‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 423 sur 864 · BOCHE TAHPÉ1ENNE. F. TARPÉIENNE · texte numérisé non relu

BOCHE TAHPÉ1ENNE. F. TARPÉIENNE

UÜCHECLIOUART , s.-préf. (Haute-Vienne), à 42 kil. O. de Limoges, sur le penchant d’un rocher que baigne la Grenue; 1,718 hab. Tribunal de lre instance. Fabr. de porcelaine, verreries, tuileries. Elle avait jadis un prieuré fondé sous Louis le Débonnaire. Château flanqué de tours, dont une sert de prison, et berceau des Mortemart. Aux environs, mine d’antimoine peu exploitée; carrière de kaolin et de pétunzé.

rociiechoüart (François de). F. jaes (le chevalier de).

rochechouart (Gabriel de). F. mortemart.

ROCHECHOUAET ( Victor de). F. VIVONNE.

rochechodart- mortemart ( Marie -Madeleine -Gabrielle- Adélaïde de), née à Paris en 1645, m. en 1704, fille du duc Gabriel de Mortemart , et sœur de Mmes dé Montespan et de Thianges, fut nommée abbesse de Fontevrault en 1670. Instruite et spirituelle, elle traduisit avec J. Racine le Banquet de Platon.

i .,R9,CIJ?"Ç,0RB0N’ '’ge (Indre-et-Loire) , arr. et à 6 kd. L.-N.-E. de Tours; 1,592 hab. Il ne reste plus de

son ancien château qu'un pilier élevé, dit Lanterne de Roche-Corbon. Grottes curieuses, avec congélations et pétrifications. Récolte de bons vins blancs.

ROCHECOTTE (Fortuné Guyon, comte de), né en 1769 dans la Basse - Touraine, m. en 1798, fut élevé à l’Ecole militaire de Paris, entra comme officier dans le régiment du Roi, quitta la France, en 1791, pour servir dans l’armée de Condé, ne rentra qu’en 1795, se fit le chef des usurgés royalistes dans le Maine , se laissa prendre dans un de ses voyages secrets à Paris pour servir la cause des Bourbons, fut condamné à mort, et fusillé. A. Beauchamp a rédigé et publié les Mémoires de Rochecotte, Paris, 1819, in-8°. B.

ROCHEFORT (Guillaume de) , né en 1433 au château de Rochefort, près de Dole, m. en 1492, était d’une noble et ancienne famille de la comté de Bourgogne. Admis dans les conseils du duc Philippe le Bon , il accompagna le fils de ce prince, Charles , comte de Charolais , dans ses premières expéditions, se trouva à la journée de Montlhéry, 1465, et, quand Charles fut devenu duc de Bourgogne, reçut diverses missions auprès du Saint-Siège, de Venise, et des princes d’Italie. Député vers Louis XI , après la mort de son maître, pour traiter du mariage de Marie de Bourgogne avec le Dauphin , il se laissa attirer au service du roi , fut nommé gouverneur du pays de Blois, et, en 1483, chancelier de France, office dans lequel Charles VIII le confirma. Il présida les Etats -Généraux de Tours en 1484, et, plus tard, arrêta les bases du traité en vertu duquel le roi épousa Anne de Bretagne. B.

rochefort (Gui de), frère puîné du précédent, servit, comme lui, Charles le Téméraire, fut chargé par Marie de Bourgogne, héritière de ce prince, de recevoir le serment de fidélité des Flamands, fut nommé, par Louis XI, conseiller au parlement de Dijon, en devint 1er président en 1482, succéda à Briçonnet comme chancelier de France en 1497, organisa le Grand-Conseil, prit, sous Louis XII, la défense du maréchal de Gié contre Anne de Bretagne, et mourut en 1507. B.

rochefort ( Guillaume de ) , littérateur, né à Lyon en 1731, m. en 1788, fit ses études à Paris, obtint, à 19 ans, une place assez lucrative dans les fermes à Cette, employa ses loisirs à apprendre à fond le grec , l’anglais et l’italien, donna sa démission pour revenir à Paris en 1762, et ne s’occupa plus que de la culture des lettres. Une traduction en vers de VIliade, 1766, lui ouvrit les portes de l’Académie des Inscriptions; elle est médiocre, ainsi que celle de l’Odyssée , qui suivit d’assez pi-ès. S’essayant ensuite dans le genre dramatique , Rochefort composa des tragédies d 'Ulysse, 1781, et d’Electre , 1782, puis Cliimène, tragédie-opéra, 1783, et les Deux Frères , comédie, 1786. Son meilleur ouvrage est une traduction en prose du Théâtre de Sophocle, 1788, 2 vol. in-8°. On lui doit encore : Pensées diverses contre le système des matérialistes, 1771, iu-12, réfutation du Système de la nature du baron d’Holbach ; Histoire critique des opinions des anciens et des systèmes des philosophes sur le bonheur, 1778, in-8° ; divers Mémoires dans le recueil de l’Académie des Inscriptions. B.

