ROIS PASTEURS. F. HYCSOS
ROISEL, ch.-l. de cant. (Somme), arr. et à 12 kil. E. de Péronne; 1,754 hab. Fabr. d’étoffes de coton et de laine.
RO J AS (Fernando de), poëte castillan du xvie siècle, publia vers 1510 la tragi-comédie de Calisto et Mclibœa ou la Célesline. Le plan et le 1er acte de cette espèce de roman dramatique appartiennent soit à Juan de Mena, soit à Rodrigo Cota : Rojas y ajouta 20 actes ou scènes. La Célesline, qui ne paraît pas avoir été jamais représentée, n’est autre chose qu'une nouvelle dialoguée : le fond en est très-licencieux ; les caractères sont bien tracés et soutenus, la mise en scène vive et spirituelle, la diction pure, élégante et harmonieuse. Il existe une traduction française de cet ouvrage par Germond Delavigne, 1841. B.
rojas ou roxas (Francisco de), poëte dramatique espagnol, né à Tolède en 1601, a été opposé à Calderon par une coterie littéraire. Il ne manque pas de nerf et de verve; son style est précis. Lesymteurs français lui ont emprunté quelques drames : Rotrou lui doit Venceslas , et Don Ber- Iran de Cigarral par T. Corneille est traduit de l 'Entre bobos anda el juego (l’Intrigue est parmi les sots). B.
ROKELLE ou SALE , riv. de la Guinée septentrionale, sort des monts Kong, coule au S.-O. et à l’O. , en arrosant le Soulimaua, le Kouranko et le Timani , et se jette dans l’océan Atlantique à Freetown; cours de 450 kil. On la nomme encore rivière de Sierra-Leone.
ROKN-EDDAULAII, c.-à-d. soutien de l’Empire, surnom du 2e fils de Bouiah, établit le pouvoir des Bouides dans l’Irak-Adjémi. Ce fut le premier des sultans bouides d’Ispahan, 935-976. Il eut plusieurs guerres à soutenir contre les sultans Samanides, qui possédaient le Khoraçan. Ce prince fut humain, juste et libéral. D.
ROKN-EDDYN— SOLE1MAN OU SOLIMAN II, 7® sultan de Konièh, fils de Kilidje-Arslan II, partagea l’empire avec ses frères, finit par le gouverner tout entier, et mourut en 1204. — Une autre Rokn-Eddyn régna à Konièh de 1261 à 1267.
rokn-eddyn-khoukchah, 8e et dernier cheik des Ismaélites de Perse, fut dépossédé par Houlagou, chef des Mongols, et tué sur les bords du Djihoun en 1257.
ROKOSZ. F. Pologne.
ROLAMPONT, vge (Htc- Marne), arr. et à 12 kih N.- N.- O. de Langres; 1,250 hab. On a trouvé, aux environs , des vestiges d’une villa romaine.
ROLAND (Le Paladin), l’un des guerriers de Charlemagne, celui que la poésie du moyen âge a le plus grandi et dont l’histoire a le moins parlé. Seulement Eginhard dit qu’aprèsune expédition au delà des Pyrénées, l’arrièragarde de Charlemagne, repassant les monts, fut assaillie par les Gascons dans la vallée de Roncevaux, l’an 778, et cite parmi les morts Roland, préfet des Marches de Bretagne. De ce Roland les poètes romanciers ont fait un neveu de Charlemagne ; ils lui ont donné une taille et une force extraordinaires, et se sont évertués à multiplier ses aventures et scs exploits. Le plus ancien poëme connu sur
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ce paladin est la Chanson de Roland, de Théroulde, en vers français de 10 syllabes et en 5 chants, que l’on croit être du ixe siècle et antérieur h la Chronique de Turpin. Le Pulci , le Bojardo, et surtout Arioste , ont tiré grand parti de Roland dans leurs poëmes. F. Monin , le Roman de Roncevaux , Paris, 1833, in-8°; Francisque Michel, la Chanson de Roland , 1837, in-8° ; Génin, la Chanson de Roland, avec traduction et notes, 1851, in-8°. J. T.
roland ( Brèche de). F. brèche.
Roland, un des chefs des Camisards (F. ce mot), né dans le diocèse d’Alais, servit d’abord dans un régiment de dragons, puis, lors de l'insurrection des calvinistes dans les Cévennes, se mit à la tête d’une troupe intrépide.
Il s’attribuait les titres de comte et de généralissime des protestants. Trahi par l’un de ses officiers, qui le fit surprendre dans un château prés de Castelnau, il fut tué d’un coup de feu dans sa fuite, en 1704. Son corps fut brûlé sur la place de Nîmes, et ses cendres jetées au vent. B.
Roland de la platiÈre (Jean-Marie), né, d’une famille de magistrature, à Villefranche (Rhône) en 1732, m. en 1793, fut inspecteur-général du commerce et des manufactures à Rouen et à Amiens. De 1776 à 1778, il voyagea pour étudier le système manufacturier du midi de l’Europe, et publia surce sujet des Lettres, imprimées en 1782, 6 vol. in-12,2e édit., 1801. Elles étaient adressées à MllePhlipon, qu’il épousa en 1780, et avec laquelle il fit, en 1784, de nouvelles études dans la Grande-Bretagne. Il avait aussi publié : Mémoire sur l'éducation des troupeaux, 1779 et 1783, in-4°; l’Art du fabricant d'étoffes de laine, 1780-83; l'Art du fabricant de velours de coton, 1780-83; l’Art du tourbier, 1783. Ces trois derniers ouvrages font partie de la collection des Arts et métiers publiée par l’Académie des sciences. En 1785, Roland donna à V Encyclopédie méthodique le Dictionnaire des manufactures , 3 vol. in-4°, l’un des ouvrages les plus estimés de la collection. Il était à Lyon , lorsque la Révolution de 1789 vint tourner vers la politique ses idées d’amélioration. Membre de la municipalité de Lyon, puis envoyé vers l’Assemblée constituante, en 1791 , pour lui faire connaître la situation critique des ouvriers de la ville, il obtint tout ce qu’il pouvait obtenir, rapporta de sa mission les principes ennemis de la royauté, et, peu de mois après, vint se fixer à Paris. Lié avec les chefs du parti républicain, il suivit la fortune des Girondins, entra au ministère de l’intérieur en mars 1792, soudoya le journal de Louvet [la Sentinelle ) avec les fonds secrets, travailla à la chute du trône, fut renversé en juin, recouvra son portefeuille après le 10 août, et donna sa démission le 23 janvier 1793. Les Montagnards l’emportaient; Roland, honnête homme, administrateur instruit et zélé, mais irascible et trop facile aux innovations utopiques, fut décrété d’accusation avec les 22 Girondins, et se réfugia à Rouen. Il y était caché depuis plusieurs mois, lorsqu’il apprit que sa femme avait péri sur l’échafaud. Sa tête s'égara ; il partit le 15 novembre 1793, à l’entrée de la nuit ; il voulait aller dire à la Convention des vérités qu’il croyait utiles, puis se livrer au supplice ; mais réfléchissant que sa condamnation entraînerait la confiscation de ses biens et ruinerait sa fille, il abandonna son projet, ôt, à 16 kil. de Rouen, se donna la mort. J. T.
roland (Manon-Jeanne piilipon , dame), femme du précédent, née à Paris en 1754, m. en 1793, était fille d’un graveur. Elle faisait ses délices de Plutarque dès l’âge de 9 ans, et se montra avide de toutes les connaissances. A 11 ans, elle demanda qu’on la mit au couvent; elle s’y lia avec Sophie Canet, d’Amiens, et entretint avec elle une Correspondance , qui forme 2 vol. in-8° publiés en 1841. Cette lecture révèle tout ce qu’il y avait de tendre et de brillant, de solide et d’élevé, dans l’âme delà jeune Phlipon. En 1780, elle accepta la main de Roland, malgré la disproportion d’âge, et le philosophe austère se laissa guider par les lumières supérieures de sa femme. La Révolution exalta leurs idées. Mme Roland fut la rédactrice principale d’un nouveau journal, le Courrier de Lyon. Pendant le ministère de son mari, elle fut son conseil et son guide, et souvent rédigea des pièces officielles d’une haute importance. C’est elle qui écrivit la fameuse lettre du 10 juin, adressée par Roland à Louis XVI , et dont la publication prépara la chute du trône. Les Girondins allaient s’inspirer près de cette femme d’un caractère antique, qui fut entraînée dans la ruine de ce parti. An 31 mai, elle refusa de fuir , et se laissa arrêter le 2 juin. Pendant son incarcération, elle écrivit, tant sur sa vie privée que sur sa vie politique, des Mémoires du plus haut intérêt, et d’un style énergique et vif. Le 8 novembre, traduite devant le tribunal révolutionnaire, elle se défendit avec calme et dignité, fut condamnée, et, le lendemain, alla à la mort avec
le plus grand courage. Ses OEuvres ont été réunies en l’an vm, 3 vol. in-8°. Les 2 premiers renferment ses Mémoires, le 3e des OEuvres de loisir et réflexions diverses , plus ses Voyages à Soucis, en Angleterre et en Suisse. Outre sa Correspondance avec Mlle Canet, on a publié : Lettres autographes de Madame Roland, adressées à Bancal des Issarts, 1835, in-8°. J. T.
roland (Philippe-Laurent), statuaire, né en 1746 à Pont-à-Marcq près de Lille, m. en 1816, vint à Paris à l’âge de 15 ans, fut employé par Pajou dans les travaux d’ornement du palais de Versailles, fit ensuite le voyage d’Italie, et résida 5 ans à Rome. De retour en France, il fit un Caton d'Utique, si beau que, s’il n'eût pas été plus grand que nature, on aurait cru qu’il en avait pris les empreintes sur le modèle vivant, et un Samson d’un caractère ferme et sévère, qui lui valut son admission à l’Aca démie de peinture et de sculpture, 1781. Puis il exécuta une statue de Condé, donna en 1792 le modèle en plâtre d’une statue colossale de la Loi, qui fut placée sous le portique du Panthéon, entra à l’Institut dès sa création, travailla de 1799 à 1804 aux sculptures intérieures du Luxembourg et des Tuileries, fit des statues de Bonaparte, de Tronchel, un des bas-reliefs de la cour du Louvre, où il soutient, sans désavantage, le parallèle avec Paul Ponzio et Jean Goujon, une Minerve, sur le perron du palais du Corps législatif, une charmante Bacchante en bronze, etc. Son chef-d’œuvre est Homère chantant sur la lyre, statue de marbre au musée du Louvre , dans laquelle il a su rendre l’enthousiasme du génie, et la vigueur d’une vieillesse robuste et quasi divine. David d’Angers fut élève de Roland. B.
ROLEWINCK (Werner), chartreux, né en 1425 à Laer (Westphalie), m. en 1502, prit l’habit de S* Bruno à 22 ans, et se livra à l’étude avec ardeur. Son plus important ouvrage est intitulé \ Fasciculus temporum, Cologne, 1474, in-fol., abrégé de chronologie universelle, continué jusqu’en 1514 par Lintorius. Ce livre a servi de manuel historique pendant plus d’un demi-siècle.
ROLLA (Alexandre), musicien, né à Paris en 1757, m. en 1837, eut un talent remarquable sur le violon et l’alto. Ses trios pour violon, alto et basse, jouissent d’une estime méritée.
ROLLAND D’ERCEVILLE (Barthélemy-Gabriel), président au parlement de Paris, né en cette ville, d’une famille de magistrats, en 1734, m. en 1794, fut un adversaire ardent et passionné des Jésuites. Après leur expulsion, il fut chargé d’administrer quelques-uns de leurs collèges, et publia, en 1770, un Plan d’études, refondu sous le titre de Plan d’éducation, 1784, dans lequel on trouve la première idée d’une Université de France, de l’inspection générale, et de l’Ecole normale. Il dtfnna encore en 1782 : Recherches sur les prérogatives des dames chez les Gaulois, sur les cours d’amour... in-12». En 1790 il protesta contre les actes de l’Assemblée constituante, fut dénoncé pour ce fait pendant la Terreur, et périt sur l'échafaud.
ROLLE (Pierre-Nicolas), né en 1770 à Châtillon (Côted’Or), m. en 1855, fit, en 1792, les premières guerres de la Révolution, puis fut successivement secrétaire de l’École normale, substitut du directeur de l’Ecole polytechnique, administrateur du département de la Côte-d’Or avant l’organisation des préfectures , bibliothécaire de la ville de Paris en 1810, et publia deux ouvrages importants : Recherches sur le culte de Bacchus , 3 vol. in-8°, Paris, 1827: Histoire des religions de la Grèce, 1829, in-8°.
ROLLI (Paul- Antoine), littérateur italien, né en 1687 à Todi, m. en 1764, élève de Gravina, résida longtemps à Londres, et finit ses jours à Rome. On lui doit : d’excellentes éditions des Satires d’ Arioste, des Poésies burlesques de Berni, du Décameron de Boccace ; des traductions en vers italiens du Paradis perdu de Milton, des Bucoliques de Virgile, des Odes d’Anacréon ; des Poésies, Venise, 1753 ; un Examen de l'Essai sur la poésie épique par Voltaire, trad. en franç. par l’abbé Antonini, Paris, 1728, etc.
ROLLIN ( Charles) , né â Paris en 1661 , m. en 1741 , était fils d’un coutelier. Un Bénédictin des Blancs-Manteaux, dont il servait quelquefois la messe , frappé de ses heureuses dispositions, lui fit obtenir une bourse au collège des Dix-Huit, dont les élèves suivaient les leçons du collège du Plessis. Après de brillantes études, il consacra trois ans à la théologie, mais ne prit jamais que la tonsure. A 22 ans, il remplaça son ancien professeur, Hersan , dans la classe de seconde , au Plessis , fut nommé professeur de rhétorique en 1687 , et professeur d’éloquence au Collège de France en 1688 , recteur de 1 Université en 1694, et principal du collège de Beauvais en 1696. Dans ce dernier établissement, il groupa autour de lui les maîtres les plu?
