‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 482 sur 864 · SÉNAT DE SUÈDE. V. SUEDE · texte numérisé non relu

SÉNAT DE SUÈDE. V. SUEDE

sénat de Pologne , corps de 128 grands du royaume, destiné à restreindre l’autorité royale. Il se composait des palatins ou waiwodes, gouverneurs de provinces, des eastellans de Cracovie, Wilna, etTroki, du staroste de fiamogitie, d’un certain nombre d’archevêques et d’évêques.

sénat vénitien. Ce fut, dans l’origine, un corps de 60 membres, créé, en 1172, et destiné à remplacer les Pregadi ou notables que le doge désignait jusqu’alors lui-même pour l’assister de leurs conseils. Les sénateurs, âgés de 40 ans au moins, nommés pour un an parmi les 470 membres du Grand-Conseil et par ces membres eux-mêmes, en étaient considérés comme les délégués. Le Grand- Conseil resta le dépositaire de la souveraineté, et le Sénat n’en fut qu’une émanation, pour ainsi dire, plus oligarchique. Lorsque la triple révolution aristocratique de 1296, 1298, 1315, eut fermé le Grand-Conseil et établi le Livre d'or, le Sénat acquit une importance plus marquée; il dirigea les affaires générales de l’Etat , sous la surveillance des deux conseils des Dix et des Trois. 11 pesa sur la Seigneurie ou pouvoir exécutif (le Doge et son conseil | par la nomination, directe d’abord, puis par la désignation au Grand- Conseil, qui les nomma ensuite, des six conseillers du Doge. Successivement accru, il compta de bonne heure près de 300 membres, qui y avaient accès à des titres divers; c’étaient: le Doge; les procurateurs de S*- Marc; les 9 conseillers du Doge (les 6 ci-dessus indiqués et les 3 présidents de la Quarantie); les Dix; les 3 avogadors en charge et leurs prédécesseurs immédiats ; les 2 censeurs en charge et leurs prédécesseurs immédiats; les 60 sénateurs proprement dits, élus par le Grand-Conseil; 60 sénateurs-adjoints, élus de même sur la désignation des sénateurs ; les 40 membres de la Quarantie; 13 magistrats sénatoriaux; 55 aspirants, élus parle Grand-Conseil , dont 25 seulement avec voix délibérative ; les 16 Sages (ministres), dont 6 seulement avec voix délibéra tiv» ; les ex-podestats de Vérone, Vicence, Bergame.

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Les ambassadeurs désignés ou de retour de leur mission y avaient entrée. L’assemblée ne pouvait délibérer qu’autant qu’il y avait 60 membres présents avec voix délibérative. Les délibérations portaient sur toutes les affaires politiques, la paix, la guerre, les traités, la police intérieure. Au bénat appartenait, sans responsabilité, l’administration des finances de l’Etat, le monnayage, les emprunts, la répartition des impôts, l’emploi des revenus publics ; mais il ne pouvait ni augmenter les tarifs, ni établir de nouveaux impôts sans recourir au Grand-Conseil. 11 désignait pour les places les plus importantes, nommait même à plusieurs, commandements militaires, ambassades, etc. — L’histoire du Sénat de Venise est celle de Venise elle-même, un seul trait excepté : sa nature, essentiellement oligarchique, le constituait en antagonisme avec les Sages grands et les Sages de terre-ferme (ministres de la Seigneurie ), et l’exposait lui-même aux attaques de la Quarantie judiciaire et du reste de la noblesse inférieure. Ces rivalités n’eurent aucun résultat funeste tant que dura l’importance de Venise ; mais au xvme siècle , elles préparèrent et hâtèrent la' ruine de l’Etat. Le Sénat, envahissant le pouvoir exécutif, obligea, par plusieurs décrets, les Sages à lire dans son sein, et sans la moindre suppression, toutes les dépêches arrivées au Collège (conseil du Doge); la Quarantie, mécontente de cette usurpation de fonctions, excita contre le Sénat le Grand -Conseil , déjà jaloux de cette assemblée où les membres se perpétuaient même par l’élection ; de là ce décret du Grand-Conseil , que •• riul ne pourrait être réélu au Sénat plus de trois fois de suite. » Ce fut le premier coup porté à l’oligarchie par « la plèbe de la noblesse >», coup bientôt suivi, 1773-1779, d’atteintes plus graves au pouvoir du conseil des Dix et des Inquisiteurs d'Etat. Du reste, le Sénat mourait avec Venise elle même, et sa politique tortueuse hâta, en 1797, la dissolution de cette république. Il disparut avec elle devant les armées françaises (mai 1797-janvier 1798). A. C.

