‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 433 sur 864 · EOS · texte numérisé non relu

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ROSN'AY, vge (Aube), arrondissement et à 31 kil. N. -O- de B.tr-sur-Aube; 568 hab. Le 2 février 1814, beau combat de Marmont, qui, avec 4 ou 5,000 hommes, passa sur le corps de 25,000 Bavarois.

ROSNAVIA , nom latin de Rosenac

ROSNY, vge (Seine-et-Oise), arr. et à 7 kil. O. de Mantes, sur la rive g. de la Seine et le chemin de fer de Paris à Rouen ; 675 hab. Beau château où naquit Sully, et où Henri IV se retira après la bataille d’Ivry; il a appartenu à la duchesse de Berry, qui y fonda un hospice.

rosny, vge (Seine), arr. et à 24 kil. N.-E. de Sceaux, à 10 kil. E. de Paris, entre Montreuil et Bondy; 1,234 hab. Il a un fort, construit en 1842, et qui fait partie des ouvrages de défense de la capitale.

ROSPORDEN, ch.-l. de cant. (Finistère), arr. et à 20 kil. S.-E. de Quimper, sur le bord d’un vaste étang; 870 hab. Château de Caot-Canton aux environs.

ROSS (John), capitaine de la marine royale anglaise, né en 1777, m. en 1856, s’est rendu célèbre par deux expéditions dans les mers polaires arctiques, en 1818 et en 1829. Il était chargé de chercher un passage entre l'Atlantique et l’océan Pacifique par le N.-O. de l’Amérique. Dans son 1er voyage, où il avait deux navires, il explora le littoral occidental du Groënland, entre 74° 30’ et 77° 40’ lat. N. , puis le littoral septentrional, dans l’angle N.- E. de la mer de Baftin , mais ne put reconnaître qu’imparfaiteraent le Lancaster-Sund et le détroit de Cumberland au N. de la mer d'Hudson. La relation qu’il publia à Londres en 1819 , a été trad. en français par Defauconpret, sous le titre de Voyage vers le pôle arctique, 1819, in-8°. Il entreprit sa 2e expédition à ses frais, avec un bateau à vapeur pourvu de vivres pour trois ans, pénétra au S. -O. du Lancaster-Sund, dans la passe du Prince-Régent, où il découvrit le golfe de Boothia, et trouva, sur l’ile principale de l’archipel du même nom , le pôle magnétique boréal. Il passa trois hivers dans ces climats glacés, perdit son navire dés la troisième année, et continua son voyage sur des chaloupes, en luttant avec une constance et une énergie que rien ne put vaincre, contre des périls et des souffrances inouïs. Ce ne fut qu’après le 4' hiver qu’un navire de Hull vint le délivrer, lui et ses compagnons, et les ramena eu Angleterre en 1833. Ross a donné de cette expédition un récit très-intéressant, qui a été encore traduit par Defauconpret, sous le titre de Relation du second voyage f ail à la recherche d'un passage au pôle iV.-O. par sir John Ross, Paris, 1835, 2 vol. in-8°. B.

ross, brg et paroisse d’Angleterre, comté et à 22 kil. S.-E. de Hereford, sur la Wye; 4,000 hab. Belle église. Cidre renommé.

ross, vge et paroisse d’Irlande, comté et à 45 kil. S. O. de Cork, sur une baie de son nom; 1,600 hab. Evêché fondé au vie siècle, et réuni en 1586 à celui de Cork. Collège célèbre.

ross, brg d'Irlande, comté et à 31 kil. O. de Wexford, sur le Barrovv ; 7,600 hab. Comm. de laine, beurre, lard, grains.

ross (Comté de), capitale Tain; comprenant l’extrémité N. de l’Ecosse, d’une mer à l’autre, entre le détroit de Minsh à l’O. et le golfe de Murray à l'E., et les îles Skye, Lewis, etc., dans les Hébrides. Sa partie continentale est entre les comtés de Sutherland au N. et d’Iuverness au S. Le comté de Cromarty y est enclavé. Superf.: 85,680 hect.; 140 kil. sur 80. Pop.: 81,500 hab. Beaucoup de golfes et de baies. Le N. et le centre sont granitiques. Climat humide à l’O. Contrée sauvage au centre. Elève de bestiaux. Pas d’industrie.

ROSS.-tNO, anc. Rossinnum , v. du royaume d’italie (Prov. de Cosenzal, à 6 kil. de la mer Ionienne et 45 kil. N.-E. deCosenza ; 13,686 hab. Archevêché. Elle fut fondée par les Œnotriens, restaurée par les Romains, et reçut ^ine colonie de Totila, roi des Ostrogoths. Patrie du pape Jean XVII.

ROSSBACH. V. Rosbach.

ROSSEL, v. des Etats prussiens (Prusse), à 97 kil. S.-S.-E. de Kœnigsberg, sur la Zain; 2,900 hab. Draps et toiles. — Fondée en 1337.

ROSSELLI (Cosme), peintre, né à Florence en 1416, m. en 1484, fut employé par Sixte IV aux décorations de la chapelle Sixtine à Rome. Il est principalement connu par son tableau du Miracle du St-Sacrement , dans l’église St-Ambroise, à Florence. On voit de lui au musée du Louvre un tableau peint sur bois, la Vierge présentant son fils à l'adoration des Anges, de Ste Madeleine et de St Bernard.

rosseli.i ( Matteo), peintre, né à Florence en 1578, m. en 1650, élève de Pagani et de Cresti, exécuta beaucoup de fresques dans les palais du duc de Modène et du grand-

duc de Toscane Cosme II , et ouvrit une école qui fut trèsfréquentée. On cite comme ses chefs-d’œuvre la Naissance de J.-C., et le Crucifiement de St André. Le musée du Louvre possède de lui le Triomphe de David sur Goliath, et la Vierge et les Anges apportant des fleurs et des fruits à l’enfant Jésusassis sur les genoux de St Joseph.

IlOSSET (Joseph), sculpteur, né à S‘-Claude en 1706,. m. en 1786, se forma sans maître. Un buste de Voltaire commença sa réputation. Il a surtout exécuté en ivoire beaucoup de vierges et de sujets religieux, d’un faire trèsdélicat.

rosset ( Pierre-Fulcrand), poëte, né à Montpellier vers le commencement du xville siècle, m. en 1788, était conseiller à la cour des Aides de sa ville natale, et consacra ses loisirs à la culture de la poésie. Il a laissé un poème didactique intitulé V Agriculture; l’ouvrage parut en 6 chants, Paris, 1774, in-4°; puis, en 1782, l’auteur y en ajouta 3 autres. Les sujets sont : les champs, les vignes, les bois, les prairies, les troupeaux, la basse-cour, les plantes et le jardin potager, les étangs, les viviers et les jardins chinois ou anglais. Ce poëme est froid et monotone; la versification est dénuée de poésie, mais assez pure et assez correcte, et l’on trouve beaucoup de morceaux très-bien faits.

ROSSI , nom d’une famille illustre qui , après avoir été longtemps à la tête du parti guelfe à Parme, fut poussée par les persécutions du cardinal-légat Bertrand du Pouget à faire cause commune avec les Gibelins. Pierre de Rossi , qui en était le chef, fut chassé de Parme, y rentra en 1333 avec l’appui du roi Jean de Bohême, fut encore dépossédé en 1335 par Mastino de la Scala, servit contre ce seigneur dans les troupes de Florence, lui prit Padoue en 1337, mais fut tué au siège de Monselice, 1338. Sa famille rentra à Parme peu de temps après.

rossi (Antonio), peintre de l’école vénitienne, né vers la fin du xive siècle à Zoldo, dans le Padouan, fut le 1er maître du Titien. On ne connaît de lui que quelques tableaux en 'détrempe.

rossi ( Propertia de’), née à Bologne en 1540, m. en 1591, s'appliqua avec succès à la sculpture. Elle exécucutait, sur des noyaux de fruits, de petits sujets d’une extrême délicatesse : on cite une Passion de J.-C., sculptée sur un noyau de pêche. Elle fit aussi deux statues en marbre pour la façade de l’église Sl-Pétrone. Dédaignée par un jeune homme dont elle était éprise, elle voulut éterniser son malheur dans un bas-relief en marbre, qqi est son chef-d’œuvre, Joseph rejetant les offres de la femme de Putiphar.

rossi ( Jérôme) , en latin Rubeus ou De Rubeis, né à Ravenne en 1539, m. en 1607, se livra simultanément à la médecine et aux travaux littéraires, fut chargé en 1604 d’une mission par ses concitoyens auprès de Clément VIII, et refusa la place de médecin de ce pontife. On a de lui : Historiarum Ravennarum libri X, Venise, 1572, in-fol.; Vita Nicolai papœ IV, Pise, 1761, in-8° ; De Dislillalione liber , Ravenne, 1582, in-4°, etc.

rossi ( Bastiano de’), dit V Inferrigno, en latin Ferreus, un des fondateurs et le premier secrétaire de l’Académie délia Crusca à Florence, est connu par son animosité contre le Tasse. Il a publié plusieurs éditions du Dictionnaire de la Crusca, Venise, 1612 et 1613.

rossi (Jean-Victor), dit Janus Nicius Erythrœus , biographe et philologue, né à Rome en 1577, m. en 1647, étudia les belles-lettres chez les Jésuites et le droit sous Lépide Piccolomini. 11 écrivait bien en latin , mais n’avait pas beaucoup de science et encore moins de jugement. On a de lui, entre autres ouvrages : Pinacotheca virorum illustrium, Cologne, 1643, 3 parties in-8°, panégyrique sans mesure comme sans impartialité, non - seulement des hommes véritablement illustres dont il écrit la vie, mais encore d’une foule de personnages du mérite le plus contestable; Orationes, Rome, 1603, in-8° ; Eudemiœ libri VIII Leyde ou Amsterdam, 1637, in-12, satire contre la cour dé Rome; Dinlogi, Paris, 1642, in-8°, et Amsterdam, 1645-49, 2 vol. in-8°. c. N.

rossi (Jean-Antoine de), architecte, né à Rome en 1616, m. en 1695, se forma sans maître et par la seule contemplation des chefs-d’œuvre qu’offre sa patrie, et fut même obligé, pour exprimer ses pensées, d’emprunter une main étrangère. Il a construit le palais d’Este | auj. Rinuccini ), celui d'Altieri au Jésus . l’hôpital delle Donne à Sl-Jean-de-Latran , et l’église Sl-Pantaléon. B.

rossi (Mathias), né à Rome en 1637, m. en 1695, remplaça le Bernin, son maître, comme architecte de St-Pierrede-Rome. Ses principaux ouvrages sont le mausolée de Clément X, et la façade de l’église Santa-Galla.

rossi (Pascal de), dit il Pasqualino , peintre, né à

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Vicence en 1641, excella à représenter des scènes de jeux, des concerts, des conversations, et autres petits sujets dans le genre flamand.

kossi (le comte IVllegrino), économiste et diplomate, né à Carrare en 1787, m. en 1848, eut fort jeune de grands succès au barreau de Bologne, et , à l’âge de 27 ans, fut chargé du double enseignement de la procédure civile et du droit pénal à l’université de cette ville. Obligé de s’éloigner en 1815 à cause de son attachement au parti français, il s’établit à Genève, y ouvrit des cours libres, que l’on suivit avec ardeur, et reçut , en 1819, avec le droit de bourgeoisie, une chaire de droit romain. Dès l’année suivante, il entra au conseil représentatif de Genève, où il prit part à la confection des lois sur la liberté de la presse, la publicité des hypothèques, les règles du contentieux administratif, la distinction du mariage civil et du mariage religieux. L’éclat de son enseignement se refléta en même temps dans une publication périodique, les Annules de législation et d'économie politique, 1819-21. En 1832, Rossi fut député du canton de Genève à la Diète chargée de réviser le pacte fédéral : le projet de constitution qu’il proposa fut adopté par l’assemblée; mais la majorité des communes ne l'ayant pas sanctionné, par défiance contre les idées françaises qui l’avaient inspiré, il quitta la Suisse, 1833, accepta la chaire d’économie politique au Collège de France, se fit naturaliser français, fut nommé professeur de droit constitutionnel à la Faculté de Paris en 1834, membre de l’Académie des Sciences morales en 1836, pair de France en 1839, et membre du Conseil royal de l’instruction publique en 1840. Comme professeur, il obtenait les mêmes succès qu’en Suisse : il savait saisir les principes généraux, les exposait avec clarté, les soumettait dans les moindres détails à une analyse pénétrante. Economiste, il comprenait et jugeait avec respect le passé, trouvait dans l’histoire et la philosophie les raisons du présent , et avait des théories élevées dans leurs principes, exactes et sûres dans tous les détails d’application. A la Chambre des Pairs, il prit part aux lois sur le renouvellement du privilège de la Banque en 1840, sur l’organisation du régime financier des colonies en 1841, sur la publicité du système hypothécaire en 1842, sur les chemins de fer, sur le travail des enfants dans les manufactures, sur l’instruction secondaire en 1844 , etc. En 1845, Rossi fut envoyé à Rome, d’abord comme ministre plénipotentiaire, puis comme ambassadeur ; il obtint quelques concessions relativement au séjour des Jésuites en France. La révolution de Février 1848 le rendit à la vie privée; en septembre, il accepta la direction du ministère du pape Pie IX, et, le 15 novembre, fut assassiné par un républicain fanatique. Outre un grand nombre d’articles insérés dans les recueils périodiques, on a de Rossi : Traité du droit pénal, 1829, 3 vol. in-8°, où il concilie le principe d’utilité de Bentham avec celui de la justice absolue, et où l’on remarque surtout la partie qui concerne la complicité; Cours de droit constitutionnel , 1835-36, recueilli par la sténographie et incomplet; Cours d’économie politique, 1840-54,4 vol. in-8°, où il résume, éclaircit et concilie les théories antérieures. Son style a de l’élégance, de la finesse, et de la fermeté. On a de lui des Mélangés, 1857, g vol. in-8u. F. M. Mignet, Notices historiques , t. Ier. B.

ltossi I La comtesse). V. sontag.