rochefort, ch.-l. de cant. (Jura), arr. et à 7 kil. N.-E. de Dole; 356 hab.

rochefort, ch.-l. de cant. (Puy-de-Dôme), arr. et â 29 kil. O. -S. -O. de Clermont-Ferrand, sur la Sioule , et à la base du Puy-d’Augère ; 724 hab. Comm. de bestiaux et de fromages. Autrefois titre de comté. Ruines d’un château des comtes d’Auvergne.

rochefort-en-terre, ch.-l. de cant. (Morbihan), arr. et à 34 kil. E. de Vannes; 643 hab.

eochefort-sdr-loiee, vge ( Maine-et-Loire ), arr. et à 20 kil. S. -S. -O. d’Angers, sur le Loiret et non loin de la Loire; 1,003 hab.

rochefort-sur-mer, Rupefortium, s.-préf. (Charente- Iulérieure), à 28 kil. S.-E. de La Rochelle, sur la rive dr. de la Charente, à 8 kil. de son embouchure; par 45° 56’ 39" lat. N., et 3° 18’ 4" long. O.; 30,151 hab. Place de guerre de lre classe, et ch.-l. du 4e arrond. maritime; arsenal. Trib. de lre inst. et de commerce, collège, bibliothèque; écoles d’hydrographie, de médecine navale, la lre fondée en France, de dessin et d’architecture ; bibliothèques publiques, cabinet d’histoire naturelle, jardin botanique. Société d’agriculture, sciences, arts et belleslettres. On remarque le port militaire et le port marchand, les casernes, la place Colbert, l’hôtel de la préfecture maritime et son superbe jardin, l’hôpital de la marine, un des plus beaux de l’Europe, la corderie, longue de 380 m., le château d’eau, les bassins de carénage, le moulin à vent pour draguer et laminer, le grand moulin, à vent aussi, pour scier le bois, le magasin des vivres, les chantiers de

ROC

ROC

construction pour vaisseaux de 1er rang. Ville régulièrement bâtie. Entrepôt réel. Comm. de grains, sel, eau-devie, vins, bœufs, beurre, fromages, farines, poissons salés, bois du Nord, denrées coloniales. Fonderies de fer et de cuivre, construction de machines. Chemin de fer sur Poitiers par La Rochelle et Niort. — Rocliefort n’était qu’une châtellenie de peu d'importance, lorsque Colbert choisit ce lieu pour eu faire un des grands ports de la France; vers 1666, le port fut creusé, et la ville fondée et fortifiée par Vauban. C’est à Rocliefort que Napoléon 1er s’embarqua pour l’Angleterre en 1815. Patrie de La Galissonnière, Latouche-Tréville, Audebert. B.

ROCHEFOUCAULD (La). V. La Rochefoucauld.

ROCHEJAQUELEIN (La). V. La Rochejaqoelein.

