SC A
SCA
nom i’Iskander ou Skander (Alexandre), auquel les Turcs joignaient la qualification de Bey ou Beg (seigneur). A la mort de J. Castriot, 1432 ou 1435, Amurat, faisant périr ses trois fils et occuper Croia, nomma Scander-Beg sandschalc-beg ou commandant de subdivision, et lui confia 5,000 chevaux. Pendant plusieurs années, l’ Albanais prit part aux expéditions des l'urcs en Asie et en Europe, contribua à la prise de Nicomédie et d’Otrée, et commanda même l’armée envoyée, 1439, contre le prince des Serbes. De cette époque datent peut-être ses relations secrètes avec les Albanais et le Hongrois Hunyade. En 1413, chargé, avec le pacha de Roumélie, du commandement de 00,000 hommes envoyés contre Ladislas de Hongrie, il contribua probablement par son inaction à la victoire de Hunyade à la Morawa, arracha au reis-effendi ou secrétaire d’ Amurat, qu'il poignarda ensuite, un acte qui lui livrait Croia, y pénétra avec 000 Albanais dévoués, massacra la garnison turque, abjura l’islamisme, et souleva ses compatriotes. Encouragé dans sa révolte par Ladislas et Hunyude, ses alliés, maître en trente jours de l’Albanie par la prise de Pétrella, de Pétralba ou Belgrad, et de Stellousia, enfin choisi pour général par l’assemblée des chefs de l’Epire, il commanda bientôt 15,000 aventuriers indigènes, Français ou Allemands, et, avec un revenu de 200,000 ducats, commença contre les Turcs une guerre de surprises, d’embuscades et de combats pied à pied, qui dura 23 ans. Elle fut inaugurée par la victoire de la Basse-Dibra et une incursion heureuse en Macédoine. Après le désastre subi , 1444, A Varna par Hunyade, qui ne l’avait pas attendu, il repoussa les propositions de paix d’ Amurat II, et battit successivement tous ses lieutenants, Ali -Pacha, Firouz, Mustapha, qu’il délit une 2e fois au retour d’une guerre sans issue contre Venise; quand Amurat vint en personne pour le combattre, il lui disputa Seftigrade, 1449, et lui fit deux fois, 1419 et 1451, lever le siège de Croia. Mahomet Il , plein d’admiration pour son ancien compagnon, ne fut pas plus heureux contre lui. Le mariage de Scander-Beg, 1451, avec Donique, fille d’Ariamnites, important chef d'Epirotes, augmenta son influence sur les bords de l’Adriatique. Les troupes ottomanes furent partout repoussées, et, après la chute de Constantinople, Scander-Beg ravagea la Macédoine, battit dans ses propres montagnes, avec 10,000 hommes, toutes les armées de Mahomet, mais ne put enlever Belgrad ou Bérat, et accepta, 1401, la paix qui lui était offerte. 11 profita alors de l’expédition du sultan dans le Péloponèse, pour aller en Italie soutenir contre Jean de Calabre Ferdinand le Bâtard, dont il consolida le trône avec François Sforza à la bataille de Troja, 1462. A la voix de Pie II, il rompit la paix conclue avec les Turcs, commença seul la croisade annoncée contre eux, battit Schérémet-Beg près d’Oohrida, 1463 , Balaban-Badera dans la vallée de Walkalia et près de la Haute-Dibra, enfin Jakoub, qu’il tua de sa propre main , auprès de Bérat. Echappé à deux assassins soudoyés par Mahomet II , il fut enfin attaqué par ce sultan, 1465, le harcela devant Croia, l’obligea à la retraite, et, battant de nouveau Balaban resté avec 30,000 hommes devant la ville, extermina pendant 3 jours les restes de l’armée turque dans les défilés de Tyranna. Deux ans après, 1467, ure fièvre violente l’emporta dans Lissa (Alessioi, ville vénitienne où il tenait un congrès de petits princes au sujet de la guerre. Venise prit son fils Jean sous sa tutelle; Croia ne tomba qu’en 14*8 au pouvoir des Turcs, qui, maîtres d’Alessio en 1467, déterrèrent Scander-Beg, et se partagèrent ses os comme autant d’amulettes qui devaient les rendre invincibles. Quelques historiens l’appellent le Chevalier blanc de Valachie et le Diable îles Turcs, noms qui , suivant Haminer, n’appartiennent qu à Jean Hunyade. V. C. Paganel, Histoire de Scander-Bey , Paris, 1856, in-8°. A. C.
SCAN'DÉRIF.IT, nom moderne d’At.EXANDRiE.
SCAXDERülJN. V. Alexandrette
SCANDIANü, hrg du loyaume d’Italie (prov. de Reggio), situé à 13 kd. S.-S.-E. de Reggio. Carrières de soufre. Pair e de Spallauzuui ; 6,995 hab.
SCANDIE, SCANDINAVIE, noms que les Romains donnaient aux iles qui forment auj. l'Archipel danois, et â la partie méridionale de la péninsule Scandinave, qu’ils croyaient être une de. D’après Ptolémée, ces iles sont au nombre de quatre, dont trois petites, et une grande, qui porte proprement le nom de Scandie ou Scandinavie. Les petite^ sont appelées par Pline Nérigon Isatis doute le S. de la Norvège), Hergi (environs de Bergen, ou Norvège centrale i, et Damna il’üe Dunon ou Dunnoen, sur les côtes du stift de Drontheim i, La grande ile Scandie ou Scandinavie renfermait, d’après Pline, les monts St ro
(auj. les Kiœlen, qui séparent au S. la Suède de la Norvège, et dont la partie la plus méridionale s'appelle encore Seve-Byggen ); elle était habitée par les Ihtleriones (habitants des rochers , divisés en 500 cantons, par les Suiones, et les Silones ; plus tard, elle le fut par les Coths et les Lombards, qui de là se répandirent dans le centre, puis dans le S. de l’Europe. On ne peut méconnaître, dans cette grande ile Scandie, la Suède, dont la partie centrale, la Suède propre, rappelle le nom des Suiones; le S., la Gothie, celui des Goths; et dont les côtes les plus méridionales, voisines de l’Archipel danois, portent encore le nom de Scanie. Auj. ou appelle Scandinavie toute la péninsule septentrionale qui renferme les royaumes de Suède et de Norvège; et, dans un sens plus général, on donne le nom d 'Liais Scandinaves h ces deux royaumes et à celui de Danemark, anciennement unis, et habités par des populations de même origine. C. P.
S< A NDINAVES (Alpes). V. Dofrines.
SCANIE, Skane, ane. prov. de la Suède méridionale, a formé les lan ou préfectures actuelles de Malmohus et de Christianstad.
SCAPHUSIA, nom latin de Schaffoiise.
SCAI’IN i de l’italien scappino, chausson), valet intrigant et fripon de la comédie italienne; il est coiffé d'une toque, porte la livrée avec le manteau court, une dague à la ceinture, et des gants de peau. En Italie, il parle l’idiome bergamesque. Molière l’a popularisé en France par ses fourberies de Scapin.
SCAPTÈ-HYLÉ, lieu de l'anc. Thrace, près d’Abdêre. Célèbre par. ses mines d’or et d’argent, qui appartenaient à la famille de l’historien Thucydide.
SCAPULA (Jean|, lexicographe, né en Allemagne au milieu du xvir siècle, m. à Paris au commencement du xvne, fut employé dans l’imprimerie d’Henri Estieune, et publia, d'après le Thésaurus linguœ graevæ de ce savant, un Lejirum grœrn-latinurn , Bâle, 1 579, in-fol., espèce d’abrégé, souvent réimprimé, du Thésaurus. Un lui doit aussi : Primoyenhr voces,seu radices linguœ grœcœ, Paris, 1612, in-8°.
SCAPULAIRE (du latin scapulœ, épaule11 ) , vêtement que certains ordres de moines placent par dessus la robe, et qui était primitivement destiné à la préserver pendant le travail des mains. Ce sont d’ordinaire deux bandes de drap qui couvrent le dos et la poitrine, et qui pendent jusqu’aux genoux pour les frères lais, jusqu’aux pieds pour les religieux profés, en affectant assez souvent ta forme d’une croix. Chez les Carmes, le scapulaire est une bande de laine brune, semblable à celle que la Sainte- Vierge donna, disent-ils, à Simon Stock, général de leur ordre, et qui se porte sur le dos, les épaules et l’estomac. Les membres de la Confrérie du scapulaire, dont on fait la fête le 16 juillet, portent comme scapulaire deux morceaux carrés d’étoffe bénite, attachés à deux rubans.
SCARAMOUCHE | Tiberio Fujrei.li ou Fiorei.li, dit), acteur napolitain, né en 1613, m. en 1696, vint en France sous Louis XIII dans une troupe italienne, et se fit une grande réputation dans les rôles de Scaramouehe, personnage comique de la scène italienne, nom tiré de svaramuccio, escarmouche; en effet, le caractère de ce personnage était un mélange de fanfaronnade et de poltronnerie. Scaramouehe portait d’épaisses moustaches, était tout habillé de noir, et finissait toujours par être battu. Du Théâtre-Italien, Scaramouehe passa au théâtre de la Foire. Il existe un Srarumucciana , ou Bons mots de Scaramouche. B.
SCARBOROUGH, v. d’Angleterre, dans le comté et à 63 kil. N.-E. d’York, sur le chemin de fer du Centre; port sur la mer du Nord, le plus important de la côte E. de l’Angleterre; 18,380 hab. Douane; bains de mer et d’eaux minérales; chantiers de construction. Ses rues escarpées montent vers un château du xne siècle, en ruines. L’église appartenait à un monastère de Cisterciens. Commerce actif : houille, grains, genièvre, eau-de-vie, toile à voiles, cordage, poissons. Armements pour la pèche du hareng.
SCARDONA, capitale de l'anc. Liburnie, sur la rive dr. du T’itius, à quelque distance de son embouchure dans l’Adriatique, communiquait avec la mer par un lac; elle fut le siège d’un convenlus jurtdtcus. C'est auj. Scurdona ou Skardm.
scardona ou stcardin, anc. Srardnnn , v. des Etnt3 autrichiens iDalmntie , petit port sur la Korka, â 40 kil. E.-’-.-E. de Zara, 9 N.-E. de Üpalatro; 6,000 hab. Evêché, l’êche active.
scardona, ile de l’Adriatique, à l’O. de la Liburnie; auj. Ai ba ou Isola-Grcssa.
5CARDUS, chaîne de montagnes de l’Europe ancienne,
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en Illyrie, liée à l’Orbélus à l’E.; anj. Glioubotin ou Tchardagh. Les Candaviens en étaient une ramification.