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instruits, Duguet, Guérin , Coffin , Crevier, etc. Ses succès éveillèrent la jalousie du collège Louis-le-Grand. Ami de Port-Royal , Rollin en avait soutenu les solitaires, de sa bourse et de ses écrits, après la destruction de leur asile; accusé de jansénisme en 1712, il reçut l’ordre de quitter le collège de Beauvais. Il continua néanmoins de professer au Collège de France , et se livra à la composition d’ouvrages utiles à la jeunesse. Ainsi il donna , en 1715, une édition classique des Institutions oratoires de Quintilicn, dont il avait élagué les obscurités, les longueurs et les subtilités, pour ne conserver que les principes éternellement vrais; il y joignit des sommaires raisonnés en tête des chapitres , des notes substantielles et choisies, une préface latine , qui en font un excellent traité de rhétorique. Il publia ensuite un Traité des études , •< monument de raison et de goût, dit M. Villcmain, livre l’un des mieux écrits dans notre langue, après les livres de génie » ; les deux premiers volumes parurent en 1726, et les deux autres en 1728. L’ouvrage se compose d’un Discours préliminaire et de 8 livres traitant De la manière d’enseigner et d'étudier les belles-lettres : les langues, la poésie, la rhétorique, l’éloquence, l’histoire, la philosophie, le gouvernement intérieur des classes et des collèges , y sont successivement passés en revue. Continuateur de Port-Royal , Rollin voulait que l’enseignement du grec et du latin se fit avec des méthodes écrites en français ; novateur heureux , il réclamait pour que la langue maternelle entrât dans l'éducation publique , et devînt , non plus l’auxiliaire et comme l’aceessoire, mais le fond et l’objet même des études de la jeunesse ; l’histoire nationale devait être aussi régulièrement enseignée. Il est impossible d’exposer avec plus de clarté les vrais principes de l’éloquence et de l’art d’écrire, et d’apprécier avec plus de solidité et de goût les chefsd’œuvre de l’antiquité, dont il rapproche perpétuellement ceux de la France, le tout dans un français d’une pureté inconnue jusqu’alors aux écrivains de l’Université, pour qui le latin était en quelque sorte la langue naturelle. Pour compléter sa tâche et donner à l’enseignement historique un ouvrage écrit en français , Rollin composa son Histoire ancienne , dont les deux premiers volumes furent publiés en 1730, et les onze autres suivirent jusqu’en 1738 ; c’est une traduction presque perpétuelle des auteurs anciens. En 1738 , il donna une Histoire romaine , dont il publia cinq volumes en trois ans , et en laissa quatre autres prêts à paraître. Elle fut continuée jusqu’à la bataille d’Actium par Crevier, son disciple. Rollin avait été admis à l’Académie des Inscriptions en 1701; mais l’intrigue lui feiœa les portes de l’Académie Française. En 1739, pour avoir protesté trop énergiquement contre la rétractation faite par la Faculté des Arts de son appel au futur concile , il fut exclu des assemblées de l’Université. A sa mort , on interdit au corps enseignant tout hommage public de sa reconnaissance et de ses regrets. Mais la postérité l’en a vengé. Cet homme , qui avait eu pour la jeunesse un dévoûment tout paternel , et dont la vie tout entière ne fut qu’un long apostolat près d’elle, est devenu le Bon Rollin. C’est que jamais la raison ne fut plus persuasive, l’autorité
Îilus douce , la remontrance plus affectueuse. V. V Eloge de lollin par Berville, 1818. Les OEuvres complètes de Rollin, avec des observations et des éclaircissements historiques par Letronne , ont été publiées à Paris, 1821-25 , 30 vol. in-8°, et atlas in-4°, 1827. Il y en a une autre édition par M. Guizot, Paris, 1821-1827,30 vol. in-8°. Le dernier volume comprend les OEuvres diverses, réunies une première fois en 1771 sous le titre d’ Opuscules , et contenant des discours, dels allocutions , des vers en latin , et plusieurs lettres , tant en français qu’en latin. F. B.
ROLLON ou H ROLF, 1er duc de Normandie, 912-931, était fils de Rogwald , seigneur de la Norvège septentrionale. Remarquable par sa stature colossale, sa force et son audace, il fut banni par Harald Haarfager, 875, rassembla une troupe de Danois et de Norvégiens, et, après quelques descentes en Angleterre et dans la Frise , aborda sur les côtes de la Neustrie , 876. 11 remonta la Seine , reçut la soumission de Rouen , dont il releva les murailles, défit, sur les bords de l’Eure, Renaud, duc d’Orléans, s’empara de Meulan , tua Renaud dans une nouvelle rencontre, rit part au siège de Paris en 886 , alla ensuite saccager ayeux , le pays Bessin , Evreux , et passa en Angleterre pour secourir le roi Alfred , son allié. De retour au bout de trois ans, il réunit des bandes plus nombreuses, prit Nantes , Angers , le Mans , et , malgré un échec devant Tours , parcourut l'Orléanais et même la Bourgogne. Charles le Simple lui acheta la paix : c» vertu du traité de S'-Clair-sur-Epte , 911 , Rollon se fit baptiser à Rouen par l’archevêque Francon , épousa Giselle, fille du roi , et re-
çut, à la condition de l’hommage, la partie de la Neustrie appelée depuis Normandie, et peut-être la suzeraineté sur la Bretagne. Depuis ce moment, il s’occupa d’administrer le pays conquis, releva les églises détruites, fonda des monastères , établit le règne de la justice , et assura la sécurité publique au point que des bracelets d’or, abandonnés au milieu des bois , étaient , dit-on , respectés. Son nom fut vénéré dans la suite ( V. Haro). B.
ROMAGNE ou ROMANDIOLE, llomama en latin moderne, anc. province des Etats de l’Eglise, entre la province de Ferrare et celle d’Urbin; ch.-I., B 'avenue: villes principales : Cervia, Césène, Faenza, Forli, Forlimpopoli, Imola, Rimini. — Sous l’empire romain, elle fit partie de la Flaininie, et, au vie siècle, après l’invasion des Lombards, forma le centre de l’exarchat de Ravenne. Conquise par Astolphe en 752, donnée en 754 par Pépin le Bref au pape Étienne II, érigée en comté par Charlemagne, l’empereur Frédéric II la donna, en 1221, à deux comtes de Hohenlohe. Profitant de la chute des Hohenstauffen, la maison de la Polenta se l’appropria, en 1275; Venise en ravit une partie, 1421. César Borgia envahit tout le pays en 1501, et prit le titre de duc de Romagne ; le pape Jules II s’en empara en 1503; elle resta aux papes jusqu’en 1797, leur revint en HH4; s’insurgea plusieurs fois, et, en 1859-60, se donna au Piémont.
ROMAGNESI (Jean-Antoine) , acteur et auteur italien, né à Namur en 1690 , m. en 1742 , excellait dans les rôles d’ivrogne, de Suisse et d’Allemand. Il a écrit, soit seul, soit avec Riccoboni , des parodies et des pièces bouffonnes, dont un choix fut publié en 1774 , 2 vol. in-8°.
romagnesi ( Antoine-Joseph-Michel ) , petit-neveu du précédent, né à Paris en 1781, m. en 1850, éditeur et compositeur de musique , s’est fait un nom par un grand nombre de romances, remarquables par la grâce et la mélodie , et qui eurent une vogue extraordinaire.
romagnesi ( Joseph-Antoine ) , cousin-germain du précédent, né en 1776 , fut un sculpteur de mérite. On a de lui : la Paix , 1808; Minerve protégeant le fils de Napoléon, 1812; les bustes de Louis XV III, 1814; de Pothier, de Fénelon, 1819 ; Orphée chantant la guerre des dieux , etc. Il a inventé le carton-pierre.
romagnesi, v. du royaume d’Italie (Pavie), à 10 kil. N. -O. de Bobbio; 1,935 hab.
ROMAGNOSI ( Jean-Dominique ), célèbre jurisconsulte, né en 1761 à Salso , près de Plaisance, m. en 1835, professeur de droit aux universités de Parme, 1802 , de Pise, 1807 , et de Milan , 1808 , perdit ses emplois après les événements de 1814. On lui doit : Origine du droit pénal, Pavie, in-4° , 1791, 3e édition, Florence, 1832, 3 vol. in-8° ; cet ouvrage , classique dans quelques universités d’Italie , est un bon résumé d’idées déj à connues ; il repose sur ce principe que, le droit est fondé sur la nécessité ; Introduction à l'histoire du droit public universel, Parme, 1805, 2 vol. in-8°, 5e édition, Milan, 1836, 2 vol. in-16 ; livre confus , mais d’une haute conception , et qui fait du droit un corps de préceptes pour provoquer le bonheur des nations; Projet du Code de procédure du royaume d'Italie, Milan, 1807 ; Journal de jurisprudence universelle , 1812-14; De la conduite et de la distribution des eaux selon les législations anciennes et modernes.... , Milan, 1822-24, 6 vol. in-16, chef-d’œuvre en sou genre , etc.
ROMAIN (Empire), nom par lequel on désigne l’Empire constitué par Auguste ( V. ce mot, et Rome), et qui, après la mort de Théodose en 395 ap. J.-C., fut partagé ep Empires d’Occident et d’Orient ( V. Occident, Orient). Ses divisions ont souvent varié (F. Provinces).
romain (Saint), Romanus , martyr, était soldat dana les armées romaines , se convertit à la vue du martyre de S1 Laurent , et souffrit lui-même pour la foi à Rome , en 258. Fête , le 9 août.
romain (Saint) , solitaire , né vers 390 à Isernore (Bugey) , m. en 460, entra au monastère d’Ainay à Lyon, puis se retira au milieu des gorges du Jura , et , vers 425, fonda , avec l’aide de son frère S* Lupicin , le monastère de Condat (auj. Sl-Claude) , et celui de Baume pour les femmes. Fête , le 28 février.
romain (Saint) , évêque de Rouen en 626, m. en 639, était issu des rois Franks. Suivant la légende, il délivra la campagne de Rouen d’un dragon monstrueux, appelé la Gargouille. Autrefois on célébrait dans la ville, le .jour de l’Ascension, une procession en mémoire de cet événement (F. gargouille, fierte). Fête, le 23 octobre.
romain (Saint), martyr en Russie en 1001, est honoré, avec S1 David, comme patron des Moscovites. Fête, le 29 juillet.
romain (gallesin , pape sous le nom de), successeur
ROM
— 2319 — ROM
d’Etienne VI, en 898, n’occupa le siège pontifical que
10 mois.
romain i et Lécapène, empereur grec, 919-944. Fils d’un soldat Arménien qui avait sauvé la vie à l’empereur Basile Ier, il s'était élevé au grade de grand-amiral. L’amour de Zoé, veuve de Léon VI , lui permit d’aspirer plus haut. En 919, il se fit associer au jeune Constantin VII, qui avait épousé sa fille Hélène, et annonça le dessein de mettre sa famille à la place de celle de Basile Ier. Il s’associa ses trois fils, Christophe, 920, Etienne et Constantin, 926; Constantin VII fut relégué au dernier rang. Mais Romain fut puni de son ambition par ses propres enfants : Etienne et Constantin le jetèrent dans un monastère, 944.
11 y mourut en 948. Pendant son règne, les Bulgares,
922-926, les Hongrois, 934-943, et les Russes, 941, avaient ravagé l’Empire. S.
romain il le Jeune, petit-fils du précédent, et fils de Constantin VII et d'Hélène, né en 939, empoisonna son père afin de régner, 959, passa son temps à la chasse et dans les plaisirs, et mourut, en 963, d’épuisement, ou du poison que lui donna sa femme Théophano.
romain m, dit Argyre, empereur grec, 1028-1034, succéda â Constantin VHI, qui, sur le point de mourir, lui offrit d’avoir les yeux crevés ou d’épouser sa fille Zoé. 11 accepta Zoé, et se fit aimer d’abord par sa générosité. Mais des revers qu’il éprouva en Syrie contre les Turcs changèrent son caractère, et Zoé le fit étouffer dans son bain, pour mettre à sa place Michel le Paphlagonien.
romain iv, dit Diogène, empereur grec, 1068-1071, était petit-neveu de Romain III, et s’était élevé par son mérite à la dignité de patrice et de duc de Sardique. A la mort de Michel VI, il essaya d’ôter le pouvoir à Eudoxie , qui, au lieu de le faire périr, lui donna sa main. Romain justifia sa confiance par ses succès contre les Turcs, qu’il repoussa dans trois campagnes brillantes; mais, dans une quatrième, il se fit battre et prendre à Manzicert par Alp- Arslan. Celui-ci lui rendit la liberté, moyennant rançon. Romain, sorti de captivité, trouva sa place occupée par son beau-fils Michel VII ; n’ayant pu la reprendre les armes à la main, il se livra à son rival, qui lui fit crever les yeux; il ne survécut pas à ce supplice. S.
romain (Jules). V. JULES romain.
ROMain-de-colbosc (saint-) ch.-l. de cant. (Seine- Inférieure), arr. et à 20 kil. N.-E. du Havre, près du chemin de fer de Rouen au Havre; 954 hab. Fabr. de calicots et de toiles.
ROMAINVILLE, vge (Seine), arr. et à 12 kil. S.-E. de Sl-Denis, 13 N.-E. de Paris; 2,672 hab. Auprès est un joli bois, peu étendu, fréquenté des Parisiens ; lilas renommés. Carrières à plâtre. Fort, l’un des seize qui complètent le système de défense militaire de Paris. Le 30 mars 1814, il y eut à Romainville un combat entre les Français et les alliés; les Russes y établirent leur quartier-général avant d’entrer dans Paris.
ROMAINS (Jeux) ou grands jeux, jeux de l’anc. Rome, les plus solennels de tous, institués en l’honneur des grands dieux de l’Olympe. Ils revenaient annuellement le 17 des calendes d’octobre (15 septembre), duraient cinq jours, se composaient de courses en chars et à pied, de la lutte et du pugilat, donnés pendant quatre jours dans le Cirque Maxime, et d’une représentation scénique, dans un théâtre, le 5® jour. Un des édiles curules présidait à ces jeux, qui commençaient par une superbe procession, dans laquelle paraissaient les magistrats, le sénat, tous les acteurs des jeux en costume, à cheval et sur des chars, et les collèges sacerdotaux escortant les statues des dieux transportées au Cirque pour assister aux jeux. La procession partait du Capitole, et suivait les principales rues de la ville, décorées de tableaux, de tentures, et souvent couvertes de voiles. A la fin des jeux, les prêtres, le sénat et les magistrats , reconduisaient processionnellement les dieux au Capitole. — Les grands jeux fui’ent institués, selon les uns, par Romulus, qui les célébra en l’honneur de Consus, pour avoir l’occasion d’enlever les Sabines; selon les autres, par Tarquin l’Ancien, à l’occasion de la prise d’Apioles sur les Latins. On les appela Romains, parce qu’ils furent les premiers que Rome connut , et Grands Jeux, de ce qu’ils étaient consacrés aux grands dieux. On les célébrait aux frais du Trésor public. Ils duraient originairement un, deux ou trois jours; le sénat en porta la durée à quatre jours l’an 263, et, après les célèbres ides de mars, une loi ajouta un cinquième jour en l’honneur de J. -César. C. D y.
romains (Etats). V. ÉGLISE (Etats de T).
romains (Roi des). V. roi.
