‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 422 sur 864 · ROBERT DE LDZARCHES. F. LUZARCHES · texte numérisé non relu

ROBERT DE LDZARCHES. F. LUZARCHES

robert (Nicolas), peintre en miniature et graveur à la pointe, né à Langres vers 1610, m. en 1684, excella dans la peinture des plantes, des fleurs et des insectes, et fit, pour Gaston d’Orléans, une magnifique collection en ce genre, qu’on voit encore à Paris. Il a aussi laissé des recueils d’excellents dessins.

robert de vaugondy ( Gilles), géographe de Louis XV, né à Paris en 1688, m. en 1766, petit-fils de Nicolas Sanson, a contribué aux progrès de la géographie en France. Ou lui doit : Géographie sacrée et historique de l'Ancien et du Nouveau-Testament, Paris, 1747, 3 tomes en 2 vol. in-12; Petit Allas, contenant 203 cartes, 1748 ; Atlas portatif, 54 cartes; Grand Atlas universel, 108 cartes, 1758.

robert de vaugondy (Didier), fils du précédent, né à Paris eu 1723, m. en 1786, géographe de Louis XV et du roi Stanislas, puis censeur royal, a laissé : des Mémoires lus à l’Académie des sciences sur diverses questions géographiques; deux grands globes, l’un céleste et l’autre terrestre ; Essai sur l’histoire de la géographie, Paris, 1755, in-12, qui servit de préface au Grand Atlas universel de son père; Tablettes parisiennes, 1760, in-8°, contenant le plan de Paris et de ses faubourgs, avec une dissertation sur ses agrandissements ; les Promenades des environs de Paris, avec Cartes, 1761, in-8® ; Cosmographie , 1764, in-4° ; Institutions géographiques, 1766, in-8° ; Description et usage de la sphère armillaire, suivant le système de Copernic, 1771, in-4°; Mémoire sur les pays de l'Asie et de l'Amérique situés au JV. de la mer du Sud, 1775, in-4° ; des cartes pour divers ouvrages, etc. B.

robert (Hubert), peintre d’architecture et de paysages et graveur, né à Paris en 1733, m. en 1808, passa 12 années en Italie, fut reçu à l’Académie de peinture en 1767, devint garde des tableaux du roi et dessinateur des jardins royaux, perdit ces places à la Révolution, et fut incarcéré pendant la Terreur. Le Ier consul le nomma, en 1801, conservateur du musée du Louvre. Ses compositions se recommandent par la majesté et la variété des sites, par des groupes de figures parfaitement dessinées et d’un costume exactement vrai. On distingue une Vue du pont du Gard, ie Tombeau de Marins, le Temple de Vénus, la Maison earrée de Nimes, T Incendie de V Hôtel-Dieu de Paris, l’Escalier du Bernin au Vatican, les Ruines du château de Meudon, les Catacombes de Rome, où il s’est représenté perdu et au moment d’y

périr de désespoir, etc. Dans une des galeries de l’hôtel-deville de Paris, on voit 8 tableaux de Robert, représentant chacun une statue antique avec un paysage. Robert a dessiné le plan du bosquet de Versailles dit les bains d’Apollon, et du magnifique parc paysagiste de Méréville, près d’Essonne. Comme graveur, on a de lui, entre autres, les Soirées de Rome, suite de 10 paysages avec monuments antiques , gravés d’une pointe facile et spirituelle. B.

robert (François), géographe, né en 1737 à la Charmèle, près de Chalon-sur-Saône, m. en 1819, géographe du roi en 1780, fut administrateur du département de la Côte-d’Or pendant la Révolution, et membre du conseil des Cinq-Cents en 1797 jusqu’au 18 fructidor. On a de lui: Géographie élémentaire, 12e édit., 1817; Mémoire sur la manière de diriger à volonté les machines aérostatiques , 1784 , in-8°; Voyage dans les 13 cantons suisses, les Grisons, le Valais, 1789, 2 vol. in-12; Description historique, physique et géographique de la France, 1790, in-4°; Traité de la sphère, 2e édit., 1801 ; Dictionnaire géographique, 1818, 2 vol. in-8°; Dictionnaire de géographie moderne, faisant partie de l’Encyclopédie méthodique, 3 vol. in-4°. B.