SÉNATEUR, Senator, à Rome, membre du Sénat. Originairement, pour devenir sénateur, il fallait être patricien et âgé de 60 ans. Les plébéiens furent admis aussi à la sénatorerie l’an 445 de Rome, pourvu qu'ils eussent passé par une des magistratures données par les comices ( V. Sénateur pédaike). Depuis l’expulsion des rois, il y eut des sénateurs de grande race et d’autres de petite race ( majorum et minorum genlium ) : les 1ers étaient les descendants des sénateurs primitifs, appelés pères; les seconds, de simple race équestre, avaient été inscrits (conscripti j sur la liste du Sénat, par le consul Brutus, pour compléter son effectif, dont Tarquin avait négligé de remplir les vides. Ces derniers furent appelés, de leur origine, conscrits, et de là vient la coutume, en parlant au Sénat, de dire Pères conscrits , c. -à-dire Pères et conscrits. Ce fut alors que l’on abaissa l’âge sénatorial à 27 ans ; Sylla le fixa à 30 ans, et l’empereur Auguste le réduisit à 25. En abaissant l’âge sénatorial , on fixa un cens ou minimum de richesse pour être apte à devenir sénateur; c’était, vers le temps de la 2e guerre punique, 1 million d’as (54,340 fr.); 800,000 sesterces ( 160,000 fr.) vers la fin de la République; et 1,200,000 ( 323,000 fr. ) sous Auguste. Les sénateurs avaient le droit de chaise cnrule , la toge prétexte sur un laticlave ( V. ces mots} pour costume, et pour chaussures des bottines noires avec une lunule d’argent pendante sur le talon. Au théâtre, ail Cirque, dans les lieux publics, les places les plus honorables leur étaient réservées. C. D. — v.

sénateur pédaire , Senator pedarius, citoyen romain qui, après avoir occupé une magistrature curule, était devenu sénateur de droit, mais sans avoir voix délibérative tant que les Censeurs ne l’avaient pas inscrit sur la liste du Sénat : il pouvait assister aux séances et prendre part aux votes. Le nom de pédaire venait de ce qu’il n'était sénateur que par les pieds, c.-à-d. par le suffrage. (F. Sénat). C. D — y.

SÉNATORERIE , circonscription territoriale établie en France en 1803, et attribuée à des sénateurs choisis par le chef du gouvt. Elles produisaient un revenu de 20 à 25,000 fr. Un sénateur avait, dans sa sénatorerie, la préséance sur toutes les autorités locales.

SENATUS-CONSULTE , Senatus consultum, dans l’anc. Rome, ordonnance du Sénat sur une affaire publique ou particulière. Il était écrit, daté, relatait le nom de celui ou de ceux qui l’avaient proposé, les noms des sénateurs présents à la séance, et était souscrit des tribuns du peuple, qui devaient l’approuver. 11 fallait que les 2/3 du nombre total des sénateurs eussent assisté à sa discussion. Tous les sénatus-consultes étaient déposés dans un temple à Rome : ce fut d’abord le temple de Cérès, et, plus tard.

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celui de Saturne. — Sénatus- consulte français. V. Sénat CONSERVATEUR et SÉNAT FRANÇAIS. C. D — V.

SENAULT ! Jean François), prédicateur, né à Anvers en 1599 ou 1604, d’un secrétaire du roi de I' rance, m. en 1672, vint terminer ses études à Paris, entra dans la congrégation de l’Oratoire, et en devint supérieur-général en 1662. On a de lui : Panégyriques des saints, Paris, 1656-57-58, 3 vol. in-4°; Traité de l'usage des passions, 1641, in -4°, traduit en plusieurs langues; des Oraisons funèbres , entre autres celles de Marie de Médicis et de Louis XIII ; Paraphrase sur Job, Rouen, 9' édition, 1679; l'Homme criminel, ou la Corruption de l’homme par le péché , Paris, 1644, in-4° ; T Homme chrétien, ou la Réparation de la nature par la grâce, ibid., 1648, in-4°. B.

