‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 432 sur 864 · RON · texte numérisé non relu

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9 kil. N.- O. de Southampton , sur la Test; 5,500 lmb. Tanneries, papeteries, manuf. de toiles fortes. Belle église d'une abbaye de Bénédictins fondée au x siècle.

ROMUALD (Saint), fondateur de l'Ordre des Camaldules, né à Ravenne vers 956 , de la famille des Onesti , m. en 1027, passa presque toute sa vie dans la retraite. Il fut honoré de l’estime des empereurs Othon III et Henri H. Fête, le 7 février.

ROMUALD 1er, duc de Bénévent, 662-677 , succéda à son père Grimoald , lorsque celui-ci se fut emparé de la Lombardie, eut à se défendre contre une attaque de l’empereur grec Constant, 663, fut délivré par Grimoald, et, en 668, enleva aux Grecs Tarente et Brindes.

romuald il, fils et successeur de Gisolfe, 702-731, prit Cumes aux Grecs en 717. Ceux-ci recouvrèrent la ville avec le secours du pape Grégoire II.

ROMULUS, né, dit-on, ainsi que Rémus , de Mars et de Rhéa Sylvia , prêtresse de Vesta et fille de Numitor, descendait d’Enée à la 14e génération. Redouiant la vengeance de ces petits-fils de son frère Numitor, qu’il avait détrôné, Amulius ordonna leur mort. On les exposa sur le Tibre, qui les rendit à la vive; une louve les nourrit de son lait. Faustulus, chef des bergers du roi, les fit élever par sa femme Aeca Laurentia. Ils commencèrent par tuer Amulius , que Numitor remplaça sur le trône d’Albe; puis, ils fondèrent une ville sur le mont Palatin, en 753 av. J.-C. Quand il s’agit de lui donner un nom les présages furent en faveur de Romulus, qui vit 12 vautours, symbole des 12 siècles de la durée de Rome païenne, tandis que Rémus n’en aperçut que 6, figurant les 6 siècles de la grandeur romaine. La ville s’appela Rome. Romulus en marqua l’enceinte par un sillon de charrue, et tua Rémus, qui l’avait franchie par dérision. Seul maître désormais, il ouvrit un asile à tous les bandits des environs, pour augmenter les habitants de sa nouvelle ville. L’enlèvement des Sabines, attirées à des jeux, l'engagea dans une guerre contre les Sabins : Romulus vainquit les Crustumériens , puis les Céniniens, dont il tua le roi Aeron (premières dépouilles opimes); mais Tatius , roi de Cures, pénétra dans Rome, grâce à la trahison de Tarpéia : les Sabines séparèrent les combattants, les Sabins de Cures se transportèrent à Rome, et, pendant six ans, la royauté fut partagée entre Romulus et Tatius. Après la mort de son collègue, Romulus fit la guerre aux V éiens et aux Fidénates, et leur enleva quelque territoire. II mourut, dit-on, emporté par Mars dans un orage , ou plutôt assassiné par les sénateurs , jaloux de son autorité, 714. C'est à lui qu’on fait remonter la division des Romains en tribus , curies , décuries et genles , la distinction des patriciens et des plébéiens, les rapports entre clients et patrons, l’institution du sénat, des chevaliers , et des comices par curies. B.

ROMULUS AUGUSTllLE. V. AUGUSTULE.

RONCAGLIA, vge du royaume d’Italie, sur le Pô, à 12 kil. de Plaisance. L’empereur Frédéric i*-'r y réunit une diète en 1158, où quatre jurisconsultes de Bologne déclarèrent que la domination de l'Italie appartenait aux empereurs, dont le pouvoir devait être absolu.

RONCAL, vallée d’Espagne (Navarre). Elle se gouverne démocratiquement, par ses propres lois, et d’une manière presque indépendante.

RONCEVAUX, en espagnol fi oncevalles, vge d’Espagne (Navarre), situé à 31 kil. N.-E. de Pampelune , dans une vallée de son nom célèbre par la défaite de l’arrièregarde de Charlemagne et la mort de Roland. Dans ce lieu est un sanctuaire de la Vierge, but de pèlerinage, et une abbaye, dont le prieur ne relevait que du pape ; à ses moines appartint même pendant quelque temps la garde des châteaux qui défendaient les défilés de la frontière. Quelques manuscrits précieux sont conservés dans la sacristie de ce sanctuaire, ainsi que des objets qui auraient appartenu aux paladins de Charlemagne; une chapelle a été bâtie à l’endroit où l’on croit que reposent leurs corps.

RONCHAMP, vge (Hl0-Saône), arr. et à 13 kil. E. de Lure; 1,441 hab. Tissage de coton, cretonnes pour les troupes; fabr. de scies et ressorts. Houillère.

RONCIGLIONE, v. des Etats de l’Eglise, délég. et à 15 kil. S.-S.-E. de Viterbe, près du lac de Vico, à l’entrée de la campagne de Rome; 4,000 hab. Papeteries, usines a fer. Ruines d’un château.

RONCQ, brg (Nord), arr. et à 15 kil. N.-E. de Lille; 1,473 hab. Fabr. d’huile, toiles, tissus à la Jacquart. Connn. de lin.

RüNDA, anc. Arunda et Acinipum, v. forte d'Espagne (Andalousie), prov. et à 64 kil. O.-N.-O. de Maiaga; population de la commune : 17,963 hab. Fabr. d’armes, lai-

nages, chapeaux, cuirs. Ronda est bâtie sur un rocher, et divisée en deux par le Gundiaro ou Guadalvin, qui y coule dans un précipice d’environ 70 mèt. de profondeur, dit le Tazo, au-dessus duquel on a bâti deux ponts très-hardis. Un escalier, creusé dans le roc pour descendre au Guadiaro, n’a pas moins de 400 marches. Ferdinand le Catholique prit Ronda aux Maures en 1485. Elle sert de résidence aux riches familles de Séville, de Maiaga et de Gibraltar, pendant les chaleurs de l’été.

RONDAC'HE, anc. bouclier en acier ou en airain poli, à l’usage de la cavalerie ; elle était de forme ronde, légèrement concave du côté du corps et des attaches, et convexe au dehors. On fit des rondaches de grande dimension, en jonc natté, semées de rosettes de fer, et couvertes, au centre, d’une plaque ronde du même métal , terminée par une rosace saillante. On cessa de s’en servir enFrance vers la fin du xvie siècle.

RONDELET (Guillaume), médecin et naturaliste, né à Montpellier en 1507, m. en 1566, ne commença ses études qu'à 18 ans, alla exercer la médecine au Pertuis (Provence) et à Maringues (Auvergne) , revint prendre le doctorat dans sa ville natale en 1537, et y obtint une chaire de médecine. Il accompagna le cardinal de Tournon dans ses voyages en France, aux Pays-Bas et en Italie, et acquit ainsi de grandes connaissances en histoire naturelle. 11 revint en 1551 à Montpellier, où il fonda, cinq ans après , .un amphithéâtre d’anatomie. Rabelais, son condisciple et son ami , l’a désigné , dans son Pantagruel, sous le nom de Rondibilis. On a de Rondelet : de Piscibus marinis libri XVJII, Lyon, 1554, et Universœ aquatilium historiée pars altéra , ibid., 1555, in-fol., ouvrages qui l’ont fait à juste titre regarder comme le créateur de l’ichthyologie ; Opéra omnia medica , Genève y 1628, in-8°.

rondelet (Jean), architecte, né à Lyon en 1734, m. en 1829, élève de Soufflot, fut chargé par lui de suivre les travaux de l’église Ste-Geneviève (Panthéon) à Paris. Il lui succéda, en 1781, comme architecte de ce monument, et il eut la gloire d’en élever le dôme, qui est tout en pierre. Il fit un voyage scientifique en Italie en 1783; de retour en France, on le nomma membre de la commission des travaux publics en 1794-95, et il contribua puissamment à organiser, dans l’Ecole polytechnique, la partie relative aux travaux civils et aux écoles d’application. En 1796, les pendentifs du Panthéon s’étant écrasés dans leurs joints, Rondelet dut refaire toute la construction, et imagina un système de charpente qui supporta l’immense coupole de l’édifice. Rondelet était un très-habile et très-savant constructeur; il fut professeur à l’Ecole des beaux-arts et membre de l’Institut. On lui doit : Mémoire historique sur le dôme du Panlhéon français, Paris, 1797, in-4°; Traité théorique et pratique de Tari de bâtir, Paris, 1802-1817, 5 vol. in-4°, pl . , 6e édit. 1832, ouvrage très-estimé; Commentaire de Frontin sur les aqueducs de Rome, trad. en français pour la première fois , avec une description des principaux aqueducs construits jusqu’à nos jours, Paris, 1820, in-4» et atlas in-fol., ouvrage de beaucoup de mérite, malgré des inexactitudes d’interprétation ; Mémoire sur la marine des anciens et sur les navires à plusieurs rangs de rames, Paris, 1820, in-4°, etc.

