‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 483 sur 864 · S EN · texte numérisé non relu

S EN

comprend un certain nombre de petits royaumes nègres : l°les Etuis Peuhls, dits aussi des Foulahs ou Fellatahs (Fouta- Toro, Fouta-Djalo, Foutadou, Kassou, Bondou) ; 2° les Etats Manilingues (Bamboulc, Kabou, Uulli, Kaarta, etc.); 3° les Etals Ghiolofs ( Kaïor, Oualo, Saloum, etc. ) ; 4° le royaume de Galam. On y trouve aussi les établissements français du Sénégal ( V. ce mot), les comptoirs anglais de la Gambie (Bathurst, etc.). Les côtes de la Sénégambie, presque partout basses, sont exposées aux chaleurs les plus ai'dentes de la zoue torride ; le commencement des pluies en mars, et les brouillards en août, y engendrent des ■fièvres pernicieuses pour les Européens. Le vent du harmattan , qui souffle en décembre, assainit le climat et dessèche la terre. — La côte de la Sénégambie fut visitée, dit-on, dès le xive siècle par des marchands de Dieppe et de Rouen. B.

SENÈQUE le Rhéteur ( Marcus- Annæus Seneca), rhéteur latin, né à Cordoue, vers 58 av. J.-C., d’une famille mélangée de sang romain et de sang étranger, m. en 32 ap. J.-C., vint à Rome à 15 ans, et y professa la rhétorique. On vantait sa prodigieuse mémoire; il retenait, dit-on, jusqu’à 2,000 noms de suite, prononcés une seule fois devant lui. Nous avons de lui deux recueils d’exercices d’école ou Déclamations, Suasoriarum liber unus, et Conlroversiarum libri x, dont on n’a que les 1ers, 2e, 7e, 9e et 10e livres, et des fragments des autres. Les préfaces qui les précèdent donnent une multitude de faits littéraires curieux; quant aux Déclamations, souvent bizarres pour les sujets, et affectées pour le style, elles nous font connaître les mœurs du temps, par les détails qu’elles renferment sur les pirates, les gladiateurs, les entrepreneurs de mendicité, etc. Ces ouvrages sont généralement imprimés à la suite de Sénèque le philosophe. Les Controverses ont été traduites en français par Lesfargues, Paris, 1639, in-4®, et 1663, 2 vol. in-18. D — R.

sexèque le Philosophe (L.-Annæus Seneca), écrivain latin, fils du précédent, né à Cordoue, l’an de Rome 754 ou 755, et 3 ou 4 ap. J.-C., vint très-jeune à Rome avec son père, et s’adonna à la philosophie et à l’éloquence. Il débuta au barreau avec un tel éclat, que Caligula en fut jaloux, et voulut le faire mourir. Alors Sénèque se voua à la philosophie stoïcienne. Cependant il courut plus tard la carrière des honneurs , et arriva à la questure. Sous Claude, Messaline l’accusa d’adultère avec Julie, fille de Germanicus et nièce de l’empereur; il fut exilé en Corse, 41, et y resta 8 ans , malgré de honteuses prières adressées à l’affranchi Polybe, ministre deClaude ( Consolalio ad Polybium ). Agrippine, devenue la femme de Claude, rappela Sénèque, alors âgé de 48 ans, le fit nommer préteur, et le chargea de l’éducation de Néron. Peu secondé par les dispositions de son élève, et combattu par Agrippiue, il ne put l’empêcher de devenir un monstre. C’est par l’empoisonnement de Britannicus que Néron, quelque temps contenu, commença d’échapper à ses maîtres; le meurtre d’Agrippine acheva de ruiner leur influence , et Sénèque fut contraint de composer la lettre dans laquelle Néron se justifiait auprès du sénat en accusant sa mère ; mais cette coupable faiblesse n’autorise pas à dire que toute sa vie n’a été que mensonge et hypocrisie. Tacite lui-même, qui l’attaque, s’applaudit de son influence, et se plaint qu’après la mort de Burrhus, le parti du bien fût affaibli par la perte d’un de ses chefs. « En effet, les favoris de Néron dirigèrent tous leurs coups contre Sénèque, qui voulut en vain se retirer de la cour, et remettre au prince ses immenses richesses. Néron le retint par de menteuses caresses, et bientôt, quand le meurtre d’Octavie l’eut délivré de tout son passé, il fit comprendre Sénèque dans la conjuration de Pison, et lui envoya l’ordre de mourir. Le philosophe se fit ouvrir les veines, et expira, après avoir dicté à ses secrétaires un pompeux discours. — Sénèque, au milieu de sa vie de cour, ne cessa jamais de cultiver les lettres ; ■< c’était, dit Quiutilien, un génie abondant, facile, et orné d’une instruction très -variée. » Les ouvrages de Sénèque sont presque tous des traités de philosophie pratique, qui ont surtout pour but la morale, fine partie est perdue, mais nous avons encore : de la Colère; Consolation à Ilelvia ; — à Mar cia ; — à Polybe; de la Clémence; des Bienfaits; de la Tranquillité dame; de la Brièveté de la vie; de la Vie heureuse; de la Constance du sage ; de la Providence , ou Pourquoi les bons sont souvent si malheureux; enfin 124 Lettres à Lucilius, le plus important de ses ouvrages, et remarquable par la connaissance du cœur humain, par une foule d’idées pratiques, qui prouvent qu’il avait étudié les besoins moraux de son temps ; il a des paroles généreuses en faveur des esclaves et des gladiateurs, des idées de fraternité universelle, qui le

rapprochent du christianisme ; aussi a-t-on prétendu qu’il avait été en correspondance avec S1 Paul, et qu’il était chrétien en secret ; mais aucun des deux faits n’est démontré. Les doctrines de Sénèque sont très - sévères , et le philosophe va jusqu’à relever certains vices qui sont précisément les siens. Quintilien a critiqué les antithèses, la recherche du trait, les jeux de mots, qui rendent la lecture de Sénèque fatigante. Outre les ouvrages nommés plus haut, nous avons encore de Sénèque une satire assez piquante, en prose et en vers, V Apokoluquintosis , ou Métamorphose de Claude en citrouille ; 7 liv. de Questions naturelles; et dix tragédies, Médée, Hippolyle, les Troyennes, Agamemn on, OEdipe, Thyeste, Hercule furieux, Hercule sur l’OEta, la Thébaïde, Oclavie. Plusieurs philologues ont voulu les attribuer à un autre Sénèque; mais les rapports frappants de pensées et de style, et le caractère même de ces pièces, qui ne sont que des déclamations stoïciennes, faites pour la lecture et non pour la scène, suffisent pour les assigner, au moins en partie, au philosophe, qui, suivant Tacite et Quintilien, avait composé beaucoup de vers. Parmi les ouvrages perdus de Sénèque, on cite les traités : de la Superstition, du Mariage, de la Forme du monde, des Devoirs; des ouvrages sur la Situation de l'Inde, sur l'Egypte et la religion des Egyptiens, etc. Aucun auteur n’a été plus souvent cité, admiré et critiqué que Sénèque; il plaît à Montaigne, il excite l’enthousiasme déraisonnable de Diderot; mais il est jugé avec injustice par Dion Cassius et par La Harpe. Les principales éditions de Sénèque sont celles d’Erasme, Bâle, 1515 et 1529, in-fol.; de Muret, 1593 ; de J. Gruter, 1594; de Juste-Lipse, Anvers, 1605 ; de Gronovius, Leyde, 1649; Cum notis Variorum, Arnst., 1672; des Deux-Ponts, 1782; de Ruhkopf, Leipzig, 1797-1812, 5 vol. in-8° ; de

M. Bouillet, dans la Bibliothèque latine de Lemaire, 1827- 32, 5 vol. in-8® ; de Fickert, Leipzig, 1842-47, 6 vol. in-8®. Les principales traductions françaises sont celles de : Lagrange, Paris, 1778, 6 vol. in - 12, avec notes de Naigeon (ouvrages en prose seulement) ; 1819, nouvelle édition, 14 vol. in -12, avec la Vie de Sénèque par Diderot; de la Bibliothèque latine-française de Panckoucke ( y compris les tragédies), par Ch. Durozoir et divers professeurs, avec les fragments, traduits pour la lre fois, 1834, 11 vol. in-8° ; de la Bibliothèque latine avec traduction française, publiée sous la direction de M. D. Nisard , par divers auteurs ( avec les tragédies ), 2 vol. gr. in-8®. Des éditions particulières des tragédies ont été données par Ascensius, Paris , 1514; Delrio , Anvers, 1576 et 1593; Gronovius, Leyde, 1661; Schrœder, Delft, 1728; Bothe, Leipzig, 1819, 3 vol. in-8°; Pierrot, dans la Bibliothèque latine de Lemaire, Paris, 1829-32, 3 vol. in-8°. Ces tragédies ont été traduites en français par Coupé, 1795; par Levée, 1822, 3 vol. in-8° ; par Greslou, dans la Bibliothèque latinefrançaise de Panckoucke , 3 vol. in-8°. V. Diderot, Essai sur la vie de Sénèque; Vernier, Abrégé analytique de la vie et des œuvres de Sénèque, Paris, 1812, 1 vol. in-8°; Rosmini, Vie de Sénèque, en italien ; Reinhardt, De L.-A. Senecœ vitd atque scriplis , Icna , 1817, m-8® ; Brink, De L.-A. Senecd ejusque in philosophiam merilis, Groningue, 1829, in- 8°; A. Fleury, St Paul et Sénèque, ou Recherches sur les rapports du philosophe avec l'apôtre, Paris, 1853, 2 vol. in 8°. D — R.

SENEZ, Civitas Saniciensium, ch.-l. de cant. (Basses- Alpes), arr. et à 19 kil. N.-E. de Castellane, au milieu (lo montagnes arides ; 435 liab. Autrefois siège d’évêché , érigé en 450.

SENFEL ( I.ouis) , compositeur de musique, né à Bâle en 1492 , m. vers 1557 , fut attaché à la chapelle de l'empereur Maximilien I«r. Les rares compositions qu’on a de lui le placent parmi les musiciens les plus remarquables du xvie siècle.

SLNJA, nom ancien de Zengh-Szeny.

SENIO, Sinnius, riv. du roy. d’Italie, naît dans l’Apennin, et se jette dans le Pô, rive dr., à 16 kil. de Ravennej cours de 100 kil.

SEN JE N , île de l’océan Atlantique , sur la côte N.- O. de Norvège, dont le Gry-fjord la sépare ; par 69® 20’ lat.

N. et 15» 20’ long. E. ; 70 kil. sur 45. Sol montagneux.

SENKENBERG ( Henri - Christian , baron de), très-

savant, jurisconsulte, né en 1704 à Francfort-sur-le-Mein, m. en 1768 , professa le droit à Gœttingue et à Giessen, fut conseiller de l’électeur de Hanovre, jurisconsulte du margrave de Brandebourg-Anspach et du prince de Nassau-Orange, et, en 1745, conseiller aulique de l’empereur. On a de lui : Selecta juris et historiarum anecdota, Francfort, 1734-42. 6 vol. in -8°; Corpus juris Germanici publiai ac privati ineditum , ibicl., 1760 et 1766, 2 vol. in-fol.; Corpus juris feudalis Germanici, Giessen, 1740, et Halle, 1742, in-8°; Traité de la juridiction suprême de l'empereur en Aile-

SEN

magne , Francfort, 1760, in-4°, etc. — Son frère, Jean- Christian, né en 1707, m. en 1772, fonda à Francfortsur-le-Mein, où il était médecin, un très-bel hôpital qui porte encore son nom; et son fils, René-Charles, m. en 1799, trouva, en 1777, une copie authentique de la renonciation faite en 1129 par Albert d’Autriche au duché bavarois de Straubingen , et déconcerta ainsi les vues de l’Autriche sur la succession de Bavière.

SENLIS , Augustomayus , Civitas Sylvaneclensium , s.-préf. (Oise) , à 52 kil. S.-E. de Beauvais, sur la Nonette et près des bois de Senlis , de Chantilly et d’Ermenonville ; 5,198 hab. Tribunal de l" instance , bibliothèque. On remarque les ruines du château bâti par Louis IX, l’hospice, les restes des fortifications , et la cathédrale , dont la flèche surtout est digne d’attention. Carrières de pierre, sables pour les glaces; filatures, lavoirs de laines , tanneries. Fabr. de toiles et de dentelles. Comm. de grains, farines, bois de charpente. — Cette ville, capitale des Sylvanectes, petit peuple Gaulois , fut fortifiée par les Romains , et comprise alors dans la 2e Belgique ; elle devint , sous les deux premières races, une résidenee royale, obtint, en 1173 , une charte de commune, confirmée en 1201. Comprise dans le Valois, elle dépendait cependant du gouvernement de l’Ile-de-France. Elle tomba au pouvoir du duc de Bourgogne en 1414 ; Charles VII la reprit en 1429 ; les Ligueurs y entrèrent en 1589, en furent chassés, et tentèrent vainement d’y revenir. Deux traités furent conclus à Senlis : l’un, en 1473 , entre Louis XI et le duc de Bretagne; l’autre, en 1493 , par lequel Charles VIII restituait à Maximilien d’Autriche la Franche-Comté et l’Artois. Senlis est la patrie de Simon Goulart et de Baumé.

