Ricci fut enfermé au château S'-Ange, où il mourut , au moment où Pie VI venait d’ordonner sa mise en* liberté. g
Ricci ( Scipion ) , petit-neveu du précédent, né à Florence en 1741, m. en 1810, fut évêque de Pistoia et de Prato. Partisan des réformes du grand-duc Léopold en Toscane, et de Joseph II en Autriche, il tinta Pistoia, en 1786, un synode pour les faire sanctionner. Il s'éleva contre la dévotion au Sacré Coeur, la doctrine qui soumet le pouvoir temporel au spirituel, et prêcha l’abolition des confréries. Les censures du pape et la désapprobation de la majorité du clergé le contraignirent de renoncer à l’épiscopat, 179(1. En 1799, il subit un emprisonnement, pour avoir approuvé les décrets de l’Assemblée constituante de France et 1 occupation de la Toscane par les troupes de la République. En 1805, il rétracta ses erreurs, et fit sa paix avec ta cour de Rome. V. Vie ci Mémoires de Scipion llicci , par de Potter, Bruxelles, 1824, et Paris, 1825, 4 vol. in-H°. ]$
R1CCIA, v. du roy. d’Italie, prov. et à 18 kil. E.-S.-E. de Campo-Basso; 8,456 hab. Source sulfureuse.
Ricci a (la) , vge des Etats de l’Eglise, à 9 kil. O. de Vellétri, près de l’emplacement de l'anc. Aride. Beau palais. Grand viadue monumental, construit depuis peu d’années.
R1CCIO. V. Rizzio.
RICCIOLI (J.-B.i, savantjésuite,néàFerrare en 1598, m. en 1661. Ses connaissances en astronomie le firent charger, par ses supérieurs , d’une réfutation du système de Copernic. Il sentait sans doute que sa cause était mauvaise; car il reconnaît que , considéré comme hypothèse , le système de Copernic est le plus beau qu’on puisse imaginer. Cependant il proposa un système nouveau dans l'Almagestum novum , astronomiam veterem novamque complectens, Bologne , 1651 , 2 vol. iu-fol. On a encore de lui : Astronomia reformata , 1665, 2 vol., ouvrage qui complète le précédent ; üeographiœ et liydrographiœ reformata; libri XII , 1661, in-fol.; Chronologia reformata, 1669, 3 parties in-fol. V.
RICCOBOXI (Louis), comédien et littérateur, longtemps connu sous le nom de Lelio , né en 1677 à Modène, m. en 1753, essaya d’établir en Italie le système de la comédie française , puis vint en France avec le fameux Dominique, et dirigea la Comédie-Italienne à Paris. On lui doit : des traductions en prose italienne de Maniius et de llritannicus, et, en vers, d'Andromuque; Nouveau Théâtre- Italien , Paris, 1718, 2 vol. in-12, recueil des comédies qu’il composa, dans sa jeunesse ; Dell' arle represenlaliva, poëine , Londres (Paris), 1728, in-8»; Histoire du Théâtre-Italien , Paris , 1728-31 , 2 vol. in-8u; Observations sur la comédie et sur le génie de Molière, 1736, in-12; Pensées sur la déclamation , 1737 , in-8°; Défie rions et critiques sur les différents théâtres de l'Europe , 1738 , in-8°; De la réformation du théâtre, 1743.
RiccoBoxi I Marie-Jeanne laboras du mézières , Mme|, née à Paris en 1713, m. en 1792, fut d’abord comédienne, épousa eu 1735 Antoine Riccoboni, auteur et acteur médiocre, fils du précédent, obtint elle-même peu de succès à la seene, et, plus malheureuse encore dans son ménage, demanda des consolations aux lettres. Dés son début, elle se plaça au premier rang parmi nos romanciers : l'Histoire du marquis de Cressy , 1758, et les Lettres de Julie Catesbq , 1759, obtinrent un tel succès, que l'on douta d’abord qu'une femme pùt en être l'auteur. Elle donna ensuite : Lettres de miss Eanny Butler, où l’on a prétendu voir l’histoire de ses propres chagrins; Ernestine , que l'on regarde comme son chef-d'œuvre; Amelie , traduite librement et abrogée du roman de Fielding; la Suite de Marianne; Histoire de miss Jenny Level , 1764; Lettres d' Adélaïde de Dummartin... a M. le comte de Rincé, 1766 ; Lettres d’ Elisabeth-Sophie de Va llïire à Louise- Hortense de t avteleu , 1772; Lettres de milord Divers d sir Charles Cardignan , etc. Il y a beaucoup d’art et d’intérêt dans les romans de M,ne Riccoboni : En général, ditLaharpe, ses idées sont fines , ses
peintures vraies, son style soigné, élégant et précis : peu de femmes ont pensé avec autant de délicatesse et écrit avec aulant de goût. » Ses OE livres complétés ont été publiées à Paris, 1786, 8 vol. iu-8°; 1818, 6 vol. in-8» , et 1826 , 9 vol. in-lK. B.