ROSSIANUM, nom anc. de rossano.

ROSSIEXY, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 200 kil. N.- O. de Wilna; 5,000 hab. Anc. capitale de la Samogitie. Siège de l’évêque catholique de Samogitie. Collège de Piaristes.

ROSSIGNOL (Jean-Antoine), né à Paris en 1759, m. en 1802, ouvrier orfèvre à l'époque de la Révolution , se dit un des vainqueurs de la Bastille, prit rang parmi les plus furieux démagogues et les meneurs d’insurrections des faubourgs, fut nommé, en 1793, lieutenant-colonel d’une légiou de gendarmerie en Veudée sous les ordres de Birm, devint bientôt général de l’armée dite des côtes de ta Rochelle , bien qu'il fût d’une profonde incapacité, n’éprouva que des échecs, fut plusieurs fois destitué et toujours replacé par le crédit de Robespierre, perdit enfin tout commandement à la chute de ce protecteur, fut incarcéré à liant, recouvra la liberté lors de l'amnistie du 4 brumaire (26 octobre 1795), comparut devant la hautecour de Vendôme en 1796 comme complice de Babeuf, s’échappa de prison, reparut après ie 18 fructidor, fut envoyé par le Directoire contre Picheeru, et figura sur la liste de déportation après le 18 brumaire; lors de l’attentat de la machine infernale, attentat dont on le crut complice, il fut mis sur la liste de déportation, transféré aux îles Seychelles, et mourut à Anjouan. B.

ROSSO (Le), dit communément maitre Roux, peintre célèbre, né à Florence en 1496, m. en 1541, se forma en étudiant les grands maîtres, notamment Michel-Ange, le Parmesan, et André del Sarto. Pris par les Allemands au sac de Rome en 1527, dépouillé de ce qu’il possédait, il se réfugia successivement à Borgo San-Sepclcro, à Arezzo et à Venise. François 1er l'appela en France, et lui confia la direction de tous les travaux d’art au château de Fontainebleau. La grande galerie de ce château fut construite sur ses dessins, et ornée par lui de peintures, de frises et de riches ornements en stuc, ouvrages détruits auj. pour la plupart. Le Primatice, son rival, devait en faire détruire un grand nombre après sa mort, sous prétexte d’agrandir les bâtiments. Le ltosso fut récompensé de ses travaux par un canonicat à la Sle-Chapelle. Désespéré d’avoir accusé son ami Pellegrino de lui avoir volé une somme considérable, et l'innocence de Pellegrino ayant été reconnue après qu’il eut subi la torture, Le Rosso s'empoisonna. Une grande entente du clair-obscur, beaucoup de hardiesse et de variété dans la disposition des groupes, une couleur brillante, mais peu de vérité dans l’imitation de la nature, tels sont les principaux traits de sa manière. On cite, parmi ses compositions : T Assomption de la Vierge, dans le cloître de la Nunziata à Florence; la Transfiguration, à Città-di-Castello ; la Vierge accompagnée de plusieurs saints, au palais Pitti de Florence; une Descente de croix, dans l’église de Ste-Claire à Borgo-San- Sepolcro ; la Vierge recevant les hommages de Ste Elisabeth , et un Chrisl au tombeau, au musée du Louvre. B.

ROSSWE1N, v. du royaume de Saxe, à 13 kil. O. de Nossen, sur la Mulde; 6,401 hab. Fabr. de draps, teintureries; exploitation de terre à foulon.

ROSTAM ou ROSTAN. V. Roustam.

ROSTAMIDES. V. Roostamiues.

ROSTOCK, v. murée et capitale du grand duché do MecUlembourg-Schwérin, dans le duché et à 66 kil. N.-E. de Schwérin, port sur la Warnow, à 16 kil. de son embouch. dans la Baltique; 26,322 hab. Cour civile; université fondée en 1419, avec bibliothèque, jardin botanique et collections scientifiques. Gymna.-e; Bourse, hôtel des monnaies, école de commerce. Hospice d’aliénés. Un remarque l’église Sl-Martin et le palais ducal. Industrie importante des lainages; brasseries, distilleries d’eau-de-vie, fabr. de vinaigre, savon, couleurs, etc. Chantiers et ateliers de construction. Armements pour la pêche. Export, de grains, eaux-de-vie, lames, draps, chevaux. Chemin de fer sur Berlin et Hambourg. — D’origine fort ancienne, mais longtemps peu importante, Rostockdevint, au moyen âge, l’un des bons comptoirs hanséatiques, avec des privilèges et des franchises qu’elle conserva même sous la domination des ducs de Mecklembourg. Patrie de B ûcher.

ROSTOFF. V. Rostov.

EO'TUPCUIN (Le comte F'édor), général russe, né en 1765 près de Tvver, m. en 1826, était, à 21 ans, lieutenant dans la garde impériale. Gentilhomme delà chambre sous Catherine II, aide-de-camp général, ministre des affaires étrangères et directeur-général des postes sous Paul 1er, il fut disgracié par ce prince à cause de la hardiesse de ses opinions, puis rappelé par Alexandre 1er. Gouverneur de Moscou en 1812, il fit mettre le feu à cette vil e lors de l’entrée des Français. Ce fait a été nié par lui dans une brochure : la Vérité sur l'incendie de Moscou , Paris, 1823; mais les raisons qu’il allègue sont peu vraisemblables.

ROSTOV, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 66 kil. S.-S.-U. d’iaroslav, sur le lac Nero ; 6,000 hab. Archevêché. Fabr. de toiles, vermillon, vitriol ; fonderies de suif, tanneries. Coumi. de grains, cuirs, cire, miel. Foire très-importante. — Rostov fut jadis capitale d’une principauté indépendante occupée par des descendants de Rurik, dont les princes Labanuft-Rostovsky sont issus.

rostov, v. et port de la Russie d’Europe, (lékatérinoslav), sur le Don, à 44 kil. S.-O. de Novo-Tohcrkask; 12,431 hab. Comm. de céréales, graine de lin, suif, peaux, salaisons. Lavoirs de laines. Chantiers de construction. Cabotage important.

ROSI RALE. V. Colonnes et Couronnes.

ROSTRENEN, ch.-l. de cant. (Côtes-du-Nord), arr. et à 50 kil. S.-O. de Guiugamp; 1,297 hab. Comm. de miel.

ROSTRES, Rosira, célèbre tribune au milieu du Forum romain, dans le Comitium , et du haut de laquelle on parlait au peuple dans ses assemblées. C’était un grand piédestal en pierre, haut de 2 mèt., environ, et sur lequel cinq on six personnes pouvaient tenir. Le nom de Rostres lui fut donné l'an 416 de Rome, 337 av. J.-C., parce qn’alors le consul Mcenius l’orna, à sa base, de rostres de navires, trophées d’une victoire navale, gagnée par lui sur les

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Antiates. César transporta les Rostres à l’extrémité occidentale du Forum, au pied du mont Capitolin. C. D — y.

rostres (Nouveaux) ou rostres juliens, décoration de rostres, trophées de la bataille d’Actium, ajoutées par Auguste à la base du temple de J. César, sur le Forum romain. C. D — y.

ROSWEYDE (Héribert), hagiographie, né à Utrecht en 1569, in. en 1629, entra chez les jésuites, et enseigna la philosophie et la théologie à Douai, puis à Anvers. On a de lui : une édition des OEuvres de St Paulin ; Fasli sanc— torum, Anvers, 1607, in-8°, ouvrage qui a fourni à Hollandus le plan des Acta sanctorum; Vilæ patrum, ibid., 1615, 1617, 1718, in— fol.; Vindicte Kempenses, 1617, écrit de controverse sur le véritable auteur de V Imitation de J.-C., etc. B.

ROTA (Bernardino) , poëte napolitain, né en 1509, d’une illustre famille, m. en 1575, est le premier qui ait ■écrit en italien des églogucs de pêcheurs, Naples, 1560, in- 8°; de là son surnom de créateur du genre piscatoresque : ce sont de charmants tableaux. On a de lui encore un recueil de canzones et de sonnets que sa femme a inspirés, et qui l'ont fait placer immédiatement après Pétrarque, mais cependant bien au-dessous. On y relève un peu d’all'éterie et des concetti. La meilleure édition de ses Œuvres a été donnée par Mazio, Naples, 1726, 2 vol. in-8°. B.

rota, v. d’Espagne (Andalousie), dans la prov. de Séville, en face de Cadix; 7,256 hab. Port sur l’océan At'aniiqne. Vins estimés.

ROTALGENSIS, nom latin de Ruetl.

ROTAKI (Pietro), peintre, né à Vérone en 1707, m. en 1764, fut attaché à la cour de Russie. Ses tableaux pèchent par un coloris grisâtre, mais se recommandent par l’entente et l'harmonie On cite le Repos en Egypte, à Dresde ; le Voile , à Vienne; une Annonciation, à Guastalla; un St Louis et une Nativité de la Vierge, à Padoue. Il a aussi gravé à l'eau-forte avec succès. B.

ROTE l de rota, ruota, roue), nom donné autrefois à plusieurs tribunaux en Italie, soit parce que les juges y siégeaient tour à tour ou étaient assis en cercle, soit parce que les affaires y passaient à tour de rôle, soit enfin parce que le pavé de la chambre de justice représentait une mosaïque en forme de cercle, ou était composé de pièces de porphyre taillées en forme de roues. On appelle auj. auditeurs de la Rote, les douze docteurs ecclésiastiques qui forment le tribunal de la Rote à Rome, institué par le pape Jean XXII pour juger des matières bénéficiâtes. B.

rote, anc. instrument de musique, parait avoir eu de l’analogie avec la vielle moderne.

KO l'LLLO, v. du îoy. d’Italie iProv.de Campo-Basso), à 11 kil. S.-li. de l.arino; 2,289 hab. Bâtie, dit-on, avec les ruines de Çliternium et de Teanum Apulum.

ROTH, c.-à-d. rouge en allemand, entre dans la composition de beaucoup de noms géographiques.

ROTH A RIS, (je roi des Lombards, 636-52, était duc de Brescia quand Gondeberge, veuve d’Arioald, l’éleva au trône en l'épousant. 11 enleva la Ligurie à l'empire grec, 640, et publia le Code lombard, 643, amélioré ensuite par Grimoald et Luitprand. Arien, il laissa dans chaque diocèse un évêque catholique avec un évêque arien.

ROTHEHUTTE. V. Elbingerode.

ROTHEL1N (Charles d’ori.éans de ), littérateur, descendant de Danois, né à Paris en 1691, m. en 1744, prit les ordres sacrés, devint l’ami du cardinal de Polignac, qu'il accompagna à Rome en qualité de conclaviste, et rapporta d’Italie une collection de médailles, que sa passion pour la numismatique lui fit augmenter au point d’en former un très beau cabinet, qui est auj. à l’Eseurial. Il fut reçu à l'Académie française en 1728, et à celle des Inscriptions en 1732. Le cardinal de Polignac le chargea, en mourant, de réviser son poème de VAnti- Lucrèce; Rothelin y mit tous ses soins, et n’eut pas lui-même le temps de le publier : il confia ce soin à Lebeau.

ROTHENBERG, vge du royaume de Wurtemberg (Neckar), sur la montagne de son nom, à 8 kil. E. de Stuttgard; 600 hab. Aux environs sont les ruines du château de Wurtemberg, berceau de la famille royale de ce pays.

ROTHENBERG. V. aussi ROUGEMONT.

ROTHENBOURG, v. de la Prusse (province de Hesse), sur la Fulde, à 50 kil. S -S.-E. de C'assel; 3,650 hab. Ch.-l. de cercle; anc. château des laudgraves de Hesse- Rothenbourg. Récolte de vins. Fabr. de sucre de betteraves, tanneries.

ROTHENBOURG, v. de Bavière (Franconie-moyenne), sur la Tauber, à 30 kil. O.-N.-O. d’Auspach; 6,000 hab.

Gymnase.Fahr. de draps et flanelles, teintureries. Comm. de grains et de vin. Eaux minérales.

rothenbourg, v. du Wurtemberg (Forêt-Noire), à 11 kil. S. -O. de Tubingue, 47 de Stuttgard, sur le Neckar; 6,000 hab. Evêché catholique. On remarque le palais épiscopal (anc. collège des Jésuites), et le château des comtes de Hohenberg.

