‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 47 sur 864 · LAO · texte numérisé non relu

LAO

LAP

Li) NUÊJOLS ou LANOUGEOLE, vge (Lozère), arr. et à 8 kil. E.-S.-E. de Mende; 581 hab. Près de là se trouve un mausolée antique bien conservé , et qui semble appartenir au me siècle ap. J.-C. ; sur le territoire de Lanuejols sont aussi le château du Boy et les ruines de celui de Chapieu.

LANUVIUM , anc. v. du Latium, à 24 kil. S. de Rome, à droite de la voie Appienne. On attribuait sa fondation à Diomède, 1282 av. J.-C. Elle devint municipe l’an 417 de Rome. Patrie d’Antonin le Pieux. On y voyait un temple et un bois célèbres de Junon Sospita. Lanuvium est auj. Civita - Lavinia ou Città di Lavigna. Il reste quelques ruines de l’antique cité.

LANVOLLON, ch.-l. de cant. (Côtes-du-Nord), arr. et à 24 kil. N. -O. de S*-Brieuc; 1,203 hab.

LANZAROTE , une des îles Canaries. V. Lancerote.

LANZI (l’abbé Louis); savant jésuite italien, né en 1732 à Monte-del-Olmo, près de Macerata, m. à Florence en 1810, était conservateur de la galerie de cette ville. Ses ouvrages les plus estimés sont ceux qui concernent la langue et les antiquités de l’Etrurie : Saggio di lingua etrusca , Rome, 1789, 3 vol. in-8°, livre original, et de la plus profonde érudition : De' vasi anlichi dipenti, cliiamati etruschi, Florence, 1806, in-8° ; Histoire de la peinture en Italie , depuis la renaissance des beaux-arts jusqu’à la fin du xvuie siècle , Bassano, 1809, 6 vol. in-8°, ouvrage divisé par écoles, et plein d’excellents jugements sur les peintres. On doit encore à Lanzi la fondation du Cabinet étrusque, qu’il disposa dans un ordre admirable.

LAOCOON , fils de Priam et d'Hécube , et prêtre d’Apollon ou de Neptune, s’opposa à l’entrée du cheval de bois dans Troie, et le frappa d’un javelot. Ce fut pour ce motif, ou, selon d’autres, parce qu’il s’était marié malgré Apollon, qu’il fut étouffé, avec ses deux fils Antiphatès et Thymbréus, par deux serpents monstrueux. Le célèbre groupe du Laocoon, un des chefs-d’œuvre de la sculpture antique, est, selon Pline, l’ouvrage de trois artistes grecs, Agésandre, Polydore et Athénodore, qui florissaient dans le 1er siècle ap. J.-C. Il fut retrouvé, en 1506, par Félix de Frédi, à Rome, dans le palais de Titus, au lieu dit Setli Sale ; il est auj. au Vatican.

LAODICE , mère de Séleucus Nicator. Ce prince fit bâtir en son honneur la ville de Laodicée.

laodice , sœur et femme du roi séleucide Antiochus II, fut répudiée quand son mari épousa, en 250, Bérénice, fille de Ptolémée II ; ce prince étant mort peu d’années après, Antiochus rappela Laodice ; mais cette reine, pour protéger contre un nouveau caprice du roi leur père ses deux fils Séleucus II et Antiochus Hiérax , l’empoisonna, fit mettre dans le lit royal un homme qui ressemblait au roi, et qui dicta les dispositions ordonnées par Laodice. Bérénice et son fils furent assassinés par Séleucus II, devenu roi. Pour venger Bérénice, son frère Ptolémée Evergète envahit et ravagea toute la Syrie , et fit périr Laodice, en 240. A. G.

LAODICËE , Laodicœa ad Lycurn , anc. v. d’Asie Mineure ( Phrygie), au confluent du Lycus et de l’Halys, était appelée d’abord Diospolis, puis Rhoas. Fondée par Laodice, sœur d'Antiochus Théos, ruinée par un tremblement de terre en 65 av. J.-C., prise par les Turcs l’an 1255 de J.-C., et détruite par Tamerlan en 1402. Auj. Eski- Hissar.

laodicÉe-la-brulÉe, Laodicœa combusta, anc. v. d’Asie Mineure (Lycaonie), au S.- O. d’Iconium , sur un sol volcanique. Auj. Ladik.

laodicée, Laodicœa ad mare , anc. v. de Syrie, dans le canton dit Séleucide, près du mont Bélus et de la Méditerranée ; fondée en l’honneur de Laodice, mère de Séleucus Nicator. Auj. Latakicli ou Ladikièh.

laodicée , Laodicœa Scabiosa ou ad Libanum, anc. v. de la Syrie méridionale, dans le canton dit Laodicéue, entre le Liban et Héliopolis; auj. Jouschia.