ROMAN, v. forte des Principautés- Unies (Moldavie),
au confluent de la Moldava et du Sereth, à 65 kil. S.- O. d’Iassy. Evêché grec.
ROMANA (La). V. La Romana.
ROMANDIOLE. V. Romagne.
ROMANE (Langue), nom donné à la langue qui se forma de la décomposition du latin par les idiomes parlés en Gaule. Cela commença dès la conquête romaine. On parla le roman surtout du Xe au xme siècle dans le midi delà France, le N. de l’Espagne et de l’Italie.
ROMANECHE, brg (Saône-et-Loire), arr. et à 17 kil. S. de Mâcon ; 555 hab. Mine de manganèse. Excellents vins rouges du crû de Thorins et surtout du clos dit Moulin-à-venl. On y a élevé un monument à Benoit Raclet, destructeur de la pyrale de la vigne.
ROMANÉE-CONTI, vge (Côte-d'Or), arr. et à 20 kil. N.-E. de Beaune, sur la côte de Nuits. Excellents vins.
ROMANELLI (Francesco), peintre, né à Viterbe en 1617, m. en 1662, élève du Dominiquin et de Pierre de Cortone, fut pris en affection par le cardinal Barberini, qui l’employa et le recommanda à Mazariu. Pendant un séjour qu’il fit à Naples, il modifia sa manière, d’après les conseils du Bernin. Appelé en France, il exécuta des peintures au palais Mazarin (auj. bibliothèque impériale) et au Louvre; mais sa santé l’obligea bientôt de retourner en Italie. On cite, parmi ses œuvres, une Descente de croix, les tableaux qui décorent 4 salles du rez-de-chaussée du vieux Louvre, un St Laurent à Viterbe, et une Présentation au Temple à la Chartreuse de Rome. Les compositions de Romanelli sont ordonnées avec sagesse, et ont de l’harmonie ; mais le dessin , la couleur , et l’expression manquent de vigueur. B.
ROMANI (Giovanni de’), médecin et chirurgien de Crémone au commencement du xvie siècle, passe pour avoir, le premier, pratiqué le mode d’extraction de la pierre dit taille au grand appareil.
ROMANIE. V. Roumélie.
ROMANO, v. murée du royaume d’Italie, est située dans la province et à 24 kilomètres S.-E. de Bergaine, sur un affluent de l’Oglio ; 4,501 hab. Fileries de soie, tanneries.
romano, vge du royaume d’Italie (Turin), à 9 kil. S. -O. d’Ivrée ; 2,542 hab. Succès de Bonaparte sur le général autrichien Salfi, qui fut tué, en 1800.
romano (cato), île de l’Amérique septentrionale, dans le vieux canal de Bahama, sur la côte N.-E. de Cuba ; 100 kil. sur 10.
romano (Ezzelino ouEccelino da), dit le Bègue, né au commencement du xne siècle, accompagna l’empereur Conrad III à la 2® croisade, obtint le pouvoir souverain dans Vicence, entra dans la ligue Lombarde contre Frédéric Ier Barberousse, et mourut vers 1180.
romano (Eccelino II da), dit le Moine, fils du précédent, lui succéda dans le gouvernement de Vicence, fut chassé de cette ville par les Guelfes en 1194, y rentra avec l’appui des Gibelins de Vérone et de Padoue et celui de l’empereur Othon IV, qui lui donna le titre de vicaire-impérial, et, en 1215, partageant ses Etats entre ses fils Eccelin et Albéric, se retira dans un cloître, où il mourut vers 1235.
romano (Eccelino III da), dit le Féroce, fils aîné du précédent, lui succéda en 1215, se mit à la tête des Gibelins, fit alliance avec l’empereur Frédéric II, exerça la charge de podestat à Vicence, Vérone, Padoue et Brescia, commit partout d’horribles cruautés, et obtint le titre de vicaire-impérial pour les pays situés à l’E. de l’Oglio. En 1256, le pape Alexandre IV prêcha contre lui une croisade, dans laquelle entrèrent Venise, Bologne, Mantoue, le marquis d’Este, et le comte de Bonifacio. La lutte, qui dura deux ans, fut atroce : enfin Eccelino fut blessé mortellement à Cassano, 1259.
romano (Albéric da), frère du précédent, fut podestat de Trévise, s’attacha au parti gibelin, perdit son pouvoir à la mort de l’empereur Frédéric H, et , quand Eccelino II le Féroce eut péri, fut assiégé par les Guelfes dans le château de San-Reno, obligé de se rendre, et massacré avec sa famille.
ROMANOV ouROMANOFF (Les), famille qui posséda le trône de Russie depuis le commencement du xvne siècle jusqu’en 1762, et qui doit son origine à Fédor Nikititch Romanov, époux d’AxiniaFédorowna, fille du tzar Fédor Ier Le fils de Fédor Romanov, nommé Michel , fut élu tzar par les Russes en 1613.
romanov (Michel), empereur de Russie, 1613-45, né en 1596, commença la dynastie des Romanov, eut à repousser les prétentions rivales de la Suède et de la Pologne, conclut avec la lre, 1617, la paix de Stolbova, par laquelle il cédait à Gustave- Adolphe l’Ingrie et la Carélie
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russe , et avec la 2<=, 1618, une trêve de 14 ans , confirmée en 1634 par la paix de Viazma, qui abandonnait aux Polonais les duchés de Smolensk, de Sévérie, et de Tchernigov. Il laissa le trône à son fils Alexis.
romanov, v. de la Russie d’Europe (gouvernement de Minsk), à 22 kil. O. de Sloutsk. Berceau de la famille des Romanov.
romanov-borissoglebsk , v. de la Russie d’Europe, gvtetà 35 kil. N. d’Iaroslav, sur le Volga; 2,500 hab. Soieries, lainages, toiles.
ROMANS, Romanum, ch.-l. de cant. (Drôme), arr. et à 18 kil. N.-E. de Valence, sur la rive dr. de l’Isère; 8,418 hab. Trib. de commerce, collège. Cette ville doit son origine à un couvent fondé en 837 par S1 Bernard, archevêque de Vienne, et placé sous la protection immédiate du Saint-Siège ( Abbutia Romana). Son commerce de draps, qui s’étendait jusqu’en Orient, la rendait très-importante. Elle faitauj. un commerce actif de soies, draps, toiles, bestiaux, huile de noix, liqueurs, cuirs, chapeaux, pâtes d’Italie, possède une belle église gothique de S1- Antoine, et est entourée de vieilles fortifications. Patrie de Servan et de Lally-Tollendal. Sur son territoire on cultive en grand le mûrier. A 12 kil. de la ville est le fameux vignoble de V Ermitage.
ROMANZOFF (Pierre -Alexandrowitch , comte dej, feld-maréchal , né à SVPétersbourg vers 1730, m. en 1796, débuta dans la carrière militaire par la prise de Colberg, 1761. Après avoir eu sous ses ordres une division de l'armée destinée à envahir la Bessarabie, 1769, il remplaça le prince Galitzin dans le commandement en chef, remporta deux victoires sur les Turcs et les Tartares en 1770, prit Ismailoff, Kilia, Akermann , Bender, Brahilov, puis Giurgewo en 1771, passa le Danube, bloqua le grandvizir dans le camp de Choumla, et le força d’accepter la paix de Kainardji , 1774. Catherine II conféra à Romanzoff le gouvernement de l’Ukraine et le titre de Zadonaiskol (transdanubien). En 1787, il reçut le commandement de la 2e armée contre les Turcs ; mais l’orgueil de Potemkin, qui commandait la lre, fit qu’il donna sa démission,
romanzoff (Nicolas, comte de), homme d’Etat russe, fils du précédent, né vers 1750, m. en 1826, débuta dans la diplomatie en 1791, puis, à l’avénement d’Alexandre Ier, fut successivement chambellan , sénateur, ministre du commerce et des affaires étrangères, et se montra toujours partisan de Napoléon 1er. Lorsqu’en 1812 ce dernier envahit la Russie, Romanzoff dut quitter les affaires. Il consacra ses loisirs aux sciences et à la littérature , fit exécuter à ses frais le voyage de Krusenstern autour du monde, acheta, et fit imprimer en 1813 le manuscrit du Codex diplomaticus de Maihias Dogial , ainsi que plusieurs autres manuscrits utiles aux progrès des sciences, qu’il fit transcrire en Russie et à l’étranger, et dont il commença une collection.
ROMAS ( de), physicien du xvine siècle, m. en
1776, était assesseur au présidial de Nérac, sa ville natale. Il répéta en France l’expérience du cerf-volant imaginée par Franklin pour prouver l’identité de la foudre et de l’électricité; il obtint, en 1757, en mettant sur toute la longueur de la corde un fil métallique, des étincelles de plus de dix pieds de longueur et d’un pouce de grosseur. Ses études sur ce sujet se trouvent dans le recueil de l’Académie des Sciences, t. n des ouvrages des savants étrangers. V.
ROMBERG (André), compositeur de musique, né en 1767 près d’Osnabrück, m. en 1821, devint habile exécutant sur le violon, voyagea pour compléter ses études, vint à Paris en 1784, y reçut les leçons et les conseils de Viotti, se fixa à Hambourg en 1802, et fut nommé maître de chapelle du duc de Saxe-Gotha en 1815. On a de lui beaucoup de musique instrumentale, des opéras, des cantates et autres morceaux de chant, diverses œuvres de musique d'église. Le caractère de sa musique est la pureté, la grâce, l’élégance et l’harmonie. — Son cousin , Bernard Romberg, chef d’une école de violoncelle en Allemagne, n’a point été égalé pour l’énergie et la puissance de l’exécution , et a écrit des concertos en un style noble et brillant à la fois. B.
ROMBOUTS (Théodore), peintre, né en 1597 à Anvers, suivant l’opinion la plus générale, m. en 1637, fut disciple d’ Abraham Janssens, qui lui apprit à détester Rubens. A 20 ans il fit le voyage d’Italie, obtint de grands succès à Rome et à Florence, mais quoi qu’on fit pour le retenir, voulut revenir en Flandre. Son style rappelle la manière de Caravage et celle de l’Espagnolet. Outre des productions religieuses et historiques, parmi lesquelles on
remarque St Françtis recevant les stigmates, le Sacrifice d’ Abraham, Thcmis avec ses attributs, et une Descente de croix ( dans l’église S‘-Bavon à Gand ), Rambouts a exécuté une foule de morceaux de genre. Les kermesses, les parades de charlatans, les scènes d’ivrognerie, étaient ses sujets de prédilection. Comme son pinceau le faisait vivre dans l’opulence, il voulut se bâtir un hôtel aussi beau que celui de Rubens ; mais , s’étant ruiné sans pouvoir le finir, il mourut de chagrin. A. M.
ROME , Roma , grande et belle ville de l’Italie méridionale, capitale des Etats de l’Eglise, ch.-l. de la Comarca de Rome, par 10° 9’ 30” de long. E., et 42° 53’ 54” de lat. N., à 1,320 kil. S.-E. de Paris, à 25 S.- O. de la Méditerranée, sur le Tibre, qui la traverse du N. au S.; 215,573 hab. Résidence du pape; siège du gouvernement civil, du gouvernement et de l’administration supérieure du culte catholique ; cours de justice supérieures, tribunal de rote (cour d’appel pour tout l’Etat), tribunal de commerce; 2 universités (la Sapienza et la Gregoriana); Facultés de droit, de théologie, de médecine et de chirurgie ; 6 séminaires, plus de 20 collèges, parmi lesquels le célèbre Collège de la propagande [De propaganda fide ) ; 8 académies littéraires ( celles d’Archéologie , des Arcades, des Lincei, de Religion catholique, de Théologie, Tibérine, Philarmoniquej et Philodramatique); Académie de St-Luc pour les beaux-arts; Académies d’études de France, d’Autriche, de Naples, etc.; 11 bibliothèques publiques, presque toutes importantes, et dont la plus remarquable est la célèbre Vaticane; 5 musées: musée d’antiques et de peinture au Vatican (Pio-Clementino et Chiaramonti ), musée Capitolin (antiques), musée du palais des Conservateurs (peinture et protomothèque ), musée Kirchcr (antiquités et histoire naturelle ) , musée de minéralogie ; observatoire ; 7 hôpitaux , dont plusieurs magnifiques (San-Spirito, San-Michaele, San-Giacomo, San-Juan, etc.), 8 hospices ou maisons de refuge; mont-de-piété; banque romaine, monnaie; 8 théâtres. — Industrie manufacturière assez active : draps, lainages, soieries, filatures de laine et de coton, chapellerie, ganterie, parcheminerie, cordes harmoniques, perles fausses, bijouterie, camées, mosaïques, tanneries, papeteries, savonneries, cireries, etc. Comm. peu important. — Rome presque entière est sur la rive g. du Tibre ; il n’y a sur la rive dr. qu’un quartier important relativement au reste, le Trastevere (loutre- Tibre), et la Cité Léonine. La ville est fortifiée, sur la rive gauche, par des murs du moyen âge, avec tours et créneaux; sur la rive droite, par une assez forte muraille bastionnée, et, à l’extrémité N. de cette muraille, par une citadelle dite le Château-S1- Ange. L’ensemble de l’enceinte a la forme d’un polygone irrégulier de 18,201 mèt. de déploiement, 4,700 de diamètre du N.-E. au S.- O., et 4,000 de l’E. à l’O. Sa superficie est de 1,396 hectares 46 ares. Le sol, très - accidenté , contient dix collines naturelles ( Palatin, Capitolin, Quirinal, Viminal, Esquilin, Célius, Aventin, Janicule, Vatican, et Pincio), et cinq artificielles (Testaccio, Citorio, Giordano, Savelli,etCenei). La ville forme deux parties bien distinctes, la cité moderne et la cité antique; la première occupe un tiers seulement de la superficie totale dans la partie N.- O.; la seconde remplit les deux autres tiers, mais sans rien conserver de son ancien tracé : on y voit , au milieu de quelques belles percées modernes, chemins plutôt que rues, des villas, des jardins, des vignes; de place en place, des couveuts, quelques églises, et, au milieu de tout cela, de nombreuses ruines antiques, informes pour la plupart, et qui n’ont guère de signification que pour les antiquaires. Rome moderne a 15 portes, dont les principales sont, sur la rive gauche, celles du Peuple (del Popolo | au N.; Salara et Pia, au N.-E.; St-Laurent, et Majeure, à l’E.; S'-Jean, Latine, S1 Sébastien au S.-E., et S<-Paul au S.; sur la rive droite : les portes Portese, au S.; Sl-Pancrace, et Cavallegieri , à l’O., et Angelica, au N.; les autres ont été murées. Les deux rives du fleuve communiquent entre elles par 5 ponts de pierre : 2 en amont , les ponts Sl-Angè et Sixte ; 2 à travers la petite île de Sl-Barthélemy, qui divise le fleuve en 2 bras, et nommés, l’un du nom de l’ile, sur le bras droit du Tibre, l’autre, des Quatre -Têtes (de' Quattro capi ), sur le bras gauche; le 5°, au-dessous de l'ile, partie en maçonnerie, partie en chaînes de fer, est le Ponle-Rolto, vieux surnom qu’il dut à ce qu’il demeura longtemps ruiné. — Les rues de la ville sont étroites pour la plupart, dénuées de trottoirs, et tortueuses : leur ensemble offre l’aspect d’une espèce de dédale ; on ne peut excepter que 4 ou 5 belles voies tirées en ligne droite , principalement celles du Corso, des Quattro-Fontane , Ripetta, Giulia, et Longara. Chacune mesure de 1,100 â
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I, 300 met. de long : le Corso, la plus belle et la principnle, a 1,600 mèt. sur 10 environ de large, avec des trottoirs, et traverse toute la partie vivante de la cité, depuis la place 'du Peuple jusqu’au palais de Venise. Rome est remarquable par le nombre de ses édifices publics : il y a 300 églises, parmi lesquelles on distingue S1- Pierre, l’une des merveilles de l’architecture moderne, monument unique au monde par ses immenses proportions ; Ste-Marie-Majeure , S^Jean-de-Latran , S* -La urent et S'-Paulhors-des-Murs, Ste-Croix-de- Jérusalem, Sle-Agnès, S1 -Charles au-Corso, le Jésus, S‘- Louis-des- Français, Ste- Marie - de - la - Rotonde, Sl«- Marie -d’ Ara - Cœli , la Trinité- des-Monts, Sl-Laurent-in-Miranda, Sl-Pierre-in- Montorio, etc. ün compte 64 couvents d’hommes, 50 de femmes, plus de 330 palais, dont un grand nombre remarquables par leur architecture et la richesse de leurs peintures décoratives, tels que : les palais apostoliques du Vatican, du Quirinal, et de Latran; ceux de la Consulte, de la Chancellerie, Farnèse, des Conservateurs, Doria, de Venise, Panfili , Torlonia , Colonna, Sciarra, Barherini, Chigi , Borghèse, Braschi , Massimi , Spada, Altieri , Corsini , Médicis, où est l’Académie de France, etc. On y remarque encore : 30 villas, dont chacune renferme un palais; 13 obélisques, 3 aqueducs, 50 fontaines monumentales, parmi lesquelles celles de Termini, de la place Navone, de Trévi , et Pauline, sont vraiment magnifiques, et par le grandiose de leur architecture, et par l’abondance prodigieuse de leurs eaux. Le nombre des places est de 143; les plus belles sont celles du Peuple, du Capitole, Colonne, Navone, Sl-Pitrre, de Venise, Farnèse, des SS. Apôtres, Quirinale, Monte-Citorio, Madame, Sl-Louisdes-Français, etc. La ville est divisée administrativement en 14 quartiers et 54 paroisses. Chemins de fer sur Frascati, depuis 1856, et Civita-Vecchia depuis 1858. — Climat. Humidité et variations fréquentes dans l’état de l’atmosphère, et cependant climat sain en général ; avec quelques précautions on se garantit aisément de cette intempérie, qui règne surtout en hiver. Le temps le plus agréable et le plus sain est de juin à janvier; le plus beau mois, celui d’octobre. La moyenne des plus fortes chaleurs est de 25° centigrades; celle des plus grands froids, de 5°,1 ; le moment le plus rigoureux est au commencement de février, néanmoins la température ne descend pas toujours jusqu’à la congélation : rarement le thermomètre marque 2°, 50, ou 3°, 75 au-dessous de zéro. Octobre, novembre et décembre sont la saison des pluies, surtout novembre : alors il y a, par intervalles, des orages diluviens ; puis le ciel redevient serein et le soleil resplendit. Il tombe annuellement 0m, 812 de pluie.