SENN (EL-), v. de la Turquie d’Asie. V. El-Senn.

SENNA , v. d’ Afrique. V. Sena.

SENNAAR ou SINHAR, nom donné, dans la Bible, à la plaine où séjournèrent les hommes depuis le déluge jusqu’à la construction de la tour de Babel. On croit que c’est la Babylonie.

sennaar, v. de la Nubie, capitale de l’ancien royaume de Sennaar, sur la rive g. du Balir-el-Azrek , par 13» 36’ lat. N. et 31° 24’ long. E. ; 12,000 hab. Quelques marchands d’esclaves y possèdent des maisons en terre ; les autres habitants n’ont que des cabanes de paille. Il y a cependant de belles mosquées en briques, avec des croisées en bronze venant de l’Hindoustan. — L’ancien royaume de Sennaar était situé à l’E. du Kordofan et à l’O. de l’Abyssinie, entre le Bahr-el-Azrek et le Bahr-el-Abiad ; 1,500,000 hab. Comme le reste de la Nubie, il forme, depuis 1822, une dépendance politique de l’Egypte, et doit, comme ce pays, sa fertilité aux inondations du Nil. On y récolte le blé, le millet, le sorgho , le riz, l’indigo. On y rencontre le lion , le crocodile, et l’hippopotame. Commerce d’ivoire, gomme , parfums , baumes , encens , plumes d'autruche , plantes médicinales, esclaves, etc. Au xvmc siècle, les rois du Sennaar étendaient leur domination sur la plus grande partie de la Nubie et même sur le Kordofan.

SENNACHÉRIB, appelé Sargon dans le livre d’Isaïe, roi d’Assyrie, 712-707 av. J.-C., succéda à son père Salmanasar, éprouva des revers en Egypte ( V. Sétiios) , assiégea le pieux Ezéchias , roi de Juda , dans Jérusalem , 707, et perdit devant cette place 185,000 hommes , tués en une nuit par un ange exterminateur. Pour se venger, il fit périr chaque jour plusieurs Israélites captifs à Ninive , défendit qu’on leur rendit les honneurs de la sépulture, et persécuta Tobie, qui avait eu le courage d’enfreindre cette défense. Deux de ses fils l’assassinèrent, et s’enfuirent en Arménie ; un 3e, Assar-Haddon, le remplaça. Sennachérib a bâti le palais de Koyoundjek, découvert en 1851 par M. Layard.

SENNE, riv. de Belgique, naît au S.-E. de Soignies (Hainaut) , passe à Bruxelles , et se jette dans la Dyle, rive dr. , près de Malines ; cours de 100 kil.

SENNECEY, ch.-l. de canton (Saône-et-Loire) , arr. et à 18 kil. S. de Chalon-sur-Saône; 1,213 hab. Comm. de grains et de vins. Ruines d’un anc. château.

SENNÈH , v. de la Perse (Kourdistan) , à 160 kil. N. de Kirmanchah; 15,000 hab. Résidence d’un bey.

SENNERT (André), orientaliste, né à Wittemherg en 1606 , m. en 1689 , professeur pendant plus de 50 ans à l’Académie de sa ville natale, a laissé : Chaldaïsmus et Syriasmus , hoc est præcepta utriusque linguœ, cum compendio lexici , Wittemberg , 1651 et 1666 , in-4°; De Cabbalâ, maxime Hebrœorwtn , 1655, in-4°; Arabismus , sive præcepta arabicæ linguœ , 1658 et 1666, in 4°; Centuria proverbiorum arabicorum, 1658, in-4°; Schediasma de linguis orientalibus, 1681, in-4°, etc.

SENNF.TÉRRE. V. Nectaire (saint-).

SENQGALLIA. V. Sena Galuca.

SÉP

SÊNONAIS (Le), petit pays de l’anc. France (Champagne), entre l’Ile-de-France, l’Orléanais, le Nivernais et la Bourgogne; capitale Sens ; v. princip. : Joigny, Montereau, Tonnerre, .N-Florentin , Villeneuve-le-lloi , Villcneuve-1’ Archevêque, Chablis, Nogent-sur-Seine. Il estauj. partagé entre les départements de l’Yonne et de l’Aube.

SENONAIS (Gaulois). V. SENONS.

SENONCHES, ch.-l. de canton (Eure-et-Loir), arr. et à 36 kil. S.- O. de Dreux, près d’une forêt de son nom et de la source de la Biaise ; 1,248 hab. Fabr. de chaux hydraulique naturelle ; comm. de bois et de charbon.

SENONES, ch.-l. de canton (Vosges) , arr. et à 25 kil. N. de Sl-Dié ; 2,246 hab. Petite ville , autrefois capitale de la principauté de Salm. Elle avait une célèbre abbaye de Bénédictins, fondée en 661. Filatures de coton.

SÉNONS ou SÊNONAIS, Senones, peuple gaulois de la Celtique , bornés au N. par les Parisii , avec lesquels ils étaient étroitement alliés au temps de César, à l’O. par les Camutes, au S. par les Eduens, à l’E. par les Lingons, furent ensuite rangés dans la 4e Lyonnaise; v. princip. : Agendicum ou Senones, leur capitale (Sens); Condate (Montereau); Vellaunodunum (Beaune) ; Melodunum (Melun); Ariaca ( Arcis-sur-Aube ) ; Corabilium (Corbeil), Aulissiodurum (Auxerre). Ils occupaient ainsi en totalité ou en partie les départements de l’Yonne, de Seine-et-Marne , de la Côte-d’Or, et de la Marne. — Une fraction de ce peuple avait envahi l’Italie vers 400 av. J.- C. , occupé la côte de l’Adriatique entre Ancône et Ravenne, fondé Sena Gallica (Sinignglia), battu les Romains à l’ Allia en 390, et pris Rome. Alliés des Etrusques et des Samnites, ces Sénons furent à leur tour vaincus en 283 par le consul Dolabella, la rançon de Rome reportée au Capitole , et les restes de la nation se mêlèrent aux Boïens , dont ils partagèrent les vicissitudes. C. P.

SENS, Agicdincum , Senones, s.-préf. (Yonne), à 75 kil. N.-N.-O. d’Auxerre, sur le chemin de fer de Paris à Lyon et la rive droite de l’Yonne; 10,322 liai). Archevêché; tribunaux de lre instance et de commerce, lycée, bibliothèque. Dans la ville , on remarque les ruines des Arènes, d’une naumacliie dite Bellenaue, d’un aqueduc de Saint - Philibert , une magnifique cathédrale de Saint- Etienne, du xme siècle, et qui renferme le tombeau du Dauphin, fils de Louis XV, par Coustou, et celui du chancelier Duprat; enfin l’église Saint-Savinien, la chapelle de l’Hôtel -Dieu, le pont sur l’Yonne, et de très- belles promenades. Des fouilles ont fait trouver de nombreuses antiquités (médailles, mosaïques, etc.). L'archevêque de Sens prenait le titre de Primat des Gaules et de Germanie ; l’évêque de Paris fut, jusqu’au xvne siècle, parmi ses suffragants. Il se tint dans cette ville plusieurs conciles, entre autres celui où S1 Bernard fit condamner Abélard, 1140. Comm. de grains, vins, chanvre, laine, bois, charbons, merrain, feuillettes, etc. Filât, de coton; tanneries, distilleries, fabr. de boutons, agrafes et boucles d’acier. — Sens, capitale des Sénonais, conquise par César, devint la capitale de la 4e Lyonnaise. Clovis s’en empara vers 486. Depuis le IXe siècle, elle fut gouvernée par des comtes, qui devinrent héréditaires au xe. Une commune y fut établie par Louis VII, puis supprimée, et rétablie par Philippe-Auguste. Sens entra avec ardeur dans la Ligue, résista à Henri IV en 1590, et ne se soumit qu’en 1594. En 1814, elle soutint un siège de 15 jours contre les alliés.

SENSÉE, riv. de France, naît près de Bapaume (Pasde-Calais), passe près d’Arleux, et tombe dans l’Escaut à Bouchain ; cours de 50 kil. — Le canal de la Sensée, entre Àrleux et Douai, unit l’Escaut à la Scarpe ; il a 24 kil. de longueur, fut commencé par Vauban en 1690, et achevé en 1820.

SENTIENS, Sentii, peuple de la Gaule ( Alpes Maritimes) ; v. princip. Sanitium (Sehez) ; Dinia (Digne).

SENTINUM, v. de l’Italie ancienne (Ombrie); les Ombriens, les Samnites et les Etrusques y furent défaits, en 295 av. J.-C., par les Romains, que commandait Fabius Rullianus, et pour lesquels le second Décius se dévoua aux dieux infernaux.

SENUS, nom anc. du Shannon.

SEOGOUN. V. Koubo.

SÉPARATION DE CORPS, acte judiciaii-e qui pouvait tenir lieu du Divorce , avec cet avantage : 1° que le consentement des parties suffisait pour le faire cesser, et rétablir tous les effets légaux du mariage, tandis que le Divorce était immuable; 2° qu’ après une durée de 3 ans, l’époux originairement défendeur pouvait obtenir le divorce, si le demandeur originaire ne consentait pas immédiatement à faire cesser la séparation. Depuis l’abolition du Divorce , il ne peut plus y. avoir que séparation de

SEP

SEP

corps. Cette séparation emporte toujours celle de biens.

SÉPARATISTES, nom donné : 1° en Angleterre, à ceux Qui se séparèrent de l’Eglise anglicane sous Edouard VI et Elisabeth, et qui reconnaissaient pour chef Robert Brown ; 2° en Allemagne, aux Piétistes , disciples de Spener.

SEPHATA, plaine de Palestine, près de Mareza; Aza, roi de Juda, y vainquit Zara, roi des Ethiopiens.

SEPllÉLA, passage difficile de la Palestine, entre Jamnia et Joppé. Judas Macchabée y bâtit une forteresse.

SÉPHORA. V. Moïse.

SÉPHORIS ou SEPPHORIS, v. de Palestine, anc. capitale de la Galilée, entre Nazareth et Cana. Patrie de Joachim et d’Anne, père et mère de la S,e Vierge ; on voit encore les ruines d’une église qui lour était jadis consacrée. Hérode Antipas donna à cette ville le nom de Diocésarée. En 353, les Romains, contre qui elle s’était révoltée, la saccagèrent. Relevée au temps des Croisades, elle fut encore renversée par Saladin après la bataille de Tibériade. C’est auj. le vge de Safouri ou Sefouri , qui a 600 hab.

SEPINO, Sepinus, Sepinum , v. du royaume d’Italie, province et à 10 kil. S. de Campobasso; 6,180 hab. Jadis siéae d’évêché.

SEPPHORIS. V. Sephoris.

SEP TA ou SEPTUM, v. de la Mauritanie Tingitane; auj. Ceuia.

septa, espèces de parcs, en barrières de charpente, dans lesquels , aux comices de l’ancienne Rome, on faisait ranger séparément les tribus ou les centuries, au moment de voter. A la fin du viie siècle de Rome, on remplaça ces parcs par un superbe et vaste portique en maçonnerie, ou le peuple était rangé et abrité. Lépide commença ce monument, qui était dans le Champ-de-Mars, près de la 'i*la Publica; Agrippa le termina, pendant le principat d Auguste, et lui donna le nom de Septa Julia. Plus tard, Agrippa fit encore éWer dans le voisinage, et pour servir de supplément, d’autres portiques semblables, qu’il appela Septa Arjrippiana. Il y avait encore dans le Champ-de- Mars, des Septa Trigaria , sorte d’enclos où l’on dressait des chevaux pour les courses du Cirque. C. D — y. SEPTAL1US. V. Settala.

SEP l-ANS ( Guerres de), nom commun à deux guerres du xvme siècle, et tiré de leur durée:

sept-ans (lre Guerre de). V. succession d’ Autriche ( Guerre de).

sept-ans (2e Guerre de), 1756-1763, grande guerre européenne^qui mit aux prises, d’une part, tous les grands Etats de l’Europe, de l’autre, l’Angleterre et la France. Continentale et maritime à la fois, elle eut deux causes principales : 1° en Allemagne, l’antagonisme de l’Autriche, impatiente de reprendre la Silésie perdue dans la guerre précédente , et de la Prusse , devenue , par cette même guerre, puissance de premier ordre ; 2° sur l’Océan, et sous prétexte d’une question de limites entre l’Acadie anglaise et le Canada français, le désir de l’Angleterre de détruire l’empire colonial de la France. La France aurait pu le sauver, en consacrant toutes ses forces à le défendre; elle paya cher la faute d’avoir voulu soutenir la maison d’Autriche, son ancienne ennemie, contre la Prusse, son alliée récente et naturelle, sans autre motif d’intervenir en Allemagne que la vanité de Mme de Pompadour ( V ■ ce nom). La guerre de Sept-Ans se divise en deux grandes parties: 1° la Guerre continentale , soutenue par Frédéric II, avec l’appui de l’Angleterre (traité de Westminster, 1756), de la Hesse et du Brunswick, contre Marie- Thérèse et la coalition (traité de Versailles, 1er mai 1756) formée par celle-ci, dans son intérêt propre, avec la France, la Russie, la Saxe et la Pologne, et la Suède; 2° la Guerre maritime, soutenue contre l’Angleterre par la France, seule d’abord, puis appuyée par toutes les branches de la maison de Bourbon.