ROTHERHA.M, brg et paroisse d’Angleterre (York), à 10 kil. E.-N.-E. de Shefifield, dans le West-Reading, au confluent de la Rother et du Don ; 10,500 hab. Beau pont, belles églises gothiques. Usines à fer, fabr. de quincaillerie, corderies, huileries, brasseries. Exploit, de houille.

ROTHERH1 TE, vge d’Angleterre ( Surrey ), sur la rive dr. de la Tamise, tout près de Londres; 13,000 hab. Chantiers de construction. Tombeau de Li-Bou, prince des îles Pelew, qui y mourut en 1784. En face de liotherhite, s’ouvre le tunnel de la Tamise ( V . Tunnel).

ROTHERTHUM , défilé des Karpathes. entre la Transylvanie et la Valaehie, à 2 kil. S.-E. d'Hermanstadt. Il est défendu par t.n château-fort, et traversé par l’Aluta.

ROTHESAY. V. Rotiisay.

ROTHFELD, c.-à-d. Champ rouge, lieu près de Colmar, changea son nom, au temps de Louis le Débonnaire, en celui de Lugenfeld ( V. ce mot).

ROTHIEKE (La), vge (Aube), arr. et à 18 kil. N. -O. de Bar-sur-Aube;152 hab. Combat sanglant entre Napoléon Ier et les alliés, le 1er février 1814. L’armce française avait 36,000 hommes, et les alliés 106,000. Napoléon dut se replier sur Troyes.

ROTHOUMA, île de la Polynésie, dans les Sporades océaniennes; par 12° 30’ lat. S., et 174° 56’ long L.; 32 kil. de tour; 4,000 hab. Végétation très-riche : ignames, patates, bananes.

KUTHSAY, v. d’Ecos9e, capitale du comté de Bute, sur la côte E. de l’ile de Bute, à 50 kil. O. de Glasgow; 7,120 hab. Vieux château, anc. résidence des rois d’Ecosse, dont l’héritier présomptif a été longtemps nommé duc de Rothsay. Patrie de Jean , comte de Bute , favori de Georges III , et du mathématicien Mathieu Stewart.

ROTHSCHEN-SALM , v. forte de la Russie d’Europe ( Finlande), sur une ile à l’embouchure de la Kymène dans le gclfe de Finlande , à 15 kil. S.- O. de Friedrichshamn. Beau port militaire, chantiers de construction, casernes pour 14,000 hommes. Victoire navale des Suédois sur les Russes eu 1790.

ROTHSCHILD (Mayer-Anselme), célèbre banquier, né en 1743 à Francfort-sur-le-Mein , d’une famille israélite sans fortune, mais d’une grande piété et d’une extrême probité, m. en 1812 , fut destiné à la carrière des lettres et reçut une bonne éducation. Ayant appris la comptabilité commerciale , il entra chez un banquier de Hanovre, dont il géra la maison pendant plusieurs années, revint ensuite à Francfort, et, de ses modiques économies, y fonda une maison de banque, qui s’accrut rapidement, grâce à son activité infatigable et à sa probité. De 1802 à 1804, il devint le banquier de plusieurs cours, entre autres de l’électeur de Hesse, dont, en 1806, lors de l’invasion française, il administra et sauva la fortune. Il mourut à l’âge de 69 ans, entouré de la considération générale, et laissant une famille de 10 enfants, dont 5 fils, auxquels il donna le sage conseil de ne jamais séparer leurs intérêts. Un de ses fils continua sa maison, et les autres fondèrent quatre maisons de banque dans les principales capitales de l’Europe. Ces maisons sont auj. dirigées, à Paris, par M. James, né en 1792, et seul fils survivant; les autres par les petits-fils : MM. Anselme, à Vienne; Lionel, à Londres; Charles, à Naples ; et Charles, fils du précédent, à Francfort. Cette quintuple association constitue la plus forte maison de banque, peut-être, de l’Europe. Son immense prospérité date surtout de 1813 et de 1814, et elle a été bien souvent utile aux divers gouvernements de l'Europe en soumissionnant les emprunts les plus importants. MM. de Rothschild ont reçu des marques de distinction de presque tous les souverains de l'Europe; en 1815, l’empereur d’Autriche leur a conféré la noblesse héréditaire, et, en 1822, les a élevés à la dignité de barons. En outre, MM. de Rothschild sont tous consuls-généraux d’Autriche dans les villes qu’ils habitent.

ROTHWE1L, Aræ Elaviæ, Rotlovilla, v. murée du Wurtemberg (l'orêt-Noire), sur le Neckar, à 75 kil. S.-ü. de Stuttgard, 56 de Tubingue; 5,400 hab Gymnase, école polytechnique élémentaire. Fabr. de soieries, cotons, chicorée-café. Importantes foires à bétail. Comm. de grains. — Autrefois ville libre impériale, elle fut, au xvie siècle, alliée à la Confédération suisse. Prise par les Français en 1643; Guébriant périt à ce siège

ROT

ROU

ROTO , nom latin de Redon.

ROTOMAGUS, v. de la Gaule, métropole de la Lyonnaise 2e. capitale des Véliocasses; auj. Rouen.

ROTONDO, montagne de l’ile de Corse, à 12 kil. S -O. de Coite, par 42° 13’ lat. N., et 6° 43’ long. E.; 2,672 mèt. de hauteur.

ROTUUMA. V. Rothouma.

ROTROU (Jean), poëte tragique et comique, né à Dreux en 1609, m. en 1650, se livra fort jeune à la composition de tragi-comédies, de comédies, et de tragédies. Associé aux auteurs qui travaillaient aux pièces de Richelieu, il se lia avec P. Corneille , qui goûta ses idées de réformes dramatiques et proclama toute sa vie ce qu’il lui devait, en l’appelant son père. Cependant, en réalité, Corneille a plus fait pour Rotrou que Rotron pour Corneille. Le Cid est de 1636, la tragédie de Venceslas de 1647. Cette pièce est le chef-d’œuvre de Rotrou : il est peu de rôles plus beaux et plus dramatiques que celui de Ladislas; l’ouvrage est intéressant, le style plein de franchise, de force et de passion, bien que quelquefois âpre. Rotrou étudia beaucoup les tragiques grecs, et donna Antigone, 1638, Iphigénie en Aulide, 1640, calquées sur les tragédies de Sophocle et d’Euripide ; on trouve, dans ces imitations, des scènes remarquables, surtout dans Iphigénie, et Racine seul a pu les surpasser. La tragédie de Cosroès, 1649 , a des beautés de 1er ordre, entre autres l’exposition. Dans le genre comique, Rotrou a souvent imité le théâtre espagnol, et trois fois Plaute dans les Méneclimes, 1632, les Deux Sosies, et les Captifs, 1638. Molière ne le dédaignait pas, et lui a emprunté plus d’un trait. Il est douteux que Rotrou ait donné toute sa mesure ; pensionné de Louis XIII , vivant en province dans la force de l'âge, lieutenant-criminel et civil au bailliage de Dreux, il consacrait beaucoup de temps à ses fonctions. Son dévouement à ses concitoyens lui coûta la vie : une épidémie ravageait Dreux ; il était à Paris, partit pour se rendre à son poste, au milieu du danger, et périt victime du fléau. Sa mort fut proposée pour sujet d’un prix de poésie, qui fut décerné par l’Institut, en 1811, à Millevoye. Viollet-le-Duc a publié les OEuvres de Rotrou, 1820, 5 vol. in-8°. Cette édition, à peu près complète, renferme 17 tragi-comédies, 7 tragédies et 12 comédies, toutes en 5 actes et en vers. Rotrou ne peut être rangé parmi les grands maitres : sa langue est trop informe, et il se laisse aller trop à sa faêilité d’imitation; mais il appartient à l’histoire du théâtre français par ses nobles efforts, souvent heureux, à le tirer du chaos, et par une œuvre qui ne saurait périr, Venceslas. J. T.

ROTSCIIILD. V. Rœskilde.

ROTTECK (Charles-Venceslas de) , historien et homme d’Etat, né en 1775 à Fribourg (Bade), m. en 1840. Sa mère était Française ; son père, Charles Rodecker, directeur de la Faculté de médecine, changea son nom en devenant noble. De Rotteck fut nommé, en 1798, professeur d’histoire à Fribourg, voyagea, devint, à son retour, conseiller de cour eu 1816, professeur de droit et d’économie politique en 1818, et député de l’Université à la lr° Chambre du grand-duché en 1819. Avec Welker, il fonda, en 1831, le journal der Freisinnige Ile Libéral), qui fut supprimé, ainsi que sa chaire , dès 1832. Il venait d’être réintégré , quand il mourut. On a de lui : Histoire universelle, Fribourg, 1813-27, 9 vol., qui a eu plus de 12 éditions, et dont un Abrégé a été traduit en français par Sim. Gunzez, Carlsruhe et Paris, 1833-6, 4 vol. in-8°; Musée historique pour tous les Etats, Suttgard, 1828, 3 vol.; Manuel du droit naturel et des sciences politiques, 1829-30, 2 vol.; Recueil d’opuscules historiques et politiques , 1829-30, 3 vol.; Manuel d’économie pnlitiiiue, 1835. Pl.

ROTTENBERG. V. Rothenberg.

ROTTENBOURG. V. Rothenbodrg.

ROTTEN1IAMER (Jean), peintre, né à Munich en 1564, m. en 1604, alla étudier à Rome et à Venise, suivit particulièrement le Tintoret, dont il imita le coloris et la manière, et se fixa à Aug-bourg. Son chef-d’œuvre est la Gloire des saints, dans l’église S,e-Croix d’Augsbourg. Le Musée du Lou.vre possède de lui la Mort d' Adonis. Rottenhamer peignit beaucoup de petits tableaux sur cuivre; il confiait ordinairement l’exécution des fonds et des paysages à Breughe! de Velours et à Paul Brill. B.

ROT TA ou ROTTI , une des iles de la Sonde, au S.-O. de Timor; par 11° 5’ lat. S., et 120° 50’ long. E. ; 70 kil. sur 25. Comptoir hollandais.

ROTTERDAM , v. du royaume de Hollande (Hollande méridionale), port grand et magnifique au confluent de la Rotter et de la Meuse, à 56 kil. S.- S.- O- d’Amsterdam, 22 S. de La Haye; par 51° 55’ 19” lat. N., et 2° 8’ 59” long. E.; 115,277 hab. Ch.-l. d’arrond., de division mili-

taire, et de l’administration de la navigation de la Meuse. Cour royale; Académie des Sciences, fondée en 1771; école latine ; prison centrale du royaume pour les jeunes détenus. Bibliothèque; musées d’antiquités et d’histoire naturelle. Ville bien bâtie et coupée par plusieurs canaux bordés de quais et de belles plantations; on y remarque l’église S*-Laurent, l’hôtel-de-ville, la Bourse, les hôtels des deux Compagnies des Indes, le palais du Grand-Conseil, les arsenaux, le théâtre, l’hospice pour les vieillards, la statue d’Erasme , etc. Industrie active : aiguilles , épingles, verreries, produits chimiques, tabac, raffineries de sucre. Commerce considérable , facilité par des communications régulières avec le Hâvre, Londres, Hambourg et les ports de la Baltique. Chantiers de construction. Export, de lin et de garance ; import, de vins, café, sucre, coton, laine, tabac, thé, etc. — Rotterdam, érigé en ville vers 1270, tomba peu après, 1297, au pouvoir des Flamands. Les Français le prirent en 1 7 94. Les inondations de la Meuse, 1775, 1825, lui ont causé de grandes pertes. Patrie d’Erasme et de Van der Werf.

ROTTI. V. Rotta.

ROTTWEIL. V. Rotiiwejl.

ROTURIER, nom donné autrefois à quiconque n’était pas compris dans la classe nobiliaire. Ce nom vient de ruptuarius, mot de4basse latinité, signifiant un laboureur qui rompt et cultive la terre, et originairement les roturiers étaient des serfs attachés à la glèbe. La roture s’étendit aussi jusqu’aux citadins. Dans l’ancienne monarchie, les roturiers payaient la taille, supportaient seuls les charges publiques, et étaient obligés, pour leurs biens, à l’impôt, à la corvée, à toutes sortes de redevances et de services. Soumis à la milice, ils recrutaient les armées, sans pouvoir devenir officiers. L’Eglise seule, toujours libérale, les admettait à ses dignités, quand ils ea étaient dignes.

ROUAD. V. Ruad.

ROUAGE. V. Rodage.

ROUAULT. V. Gamaches.

ROUBAIX, ch.-l. de cant. (Nord), arr. et à 11 kil. N.-E. de Lille, sur le canal de son nom, une des principales villes manufacturières de France; 65,091 hab. (8,724 en 1806). On remarque l’hôtel-de-ville, le théâtre, et l’hôpital. Chambre consuitative des arts et manufactures. Nombreuses filatures de laine et de coton; peignage mécanique de la laine. Fabr. d’étoffes de laine dites de Roubaix, draps, tapis, châles, étoffes pour gilets, pantalons, robes; lasting, stotf, tissus de coton-laine et coton-soie ; linge de table, etc.; fabr. de rots, de peignes, de cardes; fonderies de cuivre; teintureries, tanneries et corroieries.