SCARLATTI (Alexandre), célèbre compositeur de musique, né à Trapani en 1650, m. en 1725, fut un homme de génie et l’un des musiciens les plus instruits dans 1 art d’écrire; il posséda aussi un rare talent sur le clavecin et sur la harpe. Il a écrit plus de cent opéras, plusieurs oratorios, et beaucoup de musique de chambre et d’église. Les plus belles compositions dramatiques de Scarlatti sont : Teodora, 1693; Il Figlio délit selve, 1702 ; Il Medo, 170b; et Il Tigrane, 1715. B.
SCARLATTI ( Dominique ) , fils du précédent , né à Naples en 1683, m. à Madrid en 1757, devint le plus grand harpiste de l’Italie.
scarlatti (Joseph ),fils du précédent, né à Naples en 1718, m. à Vienne en 1776, compositeur de musique et tiais-habile maître de clavecin, écrivit des opéras, dont un, Il Mercalo di Malmmtile, 1757, obtint un immense succès.
SCARPA (Antonio), célèbre anatomiste et chirurgien, né en 1747 dans le Frioul, d’une famille de négociants, m. en 1832, se sentit , dès l’âge de 14 ans, une vocation pour la carrière médicale, et alla étudier à Padoue, où l’illustre Morgagni le distingua et le prit pour son secrétaire. A 24 ans, il alla occuper à Modène la chaire d’anatomie et de chirurgie, et fit des cours très-suivis de clinique et d’opérations chirurgicales ; il voyagea pour se perfectionner en France, en Angleterre, en Allemagne, fut nommé, par l’empereur Joseph II , professeur d’anatomie et de chirurgie à Pavie en 1783, puis directeur de la Faculté de médecine de cette ville; en 1803, l’Institut de France (Académie des Sciences) l’élut l’un de ses membres correspondants. La Révolution avait fait perdre à Scarpa toutes ses places, parce qu’il avait refusé le serment au gouvernement nouveau; Napoléon Ier les lui rendit en 1805, comme un hommage à son mérite éminent , et en lui laissant toute la liberté de ses sentiments politiques. Scarpa remit en honneur l’opération de la cataracte par la méthode de l’abaissement, accrédita, pour le traitement des anévrismes, la méthode dite de Hunter (plus exactement, d’Anel), et imagina le procédé de la ligature par l’aplatissement; il fut un très-grand chirurgien militaire. On a de lui beaucoup d’ouvrages, écrits avec une remarquable élégance, entre autres : Anatomica descriptio de auditu et olfactu, Pavie, 1789, in-fol,; de Peniliori ossium structura, Leipzig, 1799, traduit en français par Léveillé sous le titre de Mémoires de physiologie et de chirurgie pratique, Paris, 1804, in-8° ; Tabula nevrologicæ , Pavie, 1794, in-fol.; Suit' ernie, Milan, 1809, in-fol., traduit en français parCayol, Paris, 1812,in-8°; Réflexions et observations... sur l’anévrisme, en italien, Pavie, 1804, trad. en français par Delpech, 1809, in-8°; Traité des principales maladies des yeux, traduit par Fournier-Pesquet et Bégin, 1821, 2 vol. in-8°; Observations sur la taille recto-vésicale, en italien, Pavie, 1823, in-8°, etc. B.
SCARPANTO ou KO JE , anc. Carpathos, île turque Je l'Archipel, au S.-O. de Rhodes, par 35° 31’ lat. N., et 24° 52’ long. E.; 200 kil. earr. environ; 48 kil. sur 13; 3,000 hab. Gh.-l., Avdemo. Sol montagneux, assez fertile. Fer et marbre.
SCARPE , rivière de France, prend sa source au vge de Berles (Pas-de-Calais), passe à Arras, Douai, Marchiennes, SVAmand , et se jette dans l’Escaut, à Mortagne (Nord), après un cours de 100 kil., navigable depuis Arras, sur 79, au moyen d’écluses. Les canaux de la Deule et de la Sensée s’y rattachent.
SCARPHÉE, v. des Locriens Epicnémidiens (Grèce centrale), près des Thermopyles et du golfe Maliaque. Les Aehéens y furent défaits par Métellus, en 147 av. J.-C. Un tremblement de terre l'a détruite.
SCARPONNE , j adis Serpane ou Clin rpaqne,\ ge (Meurthe) , sur la Moselle , arr. et à 17 kil. N.-O. de Nancy. Jadis ch.-l. du pays de Sannois.
SCARRON (Paul), poète, né à Paris en 1610, m. en 1660, fils d’un conseiller au parlement, prit le petit collet sans entrer dans les ordres, eut une jeunesse très-dissipée, et , à l’âge de 27 ans, à la suite d’une mascarade de carnaval , contracta une infirmité qui le priva de l’usage de ses jambes, et fit de lui une espèce de cul-de-jatte, « un raccourci de toutes les misères humaines >>, comme il le disait lui-même, sans que la douleur pût jamais altérer son esprit bouffon et son caractère aussi noble qu’enjoué. Ce fut par ur.e générosité dont la pitié fut la source, qu’il épousa, en 1652, la malheureuse d’Aubigné, qui fut plus tard Mme de Maintenon. Sa maison , déjà fréquentée parles beaux-esprits du temps, le fut par les Turenne et les Sévigné. Il aurait dû être riche ; mais son
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père s étant remarié, la belle-mère ruina les enfants du premier lit. Scarron, frustré de son patrimoine, vivait d’une pension de 1,600 livres et du produit de ses ouvrages ; il mourut pauvre et gai , ainsi qu’il avait vécu. Comme écrivain, il est le représentant du genre burlesque, dont la vogue fut immense : sa valeur est médiocre, et il est plus souvent grotesque que comique. Mais il sut Dattre en brèche le jargon fastidieux des pastorales et la métaphysique amoureuse des longs romans de l’époque. On a de lui : huit Nouvelles tragi-comiques , le Roman comique, son meilleur ouvrage, tableau d’aventures spirituellement vulgaires, écrites d’un style élégant et pur (1662), des Factums et des Lettres: huit comédies en 5 actes en vers (Jodelet, 1645; Don Japhet d’Arménie, 1653; l'Ecolier de Salamanque, 1654, etc.). Ces ouvrages ne valent que par des scènes bouffonnes et par quelques situations ; dans le dernier, on remarque l’invention du personnage de Crispin, qui depuis a souvent été imité au théâtre. Scarron a donné encore, outre des Poésies diverses, presque toutes médiocres: V Enéide travestie, en 8 liv. , parodie où quelques traits d’esprit ne rachètent pas l’ennui d'une pareille lecture; le Tryplion, en 5 chants, qui offre l’Olympe transformé en famille bourgeoise; la Mazarinade , le plus célèbre des pamphlets de la Fronde. L’édition la meilleure des OEuvres de Scarron est celle de Bruzen de la Martinière, Paris, 1737, 10 vol. in-12, et 1786, 7 vol.in-80. J. T.
SCAURUS (Marcus-Æmilius), célèbre Romain, né l’an 590 de Rome, 163 av. J.-C., m. en 87, appartenait à l’illustre famille Æmilia, depuis longtemps déchue. Il plaida d’abord quelques causes qui n’annonçaient point un véritable orateur, servit ensuite en Espagne et en Sardaigne, fut édile en 123, préteur en 117, puis gouverneur de l’Achaïe, consul en 115 à l’aide des brigues les plus honteuses, fit des lois contre le luxe de la table et sur les droits des affranchis, creusa un canal navigable de Parme à Plaisance pour dessécher les marais formés par les inondations de la Trébie, obtint le triomphe après une vie toire sur les Carnes, et fut nommé prince du sénat en 114. Envoyé en Afrique pour arrêter Jugurtha dans ses projets, il ne remplit pas sa mission. Il y retourna en 112 comme lieutenant du consul Calpurnius; tous deux se laissèrent gagner par l’or du roi des Numides. Scaurus brava les accusations des tribuns, arriva même à la censure en 89, et construisit la voie Æmilia; après la mort de son collègue, il tenta, au mépris des lois, de conserver sa charge, et ne se démit qu’au moment où on allait le jeter en prison. Il avait écrit divers ouvrages; nous n’avons que quelques fragments de ses Mémoires, cités par Yalère-Maxime et par Diomède. B.
scaurus (Marcus-Æmilius), fils du précédent, s’est rendu fameux par ses prodigalités , son luxe , et par un théâtre, bâti pour le seul temps de son édilité , l’an 675 de Rome, 78 av. J.-C., qui avait une scène à trois ordres d’architecture superposés, dont l’un était en marbre, l’autre en verre, et le 3e doré; on comptait dans tout le théâtre 360 colonnes, 3,000 statues de bronze, et il contenait 80,000 spectateurs.
SCEAU DES TITRES (Conseil du). V. Conseil.
sceaux (Garde-des-). V. Garde-des-sceaux.
SCEAUX , Cellœ, s.-préf. (Seine ), arr. et à 12 kil. S. de Paris, près de la Bièvre, dans une vallée charmante; 2,158 hab. Depuis 1846, il y a, de Paris à Sceaux, un chemin de fer remarquable par un système de trains articulés, qui permet de décrire sans résistance et sans danger les courbes de tous les rayons, et même de franchir des pentes assez rapides. Cette petite ville fut érigée en baronnie en 1624; Colbert l’acheta en 1670, et y fit construire un nouveau château, qui fut décoré par Lebrun, Le Nôtre et Girardon. Le duc du Maine, fils naturel de Louis XIV, l’acheta en 1700. La duchesse du Maine y réunissait une cour nombreuse de seigneurs et de beauxesprits; les fêtes qui s’y donnaient sont restées célèbres. Il appartint ensuite au comte d’Eu et au duc de Penthièvre. Le château et les jardins, vendus en 1798, ont été en partie détruits; le jardin de l’orangerie, racheté par la ville, est devenu le parc public. Entre Sceaux et Bourg-la-Reine se tient, tous les lundis , un important marché de bestiaux pour l’approvisionnement de Paris ; il fut établi par Colbert en 1673. B.
SCÉE, porte de Troie, par laquelle le fameux cheval de bois fut introduit dans la ville. Près de là était le tombeau de Laomédon.
SCÉLÉRAT (Champ), lieu de l’anc. Rome où l’on enterrait vives les Vestales qui avaient manqué à leur vœu de chasteté. Il était derrière l’Agger de Servius l V. Agger de Rome), près de la porte Colline. C. D — r.
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SCÉLÉRATE (Porte), à Rome, était appelée d’abord Carmentale, et reçut son nouveau nom après que les 306 Fabius, qui étaient sortis par là pour aller combattre les Véiens, eurent péri sur les bords du Crémère. Elle était au bas de l’extrémité S. du mont Capitolin.
scélérate (Rue), rue de Rome où Tullie fit passer son char sur le corps de son père Servius Tullius. Elle était au bas du mont Esquilin.
