‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 413 sur 864 · RICHARD D’YORK. V. YORK · texte numérisé non relu

RICHARD D’YORK. V. YORK

richard le pèlerin, croisé sous la bannière du duc de Flandre eu 1095, est auteur de la Chanson d'Antioche, la partie la plus ancienne et la seule réellement historique de cette réunion de poèmes qui forme la légende du Chevalier au Cygne .

richard de FOUüNivAL, chancelier del'église d’Amiens, m. vers 1260. Ou a de lui : 7 chansons; Puissance d'amour, dialogue eu prose ; Conseils d’amour, et Bestiaire d’amour , petits traités d’un badinage fort érudit.

riciiarü de cirencester, bénédictin du monastère de S'-Pierre à Westminster, m. en 1401 , est auteur d’un Etat ancien de ta Grande-Bretagne, publié par Bertram, avec ce qui reste de Gildas et de Nenuius, dans le Britannicarum gentium historici antiqui très, Copenhague, 1737. On lui attribue l'Elistoiia ab Hengisto ad annuin 1348.

richard (Claudel, jésuite, né à Ornans en 1589, m. en 1664, enseigna pendant 40 ans les mathématiques au collège de Madrid. On lui doit: une édition des Œuvres d’Archimède, avec notes, Paris, 1626 et 1646, in -fol. Conunentarius in omnes libros Euclidis, Anvers, 1645, i i-4o Comment, in Aiioltonii Pergœi Conicorum libros iv, ibïd . , 1655, iii-foh, etc. 11 inventa une montre magnétique, au moyen de laquelle on connaissait l’heure qu’il était dans toutes les parties de la terie.

Richard (Charles-Louis), dominicain, né en 1711 à Blainville-sur-l’Eau (Meurthe), m. en 1794, refusa, lors de la Révolution, le serment à la Constitution civile du clergé, dut se réfugier en Belgique, et fut condamné a

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être fusillé à Mons , comme nuteur d’un écrit intitulé : Parallèle des Juifs qui ont crucifié Jésus-Christ, avec les français qui ont tué leur roi. On a de lui : Dictionnaire universel dessciences ecclésiastiques , Paris, 1760 et suiv., 6 vol. in-fol.; Analyse des conciles , ibid., 1772-77, 6 vol. in-4°, etc., ouvrage écrit avec méthode et précision.

Richard ( Louis-Claudc-Marie), botaniste, né à Versailles en 1754, m. en 1821, fils d’un jardinier du roi à Auteuil, et neveu d’un directeur des jardins de Trianon, refusa d’embrasser l’état ecclésiastique, où l’archevêque de Paris promettait de le protéger, et se livra tout entier à l’étude de la botanique. De 1781 à 1789, sur la proposition de l'Académie des sciences, il visita, aux frais de Louis XVI, la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe, la Jamaïque, Sl-Thomas, la plupart des îles situées à l’entrée du golfe du Mexique, et recueillit de précieuses collections. Quand il fut de retour en France, la Révolution le jeta dans un état voisin de l’indigence; il obtint enfin une chaire de botanique, et une place à l’Institut. Outre des articles dans les Mémoires de l’Institut, dans les Annales du Muséum et autres recueils scientifiques, on a de lui : Dictionnaire élémentaire de Botanique, Amst., 1800, in-8° ; Démonstration botanique, ou Analyse du fruit considéré en général, Paris, 1808, in-8». Richard était un botaniste d’un savoir vaste et profond, un observateur très-exact, et l'up de ceux qui ont le plus contribué aux progrès de la science. B.

richard (Achille), botaniste, fils du précédent, né à Paris en 1794, m. en 1852. Ses travaux sur la Flore de la Sénégambie et de la Nouvelle-Zélande lui ouvrirent l’Institut en 1834. Il fut trois ans professeur à la Faculté de médecine. La publication des Mémoires de son père, la composition d’excellents ouvrages élémentaires sur la botanique médicale et l'agriculture, la description de la Flore de l'Abyssinie et de celle de Cuba , remplirent le reste de sa vie.

