‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 424 sur 864 · RODRIGUE DE BIVAR. V. CID · texte numérisé non relu

RODRIGUE DE BIVAR. V. CID

RODRIGUEZ ou SANCHEZ DE AREVALO, en latin Rodericus Sancius, né en 1404 dans le diocèse de Ségovie, m. en 1470, étudia le droit à Salamanque, devint successivement archidiacre de Trevino, doyen du chapitre de Léon et de celui de Séville, évêque d’Oviédo, chapelain du roi Jean II de Castille, gouverneur du château S1- Ange à Rome, évêque de Zamora, de Calahorra, et de Placentia. On a de lui : Spéculum vilæ humanœ, Rome, 1468, in-l°, traduit en français par J. Macho, Lyon, 1477, et par P. Farget, 1482, in-fol., traité de morale où il passe en revue toutes les professions et qui eut un grand succès; Compendiosa historia hispanica , Rome, 1470, in-4°; De origine ac differenliâ principalûs imperialis el regalis , ibid. , 1471, etc.

Rodriguez (Alphonse), jésuite, né à Valladolid en 1526, m. en 1616, étudia à Salamanque, entra à 19 ans dans l’ordre de Sl-Ignace , devint recteur du collège de Monterey ( Galice ) , et maître des novices. Il est auteur d’un ouvrage ascétique, la Pratique de la perfection chrétienne , un des meilleurs livres de ce genre ; il en existe une traduction française attribuée aux solitaires de Port- Royal, et une autre par Régnier-Desmarais , Paris, 1688, 3 vol. in-4°.

rodriguez (Jean), dit Giram , missionnaire jésuite , né en 1559 à Alcouche , près de Lisbonne , m. en 1633 , se rendit au Japon , obtint de se fixer à Nangasaki, et fut interprète de l’empereur Taïkosama. Il est auteur d’une Grammaire japonaise, publiée en français par Landresse,

rodriguez ou diégo-rutz , île de l’Afrique anglaise, une des Mascareignes, par 19° 40’ 40” lat. S. et 61° 4’ 15” long. E., à l’E. de l’île Maurice , dont elle dépend ; 30 kil. sur 6 ; 200 hab. Sol montueux, mais fertile. Vaste caverne remplie de superbes stalactites. — Prise par les Anglais à la France en 1810.

RODUMNA , nom latin de Roanne.

RCEDERER (le comte Pierre-Louis), né en 1754 à Metz , où son père était substitut du procureur-général au parlement, m. en 1835, se fit remarquer comme avocat, acheta à 25 ans une charge de conseiller au parlement de Metz , fut chargé par cette Cour de rédiger les remontrances (F. ce mot), et publia, en 1787, un livre remarquable Sur la suppression des douanes intérieures , dont il conseillait l’abolition , vrai traité sur le commerce intérieur et sur la théorie des douanes. Il s’occupa, en 1788, de la réorganisation future du pays, dans un autre ouvrage : De la députation aux Etats-Généraux , livre très-hardi pour l’époque , et fut député par le tiers-état de Metz à l’Assemblée constituante. Ses vast** connaissances en économie politique l’y firent nommer xu comité des contributions ; il prépara le nouveau système d’impôt qui n’a été entièrement appliqué que sous le Consulat , rédigea la loi sur les patentes, et fit abandonner le projet d’imposer les rentes. Elu procureur-syndic du département de la Seine , où il montra une grande habileté administrative , au 10 août 1792, accompagna la famille royale des Tuileries à l’Assemblée , la défendit ensuite dans le Journal de Paris, dut sc cacher après la proscription des Girondins , et ne reparut qu’après le 9 thermidor. Il entra à l’Institut ( classe des sciences morales), fut nommé professeur d’économie politique aux Ecoles centrales en 1796, échappa, grâce à Talleyrand, à la déportation lors du 18 fructidor, seconda le général Bonaparte au 18 brumaire, fit partie du conseil d’Etat, où il présida la section de l’intérieur, et, en 1803, rédigea l’acte de médiation qui changea les conditions