SCELLIÉRES, anc. abbaye, de l’ordre de Citeaux, à 2 kil. O. -N. -O. de Romilly-sur-Seine (Aube) , fondée en 1167, et dans laquelle fut inhumé Voltaire, parce que l’abbé Mignot, neveu de cet illustre poète, en était abbé commendataire. Le corps de Voltaire y resta jusqu’en 1791, époque oùuu décret de l’Assemblée constituante le fit transporter au Panthéon. Cette abbaye a été détruite pendant la Révolution.
SCÈNE, Scœna, muraille de fond du Proscenium (F. ce mot), dans les théâtres des anc. Romains, décoration solide, en pierre, souvent en marbre, ornée de plusieurs étages de colonnes, et percée de trois portes. C’était une décoration permanente pour jouer les tragédies ; on la déguisait, pour les comédies, en la masquant avec des décorations peintes sur toile. C. D — Y.
SCÉNIQUES (Jeux), Luit scenici, représentations théâtrales dans l’anc. Rome, où elles furent introduites pour la première fois l’an 391 de la ville, 362 av. J.-C.; on les ajouta aux Jeux Romains, et désormais elles firent presque toujours partie des jeux publics, à la suite des exercices célébrés soit au Cirque soit à l’amphithéâtre. On finit par élever des théâtres permanents pour la célébration des Jeux scéniques. C. D — y.
SCÉNITES (du grec sliènc, tente), nom que les Grecs et les Romains donnaient aux Arabes nomades et vivant sous la tente, surtout à ceux qui erraient entre la Syrie et l’Euphrate.
SCEPSIS, v. de Mysie, au S.- O., où l’on retrouva, diton, les ouvrages longtemps perdus d’Aristote (F. Nélée); auj. Eski-Oupschi.
SCEPUSIUM, nom latin de Zips.
SCÉTÉ, désert de la Basse-Egypte, à l’O. du Delta, près des monts Nitria. Dans les premiers temps du christianisme, beaucoup d’ermites s’y retirèrent.
SCÉVOLA. F. Scævola.
SCÉVOLE DE SAINTE-MARTHE. F. Sainte-Marthe.
SCEY-SUR-SAONE, ch.-l. de cant. (Hle-Saône), arr. et à 18 kil. N.- O. de Vesoul; 1,649 hab. Pont bâti par Louis XIV. Source d’eau salée ; tanneries ; forges, hautfourneau. Il y eut , avant la Révolution , un superbe château, dont il ne reste que de belles caves.
scet-en-yarais, vge (Doubs), arr. et à 20 kil. S.-E. de Besançon, sur la Loue ; 300 hab. Château qui donna son nom a une famille noble.
SCHABAN Ier ( Mélik-el-Kamel), sultan d’Egypte, de la dynastie des Mamelouks Baharites, 1344-46, prince dissolu et cruel, périt dans une sédition au Caire.
schaban n (Mélik-al-Aschraf), neveu du précédent, né en 1353, sultan en 1363 après la déposition de sou cousin Mohammed, eut à soutenir la guerre contre Pierre de LusigDan, roi de Chypre, et contre le roi d’Arménie. En 1377, il partit pour le pèlerinage de la Mecque; apprenant qu’on proclamait sou fils à sa place, il revint secrètement au Caire, fut découvert, étranglé, et jeté dans un puits. B.
SCHABZIGER. F. Mollis.
SCHADOW ( Jean-Godefroi), sculpteur, né à Berlin en 1764, d’un pauvre tailleur, m. en 1850, manifesta de bonne heure une vocation véritable pour le dessin ; mais son père, chargé de famille, ne pouvant mettre à profit ces heureuses dispositions, les premiers artistes de Berlin s’intéressèrent au jeune Godefroî, et le mirent à même de suivre ses études. Il se maria, à 21 ans, avec une jeune fille de Vienne , et son beau-père lui donna les moyens d’aller en Italie, en 1785. Trois ans après, il fut nommé sculpteur de la cour, puis professeur à l’Académie des beaux-arts de Berlin, et devint, en 1822, directeur de cet établissement. Ses principaux ouvrages, remarquables par la noblesse et l’élévation, sont : le Monument funèbre du comte de La Marck, dans l’église S,e-Dorothée à Berlin ; les statues équestres de Frédéric II à Stettin, de Blücher à Rostock , du duc Léopold de Dessau à Berlin ; une statue de Luther, à Wittemberg; un groupe colossal en marbre représentant Louise de Prusse et la duchesse de Cumberland, à Londres ; le Quadrige qui surmonte la porte de Brandebourg, à Berliu ; les bustes de Haller, Kant, Klopslock, Jean de Muller, pour le Walhalla germanique. Rauch, Tieck, Dannecker, furent élèves de Schadow. B.
schadow (Zono-Ridolfo), sculpteur, fils du précédent, né à Rome en 1786, ra. en 1822, exécuta, à 18 ans, une copie remarquable de l’Apollon du Belvédère, et compléta les leçons paternelles par les conseils de Canova et de Thorwaldsen. On a de lui : Paris méditant sur le jugement qu’il va prononcer ; Jeune fille attachant ses sandales ; une Fileuse, Jeune fille tenant deux pigeons; l'Amour tenant une couronne ; Achille protégeant le corps de Penthésilée , ouvrage terminé par Wolf, cousin de l’artiste. Le caractère de son talent est la grâce, l’élégance et la naïveté. B.
SCHÆFFER (Jacob-Christian), naturaliste, né à Querfurt en 1718, m. en 1790, président du consistoire de Ratisbonne, a écrit particulièrement sur les insectes, les zoophytes et les plantes. Parmi ses ouvrages, très-populaires en Allemagne, on remarque : Fungorum qui in Batavia nascuntur icônes, Ratisbonne, 1762-70, 4 vol. in-4°; Icônes insectorum circa Batisbonam indigenorum, 1766, 5 vol. in-4«; Elementa entomologica, 1766, in-4°; Bolanica expeditior, 1763, 3 part. in-8°. B.
schæffer (Geoffroy -Henri), philologue, né à Leipzig en 1764, fils d’un tailleur, m. en 1840, professeur de littérature grecque et bibliothécaire à l’université de sa ville natale, fonda une librairie, où il fit paraître beaucoup de bonnes éditions grecques, entre autres, Homère, Hérodote, Démosthène , Apollonius de Rhodes , Athénée, Euripide, Sophocle, Longus, Théocrite, Pindare, etc. Schæffer a dirigé la collection d’auteurs grecs stéréotypés, publiée par Tauchnitz.
schæffer. F. aussi scheffer et schceffer.
SCHÆSBURG. F. Segesvar.
SCHAFFHOUSE, en allemand Schaffhausen, en latin Scaphusia, v. de Suisse, ch.-l. du canton de sou nom, à 84 kil. E. de Bâle, sur la rive dr. et au-dessus de la cataracte du Rhin, par 47° 4P 51" lat. N. et 6° 18' 16" long. E.; 8,637 hab. Elle a des restes de murailles flanquées de hautes et vieilles tours. Collège, académie, gymnase, bibliothèque, arsenal. On remarque l’église de S'-Jean, l’hôtel-de-ville , où est une salle ornée de boiseries curieuses, beaucoup de vieilles maisons peintes ou sculptées, et le Munster, église de l’anc. abbaye de Tous-les-Saints. Forteresse dite Unnoth. Fabr. de coton, soie, chapeaux de paille, quincaillerie, machines, coutellerie renommée. Transit avec la France, l’Allemagne et la Suisse intérieure. — Simple hameau de pêcheurs au vme siècle, Sehaffhouse devint ville impériale au xme siècle, tomba au pouvoir de l’Autriche en 1330, redevint libre en 1415, et fut admise dans la Confédération helvétique en 1501. Patrie de l’historien Jean de Miiller. B.
schaffhouse (Canton de), le plus septentrional de la Suisse, est enclavé dans le gr. -duché de Bade, et séparé des cantons de Zurich et de Thurgovie par le Rhin, qui forme sa limite méridionale; entre 47° 33' 50", et 47° 48' 30" lat. N., 6° 5' et 6° 34' long. E. ; 300 kil. carr. ; 24 kil. sur 22; 35,500 hab., presque tous protestants. Sillonné par les ramifications des Alpes. Climat tempéré. Sol fertile; élève de bétail. Fabr. de bas de laine, indiennes, mouchoirs ; tanneries, brasseries ; exploit, de minerai de fer. Le gouvernement , d’après la constitution de 1831 , révisée en 1834, est démocratique : la représentation nationale ou grand-conseil, exerçant le pouvoir législatif, et nommant les députés à la Diète fédérale , se compose de 74 membres élus par le peuple ; le pouvoir exécutif appartient à un petit-conseil de 24 membres , nommé par le grand -conseil, et qui est en meme temps la Cour suprême de justice. Le territoire est divisé administrativement en six districts ( bezirk ) : Schaffhouse, Stein, Thayngen, Neunkirch , Unterhalau, et Schleitheim. Le canton de Schaffhouse occupe le 12e rang dans la Confédération, par l’ordre de son admission, le 19® par son étendue, et le 18e par sa population. On y parle allemand. B.
SCÎIAH. F. Chah.
SCHAHPOUR. F. Safor.
SCHALKEN (Gottfried), peintre hollandais, né en 1643 à Dordrecht, où son père était recteur des écoles latines, m. en 1706, fut destiné au professorat; mais son goût l’entraînant vers la peinture, on le plaça d’abord dans l’atelier de Samuel Van Hoogstraeten, puis dans celui de Gérard Dow, avec les œuvres duquel ses tableaux ont une assez grande similitude. Il a peint dans de petites dimensions, des scènes d’intérieur, presque toujours éclairées par une lampe ou des flambeaux, et d’une exécution trèsfinie, d’une couleur chaude et dorée , qui rachètent les imperfections du dessin. La reproduction de la lumière artificielle devint pour lui une spécialité. Schalken obtint, pendant sa vie , de brillants succès , et se rendit en Angleterre, à la cour de Guillaume III, qui se fit peindre
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par lui. Il revint ensuite se fixer à La Haye, où de nom breux tableaux ne cessèrent de l’occuper. Le Louvre possède de lui 4 tableaux, la Sainte-Famille, Cérès cherchant Proserpine, deux Femmes éclairées par une bougie, et un Vieillard répondant à une lettre. A. M.
SCHAMMAJ, docteur juif. V. Hillel.