Home ancienne. — Sa fondation. — Ses enceintes. — L’origine de Rome est fabuleuse, même suivant les traditions romaines : Numitor, roi d’Albe, ayant été détrôné par son frère Amulius,ce dernier envoya exposer deux jumeaux que Rliée Sylvia, fille de Numitor, venait de mettre au monde, et dont la naissance était mystérieuse ; plus tard , on les dit fils de Mars. Ils furent abandonnés sur le Haut-Tibre, et le courant porta leur berceau dans un lieu marécageux et sauvage, au pied d’une colline dite Pallante ou Palatin. Une louve vint les allaiter. Un berger du voisinage, Faustulus, touché de ce prodige , recueillit les pauvres enfants, les éleva, et les nomma Romulus et Rémus. Devenus adolescents, ils apprirent le secret de leur naissance, et rétablirent leur aïeul sur le trône. Numitor leur persuada d’aller fonder une ville au lieu où ils avaient été exposés. L’emplacement choisi fut le mont Palatin, et l’époque, la 4e année de la 6e olympiade, répondant à l’an 753 av.
J. -C. A la suite d’une querelle dans laquelle Rémus fut tué, Romulus demeura seul chef de la colonie. Au milieu des fables relatives à cette origine, il paraît vraisemblable que la fondation de Rome, qui eut lieu le 21 avril, est due à un printemps sacré sorti d’Albe (F. Printemps sacré |. Rome primitive occupa tout le Palatin ; elle eut pour limites un retranchement tracé autour de la colline, et formant un carié de 400 mèt. de côté environ. Ce n’était qu’une espèce de camp, avec des chaumières, logeant une population de 3,000 hommes, dont se compo.-ait la bande de Romulus. Bientôt la ville s’augmenta d’un nouveau quartier, le mont Saturnien (depuis Capitolin). Romulus y ouvrit un asile à tous les bandits des environs. Après la réunion des Sabins aux Romains, à la suite de l’enlèvement des Sabines I V. Romulus) , la ville fut agrandie au N. par l’adjonction de la moitié environ d’une colline , qui prit le nom de Quirinal, de Cures, capitale des Sabins. La vallée entre le Palatin et le Quirinal servit de lieu d’assemblée , et fut le Forum { V. ce mot). Numa Pompilius renferma dans une seule enceinte les trois quartiers
de la jeune cité. Ttillus Hostilius, ayant transporté la population d’Albe sur le mont Célius, le comprit dans l’enceinte de Rome; Ancus Martius fit la même chose pour le mont Aventin, qu’il peupla des habitants de Tellène et de Politorium, et, de plus, il fonda une forteresse au sommet du Janicule.Lcs enceintes, construites à diverses époques, avaient peu de solidité; Servius Tullius en fit une nouvelle en pierres de taille, dans laquelle il comprit les monts Viminal, Esquilin, et la partie N. du mont Quirinal. Cette enceinte est devenue l’une des plus historiques, et des traces nombreuses en existent encore : elle avait la forme d’un polygone irrégulier, mesurant environ 3,500 mèt. du N.-E. au S. -O., et 1,500 de l’E. à l'O., sans compter une partie de longs murs qui reliait, à l’O., la forteresse du Janicule à la ville; sa circonférence égalait 12,597 mèt., et sa superficie 638 hectares 72 ares. Elle avait 23 portes. Les inégalités de son sol valurent à Rome le surnom de Ville aux sept collines.
Monuments. Les rois commencèrent la série des grands monuments qui ont rendu Rome la ville éternelle : Tarquin l’Ancien fit la Cloaque et le Cirque Maximes, et commença le Capitole ; Servius éleva la Prison publique ( V . res mots ) et le temple de la Fortune virile (auj. Sle-Marie-Egyptienne); la République acheva le Capitole, bâtit le Tabularium ( V. ce mot), le temple de Saturne, et beaucoup d’autres encore. — Mais c’est surtout de la fin de cette époque et du temps des empereurs que date la splendeur des monuments; jusqu’alors on les avait faits de pierre, on commença de les faire de marbre et de granit. Vers le temps de César, de magnifiques basiliques s’élevèrent autour du Forum (F. Basiliques); on bâtit aussi des Forums nouveaux non moins somptueux ( F. Forum); ce mouvement se continua sous les empereurs, jusqu’à Constanrin : les colonnes Trajane et Antonine faisaient partie de ces deux Forums ( F. Colonnes ). — Sur le mont Palatin, la maison des empereurs, d’abord élégante et modeste sous Auguste , plus somptueuse sous Tibère, Caligula , Néron , finit par occuper toute la colline; Néron la réédifia avec une magnificence extravagante sous le nom de Maison dorée, et l’étendit, en constructions et en jardins, sur le Célius et l’Esquilin , jusqu’au Viminal.
Il y avait encore, comme supplément à la ville, d immenses faubourgs, et, sous ses murs, en dehors, le Cliamp~ de-Mars, lieu d’assemblée du peuple, et vaste promenade publique, ornée de superbes monuments ( F. Champ-de- Mars). — Depuis Servius, Rome ne fut plus agrandie dans son enceinte murée; mais du temps de Sy lia, d’Auguste, de Claude, de Trajan , son enceinte civile et religieuse reçut , par le développement du Pomœrium | F. ce mot), toute l’extension nécessaire à sa population croissante. En fait, Rome était une ville d’une étendue médiocre, avec de vastes faubourgs. — On peut évaluer sa population à 1,300,000 hab., dont 280,000 environ dans l’enceinte murée; cette estimation, si loin des chiffres de quelques archéologues, qui supposent 4 millions, et même 8 et 9 millions, est déduite des consommations de l’Annone ( F. ce mot). Auguste se vantait d’avoir pris Rome de briques et de la laisser de marbre : cela ne doit s’entendre que des monuments, car, même après lui , la ville proprement dite avait la même physionomie: la masse des maisons était mal bâtie, et les rues toujours étroites, tortueuses, souvent escarpées. La plus belle ligne était la Voie Sacrée | F. SACRÉE-Voie ). Auguste divisa la ville en 14 régions , et y organisa une bonne police pour les incendies et pour la garde de nuit ( F. Vigiles).
Aurélien entreprit, l’an 271, de refaire l’enceinte de Rome, sans agrandir la ville, et seulement en reculant ses inurs jusqu’aux limites du dernier Pomœrium de Trajan ; il ne put la terminer, et Probus l’acheva. Elle comprit le Champ-de-Mars et la Colline des jardins (auj. le Pincio), qui avait toujours été hors de la ville. Son étendue fut de 18,201 mèt., et sa superficie de 1,396 hectares 46 ares. Les murs, qui sont ceux de la ville actuelle, moius le Vatican , étaient percés de 16 portes.
La décadence de Rome commença à la fondation de Constantinople et à la création des empires d’Orient et d’OccideDt. Les barbares profitèrent de la discorde des deux Empires pour envahir l'Italie : Rome fut saccagée successivement par Alaric, 409; Genséric, 455; Ricimer, 472; et déshéritée de son rang de capitale quand Odoaere, après avoir renversé l'empire romain, 476, fixa sa résidence à Ravenne. Les Gotlis s’en emparèrent sous la conduite de Théodoric, 493 ; Bélisaire les en chassa, 536, et y fut assiégé vainement pendant 1 an et 9 mois par Vit igès. Totila la reprit et la saccagea, 546 ; après son dô-
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part , Bélisaire l’occupa de nouveau; Totila y rentra, 549, et Narsès la lui enleva, 552. Bien que délivrée de la domination des Gotlis, Rome n’en était pas moins misérable : réduite à n’ètre plus que le ch.-l. d’un petit duché de son nom , gouvernée par un duc relevant de l’exarque de Ravenne, elle était abandonnée aux vexations des lieutenants de l’Empereur, et aux invasions des Lombards. Dans cette triste position , les papes furent ses seuls défenseurs ; ils usèrent de l’influence de leur caractère sacré pour épargner au peuple des exactions et détourner les invasions des Lombards, 570, 578, 593. Ce patronage de dévouement leur donna une autorité de fait dans le duché. Enfin le peuple et le sénat de Rome, las d’être opprimés et jamais protégés p ir le pouvoir impérial , secouèrent le joug, et se donnèrent au pape Grégoire II, l’an 730. Cependant Rome n’était pas au terme de ses épreuves : Astolphe, roi des Lombards, l’assiégea en 755, et l’aurait prise, si Pépin le Bref n'avait envoyé une armée au secours du pape. Au ixe siècle, elle eut à redouter les Sarrasins de Sicile : pour la défendre contre leurs incursions, Léon IV fit l’enceinte bastionnée du Trastevere, 848-52, et c’est du nom de ce pape que le nouveau quartier fut appelé Cité Léonine. En 1081, l’empereur Henri IV assiégea Rome; Robert Guiscard, chef novmand, vint au secours de la ville ; mais ses troupes y allumèrent un incendie qui causa la plus horrible dévastation qu’elle eût jamais soufferte. La malheureuse cité fut encore prise par l’empereur Frédéric Ier, 1167; par le duc de Bourbon, 1527 ; par les troupes de la lre République française, 1798. En 1848, le parti démocratique y proclama la République romaine ; la France envoya une armée au secours du pape, prit Rome, et rétablit le Saint-Père dans son autorité temporelle. — Dès le vne siècle, et même auparavant, le patronage, puis l’autorité des papes furent aussi trèsutiles aux monuments de la ville antique ; ils en sauvèrent beaucoup en les consacrant au culte catholique, tels que : le temple d’Antonin et Faustine , prés du Forum, à S1 Laurent-in-Miranda. dès les premiers siècles; le Panthéon ( F. ce mot ) , à S,e-Marie-aux- Martyrs , 610; le temple de la Fortune virile, à Ste- Marie- Egyptienne , 872 ; les Thermes de Dioclétien, à Ste-Marie-des- Anges, 1560, etc. Une foule d’autres monuments furent encore sauvés par eux sans recevoir de nouvelle destination , tels que les arcs-de-triomphe de Titus, de Septime-Sévère, de Constantin, le Colisée ( F. Arcs et Colisée); les ruines de divers temples ou basiliques, entre autres celle d’Antonin , dont un portique est devenu la façade de la douane de terre ; les colonnes Trajane et Antonine ( F. Colonnes); ce sont aussi les papes qui ont relevé tous les obélisques, etc.
( F. Obélisques.) C. D — y.
Histoire. — L’histoire romaine est presque exclusivement celle de la ville de Rome, successivement en rapport elle même avec les peuples de l’Italie et avec ceux du bassin méditerranéen , qu’elle finit par soumettre à son empire. Cette histoire embrasse une durée de 1,200 ans, et se divise en 3 périodes : — 1° Rome sous les rois, 753-509 av. J.-C., période de 244 ans ; — II» Rome pendant la République, 509-29 av. J.-C., période de 480 ans; — 111° Rome sous les empereurs, 29 av. J.-C. -476 ap. J.-C., période de 505 ans.
