‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 470 sur 864 · S CH · texte numérisé non relu

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rei nummarioe Romanorum Grœcorumque , 1616 ; S'iecta variorum commentant i in Orationes Ciceronis , Cologne, 1621 , 3 vol. in-8® ; des Notes sur Sénèque , Cornélius Népos, etc.

sc'hott (Gaspar), physicien, né en 1608 àKœnigshofen, dans le diocèse de Würzbourg, m. en 1666, entra de bonne heure dans l’ordre des Jésuites, professa la théologie et les mathématiques à Païenne, alla compléter ses études à Rome sous le P. Kircher, et se fixa vers 1658 à Wurzbourg, où il enseigna les sciences physiques. Il a laissé : Magia unioersalis naturce et artis , Wurzbourg, 1657-59, 4 vol. in-4®; Physica curiosa, 1622, in-4»; Anatomioe physico-hydrostatica fontium et fluminum eiplicala , 1663, in-8°; Technica curiosa , Nuremberg , 1664, 2 vol. in-4°, etc.

SCHOUMLA. V. Choumla.

SC1IOUSTER. V. Cijouster.

SCIIOUTEN (Guillaume-Cornelissen) , navigateur hollandais, né à Horn, accompagna Lemaire dans son voyage au S. de l’Amérique en 1615, puis exécuta seul plusieurs grands voyages, et mourut en 1625, dans la baie d’Antongil à Madagascar, en revenant en Europe. On a donné son nom à un groupe d’iles de l’Océanie, qu’il découvrit en 1616. Son Voyage avec Lemaire, publié par Aris Classen, Amsterdam, 1617, a été traduit en français, 1618.

schoüten (Gautier), voyageur hollandais, né à Harlem, s’embarqua comme chirurgien pour les Indes en 1656, visita Java, Célèbes, le royaume d’Arakan, etc., et revint à Amsterdam en 1665. On a publié son Voyage aux Indes orientales..., Amsterdam, 1676, in-4°, relation très-intéressante et très-curieuse , qui a etc traduite en français, ibid., 1708, 2 vol.

schoüten (Iles), groupe d’iles du Grand-Océan équinoxial, dans laMélanésie, au N.-E. de la Papouasie; par 0® 50’ lat. S., et 133® 35’ long. E. Elles sont ainsi nommées de Guillaume Schoüten, qui les découvrit en 1616.

SCHOUVALOV (Pierre-Ivan, comte de)( feld-maréchal russe, m. en 1762, favori d’Elisabeth, perfectionna l’artillerie russe, et inventa, pendant la guerre de Sept-Ans, des obus qui portent son nom.

scuouvAr.ov (Jean, comte de), fils du précédent, né à Moscou en 1727, m. en 1798, fut chambellan d’Elisabeth, et chargé de diriger les progrès des arts en Russie. Il avait voyagé en Europe, et séjourné longtemps à Paris, où il inséra dans différents recueils des vers français assez .agréables. Il visita Voltaire à Ferney, et lui fournit des renseignements pour la composition de son Histoire de Russie sous Pierre le Grand.

schouvalov (Paul), fils du précédent, m. en 1823, lieutenant-général et aide-de-camp d’Alexandre Ier, fut chargé de conduire Napoléon 1er à l’ile d'Elbe. Il a laissé sur cette mission des Mémoires inédits.

schodvaüov (comte André de), neveu du comte Jean, né en 1743, m. en 1789, fut chambellan de Catherine II, et président du comité de législation à S*-Pétersbourg. Il faisait aussi de jolis vers français, et on a de lui, entre autres, YEpitre à Ninon , 1774.

SCHOUWEN, île du royaume de Hollande (Zélande), près de l’embouchure de l’Escaut dans la mer du Nord, entre Over-Flaklcee au N. et Nord-Beveland au S., séparée de celle-ci par l’Escaut oriental, et du Dayveland par un étroit canal; par 51® 42’ 33” lat. N., et 1® 21’ 21” long. E.; 25 kil. sur 8; ch.-l., Zierilczée. Culture de la garance; comm. de poissons. — Occupée par les Anglais en 1809.

SGHRAMBERG , brg du Wurtemberg (Forêt-Noire), sur la Sehiltaeii ; 2,900 nab. Forges a rer. Fabr. de poteries et de chapeaux de paille. Château des comtes de Bissingen.

SCllRECKHORN, l’un des sommets des Alpes Bernoises, en Suisse, dans le canton et à 60 kil. S.-E. de Berne, près de la source de l’Aar; 4,097 mèt. de hauteur.

SCHREMS, brg de la Basse-Autriche, à 6 kil. E.-N.-E. de Gmund, sur la Launitz; 1,600 hab. Fabr. de coton, verrerie.

SCHREVELIUS (Cornélius) , philologue, né à Harlem vers 1615, m. en 1664 ou 1667, recteur du collège de Leyde, est auteur d’un Lexicon manuale grœco-latinum , 1645, souvent réimprimé et devenu classique, quoique médiocre; Quénon l’a traduit en français, 1809. Il donna aussi à la collection dite Variorum les éditions de Juvénal, 1648; d'Hésiode, 1650; de Térence , 1651; de Virgile , 1652; et d’ Horace, 1653.

SCHRIMM, v. des Etats prussiens (Posen) , à 45 kil. S. de Posen, sur une île de la ÎVartha ; 3,700 hab. Comm. de grains.

SCIIRŒCKH (Jean-Mathias) , né à Vienne en 1733 , m. en 1808, fut nommé, en 1767, professeur d’éloquence, puis d’histoire, à Wittemberg On a de lui : Fies des savants

célébrés, Leipzig, 1790, 2 vol.; Histoire de l'Eglise chrétienne (jusqu’à la Réformation), Leipzig, 1768-1803, 35 vol.; Histoire de l'Eglise chrétienne depuis la Réformation, ibid., 1804-19, 8 vol.; Histoire universelle à l’usage de la jeunesse, ibid., 1779-84, 4 part, en 6 vol., tard. en français, 1784 90, 6 vol. in-8®. Ce sont des travaux consciencieux, remarquables par l’étendue et l’exactitude des recherches, et l’équité des jugements.

SCHRŒDEK (Jean- Joachim), orientaliste, né en 1680 àNeukirehen (Hesse -Cassel) , m. en 1756, enseigna les langues orientales , l’histoire ecclésiastique et la théologie à l’université de Marbourg. lia publié: Thésaurus linguæ armenirœ antiquœ et hoiiernœ, Amsterdam, in-4®, la meilleure grammaire arménienne que l’on possède.

schrœder (Charles), général autrichien, connu surtout par ses fautes et ses revers, se fit battre à Thurnout, en 1687, par les insurgés brabançons, fut placé, après une disgrâce momentanée, à la tête de l’armée qui occupait le Luxembourg en 1793, se laissa enlever son artillerie et ses magasins par les Français à Arlon, et obtint le commandement de la forteresse de Cracovie, où il mourut en 1807. B.

SCHRŒDER (Frédéric-Louis), acteur et auteur dramatique, né à Schwerin en 1744, m. en 1816, fut de son temps le premier tragédien de l’Allemagne. En 1771 , il prit la direction du théâtre de Hambourg , pour lequel il écrivit plusieurs pièces et traduisit une partie de Shakspeare. Ses œuvres dramatiques ont été publiées avec une préface de Tieck, Berlin, 1831, 4 vol. in-8®. — Mme Schrœder (Sophie Bürger) , né à Paderborn en 1781, fut aussi une grande tragédienne, et sa fille, Mme Schrœder Devrient , née à Hambourg en 1805 compta parmi les plus illustres cantatrices.

SOHROZBERG , vge du royaume de Wurtemberg (Iaxt), à 12 kil. N. -N.-E. de Gerabronn ; 1,100 hab. Beau château des princes de Ilohenlohe-Œhringen.

SCHUBART (Christian-Frédéric-Daniel), littérateur et musicien allemand , né en 1739 dans le comté de Lunebourg, m. en 1791, mena longtemps une vie errante et désordonnée, fut directeur de musique à Ludwigsbourg, 1768, fonda à Augsbourg, en 1774, une Chronique allemande , journal politique , littéraire et artistique, fut emprisonné, en 1777, pour avoir faussement annoncé la mort de l’impératrice Marie-Thérèse, et ne recouvra la liberté, au bout de dix ans, que sur la demande du grand Frédéric. On a de lui : des Chants de la prison, 1785; diverses Poésies, dans lesquelles on remarque un Hymne à Frédéric le Grand, et le Juif éternel; une Histoire de sa vie, 1791-92, 2 vol. , et des Idées sur l’esthétique de la musique, 1806, ouvrages publiés par son fils.