robert (Louis-Léopold), peintre célèbre, né en 1794 à la Chaux-de-Fonds (Suisse), m. en 1835, vint à Paris en 1810, prit des leçons de Gérard et de David, et alla perfectionner son talent en Italie. Il avait commencé par la gravure ; mais il abandonna le burin pour le pinceau , et l’on n’a de lui qu’un très-petit nombre de pièces gravées. Un amour sans espoir pour la princesse Charlotte-Napoléon le poussa au suicide, à Venise. Ses principaux tableaux sont: l'Improvisateur napolitain; le Chevrier des Apennins, 1824, l'Ermite de St Nicolas; Filles d’ischia au rendez-vous ; Pèlerine avec son enfant mourant; le Retour de la fête de la Madone de l’Arc, 1827 ; la Femme napolitaine pleurant sur les débris de son habitation ; les Piferari à Rome; l'Enterrement d'un aîné de famille de paysans romains; l'Arrivée des moissonneurs dans les Marais Pontins , 1831, un de ses plus beaux ouvrages , popularisé par la gravure de Mercuri ; le Départ des pêcheurs de l’Adriatique, 1836, etc. L’Improvisateur, la Madone, les Moissonneurs, et les Pécheurs sont au Louvre. Léopold Robert travaillait lentement , et son génie fut une longue patience; ses personnages, et, en particulier, ses bandits et ses paysans italiens, sont des types de majesté et de grandeur, et, dans l’exécution des détails , en copiant la nature, il atteint la vérité absolue. Qn reproche à ses tableaux l’absence d’unité et de plan. F. Delécluze , Notice sur la vie et les ouvrages de Léopold Robert, Paris, 1838, in-8°; Feuillet de Conches, Léopold Robert, sa vie, ses œuvres et sa correspondance, 1848. B.

ROBERTSAU. F. Ruprechtsau.

ROBERTSON (William ), historien anglais, né à Borthwick (Ecosse) en 1721, d’un ministre presbytérien, m. en 1793, embrassa la carrière ecclésiastique au sortir de l’université d’Edimbourg, se livra à la prédication , fut longtemps dans un état voisin de l’indigence, étant ministre d’une petite paroisse, et ayant recueilli chez lui un frère et six sœurs que la mort de son père et de sa mère laissa à sa charge. Passionné pour l’étude et la culture des lettres, il s’essaya dans la critique, et fut un des fondateurs de la Revue d’Edimbourg. Mais savant jusqu’à l’érudition, doué de l’esprit de méthode, de recherche et d’examen , il s’essaya dans le genre historique, et composa V Histoire d’ Ecossa sous les règnes de Marie Stuart et de Jacques VI, Londres, 1759, in-4° ; l’ouvrage est fortement empreint de l’esprit de la Réformation, et traite Elisabeth avec une juste sévérité. Le succès fut très-grand, et commença la fortune, en même temps que la réputation de Robertson , qui devint successivement chapelain ordinaire du roi pour l’Ecosse, principal de l’université d’Edimbourg, et historiographe d’Ecosse. Dix ans après, il donna VHistoire du règne de Charles-Quint , 1769,3 vol. in-4°, où il retrace les grands événements du règne de ce prince, qui ont contribué à changer les mœurs, les lois, la politique de l’Europe. L 'Introduction, qui fait le quart de l’ouvrage, est un très-beau tableau de la situation de l’Europe depuis l’empire romain jusqu’au xvie siècle, et de la marche de la civilisation , favorisée par les progrès du christianisme. En 1777 et 1780, il publia VHistoire de l’Amérique, 2 vol. in-4», récit très-impartial de la découverte du Nouveaiv- Monde, mais qui s’arrête à la conquête du Mexique et du Pérou par les Espagnols. Il a encore publié : Recherchas historiques sur l’Inde, 1790 , in-4», trad. en français, 1792, in-8®. Robertson est un historien sage, élégant , impartial : en écrivant ses histoires, il se croyait toujours, disait-il , comme déposant devant une cour de justice. Son style a la gravité du genre; sa narration est claire, précise, et sa critique judicieuse : on lui souhaiterait plus