LAOMÉDON , roi de Troie, fils d’Ilus, et père de Priam et d’Hésione, éleva les murailles de sa ville avec l’aide de Neptune et d’Apollon; ayant refusé à ces dieux le salaire promis, ils firent ravager ses Etats par un monstre marin. Laomédon , devenu parjure de nouveau envers Hercule, qui l’avait délivré dn monstre et avait sauvé Hésione, vit ses Etats dévastés par le héros grec, et périt au milieu des uiuea clé 1 1 oie.

LAON , Bibrax, Ludgunum Clavalum , Laudanum , ch.-l. du dép. do l’Aisne, à 130 kil. N.-E. de Paris, sur une colline isolée au milieu d’une vaste plaine ; par 49® 33’ 54” lat. N., et 1» 17’ 19” long. E ; 8,204 hab. Citadelle importante, à l’E. de la ville. Trib. de lrc instance; collège, bibliothèque. Ecole normale primaire ; école de dessin.

Dépôt de mendicité; maison de détention; 2 hospices, dont un d’enfants trouvés. Entouré de six faubourgs, Laon est triste et mal bâti. Magnifique cathédrale du xile siècle, surmontée de 4 tours , dont les deux plus belles , celles du portail , ont été restaurées en 1856 ; église St-Martin , qui contient le tombeau de Raoul H , sire de Coucy. Une tour penchée , qui remontait à Louis d’Outre-mer, a été démolie en 1832. Le palais des évêques est devenu le siège des tribunaux ; la préfecture occupe une partie de Pane, abbaye de Sl-Jean, qui renfermait autrefois 7 églises dans son enceinte. Près de la promenade extérieure sont quelques restes d’une abbaye de Sl-Vincent , fondée par Brunehaut. Entre la ville et le fort St-Vincent s’étend un vallon planté de vignobles, et appelé cuve de St Vincent. Comm. de grains, cuirs, légumes secs, artichauts renommés. — Cette ville reçut le christianisme au me siècle ; Louis IV d’Outre-mer y fut sacré , et elle devint la résidence des der niers rois carlovingiens. On y battit monnaie. La commune de Laon fut instituée , après de sanglantes divisions, en 1 128 ; la charte de franchise, qui est parvenue jusqu’à nous, devint, pendant près de deux siècles, l’objet constant de l’opposition de l’évêque et du chapitre, qui parvinrent à la faire supprimer en 1322. Les Laonnais obtinrent une nouvelle charte en 1332. L’évêque et duc de Laon était uu des 12 pairs de France; il porta, jusqu’à la Révolution, la sainte-ampoule au sacre des rois. Laon fut livrée par le duc de Bourgogne aux Anglais en 1419, et revint à Charles VII en 1429. Henri IV y entra en 1594, et l’entoura de fortifications. Après la victoire de Craonne, Napoléon 1er essuya un échec sous ses murs ,9 et 10 mars 1814. Patrie de Méchain et de Serurier.

LAONNAIS, pays de l’anc. France, à l’extrémité N.-E. de l’Ile-de-France; ch.-l., Taon; villes princip. : Crépyen-Laonnais , Coucy, Corbigny, Prémontré, Notre-Damede-Liesse. Auj. compris dans le dép. de l’Aisne.

LAOS, anc. v. d’Italie (Lucanie), près de l’embouchure de la riv. de Laos, dans le golfe du même nom (auj. golfe de Policastro).

Laos , anc. royaume de l’Inde transgangétique , entre le Tonkin et la Cochinchine à l’E. ; le pays de Siam à l’O. ; 870 kil. du N. au S., 365 de l’E. à l’O. Cap., Leng. Il est auj. partagé entre l’empire birman, l’Annam et le roy. de Siam. Le Laos birman , entre le Birma et le Salouen, a pour ch.-l. Leng. Le Laos siamois contient le royaume de Zimé et le N. de celui des Lanjans; villes princip. : Zimé, Langione. Le Laos annamilique comprend : le royaume du Petit-Laos, ch.-l., Hannieh ; le royaume de Tiem; et le S. de celui des Lanjans, ch.-l., Sandapoura.