SCHUBERT (Franz), célèbre compositeur de musique, né à Vienne en 1797 , m. en 1828, s’est fait une grande réputation par des lieder ou mélodies du genre mélancolique; quelques-unes, telles que les Astres, Are Maria, la Sérénade, le Roi des Aulnes, la Religieuse, le Départ, l'Attente, l’Adieu , sont devenues célèbres en Allemagne, et même dans le reste de l’Europe. Il s’est aussi essayé, mais avec peu de succès , dans la symphonie , et a laissé quelques quatuors.

SCHULEMBERG (Jean Mondejeüx de) , général , se trouva à la bataille de Prague en 1620, défendit Cobleutz en 1632, Arras en 1654, fut créé maréchal de France par Louis XIV en 1658, et mourut en 1671.

SCI1ULEMBOURG (Jean -Mathias , comte de), habile général, né en 1661 près de Magdebourg, m. en 1747, entra d’abord au service du Danemark, puis, enthousiasmé par les exploits de Sobieski , s’engagea comme volontaire dans l’armée polonaise, 1679. Il sauva, en 1700, les débris de l’armée saxonne battue près de Riga par Charles XII, obtint pour cet exploit le grade de lieutenant -général, opéra, en 1704, une belle retraite devant le roi de Suède qui l’attaquait avec des forces supérieures, et, après deux jours de combats et de marches habiles, parvint à se retirer derrière l’Oder. En 1708, Schulembourg entra au service de la Hollande contre Louis XIV, prit Tournay, contribua puissamment à la victoire de Malplaquet, fut désigné, par le prince Eugène, à la république de Venise, pour commander ses forces de terre contre les Turcs en 1715, fit une intrépide et glorieuse défense dans Corfou, 1717, contre une forte armée ottomane, poursuivit les assiégeants en Albanie, leur tua 10,000 hommes , et mit le siège devant Scutari , mais fut arrêté par la paix de Passarowitz, 1718. Il mourut à Vérone, après avoir été comblé de distinctions et de marques de la plus haute estime par toutes les cours de l’Europe. B.

SCHULTENS (Albert), orientaliste, né àGiouiugue en

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1686, m. en 1750, fut pasteur à Wassenaar en 1711, puis, entraîné par son goût pour l’étude des langues, quitta le ministère au bout de 2 ans, et devint professeur de langues orientales à Franeker, 1713, puis à Leyde 1732. Il savait l’hébreu, l’arabe, le ehaldéen et le syriaque, On a de lui : Origines hebrœœ, sive hebrœœ linguæ antiquissima natura et indoles, Franeker, 1724-38 , 2 vol. in-4° ; Instilutiones ad (undamenta linguæ hebraicœ..., Leyde, 1737, in-4°; Commentarius in librum Job , cum nova versione , ibid. , 1737, 2 vol. iu-4° ; Velus et regia via hebraizandi contra novam et metaphysicam hodiernam, ibid., 1738, in-4°; Honumenta vetusliora Arabiæ..., ibid., 1740, in-4°; Proverbia Salomonis, cum versione integra et commentario, 1748 , in-4°, etc.

SCHULZE (Jean-Henri), médecin, né à Colbitz (duché de Magdebourg ) en 1687, d’un pauvre tailleur, m. en 1 744. Avant d’étudier la médecine , il avait cultivé les langues anciennes et orientales. Il fut instituteur au Pædagogium de Halle , 1708-15 , professeur d’anatomie à l’université d’Altdorf, 1720-22, puis d’éloquence et d’antiquités à Halle, et membre de l’Académie des Curieux de la nature. Parmi ses ouvrages , on remarque : Historia medicinæ à rerum initie ad annum urbis Romœ 535 deducta, Leipzig, 1728,in-8°.

SCHulze (Benjamin), orientaliste, né à Sonnenburg, m. en 1760, alla comme missionnaire luthérien à Tranquebar en 1719, et ne revint de l’Inde qu’en 1743. Il a publié : Conspcctus litteraturœ Telugicœ , vulgô Warugicœ,... Halle, 1747, in-4° ; le Maître de langues occidentales et orientales, en allemand, Leipzig, 1738, in-8°, contenant 100 alphabets, les noms de nombre et l’oraison dominicale en 200 langues ou dialectes, etc.

schulze (Gottlob-Ernest), philosophe, né en 1761 à Heldrungen (Thuringe), m. en 1833, professeur à Helmstædt, 1788, et à Gœttingue, 1810, a laissé : de Ideis Platonis, 1786; Ænésidème , 1792, ouvrage sceptique, où il attaque les doctrines de Kant et de Reinhold.

SCHUMEGH , SCHIMEGH ou SIMEGH , en hongrois Somogy, comitat de Hongrie, dans le cercle en deçà du Danube, entre ceux de Veszpriin au N.-E., de Szalad au N. -O., de Baranya et de Tolna à l’E., la Croatie-et-Esclavonie au S.-O. ; 6,530 kil. carrés; 150 kil. sur 90; 252,000 hab.; ch.-l., Kaposvar. Le lac Balaton le borde au N. -O. Industrie agricole.

SCHUMLA. V. Choumla.

SCHUPPEN (Pierre Van), graveur, né à Anvers en 1623, m. en 1707, élève de Nanteuil, fut retenu à Paris par Colbert. Il se distingue par la pureté, le moelleux et le fini de son burin. On cite de lui la Vierge à la chaise d’après Raphaël, les portraits de Mazarin d’après Mignard, de Louis XIV et de Séguier d’après Lebrun.

SCHURMANN (Anne-Marie de), née à Cologne en 1607 , d’une famille noble qui professait le protestantisme, m. en 1678 , apprit, avec beaucoup de succès , le latin , le grec , l’hébreu et l’éthiopien , la musique , la peinture , la sculpture et la gravure, reçut, à cause de cette réunion de talents, le surnom de Sapho , fut en relation et en corres pondance avec les savants les plus distingués , puis , fatiguée de cette vie, se retira en 1653 dans la solitude à Lexmund , près de Vianen , tomba dans le piétisme, suivit Labadie dans ses pérégrinations, conduisit quelques-uns de ses partisans à Wivert (Frise) , leur distribua ce qu’elle possédait, et mourut dans le dénûment. Elle a laissé : Opuscula hebrœa, grœca, latina, gallica , prosaïca et metrica, Leyde, 1648, in-3»; de Ingenit muliebris ad doctrinam et mehores lüteras aplitvdine , Leyde, 1741, in-8°, trad. en français par G. Colletet, Paris, 1646 , in-8°.

SCHUSSENRIED , vge de Wurtemberg (Cercle du Danube), à 12 kil. N.- O. de Waldsee, sur ht Schussen ; 700 hab. Forges à fer. Vastes tourbières aux environs. Beaux bâtiments d’une abbaye de Bénédictins, fondée en 1183 et supprimée en 1803.

SCHUT ( Cornille) , peintre et graveur, né à Anvers en 1590, m. en 1655, fut élève de Rubens, qui lui procura des travaux et lui acheta plusieurs toiles pour l’aider à vivre. Mais le disciple était jaloux du maitre, et cette bienveillance, qui lui rappelait sa position inférieure , ne fit qu’envenimer sa haine. Il existe, dans les Pays-Bas, un assez grand nombre d’ouvrages de Schut. Le plus célèbre est l'Assomption de la Vierge, qui orne la coupole de Notre- Dame d’Anvers. Une autre toile, dans l’église S1- Jacques, représente le Christ mort sur les genoux de sa mère, sujet traité d une façon très-inconvenante. Schut a souvent exécuté des personnages que Daniel Seghers environnait de fleurs : on voit deux tableaux de ce genre au musée de Bruxelles. Comme graveur, on connaît de lui 133 estampes. Wildoeck, Natalis, Hollar ont reproduit par le burin plusieurs de ses toiles. A. M.

j SCHUTT {Grande Ile de), en Hongrie (comitats de Pres- I bourg et de Komorn) , formée par un bras du Danube et i la Vaag. — Petite Ile de Schutt (comitats de Wieselburg et de Raab), formée par un bras du Danube et la Raab.

SCHUTZ (Henri), compositeur, né en 1585, m. en 1672, a été considéré comme le père de la musique allemande. Ses madrigaux et ses motets sont devenus très-rares.

SCHutz ( Christian-Gottfried ) , érudit et philologue , né en 1747 à Dederstædt (Mansfeld) , m. en 1832, fut inspecteur du séminaire théologique de Halle, professeur de poésie et d’éloquence à Iéna en 1779 , et revint comme pro fesseur à Halle. Schutz fut un érudit de second ordre , et un philologue très-inégal , et souvent téméraire. Il a publié , outre une Gazette universelle de littérature , à la rédaction de laquelle il prit une part très-active avec plusieurs autres savants, des éditions de Cicéron, Leipzig, 1814-20, 2 vol. in-12 ; Cl’ Eschyle , Halle , 1809-21 , 5 vol. ; (l'Aristophane, 1821. On lui doit encore : Doctrina parlicula/ruui latinœ linguæ, 1784; Manuel pour la formation de l’esprit et du goût , 1776-78, 2 vol.; Correspondance sur la pédagogie et la littérature, 1781 , etc.