ROUBAUD (Pierre-Joseph-André), économiste et littérateur, né à Avignon en 17.30, m. en 1792, embrassa l’état ecclésiastique, vint à Paris, s’attacha au parti des économistes, fut exilé en 1775 pour avoir trop hardiment censuré les abus, fut rappelé, l’année suivante, par Necker, et reçut une pension sur les économats. Il collabora au Journal du Commerce de 1759 à 1762, an Journal de l’ agriculture, du commerce et des finances de 1764 à 1774, au Journal d’agriculture, commerce, arts et finances, de 1779 à 1783, et publia: le Politique indien, ou Considérations sur les colonies des Indes occidentales,\16H, in-8°; Représentations aux magistrats sur la liberté du commerce des grains, 1769, in-8"; Récréations économiques, réfutation du Dialogue sur le commerce des blés de l’abbé Galiani, 1770, in-H® ; Histoire de l’Asie, de l'Afrique et de l’Amérique, 1770-75, 15 vol. in-12 ou 5 vol. in-4°, ouvrage bien fait et assez complet; Nouveaux synonymes français, 1785 et 1796, 4 vol. in-8°, recueil où Roubaud fit preuve de goût et de sagacité, et qui lui valut un prix de l’Académie Française.

ROUBLE, monnaie d’argent en Russie. Elle pèse 24 grammes 01, et vaut 4 fr. — Il y a des roubles d’or : celui de 1756 vaut 5 fr. 02 c.; relui 1799, 3 fr. 81 c. On frappe des pièces de 5 et de 10 roubles.

ROUCHER (Jean-Antoine), poëte et littérateur, né à Montpellier en 1745, m. en 1794, étudia chez les Jésuites, vint ensuite à Paris, où quelques poésies fugitives le firent connaître avantageusement, obtint, en écrivant un poëme à l’occasion du mariage du Dauphin (Louis XVlj avec Marie-Antoinette d’Autriche, la protection de Turgot, qui le nomma receveur des gabelles à Montfort-l’Amaury, et put consacrer aux lettres les loisirs de cette profession. Il adopta d'abord les principes de la Révolution ; puis il en condamna hautement les excès, fut arrêté sous la Terreur, et périt sur l’échafaud. Son principal titre est un poëme didactique en 12 chants, les Mois, Paris, 1779, 2 vol. in-4°, ouvrage sans aucun plan ; le pocte consacre à chaque

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mois un chant, où il s’efforce de peindre le climat, les travaux, les phénomènes de la nature, les fêtes ou coutumes de ce mois, le tout mêlé d’épisodes descriptifs ou historiques , et de déclamations philosophiques. L’ouvrage est long, sans intérêt, très-inégalement écrit j mais il y a de fort beaux morceaux. On doit aussi à Roucher une traduction du livre de la Richesse des nations par Adam Smith, 1790, 4 vol. in-8°. Son gendre a publié : Consolations de ma

captivité, ou Correspondance de Roucher , 1797, 2 part.

in-8°, etc.

ROUDAH, v. de la Basse-Egypte, sur le Nil, vis-à-vis de Fostât. A son extrémité S.- O. est un Kilomètre ( V. ce mot). Salpêtrière établie par ordre de Méhémet-Ali en

ROUDBAR, v. forte de Perse (Ghilan), à 60 kil. S. -O. de Reeht, sur le Kizil-Ousen. Ce fut une résidence du chef des Assassins. — v. de l’Afghanistan (Sigistan) , à 110 kil. S.-E. de Djelalabad.

ROUDltA , nom donné, dans la religion des Hindous, aux demi-dieux, manifestations inférieures de Siva.

ROUE (Supplice de la) , supplice importé au xvie siècle d'Allemagne en France, et infligé pour assassinat, meurtre d’un maître par son valet, vol de grand chemin , viol , etc. On attachait le condamné, les jambes écartées et les bras étendus, sur deux morceaux de bois disposés en croix de St-André et taillés de manière que chaque membre portât à faux sur un espace vide ; on lui brisait , à coups de barre de fer, les bras, les jambes et la poitrine ; puis on le mettait, les bras et les jambes ramenées derrière le dos, la face tournée vers le ciel , sur une petite roue de carrosse soutenue en l’air par un poteau , et il expirait en cet état. Ce supplice, aboli à la Révolution , n’était pas infligé aux femmes.

ROUELLE (Guillaume-François), chimiste, né en 1703 à Mathieu près de Caen , m. en 1770. Après avoir fait ses premiers essais au feu de la forge d'un maréchal , son voisin, il vint à Paris, fonda une pharmacie, et des cours où il obtint de grands succès, fut nommé, en 1742, démons trateur au Jardin des Plantes, et , deux ans après, entra à l’Académie des Sciences. Le premier, il eut des idées nettes sur les sels, et distingua des sels neutres, acides et basiques ; mais la balance lui manqua pour tirer de ses travaux toutes les conséquences que Wenzel et Lavoisier en tirèrent plus tard. Sx manière de professer était toute spéciale : il arrivait à 1 amphithéâtre, gêné dans le costume classique de son temps, commençait posément, puis, à mesure qu’il s’animait, jetait son bonnet, sa perruque, sa robe, sa cravate, et alors seulement paraissait le vrai Rouelle, le savant manipulateur, le démonstrateur entraînant. Les principaux chimistes de cette époque, Macquer, Darcet, Cadet, etc., se formèrent à son école. Scs écrits, très-peu nombreux, se résument en notes qu’il communiquait à l’Académie. — Son frère, Hilaire-Marie Rouelle, né en 1718, m. en 1779, lui succéda au Jardin des Plantes, écrivit des Mémoires, insérés dans divers recueils, et un Tableau de l’analyse chimique, 1774. G — R.

ROUEN , Rotomagus, Rudomum, ch.-l. du département de la Seine-lnfér., sur la rive dr. de la Seine, à 136 kil. N. -O. de Paris, par le chemin de fer de l’Ouest, à 126 de la mer; par49" 26' 29" 1 t N., et 1°14' 32"loug.O. ; 100,671 hab. Archevêché, fondé. en 2G0, et dont le siège fut occupé par S1 Mellon, S1 Romain, S1 Ouen, les deux cardinaux d’Amboise, le cardinal de Bourbon, François de Joyeuse, François de Harlay, le cardinal Cambacérès, etc.; le titulaire a le titre de primat de Normandie. Eglise consistoriale calviniste ; synagogue. Cour impériale ; tribunaux de lre instance et de commerce. Ch.-l. de la 2« division militaire, d une intendance, de la 3e légion de gendarmerie du 2e arrondissement forestier. Direction des douanes; direction des subsistances militaires. Faculté de théologie. Ecoles préparatoires de médecine et pharmacie, de sciences et lettres; séminaire; lycée; école normale primaire; cours publics de physique, de chimie, d’histoire naturelle, de mathématiques, de mécanique, d’arboriculture, et d’agriculture; écoles d’hydrographie, des sourdsmuets; académie de peinture et de dessin. Académie împéiiale des sciences, belles-lettres et arts; société d’émulation , du commerce et de l’industrie; sociétés d’agriculture, d horticulture, de médecine, etc. Chambre de commerce, bourse, succursale de la Banque de France. L’hôtel des monnaies (lettre B) a été supprimé. Bibliothèque publique, musée de tableaux, d’antiquités, et d’Iiist. naturelle,jardin botanique. Rouen est généralement mal bâti • les maisons sont en bois, les rues étroites et tortueuses • on ne distingue que les rues Impériale, de l’Impératrice! de 1 Hotel-de- ville, le square Solfériuo, et le quartier neuf

de la Madeleine. Le quartier Martainville, habité par une portion de la classe ouvrière, est sale et repoussant. Le faubourg S*-Sever, sur la rive g. de la Seine, tientàla ville par deux ponts, l’un suspendu , et l’autre en pierre, au rond-point duquel s’élève une statue en bronze de P. Corneille, érigée en 1834; il a, près de l’un des débarcadères du chemin de fer, une très-belle promenade, dite Cours-la- Reine. Des boulevard* plantés d arbres décrivent , autour de la ville même, un arc de cercle, dont la corde est un quai magnifique. Plus loin est une ceinture de collines, d’où l’on jouit de points de vue fort pittoresques. Rouen est remarquable par le nombre et la beauté de ses monuments. La cathédrale, en style gothique, bâtie du xme au xvie siècle, est surmontée de deux tours au portail , dont l’une contenait jadis une cloche dite de Georges d' Amboise, du poids de 18,000 kilog. ; la flèche du transsept, incendiée par la foudre en 1822, a été remplacée par une flèche en fer, inachevée et d’un effet disgracieux; les portails sont richement sculptés ; à l’intéHeur, sont de curieuses verrières, des stalles de chœur intéressantes, et , dans la chapelle de la Vierge, les tombeaux de Brézé et des cardinaux d'Amboise, ce dernier, une des plus belles œuvres de la Renaissance. L’ancienne abbaye de S‘-Ouen , commencée en 1318, est un admirable vaisseau gothique, que domine une tour richement dentelée, et dont le portail , ouvrage tout récent, a été achevé en 1852; elle est attenante à l’hôtel de ville, devant lequel est nue statue équestre de Napoléon 1er. Citons encore : l'église S'-Maclou , beau spécimen de l’architecture fleurie du xve siècle, où l’on remarque l’élégant escalier de l’orgue, et dont les portes en bois sculpté sont attribuées à Jean Goujon ; les églises S‘-Patrice, S'-Vincent , et S‘-Godard, riches en vitraux; la tour de l’ancienne église SuLaurent; l’église Sl-Gervais, où l’on voit une crypte très-curieuse; les églises modernes de S'- Romain et de la Madeleine; l’hôtel du Bourgtheroulde, sur la place où Jeanne d’Arc fut brûlée, orné de sculptures, dont plusieurs représentent l'entrevue du Camp du drap d’or; la tour du Beffroi ou de la Grosse-Horloge, élevée en 1389, et communiquant par une arcade sculptée avec l'ancien hôtel-de-ville, le Palais-de-Justice , vaste bâtiment d’un gothique très-délicat, unique en son genre , et achevé en 1856 ; l’ancien hôtel des Aides, en face de la cathédrale; le Besle de la Vieille-Tour ou chapelle de Sl-Romain ; beaucoup de vieilles églises ou chapelles, converties en magasins ; quelques maisons gothiques; plusieurs fontaines (celles de l’hôtel Lisieux et de la Croix-dc-Pierre ) ; la Douane , l’IIôtel-Dieu , l’Hospice général , l'asile des aliénés et sa succursale de Quatremares, les abattoirs, etc. Il y a 4 casernes, 2 salles de spectacle, un cirque. Manuf. importantes de tissus de coton dits Rouenneries ; fabr. d’indiennes, mouchoirs, calicots, toiles et coutils , bonneterie , cardes , colle-forte, savon , produits chimiques; filature de coton, de lin et de laine, teintureries renommées (dans la petite riv. de Robec); distilleries, brasseries, blanchisseries de cire; fonderies de fer, de cuivre et de plomb ; fabr. de quincaillerie, machines à vapeur, instruments de filature; tanneries, corroieries. Raffineries de sucre, confiseries (sucre et gelée de pommes^. Chantiers de construction maritime. Le port , où la maree se fait sentir, reçoit de gros bâtiments. Comra. d’importation et d’exportation avec l’Algérie, le Sénégal, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Angleterre, les pays du Nord, et l’Amérique. Grand et petit cabotage. Foire importante le 23 octobre. Marchés aux bestiaux et aux chevaux. — Rouen, ville très-ancienne, capitale des Véliocasses avant la conquête de J. César, devint, sous la domination romaine, la métropole de la 2e Lyonnaise. Le christianisme y fut prêché au 111e siècle. Chilpéric Ier y épousa Galswinthe en 570, et, en 576, Mérovée, son fils, y prit pour femme Brunehaut; l’archevêque Prétextât, qui avait béni cette union, fut assassiné dans la cathédrale par ordre de Frédégonde. Les Normands, qui prirent Rouen en 841 et en 859, en firent une de leurs stations, et les ducs de Normandie y fixèrent leur résidence. Othon le Grand, allié de Louis IV d’Outre-mer contre le duc Richard-sans-Peur, fut battu sous ses murs en 947, à l’emplacement dit la Rougemare. Les marchands de Rouen, qui avaient reçu d’Edouard le Confesseur, pour leur usaere particulier, le port de Dungeness en Angleterre, obtinrent d’Henri II le monopole du commerce de l’Irlande. La ville fut consumée par-un incendie en 1126. A peine relevée, elle obtint une commune, 1144. Jean-sans-Terre y assassina son neveu Arthur de Bretagne, 1203. Philippe-Auguste s’en empara en 1204. Une insurrection y éclata contre Charles VI , en 1382. Rouen , malgré l'héroïque défense d’Alain Blanchard, tomba, en 1419, au pouvoir des Anglais,

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qui 3’eu laissèrent chasser en 1449. Pendant leur domination, ils avaient fait juger et brûler Jeanne d'Arc, 1431. Le parlement de Rouen fut établi par Louis XII en 1499. La ville eut beaucoup à souffrir des guerres de religion : après un siège durant lequel Antoine de Bourbon, roi de Navarre, fut tué, le duc François de Guise la prit sur Montgo.ntnery, 1562. Charles IX y fut déclaré majeur en 1564, et Henri III y signa le pacte d'union en 1598. Henri IV, qui n'avait pu la prendre en 1591, y tint, en 1596, une assemblée de notables. La révocation de l'édit de Nantes fut fatale au commerce de Rouen, qui ne se releva que sous Louis XV, et surtout sous Napoléon 1er. Les travaux d’endiguement de la Basse-Seine, exécutés de nos jours (B. notre Uictionn. des lettres, etc., au mot En DIGUES! i.nt , permettent à Rouen de rivaliser avec le Havre pour l’expédition sur Paris des marchandises venues par mer. Rouen a vu naître les deux Corneille, Benserade, Saint- Amant, Pradon, Fontenelle, Daniel, Boehart, les Basnage, Sanadon, Berruyer, Paul Lucas, Brumoy, Boisguillebert, M"‘cs Du Bocage et Leprinee de Beaumont, la Chainpmêlé, Lémery, Jouvenet, Restout, Géricault (qui a un monument au bas de l’escalier du musée), Boieldieu (dont la statue, sur le quai, a été érigée eu 1839), le financier Mollien, le physicien Duloug, J. Ldouard, Adam, Armand Carrai, le général Duvivier. B.