RONDELLE, anc. bouclier à l’usage des gens de pied et de la cavalerie légère, plus petit, plus convexe, et moins ancien que la rondaohe, et d’une forme demi-sphérique.

RONNE, v. de Danemark, ch.-l. de l’amt et de l’ile de Bornholm, sur la côte O. de cette île; 5,435 hab. Poterie et horlogerie. Comm. de grains. Pêche active.

RONNEBURG, v. du duché de Saxe-Altenbourg, à 17 kil. O.-S.-O. d’Altenbourg; 5,000 hab. Lainages, porcelaines, poteries. Comm. de grains et de laine.

RONSARD (Pierre de), poëte fameux, né en 1524 au château de la Poissonnière (Vendômois), d’une famille noble, originaire de Hongrie, m. en 1585, étudia fort peu de temps au collège de Navarre à Paris, fut attaché comme page au duc d’Orléans, fils de François 1er, puis passa dans la maison de Jacques V, roi d’Ecosse. Après trois ans de séjour dans ce pays, il revint en France, rentra au service du ducd’Orléans, fut employédans quelques affaires secrètes en Irlande, en Zé'ande et en Ecosse, accompagna Lazare de Baïf, envoyé par François Ier à la diète de Spire, puis le capitaine Langey en Piémont, et acquit, dans ces voyages, la connaissance de plusieurs langues. Une surdité, dont il fut atteint, le détermina à se vouer aux lettres : après avoir suivi pendant cinq ans les leçons de Daurat et de Turnèbe, il conçut, avec Baif, Remi Belleau et quelques autres amis, le projet de régénérer la langue française, de l'assouplir à des genres de poésie jusque-là

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négligés ou tentés sans succès, de l’enricliir par des tournures et des mots empruntés aux langues grecque et latine. Joachim Dubellay lança le manifeste de cette nouvelle école, la Défense et illustration de la langue française; puis les odes, les épopées, les sonnets, les tragédies, les essais de tout genre annoncés par ce manifeste, parurent coup sur coup. Ronsard fut le chef de l’école : il traduisit en vers français le Plutus d’Aristophane, fut couronné aux Jeux Floraux, où les magistrats de Toulouse lui décernèrent, au lieu de l’églantine, une Minerve d’argent massif, et reçut le nom de Poète français par excellence. Charles IX, qui lui montra une affection toute particulière, ne voyageait point sans lui, voulait qu'il logeât sous le même toit, et lui prodiguait les pensions et les bénéfices. Diane de Poitiers le déclarait son poète; De Thou trouvait dans sa naissance une compensation au désastre de Pavie; Elisabeth d’Angleterre lui envoya un diamant de grand prix; en le lisant, Marie Stuart se consola de sa captivité. Quand le Tasse vint à Paris, 1571, il demanda les conseils du poète français. Ronsard s’était fait prêtre; il mourut dans un de ses prieurés, près de Tours. Aussi vain de sa naissance et de ses bonnes fortunes que de ses vers, comblé d’honneurs et de distinctions par ses contemporains, il tomba, dès le règne de Louis XIII, dans le plus grand discrédit. L’abandon fut aussi injuste que l’admiration avait été exagérée. C’était une noble entreprise que cette réforme du langage, cette inauguration de nouveaux genres , de nouvelles formes poétiques, au détriment de l’école de Marot. Mais l’œuvre fut trop hâtée, et souvent maladroite. Ronsard écrivit des odes sur le modèle de celles de Pindare, entreprit une épopée, la Franciade, qu’il tailla sur le patron de l'Enéide et de la Pharsale, et qu’il ne put même achever, fit passer dans la littérature française l’hymne et l’épithalame, mais, en tous ces genres imités de l’antiquité, mélangea de la façon la plus bizarre les mœurs anciennes et les mœurs modernes, étouffa la poésie sous l’érudition, dénatura la langue par une foule d’inversions, de désinences, de mots nouveaux. Néanmoins il a des ébauches heureuses, de la fécondité, une certaine élévation qui était un progrès dans la poésie française; il est surtout poète dans les genres -qu’il dédaignait, et là on peut le placer à côté de Marot. Les Œuvres de Ronsard ont été imprimées à Paris, 1567, 4 vol. in-40; 1604, 10 tomes en 5 vol. in-12; 1609-23, 2 vol. in-ful. M. Sainte-Beuve en a donné un choix, dans le t. Il de son Tableau de la poésie française au xvie siècle. Des ÛEuvres inédites ont été publiées par M. P. Blanchemain , 1855, in-12; et ses OEuv res choisies , par M. Noël, Paris, 1862, 2 vol, in-12. B.

RONSDORF, v. des Etats prussiens (Prov. du Rhin), à 36 kil. E. de Dusseldorf, sur la Morsbach ; 6,800 hab. Fahr. de toiles, soieries, cotonnades, lainages, quincaillerie.

RONSE. V. Renaix.

RONS1N (Charles-Philippe), néàSoissons en 1752, m. •en 1794, cultiva d’ahord la littérature, et, au début de la Révolution, dont il fut un des plus fougueux partisans, fit jouer à Paris une tragédie en 3 actes, la Ligue des fanatiques et des tyrans , qui eut du succès. Puis, assidu au club des Cordeliers, il fut choisi, en avril 1793, par le ministre de la guerre Bouchotte, pour l’un de ses adjoints. Nommé général de l’armée révolutionnaire en Vendée, il remplit sa mission en dévastateur ; ses violences furent telles , qu’on le mit en arrestation. Collot-d’Herbois , Carrier et Danton le sauvèrent; mais il fut bientôt saisi de nouveau comme Dantoniste par ordre de Robespierre, et condamné sans retard par le tribunal révolutionnaire. On a publié le Théâtre de Ronsin, 1786, in-12. B.

ROOKE (Laurent), astronome et géomètre, né en 1623 à Deptford (Kent), m. en 1662, protessa l'astronomie au collège Wadham à Oxford, la géométrie au collège G resham, et forma, en 1660, le premier noyau de la Société royale de Londres.il a composé : Observations sur la comète de 1652, en latin, dans les Leçons sur les comètes de Seth Ward ; Direction pour les marins qui vont aux Indes , en anglais, dans les Transactions philosophiques; Manière d'observer les éclipses de lune, ibid.; Discours concernant l'observation des satellites de Jupiter, dans l’Histoire de la Société royale, etc.

kooke (Sir George), amiral anglais, né dans le comté de Kent en 1650, m. en 1708, entra de bonne heure dans la marine, s’y distingua par son habileté autant que par sa valeur, prit une part glorieuse au combat de La Hogue en 1692, s’empara de plusieurs vaisseaux espagnols dans le port de Vigo en 1702, et commanda en 1704 l’expédition dans le cours de laquelle Gibraltar fut pris.