I. La Guerre continentale contient 5 phases distinctes : 1» 1756-57, premiers succès de Frédéric. Il prévient tous ses ennemis, enlève Leipzig et Dresde (août 1756 ) à l’électeur de Saxe, le bloque dans Pirna , bat Brown et les Impériaux à Lowositz, les Saxons à Pirna, et écrase les Autrichiens de Brown et de Charles de Lorraine devant Prague, qu’il investit. — 2° 1757, premiers revers de Frédéric. Affaibli à l’O. par les échecs des Anglo-Hanovriens, ses alliés, dans le Hanovre, où les généraux français d’Estrées (victoire d’Hastenbeck ) et Richelieu (capitulation de Closter- Seven ) obligeaientleducde Cumberland âposerles armes, il a perdu lui -même contre Daun la bataille de Kolin, est chassé de la Bohême par le prince Charles, voit son 2e corps d’armée détruit à Landshut, au moment même où le Russe Apraxiu prend Memel et bat le Prussien Lehwald à Jæ-

gerndorf; en même temps, l’Autrichien Haddick prend et rançonne Berlin, Richelieu menace Magdebourg, et Soubise la Saxe avec l’armée des cercles. Le roi de Prusse semble perdu, il songe un instant au suicide, mais est sauvé par sa force d’àme et un concours de circonstances imprévues, telles que la retraite d’Apraxin en Courlande et le mauvais état des armées de Soubise et de Richelieu, d’ailleurs demeurés inactifs. — 3° 1757-58, deuxièmes succès de Frédéric. Victorieux de Soubise à Rosbach, il répare avec une merveilleuse activité les échecs simultanés de ses lieutenants Winterfeld ( battu et tué à Gorlitz) et le duc de Bevern (perte de Sehweidnitz et JeBreslau). 11 chasse les Autrichiens de la Saxe , vole en Silésie, bat Daun et le prince Charles à Lisia ou Leuthen , et rentre dans Breslau. En même temps, Pitt arrivait au ministère et lui envoyait de nouvelles troupes, avec lesquelles Ferdinand de Brunswick battait le comte de Clermont à Mimlen, puis à Crevelt , et tenait tête ensuite à Broglie et à Soubise, rétablis sur le Haut-Wéser par les victoires de Sundershausen et de Lutternberg. Maître de Sehweidnitz et de la Silésie, Frédéric n’a renoncé à la double invasion delà Moravie (siège d’Olmutz) et de la Bohème que pour sauver sa capitale menacée par le Russe Fermer, déjà maître de Ivœnigsberg et de Custrin : la victoire de Frédéric à Zorndorf rejette les Russes sur les frontières de Pologne. Mais les efforts redoublés de ses ennemis et l’avénement de Choiseul au ministère français amènent pour le roi de Prusse une nouvelle suite de revers. — 4° 1758-1762, alternatives de revers et de succès. Daun presse le prince Henri en Saxe, et y bat, à Ilohenkirchen, 1758, Frédéric accouru au secours de son frère ; mais le roi de Prusse conserve la Saxe , et ne se retire à Breslau en quartiers d’hiver qu’après avoir parcouru 560 lieues depuis huit mois et <* fait la navette avec son armée. •> En 1759, réapparition des Russes : Soltikoff bat le Prussien Wedel à Zulliohau et à Pulzig, donne la main aux Autrichiens de Laudon , sur l’Oder, et avec eux bat Frédéric à Kunersdorf, mais pour se retirer très-afîaibli en Pologne ; Daun n’en reprit pas moins Dresde au comte de Schmettau ; plusieurs corps prussiens mirent également bas les armes en Bohême, à Pirna et près de Meissen, et Broglie avait battu, 1757, à Bergen, le prince de Brunswick ; désastres à peine compensés par la revanche que prend Brunswick sur Broglie et Contades à Minden, 1759. Mêmes alternatives en 1760, après de vaines tentatives de Frédéric pour obtenir la paix : Laudon bat à Landshuf 10,000 Prussiens, prend Glatz, et menace Breslau sauvé par le prince Henri; Daun fait lever à Frédéric le siège de Dresde, et le rejette en Silésie ; une division russe s’unit aux Autrichiens de Lascy pour prendre et piller Berlin ; mais , réduit à une guerre de partisan , manœuvrant entre trois armées autrichiennes et une armée russe, Frédéric écrase Laudon à Liegnitz , délivre sa capitale , et bat Daun à Torgau, où il est blessé, ainsi que son adversaire ; pendant ce temps, si Broglie a battu le prince de Brunswick à Corbach, il a reculé lui-même à Rhiuberg ; et si le dévouement de d’Assas a assuré au maréchal de Castries la victoire de Clostercamp, Broglie et Soubise sont battus l’anrice suivante, 1761, à Willingshausen, et le vieux maréchal d’Estrées chassé de la Hesse en 1762. Frédéric, de son côté , moins heureux dans sa dernière campagne , a été obligé de se tenir sur la défensive, sans pouvoir empêcher la jonction , tant de fois retardée , des Russes et des Autrichiens , qui le tiennent deux mois assiégé dans son camp de Bunzelwitz; Laudon lui a repris Sehweidnitz et les Russes Colberg, 1761 ; mais ses lieutenants ont repoussé les Suédois. — 5° 1762-1763, fin de la guerre. Heureusement, Elisabeth de Russie, implacable ennemie de Frédéric, meurt (janvier 1762). Son successeur, Pierre III, envoie des secours au roi de Prusse qu’il admire, et si sa mort violente en prive Frédéric, Catherine 11 maintient la neutralité. La Suède se retire en même temps de la lutte, où, même en jouant un rôle secondaire, elle créait à la Prusse un danger de plus. Libre également du côté de l’O., grâce à Brunswick, Frédéric reprend définitivement Sehweidnitz malgré Daun, battu à Burkesdorf; son frère Henri remporte en Saxe la victoire décisive de Freyberg sur l’armée des Autrichiens et des cercles. La guerre est terminée par le traité d’Hubertsbourg ( 15 février 1763) : la Silésie fut laissée à Frédéric, qui promit sa voix à Joseph (II ) pour le titre de Roi des Romains, et la Saxe fut remise à l’électeur. Si la Prusse, épuisée à l'intérieur, n’avait rien ajouté à ses Etats, elle avait consacré son importance dans l’équilibre européen , confirmé sa grandeur continentale, pris le 1er rang sur le continent; la France, au contraire, avec des troupes mal eomrnau

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dées, avait perdu ses avantages sur les champs de bataille, son influence en Europe ; l’Autriche avait continué d’en diriger les affaires par son habile diplomatie, pendant que la circonspection de ses généraux avait su rendre la guerre désastreuse à ses adversaires ; la Russie s était immiscée complètement dans les affaires de l’Europe.

II. La Guerre maritime ou coloniale commença sourdement en Amérique, dès 1751, entre les colons français du S1 -Laurent, du Mississipi, et de l’Ohio, et les colons anglais, resserrés dans l’E., mais décidés à rester maîtres du cours de l’Ohio. L’assassinat de Jumonville par les Anglais, et la destruction du fort anglais de la Nécessité, 1754, par le frère de la victime, ouvrent les hostilités sérieuses dans l’O. , au moment même oùDupleix est rappelé des Indes orientales, 1754. Dès lors quatre théâtres de guerres, qu’élargiront, en août 1761, le Pacte de famille ( V. ce mot) et les efforts de la France pour relever sa marine ( V. Choiseul). — 1° Guerre en Europe. Aux captures de vaisseaux de guerre et de bâtiments marchands faites dans l'Atlantique, 1755, par Boscawen sans déclaration de guerre, la France répond d’abord avec vigueur et succès : Richelieu prend Mahon (20 mai 1756) , et La Galissonnière gagne sur Bing, auprès de Minorque, une bataille navale. Mais la marine anglaise, plus considérable et plus forte, intercepte ou ruine sur l’Océan tous les convois ou secours dirigés vers l’Amérique (défaites de La Clue devant Lagos, 17 août 1759; de M. de Conffans près de Belle-Ile, 20 novembre 1759), paralyse les projets de descentes en Angleterre et en Irlande, médités (1759, Chevert à Dunkerque, d’ Aiguillon en Bretagne) ou accomplis sans succès (débarquement de Thurot en Irlande, 20 février 1760 ) , les prévient ou s’en venge par des descentes sur nos propres côtes, à S1- Malo (5 juin 1758), Cherbourg (7 août), près de S'-Brieuc, où d’Aiguillon bat les Anglais à Sl-Cast (septembre 1758), à Toulon et au Hâvre , où ils brûlent nos bâtiments marchands , enfin à Belle-Ile, dont ils s’emparent (juin 1761). — 2» Guerre en Amérique. Deux hommes, mal secourus par la France, Montcalm et Vaudreuil , en portèrent tout le poids au Canada. En 1755 , ils obtiennent quelques succès sur l’Ohio et dans le Canada ; en 1756 , Montcalm enlève aux Anglais le fort Ontario et le voisinage des grands lacs. Mais la prise de Louisbourg (île du Cap-Breton) par Boscawen (27 juillet 1758) , malgré la victoire de Montcalm sur Abercromby (8 juillet 1758) et l’héroïque résistance du gouverneur et de sa femme , M. et Mme de Drucourt, porte au Canada un coup mortel, en ouvrant aux Anglais le S*-Laurent. En 1759 , Wolfe le remonte avec 20 vaisseaux et 10,000 hommes, pendant que d’autres corps anglais s’avancent par les grands lacs , que l'abandon , par les Français, du fort Duquesne, sur l’Ohio, leur a rouverts (novembre 1758). Un camp de 5,000 Canadiens, commandés par Montcalm, couvre Québec pendant plusieurs mois; il n’est tourné qu’eu septembre 1759; Montcalm et Wolfe meurent dans le dernier combat livré aux portes de Québec, et, quatre jours après (18 sept. 1759), cette ville tombe aux mains des Anglais ; ils se croient maîtres du Canada ; mais les héroïques colons se retirent à Montréal; Vaudreuil y tient une année entière; enfin la prise de cette ville (8 septembre 1760) substitue la domination anglaise à celle de la France sur les rives du St-Laurent. Mêmes succès des Anglais dans l’Amérique centrale, où la France abandonne également ses colonies : fis y prennent la Guadeloupe, la Désirade, les Saintes, Sl-Barthélemy , Marie - Galande (1759), la Dominique (1761) , la Martinique, en vain attaquée en 1759, Grenade, S1 -Vincent, Ste-Lucie, Tabago (janvier-février 1762), et enlèvent aux Espagnols, entraînés dans notre ruine par le Pacte de famille, la Havane, puis Cuba (juin -août 1762). — 3° Guerre en Afrique. Elle fut de courte durée; il suffit , aux Anglais d’une campagne pour s’emparer de Gorée et de tous les établissements français du Sénégal, 1758. — 4° Guerre dans les Indes orientales. Le rappel de Dupleix avait facilité les progrès des Anglais; dès 1755, Godeheu, successeur de Dupleix, a signé l’abandon de notre influence, sous prétexte d’égalité entre les deux nations; loin de soutenir, 1756, le soubab du Bengale qui chasse les Anglais de Calcutta, il laisse au colonel Clive le temps de reprendre la ville et de nous enlever Chandernagor (mars 1757 ). Avec Lally-Tollendal, 1758, le fort S‘-David (près de Pondichéry) est pris par les Anglais; mais la rivalité île Lally et île Bussi, ancien lieutenant de Dupleix, l’opposition faite au premier par le conseil de Pondichéry, ruinent les affaires de la France. Madras est en vain assiégé, 1759; Lally est deux fois battu dans l’ile Vandavachi, Bussi y est fait prisonnier, 1760, et l’Anglais Coote

j met le siège devant Pondichéry (mai 1760 ), en écarte une escadre française de secours, enfin oblige Lally, abandonné par les Mahrattes, à se rendre à discrétion ( 17 janvier 1761). Mahé tombe presque aussitôt (10 février 1761) aux mains des Anglais, et ils punissent l'Espagne du Pacte de famille en lui enlevant Manille et les Philippines, 1762. — A ce moment la chute de Pitt et l’avénement de Bute I au ministère préparent la paix; les préliminaires en sont signés à Fontainebleau (3 novembre 1762), et le traité de Paris (10 février 1763) en consacre toutes les clauses : abandon à l’Angleterre de l’Acadie, du Canada , de l’ile du Cap-Breton, de Grenade, des Grenadines, de Sl-Vinccnt , de la Dominique , de Tabago, du Sénégal ( moins Gorée ). La France ne conserve que le droit de pêche dans le Sl-Laurent , à Terre-Neuve , et les îlots S1- Pierre et Miquelon ; dans les Antilles, la Guadeloupe, la Martinique, Ste- Lucie, Marie -Galande, la Désirade, lui sont seules restituées; aux Indes, elle ne recouvre que Pondichéry, Mahé, Chandernagor, Karikal, à demi ruinés. Enfin , en Europe , elle rend toutes les places haiiovriennes et hessoises, et ne recouvre Belle-Ile qu’en rendant Minorque à l’Espagne ; elle indemnise avec la Louisiane cette puissance, obligée de céder la Floride et la baie de Pensacola aux Anglais, pour en ravoir Cuba et Manille. La marine de la France est ruinée et son système colonial anéanti. L’Angleterre est maîtresse des mers. A. C.