Richard-lenoir (François richard, dit), célèbre manufacturier, né en 1765 à Epinay-sur-Odon (Calvados), d’une famille de pauvres cultivateurs, m. en 1840, quitta sa famille à 17 ans, et se plaça comme porte-balle chez un marchand de Rouen. A 20 ans, il vint chercher fortune à Paris, et se trouva réduit à être pendant quelque temps garçon de café. Mais le génie du commerce se développait déjà en lui, et en même temps il faisait un petit trafic sur les basins anglais. Ayant acquis une modique aisance, il s'associa, en 1797, avec un négociant de Paris, Lenoir, dont le nom est resté inséparable du sien. Ils montèrent à Paris les premiers métiers pour le filage et le tissage du coton. Leur succès fut tel, qu’ils eurent bientôt plusieurs manufactures considérables sur divers points de la France. Lenoir mourut en 1806 ; Richard continua sa fabrication avec tant d’habileté, qu’il gagna une fortune de 14 millions de francs. Napoléon 1er encouragea le manufacturier qui rivalisait avec l’Angleterre. Mais des droits mis en 1810 sur l'importation du coton, les événements de 1814, et la suppression des droits sur les mnrehaniises anglaises, ruinèrent successivement Richard -Lenoir, qui mourut dans un état voisin de la misère. Eu 1862, son nom a été donné par Napoléon 111 à un boulevard de Paris.

richakd-tul, poste militaire français dans le Sénégal (Oualo), sur la rive g. du Sénégal, à 130 lui. N.-E. de S'-Louis: 16» 38’ 10" lat. N., 18° P 45" long. O.; 362 hab.

RICHARDOT (François), né en 1507 à Morey près de Vesoul, m. en 1574, entra chez les Augustins de Champlitte, professa la théologie à Tournai et à Paris, visita l’Italie, fut accueilli avec distinction à Ferrare par Renée de France, et se fit relever à Rome de ses voeux monastiques. C’était un des premiers orateurs de son temps. Marie de Hongrie, gouvernante des Pays-Bas, le choisit pour prononcer, en présence de Philippe II et de sa cour, l’éloge funèbre de Charles-Quint. Successeur de Granvelle sur le siège épiscopal d’Arras, il donna tous ses soins à l’Université de Douai, et fut député par le roi d’Espagne au concile de Trente. On a imprimé ses Oraisons funèbres de Charles-Quint, de Marie de Hongrie, et de Marie, reine d’Angleterre, Anvers, 1558, in-fol.; celles d’Elisabeth de France, reine d’Espagne, et de l’infant Don Carlos, ibid., 1569, in-H» ; divers Sermons et Discours en latin, Douai, 1608, in-4°. B.

RICHARDSON (Jonathan), peintre, né à Londres en 1665, m. en 1745, obtint dans son pays une grande réputation comme portraitiste ; ses portraits sont remarquables par la force et le relief du coloris, mais ils manquent d’élégance et de style. Il voyagea en Italie, où il forma une riche collection de tableaux, dessins et objets d’art. 11 a laissé un Traité de peinture et de sculpture, Londres, 1719,

traduit en français par A. Rutgers, Amsterdam, 1728 , 4 vol. in-8“, ouvrage médiocre; et des Notes sur le Paradis perdu de Milton, 1734, in-8°. B.

Richardson (Samuel) , célèbre romancier anglais, né en 1689 dans le comté de Derby, m. en 1761. Fils d’un menuisier, il fut placé en apprentissage chez un imprimeur, dont il devint plus tard le gendre, et finit par avoir lui-même une imprimerie considérable. A 52 ans, il se fit auteur, et putlia Paméla , 1741, roman qui eut d’abord une vogue extraordinaire, et qui devint ensuite l’objet des plus ameres critiques; il essaya d’y répondre par un autre ouvrage, Pamela in high life ( Paméla mariée 1 , qui ne réussit point. Mais Clarisse Harlowe, 1748, et Sfr Charles Grandison , 1753, eurent le plus grand succès. L’abbé Prévost et Letourneur ont traduit en français les trois romans de Richardson. Clarisse Harlowe est, dans le genre du roman , un ouvrage de premier ordre, aussi remarquable par la variété du style que par l’imagination, mais rempli de longueurs; on le lit peu aujourd’hui, même en Angleterre. M. Barré en a donné une tradu tiou nouvelle , Paris, 1845, 4 vol. in-8°, et M. Jules Janin en a fait un livre presque nouveau , en l’abrégeant considérablement, l’arrangeant, et y ajoutant avec beaucoup d’art et de talent une t’ouïe de détails pour compléter les scènes ou les caractères; il a fait, pour ainsi dire, de la critique en action , Paris, 1846, 2 vol. in-12. Richarson a encore publié les Négociations de Thomas Roe, une édition des Fables d’Esope avec un commentaire, des Lettres familières, etc. Mistress Barbauld a donné, en 1804, la Correspondance de Richardson; W. Scott lui a consacré une notice dans sa Biographie littéraire des romanciers célèbres. B.

RICHBOROUGH , hameau d’Angleterre (Kent), à 3 kil. N.- N.- O. de Sandwich. Ruines importantes de l’anc. Rutupiœ.