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ROOS (Jean-Henri) , peintre d'animaux, né à Otterburg ( Palatinat) en 1631, m. en 1685 à Franefort-sur-le-Mein, dans un incendie qui dévora sa maison. Peintre officiel de Charles-Louis , électeur palatin , il exécutait assez bien le portrait, et l’histoire , mais traitait avec une adresse supérieure le paysage vivifié par des animaux : il unissait la vérité à l’originalité. Ses eaux-fortes, représentant des quadrupèdes entourés d’arbres, de ruines , de huttes et de plantes diverses , sont aussi très-remarquables. A. M.

roos ( Philippe ), peintre et graveur, fils du précédent, né en 1655 à Francfort-sur-le-Mein , m. en 1705 , alla étudier en Italie. Il observait bien la nature, peignait avec une promptitude merveilleuse , et néanmoins avec beaucoup de fini; de là le grand nombre de ses tableaux. Sa touche est moelleuse , et ses groupes disposés avec beaucoup d’art et d’intelligence. C’était un homme de mauvaises mœurs, qui montra une complète ingratitude envers son protecteur, le landgrave de Hesse. Il ne retourna jamais en Allemagne, et vint se fixer à Tivoli, ce qui l’a fait surnommer par les Italiens Rosa di Tivoli. 11 a peint, comme son père , des sites agrestes avec des bœufs , des moutons, des chèvres et des vaches, ou même avec des animaux féroces. La plupart de ses tableaux sont en Italie ; le Louvre en possède un seul. Roos a gravé quelques estampes avec beaucoup de finesse et de délicatesse. A. M.

ROOS ( Jean-Melchior) , peintre de paysage et d’animaux , frère du précédent, né à Francfort en 1659 , m. en 1731 , voyagea en Italie, puis se fixa à Nuremberg, où il peignit d’abord le portrait et l’histoire.

roos (Joseph) , peintre, petit-fils de Philippe, né à Vienne en 1728, m. en 1790, exécuta un grand nombre de tableaux à Dresde , obtint la direction de la galerie impériale de Vienne, et peignit plusieurs paysages dans le château de Schœnbrünn. Il fit aussi de bonnes eaux-fortes.

ROOSEBEKE. V. Rosbecqtje.

ROOZENDALE, v. du royaume de Hollande (Brabant septentrional), à 28 kil. S.-O. deBréda ; 4,600 hab. Comm. de grains, chemin de fer d’Anvers à Bréda et Moerdick.

ROQUE (La). F. La Roque.

ROQUE (SAN-) ou SAINT -ROCH, v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 85 kil. S.-E. de Cadix, sur une montagne, près de la limite de l’Espagne et du territoire anglais de Gibraltar. Fondée en 1704, après la perte de Gibraltar. Pop. de la commune : 11,174 hab.

ROQUEBROU (La), ch.-l. de cant. (Cantal), arr. et à 22 kil. O. d’Aurillae, sur la Cère ; 1,173 hab. Poteries et tanneries. Bel hôpital. Ruines d’un anc. château.

ROQUEBRUNE, brg (Var),arr. et à 22 kil, S.-E. de Draguignan : 1,879 hab. Rocher qui a plus de 650 mèt. de hauteur. Cédé à la France en 1860.

ROQUEBRUSSANE (La), ch.-l. de cant. (Var), arr. et à 13 kil. S.-O. de Brignoles, sur rissole; 1,203 hab.

ROQUECOURBE, ch.-l. de cant. (Tarn) , arr. et à 9 kil. N.-N.-F.. de Castres, sur l’Agout; 1,111 hab. Grandes fabr. de bonneterie à l’aiguille.

ROQUEFAVOUR, vge (Bouches-du-Rhône), arr. d’Aix. Magnifique aqueduc du canal d’irrigation de la Durance à Marseille.

ROQUEFORT, vge (Aveyron), arr.et à 12 kil. E.-N.-E. de Ste- Affrique ; 596 hab. Comm. de fromages secs de lait de brebis très-estimés (800,000 kilogr. par an) ; ils acquièrent leur excellence en séjournant dans des grottes ou caves creusées dans le rocher sur lequel s’élève le village.

roquefort-de-marsan, ch.-l. de cant. ( Landes), arr. et à 21 kil. N.-E. de Mont-de-Marsan, sur la Douze; 1,351 hab. Ruines d’un anc. château-fort. Chaux et poterie. Comm. de bestiaux.

roquefort-de-sault, vge ( Aude), arr. et à 72 kil. Sde Limoux ; 718 hab. Forges.

roquefort-flamericourt ( J.-B.-Bonaventure) , littérateur, né à Sl-Domingue en 1777, m. en 1834, fit ses études au collège de Lyon, entra, en 1790, dans une école militaire, d'où il sortit, deux ans après, avec le grade de lieutenant d’artillerie, fit plusieurs campagnes, puis se retira du service pour cultiver les lettres. 11 aida Ginguené et Millin dans leurs savantes recherches , et publia : Glossaire de la langue romane , contenant l’étymologie et la signification des mots usités dans les xie, xne, xme, XIVe, xve et xvie siècles, 1808,2 vol. in-8°, et un Supplément, 1820, in-8°; Dictionnaire historique et critique des monuments religieux, civils et militaires de Paris, où Ton trouve /'indication des objets d'art qu'ils renferment, 1826, in-8»; Dictionnaire étymologique de la langue française, où les mots sont classés par familles, 1829, 2 vol. in-8°; de T Etal de la poésie française dam les xne et xilie siècles , 1814, in-8°, Mémoire couronné par

ROS

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l’Institut. Roquefort a publié, comme éditeur littéraire : Vie privée des Français, par Legraod d’Aussy, 1815, 3 vol. in-8°, avec notes et additions; Poésies de Marie de France, i820, 2 vol. in-8° ; Dictionnaire biographique et bibliographique des prédicateurs et sermonaires français , depuis le xme siècle jusqu'à nos jours, par l’abbé de la P..., précédé d'un Essai historique sur l’éloquence de la chaire, par Roquefort, 1823, in-8° ; des Sépultures nationales, et particulièrement de celles des rois de France, par Legrand d'Aussy, suivi des Funérailles des rois, reines, princes et princesses de la monarchie, jusques et y compris celles de Louis X VIII, par Roquefort, 1824, in-8°, etc. B.

ROQUELAURE (Antoine, baron de), né en 1560, m. en 1625, fut destiné d’abord à l’état ecclésiastique; mais, à la mort de son frère aîné , on lui fit adopter la profession des armes. Il s’attacha à Henri de Navarre, devint le lieutenant de ses gardes, se montra un des plus braves et des plus dévoués, fut récompensé de ses services pendant la guerre civile par les charges de grand-maitre de la garde-robe en 1590 , puis de gouverneur de la Guyenne, et osa, l'un des premiers, conseiller à son maître de se séparer de Gabrielle d’Estrées. Il était dans le carrosse d’Henri IV, quand ce prince fut assassiné. Louis XIII le nomma maréchal de France en 1615. B.

ROQUELAURE (Gaston-Jean-Baptiste, marquis, puis duc de), fils du précédent, né en 1617, m. en 1683, se distingua aux combats de la Marfée , 1641 , et de Ilonnecourt, 1642, fut nommé maréchal-de-camp, passa lieutenant-général après les sièges de Gravelines, de Bourbourg et de Courtrai, reçut une blessure à l’attaque de Bordeaux pen dant la Fronde, fut créé duc et pair en 1652, figura dans les campagnes de Franche-Comté et de Hollande , et prit le gouvernement de la Guyenne en 1676. 11 avait, ainsi que son père, un caractère jovial et un esprit fécond en saillies. On a publié : le Momus français, ou les Aventures divertissantes du duc de Roque taure , Cologne , 1727, in -12, recueil des bouffonneries, la plupart du temps grossières, qu’on lui attribue. B.

roquelaure (Antoine-Gaston-Jean-Baptiste, duc de), fils du précédent, né en 1656, m. en 1738, servit avec distinction dans presque toutes les guerres du règne de Louis XIV, devint gouverneur du Languedoc, pacifia les Cévennes en 1709 , repoussa les Anglais à Cette en 1710, et reçut, en 1724, le bâton de maréchal de France. Avec lui s’éteignit la maison de Roquelaure. B.

roquelaure, vge ( Gers) , arr. et à 9 kil. N. d’Auch; 853 hab. La famille de Roquelaure en a tiré son nom.