SEPTANTE (Version des), nom donné à la traduction grecque de l’Ancien-Testament, faite ou du moins commencée par 72 Juifs d’Egypte, au temps de Ptolémée Philadelphe. Les principales éditions de cette Bible, dont la traduction n’est ni claire, ni fidèle, et qui eut néanmoins un grand crédit en Egypte et en Palestine, sont celles d’Alcala, dans la Bible polyglotte de Ximénès, 1514- 1517; d’Alde, 1518, in-fol.; de Rome ou du Vatican, 1590, in-fol.

SEPT-CAPS (Les) ou Bugaroni, cap de l’Algérie, au N. de Constantine, par 37» lat. N. et 4° 8’ long. E.

SEPT-CHEFS ( Guerre des ) , nom donné à une e ' pédition entreprise contre Thèbes par Polyuice, Adraste, Tydée, Amphiaraüs, Ilippomédon , Parthénopée , et Capanée, pour rétablir sur le trône Polynice ( V. ce mot). Ils périrent tous excepté Adraste, mais trouvèrent des vengeurs ( V. Epigones). Nous avons une tragédie d’Eschyle intitulée les Seiit chefs devant Thèbes.

SEPTCHÈNES (Leclerc de), littérateur, né à Paris, et mort, jeune encore, en 1788, était fils d’un 1er commis des finances, se livra avec ardeur aux travaux d’érudition et à l’étude des langues vivantes, voyagea en Angleterre, en Hollande, en Italie, et en Suisse, et fut attaché comme secrétaire au cabinet de Louis XIV. On a de lui : un Essai sur la religion des anciens Grecs , Genève, 1787, in-8», ouvrage médiocre, mais non sans mérite; la traduction française, élégante et fidèle, des 3 premiers vol. de l’ Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain de Gibbon, et que l’on attribue quelquefois à Louis XVI lui-même. 11 commença aussi une édition de Fréret.

SEPT-COMMUNLS (Les), Sette-Communi, contrée du royaume d’Italie (Vénétie), dans la province de Vicence, depuis la Brenta et l’Astico jusqu’aux monts de Marostiea et de Saint-Michel ; 40,000 hab. Chef-lieu Asiago. Les habitants parlent un dialecte corrompu de l’allemand; ou a prétendu qu’ils descendaient des anciens Cimbres battus par Marius et réfugiés dans ces montagnes; mais c’est plutôt une colonie allemande du moyen âge, venue à la suite des empereurs. Les Sept -Communes faisaient autrefois partie des États de Venise et jouissaient de grandes franchises.

SEPT-DORMANTS (Les). V. Dormants.

SEPTEMBRE , le 7e mois de l’année romaine, qui commençait au mois de mars , et le 9e de l’année moderne. II était sous la protection de Vulcain. Ausone le représente sous la figure d’un homme tenant un lézard , et entouré de cuves, de tonnes, de raisins, etc. , parce qu’alors commencent les vendanges. L’automne s’ouvre le 22 sep • tembre.

septembre (Journées de). Le 2 septembre 1792, d’après un plan conçu par Danton , ministre de la justice, Bil laud- Varennes, Tallien, etc., et suggéré par Marat, un affreux massacre fut exécuté dans les prisons de Paris, sous prétexte qu’une conspiration royaliste était ourdie dans ces prisons ; que les nobles et les prêtres allaient en sortir armés, la nuit suivante, et égorger les femmes et les enfants des patriotes qui partaient pour la frontière, afin de combattre les Prussiens qui avaient dé; a pris Longwy et assiégeaient Verdun. On excita ce qu on appelait alors la colère du peuple ; 200 ou 300 égorgeurs,

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enrôlés pour cela, se firent exécuteurs aux ordres do quelques fantômes déjugés improvisés, dits Juges du peuple. Les massacres eurent lieu principalement dans les prisons de l’Abbaye, de la Conciergerie, des Carmes, de la Force, du Châtelet, etc., et s’étendirent à toutes les prisons, même à celles qui ne renfermaient que des prévenus et des condamnés pour délits ou crimes étrangers à la politique. Ils durèrent cinq ou six jours et autant de nuits, et furent imités dans plusieurs villes des départements, en vertu d’une circulaire de la Commune de Paris. Prudhomme, journaliste révolutionnaire, porte le nombre des victimes à moins de 2,000; Jourgniac S'-Méard le fait monter à 12,847, seulement à Paris ; ce nombre est très-exagéré : des documents authentiques, existant à Paris, le fixent à près de 1,500, ce qui était encore une horrible boucherie. Ce fut l’essai du système de la Terreur. Après ces exécutions, les bourreaux allèrent toucher leur salaire sur les fonds d’une caisse publique. Les travailleurs (style du temps) qui les firent ont été appelés Septembriseurs, ainsi que ceux qui ont approuvé ces massacres. V. Beaulieu, Essai historique sur la Révolution de France , t. 4, p. 88 et suiv. J. T.

SEPTEMBRISEURS. V. Septembre.

SEPTENTRION. V. Nord.

SEPTE.MES, vge (Bouches-du-Rhône), arr. et à 16 Ml. S. d’Aix; 1,503 hab. Fabr. de soude et d’acide sulfurique. Raffinerie île soufre. Usines métallurgiques. SEPTEMVIRS-EPULONS. V. Epurons.

SEPTERIES , fêtes que les habitants des Delphes célébraient tous les 7 ans, en mémoire de la victoire d’Apollon sur le serpent Python. •

SEPTEUIL, vge (Seine-et-Oise), arr. et à 13 kil. S. de Mantes, au confluent des rivières de Septeuil et de Vaucouleurs; 1,173 hab. Beau château. Jadis abbaye de Bénédictines.

SEPT-FONTAINES, nom de 2 anc. abbayes de Champagne : l’une, dans le diocèse de Langres, à 16 kil. N. de Chaumont; l’autre, dans la Thiérache, au diocèse de Reims.

SEPT-FONTS, anc. monastère de l’ordre de Citeaux, dans le Bourbonnais, à 25 kil. E. de Moulins; ainsi nommé parce qu’en le fondant on trouva 7 fontaines. Il subit une réforme en 1663.

SEPT-FRËRES (Les), nom de 7 montagnes de la Mauritanie Tingitane, près d’Abyla.

SEPT-1LES (Les), groupe d’iles françaises de la Manche, sur la côte du département des Côtes-du-Nord. La principale est Pierre-à-l’ oiseau.

SEPT-iLF.s (République des ). V. ioniennes (îles).

SEPTIMANCA, nom latin de Simancas.

SEPTIMANIE , nom donné d’abord au territoire de Béziers, où les Romains avaient établi, au commencement de l’Empire, une colonie de vétérans de la septième légion, et ensuite étendu à toute la partie méridionale de la Gaule que conservèrent les Wisigoths après la bataille de Vouillé, 507, et qui se composait de 7 villes principales, Narbonne, Fine, Carcassonne, Agde, Maguelonne, Nîmes et Uzès. Elle était aussi appelée Gothie, du peuple qui l’habitait. En 719, les Arabes, maîtres de l’Espagne, la conquirent : Pépin le Bref la leur enleva en 759, et la réunit à l’empire franc. Charlemagne la rattacha au royaume d’Aquitaine, sous le nom de Marche de Septimanie ou de Gothie. Elle en fut séparée en 817 par Louis le Débonnaire, pour entrer dans le lot de Lothaire, son fils aîné, et donnée, avec la Marche dfEspagne, sous le titre de duché de Septimanie ou de Gothie, à Béra, comte de Barcelone, puis au célèbre Bernard de Septimanie. Charles le Chauve, auquel le traité de Verdun en avait donné la suzeraineté, partagea, en 864, le duché en deux marquisats, la Marche d’Espagne ou comté de Barcelone, et le Marquisat de Septimanie proprement dit, qui eut Narbonne pour capitale. Devenu héréditaire en 878 dans la ’ famille des comtes d’Auvergne, il passa en 918 à la maison de Toulouse ; et, sous le nom de duché de Narbonne, il resta dans cette maison jusqu’au traité de Meaux, 1229, qui en abandonna la plus grande partie à la couronne. Dans sa plus grande étendue, la Septimanie, bornée par les Pyrénées, les Cévennes, la Méditerranée, l’Ardèche et le Rhône, correspondait aux départements du Gard, de l’Hérault, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. Le traité de Verdun, en plaçant le comté d’Uzès dans le lot de Lothaire, retrancha de la Septimanie une partie du Gard, et, à la séparation des deux marquisats en 864, elle perdit le Roussillon (Pyrénées-Orientales), qui fit partie du comté de Barcelone. C. P.

SEPT1ME- SÉVÈRE ( Lucius-Septimius-Severus ) , empereur romain 193-211, né en 146 à Leptis en Afrique ;

orateur à 18 ans, habile avocat du fisc et sénateur sous Marc-Aurèle, questeur, proconsul en Afrique, il fut, après la mort de Pertinax, proclamé empereur par les légions d’Illyrie, vint rapidement renverser Didius Julianus, qui avait acheté l’empire mis à l’encan par les prétoriens, cassa cette garde et la dispersa hors d’Italie, la remplaça par ses meilleurs soldats , battit et tua à Nicée Pescennius Niger, que les légions d’Orient avaient proclamé, exila la femme et les enfants de ce compétiteur et confisqua les biens de ses partisans, proscrivit ses troupes, qui passèrent chez les Parthes et les instruisirent, prit Byzance, encore insoumise, et que Priscus défendit pendant 3 ans, et s’avança jusqu’à Nisibe. Il marcha ensuite contre Albinus, proclamé Auguste en Grande-Bretagne, et qui s’était avancé jusqu’à Lyon, le défit auprès de Trévoux, dans une grande bataille où il fut tué, 197, fit égorger la femme et les enfants de ce rival , et des proscriptions poursuivirent en Gaule, en Espagne, et jusque dans Rome, leurs partisans. Vers la fin de la même année, une invasion des Parthes en Mésopotamie le rappela en Orient; il prit Babylone, Séleucie, Ctésiphon, et pacifia l’Asie. Il revint par l’Egypte, où il visita le tombeau d’Alexandre, et le fit fermer désormais. Son retour à Rome, 203, donna lieu à l’érection de l’arc-de triomphe qui porte son nom. Il favorisa les lettres, consulta les jurisconsultes Papinien, Paul et Ulpien, mais aussi le courtisan Plautien, beau-père de Caracalla. Une expédition qu’il conduisit en Calédonie, où il construisit un mur entre la Clyde et le Forth ( V. Murailles contre les invasions ), fit diversion à la 5« persécution des chrétiens, 201, aux désordres de Julia Domna, sa femme, qu’il avait épousée parce que son horoscope lui prédisait l’Empire, et aux dissensions de ses fils, Caracalla et Géta. Septime-Sévère mourut à York, en leur laissant l’Empire indivis, et après les avoir exhortés à l’union. A. G.

SEPTIMIUS SÉRÉNUS (Aulus), poète latin, contemporain de Vespasien, né à Leptis en Afrique, mais élevé à Rome, avait composé des opuscules champêtres, Opuscula ruralia, suite de petits poèmes où il décrivait les travaux des champs. Il n’en reste que quelques vers réunis par Wernsdorff dans les Poetœ latini minores , et dans la même série, 1. 1, de la Bibliothèque latine de Lemaire. On attribue à Septimius le Moretum et le Copa, souvent compris dans les œuvres de Virgile. D — e.

SEPTIMULÉIUS. V. Gracchus (Caïus).

SEPTIMONTIUM, fête de l’anc. Rome, célébrée annuellement, le 3 des ides de décembre (11 décembre), par 7 sacrifices faits en autant d’endroits des monts Esquilin, Palatin, et Célius. On croit que cette fête, qui ne s’observait que le matin, au moment des sacrifices, fut instituée en commémoration du dernier agrandissement de Rome par l’adjonction de la 7e colline.

SEPTIZONIUM , monument bâti par Septime-Sévère, à l’angle S.-E. du Palatin, pour servir d’atrium à la maison des empereurs. Son nom indique que c’était un édifice à 7 étages ; chaque étage était orné d’une colonnade de marbre , de granit ou de porphyre. Il y renferma , suivant toute vraisemblance, un grand et bel escalier qui conduisait sur le Palatin, en partant de l’extrémité E. du Cirque Maxime. C. D — Y.

SEPT-MERS (Les), nom que les anciens donnaient aux 7 embouchures par lesquelles le Pô se jetait dans l’Adriatique.

SEPT-MONCEL, vge (Jura), arr. et à 16 kil. E. de SMJlaude; 1,319 hab. Excellents fromages. Fabr. de tabletterie et de pierres fines fausses. Exploitation de sapin pour tan.

SEPT-MONTAGNES (Les), nom de 7 hauteurs voisines de Cologne, sur les bords du Rhin. On y voit les ruinel de 7 forteresses féodales.