SCHAMS-EDDYN (IlemitchouAltumach), roideDelhi, né en Tartarie, fut vendu par ses frères à des marchands d’esclaves, des mains desquels il passa dans celles du roi de Boukhara. Il devint gendre et fils adoptif de Cothoub- Eddyn-Aïbek, enleva le trône à l’héritier légitime, Aram- Chah, 1210, étouffa dans le sang les révoltes provoquées par son usurpation, conquit le Pendjab sur lldouz en 1215, puis le Béhar et le Bengale sur Gaïath-Eddyn-Kilidje, enfin le Malwa et Oudjéin , et fonda une dynastie qui subsista près d’un siècle. Son fils, Rokn-Eddyn-Firouz , lui succéda en 1236.
SCHANGALLAS. V. Changallas.
SCHANNAT (Jean-Frédéric), historien, né en 1683, m. en 1739, fut d’abord avocat au conseil supérieur de Malines, puis embrassa l’état ecclésiastique. On a de lui : Histoire du comte de Mansfeld, Luxembourg, 1707, in-12; Hisloria Fuldensis, Wurzbourg, 1729, 3 vol. in-fol.; Vindemiæ litterariæ, hoc est velerum monumentorum ad Germanium „ sacram prœcipuè spectanlium , etc., Fulde, 1723-24, 2 vol. in-fol.; Histoire abrégée de la maison Palatine, 1720, in-8<>; Historia episcopatûs Wormatiensis, Wurzbourg, 1734, 2 vol. in-fol.; Concilia Germaniœ, Cologne, 1769-90, 2 vol. in-fol., ouvrage continué par le P. Hartzheim et par Hermann Schell. B.
SCHAN-SI , province de Chine. V. Chan-si.
SCI1AN-TOUNG, province de Chine. V. Chan-toung.
SCHAO-HAO , 4e empereur de la Chine , et l’un des 9 qui régnèrent avant la lre dynastie, l’an 2597 av. J.- C. On place sous son règne la naissance de l’idolâtrie. Il établit un réglement encore en vigueur aujourd’hui , qui prescrit , pour les divers genres et degrés de mandarinats, des costumes particuliers , que distinguent des animaux peints ou brodés.
SCHAO-KANG, 6e empereur chinois de la lre dynastie, dite des Hia, né en 2119 av. J.-C. Sa mère le mit au monde au moment où son père tombait sur un champ de bataille ; élevé parmi les bergers des montagnes , tandis qu’un usurpateur occupait le trône , il ne put saisir le pouvoir qu’en 2079 , et mourut , après un règne heureux , à ï'âge de 61 ans.
SCHAO-K1NG , v. de Chine. V. Ciiao-King.
SCHAO-YONG , philosophe et littérateur chinois au siècle apr. J.-C., vécut dans une misérable solitude, et refusa toute espèce de dignités. Il écrivit en 60 volumes le Hoang-Ki-King-ché, commentaire sur les Koua ou Trigrammes de Fou-hi , le plus ancien livre de la Chine.
SCHAPOUR. V. Kazeroun.
SCHARD (Simon) , jurisconsulte et historien, né vers 1535 en Saxe, m. en 1573, conseiller du duc de Deux-Ponts, puis assesseur à la Chambre impériale de Spire , a laissé : hermanicarum rerum quatuor vetustiores chronographi , Francfort , 1566 , in-fol., recueil contenant Turpin , Réginon de Prum, Sigebert de Gemblours, et Lambert d’Aschaffenbourg; Opus historicum de rebus Germanicis , Bâle, 1574, 3 vol. in-fol. , recueil très-estimé ; Lexicon juridicum juris pontificii et romani, Bâle, 1582, in-fol. B.
SCHARKOÉ ou SCHARD AH, v. de la Turquie d’Europe (eyalet et livah de JNissa), près de la rive gauche de la Nissava, à 5b Kil. S.-E. deJS’issa, 164 JM. -U. de bophia; 8,000 hab. Fabr. importante de tapis.
SCI1ARNHORST iGelhard-David) , général prussien, né en 1756 à Hamelsée (Hanovre) , m. en 1813, prit de bonne heure le parti des armes, servit dans l’artillerie de l’électeur de Hanovre , et , vers 1794 , entra au service de la Prusse. En 1804, le roi lui donna le grade de colonel, et le chargea de l’éducation militaire du prince royal. Il prit une part glorieuse aux luttes de la Prusse contre Napoléon Ier, contribua puissamment, en 1813, à réorganiser l’armée prussienne, et fut blessé mortellement à la bataille de Lutzen. On lui a élevé une statue en marbre sur la Place royale de Berlin. Il a laissé : Manuel pour les officiers Hanovre, 1787, 2 vol., et 1814, 3 vol.; Journal militaire, 1788-1805; Almanach militaire, 1794 et 1816.
SCHARY. V. Ciiary.
SCHATRYAS. V. Kchatryas.
SCHAUMBOURG ou SCHAUENBOURG , château sur les bords du Wéser, entre Rinteln et Oldendorf, fut bâti , dit-on , par Drusus, frère de Tibère , puis relevé en 1033 par Adolphe de Sandersleben , et donna son nom à une maison princière.
schaumboubg (Comté de), ancien Etat de l’empire d’Allemagne , sur le Wéser, entre les comtés de la Lippe et de Ravensberg , et les principautés de Kalenberg et de Minden , fut formé en 1033 par Adolphe de Sandersleben. Adolphe HI , un de ses descendants, reçut le comté de Holstein en 1106 ; la famille de ce prince forma , en 1247, deux branches, Kiel et Rendsbourg ; cette dernière se subdivisa en trois rameaux, en 1281 , dont le 3e fut celui de Schaumbourg. La maison de Sehaumbourg s’éteignit, en 1640 , avec le comte Othon VI , dont la mère , Elisabeth , légua le domaine à un frère de branche collatérale , Philippe de Lippe. Celui-ci commença la maison de Lippe- Schaumbourg , bientôt divisée en 2 branches ; l’aînée finit en 1777 ; la 2e, dite de Lippe-Alverdissen , règne aujour d’hui. En 1807 , l’entrée du comté dans la Confédération du Rhin valut à son possesseur le titre de prince.
schaumbourg (Principauté de eippe-) , Etat de la Confédér. allemande du N., entre le Hanovre au N.-E., la prov. de Westphalie et le Hanovre au N.-O., la Lippe- Detmold, et la Hesse pruss. ; 439 kil. carr. ; 30,774 hab. Ch.-l., Buckebourg. Sol fertile; industrie agricole et élève de bétail. Cette principauté, placée au xvne rang dans la chancellerie fédérale, a une voix dans le Conseil fédéral. Contingent fédéral 385 hommes ; budget : 862,500 fr.
schaumbourg (Cercle de), anc. divis. administrative de la Hesse-Cassel (Basse-liesse) , formant une enclave entre le Hanovre , la Lippe-Detmold , la Lippe-Schaumbourg et les Etats prussiens , à plus de 60 kil. des autres Etats hessois; 44,000 hect. ; 35,000 hab.; ch.-l. , Uinteln. Sol montueux et très-fertile. Elève de volailles.
SCHAUENSTEIN , hameau de la Prusse (province de Hesse), à 1 kil. S.-E. d’Obern-Kirchen. Verrerie considérable.
SCIIEDONE (Barthélemy), peintre, né à Modène vers 1570, m. vers 1615, a reproduit avec bonheur les qualités et les grâces du Corrège. Il a une variété charmante dans les expressions et les attitudes, un coloris délicat, riant et vif, une touche légère, un fini précieux, mais quelque iivcorreetion dans le dessin, et des fautes de perspective. Le musée du Louvre possède son chef-d’œuvre, Jésus posé par Madeleine sur le bord du tombeau. B.
SCHEELE (Charles-Guillaume), célèbre chimiste , né à Stralsund en 1742, d’une famille pauvre, m. en 1786. Élève en pharmacie, à Gœtheborg, Malmo et Stockholm, ses débuts furent humbles , comme toute sa vie. Il n’apprit rien des hommes, tout de la nature. Un hasard lui fit faire, à Upsal, la connaissance de Bergman, qui se chargea de sa réputation. Il refusa les offres du roi de Prusse, et se retira à Kœping, où toute son ambition fut d’épouser une veuve qui possédait une petite pharmacie, 1777. Scheele , dont Bergman publiait les découvertes dans toute l’Europe, demeura presque ignoré dans son pays. 11 montra que la plombagine est du carbone, donna l’arsénite de cuivre à la peinture , découvrit le chlore, le manganèse, le molybdène, l’hydrogène arsénié, l’hydrure de soufre, les acides lactique, gallique, hydrocyanique, arsénique, fluosilicique, obtint l’acide citrique à l’état de pureté , et connut l’oxygène presque en môme temps que Priestley. Ses Mémoires sont, comme détails, des modèles inimitables ; il fut infaillible dans les faits. Mais, dans les théories générales, il n’en est plus de même. Son Traité de l'air et du feu, Üpsal, 1777, que ses contemporains plaçaient au-dessus de ses Mémoires, doit être tout autrement jugé. C’est que Scheele ne considéra que les modifications de la forme des corps, sans s’arrêter â leur poids; de là sa supériorité, quand il traite les questions où les modifications de la matière se bornent à la forme, et ses erreurs continuelles, dès qu’il aborde celles qui exigent la notion du poids. Le Traité de l'air et du feu a été traduit en français par Diétrich, 1785. On a publié la Collection des recherches de C.-G. Scheele sur la physique et la chimie, 2 vol., Berlin, 1793. V. son Eloge par Vicq-d’Azir, dans le Journal de Paris, 4 avril 1787. G — R.
SCHEER, v. du royaume de Wurtemberg (cercle du Danube), sur la rive dr. du Danube, à 18 kil. O.- N.- O. de Saulgau ; 1,000 hab. Ch.-l. d’une seigneurie, qui appartient aux princes de Tour-et- Taxis. Pèlerinage fréquenté. Ruines du château de Bartenstein.
SCHEFFER (Jean), antiquaire, né à Strasbourg en 1621, m. en 1679, professeur d’éloquence et de politique, 1648, puis de droit, à l’université d’Upsal, et bibliothécaire de cet établissement, a laissé, entre autres ouvrages : des éditions annotées de Phèdre, de la Tactique d’Arrien, des Histoires diverses d’Elien, du Panégyrique de Pacatus, etc.; de Varietate namum apud veteres, Strasbourg, 1643, in-41»; de Mililià navali velerum libri XV, 1654, in-4° ; de Antiquorum
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torquibus synlagma , 1656, in-8°; de Naturâ et constitutione philosophiœ italicœ seu Pythagoricœ, Upsal , 1664; Upsalia antiqua, 1666, in-8° ; Graphice, seu de arte pingendi, Nuremberg, 1669, in-8°; De re vehieulari veterum libri II, Francfort, 1671, in-4°; Lapponia, seu gentis Lapponicæ descriptio, ibid., 1673, in-4°, traduit en français, Paris, 1678, in-4°; Suecia litlerata, Stockholm, 1680, in-8°, etc. B.
schei'fer (Henri -Théophile), chimiste, petit-fils du précédent, né a Stockholm en 1710, m. en 1759, s’est occupé des applications de la chimie, plus que de la science abstraite. il fit à SJpsal un grand nombre d’expériences sur la fonte des métaux, et sur l'analyse des plantes tinctoriales. Son Cours de chimie a été publié par Bergman, 1776.