RüUERGUE , Itutenicus pagus, anc. pays de France, qui formait l’extrémité N. -O. du gouv. de Guyenne-et-Gascogne ; eh. -h, Rhodez. Borné de trois côtés par le Languedoc, au N.-O. par l'Auvergne et le Quercy, au S.-E. par les Cévennes, il se divisait en trois parties : le Comté de Rnuenjve, villes princip. : Rhodez, Sl-Genicz, Entraigues; la Houle- Marche , v. principales: Milhau, Espalion, Sle-Afrique; la liasse-Marche, v. principales: Villefranche, S1- Antonio, Najac, Sauveterre. — Le Ilouergue, habité d’abord par les Butènes , compris ensuite dans l’Aquitaine Ire, suivit les destinées de ce pays, et forma, depuis Charlemagne , un comté particulier, qui fut réuni en 1066 à celui de Toulouse. En 1147, Alphonse Ier, ayant besoin d’argent pour aller à la 2‘ croisade , vendit le pays de Rhodez à Richard, comte de Carlat et de Lodève. La postérité mâle de ce seigneur s’éteignit en 1302 ; un mariage porta le domaine à Bernard VI d’Armagnae. Le Ronergue fut réuni à la couronne par Henri IV, eu 1589. Il forme auj. le département de l’Aveyron et quelques parcelles de celui de Tarn-et-Garonne. B.

ROUÉS, nom donné aux courtisans débauchés du Régent, pendant la minorité de Louis XV, parce qu’ils eussent été dignes de la roue.

RüUFFACH, Arjuœ Itubeœ , Rubiacus, ch.-l. de cant. (H. Rhin), arr. et à 15 kil. S. de Colmar, sur la Lauch; 3,716 hab. Erigé en ville impériale au xme siècle; pris par les Impériaux en 1635, et par Turenne en 1675. Eglise remarquable. Collège. Fabr. de tissus de coton , bonneterie, peluche. Patrie du maréchal Lefebvre. Ruines du château d’isenbourg.

ROUFlA, anc. Alphée, riv. de Grèce (Arcadie et Elide), descend du plateau central de la Morée, et tombe dans le golfe d'Arcadie. Cours de 130 kil.

ROUGE (Mer) ou GOLFE ARABIQUE, anc. Sinus ambirus , Mare Rubrum, golfe formé par la mer des Indes entre l’Arabie à l'E., l’isthme de Suez qui le sépare de la Méditerranée au N., et l’Afrique à l’O., s'étend du S.-E. au N.-O. sur une longueur de 2,600 kil.; sa plus grande largeur est de 250 kil. environ. Il se termine à son extrémité septentrionale par les petits golfes de Suez à l’O., et (VAkaba à l’E. Le niveau de ses eaux est de 0m, 85 audessus de celui de la Méditerranée; elles communiquent avec la mer des lndespar le détroit de Bab-el-Mandeb. La navigation de cette mer est difficile et dangereuse, à cause des vents qui y régnent et des récifs de madrépores : trèsactive dans l’antiquité et au moyen âge, fort déchue depuis la découverte du Cap de Bonne-Espérance, elle a repris une grande importance depuis que l’Egypte jouit d’un gouvernement régulier, et les bateaux à vapeur de la Compagnie anglaise des Indes la parcourent régulièrement en allant de Suez dans l’Inde. Djeddad et Moka, sur la côte d’Arabie, Suez et Cosséir, sur la côte d’Afrique, sont les principaux ports du golfe Arabique, il y a peu d ites considérables ; nul fleuve important ne s’y jette. Les Hébreux donnaient à la mer Rouge le nom de mtr des Algues; sa coloration rouge à certaines époques s’explique par la présence de zoophytes microscopiques (les oscillaires) et d’algues pareillement microscopiques. Le même phénomène a lieu dans la mer de Chine, dans celle de Californie ou mer Vermeille, et on l’observa, eu 1825, sur le lac de Morat en Suisse. B.

rouge (rivière-), en anglais RedRiver, riv. de l’Amérique du N., naît dans la Sierra-del-Sacramento (Nouveau- Mexique), sépare le Territoire Indien et l’Arkansas du Texas, arrose la Louisiane, passe à Natehicoches, et se jette dans le Mississipi au-dessous de Natehez; cours de 2,400 kil. Elle reçoit la False-Washitta, la Riviere-Bleue, la Petite-Rivière-du-Sud, la Cagamichi, etc.

Rouge (rivière-), ou Negracka, riv. de l’Amérique du Nord, coule de l’U. à l’E. à travers le Territoire Indien, et se jette dans l’Arkansas; cours de 400 kil.

BOUGÉ, ch.-l. de cant. (Loire-lnfér.), arr. et à 11 kil. N. -N. -O. de Châtcaubriant; 235 hab.

ROUGEMONT, ch.-l. de cant. (Doubs), arr. et à 16 kil. N. de Baume-les-Dames ; 1,267 hab. Usine à fer.

Rougemont en allemand Rothenberg, vge (H. -Rhin), arr. et à 15 kil. N.-E. de Belfort; 1,316 hab. Ruines de deux châteaux forts. Fabr. de quincaillerie.

ROUGET DE L’IM.E (Joseph), né à Montaignt, près de Lons-le-Sai h ier, en 17( 0, m. en 1836, officier du génie en 1789, il adopta avec enthousiasme les principes de la Révolution. Lors de la déclaration de guerre à l’Autriche, 1792, se trouvant en garnison à Strasbourg, il composa, en une nuit, pour l’armée du Rhin demt il faisait partie, les paroles et la musique d’un hymne qu’il appela Chant de guerre. Cet liymne, entonné par les volontaires marseillais à l’attaque des Tuileries, dans la journée du 10 août, reçut le nom de Marseillaise, par lequel on l’a désigné depuis, et sous lequel il est devenu célèbre. Les paroles et la musique en sont d’une énergie pleine de la plus heureuse inspiration. Rouget de l’isle, arrêté en 1793, remis en liberté après le 9 thermidor, combattit sous Hoche en Vendée, et fut blessé à Quiberon. Oublié depuis cette époque, il reçut de Louis XVIII , puis du gouvernement de 1830, une pension de 1,500 fr., et la croix de la Légion d’honneur. Il a laissé, outre la Marseillaise : Essais en vers et en prose, 1796,in-8°; la musique de Cinquante chants français (de divers auteurs), 1825, in-4° ; Macbeth, tragédie lyrique, 1827, in-8«; une Relation du désastre de Quiberon, dans le t. il des Mémoires de tous.

ROUILLAC, ch.-l. de cant, (Charente), arr. et à 22 kil. N.-O. d’Angoulême , près de la source de la Nouère; 931 hab. Comin dé grains, vins, eaux-de-vie.

ROUILLÉ , vge ( Vienne), arr. et à 34 kil. S.- O. de Poitiers ; 331 hab. Eglise calviniste.

rouillé | Antoine-Louis), comte de Jouy, né en 1689, d’une anc. famille de robe, m. en 1761, fut conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes en 1717, intendant du commerce en 1725, directeur de la librairie, puis ministre de la marine en 1749, des affaires étrangères en 1754, et surintendant-général des postes en’1757. Animé de sentiments patriotiques, il essaya de relever la marine française, affaiblie dans la guerre de la succession d’Autriche. L’Académie des Sciences le nomma membre honoraire en 1751.

rouillé du meslat, de la famille du précédent, conseiller honoraire au parlement de Paris , m. en 1715, laissa par testament, à l’Académie des Sciences, une somme de 125,000 livres, dont le revenu devait être employé à récompenser les savants qui s’occuperaient de la recherche de la quadrature du cercle , et d’autres découvertes dans les mathém i tiques.

ROUJAN, ch.-l. de cant. (Hérault), arr. et à 23 kil. N. -N.-E. de Béziers; 1,840 hab. Eaux minérales froides. Exploit, de houille.

ROUJOUX l Prudence-Guillaume, baron de| , né à Landerneau en 1779 , m. en 1836 , fut attaché eu 1800 à l’étatmajor du contre-amiral Lacrosse, et le suivit à la Guadeloupe , dont il dressa la carte militaire. A son retour, 1806, il devint sous-préfet de Dole, puis de Sl-Pol , préfet du Ter (Catalogne) en 1812, des Pyrénées-Orientales pendant les Cent-Jours, rentra dans la vie privée à la Restauration , et ne s’occupa plus que de journalisme et de littérature. Il fonda le Journal général de France, puis fut un instant préfet du Lot après 1830. On a de lui : Essai d'une histoire des révolutions arrivées dans les sciences et les beauxarts , depuis les temps héroïques jusqu'à nosjnurs, 1811,3 vol. in-8°; une traduction de V Histoire d' Angleterre depuis la première invasion des Romains jusqu'à 'n Révolution île 1688, par Lingard , 1825-29, 17 vol. in-8°; Histoire des rois et ducs de llretayne, 1828 29, 4 vol. in-8°; Dictionnaire françaisitalien et italien-français, 1826,2 vol. in-8°. B.

ROULANS-L’ÈGLISÉ , ch.-l. de cant. (Doubs), arr. et â 12 kil. S.- O. de Baume-les-Dames; 404 hab.

ROUI. ERS , en flamand Rousseluer, ville de Belgique (Flandre-Occidentale), à 30 kil. S.- S. -O. de Bruges; 12,460 hab. Fabr. et commerce de toiles, cotonnades,

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dentelles, rubans; bière brune renommée ; tanneries, teintureries. On remarque l’hôtel-de-ville, la Grande-Place, et le collège.

ROUAI. V. Konièii et Sivas.

ROUMANIE, mot qui désigne, outre l’État de ce nom ou des Priucip. -unies de Valachie et Moldavie, les contrées où l'on parle la langue roumaine ( celle des Vainques et des Moldaves ). Il y a des gens parlant cette langue en Hongrie , en Transylvanie, en Bessarabie, etc.

ROUMÉL1E, ROMÉLIE ou ROMAN1E, c.-à-d. pays des Romains, nom donné par les géographes orientaux à la partie de l’Empire ottoman située en Europe, et, dans un sens plus restreint, à la contrée comprise entre la Bulgarie et la Servie au N., l’Albanie à 10., la lhessalie, l’Archipel , le détroit des Dardanelles et la mer de Marmara au S. , le canal de Constantinople et la mer Noire à l’E.; 4,500,000 hab. Elle correspond à la Tlirace et à la Alacédoine des anciens, et comprend dans cette étendue, avec le gvt particulier de Constantinople, les eyalets d’ Andrinople, de Saloniki, et d’Ouskoub. Depuis les nouvelles divisions de l’empire Ottoman, le nom de Rnumélie s’applique au seul eyalet de Alonastir, comprenant le S.-O. de l’ancienne Macédoine, et l’Albanie centrale et septentrionale; eh.-!.: Alonnstir ou Bitolia: popul. : 1,409,000 hab., dont 647,000 musulmans et 762,000 chrétiens. — On donnait aussi le nom de Roumélie à la partie centrale de lAsie Mineure, correspondant à peu prés à lanc. Cappadoee, acj. les eyalets de Sivas et de Bozoq. U. P.

ROUMOIS (Le | , liotomagensis ager, petit pays de l’ancienne France (Normandie) , auj. compris dans les départements de la Veine-Inféi:ieure et de l’Eure , tirait son nom de la ville de Rouen , qui n’en faisait cependant point partie , et avait pour lieux principaux Quillebceuf, Bouygacbard, l’outot, Elbeuf.

ROUMYAII, v. de la Turquie d’Asie (Bagdad) , sur la rive S. d’un lac de son nom, à 150 kil. S. de Bagdad. Ch.-l. de I i va h .