ROQUEMAURE , ch.-l. de cant. ( Gard) , arr. et à 30 kil. N.-E. d’Uzès, sur la rive dr. du Rhône; 2,859 hab. Le pape Clément V y mourut en 1314. Bons vins, soies; fabr. d’huile d’olive, distilleries d’eaux-de-vie. Beaucoup de plants de mûriers aux environs.

ROQUEPLAN (Camille-Joseph-Etienne), peintre, né en 1803 à Mallemort (Bouches-du-Rhône), in. en 1855, élève d’Abel de Pujol et de Gros, dont il abandonna bientôt les traditions , obtint une médaille d’or au Salon de 1822 pour deux tableaux remarquables, un Paysan au coucher du soleil, et un Roulier dans une écurie, mais ne commença à être remarqué qu’à partir de 1827. La marine, le genre, le paysage, le portrait, lui étaient également familiers. Il a reproduit les sites les plus pittoresques des environs de Dieppe, de Gisors et de Sassenage, des Vosges, de la Bretagne , et de l’Italie. Il a emprunté à W. Scott une scène tirée de Quentin Durward, la Marée de l'équinoxe (de l'Antiquaire ) , et la Mort de l’espion Morris (de Rob-Roy); à La Fontaine, le Lion amoureux; à J. -J. Rousseau, le Passage du ruisseau, et les Cerises. On cite encore l’ Antiquaire, la Madeleine dans le désert, Van Dyck à Londres, les Hollandais souscrivant au profit des inondés en 1658, le Payeur de rentes, la Lecture défendue, une Promenade dans un parc, la Balançoire , la Confidence , Deux sœurs , i Attente, l'Heureuse mère, le Violon du diable, la Fidélité jouant avec l’ Innocence, qne Vue du parc de St-Cloud , une Ferme béarnaise, une Scène de la St- Barthélemy, la Bataille d’ Elchinqen. Roqueplan est un des chefs de l’école romantique de nos jours, qui ne brille pas par la pureté du dessin , mais qui recherche le pittoresque de l’effet et l’éclat du coloris; c’est celui dont le mérite a été le moins contesté. Vers la fin de sa vie, il modifia sa manière, et adopta des tons moins vifs, plus rapprochés de la nature ; à cette période appartiennent les Espagnols des environs de Penlicosa, le Visa des passe-ports , les Paysans de la vallée d’Ossau, le Ravin, la Fontaine du grand figuier, une Vue de Biarritz, les Filles d'Eve. Roqueplan a encore exécuté quelques plafonds au palais du Luxembourg, beaucoup d’aquarelles d’une rare habileté et d’une finesse extrême, B.

ROQUES (Pierre), théologien protestant, né en 1685 à La Caune (Languedoc) , m. en 1748 , étudia à Lausanne et à Genève , et fut nommé pasteur de l’église française à Bâle en 1710. On lui doit : le Pasteur évangélique , Bâle, 1723, in -4°; Eléments des vérités historiques, dogmatiques et morales , 1728, in-12; le Vrai Piétisme, 1731, in-4°; Sermons, 1734, etc.

ROQUETAILLADE (Château de). V. Mazères.

ROQUE-TIMBAUT (La), ch.-l. de cant. (Lot-et-Garonne), arr. et à 20 kil. N.-E. d’Agen ; 438 hab.

ROQUEVAIRE, ch.-l. de cant. (Bouches-du-Rhône), arr. et à 23 kil. N.-E. de Marseille; 1,700 hab. On remarque l’église paroissiale et l’hôtel-de-ville. Comra. de fruits secs, vins, soie, huile; exploit, de houille et de plâtre. Aux environs se trouvent les ruines des deux villes romaines de Lucrelus Pagus et Gargaria,

RORAAS. V. Rceraas.

RORAIRES , Rorarii , troupes légères , dans la légion romaine; elles commençaient le combat, en voltigeant sur les flancs de l’ennemi , et lançant une grêle de traits. A l’époque de la 2e guerre punique, ils furent supprimés. (F. V élites). C. D — t.

RORARIO (Jérôme), né en 1485 à Pordenone (Frioul), m. en 1556, étudia le droit à Padoue, l’abandonna pour la littérature , prit les ordres sacrés , fut légat du pape Clément VII en Hongrie, et de Paul III en Pologne. On lui doit : Plaidoyer pour les rats, en latin, Coire, 1548; Quàd animalia brûla sœpè ratione utanlur meliùs homine , Paris, 1648, in- 8°, dont Bayle a tiré son article sur l’âme des

RORBACH, ch.-l. de cant. (Moselle), arr. età20kil. S.-E. de Sarreguemines ; 1,117 hab. Hauts-fourneaux.

ROSA (Salvator) , célèbre peintre , et en même temps graveur, poète, et musicien, né en 1615 à la Renella, près de Naples, d'un pauvre arpenteur, m. en 1673, fut placé chez les PP. Somasques, et destiné au barreau. Un penchant irrésistible l'entraîna vers la peinture; il prit des leçons chez Fracanzano , son beau-frère, élève de Ribera. A 17 ans, se trouvant orphelin et sans ressources, il peignit, pour vivre, des marines, des paysages, des batailles, en petites proportions , qui se vendaient à vil prix sur la place publique ; Lanfranc admira la vigueur de ces peintures, ainsi qu’un tableau d'Agar dans le désert, et encouragea Salvator, qui finit par entrer dans l’atelier de Ribera. En 1635, il alla à Rome, y tomba malade, et revint à Naples. Quelques années s’écoulèrent avant qu’une occasion lui fût offerte de partir de nouveau. Enfin le cardinal Brancaccio l'appela à Rome , puis l’emmena à Viterbe. Ce fut là que Salvator Rosa peignit un de ses chefs-d’œuvre , St Thomas mettant le doigt dans la plaie du Sauveur, et qu’il se lia avec un poète caustique , Antoine Abati, dont le commerce lui inspira le goût des vers. Cependant, il demeurait toujours inconnu. Pour attirer l’attention , il se rendit à Rome, au carnaval de l’an 1639, prit part aux divertissements et aux mascarades, composa et joua, sur un théâtre de société, quelques pièces satiriques, et acquit par ses saillies la réputation que n'avaient pu lui faire ses pinceaux. Depuis ce moment, on rechercha ses œuvres. Vers la fin de 1646, il fit un nouveau voyage à Naples, seconda l’insurrection de Masaniello, en 1647, et put regagner Rome après le triomphe des Espagnols. Les ennemis qu’il avait soulevés contre lui par ses satires l’obligèrent, quelques années après, de se réugier à Florence, où il fut bien accueilli par le cardinal Jean-Charles de Médicis; il ne revint à Rome que dans ses dernières aimées. Les tableaux de Salvator Rosa se distinguent moins par la grâce et la correction que par une entente parfaite des grands effets de couleur, beaucoup d’art dans la disposition des groupes, une hardiesse singulière , une rare énergie de touche ; il peignait avec une extrême rapidité. Il excella à rendre les batailles, les scènes de brigands, les sites sauvages et désolés. On remarque : la Fortune distribuant uveuglemenl ses faveurs, Jonas prêchant dans Ninive , la Pythonisse d'Endor évoquant l'ombre de Samuel , le Jeune Tobie tirant à lui le poisson monstrueux ( ces deux derniers tableaux sont au Louvre) , l'Ombre de Pylhagore apparaissant à ses disciples , l'Ombre de Catilina redemandant le serment à ses complices. Salvator a lui-même gravé à l’eau-forte plusieurs de ses tableaux; C. Antonini en a gravé une collection publiée sous le titre de Sérié di 85 disegni in varie grandezze, Rome, 1780, in-fol. Les Satires de Salvator Rosa, parmi lesquelles on distingue Babylone, la Musique, la Poésie, la Peinture, la Guerre, l'Envie, ont été publiées à Amsterdam, 1719, in-8°, et à Florence, 1770; elles respirent dans leur négligence une rudesse originale , qui rappelle

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la touche de son pinceau. Quelques morceaux de musique de Salvator Rosa ont été publiés par Burney, dans son Histoire de la musique. B.

rosa, montagne de Suisse, dans les Alpes Pennines, onde le Valais et le royaume d’Italie, 4,626 mèt. de hauteur.

rosa (santa-), v. de la Nouvelle-Grenade, située dans l’État et à 71 ltil. E. d’Antioquia; 3,200 hab. Lavages d’or. Il y eut jadis un temple du Soleil , très-fréquenté par les indigènes.