1° Borne sous les rois. — Asile ouvert par Romulus aux bandits du Latium, Rome compta 7 rois \ Romulus, 753-715 av. J.-C.; Numa Pompilius , 715-671; Tullus Hostilius , 671-640; Ancus Martius, 640-617; Tarquin l Ancien, 617- 578; Servius Tullius, 578-534; Tarquin le Superbe, 534-509) ; le 1er et le 3®, rois latins et guerriers ; le 2e et le 4e, rois sabins et organisateurs; les 3 derniers, dits rois étrusques. Ceux-ci ont le plus contribué à la grandeur et au développement de la primitive puissance romaine, étendue sur une moitié du Latium et sur une grande partie de la Sabine et de l’Etrurie. La réforme de Servius Tullius, la tyrannie de Tarquin le Superbe, l’attentat de Sextus contre Lucrèce, amenèrent la substitution de la république à la royauté, 509. ( F. les noms des 7 rois et les mots : Tribus , Curies, Patriciens, Plébéiens, Sénat, Celeres, Chevaliers, Clients, Patrons, Féciaux, Saliens, Flamines, Augures, Aruspices , Chaise curule, Toge prétexte, Bulle d’or. Cens, Centuries, Classes, etc.)
11° République romaine. — L’histoire de la République romaine se divise en 3 parties : 1° de 509 à 264, Rome, à /’ intérieur, forme sa constitution par les luttes du Forum, et, à T extérieur, plusieurs fois menacée de ruine par les peuples de l’Italie, parvient à les soumettre; 2° de 264 à 133, par l’union des 2 ordres et sous la direction du sénat , dont l’habile politique jette alors l’éclat le plus vif, olle détruit
la puissance carthaginoise, et soumet presque tous les peuples du bassin méditerranéen; 3° de 133 à 29 av. J.-C., la tentative démocratique des Gracques ouvre la carrière aux 3 guerres civiles, à peine interrompues par les dernières guerres d’Afrique , d’Espagne , de Gaule et d'Orient. La République disparaît à la suite de la 3® guerre civile.
1° A l’intérieur, l’expulsion des rois a profité d’abord au seul parti aristocratique ; la dureté des patriciens et des riches, le poids des dettes imposé aux plébéiens, les propositions de Lois agraires (F. Agraires, Cassius, Licinius Stolon), les demandes de partage du consulat, provoquent, puis éternisent les querelles des deux ordres, et donnent lieu à des modifications de la constitution , marquées par la création successive de nouvelles magistratures ; la Dictature, 498 ; le Tribunat du peuple, 49.3; le Décemvirat, 451-449; la Censure et le Tribunat con sulaire ou militaire, 444; la Préture et l’Edilité curule, créées , 365 , après le partage du consulat entre les deux ordres ( F. Dictateur , Tribuns, Décemvirs, Douze tables, Censeur, Préteur, Ediles). La prépondérance des Appius Claudius ; la retraite du peuple sur le mont Sacré , 493 ; le procès de Coriolan, 492 ; la loi Publilia, due à l’énergique Voléro ( V. ce mot), 471 ; le pro cès de Cæson, 459; la proposition Térentilla, 461-451; la mort de Virginie , l’abolition du décemvirat et le rétablissement des anciennes magistratures, 449; le tribunat de Canuléius , qui obtint pour les plébéiens le droit de mariage avec les familles patriciennes, 444 ; la sédition causée par Sp. Mælius, 437, et la 2® dictature de Cincinnatus (F. ces noms et Servilius Ahala); la réduction à 18 mois, 431, des fonctions d’abord quinquennales des censeurs; l’accession, 420, des plébéiens à la questure (F. ce mot ) ; les fréquentes rogations tribunitiennes pour le partage du consulat entre les deux ordres; la mort, 383, de Manlius Capitolinus (F. ce nom); les trois propositions de C. Licinius Stolon et de L. Sextius ( F. Licinius), débattues avec violence pendant dix ans, 376-366; la cérémonie du Clou sacré enfoncé par le dictateur Manlius dans le temple de Jupiter, 365; l’élévation d’un plébéien à la dictature, 355, puis à la censure, 350 ; le caractère obligatoire pour tous donné aux Plébiscites , en 339, par Publilius Philo (F. ce nom)-, la révolution politique (F. Tribus) d’Appius Claudius, 312; la divulgation des formules du droit civil et sacré par Flavius, 306; la réaction des censeurs Fabius Rullianus et DéciusMus, 304, contre l’œuvre de 312, et l’établissement de la revue annuelle des chevaliers par les censeurs ( 15 juillet 304) ; le partage entre les deux ordres des charges sacerdotales, 301; les lois démocratiques du dictateur plébéien Hortensius ( abolition des dettes et de l’esclavage pour dettes; distribution de 7 jugera de terre à chaque citoyen), 286; le supplice, 271, des légionnaires de Capoue qui s’étaient emparés de llhégiuin; tels sont les principaux faits de l’histoire intérieure de Rome pendant cette période. Les mœurs étaient alors simples et frugales; l’égalité entre les deux ordres était établie, et la vraie liberté, celle qui naît de l’équilibre des pouvoirs, était sortie des luttes agitées du Forum. — A l’extérieur, des guerres continuelles contre les peuples voisins et contre ceux de l’Italie “ formèrent la robuste jeunesse du peuple romain. ■> Ce furent, dans l’ordre chronologique : les Guerres royales, 509-496, fomentées par les Tarquins bannis, et marquées par la mort de Brutus et d’Aruns, par l’intervention de Porsemia | F. ce nom , Horatius, Scævola, ClÉlie) , enfin par la défaite des Latins au lac Rhégille; les guerres des Volsques, 495-406 (F. Coriolan, Quinctius Capitolinus, Anxur), des Véiens (F. Fabius, Crémère. Véies, Camille), des Eques , 468-457 (F. Cincinnatus) et des Sabins, 457 (F. Herdonius) , pendant lesquelles, sauf la conquête d’Antimn, Rome resta généralement sur la défensive; — les guerres offensives en Etrnrie, où Corn. Cossus remporta, 436, les 2e® dépouilles opimes sur Lars Tolumnius, roi des Véiens, et où Camille, faisant instituer la solde militaire, 405, s’illustra par les sièges de Véies, 405-395, et de Faléries, 394 ; — les cinq Guerres gauloises, 390-349, commencées par le désastre de l’Allia, 390, et la prise de Rome, compliquées par la révolte des peuples déjà soumis à Rome (Herniques, Etrusques, Latins |, et illustrées parles succès de Camille, de Manlius Torquatus, de Valérius Corvus ( F. ces noms); — les guerres des Samniles, 343-290 { F. Samnium) ; — enfin les guerres de Tarente et de Pyrrhus, 282-275 (F. ces noms, Fabricius, IIéraclée, As- CULUM, BénÉvent.Curius Dentatus), suivies de la soumission de la Grande-Grèce, de la reprise de Rhégium, 271, de l'établissement de colonies romaines dans le Picé-
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mm et le Samnium, 268, et de l’occupation de la Messapie, 267-264. — En 264, toute l’Italie centrale et méridionale, couverte de municipes et de colonies (F. ces mots ), était soumise aux Romains; leur organisation militaire était à peu prés complète, et leurs dernières guerres leur avaient appris la tactique des Grecs.
2“ De 264 à 133, peu de faits se rapportent à l’histoire intérieure; ce sont : les premiers combats de gladiateurs donnés à Rome, 264; la création, 243, du préteur étranger ; la formation, 241, de deux nouvelles tribus, qui portèrent le nombre des tribus de Y Ager Romanus à 35 (4 de la ville, 31 de la campagne) ; la représentation, 240, des pièces de Eivius Andronicus ; la seconde fermeture du temple de Janus, 235; la création, 227, de deux nouveaux préteurs pour la Sicile, la Corse et la Sardaigne; la loi Oppia, réprimant le luxe des femmes, 215; la loi de Porcius Léca, 188, défendant de battre de verges un citoyen ; l’abrogation de la loi Oppia, 195, sous le consulat de M. Porcius Caton et de Val. Flaccus ; la séparation du sénat et du peuple dans les représentations scéniques des Jeux Megalésiens, 194; le tracé, 187, des deux voies Flaminienne etEmilienne conduisant dans la Cisalpine ; l’exil et l’amende, 187, des Scipions en butte aux attaques des Pétilius et de Caton; l’interdiction, 186, des Bacchanales à la suite d’immoralités sanglantes; les premiers combats d’athlètes, 186 ; la sévère censure de Caton et de Valérius, et la construction de la Basilique Porcia, 184; la loi contre la brigue, et la loi Orchia sur les festins, 181 ; la loi Villia ou Annalis , sur l’âge nécessaire pour arriver aux charges, 179 ; la loi Voconia , 169, contre l’accumulation des legs ou héritages dans les mains des femmes; la loi Fannia , contre le luxe de la table, 161 ; la création, 149, de la première question perpétuelle pour le jugement des crimes de concussion, et celle, 143, des trois questions perpétuelles pour les crimes de majesté, de brigue, de péculat; la loi (Jabinia , établissant l’élection au scrutin, 139. — A l’extérieur, l’importance de cette période est beaucoup plus grande; elle est surtout dans l’habile politique du Sénat romain (F. ce mot), et dans l’enchaînement des guerres par lesuelles Rome, sortant de l’Italie, étend rapidement sa omination sur les côtes de la Méditerranée. Ce sont, dans l’ordre chronologique : — La lre guerre Punique (K. Puniques), 264-241, terminée par la conquête de la Sicile; la lre guerre contre les Gaulois Boiens et les Ligures, 238-222, marquée par de perpétuelles escarmouches, par la lutte contre les Gésates dans la vallée du Pô, 225, par les victoires de Flaminius sur les Insubriens au N. du Pô, 223, et surtout par les troisièmes dépouilles opimes, dues, 222, à Marcellus ( V. ce nom); la soumission de la Corse et de la Sardaigne, 236-234; la lre guerre d’Illyrie, 229-219 ; la conquête de l’Istrie, 221; la 2® guerre Punique, 218-201 ( V. Puniques), terminée par l’affaiblissement de Carthage, l’établissement définitif des Romains en Sicile , leur entrée en Espagne , et la prépondérance en Afrique de leur allié Massinissa; simultanément à la 2e guerre contre les Gaulois Cisalpins, 200-163 , et à la lre guerre de conquête faite en Espagne, 200 178, les guerres contre Philippe V de Macédoine, puni à deux reprises, 214-205 , 200-197, de ses rapports avec Annibal ( V. Philippe V ) ; à la suite du dissolvant système d’équilibre appliqué par Flamininus à la Grèce, la guerre, 191- 190, contre Antiochus III de Syrie, qui avait répondu à l’appel des Etoliens mécontents de Rome , et qui , méconnaissant la prudence d’ Annibal, fut battu en Grèce [V. Thermopyles, Caton), sur mer, enfin à Magnésie par L. Scipion, 190, et subit un traité onéreux, au profit des alliés de Rome, Euméne II de Pergame et Rhodes ; la soumission des Etoliens, 189, par M. Fulvius Nobilior, et celle des Galates, 189, par Cn. Manlius Vulso; la 2<> guerre de Macédoine , destinée à prévenir l’ébranlement du monde oriental par Persée ( V. cemol), 172-168, terminée par l’occupation de l’Illyrie, la bataille de Pydna ( V. Paul-Emile), la destruction de 70 villes d’Epire favorables à Persée, et suivie du partage en districts de la Macédoine et de l’IUyrie, qui perdirent le titre de royaumes; les pénibles campagnes contre les Dalmates, 156- 154; la 2e guerre d’Espagne, 153-140, prolongée par la cruauté de Servins Galba, marquée par les exploits de Viriathe ( V. ce nom), et terminée par la réduction de la Lusitanie, 139-136; la 3® guerre Punique, 149-146; la réduction définitive de la Macédoine, 148, soumise au tribut après la guerre d’Andriscus (K. ce nom, Métellus), et de la Grèce, 146 (F. Métellus, Scarpiiée, Mummius, Leucopétra ), transformée en prevince d'Achale' les premières interventions des Romains en Gaule, d’abord, 154, pour protéger Marseille contre les Oxybiens et les Dé-
céates, puis, 143, pour combattre dans les Alpes occidentales la remuante nation des Salasses ; enfin la 3e guerre d'Espagne, 139-133, marquée par l’héroïque résistance de Numance, et par la ruine, 133, de cette ville ( F. Scipion Emilien). — A ce moment, Rome a triomphé de tous ses ennemis; l’Egypte, sauvée d’Antiochus Epiphane par Popilius Lænas, 168, est dans sa dépendance; la Syrie renouvelle sans cesse ses traités d'alliance avec elle , et s'épuise par ses propres dissensions; les princes de Pergame ne vivent que par sa volonté, et le dernier, Attale III, lui lègue en mourant tous ses biens. Mais Rome a perdu sa classe moyenne sur les champs de bataille; l’égalité et l’équilibre sont de nouveau rompus au profit exclusif des patriciens , seuls détenteurs des terres. De là les lois agraires et les guerres civiles de la 3e période.