ROUl’EN 1er, prince arménien, fondateur de la dynastie des Ronpéniens, parent de Kakig II, dernier roi Pagratide. Plein de courage et de fermeté , il ranima l'ardeur de ses compatriotes, gagna leur estime, s’empara de plusieurs villes, 1080, et, profitant des troubles de l’empire grec, releva , en 1085. dans la Cilicie, la dynastie qui tut appelée de son nom Boupénienne. Il l'affermit pendant un règne de 15 ans, et laissa pour successeur sou fils Constantin Ier, 1095. C— a.

roupen il , roi d’Arménie, 1174-85, abdiqua en faveur de son frère Léon , et se retira au couvent de Trazarg.

roupen , fils de Raymond , comte de Tripoli , et d’Alix , fille de Roupen II, fut chassé du trône d'Antioche par Bohémond, le recouvra avec l'appui du roi d’Arménie, Léon, son grand-oncle, paya ce prince d’ingratitude en essayant , mais en vain , de lui ravir la couronne, fut attaque de nouveau par Bohémond, et tué en 1221.

ROU PHI A. V. Roufia.

ROUPIE, monnaie d'or ou d’argent en Asie. La roupie d’or vaut 38 fr. 72 c. dans l’Inde ; 36 fr. 75 c. en Perse. La roupie d’argent vaut 2 fr. 40 c. à Aladras; 2 fr. 42 c. à Pondichéry ; 2 fr. 45 c. en Perse.

ROURE (Du). V. Du Roure.

ROURIK. V. Rurik.

ROUSKOINAN. V. Kéchan.

ROUSSALKIS, nymphes des forêts et des rivières, dans la mythologie slave.

ROU6SE ( LA CROIX- ). V. Lyon.

ROUSSE ll.’lLE-). V. ILE-ROUSSE.

ROUSSEAU (Jacques), peintre de perspective et d’architecture, né à Paris en 1630, m. en 1693 , étudia tous les genres. Après un voyage en Italie , il fut chargé par Lebrun de peindre plusieurs morceaux d’architecture dans l’hôtel Lambert, à Paris, les décorations de la salle consacrée aux représentations des opéras de Lulli dans le château de S*-Germain, et de grands tableaux de perspective d’architecture au château de Versailles, genre dans lequel il excella. 11 entra à l’Académie de peinture en 1682. Il était protestant, et la révocation de l'édit de Nantes l’obligea de se retirer en Angleterre; s’étant converti au catholicisme en 1688 , il revint en France, peignit encore à Versailles des tableaux d’architecture dans la salle de Vénus, puis retourna en Angleterre pour exécuter quelques peintures dans l’hôtel de lord Montaigu , et y mourut. Il a fait plusieurs gravures à l’eau forte. B.

rousseau ( Jean-Baptiste), poète lyrique, né â Paris en 1671, m. en 1741, était fils d'un cordonnier, et eut, dit-on, la faiblesse de rougir de cette origine. Son père lui fit donner une instruction libérale. Jean-Baptiste manifesta

de bonne heure d’heureuses dispositions pour la poésie, reçut de Boileau même la tradition du xvne siècle, et fit espérer au vieux poète un digne héritier. Un esprit vif et brillant, et le talent, si goûté au xvm® siècle, de tourner facilement les vers sur les matières les plus équivoques, lui ouvrirent de bonne heure les salons de la plus agréable compagnie du temps, mais non pas de la plus sévère, ni de la plus pure. Après avoir fait un voyage â Londres avec le maréchal de Tallart, en qualité de secrétaire, i! revint à Paris, et s’essaya au théâtre. Sa première comédie, le Café, fut représentée , avec peu de succès, en 1694. Il donna ensuite : le Flalleur, 1696, comédie en 5 actes et en vers; Jason ou la Toison d'or, 1696, et Vénus et Adonis, 1697, l’un et l’autre opéras en 5 actes. Ces ouvrages, fort médiocres, sont à peu près oubliés. La chute d’une dernière comédie en 5 actes et en vers, le Capricieux , 1700, lui fit comprendre enfin que son esprit ne se prêtait pas à ce genre de littérature ; il y renonça, mais non sans aigreur, et en attribuant son peu de réussite à des cabales préparées contre lui; il avait des ennemis, il s’en était attiré lui-même; on ne l'aimait pas, on ne l’estimait pas. Son goût le portait vers l’épig-amme libertine et la satire en style marotique ; c’est par là qu’il “'était fait redouter dans le cercle littéraire du café Laurent, et qu’il plaisait aux habitués du Temple , grands seigneurs dissolus et poètes érotiques. Mais, en même temps, par une contradiction qui peint l'homme et l’époque, il paraphrasait les Psaumes sur l’invitation du maréchal deNoailles, tentative louable, retour respectable à la dignité de son art, s’il n’avait con tinué à faire de son talent un tout autre usage. En 1700 , au moment où il paraissait le plus aigri, il fit, sur un air de l'opéra à' Hésione , alors fort en vogue, et en parodiant les paroles de l’air, cinq couplets grossièrement injurieux contre ses ennemis, et les répandit , sous le voile de l'anonyme, dans le café Laurent; on le reconnut, et on lui riposta. D'autres couplets, plus outrageants encore, furent ajoutés aux premiers. On n’est pas certain qu'ils soient de Rousseau. Les hostilités cessèrent pendant 10 ans ; mais alors parurent de nouveaux couplets, plus infâmes que tous les autres, et où le style, le ton , la rime si riche de Rousseau, étaient habilement imités. L’indignation fut générale; mais il ne paraît pas que Rousseau fût coupable; pour se défendre, il accusa, peut-être non sans raison, Saurin, son ennemi , membre de l’Académie des Sciences , savant illustre , et fort appuyé. C’est par là qu’il se perdit : il fut condamné comme diffamateur, déclaré lui-même auteur des couplets , et banni de France à perpétuité par un arrêt du parlement (7 avril 1712). 11 avait déjà pris la fuite, et trouvé un asile en Suisse chez le comte du Luc, ambassadeur de France , dont il a immortalisé l’hospitalité par une ode fameuse. Une vie nouvelle, inquiète, aventureuse, commença pour Rousseau ; il vécut dès lors dans une sorte de domesticité auprès de protecteurs étrangers, s’attacha quelque temps à la fortune du prince Eugène de Savoie, puis se brouilla avec lui en prenant parti pour le comte de Bonneyal , resta quelquefois plusieurs années sans rien produire, ou rima péniblement des odes presque tudesques, pour honorer les princes ou les grands qui l’accueillaient. Il s’établit à Bruxelles , où il s’attira , après tant d'autres inimitiés, l'animosité de Voltaire. Revenu à Paris secrètement sous le nom de Richer, en 1738, il fit de vaines démarches pour obtenir des lettres de rappel, qu’il avait lui -même dignement refusées quelques années auparavant, et mourut à Bruxelles, accablé de tristesse, de dégoûts, de regrets et d’infirmités. Outre ses comédies , auxquelles il faut joindre les Aïeux chimériques, l' Hypocandre , en 5 actes et en vers , la Ceinture magique, en 1 acte, non moins médiocres que les précédentes, et ses opéras, Rousseau a laissé un livre d'UJes sacrées, trois livres d’ Odes profane», des Cantates , dos Epltres , des Allégories , des Epiy rumina, et quelques volumes de Correspondance. Ses odes surtout l’ont rendu célèbre , et il a passé longtemps pour le plus grand lyrique français ; depuis il a été trop déprécié. Mais si on lui reconnaît encore une certaine ampleur de style, de la noblesse, de l’harmonie, de la magnificence, on s’accorde à lui refuser la véritable inspiration . la sensibilité, la grâce, le charme des nuances, l’abondance des images, la délicatesse, la souplesse, et cette souveraine qualité du poete , l’émotion, qui fait oublier l’artiste pour ne. plus laisser voir que l’homme avec ses joies et ses tristesses, son trouble et sa sérénité. C’est dans quelques-unes de ses dernieres odes, composées dans l’exil , et non dans celles qu’on cite ordinairement depuis Laharpe, qu’il faudrait chercher les traces d une émotion plus individuelle, et d’uue certaine personnalité poétique. Les Cantates furent l’essai très-heureux d’un genre nouveau en Fiance, et/*lu-

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sieurs de ces petites pièces sont des chefs-d’œuvre; les Epttres , longues et diffuses, ne sont plus lues; les Allégories sont d’obscures divagations, écrites d’un style pénible et boursouflé ; les Epigrammes sont excellentes , si l’on peut qualifier ainsi des œuvres où, presque toujours, le cynisme de l'époque s’étale effrontément. Rousseau est, avant tout, un versificateur très-habile et un homme d’esprit; ses théories sont étroites , et il s’accommode bien de l’ode , parce qu’elle est une forme de poésie limitée, qui demande peu d'idées. La double voie qu’il a suivie a dû nuire à son talent; les malheurs de sa destinée, loin d’exalter son génie, l’ont allourdi et paralysé; il lui a manqué la dignité de l’homme , et la conviction de l’écrivain. — La lre édition de ses odes parut à Soleure en 1712; des contrefaçons furent publiées dans le même temps en Hollande. Les éditions des Œuvres de J. -B. Rousseau furent nombreuses de son vivant et après sa mort : les plus belles sont celle de 1743, in-4°, et celle dite du Dauphin, Didot, 1790. La Correspondance fut imprimée pour la lr® fois à Genève, 1749, 3 vol. petit in-18. Amar a publié la lre édition dite complète des œuvres de Jean-Baptiste, avec un commentaire historique et littéraire, Paris, 1820, 5 vol. in-8°; mais il n’y a recueilli qu’un choix des lettres du poëte. Rousseau a été annoté aussi par Lebrun, Fontanes, et, plus récemment, M. Manuel a donné une édition des OEuvres lyriques , avec un commentaire historique , Pttéraire et philologique, Paris, 1852, in-12. M — l.

rousseau Jean-Jacques), né le 28 juin 1712 à Genève, d’une famille française émigrée dès le xvi' siècle, m. le 3 juillet 1778 , l’un des deux hommes qui déterminèrent le principal mouvement des esprits au xvme siècle, coûta , en venant au monde , la vie à sa mère. Il ne reçut de son père, qui était horloger, que quelques bons conseils, et chercha comme au hasard une sorte d’éducation dans la lecture des Vies de Plutarque et dans celle de Richardson. Tour à tour clerc d’un greffier, apprenti graveur, accueilli à Annecy par une dame catholique, Mme de Warens, qui commença de le convertir, catéchumène au séminaire de Turin , où il abjura le protestantisme , laquais chez la comtesse de Vercellis , puis chez le comte de Gouvon , premier écuyer de la reine de Sardaigne, enfin professeur de musique à Lausanne, il trouva toujours auprès de Mme de Warens, soit à Chambéry, soit aux Charmettes, les mêmes soins affectueux. Dans un voyage qu’il fit à Paris en 1732, les lettres de recommandation ne lui avaient valu que des témoignages de bonne volonté stériles. Pendant 8 années, il ne quitta point Mme de Warens, à qui il avait inspiré une vive passion, et, son ardeur pour l’étude devenant plus vive, il lut tout à la fois Virgile et Descartes, Racine et Newton , Fénelon et le P. Lamy. Ainsi jeté hors des voies ordinaires, longtemps dominé par des vices contractés dès l’enfance , il n’avait cependant perdu ni le goût de la nature, qu’il puisa en Suisse, ni l’amour du bien et du beau , dont il fut doué en naissant ; la vie aventureuse avait développé en lui l’habitude d’une réflexion profonde; il s’observait lui -même, et refit sa propre éducation. M“e de Warens lui procura, en 1740, une place de précepteur chez M. de Mably , grand-prévôt de Lyon ; il n’y resta qu’une année, retourna à Paris, où il espérait se faire connaître par une nouvelle méthode de notation musicale en chiffres, et, découragé par les critiques de Rameau, suivit comme secrétaire le comte de Montaigu, ambassadeur à Venise. Son orgueil intraitable le fit congédier. De retour à Paris , il fut présenté chez M10® d’Epinay et le financier La Popelinière, se lia avec Diderot et Grimin, ne put faire admettre aux honneurs de la représentation un opéra des Muses galantes, et dut entrer comme commis chez le fermier-général Dupin, 1748. Vers le même temps, il connut une servante d’auberge, Thérèse Levasseur, qu’il épousa plus tard. — L’état de la société étonnait et blessait le regard de Rousseau; la vie sociale de ce temps, mêlée de plaisirs et de misères, l’irritait. Voltaire l’avait acceptée ; son génie caustique s’attaquait seulement au mauvais goût des écrivains, ou, en général, à la crédulité et à l’injustice des hommes. Rou-seau exerça par l’enthousiasme l’action que Voltaire exerçait par l’ironie; mais il se proposa un autre but , et voulut , en combattant les excès d’une société vieillie, ramener les hommes à la nature. Il quitta son poste de commis, et se mit à écrire, résolu à vivre pauvre en copiant de la musique , et prenant pour devise cette maxime : Vitam impendere vero, <■ consacrer sa vie à la vérité. » L’occasion se présenta bientôt de déclarer son opposition radicale à la corruption de son temps. En 1749 , l’Académie de D jon reçut de lui un Mémoire sur cette question qu’elle avait proposée : •« Le progrès des arts et des sciences a-t-il contribué à corrompre ou à épurer lee