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d’existence de la Suisse. Sénateur en 1802 , ministre des finances de Joseph Bonaparte à Naples en 1806 , administrateur du grand-duché de Berg en 1810 , commissaire impérial dans le midi de la France et membre de la Chambre des pairs pendant les Cent-Jours , il vécut dans la retraite durant la Restauration, et recouvra la pairie en 1832. On a de lui : Journal d’économie publique, 1796 et suiv. ; La première et la deuxième année du Consulat de Bonaparte, 1802 ; Mémoires pour servir à une nouvelle histoire de Louis XII , 1820 , réimprimé sous le titre de Louis XII et François Ier, 1825 , 2 vol. in-8° ; Comédies historiques , productions spirituelles, un peu sérieuses et un peu paradoxales; Esprit de la Révolution de 1789, 1831 ; Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France , Paris , 1835 , in-8°, espèce d’histoire ou de réhabilitation de l’hôtel de Rambouillet , écrit avec beaucoup d’esprit et de finesse. M. le baron de Rœderer, fils de P. L. Rœderer, a réuni les OEuvres de son père, Paris, 1853-57, 6 vol. gr. in-8°, collection non achevée et qui ne se vend pas. V, M. Mignet, Notices historiques, t. 1er, Paris, 1853, in -8°. B.

ROELAS (Juan de Las ) , peintre, né à Séville en 1560, d’une famille distinguée, m. en 1625, fit le voyage d'Italie, et étudia particulièrement les œuvres du Titien. Peu d’artistes espagnols ont traité l’histoire avec un succès égal : fl dessinait bien , peignait d’une façon harmonieuse , et donnait à ses personnages une grande noblesse de formes et d’expression. Séville renferme ses chefs-d’œuvre : le St Jacques de la cathédrale passe pour un morceau de premier ordre. On cite encore l'Apothéose de St Isidore, St Jean- Baptiste , St Jean l’Evangéliste, St Ignace de Loyola, l'Assomption, St Ignace martyr, l’Adoration des Mages , St Joachim, St Joseph, la Ste Famille, etc. Roelas travailla quelque temps à la cour : il revint ensuite dans sa ville natale, puis ?e fit recevoir chanoine à Olivarès , en 1624. Il eut pour élève François Zurbaran. A. M.

RŒMER (Olaüs) , astronome, né à Copenhague en 1644, m. en 1710;, fut amené en France par Picard én 1672, placé auprès du Dauphin pour lui enseigner les mathématiques , et entra à l’ Académie des Sciences. On lui doit la grande découverte de la vitesse de la lumière, obtenue par l’observation du premier satellite de Jupiter. On lui attribue aussi une idée vulgarisée par Lahire , le tracé en épicycloïde du profil des dents d’engrenage. Rœmer a encore imaginé la lunette méridienne qui se trouve aujourd’hui dans tous les observatoires. 11 eut beaucoup de part aux nivellements des environs de Versailles pour y amener les eaux. En 1681 , Rœmer fut rappelé en Danemark pour y professer les mathématiques à l’université de Copenhague , et devint directeur des monnaies , inspecteur des arsenaux et des ports , conseiller d’Etat en 1707. F. son Eloge par Condorcet. V.

ROENNE v. de Danemark , cli.-l. de l’ile de Bornholm. F. Bonne.

ROER ou RUHR, Rura, rivière des Etats prussiens (prov. Rhénane ) , naît à 10 kil. N.-E. de Malmédy , passe à Düren et à Juliers , entre dans le Limbourg , et se jette dans la Meuse , rive dr. , à Ruremonde ; cours de 140 kil. — De 1801 à 1814, la Roer donna son nom à un département français , comprenant une partie de l’électorat de Cologne, du duché de Clèves et de la Gueldre méridionale, le duché de Juliers et le comté de Mœrs , et borné par ceux de la Lippe au N., de la Meuse-Inférieure à l'O., du Rhin-et-Moselle et de l’Ourthe au S. , par le Rhin à l’E. ; ch.-l. , Aix-la-Chapelle. Il formait 4 arrondissements : Aixla-Chapelle , Cologne , Crevelt , et Clèves.

RŒRAAS, v. de Norvège ( Sœndre-Drontheim ) , dans une plaine des monts Dovrefjeld, à 105 kil. S.-E. de Drontheim; 3,000 hab. Très-riches mines de cuivre aux environs.

RCERMOND , nom flamand de Ruremonde.

RŒSKILDE , en allemand Rotschild, v. de Danemark (Seeland) , à 35 kil. S.-O. de Copenhague; 4,651 hab. Belle cathédrale , de la fin du xie siècle , et du commencement du xne ; elle contient les sépultures des rois. Siège des Etats provinciaux de l’Archipel danois. Château royal.

■ -- Un traité de paix fut signé dans cette ville , en 1658 , entre le Danemark et la Suède; celle-ci se fit restituer la Scanie, le Halland , et la Blékingie.

RŒULX (Le), Riodium , brg de Belgique (Hainaut), h 10 kil. N.-E. de Mons; 2,700 hab. Beau château du prince de Croï-Solre.