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d'énergie dans les idées, plus d’imagination dans les peintures, Ses œuvres complètes ont été publiées à Londres, 1794, 8 vol. in-4° ou 10 vol. in-8°, et en français, à Paris, 1822 et suiv., 12 vol. in-8°. b' Histoire d’Ecosse a été trad. en français par Besset de la Chapelle, 1772, 4 vol. in-12; et par Campenon, 1821, 3 vol. in-8°; l 'Histoire de Charles- Quint, par Suard, 1771, 2 vol. in-4°; 1778, 6 vol. in-12, et 1822, 4 vol. in-8°; V Histoire d’Amérique, par Suard et Morellet, 1778, 2 vol. in-4», et 1827, 4 vol. in-8°. V. Dugald Stewart , Essais historiques sur la vie et les ouvrages de Robertson, trad. en français par Imbert, Paris, 1806, in-8°.

eobbrtson (Etienne-Gaspard), physicien , né à Liège en 1762, m. en 1837 , professeur dans sa ville natale, pirfectionna le miroir d’Archimède, et fit, dans plusieurs ascensions aérostatiques, d’utiles observations météorologiques. Il a laissé des Mémoires récréatifs, scientifiques, etc., Paris, 1830-34, 2 vol. in-8».

ROBERVAL (Gilles Persone ou Personier de) , géomètre, né en 1602 à Roberval (Beauvaisis), m. en 1675, fut nommé, en 1631, professeur de philosophie au collège de Mailre Gênais à Paris, et, en 1632, professeur de mathématiques au Collège de France. Ses études ont préparé le calcul différentiel. Il avait une méthode qu’il appliquait à la résolution de problèmes alors difficiles ; mais, en la gardant secrète, afin de se réserver une supériorité sur ses rivaux, il se laissa ravir en partie l’honneur de la découverte par Cavalieri , qui publia sa méthode des indivisibles. Il avait aussi une méthode pour la construction des tangentes aux courbes; elle a, dans son idée première, au moins quelque affinité avec celle des fluxions ; c’est la notion de vitesse introduite dans la géométrie. Roberval a résolu plusieurs problèmes sur la cycloïde. Il est aussi l’inventeur d’une classe de lignes courbes qui portent son nom. Ce savant fut constamment l’adversaire obstiné et injuste de Descartes, aussi bien pour les mathématiques que pour la philosophie ; cependant les principes philosophiques de Roberval sont au fond ceux de la philosophie cartésienne. On a de lui : Observations sur la composition des mouvements et sur le moyen de trouver les tangentes des lignes courbes; Projet d’une Mécanique traitant des •mouvements composés; De recognilione œquationum, de geometricd planarum et cubicarum œquationum resolutione ; Traité des indivisibles; De trochoïde ejusque spatio ; Epistolœ ad Mersennum et Torricellum ; écrits qui se trouvent tous dans le Recueil des divers ouvrages de mathématiques et de physique des membres de l'Académie des Sciences, 1690, in-fol.; Traité de mécanique des poids soutenus par des puissances sur les plans inclinés ; Arislarchi Samii de mundi systemate, 1644, in-12; Nouvelle manière de balance inventée par M. de Roberval, dans le Journal des Savants, 1670 ; le paradoxe apparent que présente la balance de Roberval a été expliqué depuis longtemps. V. Cousin , Roberval philosophe , dans le Journal des Savants, 1845. V.