ROCHELLE (La), Rupella, Santonum portus, ch.-l. du départ, de la Charente-Infér. , à 467 kil. S. -O. de Paris, port sur l’Océan; par 46° 9' 24" lat. N., et 3° 29' 40” long. O. ; 14,934 hab. Place de guerre de 2e classe; directions d’artillerie, du génie et des douanes. Evêché suffragant de Bordeaux. Eglise consistoriale calviniste. Trib. de lre inst. et de comm., lycée, séminaire, école d’hydrographie. Académie des belles-lettres, sciences et arts, bibliothèque, cabinet d’hist. naturelle, jardin botanique. La Cour d’assises de l’arr. siège à Saintes. Ville bien bâtie et bien percée ; on y remarque l’hôtel-de-ville (du temps de la Renaissance), la place d’armes, les bains de mer, le cours du Mail, l’abattoir, la porte de l’Horloge, l’arsenal, les chantiers de construction. Deux beaux bassins à flot. Comm. actif de bois du Nord, vins, eaux-de-vie, sel, fers, denrées coloniales, fromages, beurre, sardines. Armements pour la pèche de la morue. Fabr. de toile à voiles, filatures de chanvre et de lin, corroieries, etc. Chemin de fer sur Poitiers par Niort. — Ane. capitale de l’Aunis , La Rochelle appartenait aux ducs d’Aquitaine. Eléonore d’Aquitaine confirma sa commune en 1199. Louis VHI la prit en 1224 aux Anglais; le traité de Brétigny la leur rendit, en 1360. En 1371, elle se révolta contre eux, et ouvrit ses portes à Du Guesclin. Le protestantisme y parut dès l’an 1534, et, vers 1568, Condé et Coligny en firent le centre de leurs opérations et une des places les plus fortes des calvinistes. Le duc d’Anjou l’assiégea en 1572- 73 ; la vigoureuse défense de Lanoue l’obligea d’accorder une capitulation favorable aux habitants. Après la mort d’Henri IV, La Rochelle voulut se constituer en république indépendante ; Louis XIII l’assiégea en 1622 , et se vit contraint à la paix ; mais, en 1627, le cardinal de Richelieu vint de nouveau l’attaquer, et fit élever une digue qui ferma le port aux Anglais, et dont on voit encore les restes à la marée basse; après un siège de 13 mois, pendant lequel deux flottes anglaises essayèrent de la secourir, la ville, réduite à une affreuse famine, ouvrit ses portes. Un édit du 10 novembre 1628 accorda aux habitants une amnistie pleine et entière, leur permit l’exercice du culte calviniste dans un édifice déterminé, ordonna la démolition des fortifications, sauf celles qui regardaient la mer, prohiba les armes et munitions de guerre , éloigna les étrangers qui n’auraient pas l’autorisation du roi, etc. L’évêché de Maillezais fut transféré à La Rochelle en 1648. Louis XIV releva les fortifications détruites par Richelieu. On appelle conspiration de La Rochelle le complot libéral qui éclata en 1822, et qui comptait parmi ses chefs quatre sergents du 45e, Raoulx, Bories, Gouhin et Pomiers ; ils furent arrêté" à La Rochelle, jugés, condamnés à mort, et exécutés à Paris. La Rochelle est la patrie de Tallémant des Réaux, de Réaumur, de Billaud- Varennes, du président Dupaty , de Vamiral Duperré , du marquis de Beauharnais. B.

ROCHEMAURE, Rupemorus, ch.-l. de cant. ( Ardèche), arr. et à 24 kil. S.-S.-E. de Privas, sur la rive dr. du Rhône; 668 hab. Ruines d’un château-fort au sommet d’un rocher basaltique. Aux environs est l’anc. volcan de Chenavari, colonnade de prismes basaltiques, dite Chaussée des Géants.

ROCHERS (Les), anc. château (Ille-et-Vilaine) , à 6 kil. S.-E. de Vitré. Il fut longtemps le séjour de Mm* de Sévigné.

ROCHE-SERVIÈRE, ch.-l. de cant. (Vendée), arr. et à 29 kil. N.-O. de Napoléon-Vendée; 908 hab.

ROCIIESTER, Durobrevis, Roffa , cité d’Angleterre (Kent), à 45 kil. E.-S.-E. de Londres, à l’embouchure de la Medway, vis-à-vis Chatham; 16,672 hab. Place forte. Evêché créé en 604. On remarque la cathédrale, 1 hôtelde-ville, un pont de 11 arches, et les ruines d’un châteaufort. Pêche d’huîtres.

rochester, v. des Etats-Unis (New-York), à 530 kil. N.-O. de New-York, 310 d’Albany, sur le canal Erié et

surlaGenessee, à 13 kil. de son embouchure; 48,204 hab. Nombreux moulins à farine, mus par plusieurs chutes de la Genessee. Comm. de farine et de lard.

rochester, v. des Etats-Unis (New-Hampshire), ch.-l. du comté de Stafford, à 35 kil. N.-O. de Portsmouth, sur la Salmon ; 2,500 hab. F abr. de coton.

rochester, v. des Etats-Unis (Massachusetts), à 32 kil. S.- O. de Plymouth ; 4,000 hab.