SENF.BIER (Jean), naturaliste et bibliographe, né à Genève en 1742, m. en 1809, fut pasteur dans sa ville natale en 1765, et bibliothécaire en 1773. On a de lui : Essai sur Tari d'observer et de fuire des expériences, Genève, 1775 et 1802, 3 vol. in-8°, ouvrage très-estimé ; Catalogue raisonné des mss. conservés dans la Bibliothèque de Genève, 1779, in-8®, qui est un modèle en son genre; Mémoires physicochimiques, sur l’influence de la lumière solaire pour modifier les êtres des trois règnes de la nature, et surtout ceux du règne végétal, 1782, 3 vol. in -8°; Recherches sur l’influence de la lumière solaire , pour changer l’air fixe en air pur par la végétation, 1783, in-8°; Recherches analytiques sur la nature de l’air inflammable, 1784, in-8® ; Histoire littéraire de Genève, 1786, 3 vol. in-8°; Physiologie végétale, 1800 , 5 vol. in-8° ; Rapport de l'air atmosphérique avec les êtres organisés, extrait en partie des manuscrits de Spallanzani, 1807, 3 vol. m-8°; Météorologie pratique, 1810, in-16; une foule de Mémoires ou d'opuscules insérés dans le Journal de physique, le Magasin encyclopédique, les recueils de l’Académie de Turin, de i Sociétés physiques de Lausanne et de Genève. Il a encore traduit les ouvrages de Spallauzani, et rédigé la Physiologie végétale dans l’ Encyclopédie méthodique. B.

SENECA, lac des Etats-Unis (New-York), communique, par un canal de son nom , avec les lacs Cayuga et Erié. 11 tire son nom de la peuplade des Senecas, répandue dans les Etats de l’Ohio et de New-York. Sur la rive O. est une ville de Seneca, qui a des fabr. de verre, et 7,000 hab.

SÉNECÉ ( Antoine Bauderon de ) , poète et littérateur, né à Mâcon en 1643, m. en 1737, fut d’abord destiné à la magistrature ; mais, obligé de quitter la France à la suite d’un duel, il alla en Savoie, puis en Espagne, et, de retour dans sa patrie, il acheta, en 1673, la charge de 1er valet-de-chambre de la reine Marie-Thérèse. Après la mort de cette princesse, 1683, il prit le même emploi auprès de Muie d’Angoulême jusqu’en 1713. C’était un homme d’un esprit agréable, d’un caractère enjoué, d’une gaieté douce et aimable. On a de lui : Nouvelles, en vers , 1695, in-12, parmi lesquelles il y en a de fort jolies; Salires, 1695, in-12, au nombre desquelles on distingue les Travaux d’ Apollon ; Epigrammes .dont on compte plus de 500, et assez médiocres , 1717, in-12, etc. Ses OEuvres diverses ont été publiées par Auger, 1805 et 1806 ; ses OEuvres choisies, dans la Collection des petits classiques français ; et ses OEuvres posthumes, par E. Chasles et P.-A. Cap, Paris, 1856, in-16.

SENECHAL (des mots germaniques senne, cabane, et tchalk, serviteur), officier qui n’était, dans l’origine, qu’un des domestiques de la maison du roi ou d’un grand seigneur en I" rance, et dont l’emploi consistait à placer les plats sur la table; de là son nom latin Dapifer ( V. ce mot ) ; ou bien, il administrait une métairie, et était un simple économe. On choisissait quelquefois, pour remplir cette charge, des hommes enchaînés dans les liens du servage. De bonne heure , le sénéchal prit une grande importance: sous les rois de la lre race, il arriva déjà à se placer au nombre des grands du royaume , et , dans les actes, on le voit nommé après le comte ou le maire du palais. Sous la 2e race , sa dignité devint la première : le grand-sénéchal continua de servir le roi à table, mais seulement dans les grandes cérémonies, comme le couronnement , et encore n’apportait-il alors que le premier plat, et remplissait souvent son office à cheval. De plus, il eut l’intendance de la maison du roi et des finances, porta la bannière royale en temps de guerre, commanda l’avant-garde dans les marches en avant et l’arrière-garde dans les retraites, assista le roi dans les plaids, souscrivit comme témoin et garant les chartes et les ordonnances, rendit la justice au nom du roi, etc. La charge de grandsénéchal de la couronne devint, au Xe siècle, héréditaire dans la maison des comtes d’Anjou; Philippe -Auguste l’ayant supprimée en 1191, ses attributions furent partagées dans la suite entre le connétable et le grand - maître

de la maison du roi. Le titre de sénéchal ne désigna plus que des officiers subalternes, rendant, comme les baillis, la justice au nom du roi et des seigneurs. Le pays compris dans le ressort de la juridiction d’un sénéchal s’appela sénéchaussée , terme qui prévalut dans le Midi , comme celui de bailliage dans le Nord. — En Angleterre, il y eut, comme en France, un grand - sénéchal ( Lord high stewart). Cette dignité, la première du royaume, fut abolie par Henri IV. Cependant on la rétablit momentanément, toutes les fois qu'il y a un couronnement de monarque, ou qu’il faut juger un Pair accusé de crime capital. B.

SÉNÉCHAUSSÉE , circonscription territoriale administrée par un sénéchal; — juridiction d’un sénéchal et tribunal où il siégeait.

SENECTAIRE. V. Nectaire (Saint-).