ROBESPIERRE ( F rançois- Joseph-Maximilien-Isidore ), né à Arras en 1759, m. en 1794, fils d’un avocat au conseil supérieur de l’Artois, fit de bonnes études comme boursier au collège Louis-le-Grand, à Paris, fut reçu avocat , plaida quelques causes, composa de petits vers, et concourut avec succès pour des couronnes académiques. L’ouverture des Etats-Généraux en 1789 donna un libre champ à son ambition inquiète. Député d’Arras à cette assemblée, il manifesta en toute circonstance sa haine contre la monarchie; il la souffla aux journalistes, devint populaire par la presse, et reçut le nom A' Incorruptible. Peu remarqué dans la Constituante, il y prit cependant la parole dans une foule de circonstances. Dès le 14 juillet 1789, il demandait l’arrestation immédiate de tous les gens suspects ; le 27, il provoquait la violation du secret des lettres; au mois de mai 1790, il se fit l’apologiste des brigands qui incendiaient les châteaux, et soutint que les victimes de ces désordres en étaient les provocateurs. Il propose l’abolition de la peine de mort, lui qui a mis le supplice parmi ses moyens de gouvernement. Le 23 juin 1791, il soutint que Louis XVI et Marie-Antoinette devaient être soumis aux formes de la justice ordinaire, la reine n’étant qu’une simple citoyenne, et le roi qu’un fonctionnaire public responsable envers la nation. Le 13 septemb., il eut une ovation du peuple, ainsi que le vertueux Péthion. A la fin de la session, le rôle qu’il y avait pris le fit nommer accusateur public près le tribunal criminel de Paris, dont l'institution était décrétée (1791) ; mais il n’accepta pas ces fonctions, Robespierre publia 12 n°* Au Défenseur de la constitution, resta dans l’ombre aux fameuses journées du 20 juin et du 10 août, et lorsque le danger fut passé, courut à la Commune prendre la direction des affaires. Son nom sortit le 1er de l’urne électorale dans les scrutins ouverts

à Paris pour les élections à la Convention. Dès la fin de septembre, il fut attaqué à la tribune, comme aspirant à la dictature; le 29 octobre, Louvet renouvela l’attaque avec énergie ; Robespierre se défendit mal, mais on passa à l’ordre du jour. Le procès de Louis XVI interrompit la lutte des Girondins et des Montagnards. Robespierre joua dans ce procès le rôle le plus odieux, poussa avec acharnement au dénoûment funèbre du 21 janvier 1793, et fit rejeter l’appel au peuple. Le roi mort, la guerre recommença, et les Girondius ne purent empêcher l’établissement d’un tribunal révolutionnaire, que Robespierre fit décréter le 10 mars. Bientôt après, les Girondins succombèrent, dans la journée du 31 mai, à laquelle il prit une grande part. Dès ce moment son pouvoir fut immense : il entre au Comité de salut public (août 1793), où, chargé de la police intérieure et des affaires étrangères, il en de vient le membre le plus influent, impose le joug de la fore* et de la terreur, sacrifie sans pitié la vie des hommes aux froids calculs de sa politique, dresse la liste des victimes envoyées journellement au Tribunal révolutionnaire, poursuit les chefs des Cordeliers comme enragés, les Dantonistes comme indulgents, fait de la morale et du déisme, et, dans la fête de l’Etre -Suprême, le 8 juin 1794, tente le sacre de son autocratie. Mais ses collègues l’accablèrent de leurs sarcasmes. Le surlendemain, 22 prairial , une loi affreuse reconstitua le tribunal révolutionnaire, et permit d’accélérer assez son action pour faire 1,400 victimes, à Paris, en 47 jours! Quand les amis du tyran, les complices mêmes de ses crimes , se virent à leur tour menacés de l’échafaud, ils profitèrent d’une faute de Robespierre, qui, abandonné par quelques membres dans le Comité de salut public, avait cessé d’y venir depuis 40 jours. Lorsqu’il parut à la Convention, le 8 thermidor (26 juill.j, ils s’opposèrent à l’impression d’un discours qu’il avait préparé avec soin pendant sa retraite, et dont il attendait un grand effet sur l’opinion publique. Le lendemain fut le jour de la lutte. L’assaut fut livré par Tallien, et Robespierre ne put obtenir la parole. Mis hors la loi avec Saint-Just, Couthon, Lebas, etc., il trouva moyen de se réfugier à l’Hôtel-de-Ville , au milieu de ses partisans; mais la Convention fit marcher des troupes contre eux. Robespierre, arrêté dans la grande salle de l’hôtel, se tira ou reçut un coup de pistolet dans la mâchoire, et, le lendemain, 10 thermidor (28 juillet 1794) , périt sur l’échafaud. Des écrivains de parti ont voulu réhabiliter sa mémoire ; sans doute il n’est pas coupable de tous les actes qui lui sont imputés ; mais c’est sur lui que retombe le sang versé pendant la Terreur, et les horreurs commises par la Convention sont l’ouvrage de l’hypocrite dictateur, ou le résultat de sa politique. On a de Robespierre des discours académiques, des journaux, et des discours de tribune. Ses Œuvres choisies ont été publiées en 1832, 4 vol. in-8°. Le plus curieux document sur ses relations est dans le Rapport de l’examen des papiers trouvés chez Robespierre, par Courtois, réimprimé en 3 vol. in-8° dans les Mémoires sur la Révolution. J. T.