rochester (John wilmot, comte de), né en 1648 à Ditchley (Oxford), m. en 1680, fit un voyage en Italie au sortir de ses études , parut dès l’âge de 18 ans à la cour de Charles II, et s’y fit remarquer par les agréments de sa personne et de son esprit. Il montra aussi une grande intrépidité sur mer pendant la guerre de Hollande, 1665-66. Mais sa causticité et ses saillies, qui n’épargnaient personne, le firent plusieurs fois tomber en disgrâce ; il était aussi de mœurs très-dissolues, et mourut prématurément de ses débauches. Il a laissé des Poésies, surtout dans le genre satirique, où il imita avec talent Horace et Boileau ; elles ont été publiées à Londres, avec celles de Dorset, Roscommon, etc., 1739,1771, 1774,1821, 2 vol. in-12. B.

ROCHE-SUR-LOIRE. V. Luynes.

ROCHETTE (Désirc-Raoul), archéologue et antiquaire, né en 1789 à S'-Amand (Cher), d’un médecin de campagne, m. en 1854, fit ses études au lycée de Bourges, vint, à 21 ans, chercher fortune à Paris, et fut nommé, en 1810, professeur d’une classe de grammaire au lycée Impérial, auj. Louis-le-Grand. En même temps il s’occupait d’études historiques et archéologiques, et remporta, en 1813, un prix à l’Institut pour un Mémoire sur l’histoire des colonies grecques; ce Mémoire lui valut, deux ans après, la suppléance de M. Guizot dans la chaire d’histoire à la Faculté des lettres de Paris, puis la place de maître de conférences à l’Ecole normale. En 1816, il entra à l’Académie des Inscriptions par ordonnance royale, et devint un des rédacteurs du Journal des savants, succéda à Millin, en 1818, dans la place de conservateur du cabinet des médailles et antiques à la Bibliothèque royale, accepta, en 1820, la place de censeur royal pour les journaux, et devint suppléant de Quatremère de Quincy dans la chaire d’archéologie de la Bibliothèque royale en 1824, titulaire de cette chaire en 1826; il fit encore partie de la commission scientifique envoyée enMorée, 1828, entra, dix ans après, à l’Académie des beaux-arts, et en devint secrétaire-perpétuel en 1839. Le gouvernement de 1848 lui enleva le cabinet des antiques. Il avait épousé, en 1810, la fille du sculpteur Houdon. On lui doit, entre autres ouvrages : Histoire critique de l'établissement des colonies grecques, 1815, 4 vol. in-8°, développement du Mémoire couronné en 1813; Lettres à Milord comte d’Aberdeen sur l’authenticité des inscriptions de Fourmont, 1819, in-4°; une édition du Théâtre des Grecs par le P. Brumoy, 1820-25, 16 vol. in-8°q Antiquités grecques du Bosphore Cimméricn, publiées et expliquées, 1822, in-8° ; Lettres sur la Suisse, 1822, in-8°; Histoire de la révolution helvétique (de 1797 à 1803), 1821, in-8° ; une traduction des Fragments de Ménandre et de Philémon ; une révision, avec notes et éclaircissements, d’nne traduction de l’Histoire de l’Italie avant les Romains par Micali, 1824, 4 vol. in-8° et atlas in-fol. ; Monuments inédits d’antiquité figurée grecque, étrusque et romaine, 1828, in-fol.; Pompéi, choix d’édifices inédits, lre partie, maison du poète tragique, 1828-30, in-fol.; Cours d’archéologie, publié, d’après ses leçons, par la sténographie, 1828-35; Peintures antiques inédites , précédées de recherches sur l’emploi de la peinture dans la décoration des édifices sacrés et publics chez les Grecs et Im Romains, 1836, in-4° ; un grand nombre de Mémoires dans le recueil de l’Institut, et d’articles dans le Journal des savants, les Annales de la littérature et des arts, les Nouvelles Annales de l’Institut archéologique , la Biographie universelle, etc.; deslVoiioes sur plusieurs membres de l’Académie des beaux-arts. La plupart des ouvrages ou des mémoires d’archéologie de Raoul-Rochette, publiés dans la seconde partie de sa carrière, sont fort intéressants; ils prouvent des connaissances étendues, un bon goût et un sentiment juste de l’antiquité; le style en est simple, clair, facile, mais un peu diffus. B.