SCHUTZE. V. Sagittarius.

SCHUYLKILL , riv. des Etats-Unis (Pensylvanie) , sort des monts Alleghany , arrose Reading , Philadelphie , à 9 kil. au-dessous de laquelle il se jette dans l’Ohio ; cours de 225 kil.

SCHWAB (Jean-Christophe), savant et littérateur, né en 1743 à Isfeld (Wurtemberg) , m. en 1821 , professa au gymnase de Stuttgard la philosophie et les mathématiques, devint secrétaire intime du duc de Wurtemberg, puis conseiller aulique et président du conseil secret. Il cultivait avec succès l’histoire et la littérature. On a de lui , entre autres ouvrages : Mélanges politiques , 2e édition, 1782 ; Sur les causes de l’universalité de la langue française et la durée vraisemblable de son empire, 1784 (en allemand) , question mise au concours par l’Académie de Berlin, et pour laquelle il partagea le prix avec Rivarol ( V. ce nom ) . Cet ouvrage a été trad. en français par Robelot , Paris , 1803 , in-8». Schwab fut un des premiers à combattre la philosophie de Kant.

Schwab (Gustave), poète, fils du précédent, né à Stuttgard en 1792, m. en 1847, entra dans la carrière poétique sous le patronage d’Uhland, et fut nommé en 1817 professeur de littérature ancienne au gymnase de sa vrlle natale. Il a traduit en allemand les Méditations de

M. de Lamartine , et le Napoléon en Égypte de MM. Barthélemy et Méry. On a de lui aussi des Romances et Légendes, Stuttgard, 1823, 2 vol.; des Poésies, Paris. 1829-30, 2 vol. , etc.

SCHWABACH, v. de Bavière (Franconie-Moyenne), sur une riv. de son nom, à 15 kil. S.- S.- O. de Nuremberg; 9,500 hab. Industrie active, qu’apportèrent en 1686 des I rançais exilés par la révocation de l’édit de Nantes : aiguilles , tabac , papier, passementerie d’or et d’argent ; tissus de laine et de coton.

SCHWABEN , nom allemand de la Souabe.

SCHWAEBISCH-HALL , v. de Wurtemberg. V. Hall.

SCHWÆCHAT ou SCHWECHAT, brg de la Basse- Autriche , à 13 kil. S.-E. de Vienne, sur une riv. de son nom; 2,300 hab. Manuf. d’indiennes, brasseries. Prés de là , une petite colonne indique le lieu où Sobieski établit son camp en 1683.

SCHWALBACH, v. de Prusse (Hesse), sur le versant

N. du Taunus; 2,000 hab. Sources minérales et bains.

SCHWALHEIM, vge de Prusse (Hesse), près de Nau-

heim, sur la Wethér ; 400 hab. Sources minérales acidulé» et bains.

SCHWANDEN, v. de Suisse , canton et à 6 kil. S. de Glaris, au confluent de la Linthe et de la Sernft; 2,300 hab. Siège de l’assemblée protestante du canton avant 1836. Château de Benzingen en ruines.

SCHWANTHALER (Charles) , sculpteur, né à Munich en 1802 , m. en 1848, fit un séjour de trois ans en Italie, grâce à la munificence du roi de Bavière , étudia ensuite les fameux marbres d’Egine apportés à Munich, et fut nommé professeur de sculpture à l’Académie. Ses œuvres révèlent une imagination abondante et facile ; il travaillait avec une égale souplesse dans les genres les plus différents. On cite : la Victoire d' Hermann sur les Romains , bas-relief d’un fronton du Walhalla germanique près de Ratisbonne; les statues des peintres anciens , à la Pinacothèque de Munich; la statue en bronze de la Bavière, qui a près de 20 mèt. de hauteur ; la statue colossale en bronze du grandduc Louis Ier, à Darmstadt. Il fit aussi des dessins et des illustrations pour l’Iliade d’Homère, la Théogonie d’Hésiode, et les poèmes d’Orphée.

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SCHWARTZ (Berthold ), Bénédictin ou Cordelier, qu’on regarde assez communément comme l’inventeur delà poudre à canon , était né à Fribourg-en-Brisgau ou à Cologne, ou même en Danemark. On place son invention en 1320, 1330, 1350, 1378 et 1380. Suivant quelques auteurs, les Vénitiens , auxquels il avait vendu son secret , le mirent en prison, pour ne pas lui payer la récompense promise ; selon une tradition reçue à Fribourg, l’empereur Wenceslas, pour le punir de son infernale invention , le condamna à être mis sur un baril de poudre, auquel on mit le feu. Schwartz a inventé , non la poudre , mais la grosse artillerie, dont il enseigna l’usage aux Vénitiens en 1378.

schwartz (Christophe-Théophile), archéologue, né en 1675 à Leisnig (Misnie), m. en 1751, fut, pendant plus de 40 ans, professeur de morale et d’histoire à Altdorf. Ün a de lui : Primaria quædam documenta de origine typographies , Altdorf, 1740, in-8° ; de Ornamentis librorum apud veleres usilalis; de Libris plicalilibus veterum ; de Variâ supeUectile rei librariœ veterum , dissertations pleines de recherches curieuses, réimpr. à Leipzig, 1756, in-4°.

SCIiWARZA , riv. de l’archiduché d’Autriche ( Wienerwald ) , se j oint au Pitten pour former la Leitha ; — riv. de Moravie, affluent de la Taya ; — affluent de la Saale, donne son nom aux principautés de Schwarzbourg qu’elle arrose ; — affluent de la Werra en Saxe.

SCHWARZBOURG , pays d’Allemagne, dans la Thuringe. Il y a deux principautés de ce nom : Schwarzbourgliudolstadt et Schwarzbourg-Sondershausen , ne formant ni l'une ni l’autre des territoires continus. La première est enclavée dans la Saxe grand-ducale, la Saxe prussienne et la Saxe-Cobourg; superf. ; 93,000 hect.; pop. : 71,910 hab. On la divise en Haute-Seigneurie de Rudolstadt et Basse-Seigneurie de Frankenhausen ; capitale, Rudolstadt. Contingent fédéral; 989 hommes. Revenu: 1,500,000 fr. ; dette pubiique : 3,500,000 fr. Le gouvernement est monarchique constitutionnel (une chambre). Sehwarzbourg-Sondershausen est enclavé dans la Saxe prussienne ; superf. : 85,000 hect.; pop. : 68,076 hab. On le divise en Basse-Seigneurie de Sondershausen et Haute-Seigneurie d'Arnstadt; capitale, Sondershausen. Contingent fédéral : 826 hommes. Revenu: 2,000,000 de fr.; dette publique : 5,812,000 fr. Le gouvernement est monarchique constitutionnel (une chambre). — La maison de Schwarzbourg est une des plus anciennes de l’Allemagne. Son premier membre connu avec certitude est Sicco, conite de Schwarzbourg et de Kaefernburg, vers le milieu du xne siècle. Le pays de Schwarzbourg, partagé sous les fils de Sicco, échut , à la mort de l’ainé, Henri, en 1184, au comte Gonthier. Ce prince eut deux fils : Gonthier, qui fonda la ligne de Kaefernburg (éteinte er, 1383), et Henri, qui continua la ligne de Schwarzbourg. Un comte Gonthier de Schwarzbourg fut élu roi d’Allemagne en 1349 par ceux qui repoussaient Charles IV. Son frère Henri continua la dynastie. Le comte Gonthier XI, mort en 1552, est la tige des maisons actuellement régnantes. En 1697, le chef de la ligne de Sondershausen fut élevé au rang de prince de l’Empire; celui de Rudolstadt, en 1710. Les deux princes ont, dans la Confédération allemande du N., celui de Rudolstadt la 13e place, celui de Sondershausen la 14e ; ils ont chacun une voix au Conseil fédéral. E. S.

schwarzbourg , brg de la principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt , à 9 kil. S.-E. de Kœnigsee; 500 hab. Berceau de la famille souveraine de Schwarzbourg.