SEPTUAGÉSIME , nom donné, dans l’Eglise catholique, au dimanche qui tombe 9 semaines ou 70 jours avant Pâques, c.-à-d. au 3e avant le 1er dimanche de Carême.

SÉPULCRE ( Chanoines du S1-) , chanoines réguliers institués en 1099 à Jérusalem par Godefroy de Bouillon, pour desservir l’église du St-Sépulcre. Ils se répandirent en Europe, et furent supprimés par Innocent VIII en 1484.

sépulcre (Chevaliers du S1-), ordre militaire institué par le pape Alexandre VI en 1492, et que Paul V véunit plus tard à celui de Malte.

SEPULCRETUM, enceinte devant les grands sépulcres chez les anc. Romains. On y brûlait les corps, et on l’appelait encore Ustrina. Il y avait aussi des Sepulcreta publics, pour les petites gens. C. D — Y.

SEPULVEDA (Jean Ginèz de), historien espagnol, né vers 1490 près de Cordoue, d’une famille noble, m. en 1572, alla compléter ses études à Bologne en 1515, s’atta-

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cha successivement aux cardinaux Cajétan et Quinonez, et devint en 1536 chapelain et historiographe de Charles- Quint, puis instituteur de l’infant D. Philippe. Le recueil de ses OEuvres , Madrid, 1780, 4 vol. in-4», comprend des Lettres , des Opuscules divers , des traductions de différents traités d’Aristote, une Histoire de Charles-Quint , le commencement de l’ Histoire de Philippe II , et l’Histoire de la guerre des Indes , où il cherche à prouver, contre Las Casas, que les Espagnols avaient droit de conquérir l’Amérique, et que la guerre qu’ils y portèrent était nécessaire et juste. Ces ouvrages , écrits en latin , sont fort estimés ; ils ont valu à Sepulveda le surnom de Tile-Live espagnol.

sepulveda, Confluentes, v. d’Espagne (Vieille-Castille), prov. et à 45 kil. N.-E. de Ségovie, au conlluent du Duraton et de la Castilla. Prise aux Maures en 913 et en 1013. Ses fueros sont très-remarquables. Pop. de la commune : 1,960 hab.

SEQUANA , nom ancien de la Seine.

SÉQUANA1S, SÈQUANES ou SÉQUANIENS, Sequani, peuple gaulois de la Celtique, habitaient entre les sources de la Seine ( Sequana ), dont ils tiraient leur nom, et les Eduens à l’O. , le Jura à l’E., la Province romaine au S., les Lingons au N., c.-à-d. la Franche-Comté et l’E. de la Bourgogne. I.eur pays , arrosé par la SaÔDe et le Doubs, était l'un des plus fertiles de la Gaule. Ennemis mortels des Eduens , ils appelèrent contre eux Arioviste , roi des Suèves, puis, contre lui , César, à qui ils donnèrent ainsi le prétexte de se mêler des affaires de la Gaule et l’occasion de la subjuguer. Plus tard, ils furent rangés dans la province appelée de leur nom Maxima Sequanorum. Leurs villes principales étaient Vesontio (Besançon), Magelobria (Madebroie), Segobodium- ( Seveux ) , Luxovium (Luxeuil). Leur grande divinité était Ninnus, que les Romains identifièrent avec leur Mercure. C. P.

SÉQUANAISE ou SÉQUANIE (GRANDE-), Maxima Sequanorum, Sequania , prov. de la Gaule, à l’E. ; ch.-l. Vesontio; entre la Germanie D« et la Belgique lre au N., la Lyonnaise D' à l’O., la Lyonnaise De, la Viennoise et les Alpes Grées au S. , la Rhétie et la Vindélicie à l’E. Limitée au N. par les Vosges, à l’O. par la Saône, au N.-E. par le Rhin, sillonnée par le Jura, elle renfermait le lac Léman au S. Elle a formé la Franche-Comté et la plus grande partie de la Suisse actuelle. Son nom vient du celtique Sey-Couan, pays des escarpements supérieurs.

SEQUESTER (Vibius). V. Vibius.

SEQUESTRES , Séquestres, espèce de courtiers d’élections dans les comices de l’anc. Rome; ils étaient les dépositaires de l’argent que les candidats faisaient promettre aux pauvres citoyens, qui trafiquaient souvent de leurs suffrages, et auxquels on ne distribuait ce prix qu’aprés l’élection. C. D — y.

SEQUIN ( de l’italien zecchino, dérivé de zecca , lieu où l'on bat la monnaie), monnaie d’or qui parait originaire de Venise. Le sequin vaut: à Venise, 12 fr. ; dans les États de l’Église, 11 fr. 80 c. ; en Toscane, 12 fr. 02 c. ; à Parme, en Savoie et en Piémont, 11 fr 95 c. — En Turquie, le sequin de 1774 vaut 8 fr. 72 c., et celui deSélimlII, 7 fr. 30 c. Le sequin du Caire est de 6 fr. 71 c. , et celui d’Alger, de 8 fr. 71 c.

SER, contrée d’Arabie, à l’E., sur le golfe Persique, entre 50» et 54» long. E.; il y a une ville du même nom.

SERA, v. de la Sérique, capitale des Sères; auj. probablement Si-an-fou.

SERADJ-EDDAULAH ( Mirz- Mahmoud -Khan ) , fils adoptif d’Allah-Werdv-Khan , prince du Bengale, lui succéda en 1756, se montra lâche, cruel et débauché. Profitant de la guerre que les Anglais commençaient contre la France, il leur enleva Cacembazar et Calcutta; mais, cette dernière ville ayant été reprise peu de mois après, il fut vaincu à Plassey, 1757, tomba entre les mains des ennemis, et périt assassiné, à l’âge de 22 ans, par un prince de sa famille. Le Bengale subit alors le ioug de l’Angleterre.

SEKADPOUR, v. de l’Hindoustan anglais (prov. Nord- Ouest), près du Gange; 60,000 hab. Beaux édifices.

SERAI , mot turc qui signifie palais, se dit aussi de l’ ensemble du personnel de la cour. C’est à tort qu’on désigne sous ce nom la partie du palais du sultan réservée aux femmes; car, en Orient, on l’appelle toujours harem.

SERAIEVO ou SERAIO. V. Bosxa-Seraï.

SE RA IN , riv. de France, a sa source près de Mohtbard (Côte-d’Or), coule au N.-O. par Précy-sous-Thil , l’Ile-sur- Serain, Chablis, Ligny-le- Château, et se jette dans l’Aonne, rive dr., à Bonnard, près de Joigny. Cours de 110 kil.

SERAING, brg de Belgique, prov. et a 6 kil. S. -O. de Liège, sur la Meuse; 5,000 hab. Forges, fonderies, lamineries, affineries et houillères, qui en font le plus grand établissement métallurgique de l’Europe, cristallerie.

SERAMPOUR ou FRËDÉRIKSNAGORE, v. de l’Hindoustan anglais, dans la présidence et à 22 kil. N. de Calcutta , près de l’Hougly ; 12,000 hab. Commerce avec la Chine et l’Europe. C’est le rendez-vous des missionnaires qui s’occupent de la conversion des Hindous; ils y ont un collège et une imprimerie. L’Angleterre l’a achetée en 1845, avec l’ranquebar, moyennant 2 millions defr., aux Danois, qui y étaient établis depuis 1676.

SERAN DE LA TOUR (l’abbé), littérateur français, né vers le commencement du xvm* siècle, est auteur de plusieurs compilations d’histoire ancienne et de critique, publiées sous le voile de l’anonyme, et qui se distinguent par l’exactitude des faits et une véritable intelligence de la politique grecque et romaine; ce sont : Histoire de Scipion l’Africain , avec les observations du chevalier Folard sur la butaille de Zama , Paris, 1738, in-12; Histoire d'Epaminondas, 1739, in-12 ; Histoire de Philippe, roi de Macédoine, 1740, in-12; Amusements de la raison, 1747 et 1748, 2 vol. in-12; Histoire de Catilina, Amsterdam ( Paris), 1749, in-12; Histoire de Mouley-Mahamel , fils de Mouley- Ismaël , roi de Maroc, 1749, in-12; Parallèle de la conduite des Carthaginois à l’égard des Romains dans la 2e guerre punique, avec la conduite de l'Angleterre à l’égard de la France dans la guerre déclarée par ces deux puissances en 1756, Paris, 1757, in-12; l'Art de sentir et de juger en matière de goût , 1762, 2 vol. in-12; Histoire du Tribunat de Rome depuis sa création jusqu’à la réunion de sa puissance à celle de l’empereur Auguste, Amsterdam (Paris), 1774, 2 vol. in-8°.

SEEAOUADDY, riv. du Pégou, formée par des eaux dérivées du Zittang et de l’Iraouaddy, coule au S., et se joint à ce dernier fleuve, rive droite.

SERAPEUM. V. Sera pis.

SÉRAPHINS (de l’hébreu Saraph , enflammer), anges de premier ordre, représentés par Isaïe, dans sa vision, avec 6 ailes, et placés autour du trône de Dieu. Leur nom vient de ce que leur éclat est tel , qu’ils semblent de feu. — Un Ordre des Séraphins fut institué en Suède par Magnus Ladulas au xme siècle, et renouvelé par Frédéric Ier en 1748. V. nu Supplément.

SERAPION (S1), évêque de Themnis en Egypte, fut un des plus zélés adversaires des Ariens , assista au concile de Sardique en 347, et fut exilé par l’empereur Constance avec les autres prélats catholiques. On a de lui quelques Lettres, un traité estimé contre les Manichéens, etc. Fête, le 21 mars.

SÉRAPIS, dieu de l’anc. Egypte, dont l’origine et les attributions ne sont pas bien connues. Un ancien Sérapis marquait l’entrée du soleil dans le solstice d’hiver. Ailleurs on le voit préposé à la crue du Nil, et portant sur la tête un Modius, symbole de la fertilité due aux inonda^ tions du fleuve : le kilomètre lui était consacré. 11 est aussi le dieu de l’Amenti ou Enfer, et les Grecs l’identifièrent à Pluton, à Esculape, à Jupiter. Sous les Ptolémées, le culte de Sérapis fut remis en honneur. L’Egypte, la Grèce, l’Italie, lui élevèrent des temples. Lors de la chute du paganisme, Sérapis était une des divinités les plus vénérées. Cette ferveur peut s’expliquer par la nature hybride du dieu , dont le culte large et complaisant se prêtait à toutes les adorations, et convenait à une époque de décadence. Ses temples nombreux (43 en Egypte) étaient appropriés à cette religion mi-grecque , mi-égyptienne , et renfermaient des monuments égyptiens et grecs ou gréco-romains. Il y en avait à Rome, à Athènes, dans toutes les provinces de l’Empire ; celui d’Athènes a disparu. On voit encore les ruines de celui de Pouzzoles ; la mer bat le pied de ses belles colonnes restées debout. Le plus fameux de ces temples était celui d’Alexandrie; c’était le Sérapeum par excellence ; il avait été construit par Ptolémée, fils de Lagus ; sa bibliothèque jouissait d’une grande renommée. Le Sérapeum de Memphis était moins important , mais il passait pour le plus ancien de tous ( V. Memphis, et notre Dictionnaire des lettres et des beaux-arts, au mot Sérapeum). F — T.

SÉRASKIER, chef d’armée en Turquie ( du persan ser, tête, et de l’arabe asker, armée); titre donné aux pachas qui commandent les troupes d’une province , et surtout au chef suprême des forces militaires de l’Empire. D.

SERASSI (Pierre- Antoine),, biographe, né àBergame en 1701 , m. en 1791, professa les belles-lettres dans sa ville natale, puis fut secrétaire de trois cardinaux à Rome. 11 a écrit , d’une manière remarquable, les Vies de Dante, Bergame, 1752, in-12; — d’Ange Politien, ibid. , 1747 ; —

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iu Tasse, Rome , 1785 , in-4o; — de Bernardo Tasso (père du précédent), Bergame, 1749, 4 vol. in-12; — de Bembo , ibid., 1753, in-8° ; — de Pétrarque, ibid. , 1753, in-12; — de Balthuzar Casliylione , Padoue, 1766, in-4°, etc.

SERAVALLE. V. Serravalle.

SERAVLZZA, brg du roy. d’Italie, prov. de Lucques 8,025 hab. Fabriques de papiers; carrières de marbre.

SERBELLONI (Gabriel) , général, né en 1508 à Milan, d'une famille française qui s’était expatriée au temps de Charles VI, m. en 1580, entra dans l’ordre de Malte, devint prieur de Hongrie , défendit Strigonie en 1543 contre le sultan Soliman II, passa au service de Charles- Quint en 1546 , s’illustra par la prise de Sienne en 1549 , prit en 1560 le commandement des troupes du pape Pie IV, enleva Ascoli aux Plaisantins, rebâtit Civita-Vecchia , mit Rome à l’abri des insultes des Turcs en fortifiant la cité Léonine, accepta de Philippe II, en 1565, un commandement dans le royaume de Naples , alla soumettre les Brabançons révoltés en 1567, eut une grande part à la victoire de Lépante en 157 1 , reçut le titre de vice-roi de Sicile , défendit Tunis contre les Turcs , et , criblé de blessures , tomba en leur pouvoir après avoir soutenu 14 assauts. Echangé contre 36 officiers turcs, qui avaient été pris à la bataille de Lépante , il fit les campagnes de Flandre en 1577 et 1578, où il montra les plus grands talents ; il mourut au moment où Philippe II venait de le choisir pour commander l’armée d’invasion du Portugal. B.