ROCHEUSES (Montagnes), en anglais Rochy-Moun tains, grande chaîne de montagnes de l’Amérique du N., s’étend dans la partie O. des Etats-Unis et de la Nouvelle-Bretagne, du N.-O. au S.-E., entre 40° et 69° lat. N., depuis les sources du Missouri jusqu’à l’embouch. du Mackenzie, sur une longueur de 3,500 kil. environ. Cette chaîne forme la séparation des bassins de l’océan Atlantique et de l’océan Pacifique; le rl»1® haut sommet est le pic F rémont (4,500 mèt.). Du versant oriental, coulent le Missouri,

ROD

ROD

l’Yellow-Stone , la Platte, le Saskatchawan ; du versant occidental, l’Orégon, le Lewes, le Clark, le Frazer, etc.

ROCHFORD, vge d’Angleterre (Essex), à 28 kil. S.-E. de Chelmsford, sur le Broomhill ; 1,500 hab. Patrie d’Anne Boleyn.

ROCHLITZ, v. du royaume de Saxe, sur la rive g. de la Mulde, à 42 kil. S.-E. de Leipzig; 4,300 hab. Fabr. de draps, toiles de lin et de coton.

ROCHON (Alexis-Marie), astronome et navigateur, né à Brest en 1741, m. en 1817, fut destiné à l’état ecclésiastique, mais se laissa entraîner par sa passion pour les sciences exactes et les voyages. 11 se fit d’abord connaître par des études sur les instruments dioptriques et sur la détermination des longitudes. Nommé bibliothécaire de l’Académie royale de marine de Brest en 1765, astronome de la marine en 1766, il alla reconnaître, eu 1768, les îles et les écueils qui se trouvent entre l’Inde et les îles de France et de Bourbon. En 1774, il fut nommé garde du cabinet de physique et d’optique du roi, établi au château de la Muette, près Paris, et, en 1787, astronome-opticien de la marine. On l’envoya à Londres, en 1790, au sujet du nouveau système de poids et mesures qu’on voulait introduire en France, et il fit partie, la même année, de la commission des monnaies. Dépouillé de ses places par la Révolution, il se retira dans sa ville natale, et s’y livra à des travaux utiles : il inventa des gazes métalliques, en fil de laiton et de fer, recouvertes d’un enduit solide et transparent, pour la construction des fanaux de soute dans les navires; il forma un atelier pour la fabrication des lunettes nécessaires à la marine; il s’occupa de l’emploi du platine dans les miroirs de télescopes et d’autres instruments nautiques. Ses études sur la double réfraction dans le cristal de roche l’avaient conduit, en 1777, à la découverte du micromètre à double image ou lunette de Rochon; le diasporamètre est aussi de son invention. Rochon entra à l’Institut en 1795. On a de lui : Opuscules mathématiques , Brest, 1768, in-8°; Recueil de Mémoires sur la mécanique et la physique, Paris, 1783, in-8»; Nouveau voyage à la mer du Sud , 1783, in-8° ; Voyages à Madagascar et aux Indes orientales, 1791, in-8°; Essai sur les monnaies anciennes et modernes, 1792, in-8° ; divers Mémoires lus à l’Institut sur la construction des verres lenticulaires et achromatiques , — sur la gaze de fil de fer, — sur l'art de multiplier les copies , — sur la construction d’un micromètre prismatique , — sur l’emploi des gazes métalliques , — sur l'emploi du mica pour l’éclairage, — sur un moyen de rendre potable l'eau de mer, etc. V, ROCKINGHAJVI (Charles Watson-Wentworth, marquis de), homme d’Etat anglais, né en 1730, m. en 1782, exerça, par son immense fortune et par ses qualités privées, une grande influence dans le parti whig, entra au ministère en 1765 comme premier lord de la trésorerie, eut à s’y occuper des troubles d’Amérique qui commençaient, mécontenta tout le monde en proposant des transactions, donna sa démission en 1766, s’uuit en 1770 à lord Chatham pour lutter contre lord North, et, après la retraite de ce ministre, 1782, ressaisit le pouvoir. Mais il mourut peu de temps après. B.

rockingham, vge d’Angleterre, comté et à 32 kil. N.-O. de Northampton, sur la Welland et au milieu de la forêt de Rotkiugham ; 500 hab. Restes d’un château-fort, bâti par Guillaume le Conquérant, et où se tint, en 1094, un concile pour prononcer entre Guillaume le Roux et S1 Anselme. Belle église Sl-Léonard.