RICHE (Claude-Antoine-Gaspard), médecin naturaliste, frère de l’ingénieur Prony, né en 1762 à C’hamelet près de Lyon, m. en 1797, vint à Paris en 1788, fut associé aux travaux de Vicq-d’Azyr, concourut à la création de la Société philomatique et à la rédaction de V Encyclopédie méthodique, accompagna d’Entrecasteaux dans son voyage à la recherche de La Pérouse en 1791, et recueillit de précieuses collections, qui lui furent enlevées par les Hollandais. Cette perte acheva de ruiner sa santé déjà délabrée, et il mourut immédiatement après son retour en France. Ses papiers et ses observations ont été utiles pour la relation du voyage de D’Entrecasteaux. B.

RICHE (J. -B ), noir affranchi, président de la république d’Haiti, né au Cap-Français en 1777, m. en 1847, prit les armes lors de la révolte des affranchis, devint un des chefs de la garde de Christophe, et, en 1820, détermina sa chute, en entraînant cette garde dans les rangs des insurgés. Il servit fidèlement Boyer, qui l’employa dans divers commandements, devint président en 1843, étouffa l’anarchie, et gouverna d’une manière intelligente et ferme. B. A.

R1CHELET (César-Pierre), grammairien , né en 1631 à Cheminon (Marne), m. en 1698, fut quelque temps régent au collège de Vitry-le- François, se fit recevoir avocat à Paris, et quitta la jurisprudence pour les lettres. Versé dans la connaissance des langues anciennes et modernes, il publia un Dictionnaire françois , contenant les mots et les choses, plusieurs nouvelles remarques sur la langue française ; ses expressions propres, figurées et burlesques ; la prononciation des mots les plus difficiles; le genre des noms; le régime des verbes; avec les termes les plus communs des arts et des sciences ; le tout tiré de l’usage et des bons auteurs de la langue françoise , Genève, 1680, 1 vol. in-4°. C’est le premier dictionnaire français exécuté sur un plan philosophique. L’orthographe y subit une de ses premières mutilations par le retranchement de certaines lettres étymologiques, et l’auteur s’y montra railleur dans les exemples et peu réservé dans les définitions. On doit encore à Richelet: La versification française, ou l'Art de bien faire et tourner les vers, 1671, in-12; Les commencements de la langue française, ou Grammaire liree de l'usoge et des bons auteurs, Paris, 1694, in-12. Elément d'Ablancourt est le véritable auteur du Dictionnaire des rimes, Paris, 1667, in-12, généralement attribué à Richelet, qui ne fit que le mettre dans un nouvel ordre. F. B.

RICHELIEU (Armand-Jean Da Plessis, cardinal et duc de), ministre de Louis XIII, né à Paris, le 5 sept. 1585, de François Du Plessis, originaire du Poitou, grand prévôt de 1 hôtel, et de Susanne de La Porte, m. le 4 décemb. 1642. Destiné d’abord à la carrière des armes, il fit ses études au collège de Navarre, entra ensuite dans les ordres, et fut sacré évêque de Luçon à l’âge de 22 ans. Il