ROSAIRE (Confrérie du), institution due à S1 Dominique, pendant la guerre des Albigeois. Une fête du Rosaire, établie par le pape Pie V, fixée par Grégoire XIII au 1er dimanche d'octobre après la victoire de Lépante, 1571, fut rendue générale par Clément XI après celle de Peterwardein, 1716.

ROSALIE (Sainte) vierge, patronne de Palorme, m. en 1160, se retira dans une grotte du mont Pellegrino près de Païenne, où elle vécut dans la pénitence. Ses reliques furent retrouvées en 1625 , et on attribua à sa protection la cessation d’une peste qui ravageait alors la Sicile. Fête, le 4 septembre. On l’honore à Palerme en juillet, avec de grandes solennités.

ROSAMEL (Claude-Charles-Marie Ducampe de), né en 1774 à Rosamel (Pas-de-Calais), m. en 1948, entra à 13 ans dans la marine, fit les guerres de la Révolution et de l’Empire, devint capitaine de frégate en 1808, lorsqu’en 1811, après un combat acharné sur la Pnmone, il tomba au pouvoir des Anglais à la hauteur de l’ile Paiagosa (golfe de Venise). Rendu à la liberté en 1814 et nommé capitaine de vaisseau, il commanda un des régiments de marins organisés en 1815 dans les ports, fut major de la marine à Cherbourg en 1816, passa contreamiral en 1823, commanda en cette qualité la station française dans l’Amérique du Sud, fut envoyé dans le Levant en 1828 sous les ordres du vice-amiral de Rigny, se porta, avec l’amiral anglais Malcolm, à l’entrée des Dardanelles pour secourir Constantinople menacée par les Russes, et remplit en 18-30 les fonctions de majorgénéral de la flotte dirigée contre Alger. Puis il commanda une escadre envoyée contre Tripoli, obtint une éclatante réparation d’une insulte à notre consul, devint préfet maritime à Toulon, puis vice-amiral en 1831, membre du conseil d’amirauté en 1833, représentant de Toulon à la Chambre des députés, ministre de la marine de 1836 à 1839, enfin pair de France.

ROSA MON DE. V. Rosemonde.

ROSANS, ch.-l. de cant. (Ilautes-Alpes), arr. et à 62 kil. S.-O. de Gap; 513 hab.

ROSARIO, ou San-José de Cucuta, ou simplement Cücuta, v. de la Nouvelle-Grenade (Santander), à 53 kil. N.-E. de Pamplona, 400 de Santa-Fé-de-Bogota, sur le lîio-del-Oro. biége du congrès qui donna la première constitution à la Colombie, en 1821.

rosario (le), v. des Etats de la Plata (Santa-Fé), sur la rive dr. du Parana, à 320 kil. N.-O. de Buénos-Ayres, et 560 de l’Océan, avec un port de comm. très-fréquenté; 20,000 hab.

rosario (i.e), v. du Mexique (dép. de Cinaloa), sur une rivière de son nom, à 170 kil. S. de Culiacan; 5,600 hab. Mines d’or et d’argent aux environs.

ROSAS ou ROSES, anc. lihoda, v. forte d’Espagne (Catalogne), au pied des Pyrénées, dans la prov. et à 70 kil. N. -N.-E. de Girone, port sur le golfe de son nom dans la Méditerranée; pop. de la commune : 2,848 hab. On croit que cette ville fut fondée au xe siècle av. J.-C. par une colonie Khodienne. Elle fut très-florissante sous les Romains; prise par les Arabes en 713, elle leur fut enlevée en 797. Les Français s’en emparèrent en 1615, et la gardèrent jusqu’en 1693; ils l’occupèrent encore de 1695 à 1697, et de 1808 à 1814.

ROSAY. V. Rozoy.

ROSBACH, vge des Etats prussiens (Saxe), entre Naumbourg et Mersebourg. Victoire de Frédéric II sur le prince de Hildburghausen , commandant l'armée allemande, et sur un corps de 20,000 Français conduits par le prince de Soubise, le 5 nov. 1757. Les Allemands et le général en chef prirent la fuite dès le commencement de la bataille. Les 20,000 Français, avec quelques régiments autrichiens, soutinrent seuls l’eflort de l'armée prussienne, et perdirent presque tous leurs officiers. Une colonne élevée eu mémoire de cet événement fut abattue par Napoléon I' r, vainqueur à Iéna, en 1806.

ROSBELQUE ou RUOSEBEKE, vgede Belgique (Flandre occidentale), à 12 kil. N. -N -E. de Courtrai; 4,608 liab. Charles VI y défit les Flamands révoltés contre leur

comte Louis le Mâle et conduits par Philippe Arteveld, qui y fut tué, le 27 novembre 1382.

ROSCEL1N (Jean), philosophe scholastique, né en Bretagne au milieu du xie siècle, fut chanoine et professeur de théologie à Compïègne. 11 est le chef des Nominalistes ( V . Réalistes). Sa doctrine conduisait à la négation de la Trinité; elle fut combattue par S1 Anselme, et condamnée au concile de boissons en 1092. Il dut se réfugier momentanément en Angleterre.

RUSCIUS (Q.), célèbre acteur romain, né, à ce qu’on croit, sur le territoire de Lanuvium, vers l’an 624 de Rome, 129 av. J.-C., m. vers 62, eut un admirable talent dans la pantomime, et dut à ce talent une grande fortune.

roscil'S d’amékie, proscrit par Sy lia, et accusé de la mort de son père assassiné, fut défendu par Cicéron contre Chrysogonus, affranchi du dictateur.

RO>COE (William), littérateur anglais, né à Liverpool en 1752, m. en 1831, composait, dès l’âge de 16 ans, et sans avoir presque reçu d’éducation, des poésies estimables. Il fut tour à tour procureur, avocat, banquier. Député de Liverpool à la Chambre des communes eu 1806, il attaqua énergiquement la traite des nègres. On a de lui : Vie de Laurent de Médicis , trad. en français par Thurot, 1796, 2 vol. in-8°; Vie et pontificat de Léon X , 1805, trad. en français par Henry, 1813, 4 vol. in-8°.

ROSCOFF, brg (Finistère), arr. et à 30 kil. N.-O. de Morlaix; 1,269 hab. Port sur la Manche, formé par un môle long de 312 mètres. Commerce actif de cabotage; entrepôt de genièvre, rhum, thé, salaisons, bois du Nord.