SERBES ou SORABES, peuple de la famille Slave, habitaient d’abord au pied des Karpathes. Vers 630, l’empereur Iléraclius leur permit de s’établir dans les contrées qu’occupe la Servie actuelle , et que les Avares avaient dépeuplées.

SE.BÈTE, auj. User, riv. d’Afrique , coulait entre les Mauritanies Sitifienne et Césarienne.

SERCHIO, anc. Serculus ou Anser, rivière d’Italie, sort des Apennins dans la prov. de Massa, coule au S., sur 100 Uil., par les provinces de Lucques et de Pise, et se jette dans la Méditerranée, à 12 kil. N. -O. de Pise.

SERCQ , île de la Manche. V. Sark.

SEltDAR, chef militaire en Turquie et dans quelques contrées de l’Asie.

SERDEAU, anc. officier de la Maison du roi de France, chargé de recevoir les plats desservis et réservés aux gentilshommes servants.

SERÈ ( Ferdinand), archéologue français, né en 1818, m. en 1855, a publié plusieurs ouvrages d’une grande érudition : le Livre d'or des métiers; Histoire de l'instruction publique en France; le Moyen âge et la Benaissance , 1852, 5 vol. in-4°. Il a laissé inachevée une Histoire du costume et de l’ameublement.

SEREIN , rivière. V. Serais.

SERENA, v. du Chili. V. Coquimbo.

SERENDA , anc. v. de l’Inde , au N. , d’où deux moines apportèrent les vers à soie en Europe; auj. Sirhind.

SERENDIB , île fameuse dans les relations des Arabes , et que l’on rapporte à Ceylan, à Sumatra, ou à Madagascar.

SERENISSIME, formé du latin serenitas, titre de respect donné, dans le cérémonial du Bas-Empire, aux Empereurs-, on disait, en leur parlant ou leur écrivant: Votre Sénérité. — Chez les modernes on donna ce titre aux rois, et quand on eut adopté celui de Majesté (V. ce mol), sérénissime fut réservé aux princes du sang royal, dans les branches collatérales. On l’appliqua aussi aux évêques, aux chefs des républiques de Venise et de Gênes, aux électeurs de l’empire d’Allemagne.

SERÉNUS d’Antissa, mathématicien du ine siècle, vivait après Apollonius de Perge, dont il avait commenté les Coniques. Il nous reste de lui deux opuscules, Sur la section du cylindre, et Sur la section du cône (dans l’édit. d’Apollonius de Perge par Halley, Oxford, 1710), et un fragment de ses Lemmes, annexé à l’Astronomie de Théon de Smyrne. Ce mathématicien est peut-être le même que Sérénus le Philosophe, auteur de Souvenirs, apophthegmes moraux , dont Stobée nous a conservé quelques fragments. H. M.

SÉRÉNUS. V. SAMMONICUS et SEPT1MIUS.

ÜE RES, nom donné par les Grecs et les Romains aux peuples les plus orientaux de l’Asie, chez lesquels on allait chercher la soie ( sericum ), et des étoffes de coton d’une grande finesse. Leur pays, appelé Sérique, était le Népuul actuel, ou le royaume de Siam, ou même la Chine.

SE RES, anc. Serrœ ou Sintice, v. de la Turquie d’Europe, dans l’eyalet et à 71 kil. N.-E. de Salonique ; 28,000 hab. Chef-lieu d’un livah; archevêché grec. Mosquées, bains et jardins remarquables. Grand commerce de tabac, coton, soie, et de céréales. La riche plaine à laquelle Cérès a donné son nom a 50 kil, sur 15, et renferme 300 villages.

SÉRETII , anc. Ordessus ou Ararus, riv. qui naît en Gai • licie , coule au S.-E. , traverse la Moldavie, reçoit la Soutchava, la Moldava, laBistritz, leTrotus, et se jette dans le Danube entre Brahilov et Galatz ; cours de 500 kil.

SERFANTO ou SJIRPHO, nom moderne de l’ile Séripiios.

SERFS. V. Servage.

SERGE (Saint). V. Sergius.

SERGEL ( Jean-Tobie ) , sculpteur suédois, né en 1740 à Stockholm, m. en 1814, eut pour maître un artiste français, Larchevêque , qui avait été appelé en Suède pour décorer de statues les places publiques. Il alla ensuite se perfectionner à Rome , et revint par Paris , où il fut reçu membre de l’Académie des Beaux-Arts. Ses principaux ouvrages sont : un Olhryade, soldat grec blessé, à la galerie du Luxembourg; l’Amour et Psyché; Cérès cherchant Proserpine ; un Faune couché ; Diomède tenant le Palladium ; Vénus et Mars; une Vénus Callipyge colossale ; la Résurrection, bas-relief dans l’église d’Adolphe-Frédéric à Stockholm. B.

SERGENT, nom donné primitivement aux huissiers ( V. ce mot) .

sergent , nom donné , pendant le moyen âge , à quiconque était dans le service, soit d’infanterie, soit de cavalerie , sans appartenir aux hommes d’armes , aux écuyers, aux archers , aux ribauds , à aucun corps d’un nom déterminé , et sans être ni goujat ni vivandier. C’est auj. un sous-officier d’infanterie, chargé de veiller sur la conduite des soldats, et de leur enseigner le maniement des armes.

sergents d’armes, gardes institués en 1215 par Philippe-Auguste pour veiller à la sûreté de la personne du roi. Leurs armes étaient la masse, l’arc et les flèches. Ils faisaient le service à pied dans le palais ; à cheval , ils composaient l’escorte. En temps de guerre , c’était à eux , le plus ordinairement , que l’on confiait la garde des châteaux et places fortes de la frontière. Ils ne pouvaient être jugés que par le roi ou le connétable; leur emploi ne cessait point par la mort du souverain , comme dans une foule d’offices. En nombre variable selon les règnes , les sergents d’armes furent supprimés par Charles Y. B

sergents de bataille, officiers qui, dans l’ancienne monarchie , étaient chargés de faire ranger une armée en bataille.

sergents de ville , nom donné , dans les villes de l’ancienne monarchie française , lorsque les officiers muni cipaux avaient la police dans leurs attributions, aux agents qui surveillaient l’exécution de leurs ordonnances, constataient les contraventions et délits , réprimaient les désordres, et arrêtaient les délinquants. C’étaient, d'ordinaire, d’anciens soldats. La Révolution abolit cette institution, et il n’y eut plus qu’une police occulte de surveillance et de sûreté. En 1829, les sergents de ville furent rétablis à Paris , et placés sous l’autorité du préfet de police ; ceux que l’on créa par imitation dans d’autres villes, furent aux ordres de l'autorité municipale. On ne les supprima qu’un instant lors de la Révolution de 1830. Licenciés de nouveau en 1848 , remplacés par quelques bandes révolutionnaires, puis par les Gardiens de Paris , ils reparurent dès 1849. Il y en a auj. (1861) 4,000, portant un uniforme militaire et armés d’une épée. Depuis 1855, les sergents de ville, dans les cités importantes, sont mis à la disposition des préfets et non plus seulement des maires. B.

SERG1NES , ch.-l. de canton ( Yonne) , arr. et à 21 kil. N. de Sens; 1,317 hab. Fabr. de serges. Comm. de vins.

SERGIPE-DO-REY, dite aussi Cidade deSan-ChrislovaO; v. du Brésil, ch.-l. de la province de son nom, à 1,450 kil. N.-N.-E. de Rio de Janeiro, sur une hauteur à 12 kil. de l’océan Atlantique, par 11° 15' lat. S. et 39° 34’ long. O.; 9,000 hab. — La province de Sergipe, entre celles d’Alagoas au N., de Pernambouc à l’O., de Bahia au S., et l’Atlantique à l’E., a 28,987 kil. carr., 370 kil. sur 135, et 185,000 hab. Sol généralement montueux, boisé à l’E., avec des solitudes incultes à l’O. Le llio-San-Francisco la borde au N. Comm. de coton, sucre, rhum.

SERGIUS (Les), famille de l’anc. Rome, qui prétendait descendre de Sergeste, compagnon d’Enée. Elle forma deux branches principales, les Fidénas et les Silus ; à cette dernière appartenait Catilina.

sergius paulus, gouverneur romain de l’ile de Chypre, fut converti par S1 Paul. En mémoire de ce succès, l’apôtre, qui portait d’abord le nom de Saul, prit celui da Paul.

sergius (Saint), martyr en Syrie, au m* ou ive siècle. Fête, le 7 octobre.

sergius Ier, pape de 687 à 701 , né à Païenne , dut s’absenter de Rome pendant 7 ans à cause des persécu-

SER

SER

tions dirigées contre lui, ramena à la foi catholique le patriarche d’Arménie, et éleva un tombeau à S1 Léon dans la basilique de Sl-Pierre. On lui doit l’institution des processions de l’Assomption et de la Présentation ; c’est aussi de son pontificat que date l’usage de chanter YAijnus Dei à la messe.

sergius il, pape de 844 à 847, né à Rome, d’une illustre famille, succéda à Grégoire IV, vit son élection contestée par l’empereur Lothaire , dont on n’avait pas demandé le consentement, et apaisa le mécontentement de ce prince, en sacrant son fils Louis roi des Lombards. Sous son pontificat, les Sarrasins pillèrent les environs de Rome.

Sergiüs ni, pape de 904 à 911, Romain de naissance, fut porté au trône pontifical par les intrigues de Marozia. Flodoard fait son éloge, tandis que Baronius le représente comme un homme pervers, livré à toutes sortes de vices ;

11 eut, dit-on un commerce criminel avec Théodora , qui lui donna un fils (pape sous le nom de Jean XI).

sergius iv, pape de 1009 à 1012, fut le premier Romain, suivant Fleury, qui changea son nom en arrivant au saint-siège. Il s’appelait d’abord Bocca di Porco (bouche de porc). Son pontificat ne fut signalé par aucune action remarquable. B.

sergius ou serge (Saint), anachorète russe, né en 1315 à Rostov, m. en 1393, figure parmi les saints protecteurs de la Russie.

sergius, nom de plusieurs princes ou ducs de Naples au moyen âge ; le plus connu est Sergius IV, 1000- 1040, qui fut dépouillé un instant de ses Etats par Pandulf IV, prince de Capoue, 1027, et qui les recouvra avec l’aide de l’aventurier normand Rainulf, auquel il céda le comté d’Aversa, 1029. — Le dernier, Sergius VII, fut soumis par Roger II, roi des Deux-Siciles, 1131 , mais garda le titre de prince de Naples jusqu’à sa mort, 1137. G.

SÈRIEYS (Antoine), littérateur, né en 1755 à Pont-de- Cyran (Aveyron), m. en 1819, essaya du barreau et de l’enseignement, fut nommé, en 1794, bibliothécaire et professeur d’histoire et de morale à l’Institut des Boursiers (plus tard le Prytanée français), et remplit ensuite les fonctions de censeur des études aux lycées de Douai et de Cahors. Ou a de lui : les Décades républicaines, ou Histoire de la république française, 1795, 4 vol. in-12 ; Mémoires historiques, politiques et militaires, pour servir à l'histoire secrète de la Dévolution française, 1798, 2 vol. in-8°; Anecdotes inédites de la fin du xvme siècle, 1801, in-8» ; la Mort de Robespierre, tragédie en 3 actes, 1801, in-8°; Tablettes chronologiques de l’histoire ancienne et moderne, 5e édit., 1817 ; Dictionnaire généalogique , historique et critique de l’Ecriture sainte, 1804, in-8°; Bibliothèque académique, ou Choix de Mémoires des Académies françaises et étrangères, 1810-11,

12 vol. in-8° ; Delilliana, ou Recueil d'anecdotes concernant M. Delille, de ses bons mots, etc., 1813, in-18; Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques grecs et latins, etc., t.37, 1815, in-8° (V. Fr. Sabbathier) ; Vie de Joachim Murat, 1816; — de Fouché, 1816; — de Carnot, 1816 ; Êntreliens historiques et politiques de plusieurs grands personnages, 1816, 2 vol.; Histoire de Marie-Charlotte-Louise, reine des Deux - Siciles , 1816; Lettres inédites de la marquise Duchâtelet, 1819, in-8°; Correspondance inédite de l'abbé Galiani, 1818, 2 vol. in-8°, etc. Tous ces ouvrages sont médiocres.

SERINAGOR. V. Sirinagor.

SERINGAPATAM ou SRI-RANGA-PATANA fc.-à-d.

la ville de Vichnou), v. forte de l’Hindoustan (royaume de Maïssour), sur une île du Kavery, à 430 kilomètres O.- S.- O. de Madras; par 12° 25’ 29” lat. N., et 74» 19’ 17” long. E.; 32,000 hab. Ville déchue et remplie de ruines. Temples de Vichnou et d’Hayder-Ali ; ce dernier renferme les mausolées de ce prince et de Tippoo-Saëb. Arsenal, fonderie de canons. C’était jadis une forteresse importante , qui devint , en 1610 , la capitale du Maïssour, et la résidence de Hayder-Ali et de Tippoo-Saëb ; ils en firent une cité magnifique et florissante. Mais les Anglais, qui l’avaient déjà attaquée en 1792,

et s’en emparèrent en 1799.