RICK YS ( Lus), eh.-l. de cant. (Aube),arr. et à 15 kil. S. de Bar-sur-Seine, composé de trois bourgs contigus, Haut Ricey , Bas-Ricey, Ricey-Haute-Rive ; 3,146 hab. Vins rouges et blancs très-estimés ; fabr. d’eaux-de-vie, chapellerie, taillanderie. Près de là est l’enceinte druidique île < hampltsson.
RICHARD (Saint), évêque de Chichester en 1244, m. en 1263. Henri 111 voulut s'opposer à sou élection, mais
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«lie fut confirmée par le pape Innocent IV. I-'ète, le 3 avril.
RICHAUD Ier, Sans Peur, duc de Normandie, né en 933, fils et successeur de Guillaume Longue-Epée, 913-996. Sa minorité fut troublée par les querelles des deux partis Scandinave et neustrien. Louis d’Outre-mer intervint, et obtint du peuple la garde du jeune duc, 943 ; mais il voulut l’emprisonner j le peuple redemanda son duc, qu’un guerrier fidèle, (Jsmond, emporta dans une botte de padle. Louis d’Outre-mer assiégea alors Rouen, 944. Il fut battu par Ilarabl, roi de Danemark, et forcé de donner au duc la suzeraineté de la Bretagne, 945. Louis appela Otlion le Grand pour venger sa bonté; mais le roi de Germanie fut aussi vaincu à Rouen, 946. Richard favorisa le clergé, attira à sa cour Dudon de Sl-Quentin, résista aux embûches du roi de France Lothaire, et des comtes de Flandre et de Chartres, et contribua à l’élévation de Hugues Capet, dont il avait épousé la sœur Emma. A. G.
richard il le lion , duc de Normandie, fils et successeur du précédent, 996-1026, eut à comprimer une révolte des paysans contre la féodalité, fit ensuite la guerre à Guillaume de Hiesmes, son frère naturel, au roi d'Angleterre, à Eudes, comte de Blois et de Chartres, et triompha avec l'aide de Lagman et d'Olaiis, rois de Suède et de Danemark. Il fut le père de Richard 111, 1026-8, et de Robert le Magnifique, 1028-1035. A G.
richard Ier, comte d’Aversa, succéda en 1059 à son père Rainolf, reçut du pape Nicolas II l'investiture de la principauté de Capoue, enleva cette ville à Laudolfe VI eu 1062, puis Gaëte en 1063, aida Robert Guiseard dans la conquête de Salerne, et mourut, en 1068, au moment où il allait prendre Naples.
Richaud il, prince de Capoue, 1091-1105, fils de Jordan lv, fut chassé par ses sujets, rétabli en 1098 pat- Roger, grand-comte de Sicile, à qui il fit hommage, et mourut sans postérité.
Richard ier, dit Cœur-de-Lion, roi d'Angleterre, 1189- 99, 2e fils de Henri II et d’Eléonore de Guienne, né à Oxford en 1157, annonça, dès son enfance, ce courage héroïque, ce caractère altier, turbulent, impétueux, qui, joints à une force extraordinaire, devaient inspirer l’admiration ou la terreur à ses contemporains. Fils ingrat, il prit trois fois les armes contre son père, 1173, 1183, 1189; devenu roi, il entreprit la 3e croisade, de concert avec le roi de France Philippe -Auguste et l'empereur Frédéric 1er Barberousse, s’embarqua à Marseille pour la Terre-Sainte, 1090, et se brouilla avec Philippe dès la Sicile, en voulant s’emparer de Messine, puis en dédaignant la sœur du roi, Alix de France, sa fiancée, pour épouser Bérengère de Navarre. Puis il enleva l’ile de Chypre aux Comuènes, 1191, et en donna la souveraineté à la maison de Lusignan. Au siège de S‘-Jean d’Acre, il mécontenta les autres princes par son arrogance et sa brutalité, fit traîner dans la boue l’étendard du duc d’Autriche Léopold, et ordonna d’égorger 2,500 musulmans prisonniers. Abandonné par Philippe-Auguste après la prise de la ville, 1192, il continua seul la lutte contre Saladin, le battit à Césarée ou Antipatride, prit Jaffa, Romla, Ascalon, gagna une seconde bataille près d’Ascalon , mais ne put s'emparer de Jérusalem. Arrivé sur une colline d'où l'on apercevait celte ville, il détourna la tête en disant : ** Ceuxlà ne sont pas dignes de voir la ville sainte, qui n’ont pas su la conquérir. »> Après un dernier engagement devant JafTa, il conclut avec le sultan un traité, qui confirmait aux chrétiens la possession de la côte de Palestine depuis Jaffa jusqu’à Tyr, et leur permettait de visiter les lieuxsaints sans être soumis à un tribut. Le souvenir de Richard subsista chez les Musulmans; quand les enfants criaient, les mères les menaçaient