ROSCOMMON, v. du centre de l'Irlande, cap. du comté de son nom, station du chemin de fer de Dublin à Mullingar, à 28 kil. N.-N.-O. d’Athlone ; 2,699 hab. Pauvre et mal bâtie. Ruines d’une abbaye et d’un château du xme siècle. Mauuf. de grosses laines, flanelles, souliers, etc. Commerce de blé. Donne le titre de comte à la famille Ddlun. — Le comté est à l’E. du Connaught, séparé, par le Shannon, du Leinster à l’E. ; entre les comtés de Leitrim au N.-E., de Sligo au N., de Mayo au N.-O., de Galloway à l’O. et au S.-O.; 225,522 hect.; 100 kil. sur 60; 156,154 hab. Sol montagneux au N., plat à l’E., très-fertile; beaucoup de marais. Pommes de terre. Elève de bestiaux. La fabr. de toiles a décliné. Villes princip. : Boyle, Castlereagh, Strokestown, Athlone (en partie).

roscommon (dildon wentworth, comte de), poëte, né en Irlande vers 1633, m. en 1684, était neveu de VVentworth, comte de Straftbrd et gouverneur de l’Irlande. En 1642, il alla compléter ses études en France, suivit les leçons de Bochart, voyagea en Italie, et ne rentra en Angleterre qu’après la restauration des Stuarts. Après avoir occupé un emploi à la cour de Charles II, il fut capitaine des gardes du duc d’Ormond en Irlande, puis s’attacha à la duchesse d’York. Jusqu’alors homme de plaisir, il commença de s’occuper de poésie. 11 a laissé un petit nombre de poèmes , parmi lesquels une traduction de l'Art poétique d’Horace; ils sont ordinairement publiés avec les œuvres de Rochester, et se distinguent par la correction.

ROSCREA, brg d’Irlande (Tipperary), à 71 kil. N. do Clonmel ; 3,543 hab. Distilleries. Ancien château -fort. Jadis évêché.

ROSE (Sainte), vierge, née à Lima en 1586, d’une famille originaire d’Espagne, m. en 1617, tomba dans la pauvreté, fut réduite à se faire servante, et entra dans le tiers-ordre de S*-Dominique. Elle fut canonisée par Clément X en 1671. Fête, le 30 août.

rose (Guillaume), fameux Ligueur, né en 1542 à Chaumont-en-Bassigny, d’une famille noble, m. en 1602, eut de grands succès dans la chaire chrétienne, devint prédicateur et aumônier de Henri III, grand-maitre du collège de Navarre en 1583, évêque de Senlis en 1584, montra envers le roi la plus odieuse ingratitude, mêla aux invectives qu’il proférait contre Henri IV l’apologie de Jacques Clément, et contribua, par ses déclamations, à entretenir la révolte des Parisiens. Banni de Paris quand Henri IV y entra, il s’attira, par de nouvelles attaques, une condamnation du Parlement. On lui attribue le libelle de Juslâ reipublicœ christianœ in recjes impios auctoritale , Paris, 1590, in-8®. B.

rose ( Toussaint), né en 1611, m. en 1711, secrétaire particulier de Mazarin , puis secrétaire du cabinet de Louis XIV, devint président à la Cour des comptes en 1661, et membre de l’Académie française. 11 fit rendre, en 1667, la déclaration en vertu de laquelle cette compagnie devait dorénavant être admise à haranguer le roi dans

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les occasions solennelles. Il imitait parfaitement l’écriture de Louis XIV, et plusieurs Lettres, qui passent pour être de la main de ce monarque, sont l’œuvre du secrétaire.

ros K (Jean-Baptiste), littérateur, né en 1714 àQuingey (Franche-Comté), m. en 1805, prit les ordres sacrés, et embrassa dans ses études l’histoire, la minéralogie, les mathématiques et l’astronomie. On a de lui : Traité élémentaire de morale, Besançon, 1707, 2 vol. in-12; la Morale évangélique comparée à celle des différentes sectes de religion et de philosophie, 1772, 2 vol. in— 12 ; Mémoire sur les /étals généraux et provinciaux des Francs et des Bourguignons, 1788, in-8»; l'Esprit des Pères , 1790, 3 vol. in-12.

rose (.Mont). V. ROSA.

rose (Ordre de la), ordre du Brésil, fondé, en 1829, par Don l’édro Ier, à l’occasion de son mariage avec Amélie de Leuchtenberg. L’insigne est une étoile à 6 rayons d’émail blanc bordés d’or, et suspendue à un rubau rose bordé de blanc; au milieu sont les lettres P. A. (Pédro et Amélie), avec l’inscription Amore fidelios.

rose d’or, bijou béni chaque année, le 4e dimanche de Carême, par le pape, et qu’il offre tour à tour à l’un des souverains catholiques de l’Europe. Elle eut plus d’une fois un caractère symbolique : ainsi, quand il y avait autrefois des contestations pour un trône, l’octroi de la rose d’or était comme une sanction du souverain pontife. 11 n’est point parlé de la Rose d’or avant le XIIe siècle.

ROSEAU (Le), ou Charlotte-toum , v. des Antilles anglaises, ch.-I. de la Dominique, sur la côte S. -O., où elle a un bon port, par 15» 18’ lat. N. et 63° 52’ long. O. ; 5,000 hab.

ROSEBECQUE. V. Rosbecque.

ROsE-CRÜIX (Frères de la), secte d’illuminés qui croyaient pénétrer les mystères de la nature ù l’aide d’une lumière intérieure, et qui tombèrent dans les erreurs de la magie et de l’alchimie. Répandus surtout en Allemagne, ils se donnaient pour fondateur un certain Roscnkreutz (c.-à-d. rose-croix), qui aurait vécu plus de cent ans, 1378- 1484, et rapporté de Turquie et d’Arabie une foule de secrets merveilleux. Leur véritable chef paraît être Jean- Valentin Andreæ ou André ( V. ce mot). On n’en rencontre plus aujourd’hui. V. Andreæ, Confessio Roseæ Crucis, 1615.

ROSE-11ILL, v. d’Australie , la même que Paramatta ( V. ce mot. ).

ROSELL1NI (Hippolyte), antiquaire, né àPise en 1800, m. en 1843, professeur de langues orientales, puis d’archéologie à l’Université de Pise, prit dans ses relations avec Champollion le goût des études hiéroglyphiques , reçut du grand-duc de Toscane, en 1828, la direction d une expédition scientifique qui visita l’Egypte de concert avec le savant français, et publia, toujours avec lui, les Monuments d'Egypte et de Nubie, 1833-45, 10 vol. in-8® et atlas, ouvrage terminé par ses amis après sa mort. t ROSE MONDE, ROSAMO.Ni/E ou ROSMONDE, fille de Cunimond, roi des Gépides, fut contrainte d’épouser le roi des Lombards, Alboin, vainqueur et meurtrier de son père, 567. Elle ne pardonna point à Alboin de l’avoir obligée de boire dans le crâne de Cunimond; après l’avoir fait tuer ( V. Alboin) en 573, elle se retira dans Ravenne avec Hémilchide, qu’elle épousa. Mais bientôt elle le trahit pour l'exarque Longin, et lui donna, au sortir d’un bain, un poison qu’Hémilchide, averti, la força d’achever elle-mêine, 573. Alfieri a écrit une tragédie de Bosmunda.

rosemonde, maîtresse du roi d’Angleterre Henri II, était fille de lord Walter Clifford, d’une illustre maison. Pour la garantir des ressentiments jaloux de la reine Eléonore de Guienne, Henri lui fit construire à Woodstock un asile mystérieux; il eut d’elle deux fils, Richard Longue-Epée, et Geoffroi, qui devint archevêque d’York. Rosemonde mourut vers 1173, tuée, dit-on, par Eléonore. Addison a fait des amours de Henri II et de Rosemonde le sujet d un opéra. M. Briffaut a publié un poème de Rosemonde , en 3 chants, et M. E. de Bonnechose, une tragédie de Rosemonde, jouée au Théâtre-Français en 1826.

ROSEN (Conrad, marquis de), né en Alsace en 1628, m. en 1715, s engagea à 13 ans dans les troupes saxonnes, alla ensuite rejoindre un de ses oncles, lieutenant-général au service de la Suède, et, condamné à mort pour un duel, s enfuit en France, où il servit dans la cavalerie. Il se distingua à l’attaque des lignes d’Arras, devint colonel d un régiment de sou nom, combattit vaillamment à oenef en 1674, tut nommé brigadier en 1675, maréchal de camp en 1678, défit les troupes brandebourgeoises à Minden et au passage du Wéser, 1679, et passa lieutenantgénéral en 1688, Commandant d’une expédition tentée en

faveur de Jacques II, il reçut de ce prince le titre de maréchal d’Irlande. Après s’être signalé encore à la bataille de Nenvinde, aux sièges de Charleroi et deNimègue, il fut nommé maréchal de France en 1703. B.

rosen de rosenstein (Nicolas), médecin suédois, né en 1706, m. en 1773, étudia à Lund et à Upsal, voyagea en Allemagne, en France et en Hollande, fut adjoint à la Faculté de médecine d’Upsal en 1731, nommé médocin du roi en 1734, professeur d’anatomie en 1740, contribua à propager en Suède la pratique de l’inoculation, et publia, entre autres ouvrages : Traité des maladies des enfants, Stockholm, 1774, traduit en français par Lefebvre de Villebrune, Paris, 1788, in-8»; Pharmacie domestique et de voyage, Stockholm, 1765, in-8».