ROCKY-MOUNTAINS. V. Rocheuses (Montagnes). kocky- river, nom que porte aussi le Miami [V. ce mot).

ROCOUX. V. Raucoux.

ROCROI, s.-préf. (Ardennes),’ place de guerre de 3e ordre, à 30 kil. N.-O. de Mézières, et à 20 kil. de la frontière de Belgique, dans une vaste plaine, sur un plateau très-élevé, et entourée par la forêt des Ardennes, à 9 kil. de la rive gauche de la Meuse; 1,029 hab. Tribunal de lre instance, collège, Société d’agriculture, llocroi fut fortifié par François Ier et par Louis XIII. Le grand Condé, alors duc d’Enghien, remporta entre cette ville et le village de Maubert-Fontaine, le 19 mai 1613, une célèbre victoire sur les Espagnols, commandés par le comte de Fuentès. Condé, qui, lors de la Fronde, avait d’abord suivi le parti royal, puis s’était allié à l’Espagne, ayant envahi la France avec une armée espanole, assiégea et prit Rocroi en 1653. La ville resta à Espagne, qui ne la restitua à la France qu’en 1659, après la paix des Pyrénées.

RODA, v. de la Saxe-Altenhourg, sur une riv. de son nom, à 14 kil. S.-S.-O. d'Eisenberg; 2,500 hab. Papeterie. c

RODAGE ou ROUAGE, droit exigé au moyen âge par les seigneurs, pour une charrette transportant du vin sur la voie publique. Il était distinct de celui dont la marchandise était passible, et se payait avant que les roues eussent tourné. B.

RODE (Christian-Bernard), peintre et graveur, né à Berlin en 1725, m. en 1797, alla étudier à Paris sous Carie Vanloo et Restout, passa ensuite quelque temps en Italie, se livra au genre de l’histoire et du portrait, et devint directeur de l’Académie des arts de Berlin. On a de lui des tableaux dans les églises de cette ville, des fresques dans le palais de Sans-Souci, etc. Il a de l’originalité, de l’invention ; il entend bien le clair-obscur et la perspective, mais il manque de style et d’expression. Il a gravé à l’eau-forte avec beaucoup d’esprit et de facilité. Son œuvre se compose d’environ 150 pièces. B.

rode (Pierre), violoniste et compositeur de musique, né à Bordeaux en 1762, m. en 1830, élève de Viotti et rival de Baillot, eut le jeu le plus pur et le plus gracieux que l’on ait jamais entendu. 11 occupe une place distinguée comme compositeur de concertos et de quatuors. Dès la fondation du Conservatoire de musique de Paris, on l’y nomma professeur de violon. En 1800, il fit partie, comme 1er violon, de la musique du 1er consul, et, en 1803, alla occuper une place semblable dans la musique de l’empereur de Russie Alexandre Ier. Il écrivit avec Baillot une méthode de violon pour le Conservatoire.

RODEMACH , vge (Moselle), arr. et à 15 kil. N.-E. de Thionville; 918 hab. Autrefois place forte, prise par les Français en 1552 et 1669, réunie à la France par le traité de Nimègue, 1678.

RODENBERG, vge de Prusse (Hesse), à 24 kil. de Rinteln ; 2,000 hab. Tabac et cuirs. Château-fort du xve siècle. Prés de là, bains d’eaux salées et sources sulfureuses de Neundorf.

RODERIC. V. Rodrigue.

RODERICUM , nom latin de Ciudad-Roprigo.

RODEZ. V. Riiodez.

RODION CIIRISTIANOVITCH. V. Bauer.

RODNEY (George Bridge), amiral anglais, né à Londres en 1717, m. en 1792, fut lieutenant de vaisseau à 25 ans, capitaine en 1747, commandant de la station de Terre-Neuve en 1749, contre-amiral en 1759, fut envoyé alors pour bombarder le Havre, et, en 1761, enleva à la France les îles de S*-Pierre, de la Grenade, de Ste-Lucie et de S1- Vincent. Promu au grade de vice-amiral en 1770, d’amiral en 1771, il passa quelques années en France pour réparer le désordre que ses dépenses avaient mis dans sa fortune, reprit un commandement dans la guerre d’Amérique en 1779, défit l’amiral espagnol Don Juan Langara en 1780, et se distingua dans un combat sanglant contre le comte de Grasse, en 1782. De retour dans sa patrie, il reçut les titres de baron et de pair, et une pension de 2,000 liv. st., réversible à ses héritiers. B.