mœurs ? » La hardiesse de Rousseau , qui attaquait les arts et les spectacles, c.-à-d. la société qui les aimait , fit d'autant plus de bruit, que l’auteur avait tout ce qu’il fallait pour frapper les esprits. Son génie ému et sévère , qui mêlait la passion au raisonnement, les études qu’il venait de faire , l’indépendance d’un homme qui renonçait à occuper une position dans le monde , lui donnaient une grande force. Il étonna par des paradoxes, il séduisit par l’accent extraordinaire de ses sentiments : au fond des thèses qu’il soutenait , on trouvait d’ailleurs un amour de la liberté , de la nature et du devoir, qui communiquait à ses écrits une éloquence entraînante. — Rousseau n’avait pas renoncé au théâtre : en 1752 , il écrivit la musique de l’opéra du Devin de village , dont il avait fait les paroles , et qui fut représenté avec succès à Fontainebleau, une comédie, Narcisse, qui tomba, et une célèbre Lettre sur la musique française, où il donnait une préférence marquée à la musique italienne. Un nouveau Discours, qu’il envoya , l’année suivante, à l’Académie de Dijon, Sur l'origine de l’inégalité parmi les hommes, n’obtint pas le prix, à cause des protestations hardies qu’il contenait contre le despotisme. Peu de temps après la publication de ce discours, il alla à Genève, et, pour recouvrer le titre de citoyen de cette république , retourna au protestantisme. Mécontent des Encyclopédistes qui raillaient son genre de vie , impatient d’échapper aux politesses fastueuses des grands seigneurs et aux avances des femmes à la mode , sauvage d’ailleurs de caractère, avide peut-être de l’orgueilleux plaisir de dédaigner les hommages , ou dans le secret espoir d’occuper d’autant plus ce monde qu’il fuyait, il ne voulut plus vivre à Paris. En 1756, Mme d’Epinay fit disposer pour lui l’ Ermitage, dans la vallée de Montmorency : ce fut là qu’il composa presque entièrement la Nouvelle Héloïse, roman en forme de lettres, qui parut en 1759, livre sans invention , indigeste, mais où l’on trouve des morceaux de passion et de philosophie vraiment éloquents. Rousseau puisa l’inspiration de ce roman dans l’amour qu’il avait conçu pour Mme d’Houdetot , belle-sœur de Mme d’Epinay, déjà liée au poëte Saint-Lambert, amour qui le brouilla avec la plupart de ses amis. Les accusant tous de trahison, se croyant environné de pièges et d’embûches, il quitta l’Ermitage, et accepta l’hospitalité au château de Montmorency. Il développa ses premières théories sociales et scs idées de réforme par de nouveaux ouvrages , une Lettre à Dalembert sur les spectacles, c.-à-d. contre les spectacles; du Contrat social, ou principes du droit politique, traité des gouvernements, où la Révolution puisa des principes et une nomenclature politiques, livre métaphysique, incomplet, et qui contient beaucoup d’erreurs; enfin Emile, ou de l'Education, 1762. Il disait : « Tout est bien en sortant des mains de Dieu ; l’homme naît bon, la société le déprave ; il faut donc revenir à la nature, reconstruire la société, qui n’existe qu’en vertu d’un pacte des hommes entre eux, et donner une éducation nouvelle aux générations. » Dan» le Contrat social et l’ Emile, les principes sont faux et les vues exclusives; mais un sentiment vrai et généreux les a dictés. Si la vérité y est dépassée ou incomplète , au moins l’auteur cherche-t-il à construire plutôt qu’à détruire : il nous force à réfléchir sur nous-mêmes, sur nos devoirs autant que sur nos droits. Ces idées nouvelles , l’un des préludes de la Révolution de 1789, firent condamner Rousseau à Paris et à Genève. Décrété de prise de corps par le parlement, il se réfugia à Motiers-Travers , dans la principauté de Neuchâtel, où il vécut d’une façon bizarre , affublé du costume d’ Arménien. De là il dirigea contre le conseil de Genève , qui l’avait condamné , les Lettres écrites delà montagne, 1764, et défendit son Emile par une Lettre à Mgr de Beaumont, archevêque de Paris, en réponse au mandement de ce prélat. Forcé de quitter la Suisse , il alla s’établir en Angleterre, à Wootton ( Derby), chez le philosophe Hume, 1766 ; les défiances de son esprit ombrageux ne lui permirent d’y rester que quelques mois. Il rentra en France, fut accueilli par le prince de Conti au château de Trye , près de Gisors , puis habita Lyon , Grenoble et plusieurs autres villes , revint à Paris en 1770, et accepta enfin la retraite que lui offrait M. de Girardin dans son beau domaine d’Ermenonville. Une maladie noire, une santé ruinée , et des chagrins domestiques, lui rendirent la vie insupportable : il mourut subitement le 3 juillet. On dit que le poison abrégea ses jours; suivant une autre tradition, contestée aussi, il se serait tué d’un coup de pistolet dans la tête. Son corps fut enseveli dans l’île des Peupliers, au mi’ieu du lac du parc, et il y resta jusqu’en 1794; à cette époque, il fut, par suite d’un décret de la Convention , transporté au Panthéon ( Sl®-Geneviève), à Paris. La persécution avait développé chez

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Rousseau une maladie morale qui troulila la fin de sa vie : il croyait voir partout des conspirations contre sa personne ; lui qui avait trouvé tant d'amis, il se plaignait amèrement de la dureté des hommes à son égard. Le livre des Confessions , dont le manuscrit fut trouvé à sa mort dans ses papiers, le fait connaître tout entier. Là sont résumées les contradictions qui forment le tissu de sa vie, et il y dit de lui-même beaucoup de bien et beaucoup de mal. Plein de sentiments honnêtes, il cédait aux entraînements coupables ; il abjurait la foi de ses pères, pour y revenir ensuite; après avoir épousé avec désintéressement une servante , il livrait aux hospices les enfants qu’il avait d’elle. En religion , Rousseau n’est que déiste. Sa morale est fondée seulement sur la conscience : mais on doit reconnaître que la Profession de foi du vicaire savoyard fut une protestation contre le scepticisme du xvme siècle; il attaqua avec la même énergie l’égoïsme d’une société frivole , entreprit de ramener ses contemporains à la vie de famille, trop oubliée pour la vie de salon. En politique, il proclama le principe de la souveraineté du peuple. Rousseau est encore un très-grand écrivain. Poëte en prose, il rendit à la poésie française le sentiment de la nature, dont s’éloignait si fort la versification didactique de cette époque. On ne dépassera jamais la majesté simple et forte de son style, qui se plie à tous les genres; le rhythme de sa phrase, la variété et la propriété des expressions , la clarté parfaite de l’exposition , en font un modèle accompli. Outre les ouvrages déjà mentionnés, Rousseau a laissé un Dictionnaire de musique , ouvrage très-superficiel , et même vicieux au point de vue didactique, un Dictionnaire de botanique, des Considérations sur le gouvernement de la Pologne , des Lettres, etc. — L’édition la plus importante de ses Œuvres est celle de Musset-Pathay , Paris, 1823-1826, 23 vol. in-8°, comprenant une Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau. D’autres ont été données par Villenave et Depping, 1817, 8 vol. in-8°; par PetitSin, 1819-20, 22 vol. in-8°; par Auguis, 1825 et suiv., 25 vol. in-8°. V. A. Barbier, Notice des principaux écrits relatifs à la personne et aux ouvrages de J.-J. Rousseau , dans les Annales encyclopédiques de Millin, 1818, t. IV; Saint-Marc-Girardin , J -J. Rousseau, sa vie et ses ouvrages, dans la Revue des Deux Mondes, 1852 56 ; C. Estienne, Essais sur les Confessions de J.-J. Rousseau, 1855, in-12. E. C.

Rousseatt (Jean-François-Xavier), né en 1738 à Ispahan, d’un joaillier genevois qui était passé en Asie, m. en 1808, était cousin-germain de J.-J. Rousseau. Elevé par les Jésuites d’ispahan, il se familiarisa de bonne heure avec les langues de l’Orient, fit fortune dans le commerce, fut chargé des affaires de France en Perse et dans le pachalik de Bagdad en 1773, protégea en plusieurs circonstances la vie des Français, reçut un accueil empressé dans un voyage qu’il fit en France en 1780, et réunit en 1782 les deux consulats de Bassora et de Bagdad. On a de lui divers Mémoires sur le commerce et l’histoire de la Perse.

rousseau (Jean- Baptiste-Louis-Xavier), fils du précédent, né en 1780, m. en 1831, fut nommé consul de France à Bassora en 1805, second secrétaire de l’ambassade française à Téhéran en 1807, consul général à Alep en 1808, à Bagdad en 1814, à Tripoli en 1824. Il a laissé ; Description du pachalik de Bagdad, Paris, 1809, in-8®, suivie d’une Notice sur les Wahabis; Mélanges d'histoire et de littérature, 1817, in-8°; Notice historique sur la Perse ancienne et moderne, 1818, in-8»; Mémoire sur les trois plus fameuses sectes du musulmanisme, 1818, in-8°.

ROUSSEL (Pierre), médecin, né en 1742 à Ax (Ariège), m. en 1802, fit ses premières études à Toulouse, fut l’élève de Venel et de Barthez, vint à Paris, où il se lia avec Bordeu, devint journaliste, et se livra avec beaucoup de talent à l’analyse des ouvrages de médecine. Homme de mœurs simples, aimant la retraite et la société des femmes, il se livra peu à la pratique, et s’occupa de sciences physiques. On a de lui, entre autres ouvrages; Système physique et moral de la femme, Paris, 1775, in-12, qui a eu beaucoup d’éditions ; Eloge de Bordeu, etc. D g!

Roussel (Pierre-Joseph-Alexis), né à Epinal vers le milieu du xvme siècle, m. en 1815, d'abord avocat, puis commis principal de la grande chancellerie de la Légion d’honneur , a laissé : Politique de tous les cabinets de l’Eurojie, pendant les règnes de Louis XV et de Louis XV[,... 1793* 2 volume» in -8°; Correspondance de L.-P.-J. d'Orléans, 1800, in-8° ; le Château des Tuileries, ou Récit de ce qui s'cs’l passé dans l intérieur de ce palais depuis sa construction jusqu’au 18 brumaire, 1802, 2 vol. in-8°; Correspondance secrète de plusieurs personnages illustres à la fin du xvilie siècle, 1802, in-12; Annales du crime et de l'innocence, ou Choix

des causes célèbres, anciennes et modernes, 1813, 20 vol. in-12, etc.

ROUSSELAER. V. Roulers.

ROUSSELET (Gilles) , graveur au burin, né à Paris en 1614, m. en 1686, se forma sur la manière de Corneille Bloemaert, et le surpassa même quelquefois. Son œuvre se compose de plus de 300 pièces; on remarque : une Ste Famille, et la Victoire de St Michel sur Satan, d’après Raphaël ; Eliézer abordant Rebecca, Moïse échappé à la mort, d’après le Poussin, une Annonciation, Quatre travaux d' Hercule, et David terrassant Goliath, d’après le Guide; le Christ au tombeau, d’après le Titien; un Christ, d’après Lebrun.

ROUSSES (Les), vge fortifié (Jura), arr. et à 24 kil. N.-E. de Sl-Claude; 366 hab. Bureau de douane. Fabr. d’horlogerie; commerce de bestiaux et de fromages de Gruyère.

llOUSSET DE MISSY (Jean), publiciste, né à Laon en 1686, m. en 1762, était d’une famille que la révocation de l’édit de Nantes fit sortir de France. Il prit du service en Hollande, se distingua à Malplaquet, puis ouvrit à La Haye une école pour la jeune noblesse, devint propriétaire du Mercure historique et politique, qui eut une grande vogue par ses traits satiriques contre Louis XIV, et fut nommé membre des Académies de Berlin et de Sl-Pétersbourg. On a de lui : Description géographique, historique et politique du royaume de Sardaigne, Cologne, 1718, in-12 ; Histoire publique et secrète de la cour de Madrid depuis T avènement de Philippe V, ibid . , 1719, in-12; Histoire du prince Eugène, du duc de Marlborough et du prince d' Grange, La Haye, 1729, 1747, 3 vol. in-fol., dont le 1er avait été publié par Dumont en 1725; Mémoires du règne de Pierre le Grand, Amst., 1728, 5 vol. in-12; Mémoires du règne de l'impératrice Catherine, 1729; Recueil historique d’actes, négociations, mémoires et traités de paix, depuis la paix d'Utrecht jusqu'au 2e congrès de Cambrai, La Haye, 1728-52, 25 vol. in-12; les Intérêts présents des puissances de l'Europe, 1733- 35, 4 vol. in-4°, et 1734 et suiv., 17 vol. in-12; Histoire de la succession aux duchés de Clèves, Berg et Juliers, Amst., 1738, 2 vol. in-8" ; Supplément au Corps diplomatique d* Dumont, 1739, 3 vol. in-fol., etc. B.