SCHWARZENBERG (Charles-Philippe, prince de), né à Vienne en 1771, m. en 1819, entra de bonne heure au service, et parcourut rapidement tous les grades de l’armée. Après avoir faiF deux campagnes contre les Turcs, il fut employé dans les guerres que souleva la Révolution française. Général-major en 1796, lieutenant-feld-maréchal en 1799, il se distingua àllohenlinden en 1801. L’année suivante, après la mort du tzar Paul Ier, on le chargea d’aller à St-Pétersbourg féliciter Alexandre Ier, et rétablir les relations amicales entre la Russie et l’Autriche. En 1805, placé sous les ordres de Mack, il réussit à se soustraire à la catastrophe d’Ulm avec une partie de la cavalerie autrichienne, et assista à la bataille d’Austerlitz, livrée, dit-on , contre son avis. Ambassadeur à Sl-Pétersbourg en 1809, il quitta presque aussitôt ce poste pour reprendre un commandement militaire, prit part à la bataille de Wagram , fut nommé général de cavalerie, et , /après la paix, ambassadeur à Paris, où il négocia le mariage de Napoléon Ier avec Marie-Louise. Dans une fête qu’il donna pour célébrer cette alliance, le feu prit à sou hôtel, et sa belle-sœur périt dans les flammes, victime de so.» dévouement maternel. Eu 1812, Schwarzenberg commanda le corps auxiliaire que l’Autriche s’était engagée à

fournir à la France pour la campagne de Russie, et reçut le bâton de feld-maréchal. Après la défection de l’Autriche, 1813, il commanda en chef les armées alliées contre la France, ménagea d’abord Napoléon Ier, dans l’espoir qu’il transigerait sous sa médiation, puis marcha sur Paris, où il entra par suite de la capitulation signée avec Marmont. En 1815, il commanda encore une partie des alliés. De retour à Vienne, il fut nommé président du conseil aulique de guerre. Dans toute sa vie militaire, il s’est incontestablement montré au-dessous de la réputation qu'on lui faisait en Allemagne. V. le Supplément. B.

schwarzenberg , château de Bavière , entre Würzbourg et Anspach. Berceau de la famille de son nom.

schwarzenberg, v. du royaume de Saxe, à 25 kil. S.-E. de Zwickau ; 2,961 hab. Mines de fer et forges. Fabr. de dentelles.

SCI1WARZENFEL, vge de la Prusse (Hesse), à 11 kil. E.-S.-E. de Schlutern; 700 hab. Importante fonderie de cobalt.

SCHWARZWALD. V. Forêt Noire.

SCIIWAZ, v. des Etats autrichiens (Tyrol), à 26 kil. E.-N.-E. d’Insprück, sur la rive dr. de l’inn ; 5,000 hab. Couvent de Franciscains; maison de correction; manuf. de tabac. Fabr. d’ouvrages en fil de cuivre, lainages, bonneterie. Ruines du château de Freundsberg. Cette ville fut incendiée par les Bavarois en 1809. — Aux environs, riches mines de cuivre et d’argent.

SCIIWECHAT. V. Schwæchat.

SCHWEDIAUR, médecin. V. Swédiaur.

SCHWEDT, v. des Etats prussiens (Brandebourg), sur l’Oder, à 91 kil. de Berlin, 20 N.-E. d’Angermünde ; 6,800 hab., dont beaucoup d’origine française. Fabr. de tabac, amidon , eau-de-vie. Château royal , anc. résidence des margraves de Brandebourg-Schwedt , bâti en 1580. — A 2 kil. de là se trouve le château royal de Monplaisir, bâti en 1778.

SCIIWEIDNITZ , v. forte des Etats prussiens (Silésie), ch.-l. de cercle, à 57 kil. S.- O. de Breslau, sur la rive g. de la Weistritz; 13,173 hab. Tribunaux, gymnase. Fabr. de draps, toiles, amidon, tabac, gants, rubans, bonneterie, bière renommée. Marché important pour les laines. L’hôtelde-ville contient des archives et des armes curieuses. — Jadis ch.-l. d’un duché souverain , cette ville soutint contre le grand Frédéric un siège fameux, 1761-62; Gribeauval dirigeait la défense. Une partie des fortifications fut détruite par les Français en 1807. ►

SCHWEIGHÆUSER (Jean), philologue, né à Strasbourg en 1742, d’un pasteur protestant, m. en 1830, fut d’abord destiné au ministère, étudia la théologie et surtout les langues hébraïque, syriaque et arabe, vint h Paris compléter ses connaissances sous De Guignes, visita l’Allemagne, l’Angleterre et la Hollande, fut nommé professeur-adjoint de philosophie à Strasbourg en 1770, puis professeur de langues grecque et orientales. A la création de l’Ecole centrale du Bas-Rhin pendant la Révolution , il fut chargé du cours de littérature ancienne. Lors de l’organisation de l’Université, on le nomma professeur de littérature grecque et doyen à la Faculté des Lettres de Strasbourg. Il a laissé des éditions très-estimées d ’Appien, 1782-85, 3 vol. in-8°; du Lexique de Suidas, 1789; de Polybe, 1789-95, 9 vol. in-8°; des Epicleteœ philosnphiæ monumenta, 1799, 5 vol. in-8°; d 'Athénée, 1801-1807, 14 vol. in-8°; de Cébès, 1806 ; des Lettres de Sénèque, 1808-09, 2 vol. in-8° ; d'Hérodote, 1816, 12 vol. in-8°, et un Lexieon Ilerodoteum, 1824, 2 vol. in-8». Schweighæuser était correspondant de l’Institut.

schweighæuser (Jean-Geoffroy), fils du précédent, né en 1776, m. en 1844, suppléa souvent son père dans sa chaire de 1810 à 1824, lui succéda comme professeur de littérature grecque, rédigea le texte du Musée Napoléon de Visconti, et, en collaboration avec de Golbéry, les Antiquités d’Alsace , in-fol. On lui doit aussi d’excellentes notices archéologiques.

SCHWEINFURT, Devona, Trajectum Suevorum, v. murce de Bavière (Basse-Franconie), sur le Mein , à 41 kil. N.- O. de Würzbourg ; 7,000 hab. Tribunaux; gymnase, école de commerce. Comm. de vins et de tabac. Fabr. de couleurs, sucre, savon, toiles, tapisserie. — Jadis ville impériale; cédée à la Bavière en 1802.

SCIIWEIZ , nom allemand de la Suisse.

SCHWELM, v. des Etats prussiens ( Westphalie), sur une riv. de même nom, à 17 kil. S.-O. d’Hagen ; 4,000 hab. Gymnase. Source ferrugineuse et bains. Fabr. de fil, toiles, siamoises, rubans, quincaillerie.

SC1IWENCKFELD (Gaspar de), sectaire, né en 1490 en Silé-ssie, d’une famille noble et ancienne, m. en 1561.

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Chanoine à Liegnitz, il adopta les opinions de Luther, puis ! se brouilla avec lui en voulant pousser plus loin la réforination religieuse. Chassé de la Silésie, 1527 , il parcourut l’Allemagne, et se constitua le chef d'une nouvelle secte : il niait que l’Ecriture sainte eût été inspirée, prétendait que Dieu se communique à chaque homme en particulier, condamnait les disputes des hommes, qui doivent attendre des lumières de Dieu seul , etc. 11 publia en allemand et en latin beaucoup d’opuscules, aujourd’hui très-rares parce qu’ils furent défendus et supprimés. Les principaux sont : De Statu , officio , et cognitione Christi , 1546 ; de Dissentione et dijudicatione opinionum Lutheranoe et Zvingliance in articula de coend Dominit 1554, in-8° ; Quœstiones aliquot de Ecclesiâ christianâ , 1561. J.-Jan a publié: Novissima Schwenckfeldianorum confessio, Wittemberg, 1726, in-4°.

SCHWENN1NGEN , brg du royaume de Wurtemberg (Schwarzwald), à 8 kil. N.-E. de Tuttlingen , près des sources du Neckar; 4,000 hab. Fabr. d’horloges en bois. Marché aux grains. Près de là, importante saline de Wilhelmshall.