RODOGASTE. V. Radagaise.

RODOGUNE, fille de Mithridate, roi des Parthes, fut mariée, en 141 av. J.-C., au roi de Syrie, Démétrius H Nicator, prisonnier de ce peuple.1 Elle eut, avec Cléopâtre, fille de Ptolémée Philométor et lre femme de Démétrius, des démêlés violents, où P. Corneille a puisé les éléments de sa tragédie de Rodogune.

RODOLPHE 1er, fils de Conrad II, comte d’Auxerre, profita des troubles qui suivirent la mort de l’empereur Charles le Gros, pour se faire couronner roi de la Bourgogne Transjurane, en 888, à Sl-Maurice-en-Valais. Après une guerre contre Arnoul , roi de Germanie, il vit son indépendance reconnue en 894, et mourut en 912.

Rodolphe H, fils et successeur du précédent, fut battu à Winterthiir, en 919, par Burchard, duc de Souabe, passa en 922 en Italie, où l’appelaient les ennemis de Bérenger Ier, se fit couronner roi à Pavie, perdit une bataille à Firenzuola, conserva néanmoins la Haute -Lombardie, grâce à la mort de son rival , 924, mais dut se retirer dès 926 devant un autre compétiteur, Hugues de Provence. En 929, il se fit céder Bâle et son territoire par Henri l’Oiseleur. En 933, les seigneurs lombards le rappelant , il obtint de Hugues, pour sa renonciation à l’Italie, le royaume de Bourgogne Cisjurane. Il prit alors le titre de roi d’Arles ou des Deux-Bourgognes, et mourut en 937.

Rodolphe m, dit le Pieux ou le Fainéant, petit-fils du précédent et fils de Conrad III le Pacifique, fut le dernier roi d’Arles, 994-1032. Son règne n’offre qu’une suite de troubles et de révoltes. Après lui , et en vertu de son testament , le royaume d’Arles passa à Conrad II le Salique, roi de Germanie.

Rodolphe ou raoul, roi de France. V. raoul.

ROD

ROED

Rodolphe de Souabe, fils du comte Kuno de Rheinfelden, reçut, en 1058, de l’impératrice Agnès, le duché de Souabe. Dans la guerre de l’empereur Henri IV contre les Saxons et les Thuringiens, il soutint d’abord la cause du premier, dont il épousa la sœur Mathilde ; mais bientôt , à cause de ses prétentions d'indépendance, il tomba en disgrâce. Lorsqu’une bulle d’excommunication eut été lancée par Grégoire VII contre Henri, les princes de l’Empire, sur l’instigation du légat du pape, l’élurent roi de Germanie, à la condition que cette dignité ne serait pas héréditaire, 1077. Le pape confirma l’élection; mais Henri, qui s’était humilié en Italie, trouva, à son retour, assez de partisans pour remporter trois victoires, à Melrichstadt (Bavière), 1078, à Fladenheim , et à Mœlsen ou Volksheim , 1080. Dans la dernière, Rodolphe eut la main droite coupée, et reçut dans le ventre, de Godefroy de Bouillon, un coup de lance porté avec l’étendard de l’Empire. Il mourut, le lendemain, de ses blessures, et fut enterré dans la cathédrale de Mersebourg, où se trouve encore sa main embaumée. E. S.