SERINGHAM, île de l’Hindoustan anglais (Madras), dans banc. Karnatic; formée par le Kavery, en face de Lritchmopoli. Il y a deux temples qui attirent beaucoup de pèlerins hindous.

SER1NO, v. du royaume d’Italie, située dans la province et à 18 kil. b.-E. d’Avellino; 6,562 hab. Ruines d une anc. ville de Sebastta et d’un aqueduc romain.

SERIO, riv. du royaume d’Italie, prend sa source dans les Alpes, passe près de Bergame et à Crème, et se jette

dans l’Adda à Montodine; cours de 110 kil. — Sous le 1er Empire français, il donna son nom à un département du royaume d’Italie, formé du Bergamasque; ch.-l., Bergame.

serio-morto, affluent de l’Adda à Pizzighettone.

SÉIIIPHOS, auj. Serfanto ou Serplio, île de l’Archipel, l’une des Cyclades, est célèbre dans la mythologie comme étant le lieu où fut poussé par la mer le coffre qui portait Danaé et son fils Persée. Polyeucte, roi de l’ile, ayant voulu forcer Danaé à l’épouser, Persée, armé de la tête de Méduse, le pétrifia, ainsi que tous les Sériphiens. La tradition expliquait ainsi les rochers affreux dont toute l'ile est couverte; presque stérile, elle produit un peu d’orge et des raisins de table. La pauvreté de ses habitants était passée en proverbe. Colonisée par des Ioniens venus d’Attique, elle fut, avec Mélos et Siphnos, la seule île de ces parages qui refusa le tribut aux Perses. Sous les Romains, elle devint un lieu d’exil. Après avoir appartenu tour à tour aux Grecs, aux Francs et aux Turcs, elle fait auj. partie, dans le royaume de Grèce, du nome des Cyclades; 150 kil. carrés; 1,000 hab. C. P.

SERIQUE. V. Sères.

SERJAN. V. Kerman.

SERKARS. V. Circars.

SERLIO (Sébastien), architecte, né à Bologne en 1475, d’un père qui était décorateur, m. en 1552 à Fontainebleau, voyagea dans les Etats de Venise, en Dalmatie, et à Rome, pour étudier les monuments antiques. Appelé en France par François Ier, qui le nomma architecte de Fontainebleau et surintendant des bâtiments de la couronne, il travailla au palais de Fontainebleau, où l’on cite, comme étant de lui, la grande cour sur la pièce d’eau. Ses Œuvres complètes ont été publiées sous le titre de Tulle le opéré di architellura , en 7 livres, Venise, 1584, 1618, 1619, in-4°, et 1663, in-fol., aveefig., parmi lesquelles il y a beaucoup de dessins d’après les monuments antiques.

SERMAIZE, brg (Marne) , arr. et à 26 kil. N.-E. de Vitry-le-François , sur la Saulx et le chemin de fer de Paris à Strasbourg; 2,842 hab. Eaux minérales froides, acidulés et ferrugineuses. Usines à fer.

SERMANO, ch.-l. de cant. ( Corse), arr. et à 13 kil. E de Corte; 286 hab. Blés, vin, châtaignes.

SERMENRAI ou ASKER- MORKEN , v. de l’Irak- Arabi, sur le Tigre, à 50 kil. de Bagdad. Bâtie en 842 par le calife Motassem. C’est de là, selon les Chiytes, que doit sortir le Mahdi.

SERMENT consulaire dans l’anc. Rome. 11 était prêté devant le temple de Jupiter-Capitolin, par les consuls désignés, avant d’entrer en charge, entre les mains des consuls prêts à en sortir. L’un de ces derniers lisait le serment, que les premiers redisaient : ils juraient obéissance aux lois, et se dévouaient, eux et leur maison , à la colère céleste, s’ils devenaient, sciemment, parjures ; ils répétaient ce serment sur les rostres, en présence du peuple. En sortant de charge, ils juraient, sur les rostres aussi, que, dans l’exercice du pouvoir, ils n’avaient commis aucun acte illégal. C. D — y.

serment de gladiatecr. Le gladiateur libre, qui se louait à un laniste, jurait de souffrir le fer, le feu, la chaîne, les coups, la mort par le fer, et d’obéir d’une manière absolue à celui qui l’engageait. C. D — y.

serment militaire chez les anc. Romains. Il était prêté par tout légionnaire au moment de son entrée au corps. Les tribuns dictaient le serment, qui consistait à jurer : « de suivre le général partout, de ne le point quitter sans congé, de ne jamais abandonner le drapeau, de ne sortir des rangs que pour ramasser un javelot, frapper l’ennemi, ou sauver un citoyen ; de ne pas voler dans le camp. » Vers la fin de la république, on ajouta : « d’être fidèle au sénat et au peuple romain. » Sous les empe reurs, on reprit l’anc. formule : <> d*Être fidèle au général, >> parce que le général, c’était toujours l’empereur. Sous le Bas -Empire, le serment se prêta : « Au nom de Dieu, du Christ, et par la Majesté de l’Empereur. » De tout temps, le serment fut fait à la personne du général ; aussi il fallait le renouveler chaque fois que le général était changé. Une sédition l’annulait, et, aussitôt la discipline rétablie, il y avait une nouvelle prestation de serment. L’usage s’introduisit avec l’Empire de renouveler le serment tous les ans, aux Calendes de janvier (1er janvier I. C. D — y.

SERMENT DU JEU DE PAUME. V. Jeu de paume.

SERMIONE, Sirmio, vge du royaume d’Italie, est situé sur une presqu’île du lac de Garda, à 12 kil. N.-E. de Lonato. Patrie du poëte latin Catulle, dont ou montre la maison présumée, en ruine ; 717 hab.

SER

SER

SERMONETTA, anc. Sulmo, brg des Etats de l’Eglise, sur un haut rocher escarpé, à 30 kil. E.-S.-E. de Frosinone. Les vents du S.- O. y amènent les exhalaisons des marais Pontins; 2,000 hab. Titre d’un duché.

SERN1ÏS (Le), Sarnensis payus , petit pays de l’ancienne France (Bordelais), réparti auj. entre les arrondissements de Bordeaux et de Bazas.

SEREIN (SAINT-), ch.-l. de cant. (Aveyron), arr. et à 32 kil. S.-O. de Sainte— Affrique , près de la Rance;

SEROUDJE. V. Saroudj.

SEROUX D’AGINCOURT ( J.-B .-Louis-Georges), antiquaire, né en 1730 à Beauvais, d’une famille noble, m. à Rome en 1814, amassa, comme fermier -général sous Louis XV, une brillante fortune, puis quitta ce poste pour se livrer à l’étude des arts. Après plusieurs voyages dans le nord de l’Europe, il parcourut lTtalie, et conçut l'idée de continuer l’histoire de l'art au point où Winckelmann l’avait laissée, et d'en retrouver la suite dans les monuments de tous genres, grands ou petits. En 1779, il se fixa à Rome, d’où il ne sortit plus que pour quelques voyages d’étude. Enfin , après plus de 40 ans de travaux , il commença de publier : histoire de l’art par les monuments, depuis sa décadence au Ve siècle, jusqu'à son renouvellement au xve, Paris, 1309-23, 6 vol. in-fol., avec 325 planches, un précis des événements qui ont influé sur le sort des monuments dans le Bas-Empire, et diverses dissertations historiques sur les arts du dessin. On a encore de Séroux d’Agincourt : Recueil de fragments de sculpture antique en terre cuite , Paris , 1814, in-4°, fig.

SERPA, v. forte de Portugal (Alemtéjo), près de la rive g. de la Guadiana, à 33 kil. E.-S.-E. de Béja; 5,000 hab. Coinm. considérable de contrebande avec l’Espagne. Près de là est une chute de la Guadiana, dite Salto des Lobos (saut des loups).

SERPENT ou SERPENTAIRE , constellation boréale, représente : Esculape tenant le serpent, symbole de guérison; ou Phorbas , qui délivra Rhodes d’un de ces animaux ; ou Triopas, roi des Tliessaliens, qui, ayant détruit un temple de Cérès pour se bâtir un palais, fut tué par un serpent qu’envoya la déesse; ou enfin Hercule, vainqueur d’un énorme serpent sur les bords du Sagaris.

SERPENTS , tribu indigène des Etats-Unis (Nebraska) , font partie des Indiens que les Anglais appellent Têtes- Plates. De mœurs douces , ils sont surtout ichthyophages.

serpents (lie des) ou fidonisi, anc. Leuce, ile de la mer Noire, en face des bouches du Danube. C’est un rocher aride, et qu’habitent quelques pêcheurs. La paix de Paris, de 1856, en a assuré la propriété à la Turquie.

SERPIIO. V. SÉmpHos.

SERPOUKHOV, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 90 kil. S. de Moscou, près de l’embouchure de la Nara et de la Serpeika dans l’Oka; 13,629 hab. Fabriques de toile à voiles, fonderies de suif, tanneries.

SERRA (Antoine), économiste, né à Cosenza vers le milieu du xvie siècle, fut impliqué, en 1599, dans la conspiration de Campanella, et incarcéré à Naples. On a de lui : Traité succinct des moyens qui peuvent faire abonder l'argent et l'or dans un Etat qui n’a pas de mines, avec son application au royaume de Naples , Scorriggio, 1613, in-4°, réimprimé dans la Collection des économistes italiens, Milan, 1803. C’est un ouvrage profond, et le plus ancien que l’on connaisse sur l’économie politique.

serr a-capriola, v. du roy. d’Italie (Prov. de Foggia). à 26 kil. N.- O. de San-Severo; 5,390 hab. Fondée en 1090. Titre d’un duché.

serra -caprîola (Antoine maresca donnorso, duc de), diplomate, né à Naples en 1750, m. en 1822, fut ambassadeur à SVPétersbourg depuis 1782, se maria dans cette capitale à la fille du ministre de la justice et des finances, jouit de la confiance de Catherine II, de Paul Ier et d’Alexandre 1er, auprès desquels il agit de tout son pouvoir contre la France, resta à S^Pétersbourg quand les Bourbons de Naples eurent été remplacés par Murat, fut chargé, en 1812, par l’empereur de Russie, de stipuler de nouveaux traités avec la Perse, la Turquie et l’Angleterre, et demanda, en 1815, au congrès de Vienne, le rétablissement de la maison de Bourbon sur le trône de Naples, alors occupé par Joachim Napoléon. B.

SERRA-DI-SANTO-STEFANO-DEL-BOSCO, V. du royaume

d’Italie (Province de lîeggio), à 47 kilomèt. S.-O. de Squillac» ; 2,500 hab. Près de là est une Chartreuse où l’on conserve le corps de S1 Bruno.

seura-di-scopamene, ch.-l. de cant. (Corse), arr. et 30 kil. N.- E. de Sartène; 600 hab. Elève de bestiaux.

SERRÆ, nom anc. de Sérks.

SERRAGGIO, ch. 1. de cant. (Corse), arr. et à 12 kil. S. de Corte; 1,099 hab. Fromages excellents.

SERRANUS. V. Serres (Jean de),

SERRAN! , vaste château et anc. seigneurie, à 20 kil. d’Angers, avec parc et orangerie. La chapelle a été bâtie par Hardouin Mansard.

SERRAT (MONT-). V. Monserrat.

SERRAVALLE, bourg du royaume d’Italie. (Vénétie) dans la prov. et à 47 ldlom. IN. de T révise; 5,600 hab Collège militaire depuis 1855 (auparavant à Pordenone) Comm. de draps, soieries, miel, vins.

SERRE (Hercule, comte de), né à Pagny-sous-Prény, près de Pont-à-Mousson, en 1776, d'un officier de cavalerie, m. en 1824, fut destiné à l’état militaire, émigra à la Révolution, servit dans l’armée de Condé, et rentra en France à la faveur de l’amnistie de 1801. Prenant alors la carrière du barreau, il fut avocat à Metz, où il se fit une brillante réputation, devint en 1811 , avocat-général à la Cour impériale de la même ville, puis, presque aussitôt , 1er président de la Cour impériale de Hambourg. Nommé, par la Restauration, 1er président de la Cour royale de Colmar, il se prononça énergiquement contre Napoléon Iee pendant les Cent- Jours, et alla rejoindre Louis XVIH à Gand. Il reprit sa charge après la 2e Restauration , fut nommé député par le département du Haut-Rhin à la Chambre de 1815, y siégea avec la minorité , combattit l’institution des cours prévôtales et les listes de proscription, fut élevé à la présidence de la Chambre en 1817 , devint garde - des - sceaux dans le ministère Decazes, 1818, puis dans le second ministère du duc de Richelieu jusqu’en 1821, ne fut point réélu député, et accepta l’ambassade de Naples, où il mourut. 11 avait des idées libérales, et un remarquable talent de parole. B.

serre (la). V. la serre.