Robespierre ( Augustin-Bon-Joseph ) , frère du précédent, né à Arras en 1764, m. en 1794, fut avocat sans talent et sans causes dans sa ville natale. L’influence de son frère le fit nommer à Paris membre de la Convention. Il eut des missions dans les départements , et fut commissaire à l’armée d’Italie. Rappelé par Maximilien pour seconder ses projets, il voulut partager et partagea son sort. 11 périt, comme lui, sur l’échafaud, le 10 thermidor (28 juillet 1794). J. T.

ROBIAC, vge (Gard), arr. et à 21 kil. N. d’Alais; 1,417 hnb. Hauts-fourneaux, gîte de calamine, forges.

ROBIGALES , Robigalia , fête célébrée chez les anciens Romains, en l’honneur de Robigus, pour préserver les blés de la nielle ou rouille. Elle revenait tous les ans , le 6 des calendes de mai (25 avril ). On immolait à Robigus une brebis et une chienne rousse. C. D — y.

ROBILANT (Esprit-Benoît Nicoi.is de), né à Turin en 1724, m. en 1801, se distingua d’abord comme officier d’artillerie dans la guerre de 1742 contre les Espagnols en Lombardie, alla ensuite recueillir en Allemagne les connaissances nécessaires à l’exploitation des mines du Piémont, devint lieutenant- général d’infanterie, inspecteur-général des mines, commandant eç chef du génie militaire, organisa, à la prière de Clement XIV, l’exploitation des mines dans les Etats de l’Eglise, et donna, en 1786, un nouveau système monétaire au Piémont. Il a laissé d’importants Mémoires dans le recueil de l’Académie de Turin, dont il était membre. B.

ROBIN-HOOD, célèbre chef d’Outlaws ( V . ce motL vivait sous Richard Cœur-de-Lion ; son asile était la foret

ROB — 2308 — RQC

de Shenvood ( Nottingham). Il a inspiré un grand nombre de ballades populaires. Il mourut, en 1247, des mains d’une religieuse , à qui , dit-on , il s’était adressé pour se faire saigner, et qui lui ouvrit à dessein l’artère radiale. Le roman d’Ivanhoe de Walter Scott a surtout fait connaître Robin-Hood en France. V. Barry, Sur le cycle populaire de Robin-Hood, Paris, 1832, in-8°; Etienne, Robin- Hood et les ballades du cycle du franc-archer, dans la Revue des Deux Mondes (octobre 1854). B.

ROBINS (Benjamin), mathématicien, né à Bath en 1707 , m. en 1751, membre de la Société royale de Londres et ingénieur général de la Compagnie des Indes orientales, s’est surtout livré aux applications utiles des mathématiques, à l’art des fortifications, et à la balistique. Il est l’inventeur du pendule balistique, qui, avec de notables perfectionnements, est encore employé auj. pour l’épreuve des poudres. On a de lui : Nouveaux principes d'artillerie , Londres, 1742, ouvrage qui fut traduit dans plusieurs langues ; et divers écrits mathématiques publiés par Wilson, Londres, 1761, 2 vol. in-8°. V.

ROBINSON (Marie Darby, dame), née en 1758 à Bristol , m. en 1800, épousa à 15 ans un avocat qu’elle ruina par ses dépenses frivoles , entra au théâtre pour se soustraire à la pauvreté , s’y fit une grande réputation de beauté , d’esprit et de talent , devint la maîtresse du prince de Galles (Georges IV) , puis du célèbre Fox, et finit par se consacrer à la culture des lettres. Elle a laissé : des Poésies, 1775, 2 vol. in-8°; des pièces de théâtre; beaucoup de romans ( Vincenza , la Veuve , Hubert de Sevrac , Angelina , etc. ) , dont plusieurs ont été traduits en français; des Mémoires , trad. en français par Bertin, Paris, 1802, in-8°.