SCHE1D (Everard), Scheidius, philologue, né à Arnheim en 1742, m. en 1795, fut professeur à Harderwyk, 1768, puis à Leyde ; il était également versé dans les langues classiques et dans les langues orientales. On a de lui : Glossarium arabico-lalinum monnaie, Leyde, 1769 et 1787, in-4°, en grande partie extrait de Golius ; Primœ lineœ in-
stitutionum si ve specimen grammaticœ arabicce, Leyde,
1779, in-4° ; Opuscula de ralione studii, 1786-92, 3 part. in-8°.
SCHEIKH ou CHEIKH, c.-à-d. vieillard, ancien, et quelquefois prince, en arabe ; mot qui désigne indistinctement tout homme respectable par son âge, ses vertus, son savoir ou sou autorité. C’est le titre spécial des chefs des tribus d’Arabes et de Bédouins en Asie et en Afrique. Les Turcs le donnent aux supérieurs de différents ordres de Derviches, aux prédicateurs des mosquées, aux imams qui suivent les armées, aux savants musulmans , au gouverneur de Médine, au mufti lui-même. On l’appliqua autrefois aux deux premiers califes (Abou-bekr et Omar), aux souverains des Assassins, et au 1er des 24 beys mamelouks de l'Egypte.
SCHEINER (Christophe), astronome, né en 1575 près de Mundelheim (Souabe), m. en 1650, entra dans 1 Institut des Jésuites à l’âge de 20 ans, et enseigna les mathématiques à Ingolstadt. 11 perfectionna l’hélioscope , en substituant des verres colorés aux verres ordinaires de l’oculaire, disputa à Galilée, en 1610, l'honneur d’avoir vu le premier (les taches dans le soleil, et soutint contre ce savant l’immobilité de la terre et la rotation du soleil. Nommé recteur à Neiss (Silésie), il donna des leçons de mathématiques à l’archiduc Maximilien, et fut le directeur du prince Charles, son frère. Ses principaux ouvrages sont : de Maculis solaribus très epistolœ , Augsbourg, 1612, et Rome, 1613, iu-4° ; Disquisitiones malhematicœ de controversiis et novitatibus mathematicis, IngolstaRt, 1614, in-4°; Exegesis fundamentorum gnomonices, ibid., 1616, in-4°; Oculus, sive fundamentum opiicum, Deux -Ponts, 1619, in-4° ; Pantographice, seu Ars delineandi, Rome, 1631, in-4°. B.
SCHEKSNA , riv. de la Russie d’Europe , naît au lac Biélo-Oséro (Novogorod) , et se jette dans le Volga, rive g. , vis-à-vis Ribinsk ( Iaroslav ) ; cours navigable de 430 kil.
SCHÈLANDRE. V. D’Anchères.
SCI1ELDE, nom flamand de I’Escaut.
SCHELESTADT, s.-préf. (Bas-Rhin), à 44 kil. S.-S.-O. de Strasbourg, sur la rive g. de l’Ill et le chemin de fer de Strasbourg à Bâle; 8,968 hab. Trib. de lre instance, collège. On remarque l’église Sl-George, celle de Ste-Foi, bâtie en 1094 sur le modèle de celle du Saint-Sépulcre, la caserne de cavalerie, l’aqueduc qui distribue l’eau dans tous les quartiers. Fabr. de savon, vinaigre, bonneterie, toiles métalliques, poterie, tabac ; brasseries ; filât, de laine, tanneries, etc. — Cette ville, bâtie sur l’emplacement d’Elsebus, que détruisit Attila, devint ville impériale. On y inventa, au xme siècle, l’art de vernir la poterie. Assiégée par les Suédois en 1632, elle appartient à la France depuis 1648. Louis XIV la fit fortifier de nouveau par Vauban en 1673. Patrie de Martin Bucer.
SCHELIIORN (Jean-George), bibliographe, né en 1694 à Memmingen, m. en 1773, prit les ordres sacrés, fut nommé bibliothécaire et co-recteur de l’Académie de sa ville natale, et, en 1754, surintendant ecclésiastique. 11 a publié : Amænitates litterariæ , Francfort et Leipzig (Ulm), 1724-31, 7 vol. petit in-8°; Amænitates hisloriæ ecclesiasticæet litterariæ , ibid., 1737, 4 tom. en 2 vol. in- 8», etc. C — s.
SCHELLENBERG, v. du royaume de Saxe, à 13 kil. E. de Chenmitz; 1,864 hab. Près de là est le château d 'Auguslusburg.
schellenberg, montagne de Bavière, près de Donauwerth, où Marlborough défit les Bavarois en 1704.
SCHELLER (Emmanuel-Jean-Gérard), savant latiniste, né en 1735 à lhlow (Saxe), m. en 1803, fut recteur du lycée de Liibben (Basse-Lusace) en 1761, et du gymnase deBrieg (Silésie) en 1771. 11 a laissé : un Petit Dictionnaire latin-allemand et allemand-latin. Leipzig, 1779, et un Grand
Dictionnaire, 1783, 3 vol., ouvrage qui est classique en Allemagne; une Grammaire latine, 1779; Præcepla styli benè latini, 1778, 2 vol. in-8°, etc.
SCHELLING (Frédéric-Guillaume- Joseph de) , célèbre philosophe, né en 1775 à Léonberg (Souabç ), m. en 1854, était fils d’un prélat distingué, fit ses études dans les gymnases de l’Allemagne , puis , sa philosophie à l’Université de Tubingue , où il eut pour condisciple plus avancé Ilégel. Il se rendit ensuite à Leipzig , et s’y appliqua surtout à la physique, à la chimie, à l’histoire naturelle , et aux mathématiques. Il suivit particulièrement Heidenburg, l’auteur d’une nouvelle méthode de calcul. En philosophie , il paraît s’être attaché d’abord à la doctrine de Fichte ; mais, doué d’un esprit original et hardi, il publia bientôt , quoique très-jeune, des écrits qui fixèrent sur lui l’attention des hommes les plus éminents de l’Allemagne, de Schiller, et de Goethe en particulier, 1797. A 23 ans, il fut nommé à une chaire dn professeur extraordinaire à l’Université d’Iéna. Son enseignement eut un grand succès. Il poursuivait en même temps ses études scientifiques en y ajoutant la médecine, et reçut le grade de docteur en médecine de l’Université de Landshut. En 1803, appelé à l’Université de Wurzbourg, il y professa quatre ans les diverses branches de la philoso • phie, en particulier l’esthétique , à laquelle l’avaient préparé ses études sur les beaux-arts à Dresde , et son commerce avec Schiller et Goethe. En 1807 , il fut nommé membre de l’Académie des sciences de Munich , et attaché à la section des beaux-arts comme secrétaire-général. Son goût pour les arts , la poésie et l’antiquité, ne le détournèrent pas de l’étude de la philosophie. Il eut, avec Jacobi, une querelle qui l’engagea, dit- on, à quitter Munich; mais ce ne fut que deux ans après la mort de Jacobi qu’il se retira à Erlangen , où il reprit ses leçons publiques. Bientôt l’Université de Lansdhut ayant été transférée à Munich, 1827, il y passa avec elle. Son système et son enseignement le rendirent alors célèbre dans toute l’Europe; il fut comblé d’honneurs , nommé président de l’Académie , conservateur-général des collections publiques, et conseiller intime. Le roi de Bavière lui conféra la noblesse personnelle. Il vit se presser autour de sa chaire les hommes distingués des divers pays de l’Europe qui se trouvaient en Allemagne. L’Académie des Sciences morales et politiques de Paris le nomma son associé. En 1841 , la chaire qu’avaient occupée Hégel et Fichte à Berlin étant vacante, il céda aux invitations du roi de Prusse , et c’est à Berlin que se sont écoulées les dernières années de sa glorieuse vieillesse. — Schelling est compté parmi les quatre grands penseurs qui ont été à la tête du mouvement philosophique de l’Allemagne au xix« siècle: Kant et Fichte marquent la première période; Schelling et Hégel la seconde. Les idées de Schelling ont exercé une grande influence qui s’est étendue à toutes les branches des connaissances humaines. Son système est un panthéisme idéaliste. Il est difficile d’en donner une idée claire en peu de mots; en voici la conception première et fondamentale: Frappé des oppositions qui éclatent au sein des systèmes précédents , et en particulier de ceux de Kant et de Fichte , Schelling entreprend de résoudre les contradictions en ramenant les termes de l’opposition à un principe unique et supérieur qu’il appelle V absolu ou l'identité des contraires, l'indifférence dans la différence. La formule est A= A. Il chercheà montrer comment ce principe se développe en une série d’oppositions, où les deux termes de la pensée et de letre, le fini et l’ infini , le réel et l'idéal , le subjectif et l 'objectif, en se conciliant, passent à une plus haute puissance. L’idée de développement ou de progrès I procesz ) est inhérente à ce système. Un parallélisme constant s’établit entre toutes les formes de la pensée et de l’existence , entre la nature et l’esprit , le monde physique et le monde moral , dont les lois sont identiques. Il se continue dans toutes les sphères du monde moral, dans la science , la politique, la philosophie , la religion , l’art. Schelling appliqua d’abord scs principes aux sciences physiques ; de là le nom de Philosophie de la nature que prit son système. Oken , Steffens , Gœrrès , etc. , firent de sa doctrine la base de leurs travaux dans les sciences naturelles. Il essaya ensuite de résoudre les problèmes relatifs à l'ordre moral, au droit, à l’histoire, à l’art, etc. C’est la deuxième phase de son système , la Philosophie de l'esprit. — Dans la troisième période , il se préoccupa particulièrement du côté religieux. Il a parcouru ainsi les trois grands objets de la pensée humaine, la Nature, l’homme, et Dieu. Schelling, du reste, tout en demeurant fidèle à sa conception première, a beaucoup varié dans l’exposition de ses idées. La pensée qui a inspiré son nouvel enseignement et ses derniers travaux a été de