ROFFA, nom latin de Rochester.

ROGASEN ou ROGOSNO, v. des Etats prussiens, prov. et à 36 kil. N. de Posen , sur la Wellna ; 4,800 hab.

ROGATEURS , Rogalores , agents chargés, dans les comices de Fane. Rome , de se tenir auprès de la corbeille

où les citoyens venaient déposer leur tablette de vote, et de veiller à ce qu’ils n’en missent qu’une seule. Ils procédaient au dépouillement du scrutin en tirant les tablettes de la corbeille. — Rogateurà la scène, rogator ab scœna; ce devait être un avertisseur pour prévenir les acteurs , afin qu’ils ne manquassent pas leurs entrées. C. D — y.

ROGATION, Rogatio , projet de loi chez les anc. Romains. On l’appelait ainsi, parce que c’était véritablement une demande ( rogatio ) que l’on faisait aux comices assemblés. Les tablettes de vote des citoyens portaient U. R., c.-à-d. uti rogas , comme tu demandes. C. D — y.

ROGATIONS (du latin rogare, prier) , fête instituée en 474 par S1 Mamert , évêque de Vienne en Dauphiné, pour attirer la protection de Dieu sur les biens de la terre. Le concile d’Orléans, en 511, ordonna qu’elle se ferait par toute la France. On la célèbre pendant les trois jours qui précèdent l’Ascension, et elle consiste principalement en processions dans les champs.

ROGER (Saint) , évêque et patron de Cannes en Italie, au xe siècle, était Normand d’origine. Fête, le 15 octobre et le 30 décembre.

Roger Ier, grand-comte de Sicile, 12e fils de Tancrède de Hauteville , né en 1031 , m. en 1101. Arrivé le dernier de sa famille dans l’Italie méridionale , 1048 , il entreprit , avec son frère Robert Guiscard , la conquête de la Calabre, et , plus tard , celle de la Sicile , qui appartenait depuis deux siècles aux Sarrasins, 1061. La prise de leurs capitales, Catane etPalerme, 1074, amena la soumission de l’île entière , qui fut complétée par celle du rocher de Malte, 1090. Nommé, par son frère, comte de Sicile dès 1071 , il prit lui-même, après sa mort, le titre de grandcomte , 1096 , rétablit partout la religion chrétienne , et obtint d’Urbain II , pour lui et ses successeurs , le titre de légat apostolique , avec tous les pouvoirs attachés à cette haute fonction de l’Eglise romaine , 1098. Son fils Roger II lui succéda. G.

Roger il , premier roi normand des Deux-Siciles , né en 1093, m. en 1154 , succéda à son père Roger Ier, grandcomte de Sicile , sous la tutelle de sa mère Adélaïde de Montferrat, 1101. Après une minorité orageuse, il attaqua son cousin Guillaume II, duc de Pouille et de Calabre, 1121 , et, par sa mort, hérita de l’Italie méridionale, 1127. Il soutint l’anti-pape Anaclet, son beau-frère, qui lui conféra le titre de roi, 1130, fut vaincu par l’empereur Lothaire, défenseur du pape légitime, 1137 , et se réconcilia avec Innocent II, qui confirma sa nouvelle royauté, 1139. Il enleva Naples au duc Sergius VII , Capoue et Aversa au prince Robert II , fit la guerre contre les Grecs et leur prit Corfou, 1146, envoya deux expéditions en Afrique contre les corsaires de Tripoli , et pilla leur ville, 1147-1152. Roger était un prince éclairé : il protégea les savants et encouragea l’industrie. Sous son règne , le mûrier et la canne à sucre furent importés de la Grèce et de l’Asie en Sicile. G.

roger, dit Bursa (la Bourse), duo de Pouille et de Calabre, succéda à son père Robert Guiscard, par l’influence de sa mère Sikelgaïse, qui fit exclure un fils aîné , mais d’un autre lit, Bohémond, célèbre dans l’histoire des Croisades, 1085. Bohémond réclama, les armes à la main, contre un partage inique , et obtint, par la médiation de son oncle Roger Ier, grand-comte de Sicile , la principauté de Tarente. Roger eut pour successeur son fils Guillaume II , en 1111. G.

ROGER de collehye , dit Roger Bonlemps, prêtre , né à Paris vers 1470, m. vers 1540, secrétaire de l’évêque d’Auxerre , fut président d’une société facétieuse établie dans cette ville, et dont le chef prenait le titre à' Abbé des fous. Ses OEuvres, en prose et en vers, ont été rééditées par M. Ch. d’Héricault, 1855.

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