ROBIQUET (Pierre) , chimiste , né à Rennes en 1780 , m. en 1840, entra fort jeune dans une pharmacie de Lorient , et ne tarda point à venir chercher à Paris l’instruction scientifique que la province ne pouvait alors donner. La conscription l’enleva du laboratoire de Fourcroy et de Vauquelin ; il fit , comme pharmacien militaire , les premières campagnes d’Italie. De retour à Paris, il reprit ses travaux de laboratoire , et , pendant plusieurs années , prépara les leçons de Vauquelin. Son premier travail scientifique , en 1805, eut pour objet l’analyse du suc de l’asperge , dans lequel Vauquelin et lui signalèrent, un an après, l’existence d’un nouveau principe qui, plus tard , reçut le nom d'asparagine. D’autres recherches chimiques sur le soufre liquide de Lampadius , sur la baryte caustique , sur la purification du nickel , sur l’analyse de la réglisse, sur les cantharides, sur la nature du kermès, etc. , attirèrent sur lui les regards de l’Institut , qui, en 1812, le présenta pour une chaire à l’Ecole de pharmacie. Il professa successivement dans cette école la matière médicale et la chimie , et , lorsque la faiblesse de sa santé l’obligea de renoncer au professorat , il reçut de la confiance de ses collègues la charge d’administrateur -trésorier. Depuis 1815, il publia de curieuses recherches sur les matières colorantes de la garance et de l’orseille, des considérations sur l’arome et le bleu de Prusse, des expériences sur l’opium et les amandes amères, des réflexions sur la constitution des corps organiques, sur les eaux thermales de Néris , etc. Tous ces travaux portent le cachet d'une habileté d’expérimentation peu commune, d’une hardiesse d’esprit et d’un talent d’observation associés à la fidélité la plus scrupuleuse. Le nom de Robiquet se trouve mêlé aux découvertes les plus importantes de la chimie organique faites de 1828 à 1840. Ainsi , l’étude des radicaux composés date , pour ainsi dire , de ses recherches sur l’huile volatile d’amandes amères ; on aperçoit , dans son Mémoire sur l’acide méconique de l’opium, le germe de la loi remarquable formulée par M. Pelouze à l’égard des acides pyrogénés, etc. En 1833, Robiquet fut appelé à l’Institut en remplacement de Chaptal , et il enrichit de nombreux et importants Mémoires le recueil de cette compagnie. Une pétition spontanée de ses élèves , adressée en 1830 au nouveau gouvernement, avait obtenu pour Robiquet, oublié jusqu’alors, la croix de la Légion d’honneur. J. G.

ROBITFIOS et ANTIROBITHOS , anc. Rhodussœ , îles de l’archipel des Princes ( V. ce mot).

ROBLEDO, vr d’Espagne (Manche), à 2 kil. N.-E. d’AIcaraz; 7,000 hab. Laine de mérinos.

ROBOAM , fils et successeur de Salomon , 962-946 av. J.-C. , fut cause, par sa tyrannie, du schisme des dix tribus, qui lui refusèrent obéissance et prirent pour roi Jéroboam. Il ne conserva que les tribus de Juda et de Benjamin, qui formèrent le royaume de Juda, ennemi de celui d’Israël. Son impiété et ses débauches furent pu-

nies par la prise de Jérusalem, contre laquelle Dieu avait suscité Sésac , roi d’Egypte.

ROBODGIUM promontoriüm, nom ancien du cap Fair-IIead.

ROBORTELLO (François), philologue , né à Udine en 1516, m. en 1567, professa les belles-lettres à Lucques, Pise , Venise, Padoue et Bologne. Il se fit des querelles avec P. Manuce, Erasme, Muret, II. Estienne , et Sigonius. On lui doit de bonnes éditions de la Poétique d’Aristote, des Tragédies d’Eschyle , delà Tactique d’EIien et de Léon , avec version latine et des planches tirées des mss. , du Traité du Sublime de Longin, etc., et de plus : De historicâ facultate, etc., Florence, 1548, iu-8», recueil de petits traités d’archéologie et de philologie ; De vilâ et victu populi romani sub imperatoribus , Bologne, 1559, in-fol., recueil de 9 dissertations intéressantes reproduites dans le Thésaurus de Grævius. C. N.