SENEF ou SENEFFE, v. de Belgique (Hainaut), à 20 kil. N.-O. de Charleroi ; 3,000 hab. Victoire de Condé sur le prince d’Orange, le 11 août 1674, et tfe Marceau sur les Autrichiens, le 2 . juillet 1794.

SENEFELDER (Aloys), né à Prague en 1771, d’un comédien, m. en 1834, étudia quelque temps le droit, s’engagea dans une troupe dramatique en 1791, et, se voyant assez mal accueilli du public, écrivit, avec aussi peu de succès, pour le théâtre. Réduit à se faire copiste, il imagina, pour graver économiquement la musique, d’employer la pierre an lieu du cuivre, 1793, et se trouva ainsi sur la voie de la découverte de la lithographie. Une association avec Gleisner, directeur de la musique de la courà Munich, 1796, lui permit d’appliquer en grand cet art nouveau, et d’aller le faire connaître dans les principales villes de l’Europe. Le roi de Bavière le nomma, en 1810, directeur de la lithographie royale à Munich. Seuefelder a publié : l’Art de la lithographie, Munich, 1819.

SÉNÉGAL, riv. de l’Afrique occidentale, naît , sous le nom de Bafing (fleuve noir), dans le Fouta-Djalo (Nigritie), à 80 kil. O. de la source de Niger, chez les Mandingues, par 11° 50' lat. N. et 13° 40’ long. O., porte ensuite les noms de Denguch, Mayo-Solle, Sena ou Sanaga, arrose le Djallonkadou , le Bambouk, le Fouta- Toro et l’Oualo, en passant par Fort-S1- Joseph, Bakel, Podor, Daghana et S1- Louis, sépare dans son cours inférieur le Sahara et la Sénégambie, forme un grand nombre d’iles, et se jette dans l’océan Atlantique par une vaste embouchure obstruée de bancs de sable , après avoir reçu le Kokoro et la Falémé. Cours de 1,800 kil., dont 1,200 navigables. Il est très-poissonneux, mais infesté de crocodiles. Ses rives, généralement basses, sont bordées d’immenses terrains d’alluvion, qui rendent les eaux stagnantes et le pays malsain. Il déborde de juillet à octobre, et roule des paillettes d’or. La marée le remonte jusqu’à près de 300 kil. — Quelques savants ont attribué la decouverte du Sénégal au navigateur marseillais Euthymème; on le rapporte aussi au Daradus des anciens; toutefois le portugais Don Fernandez n’y arriva qu’en 1446. B.

Sénégal (Gouvernement du), colonie française en Afrique occidentale, arrosée parle Sénégal, qui lui donne son nom. Elle est divisée en 7 arrond. ; Sl-Louis, Richard- Toll, l)i igana, Podor, Bakel, Gorée, et Sedhiou. Le 1er comprend Sl-Louis et ses faubourgs; le 2e, le Oualo; le 3e, les vges français et indigènes de la banlieue de Dagana; le 4e, Podor, le Toro, et le poste de Saldé; le 5e, Bakel, Médine, Sénoudébou, Matam, l’E. du Guoy et le Daniga; le 6e, Gorée, la presqu’île du Cap-Vert, Dakar, ltufisque, Portudal et nos postes dans le Saloum; le 7e, nos possessions dans la Cazainance , et au S. les comptoirs d’Assiuie, Gabon, Grand-Bassam, sur le golfe de Guinée ; de Garroway, entre le Sénégal et le golfe de Guinée. Population, 159,598 habitants en 1865. Climat très-chaud: il y a presque toujours 28° centigrades, et quelquefois 40. Les établissements du Sénégal ne sont importants que pour le commerce delà gomme ( 2 millions et demi de kilog. par an I , de la poudre d’or, de la cire, des dents d’éléphant, et pour le commerce des arachides ( 4 millions et demi de kilog. en 1855). Les échanges du Sénégal avec la France représentent 40 millions de francs. S1- Louis est la résidence du gouverneur, le siège d’une Cour impériale et d’un préfet apostolique. Une banque d’escompte et de prêt y a été fondée en 1853. V. Carrère et Ilolme, de la Sénégambie française, Paris, 1856, in-8°. B.

SENÉGAMBIE, contrée de l’Afrique occidentale, bornée au N. par le Sahara, à l’O. par l’océan Atlantique, au S. par la Guinée, et à l’E. par le Soudan ; entre 10®-18" lat. N., et 7®-20® long. O.; 1,100 kil. sur 650 ; 12,000,000 hab. Elle tire son nom du Sénégal et de la Gambie, qui l’arrosent. On l’appelle quelquefois Nigrilie occidentale. Elle

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