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parut aux Etats-Généraux de 1614, comme député du clergé de Poitou, fut remarqué par Marie de Médicis, qui le prit pour son premier aumônier en 1615 et le fit entrer au Conseil en 1616, comme secrétaire d’Etat pour la guerre (31 octobre) Cinq mois après 1 24 avril 1617), à la suite de l’assassinat du maréchal d’Ancre, il fut exilé de la cour en même temps que la reine; mais il ne tarda pas à se rapprocher du roi, et ménagea deux fois un accommodement entre la mère et le fils ( traités d’Angoulème, 1619, et d’Angers, 1621 ). La reine mère, rentrée en grâce à la mort du connétable de Luynes, récompensa Richelieu par le chapeau de cardinal, 1623, et le rappela au ministère l’année suivante, malgré les répugnancesdu roi lui-même. 11 exerça, dès 1624, le pouvoir de 1er ministre, bien qu’il n’eu reçût le titre officiellement qu’en 1629. 11 y joignit celui de surintendant du commerce et de la navigation. En ce temps, les huguenots étaient une seconde puissance dans l’Etat, les grands se conduisaient comme s’ils n’eussent pas été sujets du roi, les puissances étrangères faisaient p&u de cas de la France. Richelieu embrassa cette situation d’un œil ferme, et conçut dès cet instant trois grands projets, qui l’occupèrent pendant toute sa vie: affaiblissement du protestantisme, abaissement des grands devant la puissance royale, prépondérance de la France en Europe. Il en poursuivit la réalisation avec une volonté inébranlable, rompant les liens d’affection ou de reconnaissance qu’il avait contractés, faisant fléchir, devant son but , jusqu’aux intérêts mêmes de la religion dont il était le ministre. Le prince de l’Eglise s’effaça en lui devant l’homme d’Etat. — I. Protestantisme. Après une guerre peu importante, 1626, durant laquelle il reprit aux huguenots l’ile de Ré, il assiégea La Rochelle, capitale du parti ou plutôt de la république calviniste, ferma l’entrée du port aux flottes anglaises par une digue de 1,400 mèt., et s'empara de la ville au bout de 14 mois, 1628 : la pacification d’Alais, 1629, enleva aux protestants tous leurs privilèges politiques, mais en respectant leurs croyances religieuses et l’exercice de leur culte. — IL Lutte contre les grands. Jusqu’à la veille de sa mort, Richelieu eut à combattre les désirs d’indépendance, les cabales, les complots, les soulèvements des seigneurs et des gouverneurs de provinces : il les réprima avec une sévérité impitoyable, mais sans observer toujours les formes protectrices de la justice, et l’échafaud devint trop souvent, entre ses mains terribles, un instrument de gouvernement. La lre conspiration f'ut ce'le du jeune et frivole Chalais (F. ce mol), 1626, que suivit l'exécution des comtes de Bouteville et de Chapelle , coupables d’avoir enfreint un édit contre les duels, 1627. La reinemère entra elle-même dans la 2e conspiration, qui amena la Journée des dupes ( V. ce mol), 1630. La 3e fut une véritable révolte, concertée entre Gaston d’Orléans, frère de Louis XI II , le duc de Lorraine, et Montmorency, gouverneur du Languedoc : la Lorraine fut occupée par une armée royale, et Montmorency, vaincu à Castelnaudary, fut décapité à Toulouse, 1632. En 1635, Richelieu courut risque de la vie à Amiens : Gaston d’Orléans n’osa donner le signal aux assassins apostés pour le tuer. Quelques années plus tard , le comte de Soissons et le duc de Bouillon se soulevèrent avec l’appui des Espagnols, et remportèrent même à la Marfée (Ardennes), 1641, une victoire rendue inutile par la mort du comte de Soissons. Cinq-Mars, fa vori de Louis XIII, essaya encore de renverser le premier ministre; mais Richelieu ayant saisi la copie d’un traité que le grand-écuyer avait conclu avec la cour de Madrid, le fit condamner à mort, et, par une injustice odieuse, impliqua dans le même complot le vertueux De Thou , coupable de ne l’avoir pas révélé, 1642. Toutes ces exécutions et ces supplices réduisirent enfin la noblesse à la loi commune, et affermirent la monarchie. Des réformes) udicieuses et des institutions nouvelles concoururent puissamment au même but: Richelieu aboiit les charges de grand-amiral et de connétable, qu’il jugeait avec raison trop dangereuses, institua les Intendants des provinces pour surveiller les gouverneurs et diminuer leurs attributions, brisa toutes les résistances du parlement de Paris, et fit prévaloir dans tout le royaume les volontés du roi , c’est-à-dire les siennes, « faisant de son maître son esclave, et de cet illustre esclave un des plus grands monarques du monde », dit Mme de Motteville. — III. Politique étrangère. Les premières années de son ministère ne furent qu’une préparation à de plus grandes choses : il commence par rétablir les vieilles alliances de la France avec les protestants de l’Europe, restitue aux Grisons calvinistes la Valteline catholique, que les Espagnols voulaient réunir au Milanais, 1626, et assure, par deux expéditions brillantes, à un prince français, le duc de Nevers,