du roi Richard; et le cavalier disait à son cheval effrayé et qui bronchait : “ Crois-tu donc voir le roi Richard? » A son retour de la Terre-Sainte, Richard fut jeté par une tempête sur les côtes de Dalmatie, crut pouvoir, à la faveur d’un déguisement, traverser les terres de Léopold, qu’il avait insulté, fut reconnu, arrêté, enfermé quelque temps dans la forteresse de Durenstein, près de Krems, et vendu par le duc à l’empereur Henri VI, qui le retint prisonnier à Mayence, à Wonns, et au château de Trifels. Selon la tradition, ■Blondel ( V. ce mol 1 découvrit le lieu de sa captivité; il fallut payer, pour sa délivrance, 150,000 marcs d’argent, 1194. Pendant l’absence de Richard, son frère Jean-sans- Terre s’était emparé du pouvoir en Angleterre, et Philippe- Auguste avait envahi la Normandie. Richard rétablit partout son autorité à l’aide des Outlaws île l’Angleterre septentrionale, pardonne à Jean, qui lui livre la garnison française d Evreux, puis attaque et bat le roi, son suzerain {V. Philippe H Auguste). Il interrompt ses succès,
pour aller attaquer le château de Chalus, en Limousin, où le comte de Limoges avait, disait-on, trouvé un grand trésor: il y périt d'un coup de flèche. B.
richard h, roi d’Angleterre, 1377-1399, rils du célèbre Edouard, prince de Galles, dit le Prince Noir, était né en 1366. Sa minorité, durant laquelle gouvernèrent scs oncles les ducs de Lancastre, d’York, et de Gloeester, fut troublée par les prédications de VViclef et la révolte de YVat-Tyler. Devenu majeur, il abandonna le gouvernement à Robert de Vére, comte d Oxford , et à Michel de la Pôle, comte de Sutfolk. Le duc de Gloeester, oncle du roi, de concert avec les barons, parvint à le renverser, 1387, et soumit Richard aune commission de 11 lords. Cependant Richard reprit le pouvoir pour 8 ans, comprima l'Irlande soulevée, conclut une trêve avec la France, 1396, et épousa Isabelle, fille de Charles VI. Il fit même emprisonner et tuer Gloeester à Calais. Mais le duc d’Hereford, fils du duc de Lancastre, et son cousin, dont il avait confisqué les biens, le déposa sans résistance, et le fit bientôt assassiner au château de Pomfret (Ecosse J, pour régner à sa place sous le nom de Henri IV. A. G.
richard in, roi d’Angleterre, 1483-85, 4« fdsdeRichard, duc d’York, né en 1452, porta d'abord le titre de duc de Gloeester. Il soutint de tout sou pouvoir, pendant la guerre des Deux-Roses, son frère Edouard IV contre la maison de Lancastre, massacra, de concert avec son autre frère le duc de Clarenee, après la bataille de Tevvkesbury, 1471, le jeune fils d’Henri VI et de Marguerite d’Anjou, et épousa sa veuve, fille de YVarwick. Il perdit Clarenee par ses calomnies. A la mort d'Edouard, qu’on l’accuse d’avoir empoisonné, 1483, il se fit nommer régent de ses enfants, Edouard V et Richard d'York, les sépara d’Elisabeth YVoodville, leur mère , tua le comte Rivers , leur oncle maternel, et le grand-chambellan Hastings, et fit égorger les jeunes princes eux-mêmes par Tyrrel dans la Tour de Londres, pour s’emparer du pouvoir. Henri Tudor, comte de Richmond (depuis Henri VII), le lui disputa: Richard, après avoir châtié une conspiration du duc de Buckingham eu faveur de ce prince, fut trahi, vaincu et tué à la bataille de Bosworth. C’était un monstre, au physique comme au moral : il était boiteux, bossu, paralysé d’un bras. YValpole a essayé vainement de réhabiliter sa mémoire, ainsi que Rey, dans des Essais historiques et critiques sur Richard III, Paris, 1818, 1 vol. in-8°. B.
richard de Cornouailles, né à Winchester en 1209, de Jeau-sans-Terre et d’Isabelle d’Angoulême, m en 1272, se distingua d'abord en Guienne, où il avait été envoyé par Henri 111, son frere, et alla en 1240 guerroyer eu Palestine. En 1257, une partie des électeurs allemands le proclama empereur, tandis que les autres nommaient Alphonse X de Castille ; il investit le roi de Bohême, Ottocar, des duchés d’Autriche et de Styrie, 1262, et abolit les péages établis sur Rhin, 1269, mais ne fut jamais couronne. En 1264, il était revenu en Angleterre pour défendre Henri III contre les barons rebelles, et, fait prisonnier par Simon de Monttbrt, avait subi une captivité de 14 mois. B.