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mettre d’accord la philosophie et la religion, en partant de la révélation comme fait positif et universel, qu'il s’agit d’expliquer et qu’il explique en effet à sa manière. C est là pour lui la philosophie positive , par opposition à la philosophie négative, celle que crée la raison abstraite. Chef d’une école nombreuse, il a eu des disciples et des sectateurs indépendants. Parmi les derniers, il faut compter Baader, Steflèns, Oken, Windischmann , Eschenmayer, Gœrrés, Wagner, enfin Hégel lui-même, dont le système, à son point de départ, a tant d’analogie avec celui de l’identité. — Quant aux qualités de son esprit , les facultés d’intuition , chez lui , dominent celles du raisonnement ; son génie essentiellement synthétique procède par grandes vues d’ensemble ; mais l’exposition calme et régulière lui fait defaut. Poète et philosophe, son imagination mêle ses vives couleurs aux conceptions les plus abstraites de sa pensée et aux formules d’un langage à la fois métaphysique et figuré. De là, à côté des grandes qualités de son style, l’obscurité souvent reprochée, non sans raison, à ses écrits. Les ouvrages de Schelling se partagent en trois époques : 1° jusqu’en 1800 : Idées sur la philosophie de la nature, 1797 ; De l'âme du monde, 1798 ; Première esqxdsse d’un système de la philosophie de la nature , 1799 ; Introduction à l’Esquisse du système de la nature, 1799. — 2» De 1800 à 1809 : Système de l’idéalisme transcendental , 1800; Exposé de mon système de philosophie ( dans le Journal de physique spéculative, 1800-1803); Bruno , dialogue sur le principe divin et le principe naturel des choses, 1802 ; Leçons sur la méthode des études académiques, 1803; Philosophie et religion, 1804; Aphorismes pour servir d'introduction à la philosophie de la nature, 1806 ; Du rapport de la réalité et de l'idéal dans la nature, 1806; Du rapport des arts plastiques et de la nature, 1807 ; Becherches philosophiques sur l’essence de la liberté humaine, 1809. — 3° De 1809 à 1815 : Monument élevé aux choses divines, réponse à Jacobi sur le reproche d’athéisme, 1812 ; Sur les divinités de Samothrace, 1815. — Depuis 1815, Schelling cessa d’écrire ; il ne rompit plus le silence que dans un petit écrit : Jugement de Schelling sur la philosophie de M. Cousin, 1834, où il critique la méthode psychologique, lance un arrêt contre la philosophie de Hégel , et annonce en même temps une nouvelle face de son système ; mais rien n’a paru avant sa mort. En ce moment (1857), les OEuvres complètes de Schelling, en 12 vol. in-8°, se publient à Stuttgard, chez Cotta, en deux parties : la première doit comprendre les écrits et les morceaux déjà édités de la jeunesse de l’auteur, et ceux des travaux non publiés de cette première époque qui peuvent servir à les compléter. La deuxième partie, inédite, renferme l’exposition, si longtemps attendue, du système religieux de Schelling ; elle se divise elle-même en 5 parties : 1° Introduction historique et critique à la philosophie de la mythologie ; 2° Introduction philosophique à la philosophie de la mythologie ; 3° la Doctrine du monothéisme comme base de la philosophie de la mythologie ; 4° la Philosophie de la mythologie elle-même; 5° la Philosophie de la révélation avec les principes de la philosophie positive. Les lers vol. ont, paru. — Les ouvrages de Schelling, traduits en français, sont: 1° l'Idéalisme transcendental, par M. Grimblot, Paris, 1843, in -8°; 2» Les Leçons sur la méthode des études académiques (le plus clair et le plus populaire en Allemagne des écrits de Schelling ; le Discours sur les arts du dessin ; Dante sous le rapport philosophique et divers morceaux d'autres écrits, traduits sous le titre d’ Ecrits philosophiques de Schelling, par M. Ch. Bénard, Paris, 1847, 1 vol. in-8°; 3° Bruno, ou du principe divin et naturel des choses, par M. Husson , Paris, 1845, in-8° ; le Jugement sur M. Cousin , par Wilm , 1835. — V. Histoire de la philosophie allemande, depuis Kant jusqu'à Hégel, par Wilm, Paris, 1846-49 , 4 vol. in-8° ; M. Matter, Schelling ou la philosophie de la nature et laphilosopliiede la révélation, 1845, in-8°.
schelling ou ter-schelling , île hollandaise de la mer du Nord, sur la côte N. de la prov. de Frise, au S. -O. d’Ameland ; 26 kil. sur 5 ; 4,000 liab.
schelling, monnaie d’argent. En Angleterre, c’est la 20e partie de la livre ou pound; il se divise en 12 pence, et vaut, selon le change, de 1 fr. 16 c. à 1 fr. 20 c. Aux États-Unis, sa valeur varie, selon les localités, de 65 e. à 1 fr. 12 c. En Allemagne, il en faut de 31 à 33 pour un •florin, 46 pour un thaler (48 en Suède et 96 en Danemark).
SCHELLCTHISouSCHlLLOUHS. V. Ciiellodks, Supp.
SCHEMNTfZ , en hongrois Selmecz-Banya, v. de Hongrie (Honth), sur la Schemnitz, à 110 kil. N. de Bude; 18,500 hab. Ecole célèbre des mines et forestière, fondée en 1760 par Marie-Thérèse; collège de Piaristes. Comm. de vins. Fabr. de faïence et de pipes. Aux environs, riches mines d’or, d’argent, de cuivre, de fer, etc., dont le produit annuel est d’environ 2,000,000 de florins.
SCHENCK ( Jean), médecin , né en 1530 à Grafenberg, m. en 1598 à Fribourg-en-Brisgau , où il remplit les fonctions de médecin de la ville. On a de lui un grand ouvrage, recueil précieux de faits anatomiques et médicaux, tirés soit de sa pratique , soit d’autres auteurs : Observationum medicarum rararum, etc. , volumen , Bâle et Fribourg , 1584-1597, 7 vol. in-4°. D — G.
SCHENCKEL (Lambert-Thomas), mnémoniste, né à Bois-le-Duc en 1547, d’un médecin , m. en 1630, recteur de l’école publique de Malines en 1576, imagina, cette même année, des procédés de mémoire artificielle, et, croyant avoir trouvé une source de fortune, quitta sa place, et parcourut l’Europe pour tirer parti de son invention. Il eut de grands succès à Louvain, Douai, Würzbourg et Paris, mais finit par ne plus trouver de disciples. On a de lui : De Memoriâ libri II, in-8°, ouvrage réimprimé sous le titre de Gazophxjlacium arlismemoriæ , Strasbourg, 1610, et traduit en français par Le Cuirot sous celui de Magasin des Sciences, Paris, 1623, in-12.
SCHENDY ou CHENDY, v. de Nubie, près de la rive dr. du Nil, à 350 kil. S.-E. de Dongolah ; 7,000 hab. Un des principaux centres du commerce de la contrée. Elle fut ravagée en 1820 par les troupes de Méhémet-Ali, dont le fils Ismail y avait été assassiné. — L’anc. Etat de Chendy, tributaire du Sennaar, et comprenant le territoire de l’ile de Méroé, dépend auj. du pacha d’Egypte.
SCHÉNE, mesure itinéraire des Anciens, surtout des Égyptiens, valait 2 parasanges ou 60 stades grecs ( environ 6 kilomètres).
SCHENECTADY, v. des Etats-Unis (New-York), ch.-l. du comté de son nom, sur la Mohawk et le canal d’Erié, à 28 kil. N.- O. d’Albany; 9,600 hab. Collège dit de l’Union, fondé en 1795.
SCHÉN-SI , prov. de Chine. V. Chen-si.
SCHÉRÉMÉTOV ( Boris-Pétrovitch , comte de), général russe, dont la famille était alliée à celle des Romanov, se distingua sous Pierre le Grand au siège de Narva, donna au tzar le conseil d’éviter tout engagement général avec Charles XII, quand ce prince pénétra dans l’Ukraine, et contribua à la victoire de Poltava, 1709. Il accompagna Pierre dans la campagne du Pruth, 1711, passa plusieurs mois à Constantinople comme otage, enleva aux Suédois Riga et la Livonie, défit sur les bords de la mer Caspienne le rebelle Stenko, et mourut en 1719. Les Lettres de Pierre le Grand à Schérémétov ont été publiées en 1774, in-fol. B.
SCHÉRER (Barthélemy-Louis- Joseph), général, né à Delle près de Béfort en 1747, m. en 1804, fils d’un boucher, eut une jeunesse fort dissipée. Il s’engagea dans les troupes autrichiennes, et déserta. Son frère, maître d’hô tel du duc de Richelieu, le fit entrer dans les troupes françaises. Major en 1789, aide-de camp en 1792, Schérer fit la campagne de 1793, et, dès 1794, il était général de division. 11 prit Landrecies, le Quesnoy, Condé, Valenciennes, et contribua au succès d’Aldenhoven. En 1795, il eut le commandement de l’armée des Pyrénées-Orientales, passa ensuite à l’armée d’Italie, gagna la bataille de Loano, ne sut pas profiter de la victoire, fut remplacé par Bonaparte, et nommé ministre de la guerre en 1797. Accusé de malversations, il se retira en 1799, et alla de nouveau commander l’armée d’Italie. Sa conduite lui avait ôté toute confiance : il fut battu à Magnano, donna sa démission, et se défendit par les Comptes-rendus au Directoire, etc., 1799, in-8°, et par le Précis des opérations militaires de l’armée d’Italie, depuis le 21 ventôse jusqu' au 1 floréal an vu, 1799, in-8» ; mais accusé de malversation et de dilapidation , il prit la fuite, et il allait être cité devant un tribunal criminel, quand la révolution du 18 brumaire arrêta les poursuites. Schérer rentra en France, et se retira dans sa terre de Chauny, où il mourut. J. T.
SCHÊR1F ou CHÉRIF, titre arabe qui signifie prince, seigneur, maître. Avant Mahomet, il était exclusivement donné aux 10 membres du gouvernement aristocratique de La Mecque, et il a été conservé jusqu’à nos jours pour les princes qui ont régné sur cette ville. On le donne aussi à tous les descendants de Fatime, fille du prophète, aux Edrissites d’Afrique, et aux empereurs du Maroc. Employé comme épithète, schérif signifie noble, illustre , etc. : ainsi, l’étendard de Mahomet est appelé sandjali-schérif , et un firman signé de la main du sultan turc se nomme Katt ou Hatli-schérif.
SCHERWILLER, vge (Bas-Uhin), arr. et à 7 kil. N.-O de Schelestadt; 2,828 hab. Les paysans révoltés en Alle- I magne après la Réformation y furent vaincus et écrasés par Claude de Lorraine, comte de Guise, en 1525; comme I la nuit allait empêcher de poursuivre le massacre, Guise
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mit le feu au village pour éclairer le champ de bataille.