SCHWÉRIN, Squirsina en latin, capitale du gr.-duché de Mecklembourg-Schwérin, sur le lac de Schwérin, à 63 kil. S.-E. de Lubeck; 24,000 hab. Résidence du granduuc depuis 1837. Cathédrale du xne siècle; château fortifié, construit par Wallenstein; galerie de tableaux, cabinet d’histoire naturelle , collection d’antiquités slaves , école vétérinaire , monnaie , arsenal , maison d’aliénés. Fabr. de draps, toiles, eau-de-vie, tabac; brasseries, distilleries. — Schwt.rin fut pris par les Prussiens en 1759, et occupé par les Français en 1806.

schwérin (Principauté de), actuellement arrondissement du grand-duché de Mecldembourg-Schwérin, était autrefois un des trois évêchés fondés par Henri le Lion ; après la paix de Westphalie, il fut sécularisé, et abandonné au duc de Mecklembourg, en dédommagement de la seigneurie de Wismar, cédée à la Suède. L’anc. capitale de l’évêché était Butzow. E. S.

schwérin (Lac de), sinus de la Stor dans le Mecklembourg-Schwérin ; 6,105 hect.; 21 kil. sur 5. Le canal de Schiftgraben, jadis navigable, l’unit au golfe de Wismar.

schwérin, v. des Etats prussiens (Posen), à 28 kil. O. deBirnbaum, surlaWartha; 5,700 hab.

schwérin (Christophe, comte de), général prussien, né en 1684 dans la Poméranie suédoise, m. en 1757, fit ses premières armes dans un régiment de Hollande, dont un de ses oncles était colonel, pendant la campagne de 1704 dans les Pays-Bas contre la France, passa en 1706 au service du duc de Mecklembourg, puis du roi de Prusse en 1720, devint lieutenant-général en 1731, commandantgénéral de l’infanterie en 1739, eut la plus grande part à la victoire de Molwitz sur les Autrichiens en 1741, fut nommé gouverneur de Neiss et de Brieg en Silésie, commanda un corps d’armée dans la campagne de Bohême en 1744, et, au début de la guerre de Sept-Ans, fut tué devant Prague. B.

SCHWETZ ouSWIECIE, v. des Etats prussiens (Prusse), ch. -L de cercle, à 56 kil. S.- O. de Marienwerder, sur la rive g. de la Vistule ; 3,000 hab. Château. Fabr. de draps, toiles damassées, cuirs. Comm. de laine et de grains. Bel

SCHWETZÎNGEN, v. du gr.-duché de Bade (Bas-Rhin), à 16 kil. S.- S.-E. de Manheim ; 2,700 hab. Château grandducal, avec beaux jardins.

SCHWIEBUS, v. des Etats prussiens (Brandebourg), à 26 kil. N. de Zullicliau, sur la Schwemme ; 4,800 hab. Fabr. de draps.

SCHWILGUÉ (Jean-Baptiste), savant mécanicien, né à Strasbourg en 1776, m. en 1856, fut professeur de mathématiques au collège de Schelestadt, puis dirigea un important établissement industriel dans sa ville natale. Il s’est rendu célèbre par la restauration de l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg , arrêtée depuis 1790, et remise en mouvement en 1842.

SCHWITZ ou SCHWYTZ, v. de Suisse, cli.-l. du cant. de son nom, à 105 kil. E. de Berne, au pied des monts Hacken et Mythen, par 46° 35' lat. N., et 11° 51' long. E.; 5,742 hab. Résidence des autorités cantonales, et du nonce du pape en Suisse depuis 1835. Archives, arsenal, gymnase, bibliothèque, cabinet de médailles. Belle église de St-Martin, et anc. couvent de Dominicaines. Filât, de coton et de laine, cotonnades, laines, soieries. Comm. de fromages et d’eau de cerises. On conserve à Sehwytz la oannière donnée aux Suisses par le pape Jules II.

SCHWITZ (Canton de), un des 22 cantons de la Confédération suisse, et l’un des 4 cantons forestiers ou Waldstættes; ch-1. Schwilz ; entre ceux de S‘-Gall et de Zurich

au N., de Zug et de Lucerne à l’O. , d’Uri au S., et de Glaris à l’E.; 903 kil. car. environ ; 50 kil. sur 30 ; 45,039 hab., catholiques et parlant allemand. Il confine au N. au lac de Zurich, à l’O. au lac de Zug, et au S. au lac des Quatre-Cantoris. Sol montueux, arrosé par la Linth, la Muotta, la Sihl, l’Aa, la Wæggithal ; fertile en fruits ; riches pâturages. Elève de beau bétail. — Ce canton, qui a donné son nom à la Suisse, fut un des trois qui se confédcrèrent à Briinnen en 1315. Le gouvernement est démocratique : la souveraineté est exercée par une assemblée générale, qui se réunit tous les deux ans à Rothenthurm. Un grandconseil, de 108 membres élus pour 6 ans, s’assemble 2 fois l’an, et nomme les députés à la diète fédérale. Un conseil cantonal de 36 membres, se réunissant 4 fois l’an, exerce le pouvoir exécutif et administratif. Le canton relève de l’évêché de Coire. Il est le 5e par ordre d’admission dans la Confédération , le 13e par son étendue, le 17« par sa population. B.

SCHYITES. V. Chyites.

SCIACCA, anc. Thermæ Selinunlinœ , v. de Sicile, port sur la côte S., à 64 kil. N.-O. de Girgenti; 14,614 hab. Aux environs, sources thermales renommées dès l’antiquité. Comm. de grains, huile, soufre, etc. Fabr. de poterie. Patrie d'Agathocle, tyran de Syracuse.

SCIARRA (Marc), chef de brigands au xvie siècle, organisa une bande qui dévasta longtemps les Etats de l’Église et les frontières de Toscane et de Naples, ne put êxre dompté par Sixte-Quint, mais fut poursuivi si vivement par Clément VIII, 1592, qu’il s’engagea au service de Venise avec 500 des siens, et alla combattre les Uscoques en Dalmatie. Le pape demandant l’extradition de tous les bandits, le sénat vénitien fit assassiner Sciarra, et envoya les autres à Candie, alors ravagée par la peste, et où ils périrent.

sciarra colonna. V. colonna.

SCIATHOS, auj. Skialho ou Sciella, île stérile et rocailleuse de la mer Egée, au N. de l’Eubée, avait autrefois une ville du même nom. Elle fut habitée primitivement pat des Thraces-Pélasges , et ses eaux furent, pendant les guerres Médiques, le théâtre de plusieurs rencontres navales. Elle tomba ensuite sous la dépendance d’Athènes, qui lui imposa un tribut annuel de 200 drachmes. Soumise plus tard aux rois de Macédoine, elle vit sa ville détruite, en 200, par le dernier Philippe, qui ne voulait pas qu’elle servît de point de relâche à la flotte d’Attale et des Rhodiens, alliés de Rome. Elle devint plus tard, dans la guerre de Mithridate, un repaire de pirates. Antoine la rendit à Athènes. C. P.

SCICLI,anc. Casmena, v. de Sicile (prov. de Noto), sur la Scicli, à 13 kil. S. -S. -O. de Modica; 10,678 hab. Ruines. Fabr. de draps, cuirs, poterie, etc. La cathédrale possède le tombeau de S* Guillaume.

SCIGLIANO , v. du royaume d'Italie, dans la province et à 22 kil. S. de Cosenza; 4,319 hab. Commerce de vins, grains, soie.

SCIGLIO ou SCILLA, anc. Scxjllœum , v. du royaume d’Italie (Province de Reggio), près du rocher de Scella, à 26 kil. N.-N.-E. de Reggio; 7,429 hab. Pêche et comm. actifs. Vins renommés.

SCILLA (Augustin), peintre, né à Messine en 1639, m. en 1700, fut élève d’André Sacehi à Rome, et ouvrit dans sa patrie une école qui fut très-fréquentée. Son chefd’œuvre est SI llilarion mourant, dans l’église Sle-Ursule à Messine. Il peignit aussi des tableaux d’animaux, s’occupa d’histoire naturelle, et publia, en 1670, sur les corps marins pétrifiés, un petit ouvrage remarquable, qui a été traduit en latin sous ce titre : de Corporibus marinis que e defossa reperiuntur , Rome, 1747, in-4°.

SCILL1TANA COLONIA ou SC1LLIUM. V. Csarin.

SCILLONTE, Scillus, v. de l’anc. Elide, dans la Triphylie, prés de Pise. Xénophon y écrivit une partie de ses ouvrages.

SC1LLY (Iles). V, Sorlingues.

SCIO. V. Chio.

SCIOMANC1E (du grec skia, les ombres, et mantéia, divination) , divination consistant à évoquer les âmes des morts pour en apprendre l’avenir. -

SCIONE, anc. v. de la Chalcidique, dans la presqu’île de Pallène, sur la mer Egée. Fondée par des Grecs sujets de Protésilas, elle tomba sous la domination d’Athènes, redevint libre pendant la guerre du Péloponèse, obéit plus tard à Olynthe, et enfin fut comprise dans la Macédoine.