LAO-TSEU ou LAO-TSÉE , appelé aussi Lao-h'iun, célèbre philosophe chinois, né vers 600 av. J.-C., enseignait la métempsycose. Sa doctrine, dont les prêtres sont désignés, ainsi que ceux de Bouddha, sons le nom de Bonzes , a 100 millions de sectateurs en Chine. Lao-Tseu est l’auteur du Tao-te-King (la Raison primordiale), un des livres sacrés des Chinois , traduit en français par M. Stanislas Julien, Paris, 1842, et d’une secte nommée Tao-tsée, rivale de celle de Confucius. M. Ahel-Rémusat a traduit en français un des principaux ouvrages de cette secte , le Livre des récompenses et des peines, Paris, 1816, in-8°, et publié des Mémoires sur la vie et les opinions de Lao-Tseu , Paris, 1823, in-8°.

LAOUDÉAH, lac salé de la régence de Tunis, au S. du golfe de Cabès; 135 kil. sur 40.

LA PALICE (Jacques de Chabannes , seigneur de), accompagna Charles VIII en Italie , contribua à la conquête du royaume de Naples, et fut nommé lieu’ enant-général de ce royaume après la mort du comte d’Armagnac. Sous Louis XII , il prit part à la conquête du Milanais, 1499-1500 ; envoyé dans les Etats napolitains, 1502, il défendit Rubos contre Gonsalve de Cordoue, et dut se rendre prisonnier. Il se signala à la bataille de Ravenne, 1512, dirigea la retraite des troupes françaises après la mort de Gaston de Foix, fit une expédition malheureuse en Navarre, 1513 , fut pris par les ennemis à la bataille de Guinegate, et réussit à s'échapper. Nommé maréchal de France par François Ier, 1515, il fut un des héros de la bataille de Marignan, assista à la défaite de la Bicoque en 1522, délivra Fontarabie attaquée par les Espagnols, contraignit à la retraite le connétable de Bourb*n, qui avait envahi la Provence à la tête des Impériaux, 1524, et fut tué à la bataille de Pavie, livrée contre son avis, 1525. Le nom de La Palice fut longtemps populaire parmi les soldats français. On suppose que la vieille chanson où son nom figure aura été faite sur un certain La Galisse , personnage imaginaire, auquel le nom de La Palice, qui était dans toutes les bouches, s’est substitué par corruption. B.

LAP

LAP

LA palice ou LA PALISSE, s.-préf. (Allier) , à50kil. S.-E. de Moulins, sur la Bèbre; 1,826 hab. Comm. de produits agricoles. Elle appartint aux sires de La Palice, dont le château , en partie ruiné, domine la ville. Le tribunal de lre instance est à Cusset.

LAPARELLI (François) , ingénieur et architecte, né à Cortone en 1521, m. en 1570, fut employé aux fortifications de Civita-Vecchia et de Malte, passa ensuite au service des Vénitiens pendant le siège de Candie, et aida Michel-Ange dans les travaux de St-Pierre de Rome.

LA PAUSE (J. de Planta vit de ) , savant hébraïsant, né en 1576 dans le Gévaudan , d’une famille protestante, m. en 1651, abjura de bonne heure, entra dans les ordres, fut chargé de quelques missions par Paul V en Italie, et nommé aumônier de Marie de Médicis, puis d’Elisabeth de France, enfin évêque de Lodève. Compromis dans la révolte de Gaston d’Orléans et de Montmorency, qu’il avait excitée, il obtint sa grâce; mais, depuis cette époque, il ne s'occupa que de travaux littéraires. On a de lui un grand Dictionnaire hébréo-chaldaico-rabbinique, 3 vol. in-fol., 1644-45.