SERRES, ch.-l. de cant. (H. -Alpes), arr. et à 38 kil. S.-O. de Gap, sur le Buech; 877 hab. Pépinière de mûriers.

serres (Jean de), en latin Serranus, savant calviniste, né vers 1540 à Villeneuve-de-Berg, m. en 1598, embrassa la carrière du ministère évangélique. Après le massacre de la St-Barthélemy, il se retira à Lausanne, et y traduisit en latin les œuvres de Platon ; ce travail fut publié en 1578. Professeur de théologie à Nîmes en 1579, il écrivit contre les Jésuites, et fut employé par Henri IV, eu France et à l’étranger, pour les affaires des protestants. Ses efforts pour rapprocher les communions chrétiennes furent inutiles, et déplurent aux deux partis. Il fut nommé historiographe de France en 1597. Ses principaux ouvrages sont: Commentqriorum de statu reliyionis etreipublicæin regno Galliœ libri xv, 1571-73, 2 vol. in-8° ; Psalmorum Davidis aliquol metaphrasis grœca, 1576, in-16 ; Inventaire général de l'histoire de France, 1597, in-16, continué par divers auteurs, 1660, 2 vol. in-fol., 19e édition; De fide calholicâ, 1607, in-8°. J. T.

serres (Olivier de), seigneur du Pradel, agronome, frère du précédent, né en 1539, à Villeneuve-de-Berg (Vivarais), m. en 1619, se fit remarquer par sou acharnement contre les catholiques. Il fut envoyé, en 1561, à Genève par les calvinistes, pour demander un pasteur à Calvin. Ce fut pour se distraire du triste spectacle des guerres religieuses, qu’il se mit à étudier l’agriculture et à rédiger ses observations. Son Théâtre d'agriculture était terminé en 1599 ; mais il voulait attendre, pour le publier, que la tranquillité fût rétablie. Cependant, pour répondre au désir de Henri I V, il en fit paraître un chapitre dé taché sous le titre de Cueillette de la soie pour la nourriture des vers qui la font. Henri IV seconda ses idées, et, en 1600, le chargea de réunir des plants de mûrier pour les palais royaux. La même année parut le Théâtre d’agriculture et ilesnage des champs, précieux ouvrage où l’auteur consignait le résultat de 40 années d’observations, d’expériences et d’études, et traitait avec une supériorité universellement reconnue tout ce qui se rattache à ce vaste sujet. Il sut montrer l’avantage des herbages pour l'agriculture, et, le premier, mit en usage les prairies artificielles. Le Théâtre d'agriculture fut accueilli avec une immense faveur. On en compte 8 éditions du vivant de l’auteur, et 1 1 autres de 1619 à 1675. Une 20e parut en 1802, rajeunie pour le | style par M. de Gisors. Eu 1804, la Société d’agriculture de Paris en publia une belle édition en 2 vol. in-4u. LTn j monument fut élevé à l’auteur, la même année, à Yilleneuve-de-Berg, et une statue en 1858. F — T.

SERR1ÉRES, ch.-l. de canton (Ardèche), arr. et à 32 kil. N. de Tournon, sur la rive droite du Rhône, que l’on ! y passe sur un pont suspendu; 1,732 hab. Commerce de I vins et de bois de charpente.

SER

SER

SERRURIER, maréchal «le France. V. Sérueier.

SERT, anc. Tigranocerte, v. de la Turquie d’Asie (Diarbékir), à lUOkil. N.-E. deNisibin; 3,000 hab.

SERTAO ou SERTAM, c.-à-d. désert, nom que l’on donne, au Brésil, à certaines parties désertes, peu peuplées ou incultes de quelques provinces, entre autres, aux solitudes du Rio-San-Francisco, dans la province de Minas- Geraës. Les rares habitants qu’on y trouve sont appelés Sertanejos. !’■

SERTORIUS ( Quintus), chevalier romain , né à Nursia versl’qn 632 de Rome, 121 av. J.-C., m. l’an 680 de Rome, 73 av. J.-C., servit avec distinction dans la guerre des Cimbres, et perdit un œil dans un combat. Il s’était si bien familiarisé avec la langue des Barbares, que plusieurs fois il pénétra, sous un déguisement, dans le camp des Teutons. Durant la guerre Sociale, il sut retenir dans la fidélité les Gaulois cisalpins, et leva même une armée chez eux. Plus tard, il assiégea Rome avec Marius, Cinna et Carbon, et y rentra avec eux; mais il se lassa bien vite des massacres qui suivirent, et, une nuit, il enveloppa, avec Cinna, et tua 4,000 des satellites de Marius, 86 av. J.-C. Après le retour de Sylla et la défaite desMarianistes, il alla soulever l’Espagne, 82. Chassé par le préteur Annius, que Sylla avait envoyé contre lui , il songea un instant à s’exiler aux îles Fortunées (Canaries), et alla guerroyer en Mauritanie, d’où le bruit de ses exploits se répandit en Espagne. Appelé par les Lusitaniens, qu’oprimait Annius, il revint dans cette province, et y domina ientôt en maître par ses victoires sur les généraux romains et son ascendant sur les indigènes, à qui il avait su persuader qu’il était en rapport avec les dieux par l’intermédiaire d’une biche blanche, dont il se faisait suivre partout. Perpenna lui amena de nouvelles forces et des Romains de distinction dont il forma un sénat de 300 membres, en établissant à Osca une république sur le plan de la République romaine. Métellus, son adversaire, était aux abois: le sénat, effrayé, envoya à son secours Pompée, 76. Celui-ci ne fiat pas d’abord plus heureux, et Sertorius ayant accepté l’alliance et les secours de Mithridate, Métellus ayant été battu à Italica, Pompée à Laurone et à Sucro, Rome était dans le plus grand danger ; mais Sertorius était entouré de traîtres : dans son camp même, une conspiration, dont Perpenna était le chef, se forma contre lui , et il fut assassiné au milieu d’un festin , la huitième année de son commandement. Sa Vie a été écrite par Plutarijue. P. Corneille en a tiré le sujet d’une tragédie. O.

SÉRULLAS ( George - Simon), chimiste, né en 1774 à Poncin (Ain), d’un notaire, m. en 1832. Il commençait ses études pharmaceutiques à Bourg en 1793, lorsqu’il fut appelé au service des hôpitaux militaires. Distingué par Bayen et Parmentier, il obtint à 22 ans le grade de pharmacien-major. Après avoir participé à toutes les guerres de l’Empire, il «levint pharmacien en chef et professeur de chimie à l’hôpital militaire de Metz en 1814, puis au Val -de-G race à Paris, remplaça Vauquelin à l’Académie des Sciences en 1829, et fut enlevé par le choléra. Ses obsèques furent faites aux frais du gouvernement. Sérullas a créé les iodures de carbone et de cyanogène, les bromures et chlorures de cyanogène, l’éther biomhydrique; isolé l’acide cyanique; complété l'histoire des acides chlorique, perchlorique, iodique, de l’iodure et du chlorure d’azote ; montré que l’acide iodique fait découvrir dans un liquide les plus petites quantités de morphine, et qu’il précipite de leur dissolution alcoolique les autres alcalis végétaux ; étudié les chlorates de ces mêmes alcalis ; constaté l’acétification immédiate de l’alcool absolu par l’acide chlorique pur ; signalé dans l’acide perchlorique un agent précieux pour séparer la potasse de la soude ; fait connaître le bromure de silicium, le bromhydrate d’hydrogène phosphoré ; appris à préparer plus aisément l’iodhydrate d’hydrogène phosphoré, etc. J. G.

SËRURIER ( Jeaume-Mathieu-Philibert, comte), né à Laon en 1742, d’une famille de bourgeoisie, m. en 1819, commença par être lieutenant de milice de sa ville natale, puis, en 1759, servit dans la guerre de Hanovre, fit la campagne de Portugal en 1762, et celle de Corse en 1771.

Il était major au début de la Révolution, dont il adopta les principes, fut nommé colonel, et, en 1794, général de brigade, puis général de division. Il se signala à l’armée des Alpes sous Kellermann et Schérer, 1795, sous Bonaparte, 1796, à Vico, à Mondovi, à Castiglione, au blocus de Mantoue, etc. Commandant de Venise, 1797, et de Lucques, 1798, il y déploya de grands talents administratifs. Ayant secondé Bonaparte au 18 brumaire, il fut nommé successivement sénateur , maréchal d’Empire , comte, gouverneur des Invalides. Il n en vota pas moins la 1

déchéance de Napoléon en 1814. Nommé pair de France par Louis XVIII , il se rallia à l’Empereur pendant les Cent-Jours; la 2e Restauration le mit à la retraite. Sa ville natale lui a élevé une statue en 1863. J. T.

SERVAGE, condition intermédiaire entre l’esclavage antique et la liberté moderne. Les causes de la substitution graduelle du servage à l’esclavage furent : 1® l’influence de l’Eglise, qui, proclamant l’égalité de tous les hommes, adoucit le sort des esclaves, protégea la liberté des affranchis, poussa les fidèies à racheter les captifs, et interdit de faire de nouveaux esclaves; 2° l’exemple du colonat romain, qui était déjà une forme particulière de servitude en progrès sur l’esclavage proprement dit ( V. Colon ) ; 3° les mœurs des Germains, chez lesquels la servitude n’allait pas au-delà de l’obligation de payer certaines redevances. Les serfs du moyen âge se distinguaient des esclaves de l’antiquité, en ce qu’ils ne pouvaient être vendus qu’avec le domaine auquel ils étaient liés, et en ce qu’ils étaient en possession du droit de contracter mariage; de ce lien, dont l’Eglise proclamait l’indissolubilité , devaient résulter à la longue l’autorité reconnue du père sur ses enfants, l’obligation de pourvoir, avec une partie du fruit de son travail, à leur subsistance, à leur éducation, enfin l’indc-pendance de la famille du serf par rapport à son maître. Le serf avait encore le droit d’intenter une action au seigneur pour les sévices dont il aurait eu à souffrir; le seigneur lui devait la justice, et non pas exercer à son égard une volonté capricieuse. Il fallait une permission du seigneur, équivalente à l’affranchissement, pour que le serf pût recevoir les ordres sacrés. Le trait caractéristique et essentiel du servage, c’était l’incapacité d’être propriétaire : les serfs ne possédaient aucune terre en propre : de là le nom de mainmortables qu’on leur donnait aussi; ils payaient, pour le fonds qu’ils cultivaient, une redevance annuelle en argent, en fruits du sol, ou en travail ; leur faculté d’acquérir se bornait à la consommation de la partie du pro- «luit de leurs travaux qui était nécessaire à leur subsistance. Si un serf mourait sans héritiers communs en biens avec lui, sa succession appartenait au seigneur. Avec le temps, le servage ne consista plus dans la privation absolue de la liberté et de la propriété, mais dans l’usage de l’une et de l’autre restreint par certaines conditions. On arriva à l’abolition progressive du servage par bien des voies différentes : 1® par le droit d’asile pour les serfs fugitifs, concédé à certaines villes; 2® par les affranchissements, qui étaient la conséquence, soit d’actes spéciaux de franchises, soit de ventes, soit de mauvais traitements, soit du séjour des serfs sur un fief pendant 10, 20 ou 30 ans, sans qu’on les eût employés ; 3° par les Croisades, dont l’inspiration religieuse était favorable à la liberté, et durant lesquelles les serfs s’affranchirent en prenant la croix ; 4® par les insurrections d’où sortirent les Communes ( V. ce mot ) ; 5® par une sorte de rachat, en rendant au seigneur le fonds qu’on tenait de lui et le tiers des meubles, et se pourvoyant devant le juge pour se faire déclarer sujet franc du roi. L’acte le plus fameux d’affranchissement en France eut lieu sous Louis le Hutin : une ordonnance du 3 juillet 1315 donna la liberté aux serfs de la couronne, moyennant une somme d’argent déterminée. Cet exemple fut suivi par d’autres souverains. Néanmoins, les résistances de certains seigneurs féodaux, l’indolence des serfs eux-mêmes qui préféraient au travail de la liberté leur condition misérable, maintinrent un reste de servage jusqu'au xvm® siècle. Louis XYI, en 1779, en ordonna la suppression dans tous les domaines royaux, et un décret de l’Assemblée constituante, le 27 juin 1792, l’abolit entièrement sur toute la surface de la France. — Le servage exista jusqu'en 1862 en Pologne et en Russie. B.

SERVAIS (Saint), dernier évêque de Tongres, m. en 384, assista en 346 au concile de Cologne, en 347 au concile de Sardique en Illyrie, et , en 359, au concile de Rimini, où il soutint la foi de Nicée. Fête, le 13 mai.

SERVAN (Joseph-Michel-Antoine), magistrat, né à Romans en 1737, m. en 1807, fut nommé à 27 ans avocatgénéral au parlement de Grenoble. Esprit généreux et élevé, il flétrit avec éloquence, dans un Discours sur la justice criminelle , 1766, les abus de l’ancienne législation, et appela les réformes que la Révolution devait réaliser sur ce point. En 1767, il augmenta sa réputation par un Discours pour une femme protestante, abandonnée de son mari catholique, qui invoquait la nullité du mariage, aux termes des édits de Louis XIV contre les protestants. Servan compromit, en 1772, sa popularité dans une cause où un grand seigneur demandait au parlement d’annuler une obligation de 50,000 fr. souscrite par lui au profit d’uno

SER

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