SCIOPPIUS (Gaspard Sciiopp, en latin), savant phi lologue, né à Neumarkt (Palatinat) en 1576, m. en 1649, fut un de ces esprits jaloux, inquiets et hargneux, dont la

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condition est d’être en guerre avec le monde entier. La plupart de ses écrits ne sont que des libelles. Les protestants, dont il avait abjuré la religion, et les Jésuites, qu’il détesta après les avoir vantés, sont également en butte à sa mauvaise humeur et à ses violences. Ses querelles avec ses contemporains, principalement avec Joseph Scaliger, sont fameuses; il ne ménagea pas non plus les anciens, et accusa Cicéron d’incongruités et de barbarismes. Henri IV et Jacques Ier d’Angleterre ne furent pas à l'abri de ses injures. Après avoir voyagé en Italie, en Espagne et en Allemagne, il se fixa à Rome. Flatteur impudent des papes, des cardinaux et de l’empereur, il fut comblé des faveurs de la cour de Rome, et créé conseiller auliquo et comte palatin ; il n’en resta pas moins l’objet de la haine et du mépris universel. Il se retira à Padoue, où il mourut. Scioppius possédait admirablement la langue latine ; c’est à cette langue que se rapportent toutes celles de ses productions variées qui ont survécu. Ses écrits principaux sont : Verisimilium lib. 1 V , in quibus multa veterum scriptorum loca emendantur Nuremberg, 1595, in-8°; Suspec.tarum lectionum libri K,... ibid. , 1597 ; de Artc critica,... ibid., 1597, in-8°; Elementa philosophiœ stofcœ moralis, Mayence, 1606, in-8°; Paradoxa litteraria, Milan, 1628, in-8°; Grammatica philosophica, sive institution es grammalicœ latinœ, ibid., 1628, in-8°, ouvrage encore très-estimable ; de Stylo historico, 1658, in-18; de Sud ad catholicos migratione, Padoue, 1600, in-8°; Scaliger hypobolimæus , Mayence, 1607, in-4°, violente satire contre Scaliger. On lui doit en outre une édition fort améliorée de la Minerve de Sanctius, des Notes sur Phèdre et Apulée, des éditions de Varron , Symmaque , etc. C. N.

SOIORTINO, v. de Sicile, à 24 kil. N.- O. de Syracuse, sur une montagne; 6,000 hab.

SCIOTO, riv. des États-Unis (Ohioj , coule au S.-E., reçoit le Paint-Creek, la Deer, arrose Uelaware , Columbus, Piketon, et se jette dans l’Ohio; cours de 360 kil.

SCIPION, nom d’une famille illustre de l’anc. Rome, faisant partie de la gens Comélia. Ce nom, qui signifie bâton, lui fut donné, selon Macrobe, parce que son chef avait servi de bâton de vieillesse à son père aveugle.

sciPiON(Publius-Cornélius), maître de la cavalerie pendant la dictature de Camille, l’an 358 de Rome, 395 av. J.-C., fut ensuite tribun consulaire.

scipion (Lucius-Cornélius), surnommé Barbatus, consul l’an 455 de Rome, 298 av. J.-C. Son tombeau, trouvé en 1780, et conservé au musée Pio-Clémentin à Rome , est le plus ancien monument sépulcral dont on ait la date approximative , et offre l'inscription la plus ancienne qui existe en langue latine. Elle portequ’il prit plusieurs places dans le Samnium et conquit la Lucanie. B.

scipion (Lucius-Cornélius), fils du précédent, consul l’an 494 de Rome, 259 av. J.-C., conquit sur les Carthaginois la Corse et la Sardaigne, obtint le triomphe, et fut élevé à la censure en 258. Ses vertus sont attestées par une inscription antique, trouvée avec le tombean de son père. B.

scipion (Cn.-Cornélius ), surnommé Asina, consul l’an 493 de Rome, 260 av. J.-C., fut pris avec 17 vaisseaux près des îles Lipari par la flotte carthaginoise au commencement de la lre guerre punique. Duilius répara cet échec par la victoire de Myles ; lui-même, encore consul l’an 499 de Rome, 254 av. J.-C., prit Panorme et 200 vaisseaux ennemis. B.

scipion ( Pnblius Cornélius), fils du précédent, consul l’an 535 de Rome, 218 av. J.-C. , quand commençait la 2e guerre punique, partit pour l’Espagne avec mission de combattre Annibal, qui était déjà en Gaule, et avec lequel il n’eut qu’une rencontre de cavalerie sur les bords du Rhône. Chargeant son frère Cnéus de conduire une partie des troupes en Espagne, il regagna l’Italie, fut vaincu et blessé au combat du Tésin. A peine guéri, il rejoignit Cnéus, 217, et soumit le N. de l’Espagne jusqu’à l’Ebre, après avoir battu Hannon. L’année suivante, il défit Asdrubal sur mer, gagna encore, en 215, deux victoires qui refoulèrent les Carthaginois dans le S., triompha , en 214 , dans quatre rencontres , d’ Asdrubal et de Magon, prit Castulon et Sagonte, et s’allia à Syphax, roi des Numides. Mais, en 212, s’étant séparé de son frère, il fut attaqué à la fois par Masinissa, autre chef numide, par Asdrubal et Magon, et périt les armes à la main. Il fut le père de V Africain et de V Asiatique. B.

scipion ( Cnéus-Comélius), surnommé Calvus, frère du précédent, fut consul l’an 531 de Rome, 222 av. J.-C., et seconda dignement son collègue Marcellus dans la guerre contre les Gaulois cisalpins. Envoyé en Espagne, en 218 , avec le titre de proconsul , il empêcha par ses

succès Asdrubal d’aller rejoindre Annibal en Italie, et fut associé aux victoires de son frère sur les Carthaginois ( V. l'art, précédent). En 212, il perdit une bataille et la vie près d’Anitorgis, un mois après la mort de son frère. B.

scipion ( Publius-Cornélius), dit le premier Africain , fils de Publius-Cornélius et neveu du précédent , né l’an 518 de Rome, 235 av. J.-C., m. en 183, n’avait que 17 ans, lorsqu’au combat du Tésin il sauva la vie à son père grièvement blessé. En 214, on lui accorda l’édilité, contrairement à l’usage établi de n’accorder aucune magistrature qu’après 10 campagnes. En 211, il s’offrit pour réparer les malheurs de sa patrie et de sa famille en Espagne, fut nommé préteur dans cette province, bien qu’il n’eût que 24 ans, s’empara de l’importante place de Carthagène en 210, et tira de ce succès autant d’avantage que d’hoimeur, par la générosité avec laquelle il renvoya les prisonniers, les enfants donnés en otage aux Carthaginois par les plus illustres familles espagnoles, et la fiancée du Celtibérien Allutius, jeune fille d’une rare beauté, et dont, suivant les lois de la guerre chez les anciens, il aurait pu faire son esclave. En 209 , il remporta sur Asdrubal , près de Bætula, une victoire qui coûta 54,000 hommes à son ennemi , le laissa cependant échapper et partir pour l’Italie, mais, par de nouvelles victoires sur Hannon et Magon, acheva la soumission de l’Espagne, 206. Songeant déjà à porter la guerre sous les murs de Carthage, il se rendit secrètement en Afrique, et se fit un allié de Syphax, roi des Numides. De retour en Espagne, il eut à réprimer une sédition de ses troupes, et un soulèvement de deux chefs celtibériens, Mandonius et Indibilis. Il compta même bientôt un allié de plus, Massinissa, et une ville nouvelle, Gadès, 205. 11 revint en Italie, obtint le consulat l’an 548 de Rome, 205 av. J.-C., avec la province de Sicile, et, bien que Fabius Maximus eût fait repousser sa proposition de transporter les hostilités en Afrique, fit tous les préparatifs de l’expédition. Il se débarrassa de Caton, questeur trop exact, trouva dans la confiance des Siciliens et des Italiens les ressources que lui refusait le sénat, et alla débarquer à Clypéa. Bien que Syphax eût fait défection et dépouillé Massinissa , il défit Asdrubal dans les Grandes- Plaines, 203, puis Annibal à Zama, 202, rétablit Massinissa, et imposa aux Carthaginois le traité qui mit fin à la 2e guerre punique, 201. Ces exploits lui valurent le surnom d’ Africain. Sa hauteur lui fit perdre bientôt une partie de son crédit : bien qu’honoré de la censure en 198, et d’un nouveau consulat l’an 559 de Rome, 194 av. J.-C., il ne put se faire écouter de ses concitoyens lorsqu’il leur conseilla, au nom de la dignité romaine, de ne pas s’immiscer dans les factions de Carthage, et de respecter la vieillesse d’ Annibal. En 190 , il accompagna comme lieutenant son frère Lucius dans la guerre contre Antiochus, et contribua par ses conseils au succès de la campagne. A son retour, il trouva un adversaire dans Caton : ce rigide Romain regardait les Scipions comme les membres les plus dangereux de l’aristocratie militaire, qui se mettait alors au-dessus des lois, et leur reprochait aussi l’abandon des coutumes romaines pour les mœurs grecques. Il les fit accuser par les tribuns Pétilius de s’être laissé corrompre par Antiochus, 187. Scipion l’Africain se contenta de vanter devant le peuple ses propres exploits, et la cause fut ajournée; cité de nouveau devant les comices, il éluda encore l’accusation par un mouvement oratoire : « Romains , s’écria-t-il , c’est à pareil jour que j’ai vaincu Annibal à Zama ; allons au Capitole en rendre grâces aux dieux; » la foule le suivit. Telle était sa fierté, qu’il apporta dans une autre assemblée les registres prouvant, disait -il, son innocence, et refusa de les montrer. Il paraît que, pour se soustraire aux attaques réitérées de ses ennemis , il quitta Rome. Il passa ses dernières années dans une villa à Liternuin, en Campanie, se consolant de ses disgrâces par les travaux champêtres , la culture des lettres, et la société du poète Ennius. Scipion voulut, diton, que l’on gravât ces mots sur son tombeau: « Ingrate patrie, tu n’as pas même mes cendres. » B.