SCHEUCHZER (Jean-Jacques), médecin et naturaliste, né en 1672 à Zurich, m. en 1733, prit le doctorat à Utrecht, parcourut l’Allemagne, alla étudier les mathématiques à Altdorf , ensuite explora la Suisse , en formant de riches collections. Nommé médecin de la ville de Zurich en 1696, puis professeur de physique, il repoussa les offres de Pierre le Grand, qui voulait l’attirer en Russie. On a de lui : Traité des maladies qu'occasionne l'ergot du seigle; Piscium querelœ et vindiciœ, 1708, in-4°, ouvrage ridiculisé à tort par Buffon, et où il soutient que les poissons fossiles sont des restes de poissons ayant eu vie et enterrés par le déluge; Muséum diluvianum, Zurich, 1616, in-8°; Homo diluvii testis , ibid., 1726, in-4°; Physica sacra Jobi, 1721, in-4°; Biblia exphysicis illustrâtes , Vienne, 1731-35, 5 vol. in-fol., trad. en français sous le titre de Physique sacrée, Amst., 1732-37 ; Ilinera per Helvetiæ alpinas regiones, Leyde, 1702- 11, 4 vol. in-4°; Bibliotheca scriptorum historiœ nalurali inservientium, Zurich, 1716, in-8° ; Histoire naturelle générale delà Suisse, en allemand, 1716-18, 3 vol., etc. B.
scheüChzer (Jean), botaniste, frère du précédent, né à Zurich en 1684, m. en 1738, servit en Hongrie, suivit comme secrétaire le comte Marsigli en Italie, et, de retour dans sa patrie, s’appliqua à la mécanique et aux fortifications. Il devint ingénieur du canton de Zurich en 1712, secrétaire des Etats du comté de Bade en 1732, et professeur d’histoire naturelle à Zurich en 1733. Il a laissé : de Usu historiés naturalis in medicind , Bâle, 1706, in-4° ; Agrostographiæ Helveticæprodromus, Zurich, 1708, in-fol.; Agroslographia , sive graminum, juncorurn, cyperoïdum eisque affinium historia, ihid. , 1719, in-4°, ouvrage réédité, avec des augmentations, par Haller, 1774. B.
SCHEUT , château de Belgique (Brabant méridional), à 5 lui. O. de Bruxelles. Près de là, victoire des Flamands sur les Brabançons, en 1356.
SCHEYB (François-Christophe de ), littérateur et poëte, né à Thengen ( Haute -Souabe) en 1704, m. en 1777, fut secrétaire du comte de IJarrach, vice-roi de Naples, puis des Etats de la Basse-Autriche, et conseiller aulique. On lui doit : une The'résiade, poëme en 12 chants en l’honneur de Marie-Thérèse, Vienne, 1747, in-4°; une édition magnifique de la Table de Peutinger, gravée d’après l’original, et accompagnée de notes savantes, 1753, in-fol., etc.
SCHIAVONE (Andrea), peintre et graveur, né en 1522 à Sebenico (Dalmatie), m. en 1582, fut protégé par le Titien et le Tintoret, qui louaient le charme de sa couleur et de son exécution ; néanmoins, il vécut dans la misère, et souvent peignit , pour vivre , de charmantes compositions sur des coffres et des meubles. On cite de lui la Naissance de J.-C. et une Assomption , dans le couvent des Théatins de Rimini. Le musée du Louvre possède un buste de St Jean-Baptiste , qu’on a souvent attribué à Raphaël. Schiavone a gravé à l’eau - forte , d’après le Parmesan et Raphaël, plusieurs planches d’une très-belle exécution.
SCHICKARD (Guillaume), orientaliste, né en 1592 à Herrenberg, m. en 1635, professeur de langue hébraïque à l’université de Tubingue en 1619, inspecteur des écoles de Stuttgard en 1627, a laissé, entre autres ouvrages : Methodus lingues sanctœ , Tubingue, 1614, in-8°; de Nummis Hebrcsorum, ibid., 1622, in -4°; Jus regium Hebrœorum è lenebris rabbinicis erulum, Strasbourg, 1625, in-4° ; Purim, sive Bacchanalia Judœorum , Tubingue, 1634. B.
SCHIEDAM , v. du royaume de Hollande ( Hollande méridionale), à 8 kil. O. de Rotterdam, sur la Schie et près de son embouchure dans la Meuse; 16,174 hab. Un canal l’unit à Delft. Distilleries d’eau-de-vie et de genièvre. Comm. de toile à voiles, beurre, harengs. Ciel toujours brumeux.
SCH1EFELDEN, v. des Etats prussiens (Poméranie), ch.-l. de cercle, à 63 kil. S.- S.-O. de Kœslin, sur la Rega; 3,600 hab. Papeteries, brasseries, distilleries. — Ane. commanderie de l’ordre de Malte.
SCHILLER ( Jean-Christophe-Frédéric), célèbre porte tragique et historien, né le 11 novembre 1759 à Marbarh (Wurtemberg), m. le 9 mai 1805, était fils d’un capitaine, intendant d’un château. Il étudia d’abord à Lorch, sons la direction du pasteur Moser, et surtout de sa mère, femme d'une nature tendre et pieuse, qui lui fit lire de bonne heure les poètes. Son inclination semblait le porter vers l’état ecclésiastique : mais son père ayant été obligé de quitter Marbach pour Ludwigsbourg, le duc de Wurtemberg le fit entrer à l’Ecole militaire qu’il venait de fonder dans cette ville , et qui fut bientftt transférée à Stuttgard. Malgré sa répugnance pour cette nouvelle condition , et les froissements qui résultaient pour lui
d’une discipline rigoureuse, Schiller fit de rapides progrès. Le droit lui coûtait beaucoup de peine ; cependant il s’était décidé à suivre la carrière du barreau, quand la volonté du prince l’obligea à étudier la médecine, 1773. Une lecture de Shakspeare décida de sa vocation ; après deux essais médiocres sans doute et dont rien n’est resté [l’Etudiant de Nassau , Côme de Médicis), il écrivit à la dérobée un drame devenu célèbre , les Brigands , œuvre pleine de verve et de passion, mais immorale, et qui est une sorte de déclamation contre la société. A 21 ans, il entra dans un régiment comme chirurgien, sans renoncer à ses travaux littéraires. Ne pouvant trouver d’éditeur pour son drame, il le fit imprimer à ses frais ; le directeur du théâtre de Manheim le lut, et le fit représenter, 1782. Le succès fut immense ; la jeunesse du Wurtemberg fut dans un état d’exaltation extrême. Schiller, retenu à Stuttgard pour son service, n’avait pu assister à la représentation que par fraude; il fut mis aux arrêts à son retour; comme on refusa sa démission , il s’enfuit, au risque d’être arrêté comme déserteur. Caché chez un de ses amis près de Bauerbach , il vécut misérablement , continua de travailler pour le théâtre, acheva la Conjuration de Fiesque, et composa Intrigue et amour. Fiesque, représenté en 1784, eut peu de succès en Allemagne ; mais la glorification des idées républicaines le fit accueillir en France avec enthousiasme, et, en 1792, Schiller reçut le titre de citoyen français. Cependant son existence était toujours précaire: il entreprit à Manheim la publication d’un journal de critique dramatique : mais les désagréments que ses libres appréciations lui attiraient , l’obligèrent de se retirer à Leipzig, où le duc de Weimar lui donna le titre de conseiller. Il publia bientôt les trois premiers actes d’ur.e nouvelle tragédie, Don Carlos, la première qu’il écrivit eu vers; ses autres ouvrages dramatiques étaient en prose. Les recherches qu’il avait dû faire pour ce nouveau drame l’amenèrent à écrire l’Histoire des révolutions des Pays-Bas, Leipzig, 1788, in-8°. Emmené à Dresde par le conseiller Kœrner, il y termina Don Carlos, qu’il fit imprimer à Leipzig en 1787. Il alla ensuite à Weimar, où 11 connut Herder et Wieland, puis à Rudolstadt, où il se lia avec Goethe. Nommé professeur d’histoire à l’université d’Iéna, 1789, il se maria, 1790, et, l’année suivante, publia l’Histoire de la Guerre de Trente Ans, Leipzig, 1791, in-8°, très -bel ouvrage, où néanmoins on remarque un peu de partialité contre la France. Il fonda ensuite un recueil littéraire mensuel intitulé Us Heures, dans lequel il publia plusieurs écrits sur divers sujets d’esthétique, entre autres, un traité sur la grâce et la dignité, sur le sublime, sur le pathétique, des lettres sur l éducation esthétique, un Traité sur la poésie naïve et sentimentale, 1795-97, et rédigea aussi avec Gœthe l’Almanach des Muses, 1795-1801, où il inséra, sous le titre de Xénies, des poésies épigrammatiques , où l’amertume se joignait souvent à la finesse. Après de sérieuses études, Schiller composa Wallenslein , vaste trilogie qui fut jouée en 1798, et qu’il a ainsi partagée : le Camp de Wallenslein , les Piccolomini , et la Mort de Wallenstein. C’est la plus importante et la plus belle peutêtre de ses œuvres; il y peignit avec une vigueur sans égale la haute ambition d’une individualité puissante cherchant à exploiter à son profit les embarras d’une guerre civile. En 1799, Schiller vint se fixer à Weimar, et s’occupa de théâtre avec plus d’ardeur que jamais; il publia , à des intervalles assez rapprochés : Marie Stuart, 1800, où il représenta la lutte de deux cultes ennemis, symbolisés par deux reines rivales ; Jeanne d' Arc, donnée à Leipzig en 1801 , avec un succès d’enthousiasme. Sur les conseils de Gœthe, avec lequel il était lié d’amitié, Schiller avait étudié les anciens tragiques; et il avait traduit l’Iphigénie et les Phéniciennes d’Euripide. S’inspirant du drame antique , il fit la Fiancée de Messine, 1803, composition un peu froide, malgré l’horreur tragique du sujet, mais dont les chœurs ne sont pas indignes de la muse grecque. II donna ensuite Guillaume Tell, 1804, que Ton regarde généralement comme son chef-d’œuvre, tragédie dans laquelle il montra l’amour du sol natal luttant contre la domination étrangère : le personnage de Guillaume Tell est une des plus belles créations de Schiller, et un sentiment vrai et profond de la nature helvétique respire dans tout le poëme. Ce fut son dernier ouvrage. Depuis 1791, sa santé, altérée par tant d’études et de travaux, allait toujours déclinant. Une fièvre catarrhale l’emporta à l’âge de 46 ans. Dans ses derniers temps, il travaillait à un Démétrius , qu’il ne put achever. Schiller est un des chefs de l’école romantique ; son système dramatique, qu’il modifia plusieurs fois, fut, dès l’origine, un parti pris et raisonné, une sorte de protestation contre le théâtre français. Il écrivit long-
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temps avant de connaître le monde et dans l’ignorance de la tradition classique. De là, dans ses œuvres, l’allure capricieuse d’un génie indépendant ; de là, un certain défout de vérité dans les situations , et , dans les personnages, quelque chose de vague et d’étrange. Ces personnages vivent, et la création est complète ; mais ils semblent vivre dans un monde imaginaire et idéal ; leur langage même est peut-être plus poétique que ne le comporte le drame, et tombe quelquefois dans la déclamation. Mais tel est le charme de cette poésie , où l’harmonie du style égale la beauté des images , tel est le prestige de cette déclamation , qu’elle semble l’expression naturelle des sentiments élevés. Poëte idéaliste avant tout, Schiller ne craint pas d’altérer l’histoire, et de la plier aux exigences de l’idée qu’il veut rendre ; nul ne l’a surpassé dans la peinture de l’idéal ; nul n’a pensé plus noblement, ni senti avec plus de force. Inférieur sans doute à Shakspeare , il est à la tête du théâtre allemand. Ses autres poésies , ses ballades , offrent les mêmes qualités , avec moins de défauts peutêtre. Les Dieux de la Grèce, l'Idéal, la Joie, Résignation, la Cloche , sont des chefs-d’œuvre que l’Allemagne sait par cœur. Energique ou tendre, la passion y parle toujours, et toujours s’élève vers l’idéal. On comprend que Schiller ait dû ses premiers triomphes aux jeunes gens, et la consécration de ses succès aux femmes. Ses OEuvres ont été publiées en allemand à Tubingue, 1812-15, 12 vol. in-8° ; à Vienne, 1816, 26 vol. in-12; à Leipzig, 1824, 18 vol. in-8°. Il existe des traductions françaises de ses Poésies et de son Théâtre par Marinier ; du Théâtre, par M. de Barante, Paris, 1821, 6 vol. in-8°; de la Guerre de Trente Ans, par Champfeu , 1803 , 2 vol. in - 8° ; par Mailher de Chassat , 1820 , 2 vol. in- 8° ; et par la baronne de Carlowitz , in- 12 ; des Révolutions des Pays-Bas, par Châteaugiron , 1827 , 2 vol. in-8». V. Marinier, Vie de Schiller (dans la Revue des Deux Mondes, 1840). F— T.