ROB-ROY ( Robert-Mac-Grégor Campbell, dit), c.-à-d. Robert le Rouge , né vers 1660 , d’une bonne famille, m. vers 1743, fut d’abord drover ( conducteur de bestiaux), acheta, avec ses profits dans le commerce des bœufs, une terre sur les bords du Loch Lomond , s’associa , puis se brouilla avec le duc de Montrose , par qui il fut dépouillé , et , à la tête d’une bande recrutée parmi les membres de son clan , dévasta les domaines de ce seigneur et de beaucoup d’autres. Pour qu’il épargnât leurs bestiaux, les propriétaires lui payaient le blaken^mail (tribut du voleur). Rob-Roy, dont le nom est populaire en Ecosse , est le héros d’un roman de W. Scott.

ROBUSTI (Jacques), peintre. V. Tintoret (Le).

ROCA (Cap de). Magnum promontoriüm, cap de Portugal , le plus occidental de l’Europe , à l’extrémité des monts Cintra, au N.- O. de Lisbonne, par 38° 46’ 30” lat. N. et 11° 50’ 39” long. O. Il forme, avec le cap d’Espichel, la baie où se jette le Tage.

ROCABERTI (Jean-Thomas), né en 1624 à Peselada, sur les confins du Roussillon et de la Catalogne, m. en 1699, entra de bonne heure dans l’ordre de Sl-Dominique, y enseigna la théologie , devint provincial d’Aragon en 1666 , général de l’ordre en 1670 , archevêque de Valence en 1676, et inquisiteur-général en 1695. On a de lui, entre autres ouvrages : De Romani pontificis auctorilate , Valence, 1693-94, 3 vol. in-fol., traité condamné par le parlement de Paris en 1695 ; Bibliotheca pontificia rmu ima , 1700 et suiv. , 21 vol. in-fol. , recueil des traités composés en faveur de l’autorité et de l’infaillibilité du pape. B.

ROCAD1LLO. V. Cartéja.

ROCAMADOUR, v. de France (Lot), arr. et à 24 kil. E.-N.-E. de Gourdon, vers le Lauzon; 1,600 hab. Il y a, au sommet d’un rocher qui la domine, un oratoire formé de deux chapelles superposées et dédiées à la Vierge et à S1 Amadour; on y arrive par un escalier de 217 marches, taillé dans le granit, et que les pèlerins doivent monter à genoux. On y conserve une épée, qu’on dit être la Durandal du paladin Roland. Rocamadour était un pèlerinage très-célèbre au moyen âge; aujourd’hui encore les habitants des pays environnants s’y rendent en foule à certaines fêtes.

ROCCA-D’ARAZZO, v. du royaume d’Italie, arr. et à l’E. d’Asti, près duTanaro; 2,152 hab.

ROCCA-DELL’ ASPlîO, v. du royaume d’Italie (Province de Salerne), à 14 kilomètres N.-E. de Capaccio; 5,434 hab.

ROCCA-DI-PAPA , anc. Algidum ? vge des Etats de l’Eglise, à 4 kil. S. de Frascati; 1,900 hab.

ROCCA-IMPERIALE , brg du royaume d’Italie (Province de Potenza), à 24 kil. S. de Tursi, près du golfe de Tarente; 1,682 hab. Douane.

ROCCA-MANDOLFI, v. du royaume d’Italie (Molise), à 10 kil. O. de Bojano ; 3,459 hab.

EOCCA-MONFINA, v. du royaume d’Italie (Province de Caserta), à 9 kil. N. -O. de Teano; 4,884 hab.

ROCCA-SAN-CASCIANO, v. du roy. d’Italie, prov. et à 80 kil. N.-E. de Florence, sur le Montone; 3,585 hab. Tribunal de lre instance. — La sous-préfecture de Rocca- San-Casciano compte 41,762 hab.

ROCCA-SAN-FEL1CE, v. du royaume d’Italie (Province d’Avellino), à 4 kil. S.-O. de Frigento, près du lac Amsanto; 1,692 hab. Plâtre, houdle.

ROCCA-SECCA, v. du royaume d’Italie (Province de Caserta), prè, de la Melfa, à 11 kil. N.-N.-O. d’Aquir.o; 4,369 hab. Patrie de S1 Thomas d’Aquin. Résidence de l’évêque d’Aquino.