scipion (Lucius-Cornélius) , dit Y Asiatique, frère aîné du pi’écédeut, le suivit en Espagne, après avoir été édile curule, et y prit Oringis. Ses services en Sicile et en Afrique, où il était encore sous les ordres du grand Scipion, lui valurent la prétnre en 194 av. J.- C., et le consulat l’an 563 de Rome, 190 av. J.-C. Il mérita le surnom d'Asiatique par la victoire qu’il remporta à Magnésie sur Antiochus le Grand. Accusé avec son frère de s’être laissé corrompre par ce prince, il fut condamné à une amende de 4 millions de sesterces (800,000 fr. environ), et on allait le conduire en prison, lorsque le tribun Tib. Sempronius Gracchus s’opposa à ce que l’on commît cette

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■violence sur le vainqueur d’Àntiochus ; mais ses biens furent vendus, et ne suffirent pas à payer l’amende à laquelle il était condamné. Cicéron a vanté l’éloquence et le désintéressement de Scipion l’Asiatique. B.

scirioN (Publius-Cornélius), dit Nasica, J\\s de Scipion Calvus, et cousin des deux précédents, né vers 229 av. J.-C., fut proclamé à 27 ans, en vertu d’un sénatus-consulte , le plus homme de bien de la République , à l’occasion de l’arrivée de la statue de Cybèle, qui, d’après l’oîacle de Delphes, devait être reçue par un homme ainsi qualifié. Cependant, pour s’être permis une plaisanterie inconvenante envers un habitant de la campagne , il fut repoussé de l’édilité. Triumvir d’une colonie envoyée à Venouse eu 200, édile curule en 195, préteur en 193, il partit, l’année suivante, en qualité de propréteur, pour l’Espagne, où il fit rentrer 50 villes sous l’obéissance des Romains. Consul l'an 562 de Rome, 191 av. J.-C., il remporta une victoire décisive sur les Boïens de la Cisalpine. Lors du procès de Scipion l’Asiatique, il le défendit sans succès. En 183, il conduisit une colonie latine à Aquilée, et, dans sa vieillesse, devint prince du sénat et patron de l’Espagne citéricure. B.

scipion nasica (Publius-Cornélius), dit Corculum, à cause de la bonté de son cœur, était fils du précédent, et hérita de ses vertus et de ses talents. Très-jeune encore, il accompagna Paul-Emile dans la guerre contre Persée, en 168, et se distingua à la bataille de Pydna. Consul l’an 591 de Rome, 162 av. J.-C., il s’empressa d’abdiquer sa magistrature, à cause d’irrégularités dans les auspices pris pour sou élection. Censeur en 159, il plaça à Rome une clepsydre marquant toutes les heures. Pendant son 2e consulat, en 154, il fit la guerre aux Dalmates, et s’empara de Delminium, leur capitale. Quand on discuta dans le sénat sur le sort de Carthage , il s’opposa à la ruine de cette ville , pensant que l’existence d’une telle rivale obligerait les Romains à conserver la rigidité de leurs anciennes mœurs. Il commença la guerre contre Andriscus, 148, achevée par Métellus. Nasica était gendre de Scipion l’Africain. B.

scipion nasica (Publius-Cornélius), dit Sérapion , fils du précédent, fut questeur en 148, et reçut en cette qualité les armes et les munitions que les Carthaginois livrèrent aux Romains dans l’espoir d’éviter la 3e guerre punique. Consul l’an 615 de Rome, 138 av. J.-C., il tint tête aux murmures populaires avec une rare fermeté, et tel était son ascendant, qu’il fut nommé souverain pontife sans sollicitation. Il se montra l’adversaire du tribun Tibérius Gracchus, son cousin ; après avoir sommé vainement le consul Scævola de recourir à la force contre ce tribun, il se mit à la tête des partisans de l’aristocratie, et engagea la lutte dans laquelle périt Tibérius, 133. Pour le soustraire au ressentiment du peuple, le sénat le chargea d’aller apaiser les troubles excités par Aristonic dans le royaume de Pergame. Nasica mourut de chagrin à Pergame, 131. — Son petit-fils fut adopté par un membre de la famille des Métellus , et est connu sons le nom de Métellus Scipion. V. Métellus. B.

scipion Émilien (Publius-Cornélius), dit le second Africain, destructeur de Carthage, fils de Paul -Emile, né en 185 av. J.-C., m. en 129, fut adopté par un fils du 1er Africain, suivit son père contre Persée à 17 ans, reçut à Rome, ainsi que son frère Fabius, les sévères leçons de Polybe, et montra envers sa mère et ses sœurs une libéralité déjà rare dans Rome. Tribun, il combattit en Espagne ; envoyé en Afrique pour demander un secours à Masinissa, il goûta, dit-il, un plaisir dos dieux à voir livrer entre les Carthaginois et les Numides une bataille où 50,000 hommes furent tués; sa médiation, invoquée par Carthage, ne termina pas la guerre. Bientôt sa légion passa en Afrique; Rome avait résolu de détruire Carthage. Quoique simple tribun, son nom le désignait contre la rivale de Rome. Le chef numide Phaméas vint se rendre à lui. Masinissa mourut entre ses bras, et le chargea du partage de ses Etats. Quand il vint solliciter l’édilité à Rome, en 151, Caton lui-même le vanta. Consul avant l’âge, l’an 606 de Rome, 147 av. J.-C., on lui assigna l’Afrique ; il partit avec Lélius pour Utique, assiégea Carthage, prit la partie appelée M égare, ferma l’isthme et le port, vainquit Asdrubal à Néphéris, s’empara du port, mit six jours et six nuits à pénétrer jusqu’à la citadelle, reçut la soumission d Asdrubal, dont la femme et 900 transfuges mirent le feu au temple d Esculape, leur asile, et laissa l’incendie se propager dans la ville. Polybe, qui était à ses côtés, raconte qu à ce spectacle il prononça tristement, en songeant à l’avenir de Rome, ces paroles d’Homère : « Un jour aussi, la ville sacrée d’Iliou, et Priam, et le peuple dlleo-

tor, périront. >’ Scipion réserva pour Rome ce qui resta des richesses de Carthage, et rendit à Agrigente le taureau de Phalaris. Il reçut à Rome les honneurs d’un triomphe qui dépassa tous les précédents en magnificence. Sauf un voyage à la cour d’Egypte et en Asie, il consacra les années suivantes à la culture des lettres, avec Polybe, Térence et le philosophe Panœtius. Nommé censeur, il se montra sévère et juste. Un 2e consulat, l’an 619 de Rome. 134 av. J.-C., le ramena en Espagne; il y rétablit la discipline dans l’armée romaine, bloqua Numance, ayant sous ses ordres Marius et Jugurtha, fit couper les mains à 400 jeunes gens de Lucia , ville voisine qui promettait du secours aux assiégés, et affama la place, dont les citoyens s’entre-tuèrent. Numance fut rasée, et les derniers habitants vendus, excepté 50 qu’on réserva pour son triomphe. De retour à Rome, il y trouva la guerre civile commencée, et devint l’adversaire des lois agraires. Ayant loué en public le meurtre de Tib. Gracchus, la foule des étrangers et des affranchis murmura : “ Taisez-vous, ditil, faux fils de l’Italie; je ne craindrai jamais, parce qu’ils sont affranchis, ceux que j’ai amenés ici chargés de chaînes. » Emilien, du reste, ne désirait pas le triomphe exclusif de l’aristocratie ; Cicéron le représente dans sa République comme partisan d’une monarchie tempérée. Canis Gracchus le traita de tyran, et le fit attaquer violemment par le tribun Fulvius; c’était lui préparer un triomphe • au Sortir du sénat, sénateurs, citoyens, Latins et alliés, le suivirent en foule. Le lendemain, on le trouva mort dans son lit, 129. Sa femme Sempronia, sœur des Graeques , et Caïus , furent soupçonnés de l’avoir empoisonné. Métellus le Macédonique fit porter le lit funèbre par ses fils, et Q. Fabius Maximus, neveu d’Emilien, prononça son oraison funèbre. A. G.

scipion l’asiatique (Lucius-Cornélius), consul l’an 670 de Rome , 83 av. J.-C. , au milieu des troubles civils , se vit deux fois débaucher son armée, d’abord par Sylla, puis par Pompée. A peine sorti de charge , il fut mis sur la première liste de proscription dressée par Sylla.