ROSENAU , Rosnavia, en hongrois Rosnyo-Banya, v. de Hongrie, sur le Sajo, dans le comitat et à 35 kil. N.-N.-E. de Gœmœr; 6,000 hab. Evêché suffragant d’Erlau; séminaire; gymnases évangélique et de Prémontrés. Eaux minérales. Mines de mercure, cuivre, antimoine, manganèse. Forges; fabr. de toile, cire, papier, etc.

rosenau, v. de Transylvanie, à 11 kil. S.- O. de Kronstadt; 4,000 hab. Ane. château-fort, avec un puits creusé dans le roc à une profondeur de 152 mèt.

ROSENBERG , brg de Hongrie (Liptau), sur la Wang, à 26 kil. O. de Szent-Miklos ; 2,500 hab. Collège de Piaristes. Carrières de marbre noir. Sources acidulés. Entrepôt de sels. Près de là , ruines de la forteresse de Lihava .

Rosenberg, en polonais Olezno, v. des Etats prussiens (Silésie), à 53 kil. N.-E. d'Oppeln, sur la Stober; 2,700 hab. Comm. de bestiaux.

ROSENHEIM, v. de Bavière (Haute-Bavière), sur l’Inn, à 66 kil. S.-E. de Munich; 3,000 hab. Mlaî3 de sel et de cuivre. Source minérale et bains.

ROSENMULLER (Jean-George), théologien luthérien, né en 1736 à Ummerstadt , près d’Hildburghausen , m. en 1815, professa la théologie à Erlangen , Giessen et Leipzig. On lui doit : Scliolia in Novum Testamentum, Nuremberg, 1777-82, 6 vol. in-8», ouvrage d’exégèse estimé.

rosenmuller ( Ernest-Frédéric-Charles ) , orientaliste, fils du précédent, né en 1768 à Ilessberg, près d’Hildburghausen, m. en 1835, fut nommé en 1795 professeur extraordinaire de langue arabe à l'université de Leipzig , et obtint la chaire de littérature orientale en 1813. Depuis 1820 , il prit une part importante à la rédaction de la Gazette littéraire de Leipzig. On a de lui : Scholia in Velus Testamentum , Leipzig, 1788-1835, 25 vol. in-8»; Manuel bibliographique de la critique biblique et de l'exégèse, Gœttingue, 1797-1800, 4 vol.; Manuel d'arcliéologie biblique, Leipzig, 1823, 4 vol. in-8»; Analecles arabes, i 825-26 , 2 vol. in-4» ; Grammaire arabe, 1818, in-4», etc.

rosenmuller ( Jean-Christian ), anatomiste, né à Hessberg, près d'Hildburghausen, en 1771, m. en 1820, élève de l’université d’Erlangen , devint prosecteur à Leipzig en 1794, et professeur d'anatomie en 1803. L’anatomie lui doit plusieurs découvertes, entre autres celle de l’appareil situé dans les ligaments larges, et que l’on nomme Organe de Rosenmuller. Habile dessinateur, il a fait lui-même la plupart des planches que l’on trouve dans ses ouvrages, parmi lesquels ou remarque : De ossibus fossilibus animalis cujusdam , Leipz., 1794, in-4»; Organorum lacrymalium pnrtiumque externarum oculi descriptio anatomica, 1794, in-4»; Planches d’anatomie chirurgicale, en allemand et en latin, Weimar, 1805-1812, 3 part, in-fol.; Compendium anatomicum , ibid., 1819. D — G.

ROSENTHAL, vge de la Prusse (province de Hesse), à 12 kil. S.- S.-E. de Frankenberg; 1,600 hab. Ane. château de Schaumbourg.

ROSES, v. d Espagne. V. Rosas.

roses (Guerre des deux-), guerre civile qui désola l'Angleterre pendant la 2e moitié du xv‘ siècle, et qui eut pour cause la rivalité des maisons de Lancastre et d’York. Henri YI, qui représentait la première, portait dans son éeu une rose rouge, et le duc Richard d’York une rose blanche. La maison de Lancastre, issue de Jean de Gaunt, 3e fils d'Edouard 111, possédait le trône depuis la mort de Richard II , 1399, et avait donné 3 rois à l'Angleterre, Henri IV, Henri V et Henri VI. La maison d’York descendait d'Edmond de Langley, duc d’York, qui n’était que le 4e fils d’Edouard III; mais un mariage lui avait transmis les droits de la maison de Clarence, issue <fu 2e fils du même prince. Quand le gouvernement d'Henri VI fut devenu impopulaire par les revers des dernières années de la guerre de Cent-Ans, par le mariage du roi avec Marguerite d’Anjou , par la mort du duc de Glocester, Richard d’York songea à faire valoir les droits de sa fa-

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mille. De là la guerre des Deux-Roses, 1454. Les succès furent longtemps partagés; mais enfin la maison d’York triompha. | V . Henri VI, Edouard IV, Edouard V, Richard III). La victoire de Bosworth , 1485, rendit le trône à un prince issu des Lancastre , Henri Tudor ( E.Henri VII), dont lemariage avec Elisabeth d’York, fille d’Edouard IV, devait confondre les droits des deux maisons rivales. La guerre des Deux-Roses ruina l’aristocratie anglaise : décimés sur les champs de bataille, épuisés par la lutte, les nobles laissèrent le despotisme des Tudors s’établir et se consolider ; la nation entière l’accepta pour échapper à l’anarchie.

roses (Baillée des). V. baillée.

ROSETTE , anc. Bolbitinum , en arabe Rachid, v. de la Basse-Egypte, sur la rive g. de la branche occidentale du Nil, à 10 kil. de son eçnbouchure, à 50 kil. N.-E. d’Alexandrie ; 15,000 hab. Fabr. de coton, lainages, soieries, maroquins. Comm. de transit assez important , quoique déchu. Environs délicieux. — Elle fut fondée en 870 par les Arabes. Les Français l’occupèrent de 1798 à 1801 ; les Anglais tentèrent vainement de s’en emparer en 1807. On y a trouvé, pendant l’expédition française d’Egypte, 1799, un bloc de granit, dit Pierre de Rosette, et transporté depuis à Londres : il porte, sur l'une de ses faces, trois inscriptions superposées, dont deux en égyptien (l’une en caractères hiéroglyphiques ou sacrés, l’autre en caractères démotiques ou populaires) et la 3e en grec. Chacune de ces inscriptions exprime un même décret rendu à Memphis par les prêtres égyptiens en l’honneur de Ptolémée V Epiphane ; c’est en les comparant que Champollion a trouvé la clef des hiéroglyphes. M. Lepsius, de Prusse, en a trouvé un nouvel exemplaire à Philé, en 1844. On trouve l’inscription de Rosette, avec un commentaire de Letronne, dans les Fragmenta historicorum grœcorum de Didot, 1848, in-8°. V. de Saulcy, Analyse grammaticale du texte démolique du traité de Rosette, Paris, 1845, in-4°. B.

ROSHEIM, ch.-l. de cant. (Bas- Rhin), arr. et à 30 kil. N. de Schelestadt; 3,692 hab. Bâti au xne siècle, et jadis l’une des 10 villes libres impériales d’Alsace. Belle église. Eaux salines froides. Tissage de coton. Comm. de bestiaux et de grains. Rosheim fut dévasté par un incendie en 1835.

