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riage des princes et princesses du sang. Quand ils étaient appelés au conseil d’Etat, ils prenaient le titre de ministres. — Le titre de secrétaire d’Etat, supprimé à la Révolution, et remplacé par celui de ministre , reparut lors de la Restauration, et; depuis ce temps, les hommes placés à la tête des départements administratifs prennent le titre de ministres secrétaires d’Etat. B.
secrétaires de la main , secrétaires intimes du roi, dans l’ancienne monarchie française ; ils avaient la main du roi , c.-à-d. contrefaisaient son écriture de manière à tromper les plus habiles. Henri IV en avait deux. Le but était de multiplier les civilités et les politesses du roi, en faisant croire à plus de personnes qu’elles émanaient de la main royale. Louis XIV en eut, et cet usage durait encore du temps de Louis XV. C. D — y.
SECTIONS, divisions territoriales et administratives de la ville de Paris, fixées au nombre de 48 par décret de l’Assemblée nationale du 22 juin 1790. Les citoyens de chaque section formaient des assemblées qui ne devaient se réunir que pour l’élection des membres du corps municipal : elles s’occupèrent des affaires publiques, délibérèrent, prirent des arrêtés, et jouèrent un rôle très-actif au temps de l’anarchie révolutionnaire. Tantôt elles changèrent de nom et s’appelèrent Section des Amis de la Patrie, du Bonnet-Rouge, de Brulus , de la Montagne, de la Raison , de Mutius-Scévola, des Piques, etc. ; tantôt elles soutinrent l’ordre, comme au 1er prairial; tantôt elles appuyèrent les Jacobins, comme au 13 vendémiaire; toujours au service des meneurs, toujours instrument des factions et danger pour le pouvoir, quel qu’il fût. La suppression des assemblées de sections eut lieu par un décret de la Convention du 17 vendémiaire an iv (9 octobre 1795). V. Sections de Paris , au Supplément. J. T.
SECULAIRES (Jeux) , ludi Sœculares, jeux publics institués chez les anc. Romains , l’an 298 de la ville , 455 av. J.- C. , par ordre d’un oracle Sibyllin , et en expiation de prodiges. Ils étaient consacrés à Jupiter, Junon , Latone, Diane , les Parques , Pluton et Proserpine. C’était une fête nationale et religieuse , à l’observation de laquelle les Romains attachaient la gloire et la prospérité de leur empire, et qui avait aussi pour but d’assurer la régularité des calculs dans la mesure du temps. Elle revenait chaque 100e année embolismique de 384 jours , ou tous les 110 ans de l’année ordinaire, dans le cours de la 1 11e année, pendant l’été, et durait 3 jours consécutifs et 3 nuits. On l’annonçait d’avance à Rome et dans les campagnes. Les quindécemvirs y présidaient : le 1er jour, ils distribuaient au peuple, sous les portiques de divers temples , des torches, du bitume , du soufre , des fèves, comme choses lustrales, et, le soir, immolaient, dans le Champ-de-Mars, à la clarté des flambeaux, 3 agneaux en l’honneur des 3 Parques, sur 3 autels dressés au bord du Tibre , au lieu dit Térente ; puis des chanteurs chantaient des hymnes , en latin et en grec , composés pour la circonstance. — Le 2e jour, les quindécemvirs sacrifiaient devant le Capitole aux divinités du lieu , et descendaient ensuite au Champ-de-Mars , où des acteurs représentaient des jeux scéniques en l’honneur d’Apollon et de Diane. — Le 3e jour, qui était le 1er de la nouvelle lune , on venait sacrifier des bœufs blancs devant le temple d’Apollon; deux chœurs, l’un de jeunes filles, l’autre de jeunes garçons, chantaient un hymne au dieu. Des jeux scéniques remplissaient le reste du jour ; le soir, tes quindécemvirs immolaient dans Térente une truie noire et un porc à la Terre , puis enfouissaient sur place l’autel du sacrifice , qui demeurait là jusqu’aux prochains jeux. — Rome célébra 9 fois ses jeux Séculaires dans une période de 702 ans, parce que l’on setrompa2 fois, en prenant ces jeux pour l'anniversaire séculaire de la fondation de Rome ; ils furent célébrés sous la république , l’an 298 de la ville , 408 , 518 , et 628 ; sous les empereurs , l’an 737 , par Auguste, qui commanda à Horace le chant séculaire que nous avons encore dans les œuvres du poète ; l’an 800 , par Claude ; 841, par Domitien ; 957, par Septime-Sévère ; et 1000 , par Philippe , pour la dernière fois , car alors le christianisme commençait à chasser les croyances et les fêtes païennes. C. D — y.