LA PÉROUSE ( Jean-Franç. Galaup de), célèbre navigateur, né à Albi en 1741, entra fort jeune dans la marine royale. Capitaine en 1780 après plusieurs campagnes où il se distingua par son intrépidité, il accomplit en 1782, avec autant de bonheur que d’humanité, la mission de détruire les établissements des Anglais dans la baie d'Hudson. Chargé par Louis XVI , d’un voyage autour du monde, en 1785, il partit de Brest avec les frégates la Boussole et l’Astrolabe, explora les côtes de la Tartarie et des îles adjacentes, se rendit, parle détroit qui a conservé son nom, dans le havre de Pétropaulowski au Kamtchatka, fit ensuite route vers le S. en passant par les îles des Navigateurs et des Amis, et arriva à Botany-Bay en 1788. Depuis cette époque, on ne reçut plus de ses nouvelles. D'Éntreeasteaux, chargé d’aller à sa recherche, ne recueillit aucun indice. En 1827, le capitaine anglais Dillon trouva les débris des navires de La Pérouse dans l’une des îles Vanikoro, et, l’année suivante, Dumont d’Urville éleva sur le rivage un monument à la mémoire de ses compatriotes. La relation du voyage très-intéressant de La Pérouse a été publiée par Milet de Mureau, 1797, 4 vol. in-4°. B. la pérouse (île de). V. vanikoro.

LAPEYRÈRE (Isaac de), né à Bordeaux en 1594, m. en 1676, calviniste, gentilhomme de la maison du prince de Condé, est auteur du livre des Préadamites ( V. ce mot], qui fit beaucoup de bruit, et qu’il fut obligé de rétracter.

LA PEYRONIE (Franç. Gigot de), chirurgien, né à Montpellier en 1678, m. en 1747, vint à Paris en 1714, obtint, en 1732, le titre d’associé libre de l’Académie des sciences, et fut nommé 1er chirurgien de Louis XV en 1736. 11 réforma le service militaire de santé, fit établir en 1731 l’Académie de chirurgie, convertit son château de Marigny en une sorte d’hospice pour les indigents, et légua sa fortune presque entière à des établissements de charité. On a de lui des Recherches sur le siège de l'âme, dans les Mém. de l'Acad. des sciences, 1741.

LAPIDE1 ca mpi. V. Crau (La).

LAPISSE (Anne-Pierre-Nicolas de), général du génie, né à Rocroy en 1773, m. en 1850, fit les campagnes de 1792 et 1793, se trouva aux sièges de Namur, de Bréda et de Gertruydenberg, prit part à la défense de V alenciennes, fut mis en arrestation, après la reddition de cette place, par ordre du Comité de salut public, et ne dut sa liberté qu’aux événements du 9 thermidor. Il travailla comme ingénieur en chef au canal de Sambre-et-Oise, passa en 1800 en Italie, se trouva à la défense du pont du Var, aux sièges de Savone et de Vérone, dirigea plus tard les fortifications d’Ostende et de Maubeuge , et fit exécuter, de 1810 à 1813, les beaux travaux de défense qui fout de Mayence et de Cassel une place et une tête de pont presque inexpugnables. Sous la Restauration, il eut les directions du Havre et de Verdun. En 1831. il fut nommé inspecteur du génie et membre du Comité des fortifications, et prit sa retraite en 1835. B.

LAPITHES, anc. peuple de la Thessalie, célèbre par sa lutte contre les Centaures. La Fable les représente comme d’habiles cavaliers, et leur attribue l’invention du mors. Vainqueurs des Perrhèbes, ils s’établirent à leur place sur les bords du Pénée , et eurent pour chefs divers héros fameux dans l’histoire mythique , Pirithoüs , Cénée , Ixion, etc.

LA PLACE | Pierre de), en latin Plateanus, jurisconsulte, né à Angoulême vers 1520, enveloppé comme protestant dans le- massacre de la Sl-Barthélemy en 1572, fut président delà Cour des aides. On a de lui, outre plusieurs ou-

vrages de droit : les Commentaires de l’état de la religion et république , sous les rois Henri II, François II et Charles IX, 1565, in-8°, espèce de journal des événements depuis 1556 jusqu’en 1561, reproduit dans les collections de Mémoires relatifs à l’histoire de France.

la place (Pierre-Ant. de), littérateur, né à Calais en 1707, m. en 1793, eut, de 1762 à 1764, le privilège du Mercure de France, fit représenter, en 1747, une tragédie de Venise sauvée, imitée d’Otway, et publia des comédies, des romans, entièrement oubliés. On a de lui encore : Théâtre anglais, 1745-48, 8 vol. in-12, traduction des chefsd’œuvre de la scène anglaise; Recueil d’épitaphes, 1782; Pièces intéressantes pour servir à l'histoire, 1785-90, 8 vol. in-12, etc. Tous les ouvrages de La Place sont au-dessous du médiocre.