ROUSSILLON , anc. prov. et grand-gouvernement de France, au S., entre le Languedoc au N., le comté de Foix à l’O., les Pyrénées au S., et la Méditerranée à l’E.; capitale : Perpignan. Divisé en Roussillon propre et Cerdagns française; c’est auj. le départ, des Pyrénées-Orientales. — Occupé, avant la conquête romaine , par les Sardanes, les Consiiarani et les Ceretani , le Roussillon fit partie de la Narbonaise Ire, passa en 462 sous la domination des Wisigoths, puis, en 720, sous celle des Arabes d’Espagne, fut délivré par Pépin le Bref en 759, et eut dès lors des comtes, qui se rendirent bientôt héréditaires. Le dernier d’entre eux le légua, en 1172, à Alphonse II d’Aragon. Louis IX, roi de France, renonça à ses droits de suzeraineté. Jean II d’Aragon engagea le Roussillon à Louis XI pour 300,000 écus d’or, 1462 ; mais Charles VHI le restitua à Ferdinand le Catholique, en 1492. Les troupes de Louis Xlll la conquirent , 1640-42, et le traité des Pyrénées en assura la possession à la France en 1659. B.

Roussillon (Conseil du). V. conseil.

Roussillon, ch.-l. de cant. (Isère), arr. et à 18 kil. S. de Vienne; 1,020 hab. C’est de là qu’est datée l’ordonnance de Charles IX, en 1564, qui fixa le commencement de l’année au Ier janvier.

ROUSSIN (Albin-Reine), amiral, né à Dijon en 1781, d’un avocat au parlement, ra. en 1854, entra comme mousse dans la marine à 12 ans , pour sauver son père, détenu comme suspect d’aristocratie, acquit sans maîtres les connaissances nécessaires pour arriver aux grades, fut enseigne sur la frégate la Sémillante, qui combattit dans le3 mers de l’Inde de 1803 à 1808, puis capitaine en second sur la corvette l'Iéna, passa de là sur la frégate la Minerve, et, après le combat du Grand-Port ( île de France), fut nommé capitaine de frégate, 1810. Commandant de la Gloire, il fit, de 1811 à 1814, plusieurs captures sur les Anglais. Promu capitaine de vaisseau en 1814, éliminé un instant de la marine par la 2« Restauration, il rectifia, de 1816 à 1820, les cartes des côtes de l’Afrique et du Brésil, reçut, en 1821 , le commandement de la station française dans la mer du Sud, en 1822 le grade de contre-amiral, fit partie du conseil d’amirauté en 1824, dirigea en 1828 l’escadre qui obtint du Brésil la réparation des dommages causés au commerce français par le blocus de Buénos- Ayres, devint en 1830 préfet maritime à Brest et membre de l’Académie des sciences, reçut en 1831 le commandement de l’escadre chargée d’exiger de Don Miguel , usurpateur du trône de Portugal, la réparation d’insultes faites

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à des résidents français, força l'entrée du Tage, réputée 1 inexpugnable, et obtint tout ce qu’il demandait, et 800,000 fr. pour les frais de la guerre. A la suite de cette , glorieuse expédition, le roi l’éleva au grade de vice-amiral, 1 et, en 1832, à la pairie, avec le titre de baron; il fut aussi membre du Bureau des longitudes. Ambassadeur à Constantinople de 1832 à 1834, il eut à surveiller l’Egypte et la Russie, qui menaçaient l’empire ottoman. En 1840, il accepta le portefeuille de la marine, et fut nommé amiral à la chute du cabinet;, il reparut un instant au ministère en 1843, mais sa santé l’obligea de vivre dans la retraite; en 1852, il fut nommé sénateur. B.

ROUSTAM ou ROSTAM , héros fameux dans les annales poétiques de la Perse, et à qui l’on paraît avoir attribué les actes de plusieurs personnages, vécut, selon l’opinion généralement adoptée, au vie siècle av. J.-C., dans le Sigistan, dont il était prince. 11 descendait de Djemehid. 11 avait délivré le roi KaikaousII (Gouchtaspl, prisonnier des Arabes, et repoussé une invasion de Touraniens, quand il tomba en disgrâce pour avoir refusé d’embrasser la doctrine de Zoroastre. Vainqueur d’isfendiar ou Asfendiar, fils du roi, dans un combat singulier qui dura deux jours, il périt à son tour, pendant une expédition contre l'Inde, par la trahison de Scheghad, un de ses frères.

roustam, général persan, gouverneur de l’Atropatène, vengea le meurtre de son père en détrônant et en faisant périr la fille de Chosroès 11, plaça sur le trône Yezdegerd 111 en 632, et périt à la bataille de Kadésiah, 636, perdue contre les Arabes.

ROüstam-beyg , 5® prince de la dynastie turcomane du Mouton-Noir, chassa du trône de Perse, en 1490, son cousin Beisenkour, et fut renversé à son tour par Ahmed, un de ses cousins, 1497.

boustam - pacha , fils d’un paysan, parvint par son mérite à la dignité de grand vizir de Soliman II, dont il épousa la fille Mirmah. Il dirigea la seconde guerre, du sultan contre la Perse, se ligua avec Roxelane, sa bellemère, pour causer la mort du prince Mustapha, s’opposa de toutes ses forces à la conclusion de la paix avec la Hongrie, et mourut en 1560.

ROUSTAM1DES , dynastie arabe qui régnait sur la côte d’Afrique, depuis Tunis jusqu’au détroit de Gibraltar, et qui fut détruite au commencement du Xe siècle par Aboul-Cacetn-Mohammed-ben-Abdallah.

ROUTIERS (du vieux mot route, bande de soldats), bandes d'aventuriers et de pillards qui se formèrent en France après le départ de Louis VII pour la 2e croisade, en 1147. Une société dite de la Paix ou du Capuchon s’organisa en 1182 pour les détruire, et fut à son tour écrasée par les nobles, auxquels elle n’obéissait plus. Les Routiers étaient des trouoes mercenaires, qui figurèrent dans les guerres des xm® et xive siècles, et ne disparurent que du temps de Charles VII, quand ce prince eut établi une armée régulière.

ROUTOT, ch.-l. de cant. (Eure), arr. et à 21 kil. E. de l’ont- Audemer; 451 hab. Marché important pour la vente des bestiaux.

ROUTSCHOUK , v. forte de la Turquie d'Europe rSilistvie ), dans le livah de son nom, sur la rive dr. du Danube, à loO kil. N.- O. de Chonmla, 66 kil. S. de-Bukharest, en face de la ville valaque de Giurgewo; 30,000 hab. Evêché grec. Fabr. de lainages, soieries, coton. Ville sale et mal bâtie. Entrepôt d’un commerce important des marchandises d’Allemagne amenées par le Danube. Les Russes, qui y avaient échoué eu 1811, la prirent en 1812, et l’occupèrent en 1828.

RCHJVET (Jean), né à Clamecy (Nièvre), inventa, en 1549, le flottage du bois à bûches perdues. On lui a érigé, > en 1828, un buste dans sa ville natale.

ROUVKAY, vge (Eure-et-Loir), arr. et à40kil.S.-E. de Chartres; 690 hab. Duuois y fut battu par les Anglais à la journée des harengs.

bouvha y, anc. forêt près et à l’O. de Paris. Le bois de Boulogne en est un reste.

ROUVRES, vge (Côte-d’Or), près de l’Ouehe, arr. et à 12 kil. S.-E. de Dijon; 580 hab. Il a donné son nom à Philippe, dernier duc de la lr« maison capétienne de Bourgogne.

ROUX (Maître). V. Rosso.

roux (Augustin), médecin, né à Bordeaux en 1728, m. en 1776, vint à Paris, où il coopéra à la traduction des Transactions philosophiques et à la rédaction des Annales typographiques , fut reçu docteur en 1760, rédigea depuis 1762 le Journal de médecine, fut attaché, par le crédit du baron d’Holbach, à la manufacture de glaces de Sl-Go-

bain, et obtint en 1771 la chaire de chimie à la Faculté de médecine de Paris. Outre des traductions d’ouvrages anglais et allemands, il a laissé : Recueil de Mémoires de chimie et d' histoire naturelle (avec d’Holbach), 1764, 2 vol. in-12; Nouvelle Encyclopédie portative, 1766, 2 vol. in-8°.

koux ( Philibert -Joseph ) , célèbre chirurgien, né en 1780, à Auxerre, d’un chirurgien de cette ville, qui fut son premier maître, m. en 1854, avait 16 ans à peine, lorsqu'il reçut un ordre de réquisition pour l’armée de Sambreet-Meuse, où il resta deux ans. 11 obtint bientôt d’être attaché, en qualité de chirurgien auxiliaire, aux hôpitaux militaires établis sur les bords du Rhin. Ce fut à Andernach et à Aix-la-Chapelle qu’il acquit la justesse du coup d’œil, la fermeté de la main, si nécessaires aux grandes opérations de la chirurgie, et apprit l’art des pansements, dans lequel il devait exceller un jour. En 1797, il se rendit à Paris, fut distingué par Bichat, devint son élève et son ami; le seconda dans la rédaction de son Anatomie descriptive, et quand ce savant mourut, 1802, l’élève, malgré sa grande jeunesse, termina l’ouvrage de sou maître, et continua son cours. Chirurgien en chef-adjoint de la Chanté dès 1810, il enseigna la clinique externe de concert avec Boyer, son beau-père. Il fut plus tard nommé chirurgien de l’Hôtel- Dieu de Paris, professeur à la Faculté de médecine depuis 1819, membre de l’Académie de médecine dès la fondation, et remplaça Boyer à l’Académie des sciences en 1834. On a de lui : Mélanges de chirurgie et de physiologie, 1809, in-8°; Eléments de médecine opératoire , 1813, 2 vol. in-8», ouvrage inachevé: Mémoire sur la réunion immédiate des plaies après l'amputation des membres dans leur continuité, 1814, in-8°, où fut démontrée l’inutilité d’une suppuration prolongée; Parallèle de la chirurgie anglaise avec la chirurgie française, 1816, in-8°; Mémoires sur la staphyloraphie ou suture du voile du palais, 1825 et 1850, in-8“. On a publié de lui, après sa mort : Quarante années de pratique chirurgicale, 1855, 2 vol. in-8°. V. Malgaigne, Eloge de Roux, lu à la Faculté de médecine en 1855.

ROUZA, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 90 kil. O. de Moscou, sur la Rouza |afli. de la Moskowa); 2,800 hab. Citadelle. Ce fut un apanage pour les grands-ducs de Russie.

ROVATO, v. du royaume d’Italie (Brescia), à 6 kil. N.-E. de Chiari ; 6,749 hab.

ROVÈRE (La), maison célèbre de l’Italie, paraît issue d’une famille de pêcheurs de Savone.

eovèke (François de la ): V. sixte iv.

bovèke (Julien de la). V. jules ii.

rovère (Jean de la), neveu de Sixte IV et frère de Jules II, fut fait, par Sixte, prince de Sinigaglia et Mondavio, puis préfet de Rome, et épousa la fille de Frédéric, duc d’Urbin.

rovère (François-Marie Ier de la), fils du précédent, succéda en 1508 à Guid’Ubald 1er, son oncle maternel, dans le duché d’Urbin, commanda l’armée que son oncle, le pape Jules II, envoyait contre les Vénitiens, éprouva quelques revers, encourut la disgrâce de son oncle, et, dans un accès de fureur, poignarda François de’ Alidosi, cardinal de Pavie, qu’il accusait de l’avoir perdu auprès du pape, puis, en 1512, rentré en faveur, soumit toute la Romague et une partie des Etats de Ferrare, fut dépossédé de ses domaines par Léon X en 15)6, se retira auprès du marquis de Mantoue, son beau-père, recouvra ses biens à la mort du pontife, 1522, et fut empoisonné, dit-on, 1538, à l’instigation de P.-L. Farnèse, fils du pape Paul III. B.

rovère (Guid’Ubald de la), duc d’Urbin, 1538-74, fils du précédent, ne se signala que par ses prodigalités, ses débauches, sa sévérité envers ses sujets rebelles. Le Saint- Siège lui enleva le duché de Camerino, dot de sa femme.

rovère (François-Marie II de la ), dernier duc d’Urbin , fils du précédent, né vers 1541, m. en 1631 , monta sur le trône en 1574 , protégea les lettres et les sciences, et donna à Aldrovandi les moyens de former son magnifique musée. Son fils unique, Frédérie-Ubaldo, se déshonora par ses débauches, et eu périt victime, laissant une fille qui épousa Ferdinand de Médicis.

rovère (Guid’ Ubald bonarelli de la), littérateur et diplomate, né à Urbin en 1563, m. en 1608, fut chargé de plusieurs négociations par les ducs de Ferrare et de Modène, prit part à la fondation de l’Académie des Intre pidi à Florence, et devint majordome du cardinal d Este. 11 a laissé une pastorale, Filli di Sciro, Ferrare, 1607, qui eut mie grande réputation : on peut louer l’élégance de certains passages, la douceur et l’harmonie du langage ; mais il y a beaucoup de mauvais goût et d'affectation ; la diction est étudiée et polie à l’excès. Cette pastorale a

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