SCIRITIDE , canton montagneux du N. de la Laconie , renfermait , dans le défilé qui mène de ce pays en Arcadie, une place forte nommée Sciros , et habitée par une colonie Arcadienne. Les habitants de ce canton formaient dans l’armée Spartiate un corps particulier, le bataillon Scirite , fort de 600 hommes pendant la guerre du Péloponèse, et placé à l’aile gauche. C'était cette troupe que l’on mettait ordinairement au poste le plus périlleux , et qui recevait la première le choc de l’ennemi. C. P.

SCIRON. V. Scyron.

SCIROPHORION , le 12e mois de l’année athénienne. Pendant ce mois, on célébrait , en l’honneur de Minerve, les Scirophories , fêtes où l’on portait par la ville, sur les statues de la déesse, des tentes en pavillon ou dais.

SCLAVOCHORI , ancienne Amyclœ, v. du royaume de Grèce ( Laconie) , à 9 kil. E. deMisitra. Evêché.

SCODINGUE (Pays de), Pagas Scudensis oxxScolingorum, petit pays de l’anc. France (Franche-Comté), où était Salins (Jura).

SCODRA, auj. Skodar ou Scutari, anc. v. d’Illyrie, chez les Labéates, fut d’abord la place forte du roi Geutius , reçut ensuite beaucoup de Romains , et devint , dans les derniers temps de l’Empire , le ch.- 1. de la Prévalitane. C. P.

SCOMBI , riv. de Turquie. V. Tobi.

SCOM1US. V. Doubnitza.

SCONE ou SCOON , vge d’Écosse , dans le comté et à 3 kil. N. de Perth ; 2,422 hab. Anc. résidence des rois d’Ecosse, qui s’y faisaient couronner, assis sur une pierre, qu’une tradition disait être celle sur laquelle Jacob dormit àBéthel, et qu’on voit auj. à l’abbaye de Westminster. Le palais actuel de lord Mansfield occupe l’emplacement de l’anc. château.

SCOPAS , célèbre sculpteur grec , né à Paros vers 460 av. J.-C., remplit de ses ouvrages l’Ionie, la Béotie, l’Attique et le Péloponèse. Il alliait la vérité à la grandeur, avait une imagination brillante, une sensibilité profonde, et mérita d’être surnommé ‘«l’artiste de la vérité. » On citait parmi ses chefs-d’œuvre un Mercure, une Bacchante ivre, et les sculptures d’une des faces du tombeau de Mausole. Quelques-uns lui attribuent le fameux groupe de Niobé et ses enfants , qui est à Florence. Il fut aussi architecte, et bâtit un très-beau temple de Minerve Aléa à Tégée , en Arcadie. B.

SCOPÉLISME, sortilège qui se pratiquait en jetant dos pierres enchantées dans un champ, pour l’empêcher de rapporter.

SCOPELOS , île de Grèce , dans les Sporades septen-

SCO

SCO

trionales , entre Sciathos au S.- O. , et Halonèse au S.-E. ; par 39» 9’ lat. N. et 21° 22’ long. E. ; 77 kil. carr. ; 12,000 hab. Ch.-l., Scopelos (5,000 hab.), sur la côte E. Sol peu fertile , mais bien cultivé ; récolte de vin , olives et fruits.

SCOPI, ane. v. de la Mésie supérieure; auj. Ouskoub.

SCOPOLI ( Jean-Antoine) , naturaliste, né eu 1723 au château de Cavalèse ( Tyrol) , m. en 17B7 , étudia la médecine à Insprück, pratiqua cet art à Trente et à Venise, prit le doctorat à Vienne, fut nommé proto-physicien d’idra (Camiole) , étudia la minéralogie , qu’on le chargea d’enseigner à Chemnitz en 1766, et occupa, dix ans après, les chaires de chimie et de botanique à l’Université de Pavie. On a de lui : Flora carniolica, Vienne, 1760, in-8»; Tentamina physico-cliymico-medica , Venise, 1761, in-8°; Entomologia carniolica , Vienne , 1763, in-8°; Annuus historico-medicus , Leipzig, 1769-72, 5 vol. in-8°; Principia mineralogice , Prague, 1772, in-8°; l'undamenla chymiæ, ibid., 1777 ; l'undamenla botanica , Pavie, 1783; Deliciœ floræ et faunae insubricœ , ibid. , 1786-88 , 3 vol. in-fol. , etc.

SCOPPA (l’abbé Antonio), né à Messine en 1762, m. en 1817, fut déterminé par les troubles politiques de Naples à passer en France en 1801. On le chargea, en 1810, avec Cuvier et Delambre, d’aller examiner l’état des écoles en Italie. De retour à Naples après la chute de Napoléon Ier, il y établit des écoles d’après la méthode de Lancaster. Parmi ses écrits, assez féconds en paradoxes, on remarque : Les vrais principes de la versification, développés par un examen comparatif entre la langue italienne et la langue française , Paris, 1811-14, 3 vol. in-8®, où il tente de prouver que le français est aussi harmonieux et aussi musical que l’italien. B.

SCORAILLES ou ESCORAILDES, vge (Cantal), arr. et à 8 kil. S. de Mauriac; 207 hab. Il a donné son nom à une famille noble de l’Auvergne. Ruines d’un très-ancien château.

SCORDISQUES, Scordisci , peuple qu’on croit d’origine gauloise, et qui , après avoir formé des établissements en Pannonie, au S. de la Save et du Danube, et en 'l'hrace, se fixa sur le revers des monts au N. de la Macédoine. Belliqueux et féroces , défaits par Asconius en 135 av. J.-C. , ils massacrèrent en 114 le consul Caton et son armée ; mais refoulés au delà du Danube , ils cessèrent de figurer dans l’histoire.

SCORDUS (Mont). V. Scakdus.

SCORFF, riv. de France (Morbihan), naît à 5 kil. N. de Guéménée, coule au S.- O. , passe à Pont-Scorff, où il devient navigable, et se joint au Blavet dans la rade de Lorient; cours de 70 kil.

SCORPION, Scorpio, machine de guerre des anc. Romains , sorte de grosse arbalète , montée sur un fort bâti de charpente, et qui servait à lancer des traits : l’arc était d’acier, et la corde se tendait en arrière par un treuil à deux poignées qu’un seul homme faisait tourner.

scorpion, le 8e signe du Zodiaque. C’était, selon la Fable, le scorpion qui piqua Orion au talon. On croyait qu’il était funeste d’être né sous son influence. Chez les Romains , il était consacré au dieu Mars.

SCO T (Jean), dit Erigène, c.-à-d. natif d’Erin (anc. nom de l’Irlande), moine du ixe siècle, fut appelé en France à la cour de Charles le Chauve , pour ranimer le goût des sciences dans l’Ecole palatine. Il plut beaucoup au roi ; mais la témérité de ses écrits lui fit encourir, de la part du pape Nicolas Ier, le reproche d’hérésie ; alors il dut cesser d’enseigner, et l’on ne sait plus rien sur son compte. On a de lui : un traité de Divinâ prœdeslinatione et gralia, qu’il composa, à la demande d’Hincmar, contre Gotescalc ; une traduction de S1 Denis l’Aréopagite ; un traité de Divisions naturœ, où il se rapproche des idées du panthéisme et du néoplatonisme. V. Saint- René Taillandier, Scot Erigène et la philosophie scolastique, Paris, 1843, in-8°. R — T.

scot (Michel), écrivain du xme siècle, né dans le comté de Fife (Écosse), séjourna en France, en Allemagne, où il jouit de la faveur de l’empereur Frédéric II , et en Angleterre, où Edouard Ier l’employa à diverses missions. Il fut chargé, en 1290, d’aller chercher en Norvège une princesse destinée à partager le trône d’Ecosse, et mourut peu de temps après, dans un âge fort avancé. Il avait étudié les langues, les mathématiques, la médecine, la philosophie et les sciences occultes, et passa pour magicien. On a de lui; Pliysiognomia, Paris, 1508, in-8°; Mensa philosophica, Francfort, 1602; Thenlrum chimicum , Strasb., 1622, in-8®, etc. ; quelques-uns lui attribuent une des plus anciennes traductions latines d’Aristote.

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