3® De 133 à 29 av. J.-C., les discordes civiles attirent surtout l’attention ; les faits extérieurs même s’y rapportent pour la plupart; il en faut excepter seulement : la guerre d’Aristonic de Pergame, 131-129, suivie de la formation de la Province d'Asie, 129, et du remaniement des territoires asiatiques; la lutte heureuse contre les Dalmates, 129; celle contre les Baléares, 123; la nouvelle intervention en Gaule, marquée par les défaites des Ligures transalpins, 125, des Salyes, des Allobroges et des Arvernes, 122-121, par la fondation d’Aquæ - Sextiæ (Aix), 122, et celle deNarbo-Martius, 118 ; enfin les luttes, pleines de retours, soutenues contre les Scordisques, 114, et les grandes guerres des Cimbres et des Teutons, 112-101 ( F. Marius). En dehors de ces guerres, en effet, ou bien il s’agit de guerres serviles, 134-132, 102-99, 73-71, qui témoignent assez du danger que fait courir à Rome la substitution des esclaves aux hommes libres ( F. Esclaves, Eunus , Salvius, Trypiion , Spartacus, Crassus), ou bien les généraux jouent dans les guerres de conquêtes un rôle essentiellement personnel, et subordonnent aux leurs les intérêts de la république. L’histoire de Rome devient alors celle des grands ambitieux. Les événements importants sont les suivants : le tribunat de Tibérius Gracchus, 133-132, et celui de Caius Gracchus, 123-121, marqués par le renouvellement de la loi agraire de Licinius, et par de vains efforts pour créer de nouvelles classes politiques, chevaliers , Italiens ou affranchis; l’opposition violente des patriciens, dépossédés pour un temps de l’administration de la justice au profit des chevaliers ( F. Gracchus , Octavius, Drusus, Scipion Nasica, Ofim lus, etc.) ; la guerre de Jugurlha, 118-106, pendant laquelle Marius relève le parti populaire, supplante Métellus, et, avec le concours, bientôt odieux, de Sy lia, réduit la Numidie; la guerre des Cimbres et des Teutons, qui fournit à Marius l’occasion de cinq consulats successifs et de deux victoires ( Verceil, Aix, 102-101), dont la seconde laisse de nouveaux ferments de discorde entre lui et Sylla ; l’agitation causée dans Rome par la loi agraire de L. Apuléius Saturninus, d’abord secrètement soutenu, puis renversé avec Glaucia par Marius, 10^- l’intervention de Rome dans les affaires de la Cappaouce, qui en reçoit un roi, 93; le tribunat de M. Livius Drusus, 91, et la guerre sociale , 90-88, dans laquelle Sylla s’illustre par des victoires dont s’irrite Marius (F. Guerre sociale) ; la concession du droit de cité aux Italiens vaincus, 88; la Rivalité de Marius et de Sylla, qui éclate à propos de la guerre contre Mithridate, 88, lre guerre civile, marquée par les premières violences de Marius dans Rome, par le retour précipité de Sylla, par la chute sanglante du tribun Sulpicius, par la fuite de Marius à Mir.turnes, puis à Carthage, par les luttes de Cinna et d’Octavius au sujet des Italiens, 87, par le retour à Rome de Marius et de Cinna, par leurs proscriptions, 87-86; la Ire guerre, 90-84, contre Mithridate ( F. ce nom, Archélaus, Sylla, etc.); la dictature de Sylla, 83 79, remplie par le rétablissement de la primitive constitution aristocratique et par des proscriptions régulières; les commencements de Pompée, de Cicéron, et de César, 83-80; la tentative démocratique de Lépidus, 78, et son expulsion de l’Italie par son collègue Catullus et par Pompée , chef d’une armée à son compte ; la guerre de Sertorius, 82-71, terminée par Pompée; la guerre de Spartacus, 73-71, terminée par Pompée; la guerre des Pirates, 77-67, terminée par Pompée, en vertu de la loi Cabinia, et suivie de la réduction de la Cilicie en province romaine; la seconde guerre de Mithridate, 74-67, heureusement conduite par Lueullus ( F. ce nom ), et compromise par Glabrion ; la 3® guerre de Mithridate, 66-64, terminée, en vertu de la loi Manilia, par Pompée, qui réduit en une seule province romaine la Syrie et la Phénicie, 64 ; le rétablissement de la puissance tribunitienne par Pompée, et une part des fonctions judiciaires ren-
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due aux chevaliers, 70; le procès de Verrès, 70; la lrc conspiration de Catilina et d’Autronius , secrètement encouragée par César, le favori du parti populaire, 65; le consulat de. Cicéron, 64-63, et la conspiration de Catilina, 63-62 ; le retour de Pompée et son triomphe , 61 ; le premier triumvirat, 60; le consulat de César, 59 ; la conquête des Gaules, 58-50 (V. Gaules, César, Vercingétorix, etc. I ; pendant ces 9 années, les troubles de Rome, l’exil de Cicéron, 58, son retour, 57, l’anarchie causée par les luttes de Clodius et de Milon, 58-52, et la mort du premier; la mort de Crassus chez les Parthes, 53; la toute-puissance de Pompée, seul consul en 52 ; la Rivalité de César et de Pompée, 52-48; la 2e guerre civile éclatant sur quatre théâtres à la fois (Espagne, Italie, lies, Grèce) ; la défaite de Pompée à Pharsale, 48 ; la soumission du monde méditerranéen par César, vainqueur des Egyptiens à Alexandrie, 48-47, de Pharnace en Asie-Mineure, 47, des Pompéiens à Thapsus, 46, et à Munda, 45, dictateur à vie et consul pour 10 ans, 44, assassiné au moment où il conçoit les plus vastes projets; la troisième guerre civile, 44-41, commencée dans Rome, et malgré les efforts du sénat, entre les meurtriers de César et Antoine, continuée dans Rome et hors de Rome entre Antoine et le sénat, qui protège Octave (guerre de Modène, 43) , suspendue un moment par le second triumvirat, 43, reprise contre les meurtriers de César, 42 (P. Brutus, Cassius, Piiilippes), et compliquée, après leur défaite, par l’intervention nouvelle de Sextus Pompée, dominateur des mers; la Rivalité d'Antoine et d’Oclave, 42-31, aboutissant, à travers la guerre de Pérouse, 41-40, la paix momentanée avec Sext. Pompée , 39 , défait , 36 , par Agrippa ( V. Naulo- Que), les guerres de Parthiène et d’Arménie , 39-33, le renouvellement du triumvirat, 37, les premières guerres d’Agrippa contre les Germains, 35, et les grands travaux du second consulat d'Octave, 33, à la rupture définitive des deux triumvirs , 32 , et à la bataille d'Aclium ( septembre 31), qui met fin à la république. Le nom subsiste encore, mais la forme politique disparaît après la mort d’Antoine et de Cléopâtre, 30, la soumission des îles de la mer Egée, 31 , la réduction de l’Egypte en province romaine, 30, et le triple triomphe célébré à Rome, 29, par Octave, qui ferme le temple de Janus et devient Auguste et Imperator. L’Empire commence.
111» Rome sous l’Empire. — Le nom commun A’ Empire , que l’histoire a donné aux diverses formes de gouvernement qui remplacèrent à Rome la République , leur convient parfaitement : « L’Empire fut en réalité un despotisme militaire. » L’histoire de l’Empire romain peut se diviser en trois grandes périodes : dans la première, qui porte quelquefois le nom de Principat , 29 av. J.-C.- 284 ap. J.-C., la constitution impériale se forme lentement, au milieu des essais de gouvernement les plus multipliés et souvent les plus opposés; un principe prévaut cependant, celui de la prépondérance des soldats, permanente à travers toutes les transformations politiques et malgré toutes les tentatives faites par les Princes pour asseoir l’hérédité absolue ou mitigée: de là les noms, très justes, de Imperium, Imperator, empruntés à la précédente constitution militaire de Rome. — Dans la seconde période, 284-395 ap. J.-C., l’Empire, définitivement constitué, reçoit de Dioclétien et de ses successeurs sa hiérarchie administrative et ses grandes divisions, dont les noms seuls varieront. Alors est fondé le système politique qui rappelle à l’esprit le nom d’Empire romain, celui de la toute-puissance du prince, de la division des pouvoirs administratifs, de la subordination respective des fonctionnaires, de la classification des personnes, enfin de l’uniformité de la législation pour toute l’étendue de la domination romaine. — Dans la troisième période, 395-476 et 1453 , l’Empire partagé forme deux monarchies : 1° Y Empire d'Occidenl, 395- .'76, qui succombe promptement sous les coups des barbares germains ; 2° l'Empire d'Orient , qui prolonge obscurément , pendant près de 11 siècles, 395-1453, une existence de plus eu plus misérable, et qui , réduit à quelques lambeaux de provinces, perd son existence et son nom le jour de la prise de Constantinople par les Turcs Ottomans ( V. Occident , Orient ).
1® Le Principat, 29 av. J.-C.-284 ap. J.-C. — Pendant cette période de plus de 300 ans, on distingue 7 groupes d’empereurs: — l®les Princesde la famille d'Auguste, terminés par Néron, 29 av. J.-C. -68 ap. J.-C.; — 2“ les trois premiers usurpateurs militaires, 68-69; — 3® la lre famille lia vienne, 69-96; — 4® les Anlonins ou les Princes adoptifs, de Nerva à Commode, 96-192; c’est Y âge d'or de l'Empire; — 5“ après deux princes (Pertinax et Didius) dont les règnes attestent
le pouvoir des prétoriens, les Princes syriens, de Septime- Sévère à Alexandre Sévère, 193-235; — 6® la seconde série des princes pî>rtés au trône par les armées, ou YAnarcliie militaire, 235-268, de Maximin a Gallien, sous qui l’Empire est en proie aux Trente tyrans; — 7® les Princes Illyriens, 268-284, qui, de Claude II le Gothique à Numérien , restaurent l’Empire et sauvent l’unité romaine. — Le Principat s’établit sous Auguste et Tibère. Avec Auguste, 29 av. J.-C. -14 ap. J.-C., la République disparait de fait, par la concentration de tous les pouvoirs dans les mair.s d'un seul homme ( V. Auguste) : les Comices sont conservés, mais l’élection des candidats, désignés par l’Empereur, n’est plus qu’une vaine formalité. Consul à vie lui-même, il nomme à son gré, pour un an ou pour deux, des consuls substitués ( Consules suffecli) ; le sénat subsiste, mais épuré, annulé; le Consislorium Principis (Conseil secret du prince) en usurpe les fonctions importantes, pendant que l’Empereur se substitue aux magistratures, aux lois; à l'intérieur, le temple de Janus est trois fois fermé, et Auguste, avec le concours de Mécène, d’une part inaugure l’Empire par l’âge d’or de la littérature latine, de l’autre ouvre au commerce romain l’Ethiopie et l’Inde ; à i extérieur, rarement pour reculer les fi ontières, toujours pour les assurer et les fixer, il soutient avec plus ou moins de bonheur, par lui-même , par Agrippa, par ses beaux-fils Tibère et Drusus, des guerres offensives ou défensives : en Espagne, 25-19 av. J.-C. ( V. Cantabres ) ; en Ethiopie, 22 av. J.-C. ( V. Candace); en Afrique, 19 av. J.-C. ( V. GaramaNtes ) ; en Rhétie, 15 av. J.-C.; en Pannonie, 12av. J.-C.; sur le Rhin inférieur, d’où Drusus ( V . ce nom) fit4 campagnes sur l’Ems, le Wéser, l'Elbe, 12-9 av. J.-C., et que Tibère assura contre les Germains, Bav. J.-C.- 5 ap. J.-C.; sur le Danube, eu Pannonie et en Dalmatie, 6-10 ap. J.-C.; en Germanie enfin, où Tibère contint les Chérusques, sans venger le désastre de Varus, 9. Les Provinces, au nombre de 20 lors du partage administratif de l’an 26 av. J.-C. (10, puis 11 prov. sénatoriales; 10, puis 9 prov. impériales), avaient été, pendant le règne d’Auguste, portées à 29, dont 11 sénatoriales et 18 impériales ( V. Provinces). Aux revenus du temps de la République (capitation, impôt foncier des provinces, produit du domaine public, héritage par l’Etat des citoyens morts sans héritiers, amendes et confiscations, douanes, vingtième des affranchissements ) , Auguste avait ajouté : l® l’impôt du centième sur les marchandises vendues aux enchères ; 2® celui du vingtième sur les héritages ; 3® celui du cinquantième sur le prix des esclaves. L’argent arrivait dans deux caisses distinctes, celle de l'Empereur, fiscus, celle de l’Etat, Ærarium , dont il disposait par le sénat, et que la première absorba plus tard. L’armée, pierre angulaire de l'édifice, était devenue permanente, divisée en neuf cohortes prétoriennes, -trois cohortes urbaines, en tout 16,000 hommes affectés à la garde de l’Empereur et à celle de la ville; 25 légions de 12,500 hommes campées aux frontières dans des camps permanents, et 5 flottes stationnant à Misène, Fréjus, Ravenne, dans l'Océan, et dans le Pont-Euxin. Enfin, la splendeur des constructions publiques, opposée à la simplicité de la demeure du maître, attestait une fois de plus le changement produit dans les mœurs et dans les institutions. — Cependant le gouvernement monarchique semble compromis, dès son origine, par la mort des principaux princes de la famille d’Auguste (K. Marcellus, Agrippa, Drusus), et par les doutes qui naissent sur la question de la succession au trône : Livie et Tibère ( V. ces noms ) la décident au profit de l’adoption. Sous libère, 14-37, la monarchie triomphe des révoltes des légions ( V . Germanicus ), et s'établit pleinement : l’inviolabilité impériale est consacrée par la vague loi de majesté ; le peuple perd ses comices ; l’asservissement et l'avilissement du sénat sont consommés ( V . SÉJan ) ; les frontières, ou reculées (P. Cappadoce) ou assurées ( V. Germanicus). Les forfaits, les débauches, l’hypocrite tyrannie de Tibère; les fureurs et le meurtre de Caligula , 37-41 ; l’avénement honteux de Claude , 41-54 ; le premier droit d’avénement payé par lui aux prétoriens ; le gouvernement d’obscurs affranchis ( V. Polybe, Calixte, Narcisse, Pallas) et d’impures impératrices ( V Messai.ine, Agrippine I; la substitution de Néron, 54-68, à Britannicus; les crimes, la démence et la mort même de cet empereur, le dernier de la maison d’Auguste, sont autant de faits qui témoignent de la puissance croissante des prétoriens et de l’armée, de l'abaissement des caractères, de la corruption et de l'abjection universelles. A peine quelques patriciens luttaient- ils contre la tyrannie : aux conspirations ou au mépris des premiers ( V. Scribonius, Pcetus, Thraséas, Pison et