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l’héritage contesté du Mantouan et du Montferrat, 1629- 1630. Alors le théâtre de sa politique s’agrandit: par l’intermédiaire du P. Joseph du Tremblay, il trompe la diète de Ratisbonne, et oblige l’Autriche à licencier l’armée de Wallenstein; il pousse sur l’Empire Gustave- Adolphe, et, par ses subsides, contribue aux victoires des Suédois, 1630-1632. Après la mort de Gustave à Liitzen , il intervient lui - même directement dans la guerre de Trente-Ans, 1635. D’abord les succès sont balancés, et les Impériaux s’avancent même jusqu’à Corbie, 1636; mais à partir de 1638, tout change : Bernard de Saxe-Weimar, à la solde de la France, s’empare de l’Alsace, et meurt à propos, en léguant à Louis Xlll sa conquête et son armée, 1639 ; l’année suivante, le Portugal recouvre son indépendance ; le Roussillon et la Catalogne se révoltent; l’Artois est soumis, 1641, et Richelieu laisse en mourant les troupes françaises partout victorieuses, 1642. — IV. Administration intérieure. Richelieu fut aussi grand administrateur que politique habile : il rétablit l’ordre dans les finances, et put suffire, sans trop de peine aux dépenses extraordinaires de son ministère; il porta l’armée à un effectif de 180,000 hommes, équipa cent vaisseaux de guerre, institua une compagnie de navigation des Indes et d’Amérique, qui eut son siège au Morbihan, et donna une extension considérable aux établissements coloniaux de la France par l’occupation partielle ou totale du Canada , de Terre- Neuve, des Petites-Antilles, de S^Domingue, de la Guyane, de la Sénégamhie, de Madagascar, etc. 11 introduisit, dans la législation civile, de précieuses réformes qui formèrent le code Michnu, 1629 (du garde des sceaux Michel Marillac); il protégea les lettres sacrées et profanes, régularisa l’institution des grands séminaires, fonda l’Académie Française en 1635, bâtit le collège du Plessis et le Palais- Cardinal (depuis Palais-Royal ), agrandit la Sorbonne (où est son mausolée par Girardon), la Bibliothèque et l’Imprimerie royales, commença le Jardin des Plantes, pensionna les poètes et les artistes, P. Corneille, Vouet, Poussin, etc. Lui-même était un écrivain supérieur; il composa un grand nombre d’ouvrages théologiques, fort estimés alors : Les principaux jioints Je la foi catholique défendus contre l'écrit adressé au roi par les ministres de Charenton, Poitiers, 1617, in-8°; Instruction du chrétien, ibid., 1621, in-8° ; la Méthode la plus facile et assurée de convertir ceux qui sont sépares de l'Eylise, Paris, 1651, in-fol.; la Perfection du chrétien, ibid., 1646 , in-4°. Il a aussi laissé de volumineux Mémoires , écrits quelquefois avec emphase, mais souvent aussi avec une énergie pleine d’éclat. Ces Mémoires, publiés d’abord partiellement sous le titre d’Histoire de la mère et du fils font partie des collections de Mémoires relatifs à l’histoire de France. On a publié à Amsterdam, 1664, un Journal de M. le cardinal de Richelieu durant le grand orage de la cour en 1630 et 1631, tiré des Mémoires de sa main. Le Testament politique du cardinal de Richelieu, 1764, est un ouvrage qui, après avoir été contesté, parait auj. authentique ( V. Testament politique). Enfin Richelieu, quelque temps jaloux de Corneille, voulut écrire pour le théâtre : Mirame, tragédie, et la Grande pastorale, sont des œuvres très-médiocres de tout point. En résumé , Richelieu est un des plus grands hommes d’Etat de la France. Son ministère, où, en 18 ans seulement , il accomplit tant de grandes choses, continua la pensée politique d'Henri IV, et prépara le règne de Louis XIV. On doit lui reprocher de n’avoir pas toujours respecté les formes de la justice à l’égard de ses ennemis, de s’être servi d'hommes tels que Laubardemont et Laffemas pour satisfaire des vengeances particulières ( V. Grandier). — Richelieu avait eu deux frères : l’ainé, le marquis de Richelieu , fut tué en duel en 1618, et n’eut pas de postérité; l’autre, Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu, se démit de l’évêché de Luçun pour se faire chartreux, 1607, fut ensuite archevêque d'Aix, archevêque de Lyon en 1628, cardinal en 1629, grand-aumônier de France, et mourut en 1653. Il avait eu aussi deux sœurs: Tune, Nicole, épousa le maréchal Urbain de Maillé, seigneur de Brézé ; l’autre, Françoise, épousa René de Vignerod, seigneur de Pontcourlay : ce sont ses descendants qui ont hérité du nom et des armes de Richelieu. — La Vie de Richelieu a été écrite par Aubery, J. Leclerc, et René Richard. V. A. Jay, Histoire du ministère de Richelieu , Paris , 1815,2 vol. in-8° ; Capefigue, Richelieu et Mazarin , 1835-36, 8 vol. in-8«; Bazin, Histoire de France sous Louis XIII et le cardinal Mazarin, 1837-42, 4 vol. iu-8» ; M. Avenel, Lettres, instructions diplomatiques et papiers d’Etat du cardinal de Richelieu , 5 vol. in-4°, Paris, 1853-56, dans la Collection de documents inédits sur T histoire de France. G.

richelieu (Louis-François-Armand de vignerod du

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