Rodolphe Ier de habsbodrg, empereur d’Allemagne, 1273-91, né en 1218, fils aîné d’Albert IV le Sage, comte de Habsbourg et landgrave d’Alsace. Il combattit en 1236 sous Frédéric II en Italie, en 1255 sous Przémysl-Ottooar H contre les Prussiens païens, succéda en 1240 à son père, et agrandit ses possessions peu à peu par les comtés de Kybourg, Bade et Lenzbourg. Sa bravoure et ses sentiments de justice lui firent une telle renommée, qu’en 1257 les cantons d’Uri, de Schwytz et d’Unterwalden le nommèrent protecteur de leur territoire. En 1264, les bourgeois de Zurich le prirent pour capitaine en chef. Cette position le mit en conflits continuels avec la ville et l’évêque de Bâle. Après un armistice de trois ans, la lutte fut renouvelée en 1273. Ce fut pendant le siège de Bâle que le burgrave Frédéric de Nuremberg vint lui apporter la nouvelle de son élection au trône d’Allemagne. Il gagna le pape Grégoire X , en lui cédant, avec les allodiaux de Mathilde, l’exarchat de Ravenne. Après son couronnement, 11 marcha contre Ottocar de Bohême et Henri de Bavière, qui refusaient de lui prêter hommage. Par une prompte invasion en Bavière, il réduisit Henri à l’obéissance, alla ensuite occuper l’Autriche et la ville de Vienne, et força Ottocar de demander la paix. Ottocar dut céder l’Autriche, la Styrie, la Carinthie et la Carniole, reconnaître Rodolphe comme empereur, et reçut la Bohême et la Moravie en fiefs, 1276. Mais dès 1277 il rompit la paix, et fut vaincu par Rodolphe à Marchfeld. Rodolphe donna l’Autriche, la Styrie et la Carniole à son propre fils Albert ; la Carinthie, au comte Meinhard de Tyrol. Rodolphe se tourna ensuite contre Alphonse de Castille , qu’on lui opposait ; ce prince, menacé par le pape d’une excommunication , renonça à ses prétentions sur la couronne impériale. Dès lors Rodolphe donna toute son attention aux affaires intérieures de l’Empire. Il déclara la Souabe pays immédiat , sévit contre les perturbateurs de la paix publique, détruisit un grand nombre de châteaux des seigneurs, etc. Il sauvegarda aussi les droits de l’Empire vis-à-vis de l’étranger. Après avoir forcé le comte de Savoie de restituer plusieurs fiefs qu’il avait usurpés en Suisse, il réduisit le comte de la Haute-Bourgogne à l’obéissance, et termina la lutte entre Wenceslas de Bohême et Othon de Brandebourg, en délivrant le premier de sa captivité. Par le mariage de Wenceslas avec sa fille, il espéra acquérir la Bohême pour sa maison ; mais ce vœu ne s’accomplit point, et il ne put faire élire son fils Albert r°i des Romains. A l’âge de 64 ans, il épousa une princesse de la Bourgogne, qui en avait 14. Rodolphe était un prince actif, de mœurs simples, plein de justice et de bonté. Il est le fondateur de la puissance de l’Autriche. Il a aussi introduit l’usage de la langue allemande pour les actes publics. E. S.

Rodolphe il, empereur, 1576-1611, fils de Maximilien II et de Marie d’Autriche, fille de Charles-Quint , né à Vienne en 1552, fut élevé par les Jésuites à la cour de Philippe II , et couronné roi de Hongrie en 1572, roi de Bohême et roi des Romains en 1575. Parvenu au trône impérial, il exerça des rigueurs contre les protestants , soutint une guerre malheureuse contre les Turcs en Hongrie, se laissa enlever, par son frère Mathias, en 1608, la Hongrie, l’Autriche et la Bohême, et, au milieu des calamités qui fondaient sur lui, ne s’occupa guère que d’alchimie et d’astronomie. Il attira à sa cour Tycho-Brahé et Képler, travailla aux Tables Rudolphines que rédigèrent ces astronomes, et forma de belles collections en antiquités, en tableaux, en pierres précieuses.

Rodolphe (Jean-Joseph), musicien , né à Strasbourg

en 1730, m. en 1812, fut attaché au Conservatoire de musique de Paris, en 1799, comme professeur de solfège. Il a écrit la musique de plusieurs ballets de Noverre, quelques opéras-comiques, et des études pour le violon. Il a publié un Solfège, qui a eu un succès prodigieux, bien que ce soit une œuvre fort médiocre.

RODONENSIS pagus, nom anc. du Roannais.

RODOSTO , en turc Tekir - daqh , anc. Rhœdestus et Bisanlhe, v. de la Turquie d’Europe (Roumélie), eyalet et à 106 kil. S.-E. d’AndrinopIe. Vaste port de commerce sur la mer de Marmara. Transit actif. Export, de céréales, sésame, laines; 30,000 hab. Archevêché grec. — Prise par les Russes en 1829.

RODRIGUE ou RODERIC , dernier roi des Wisigoths d’Espagne, était fils d’un duc de Cordoue qui eut les yeux crevés par ordre de Witiza. Il arma contre ce prince, et le renversa en 710. Mais les fils et parents de Witiza, unis au comte Julien, gouverneur de Ceuta, appelèrent les Arabes d’Afrique. Rodrigue fut vaincu et tué à la bataille de Xérès de la Frontera, 711.

Page 1