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Lucain , 65), la seconde opposait les délateurs et les bourreaux. Seules , les Provinces , partout défendues ( V. Corbulon , Vologèse, Vespasien), parfois dotées de privilèges importants ( V . Claude, Gaule, Sénat romain), jouissaient de la Paix romaine et de l’ordre nouveau sorti pour elles de la servitude des maîtres du monde. En même temps, le Christianisme naissait; Jésus-Christ, venu au monde sous Auguste, était crucifié sous Tibère ; les apôtres ( V. ce mot et leurs noms) jetaient les fondements de l’Eglise sous les derniers princes de la famille d’Auguste, et les Persécutions , commencées sous Néron par le martyre de S1 Pierre et de S1 Paul , inauguraient la propagation de la foi par le sang des martyrs. Le monde romain présente désormais ce double caractère : le Christianisme grandit à travers les persécutions ; la société païenne dégénère de plus en plus, au milieu des vicissitudes de l’Empire. — Le pillage exceptionnel des provinces, à la fin du règne de Néron, avait déterminé le soulèvement général des armées et de Rome. De ce mouvement sortirent 4 empereurs en deux ans. Sous les trois usurpateurs militaires, Galba, 68-69, Othon , 89 , Yitellius, 69, Rome avait été l’enjeu des légions et des prétoriens (V. Galba, Vindex, Othon, Vitellius, Vespasien). Enfin l’armée de Judée porte au trône la première famille qui ait fait prévaloir un instant l’hérédité absolue, 69-96. Les trois Flaviens relèvent l’autorité monarchique compromise par les guerres civiles, rendent la paix à Rome, y réparent ou y construisent d’importants monuments (le Capitole deux fois incendié, le temple de la Paix, le temple de Jupiter Tonnant, le Colisée, les Thermes de Titus, le Portique Claudien, le temple du Génie de Rome). Sous Vespasien, 69-79, la loi royale, Lex Regia, arme l’empereur de tous les pouvoirs ; le sénat et l’ordre équestre sont épurés, mais les jugements.de majesté sont supprimés; la discipline est rétablie dans les armées, l’administration de la justice améliorée, le luxe contenu, l’ordre rétabli dans les finances par de nouveaux impôts et par une sévère économie; enfin de nouvelles provinces sont organisées et la paix est rétablie dans toutes, après que Jérusalem a été détruite, Sabinus accablé en Gaule, et le Batave Civilis, gagné par un traité honorable, 70. Sous Titus, 79-81, les intérêts de l’Empire passent avant ceux du prince ( V. Bérénice ) , et de nombreuses calamités (incendies du Capitole et du Panthéon, débordement du Tibre, peste de Rome, lre éruption du Vésuve) fournissent aux délices du genre humain les occasions de justifier ce surnom. Avec Domitien, 81-96, la tyrannie reparaît plus soupçonneuse et plus odieuse ; l’avilissement devient général, mais l’Empire s’accroît de la Bretagne ( V. Agricola ) . — Après lui , commence, avec les Antonins, l’dge d'or de l’Empire. A l’hérédité absolue qui n’a pu s’établir, et qu’a ruinée la mort violente de Domitieu, succède une sorte d’hérédité mitigée, V adoption, soumise à l’approbation des soldats ; de là le nom de Princes adoptifs que portent aussi les Antonins. Sous les deux premiers (Nerva, 9o-98; Trajan, 98-117), le Principat militaire arrive à son apogée, pour faire place à la monarchie administrative du troisième (Adrien) et de ses successeurs. L’espagnol Nerva, le 1er des princes d’origine étrangère, rend la sécurité aux personnes, par la suppression des jugements de majesté rétablis sous Domitien, et par les lois contre les délateurs. L’espagnol Trajan, trop loué par Pline et par Montesquieu, gouverne toutefois Rome et l’Empire avec un éclat que tempère seul le souvenir de la 3e persécution contre les chrétiens. A l’intérieur, son règne est signalé par de grandes mesures : rétablissement de l’autorité sénatoriale et des comices, diminution des impôts, amélioration de l’administration, création de ports (Ancône et Centumcellæ) et d’une voie romaine joignant le Pont-Euxin et la Gaule, protection éclatante accordée aux lettres, monuments élevés dans Rome ; à l’extérieur, par deux guerres heureuses, il recule les frontières de l’Empire, au N. du Danube où il soumet, 101-106, la Dacie ( V. ce mot, DécÉbale), et à l’E. de l’Euphrate où il réduit, 106-112, l’Arménie, la Mésopotamie, 112-115, et l’Assyrie, 115, conquêtes éphémères dont il voit le premier ébranlement , mourant lui-même à la peine aux sièges de tl’Atra et de Sélinonte. Sous lui, l’Empire comprit jusqu’à 52 provinces, dont 48 subsistaient à sa mort, divisées en 11 provinces sénatoriales et 37 impériales ( V. Provinces). Le troisième prince adoptif, l’espagnol Adrien, 117-138, à l’extérieur, abandonne les conquêtes orientales de Trajan, bâtit en Ecosse le retranchement qui porte son nom (Valium Hadriani ), et disperse les Juifs, 133-136; à l’intérieur, il inaugure la Monarchie administrative, en substituant définitivement le consistorium au sénat , les édits et
rescrits impériaux aux sénatus-consultes : il subordonne, à Rome et dans les provinces qu’il parcourt pendant quinze ans, le pouvoir militaire au pouvoir civil, substitue enfin au droit prétorien, sans stabilité, le fameux édit perpétuel (V. Edit, Salvius Julianus). 11 relève Jérusalem sous son propre nom ( Ælia Cnpilolina), rétablit en Egypte le canal du Nil à la mer Ronge, bâtit en Gaule les Arènes et la Maison Carrée de Nimes. en Espagne le temple de Tarragone, relève enfin à Rome le Panthéon, et y construit le fameux mausolée qu’il se préparait (Môle d’Adrien, auj. château St-Angeb Rien d’important sous Antonin, 138-161, à qui l’Empire dut une rare tranquillité. Mais Marc-Aurèle, 161-180, continue à la fois : 1° l’oeuvre militaire de Trajan, en refoulant ou battant à trois reprises, 169-180, au-delà du Danube les premiers envahisseurs Sarmates ou Germains (Roxolans, Iazyges, Quades, Marcomans, Vandales, Goths, Bastarnes), et en faisant contenir les Parthes ( V. Verus et Avidius Cassius); 2° l’œuvre politique et administrative d’Adrien, en étendant aux provinces par l’édit provincial le bénéfice des dispositions de l’édit perpétuel. Grand philosophe stoïcien, il souille sa gloire par la 4e persécution contre les chrétiens, et par sa faiblesse à l’égard de Faustine et de Commode. Commode, 180-192, ferme la suite et le siècle des Antonins par d’effroyables cruautés, une paix honteuse et des vices ignobles. L’histoire n’en a pas moins consacré par ses éloges ce siècle tout entier, pendant lequel la loi, plus équitable, est devenue commune à tout l’Empire, les relations se sont multipliées par les voies romaines , les arts, les sciences et les lettres ont jeté, non-seulement à Rome, mais dans les provinces, un dernier éclat, et le commerce a fait affluer dans Rome les richesses du monde alors connu. A ce moment, Rome « a réuni les Etats dispersés, et donné au monde une vie nouvelle. » — Entre les Antonins et les princes syriens, se place une époque d’anarchie dont les hontes sont restées fameuses : les meurtriers de Commode ont donné la pourpre au préfet de Rome, le vertueux Helvius Pertinax, 193; les prétoriens l’égorgent au bout de 88 jours, en haine de ses réformes financières ; ils osent mettre l’Empire à l’encan, et l’adjugent à Didius Julianus, 193, sur la promesse d’un don de 6,250 drachmes (5,430 fr. ) à chaque prétorien. Les armées d’Asie , de Bretagne , d’il— lyrie, proclament simultanément leurs chefs, Pescennius Niger, Albinus, Septime-Sévère. Ce dernier entre dans Rome, où le sénat, informé de sa marche , a fait périr Didius: il brise les prétoriens pour les reconstituer bientôt, compose d’abord avec Albinus, va battre en trois rencontres , 194 , Pescennius Niger, enfin défait et tue, 197, Albinus. Seul maître de l’Empire, où il a démantelé Byzance, 196, et brûlé Lyon, 197, il célébré son retour par d’épouvantables proscriptions , va battre , 197-199, les Parthes sans les soumettre, et, avec le concours successif de Plautien et de Papinien ( V. ces noms), réforme l’Empire, et organise complètement le despotisme militaire , compensé du moins par la discipline de l’armée, la bonne administration des provinces, et la sage prévoyance de l’empereur. Appelé en Bretagne par des révoltes, il y élève le retranchement qui porte son nom ( vallumSeveri |, et y meurt, 211, considéré comme le premier des princes syriens , à cause de son mariage avec Julia Domna ( V. ce nom ), dont les fils et les petitsneveux vont se succéder presque sans interruption. Sous ces princes, 193-235, Rome est envahie par les superstitions orientales et le culte des dieux d’Asie , nouveau principe de dissolution pour une société déjà en voie de rapide décomposition. Sous Caracalla, 211-217, et Géta, 211-212, à côté de violences odieuses et de monstruosités sanglantes, se place la grave modification apportée à la condition des sujets de l’Empire par la fameuse Constitution Antonine ( de Civilate ), mesure fiscale, ou résultat de l’influence heureuse des grands jurisconsultes qui vivaient alors ( V. Papinien , Ulpien , Paul , Gaïus, Modestin ), et dont les nobles principes ont prévalu dans les sociétés modernes; elle éleva au droit de cité tous les habitants libres de l’Empire, et réalisa en partie l’unité de droits, qui semble avoir été le but assigné par la Providence à l’administration impériale. Le meurtrier de Cara calla, Macrin, 217-218, avec son fils Diadumèue, ne suspend qu’un instant la succession des princes syriens, et, odieux aux soldats dont il a voulu réprimer l’indiscipline, meurt en combattant le jeune cousin de Caracalla , Bassien (fils de Julia Soœmis) , porté au trône par l’habileté de sa grand’mère, Julia Mcesa, sœur de Julia Domna. Bassien , appelé Antonin , puis Elagabal ou Héliogabale (du nom du dieu qu’il servait) , fait régner dans
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Rome, pendant quatre ans, 218-222, les plus infâmes débauches, le luxe le plus effréné, et toutes les superstitions orientales. Assassiné par les prétoriens, il a pour successeur son cousin Alexandre Sévère, 222-235, véritable réformateur qui subit l’influence d'une mère peut-être chrétienne, Julia Mammée, autre fille de Julia Mcesa. Alexandre Sévère s’entoure des grands jurisconsultes, améliore avec eux l’administration générale, rétablit autant qu’il dépend de lui les Corporations d'arts et métiers , précédemment détruites par Trajan et Adrien, qui avaient craint d'y voir des sièges de conspirations, échoue dans l’œuvre du rétablissement de la discipline militaire qu’avaient de nouveau compromise Caracalla, Macrin, et Héliogabale, suspend les persécutions contre les chrétiens, et, admirateur de tous les bienfaiteurs de l’humanité, tente une réforme religieuse en associant dans un respect commun Abraham, Orphée, Jésus-Christ, Apollonius de Thyanes; à l’extérieur, en face du nouvel et redoutable empire persan ( V. Sassanides, Ardschir) , qui prétend reconquérir les vieilles possessions de Cyrus , il réussit, après quelques désastres, à couvrir les frontières orientales, 230-234, mais, en Occident, est peut-être obligé d'acheter la paix des Germains. De là la sédition de Mayence et le meurtre du dernier prince syrien. — Alors éclate l’effroyable anarchie militaire de 33 ans, pendant laquelle l’Empire est en proie aux nouveaux usurpateurs militaires, 235-268. Chaque armée voulait son César; au temps de Gallien, on en vit 19 à la fois; plusieurs étaient des Barbares, au moment même où les grandes tribus germaniques battaient les frontières de l’Empire. Le gigantesque Maximin, 235-238, ne parut jamais à Rome; sa cruauté amena l’avénement des deux Gordiens en Afrique, 237, et, après leur mort, la proclamation à Rome des deux élus du sénat, Maxime Pupien et Claude Balbin , 237-238, à qui le peuple adjoignit Gordien III , 238-244 : ce dernier reste seul , après le meurtre de Maximin , tué par ses soldats , et l’assassinat de Pupien et de Baibin par les prétoriens. Heureux contre les Perses, 242, sur le Rhin (ou A urélien vainquit les Francs à Mayence, 241 ), et à l’intérieur tant que vécut Misithée ( V. ce nom), Gordien III est assassiné par Philippe l’Arabe, 244-249, dont le règne est surtout marqué par la célébration des Jeux séculaires , 247 , pour le millième anniversaire de la fondation de Rome. Décius , 249 251, d’abord son lieutenant en Mresie, puis son vainqueur à Vérone, n’est connu que par sa persécution contre les cnrétiens, sa guerre contre les Goths de Mœsie, et le rétablissement de la censure. Tué par les Goths, il a pour successeur son fils Hostilien, 251-253, associé à Gallus. Gallus traite avec les Goths, devient odieux aux soldats, est tué par eux avec Volusien, son fils, au moment de combattre Emilien , qui, proclamé en Mœsie, 253, subit bientôt le même sort. Valérien est enfin porté à l’Empire, 253-260 : bien qu’il s’associe son fils Gallien, il ne peut tenir tête à tous les Barbares (Francs, Alémans, Goths, Perses); pendant que les Francs et les Alémans inondent l’Empire jusqu’en Afrique et en Italie, pendant que Gallien, traitant avec les derniers, organise sur le Danube les premiers Barbares fédérés, Valérien succombe luimême à Orfa , 260 , laissant la Cilicie , la C'appadoce , la Syrie, ouvertes aux conquêtes et aux dévastations de Sapor : Odénath seul peut forcer le roi des Perses à repasser l’Euphrate. Sous Gallien, 260-268 , les provinces sont de nouveau envahies par les Barbares ou occupées par des usurpateurs au nombre de 19, dont on a fait les Trente Tyrans en souvenir de ceux d’Athènes : plusieurs sont bientôt victimes de l'anarchie militaire à laquelle ils ont dû la pourpre ; seuls, Odénath et Zénobie fondent le royaume de Palmyre et se font associer à l’Empire par Gallien, tué bientôt, 268, en assiégeant Auréolus dans Milan. Ici finit l’anarchie militaire par le choix même de l’Illyrien Claude qu’a fait Gallien pour son successeur. — Les Princes illyriens sont les empereurs nés dans les provinces danubiennes, et portés au trône par la désignation de leurs prédécesseurs, ou par le choix des armées : soldats dès l’enfance, formés à la fatigue et à la discipline, ils rétablissent l’unité romaine en battant les Barbares et les Trente Tyrans. Claude II le Gothique, 268-270, écrase les Goths en Macédoine, 269, et à Naïssus, faisant servir les vaincus à la défense de l’Empire. Aurélien, 270-275, désigné par lui, abandonne la Dacie Trajane, et y substitue, pour conserver le nom, la Dacie Riveraine ou Aurélienne, formée en Illyrie. H détruit en Italie les Alémans qui ont menacé Rome même, donne à cette ville une nouvelle enceinte, et, s’attaquant aux usurpateurs, détruit en Gaule, en Espagne et eu Bietagne,le pouvoir de Tétricus et de Victoria
(271, bataille de Châlons-sur-Marne), en Orient, 272-274, celui de Zénobie (batailles d’Antioche, d’Emèse, siège de Palmyre); il meurt assassiné au moment où l’Empire est rétabii dans son intégrité. Après 8 mois d’un interrègne causé par les refus réciproques du sénat et de l’armée de nommer un empereur, Tacite, 275-276 , est nommé par le sénat, donne la paix à l’Empire, bat les Alains à la fin de son règne, et laisse un frère, Florianus, obligé de se tuer après quelques mois de lutte contre le nouvel élu de l’armée, Probus. Probus, 276-282, complète l’œuvre de Claude II et d’Aurélien , refoulant de la Gaule sur l’Elbe, 277, les Francs et les Alémans, au-delà du Danube, 279, les Sarmates et les Goths, en Ethiopie les Blemniyes, au-delà du Tigre les Perses, réprimant les révoltes de Saturnin en Orient, de Proculus et de Bonose dans les Gaules, élevant un rempart du Danube au Necker, enfin faisant concourir les Barbares à la défense de l’Empire, soit par leur introduction dans les armées romaines, soit par l’établissement de colonies militaires. Dur et dédaigneux pour les soldats, il est assassiné par eux près de Sirmium. Un dernier élu de l’armée , Carus , 282-283, s'associe ses deux fils , et assure de nouveau les frontières du Tigre contre les Perses, à qui il prend Séleucie et Ctésiphon. Tué par la foudre ou par son gendre Arrius Aper, il laisse Carin et Numérien , 283-284, maîtres, le premier de l’Occident, le second de l’Orient, où il est assassiné par Aper, bientôt mis à mort lui-même par Dioclétien, à qui l’assassinat de Carin, son vainqueur en Mœsie, assure enfin la pourpre. L’Empire sort intact des mains des princes illyriens, et va être constitué.