SECULARISATION , mot par lequel on a désigné la transmutation d’une chose cléricale en séculière, et surtout l’abandon de biens de l’Eglise à des laïques. La sécularisation a eu une importance spéciale en Allemagne , où les évêques et les abbés furent souvent souverains séculiers et princes de l’Empire. A la suite de la Réformation , l’administration de beaucoup de territoires cléricaux passa entre les mains de princes protestants. L’exemple fut donné par Albert de Brandebourg , grand-maitre de l’Ordre Teutonique, qui , en 1525, quitta l’habit de l’Ordre, et se fit
reconnaître duc héréditaire en Prusse. D’autres princes l’imitèrent : à la paix d’Augsbourg, 1555, on les reconnut légitimes possesseurs des biens ecclésiastiques dont ils s’étaient emparés ; mais, pour empêcher les prélats de convertir, en abjurant le catholicisme, leurs évêchés en principautés séculières et héréditaires, on posa en principe que tout ecclésiastique qui embrasserait désormais Ta Réformation perdrait son bénéfice. La violation fréquente de cette clause, qu’on appelait réserve ecclésiastique, fut une des causes de la guerre de Trente- Ans. Par la paix de Westphalie, 1648, furent transformés en principautés séculières : les archevêchés de Magdebourg et de Brême , les évêchés de Ilalberstadt, Yerden, Ratzebourg, Schwérin, Minden, Ivamin, Brandebourg, Lébus, Havelberg, Lubeck- Eutin, Kolberg, Mersebourg, Naumbourg, Meissen, les abbayes de Walkenried, Grœningen, Hirschfeld, Saalfeld, Quedlinbourg, Hervorden, et Gandersheim. L’abandon de la rive gauche du Rhin à la France, en 1797 et 1801, amena aussi la sécularisation de tous les autres territoires cléricaux de l’Allemagne, avec lesquels les princes dépossédés sur la rive gauche furent dédommagés par le traité de 1803. Ainsi disparurent les évêchés de Trente, Brixen, Passau, Eichstett, Wurzbourg, Bamberg, Freisingen, Augsbourg, Paderborn, Ilildesheim, Munster, Osnabrück, Constance, Spire, Bâle, Worms, Fulde, Corvey, les archevêchés de Salzbourg, Trêves, Cologne, une foule d’abbayes, etc. L’archevêché-électorat de Mayence, transféré à Ratisbonne, fut sécularisé en 1809, et l’évêchéduehé de Francfort en 1814. C. P.
SEDA1NE ( Michel- Jean) , auteur dramatique, né à Paris en 1719, m. en 1797, était fils d’un architecte pauvre, et resta l’unique soutien de sa famille vers l’âge de 18 ans; il fut réduit, pour vivre, à se faire tailleur de pierres. Dans ses courts instants de loisirs , il étudiait et lisait. Surpris dans ce délassement par un architecte , aïeul du célèbre peintre David, il lui inspira de l’intérêt , fut admis d’abord dans son atelier, puis associé à ses travaux. Longtemps après , par reconnaissance , il fit élever David comme son propre fils. Devenu plus libre , Sedaine se livra à la culture des lettres, attira sur lui l’attention publique par quelques pièces de vers, entre autres une petite Epitre à mon habit, et devint bientôt le véritable créateur de l’opéra-comique. Il donna , au Théâtre-Italien : le Diable à quatre , 1756 ; le Jardinier et son Seigneur, 1761 ; le Roi et le Fermier, 1762; Rose et Colas, 1764; le Déserteur, 1769; Félix ou l’Enfant trouvé, 1777; Aucassin et Nicolette, 1780; Richard Cœur-de-Lion , 1?«84 ; le Faucon, 1792; à l’Académie royale de musique : Aline, reine de Golconde , 1766; Amphitryon, 1788; Guillaume Tell, 1791. La plupart de ces pièces, pleines de naturel, d’intérêt et d’esprit, et trèshabilement disposées pour la scène, furent mises en musique par Philidor, Monsigny, et Grétry. Sedaine fit jouer au Théâtre-Français le Philosophe sans le savoir, 1765, comédie en 5 actes en prose, son meilleur ouvrage, et la Gageure imprévue, en 1 acte en prose, 1768. 11 entra à l’Académie française en 1786. On a publié ses OEuvres choisies, avec une Notice par Auger, Paris, 1813, 3 vol. in-8°. B.
SÉCULIER (Clergé). V. Clergé.
SEDAN, s.-préf. (Ardennes), à 22 kil. E.-S. -E. de Mézières, sur la rive dr. de la Meuse; 13,441 hab. Place de guerre; arsenal. Tribunaux de lre instance et de commerce, bureau des douanes, succursale de la Banque de France, college, bibliothèque. Eglise calviniste. Cette ville est assez bien bâtie ; on y remarque Fane, château, où naquit Turenne, la caserne de cavalerie, l’hôpital militaire. Elle est importante par son industrie ; la fabrication des draps y fut apportée par N. Codeau en 1646, et , sous la protection de Colbert , acquit une prospérité qu’elle a conservée. Fabriques de draps noirs fins, casimirs , castorines , nouveautés , bonneterie ; filatures de laine, tanneries, teintureries. Hauts-fourneaux, affineries; comm. de fers, quincaillerie, armes de chasse, fer-blanc. — Sedan ne fut longtemps qu’un hameau ; en 1424 , Evrard III de la Mark l’acheta, et l’agrandit considérablement. On ne peut fixer l’époque où elle devint une principauté indépendante ; elle était déjà considérée comme telle, lorsque Henri-Robert de la Mark, 1555, embrassant la Réformation , en fit un des foyers du protestantisme ; ce prince la dota d’institutions libérales et d’un tribunal des Grands-Jours. A cette époque, la principauté de Sedan comprenait : Florenville, une partie de la seigneurie de Raucourt, Fleuranges, Jamets, et Bouillon. En 1591, elle passa, par mariage, de la maison de la Mark dans celle de La Tour-d’ Auvergne ; Frédéric-Maurice de La Tour-d’Auvergne, duc de Bouillon, frère de Turenne, s’étant jeté dans le parti de Gaston d’Orléans, acheta eu