ROSIÈRE , nom donné à une jeune fille renommée pour sa sagesse, et qui, dans une fête annuelle instituée à Salency, en 535, par S1 Médard, évêque de Noyon , recevait des mains du saint évêque une couronne de roses blanches, et une dot de 25 livres. La fête se perpétua, et le seigneur de Salency remplaça l’évêque. Le village lui présentait trois jeunes filles, parmi lesquelles il choisissait la rosière. Il faisait annoncer son choix au prône, un mois à l’avance, afin que chacun pût le contrôler. La Rosière devait non-seulement être irréprochable de tous points, mais il fallait que tous ses parents, en remontant jusqu’à la 4e génération, le fussent aussi. Le 8 juin, jour de la Sl-Médard, le seigneur conduisait la jeune fille à l’église, où elle entendait les vêpres; au sortir des vêpres, on se rendait processionnellement à la chapelle de S'-Médard, où la couronne de roses était déposée sur l’autel. L’officiant, après l’avoir bénie, la posait sur la tête de la Rosière agenouillée, et lui remettait les 25 livres. On revenait processionnellement à la paroisse, où l’on chantait un Te Deum et une antienne à S*- Médard. Louis XIII, ayant une fois présidé, par procuration , au couronnement de la Rosière, joignit à la couronne un ruban bleu et un anneau d’argent. Des fêtes semblables furent établies dans plusieurs localités par des seigneurs de paroisse, et subsistèrent jusqu’à la Révolution. Dans les premières années du XIXe siècle, quelques communes rétablirent cette fête, en dotant de jeunes filles vertueuses à la condition de choisir un mari qui eût été militaire dans les armées françaises. Les anciennes rosières n’étaient pas fiancées; mais elles trouvaient ordinairement à se marier dans l'année.

ROSIÈRES , brg ( Haute-Loire ), arr. et à 1-5 kil. N.-E. du Puy -, 497 hab.

KOS1ÈRES-AUX-SALINES, vge (Meurthe), arr. et à 21 kil. S.-E. de Nancy, sur la rive g. de la Meurthe et le chemin de fer de Paris à Strasbourg; 2,000 hab. Dépôt d’étalons. L’exploitation des salines a cessé en 1760.

RosiÈRES-EN-SANTERRE, ch.-l. de cant. (Somme), arr. et à 24 kil. E.-N.-E de Montdidier; 2,390 hab. Filatures Üe laines, fabr. de calicots.

ROM ERS, vge (Corrèze), arr. et à 24 kil. N.-O. de Brive-la-Gaillarde; 547 hab.

rosiers (les), brg (Maine-et-Loire), arr. et à 20 kil. N.-O. de Saumur, sur la rive dr. dè la Loire; 1,038 hab.

Magnanerie.

ROS

ROSILY-MESROS (François-Etienne , comte de), né à Brest en 1748, m. en 1832, entra tout jeune dans la marine, fut nommé lieutenant de vaisseau en 1778, commanda en 1781 la frégate la Cléopâtre, sur laquelle le bailli de Suffren fit la guerre des Indes, obtint à son retour le grade de capitaine, et, après diverses missions politiques et commerciales dans les mers de l'Inde et de la Chine, reçut, en 1790, le commandement de la station de l’Inde. Contre-amiral en 1793, puis directeur des cartes et plans de la marine, vice-amiral en 1796, commandant de l’armée navale de Cadix en 1805, il ne put arriver à temps pour empêcher le désastre de Trafalgar, resta bloqué deux ans par les Anglais dans le port de Cadix, et devint en 1811 président du conseil des constructions navales. C’est à lui qu’on doit l’organisation du corps des ingénieurshydrographes de la marine. B.

ROSIN (Jean), Rosinus, en allemand Roszfeld, antiquaire, né à Eisenach en 1551, m. en 1626, renonça à l’enseignement pour la carrière évangélique, et fut attaché depuis 1592 à la cathédrale de Naumbourg comme prédicateur. On a de lui : une édition de la Chronique de W. Drechsler, continuée depuis 1550; un recueil de divers opuscules allemands de Luther, Leipzig, 1596, in-8°; Antiquilalum romanarum corpus, Bâle, 1583, in-fol., ouvrage un peu élémentaire , et arriéré sur beaucoup de points.

ROSKILDE. V. Rœskjlde.

ROSLAU , v. du duché d’Anhalt, située à 4 kilom. N.- N.-E. de Dessau, sur la rive dr. de l’Elbe; 1,500 hab Château et haras ducal.

ROSLAVL, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 122 kil. S. de Smolensk ; 4,000 hab.

ROSL1N, vee d’Ecosse, comté et à 12 kil. S.- O. d’Edimbourg , sur le North-Esk. Belle église, fondée en 1440 par W. Sinclair, roi des Orcades. Les Anglais y furent battus par les Ecossais en 1302.

ROSMINI (Charles de), biographe italien, né en 1758 à Roveredo, m. en 1827, a laissé: Vie d’Ovide, 1792 et 1821 ; — de Sénèque, 1793; — de Viclorin de Fellre, 1801 ; — de Philelphe, 1803; — de Guarini de Vérone, 1805; — de J.- J. Trivulce, 1815; Histoire de Milan jusqu'en 1735.

rosmini-serbati (Antonio), philosophe, né en 1797 à Rovereto, dans le Tyrol italien , m. en 1855, eut de bonne heure une vocation marquée pour l’état ecclésiastique. Il alla s’y préparer à Padoue, et fut ordonné prêtre en 1821. Déjà, à cette époque, il avait publié quelques opuscules religieux et littéraires; il continua d’écrire presque sans relâche, principalement sur la philosophie. Son but avoué était de ramener les savants à la religion , et les catholiques à la science; aussi s’attacha-t-il à ne jamais sortir de la foi orthodoxe, et, deux opuscules de lui ayant été mis à l’index, il se soumit humblement, llosmini eut pour adversaire Gioberti , ainsi que Lamennais, qu’il avait inutilement essayé de ramener à ses premiers sentiments. Dès 1828, il fonda, sur le calvaire de Domo d’Ossola, un ordre nouveau, l'Institut de la Charité; cet ordre contient des laïques et des prêtres, qui font vœu de pauvreté, mais conservent l’existence légale et le droit de posséder ; il fut approuvé, onze ans plus tard , par Grégoire XVI , qui en nomma général le fondateur lui-même. Cette création fut complétée par celle de l'ordre des Sœurs de la Providence, que Rosmini dirigea pareillement , après avoir exercé, par soumission à l’autorité ecclésiastique, les fonctions d’archiprêtre dans son pays natal. En 1848, il se rendit à Rome avec une mission du ministère sarde. Nommé cardinal, il refusa cette dignité, mais demeura au service du pape, qui le nomma son ministre de l’instruction publique, dans le ministère présidé par Rossi. Après l’assassinat de ce dernier, il suivit Pie IX à Gaëte, et il ne le quitta, en 1849, que pour se retirer à Stresa, où il est mort. Ses principaux ouvrages sont : Essai sur la Félicité ; De l'éducation; Essai sur la divine Providence ; Principes de la science morale ; les Cinq plaies ; Histoire comparative des systèmes ; Philosophie de la politique; Traité de la conscience; Anthropologie; Philosophie du droit ; Opuscules moraux; Théodicée; Psychologie ; Renovation de la philosophie; Introduction à la pltilosophie ; Logique. Tous ces travaux réunis ne forment pas moins de 30 volumes. Le dernier écrit sorti de cette plume féconde est la préface d’un ouvrage qu’il devait publier dans la Rivista contemporanea de Turin , sous ce titre : Exposition et examen de la doctrine d'Aristote. L’élévation de la pensée et la vigueur de la logique, qui sont, avec une langue ferme et correcte, les principaux caractères du talent de l’abbé Rosmini , font de lui un des plus grands philosophes du xi.\e siècle. P — s.

ROSMONDE. V. Rosemonde.

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