laplace (Pierre-Simon, marquis de), grand géomètre, né à Beaumont-en-Auge (Calvados), le 23 mars 1749, m. le 5 mars 1827, était fils d’un pauvre cultivateur. Ayant adressé à Dalembert une lettre sur les principes de la mécanique, ce travail fit plus que les recommandations dont il avait essayé de se servir; il obtint en 1768 la place de professeur de mathématiques à l’Ecole militaire de Paris. L’Académie des Sciences l’admit dans son sein en 1773 ; il remplaça Bezout comme examinateur du corps de l’artillerie n \ 184, et présida, en 1796, la députation qui présenta au conseil des Cinq-Cents l’exposé des travaux de l’Institut de France depuis sa création. Après les travaux de Clairaut, d’Euler, de Dalembert, de Lagrange, il restait encore bien des régions de la science astronomique à explorer, et des doutes à lever sur la question débattue de la stabilité du système du monde en n’admettant que le principe de la gravitation universelle. Laplace conçut le projet de rassembler les travaux accomplis, et de rechercher la raison des phénomènes non expliqués, en n’admettant que le principe newtonien. Telle est l’origine du grand et immortel ouvrage qu’il intitula : Traité de la Mécanique céleste, et appelé par Fourier l’Almagesle de ce siècle. Les deux premiers volumes parurent en 1799, in-4°, le 3® en 1802, le 4« en 1805, les différentes parties du 5» en 1823 , 1824 et 1825. L’ouvrage est divisé en deux parties : dans la lre, l’auteur donné les méthodes et les formules pour déterminer les mouvements des centres de gravité des corps célestes, la figure de ces corps, les oscillations des fluides qui les recouvrent, et leurs mouvements autour de leurs propres centres de gravité; dans la 2e, il applique les formules trouvées dans la lre aux planètes, aux comètes et aux satellites. Il réussit à prouver que toutes les particularités inexpliquées des mouvements de la Lune, de Jupiter et de Saturne, sont des conséquences du principe de la pesanteur universelle ; que la forme du sphéroïde terrestre peut servir à rendre raison de quelques inégalités du mouvement de la lune. Dans l’étude des satellites de Jupiter, Laplace a trouvé des lois qui portent son nom. Il a prouvé l’invariabilité des moyennes distances des planètes au soleil. Il a donné des marées une théorie analytique qui permet d’en prédire la hauteur. La Mécanique céleste est un ouvrage hors ligne , par l’importance des solutions, l’ordre, la clarté, et la beauté de l’exposition ; une très-grande partie des matières appartient à Laplace seul, qui, d’une autre part, a su presque s’approprier les découvertes déjà acquises à la science avant lui. Un autre ouvrage, l'Exposition du système du monde, 1796, 2 vol. in-8°, est l’exposé, débarrassé des formules mathématiques, de l’état des connaissances astronomiques. Ce livre, écrit avec beaucoup de simplicité et de netteté, est suivi d’une histoire abrégée de l’astronomie. Laplace y a exposé, dans une note, sa théorie de la formation de notre système planétaire; cette théorie, plus conforme aux vérités connues et aux observations des astronomes sur les nébuleuses, est bien préférable à celle de Bufi'on. Laplace a encore réuni, développé et appliqué les principes du calcul des probabilités dans la Théorie analytique des probabilités, 1812; c’est là qu’il expose son importante Théorie des fonctions génératrices. Les leçons données par Laplace à l’École normale se trouvent dans les cahiers 7 et 8 du Journal de l'Ecole polytechnique; ce journal et le recueil de l’Académie renferment encore beaucoup de Mémoires de ce laborieux géomètre. Laplace s’est réuni à Lavoisier pour des Recherches sur le calorique, et sur la Théorie des vapeurs et de l'électricité, et à Condorcet pour des travaux de statique. Après le 18 brumaire, Laplace fut pendant quelque temps ministre de l’intérieur ; il entra ensuite au sénat, dont il fut vice-président, puis chancelier en 1803 ; deux ans après, il fit le rapport sur la nécessité d’abandonner le calendrier de la république pour reprendre le calendrier grégorien. En 1898 , il fut fait

LAP — 1540 - . LAQ

comte de l’Empire, vota la déchéance de Napoléon en 1814, 'fut créé pair de France par Louis XVIII, et en 1817. marquis. Son Eloge a été prononcé par Fourier. En 1842, les Chambres législatives ont voté la réimpression, aux frais de l’Etat, de la Mécanique céleste , de l’ Exposition du système du monde et de la Théorie analytique des probabilités, 7 vol. in-4°. Il faut ajouter aux ouvrages déjà cités : Théorie du mouvement et de la figure elliptique des planètes, 1784, in-4°; Théorie des attractions des sphéroïdes et de la figure des planètes, 1785, in-4° ; Essai philosophique sur les probabilités, 1814, réuni à la Théorie analytique des probabilités dans l’édition du gouvernement. V.