2° L'Empire organisé ou la Télrarchie, 284-395. — A la période du despotisme militaire qui, pendant le me siècle, a flotté de la forme militaire inaugurée par Auguste à la forme administrative due à Dioclétien, succède la période des partages de la Monarchie, administrative dans son fond , orientale dans sa forme. Cette période présente trois caractères saillants : 1° la constitution hiérarchique de l’Empire; 2° la séparation définitive des fonctions civiles et militaires, et la désorganisation lente et progressive de l’armée; 3° la prépondérance du christianisme, enfin protégé par les empereurs. Elle peut se subdiviser en 4 parties bien distinctes: 1° le règne de Dioclétien, 284-305, ou l’établissement de la Tétrarchie; 2° l’Heptarchie ou la nouvelle période d’anarchie militaire, 305-323 ; 3® la seconde famille flavienne, 323-363 ; 4° les derniers princes élus ou désignés qui disputent l’Empire aux Barbares. L’Empire est com plétemeut organisé avec sa Tétrarchie, sa hiérarchie, et son système d’administration régulière; mais cette constitution , résultat naturel des efforts faits antérieurement pour fonder la monarchie absolue, sinon héréditaire, semble n’avoir été appliquée que pour disparaître aussitôt, emportée par le flot des invasions germaniques. — Sous Dioclétien, 284-305, l’association, double, mais au détriment de l’unité impériale, la force du chef militaire de l’Empire, obligé de défendre simultanément les frontières de l’Ouest et de l’Est. Les deux empereurs n’attendent pas l’apothéose décernée, après la mort , à la plupart de leurs prédécesseurs ; déifiés de leur vivant, sous les noms, Dioclétien de Jupiter , Maximien Jl Hercule, ils sont adorés suivant l’usage oriental , appelés seigneurs et dieux ; tout ce qui les entoure est sacré; ils sont eux-mêmes la loi vivante. Leur séjour à Nicomédie (Dioclétien) et à Mrlan (Maximien) affaiblit le lien moral que maintenaient les souvenirs dé Rome. La garde prétorienne fait place à des corps spéciaux (Joviens, Herculiens); l’Empire est dans les empereurs. De nombreuses révoltes et la marche menaçante des Barbares les déterminent, 292, à s’adjoindre chacun un auxiliaire sous le nom de César, en gardant eux-mêmes le nom d’dugusfes ; la Tétrarchie est fondée. Maximien, déjà victorieux, 287, des Bagaudes de Gaule ( V. ce mol), gouverne et défend l’Italie, les Iles, l’Afrique, où succombe le rebelle Julianus; son César, Constance-Chlore ( V. ce nom ), chargé des provinces d’Occident (Mauritanie, Espagne, Gaule, Bretagne), reprend, 294, la Grande-Bretagne, indépendante depuis 7 ans, 287-294, sous Carausius et Allectns, et, de Trêves, administre avec une grande sagesse, 292- 306. Dioclétien , qui s’est réservé toutes les province» orientales, a réprimé la révolte d’Achillée en Egypte et fait battre, 297, les Per-ses par son César, Galérius, qui leur impose le traité de Nisibis; enfin, ce même Galérius est chargé de la défense de la Thrace et des contrées Danubiennes; il réside à Sirmium après les grands succès qui ont réparé son premier échec dans les guerres des Perses, bat les Alémans, et assure les frontières du Da nube en armant les Germains les uns contre les autres. La Tétrarchie s’organise alors à l'intérieur : au-dessous
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des Augustes et des Césars, sont des préfets du prétoire, chargés de l’autorité civile, financière, judiciaire; puis des comtes et des ducs, commandant les armées des frontières; au-dessous encore, et hiérarchiquement subordonnés les uns aux autres, des fonctionnaires représentant l’autorité centrale jusque dans les moindres divisions des Provinces ; administration simple et complète à la fois, dont les deux seuls défauts, l’extension du despotisme, l’augmentation des impôts, amèneront la dépopulation et la ruine. En même temps, le christianisme, qui s’est développé à travers toutes les persécutions, subit la dernière «t la plus terrrible, V Ere des Martyrs. Dioclétien, qui l’autorise parl’édit de la fête des Terminales (23 février 303), n’en voit que les commencements, abdiquant en 305, et forçant Maximien à faire de même, deux ans après le grand Triomphe célébré à Rome, 303, pour la défaite des usurpateurs et des Barbares. Les deux nouveaûx Augustes, Constance Chlore et Galérius s’adjoignent deux nouveaux Césars : Sévère, qui gouverne l’Afrique et l’Italie; Maximin Daia, qui gouverne l’Orient, la Syrie et l’Egypte. — Mais cette Tétrarcliie aboutit bientôt à une Heptarchie : Constantin, fils de Constance-Chlore, est proclamé Auguste après I expédition de Calédonie et la mort de son père, 306 ; Sévère prend le même titre en Italie; Rome proclame Auguste à son tour Maxence, fils de Maximien-Hercule, qui, lui-même, reprend la pourpre ; Maximin Daia devient également Auguste, malgré Galérius, et le nouveau César de celui-ci, Licinius est bientôt adjoint, comme Auguste, à Sévère, pour la défense du Danube. La mort de Sévère près de Ravenne réduit le nombre des Augustes à six : trois en Orient (Galérius, Maximin Daia, et Licinius); trois en Occident (Constantin, Maxence, et Maximien- Hercule). Constantin, 306-337, rétablit l’unité, en faisant périr Maximien, son beau-père, 310 ; en battant Maxence, 312-313, à Turin, à Vérone, au pont Milvius; enfin, en accablant dans deux guerres, 315, 322-323, Licinius, resté seul en Orient après la mort de Galérius, 311, et la défaite, 313, de Maximin Daia. — Seul maître de l’Empire, 323-337, fondateur de la seconde famille Flavienne, 323-363. Constantin , déjà tolérant à l’égard du christianisme (édit de Milan), 313, lui accorde, 321-323, les plus grands privilèges (tribunal particulier des évêques; pouvoir d’affranchir des esclaves, de recevoir des legs, de tenir des conciles, etc.); il assure la tenue du premier concile œcuménique, celui de Nicée, 325, pour la condamnation d’Arius et l’établissement de l’unité catholique; il transfère la capitale, 330-336, de Rome à Byzance, qui devient Constantinople et reçoit la même division, les mêmes privilèges que Rome ; l’Egypte est désignée pour en être le grenier. Alors s’achève le système administratif inauguré par Dioclétien ( F. Constantin ). — La manière dont Constantin dispose de l’Empire, comme d’un bien qu’il peut partager entre ses fils et ses neveux, dénature le principe de la Tétrarchie de Dioclétien , et menace de nouveau l’unité impériale. Après lui, plusieurs partages successifs sont faits entre ses fils Constantin II, 337-340 , Constant Rr, 337-350, Constance, 337-361, et ses neveux Dalmace et Annibalien. Far le meurtre des deux derniers, par les défaites successives des deux premiers princes et de deux soldats de fortune, Magnence et Vétranion ( F, ces noms), enfin par la mort de Gallus et la jeunesse studieuse de Julien, l’unité est rétablie au profit de Constance, 353- 361, dont l’arianisme intolérant compromet l’œuvre religieuse de Constantin, en meme temps que les Perses et les Germains menacent de part et d’autre les frontières. Le César Julien ( V. ce nom) conjure du moins le danger du côté de l’Ouest, en repoussant partout les Alémans et les Francs au-delà du Rhin, 356-360. Ses succès le rendent cher aux troupes; elles le proclament Auguste, quand Constance les rappelle contre les Perses victorieux. La mort de Constance en Cilicie, 361, prévient une nouvelle lutte. Sous Julien, 361-363, neveu de Constantin et dernier Flavien, l’orthodoxie soufTre une persécution d'un nouveau genre : les études sont interdites aux chrétiens ;
1 empereur rétablit le paganisme en le transformant par des allégories néoplatoniciennes : réaction insensée que ne peuvent assurer, ni le gouvernement équitable,, ni les réformes utiles, ni les écrits du prince. Il meurt dans la retraite de la guerre des Perses; avec lui disparait encore une fois l’hérédité ou le choix dans une même famille. L élection militaire donne un nouvel empereur, Jovien , 363-364, qui sauve l’armée au prix de concessions multipliées: l’Arménie passe aux Perses; pendant qu en Gaule un chef d'armée, Jovin, contient lui-même les légions qui veulent lui donner l’Empire, Jovien répare les maux faits par Constance et Julien au catholicisme,
en publiant, 364, l’édit de tolérance de Tarse. Dernier élu des soldats et chef 'l’une maison nouvelle, Valentinien Ier, 364-375, s’assccie son frère Valens, 364- 378, à qui il laisse l’Orient, chasse lui-même les Alémans de la Gaule, 366, fortifie les stations du Rhin, fait dompter les Calédoniens par Théodose qui crée la province de Valenlia, comprimer par le même général la révolte de Firmus en Afrique, et meurt, en guerre avec les Quades. Ses fils, Gratien, 375-383, et Valentinien II, 375-392, lui . succèdent en Occident , pendant qu’à Andrinople, 378, Valens est tué par les Wisigoths ( F. ce nom), enfin entrés dans l’Empire. De là l’appel fait par Gratien à Théodose le Grand , 378-395, d’abord donné pour empereur à l’Orient, et plus tard maître des deux Empires, après la révolte de Maxime, le meurtre de Gratien, 383, la défaite et la mort de Maxime, 388 ; Théodose séjourne alors longtemps en Occident, portant des coups mortels au paganisme, et relevant le christianisme avec une violence condamnée par S1 Ambroise; puis il rend le pouvoir au faible Valentinien II, bientôt tué, 392, par le frank Arbogaste ( F . ce nom), ancien chef de la milice en Gaule; il le venge, 394, en triomphant du barbare et du rhéteur Eugène, par lui porté au trône. Seul alors, 394-395, il complète le système de l’administration impériale , réorganisant les préfectures, les diocèses, les provinces, les métropoles et les cités ( F. Théodose), consacrant la victoire du christianisme, et multipliant les garanties apparentes de la durée de l’Empire. Le véritable Empire finit pourtant avec lui, 395.
3° L’empire romain iTOccident, 395-476. — Après la mort de Théodose, ses deux fils s’étaient partagé l’Empire romain ; la séparation des deux Empires d’Orient (Areadius) et d’Occident (Honorius) ne devait point d’abord être complète; l’antagonisme des ministres la consomma. — Quoique, jusqu’aux derniers temps de leur histoire, les Grecs du Bas-Empire ou Empire d’Orient aient porté également le nom de Romains, l’histoire de cet Empire n’appartient pas à Rome (F. Orient). Au contraire, l’Empire d’Occident continua d’avoir son centre en Italie ; Rome en resta la capitale officielle ou morale. Son histoire est, du reste, celle d’une agonie et d’une mort. — Au début, 395, l’Empire d’Occident, assailli par les invasions Barbares, et défendu par les Barbares de génie qu’il a formés, est borné au N. par le mur de Sévère ( Valium Severi ), la mer Germanique , le Rhin, le Danube supérieur et central ; à l’E. par la Save inférieure, le Drin, la Barhana, l’Adriatique, la mer Ionienne, la Méditerranée centrale, et le fond de la grande Syrte ; au S. par le grand désert d’Afrique; à l’O. par l’Atlantique (F. Occident). Honorius, 395-424, est d’abord admirablement défendu contre Alaric à Pollentia et à Vérone , 403, et contre Rhadagaise à Fésules, 406, par son tuteur et beau-père, le barbare Stilicon, qui organise, pour couvrir l’Italie, des corps de Barbares fédérés ; il le fait assassiner, 408 ; le démembrement de l’Empire commence aussitôt. Apportés par le courant de la grande invasion, les Vandales s’étaïdissent au S. et les Suèves au N.-O. de l’Espagne, les Burgundes en Gaule, dans la vallée du Rhône ; la Bretagne est abandonnée par les Romains ; les usurpateurs se multiplient en Gaule: Constantin, Gérontius Jovin, Sébastien ( F. ces noms) ; l’Italie est dévastée par les Wisigoths, qui, après la prise de Rome, 410, et la mort de leur chef Alaric, sont mis au service d’Honorius par Ataulf ( F. ce nom), vont détruire les usurpateurs de Gaule, et, malgré le comte Constauce ( F. ce nom), fondent un nouveau royaume barbare, 419, sur les deux versants des Pyrénées ( F. Wallia). L’Hlyrie a été ravagée en tous sens; à la mort d’Honorius, 424, l’Empire n’a plus que trois diocèses intacts, ceux d’Italie, de Rome, et d’Afrique; Rome, déjà dépossédée plusieurs fois du titre de capitale au profit de Milan et de Constantinople, a été de nouveau abandonnée pour l’inexpugnable Ravenne. Sous Valentinien III, 424-455, une intrigue de cour | F. Plauidie, Aetius, Boniface) ouvre l’Afrique aux Vandales, dont le chef, Genséric, fonde, 429-477, le nouvel Empire maritime de Carthage; la Gaule et l’Italie sont dévastées par Attila, 450-453 ; la Bretagne, complètement délaissée, 448, devient la proie des Saxons, bientôt des Angles. Après la mort de Valentinien III, Eudoxie, sa veuve, remariée violemment au meurtrier, Pétrone-Maxime, 455, appelle les Vandales d'Afrique, et Rome subit, 455, un sac qui a tristement immortalisé leur nom. Depuis ce moment, l’anarchie est à son comble : un chef de Barbares fédérés, le Suève Ricimer (F. ce nom ) fait et défait des empereurs éphémères; Avitus, 455-456; Majorien, 456-461, célèbre par sa lutte contre les Vandales; Sévère, 461-467; Anthémius, 467-