ROCCI1ET f A , v. du royaume d’Italie (Province d’Aveliino), à 6 kil. N. de Lacedogna ; 3,822 hab.

ROCH (Saint), né â Montpellier vers 1295, d’une fa-

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ROC

mille riche , m. en 1327. On rapporte qu’orphelin à l’âge j de 20 ans, il distribua ses biens aux pauvres, et se rendit, en pèlerin, dans l'Italie, pour y soigner les malades pendant la peste de 1315; suivant le fléau de ville en ville, atteint lui-même par la contagion , il abandonna l’hôpital où on l’avait porté , et se retira dans une solitude pour n’être point à charge aux autres. Il fut découvert par le chien d’un gentilhomme nommé Gothard , qui le fit soigner. S1 Rocli retourna dans sa patrie , alors déchirée par la guerre des rois d’Aragon et de Majorque; il fut pris pour un espion , et enfermé dans une prison, où il mourut. Il fut particulièrement invoqué contre la peste. Fête, le 16 août.

ROCHAMBEAU (J. -B. -Donatien de Vimeur, comte de) , né à Vendôme en 1725 , m. en 1807 , entra au service en 1742, fit la campagne de 1744 sous les ordres du maréchal de Coigny , servit comme aide de camp dans celle de 1746, et aida par ses avis le comte de Clermont à prendre Nanmr. Nommé colonel ên 1747, blessé à Laufeld , il se signala encore en 1748 au siège de Maëstricht, devint gouverneur de Vendôme en 1749, brigadier d’infanterie après la prise de Mahon en 1756 , reçut plusieurs blessures au combat de Clostereamp en 1760 , et fut fait maréchal de camp en 1761. Nommé lieutenant général, eu 1780, il fut envoyé en Amérique à la tête de 6,000 hommes, et, de concert avec Washington et La Fayette, fit capituler Cormvallis dans York-Town, 1781. Après la paix de 1783, il fut comblé de faveurs, reçut le cordon bleu, le commandement de la Picardie et de l’Artois, devint maréchal de France et commandant de l’armée du Nord en 1791, mais, ne pouvant y rétablir la discipline, donna sa démission l’année suivante. Condamné à mort sous la Terreur, il allait monter dans la charrette des condamnés, lorsque le bourreau, la trouvant pleine, lui crias « Re tire-toi, vieux maréchal; ton tour viendra plus tard. » La chute de Robespierre le sauva. Rochambeau a laissé des Mémoires , imprimés en 1809, 2 vol. in-8°. B.

rochambeau ( Donatien- Marie -Joseph de Vimeur, vicomte de), fils du précédent, né en 1750, m. en 1813, embrassa l’état militaire dès l’âge de 12 ans, fut nommé colonel du régiment de Royal -Auvergne (infanterie), en 1779, et, l’année suivante, accompagna son père en Amérique. Maréchal de camp en 1791, lieutenant général en 1792, il alla à S1- Domingue soumettre les noirs révoltés, se rendit à la Martinique en, '1793, en chassa les Anglais, et fit reconnaître dans les colonies le gouvernement de la république. En 1794, assiégé au Fort de France par des forces supérieures, il fut contraint de capituler après une défense de 49 jours. Employé à l’armée d’Italie en 1800, il fit la campagne du Tyrol en 1801, puis accompagna le général Leclerc à St-Domingue, où il remporta une victoire complète sur Toussaint-Louverture, 1802. Devenu chef de l'expédition après la mort de Leclerc, il exaspéra toutes les classes d’indigènes par la cruauté la plus horrible. En 1803, son armée étant réduite à une faible troupe, il fut obligé de capituler avec les insurgés, puis, après sa retraite, se rendit aux Anglais, ne recouvra la liberté qu’en 1811, se signala à Bautzen et à Wolfsberg, 1813, et périt à la bataille de Leipzig. B.

ROCIIDALE , brg et paroisse d’Angleterre (Lancaslre), à 17 kil. N. de Manchester, sur un canal de son nom et sur la Roch, affluent de l’Irwell; 38,164 liab. Fabr. de draps, flanelles, lainages; filatures et manuf. de coton. Marchés aux grains et aux laines. Exploitation d’ardoises, pierre, houille.

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