Laplace (Franç. -Marie- Joseph de), humaniste, né à Arras en 1757, m. en 1823, fut professeur d’humanités au collège Louis-le-Grand avant la Révolution, et remplaça Guéroult comme professeur d’éloquence à la Faculté des lettres de Paris en 1810. Il a publié, avec Noël : Leçons de littérature française, — latine, — grecque; Conciones poeticce ; Manuel du rhéloricien, etc. V. Noël ( Franç. -Joseph).

LA PLACETTE (Jean de), moraliste protestant, né en 1639 à Pontac (Béarn), m. en 1718, fut pasteur de l’église d’Orthez, sortit de France après la révocation de l’édit de Nantes, et devint pasteur à Copenhague. Il a laissé, enti’e autres ouvrages : Nouveaux essais de morale, Amst., 1692.

LA PLANCHE (Louis Régnier de), historien du xvie siècle, né à Paris, fut conseiller intime du connétable de Montmorency. Il a laissé : Histoire de l'estât de France sous le règne de François II, 1576, in-8°; le Livre des marchands ou du grand et loyal devoir, 1565. Ces deux ouvrages ont été réimprimés dans le Panthéon littéraire.

LAPLEAU, ch.-l. de cant. (Corrèze), arr. et à 44 kil. E. de Tulle; 197 hab. Exploit, de houille.

LAPONIE, Saméanda en lapon, Lappland en suédois, la contrée la plus septentrionale de l’Europe, par 64°-71° 20’ lat. N., 12°-40° long. E.; bornée au N. par l’océan Glacial arctique, à l’O. par le même Océan, à 1E. par la mer Blanche, elle n’a pas de limites fixes vers le S. Superf.

160.000 kil. carr. Elle se divise en Laponie suédoise à l’O.,

68.000 hab., ville : Wardœhuus; et Laponie russe, comprenant 1,200 familles, et formant les cercles de Kola (Arkhangel) et de Kémi (Finlande). La Laponie est un plateau de 600 à 700 mèt. d’altitude, accidenté, couvert de forêts, de sapins et de bouleaux, de lichens, de mousses, d’arbustes à baies : quelques champs produisent des céréales. Le renne habille et nourrit les habitants. La Laponie, au delà du cercle polaire, est couverte de neige pendant 9 mois ; la chaleur y est excessive en juillet et août ; pendant 6 semaines, le soleil ne se couche pas. Les aurores boréales sont fréquentes. Les Lapons sont de race finnoise, mais petits et rabougris, peu civilisés, gais et hospitaliers; ils vivent presque tous à l'état nomade, sont pasteurs ou pêcheurs, font le commerce des fourrures, poissons, fromages de renne, jouets d’enfants. En Suède, ils sont luthériens; en Russie, ils suivent la religion grecque, mêlée de superstitions. Leur langue est un idiome ouralien ou finnois.— Il existait, avant 1814, trois Laponies : norvégienne ou danoise, suédoise, russe. Les limites des deux premières excitèrent une guerre entre Christian IV et Charles IX au commencement du xvne siècle.

LA POPELINIÈRE (Lancelot Voisin de), noble protestant du Bas-Poitou, né vers 1540, m. en 1608, commanda l’expédition contre l’île de Ré en 1575, vainquit les catholiques , et rédigea contre la décision des Etats de Blois la protestation des religionnaires en 1576. Depuis la paix, il ne s’occupa que de travaux historiques. On loue sa modération et sa franche impartialité. Il a publié : la Vraie et entière Histoire des derniers troubles, Cologne, 1571, in-8°; Histoire de France, depuis l’an 1550, La Rochelle, 1581, 2 vol. in-fol.; les Trois mondes, Paris, 1582, in-4°; l'Amiral de France, 1584, in-4°; Histoire des histoires, 1599, in-8°; Histoire de la conquête du pays de Bresse et de Savoie, 1601, in-8°. J. T.

Page 1