SCHILLING (Frédéric-Gustave), romancier, néàDresde en 1767, m. en 1839, servit dans l’artillerie, et arriva au grade de capitaine en 1809 , tout en composant des romans. Il en écrit environ 60, dans lesquels il y a de l’imagination et une certaine verve comique qui passe quelquefois les bornes de la décence. Son premier succès fut : la F emme comme elle est , 1800. Il a aussi donné un drame , Elise Colmar, 1783. Ses OEuvres complètes forment 52 vol. , Dresde. 1828.
SCHILLINGSFURST , château de Bavière ( Moyenne- Frnnconie), à 20 kil. O. d’Anspach, a donné son nom à une branche de la famille de Ilohenlohe.
SCHILTER (Jean), jurisconsulte, né en 1632 à Pegau (Saxe) , m. en 1705, professa tour à tour à Iéna, Francfort-sur-le-Mein , et Strasbourg. Parmi ses ouvrages , on distingue : Praxis juris romani in foro germanico , Iéna , 1698 ; Inslituliones juris cânonici ,ibid. , 1681 , souvent réimprimé; de Liberlale Ecclesiarum Germaniœ lihri VII, Ibid., 1683, in-4°; Jurisprudenliœ tolius,... légitima elemenla , Strasb. , 1698 ; Ad jus feudale utrumque Germanicum et Longobardicum introductio , ibid. , 1693 ; Codex juris feudalis Allemaniœ, ibid., 1697 ; Thésaurus antiquitatum teutonicarum , Ulm , 1727 , 3 vol. in-fol. , etc. B.
SCHILTIGHEIM, ch.-l. de canton (Bas-Rhin) , arr. et à 5 kil. N. de Strasbourg, près de l’Ill ; 3,747 hab. Fabr. de toiles cirées , stores sur coton , amidon.
SCHIMEGH. V. Sciiumegh.
SCHIMMELPENN1NCK (Rutger- Jean), grand-pensionnaire de la république Batave , né en 1761 à Deventer, d’une ancienne famille, m. en 1825, se fit d’abord connaître comme avocat, et son talent le plaça au premier rang du barreau d’Amsterdam ; il s’associa aux patriotes qui tentèrent, en 1785-86, d’opérer dans les Provinces-Unies une révolution sage et modérée. Lors de l’invasion française , en 1795, il concourut à l’établissement d’un gouvernement nouveau , fut élu député à la Convention nationale batave, et s’y distingua par sa modération et son éloquence. Il fut ambassadeur à Paris en 1798, plénipotentiaire au congrès d’Amiens en 1802, où il remplit le rôle de conciliateur, puis ambassadeur à Londres , gouverna la Hollande pendant 15 mois , 1805-1806 , sous le titre de grand-pensionnaire , et sut rétablir, avec l’ordre dans les finances , le crédit public. Il vécut dans la retraite pendant le règne de Louis Bonaparte ; après l’incorporation de la Hollande à l’empire français, Napoléon Ier le nomma comte et membre du Sénat conservateur. Lors de l’établissement du royaume des Pays-Bas , il fut membre de la lr e Chambre des Etats- Généraux. g
SCHINDERHANNES. V. Chauffeurs.
SCHING-KING , province de Chine. V. Ching-King.
SCH1NG-YANG. V. Moukden.
SCHINKEL (Charles-Frédéric), architecte, né à Neulluppin (Marche de Brandebourg) en 1781, m. en 1841, montra de benne heure un goût très -vif pour l’architecture, voyagea en Italie, en France, et en Autriche, pour se perfectionner, et devint, dès 1817 , un des plus habiles architectes de Berlin. Il a construit, dans cette capitale , le théâtre , le musée , le pont du château , la porte de Potsdam , l’Ecole du génie et de l’artillerie. Sehinkel était directeur-général des bâtiments de Prusse, et associé de l’Institut de France.
SCHINNER ou SKINNER (Mathieu) , dit le cardinal de Sion, né vers 1470 aux environs de Sion (Valais), d’une famille pauvre et obscure, m. en 1521 , fit ses études à Côme, fut pourvu d’une cure dans le Valais , puis appelé au chapitre de Sion , et enfin élevé au siège épiscopal en 1500. Lié par des vues ambitieuses aux intérêts du pape Jules II, il usa de son influence pour détacher, en 1510, les cantons suisses de l’alliance française , fut récompensé par le chapeau de cardinal , le titre de légat apostolique et le commandement général de la Lombardie , marcha à la tête des Suisses qui livrèrent à François Ier la bataille de Marignan , 1515 , et alla en Allemagne et en Angleterre susciter des ennemis contre la France. Pendant son absence, ses biens dans le Valais furent confisqués par le parti français , à la tête duquel était George Supersax ; il détermina Charles-Quint à mettre cet adversaire au ban de l’Empire , et Léon X à jeter l’interdit sur le Valais. Il mourut à Rome. B.
SCH1NZNACH , brg de Suisse ( Argovie), à 8 kil. N.-E. d’Aarau : 2.000 hab. Eaux sulfureuses.
SCHIO, brg du royaume d’Italie (Vénétie), dans la province et à 26 kil. N.-O. de Vicence ; 6,600 hab. Comm. de draps , soieries , vins , grains.
SCHIRACH (Adam-Théophile), agronome allemand, né à Klein-Bautren (Saxe), m. en 1773 , était pasteur en Lusace, où il fonda la première société d’agriculture. On a de lui: Traité des abeilles, Zittau et Leipzig, 1768, in-4° ; Culture des abeilles des bois , 1774; Histoire naturelle de la reine des abeilles , traduite en français par Blessière, Amsterdam , 1787, in-8», etc.
scniRACii (Théophile), philologue, né en 1743 à Tieffenperth (Lusace), m. en 1804, professa la philosophie à l’université d’Helmstædt , de 1769 à 1779. Ses principaux ouvrages sont : Claris poetarum classicorum, Halle, 1768-69, 2 part. in-8°; Biographie des Allemands, 1770-74, 6 vol.; Histoire de l'empereur Charles VI, Halle, 1776, in-8°; une traduction allemande des Vies de Plutarque.
SCHIRAZ ou CHIRAZ, v. forte de la Perse, ch.-l. du Farsistan, au milieu d’une belle et riche plaine, à 333 kil. S. d’Ispalian ; par 29° 46’ 4” lat. N., et 50° 17’ long. E.; 30,000 hab. Fabr. de toiles de coton, armes à feu, sabres, tapis. Vins blancs renommés. Schiraz, la 3e ville de la Perse, et l’une des importantes de l’islamisme, renferme 30 mosquées, et de nombreux médresséhs ou écoles et bazars ; mais une grande partie de la ville est en ruines. On y voit le tombeau d’Hafiz, l’Anacréon de la Perse, et, aux environs, celui du poëte Saadi ; tous deux y étaient nés. Fondée par les Musulmans à la fin du vne siècle. Des tremblements de terre la dévastèrent en 1813 et en 1824. Près de là sont les ruines de l’anc. Persepolis.
SCHIRMECK, ch.-l. de cant. (Vosges), sur la Bruche, arr. et à 40 kil. N.-E. de S‘-Dié; 1,020 hab. Exploit, de marbre. Filatures et tissage de coton et de laine ; tuile-
ripe tPl'nt.Ill’PI’ipt!
SCHIRWAN ou CHIRVAN, contrée de la Russie d’Asie, dans la région Caucasienne, au S. du Daghestan, à l’O. de la mer Caspienne, au N. de l’Aras et du Kour, et à l’E. de la Géorgie; 120,000 hab. Ch.-l., Chamahi; v. princip. : Bakou. Ce pays, autrefois compris dans l’Albanie, a été cédé par les Persans aux Russes en 1813, et fait auj . partie du gouvernement de Bakoui.
SCHISME. On appelle ainsi toute division ou séparation opérée dans le corps ou la communion d’une religion. Les principaux schismes sont : 1° le Schisme des dix tribus d’Israël, sous Roboam, fils de Salomon, 962 ans av. J.-C.; 2° le Schisme d'Orienl, commencé par Photius en 858, et consommé en 1054 par le patriarche Cérularius; il divisa l’Église chrétienne en Église romaine et Église grecque ; 3° le Grand schisme d'Occident, qui éclata en 1378 après la double élection d’Urbain VI à Rome et de Clément VII à Avignon; il partagea l’Eglise romaine en deux et meme trois obédiences, amena la convocation des conciles de Pise, 1409, de Constance, 1415, et de Bâle, 1431, et dura 71 ans; 4° le Schisme d’Henri VIII, qui sépara l’Angleterre de la communion romaine en 1534, et constitua l’Église anglicane. Les autres religions ont aussi leurs