‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 484 sur 864 · S ER · texte numérisé non relu

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chanteuse qu’il avait aimée. Le public regarda l’obligation comme valable; Servan en poursuivit la nullité, comme immorale ; le parlement ayant adopté des conclusions contraires, il donna sa démission. Ses loisirs furent employés à la composition de Mémoires sur les abus de notre ancienne législation. Nommé par deux bailliages aux Etats- Généraux de 1789 , il s’excusa sur sa santé , et refusa aussi, sous l’Empire, de siéger au Corps législatif ; mais il communiqua ses vues aux législateurs chargés de la restauration de l’ordre judiciaire. Il a laissé, entre autres ouvrages : Réflexions sur les Confessions de J . - J . Rousseau , 1783, in-12; lissai sur lu formation des assemblées nationales , provinciales et municipales, 1789, etc. De Portets a publié les OEuvres choisies de Servan, 1823-25, 3 vol. in-8», et un Choix d'œuvres inédites, 1825, 2 vol. in-8°. B.

servan (Joseph), frère du précédent, né à Romans en 1741, m. en 1808, fut officier du génie et sous-gouverneur des pages de Louis XY1. Il adopta les idées de la Révolution , fut nommé colonel d’un régiment de la garde soldée de Paris, formée avec les gardes françaises, puis maréchal de camp, fit partie du ministère girondin en 1792 comme ministre de la guerre, fut révoqué par le roi, en même temps que Rolland, et rétabli après la journée du 10 août, passa bientôt au commandement de l’armée des Pyrénées-Occidentales, donna sa démission pour aller repousser les accusations de Robespierre et de Chabot, fut employé dans les départements du Midi après le 9 thermidor, et devint, sous le Consulat, président du conseil des revues. Ou a de lui une Histoire des guerres des Gaulois et des Français en Italie depuis Bellovèse jusqu'à la mort de Louis XII, 1805, 7 vol. in-8°. B.

servan (saint-), ch.-l. de cant. (Ille-et-Vilaine), arr. et à 2 kil. S. de S'-Malo, à l'embouchure de la Rance dans la Mauche, qui y forme deux ports commodes, l’un militaire, dit Solidor, l’autre marchand, dit Saint-Père; 9,288 hab. Un fort, appelé Pointe de la cité, le défend du côté de la mer. Collège. Armements pour la pêche de la morue et le cabotage; construction de navires. Fabr. de câbles, biscuit pour la marine, filets de pêche; tanneries. C’est là que Chramne fut brûlé avec sa famille par ordre de son père Clotaire.

SERVANCE, brg (Haute-Saône), arr. et à 24 kil. N.-E. de Lure, sur l’Oignon; 258 hab. Tissage de coton. Exploitation de tourbe et de granit; commerce de planches, fromages, beurre.

SERVANDONI ( Jean-Jérôme) , peintre et architecte, né à Florence en 1695, m. en 1766, étudia à Rome, et se perfectionna par les voyages. 11 fit un grand nombre de dessins de décorations , et eut une immense réputation comme machiniste et artificier; il donna en Angleterre un feu d'artifice qui coûta 2,400,000 fr., et, à Vienne, une fête où figurèrent à la fois sur un théâtre plus de 400 chevaux. En France , il fut nommé peintre-décorateur du roi, directeur des fêtes de la ville de Paris, et membre de l’Académie de peinture en 1737. Il obtint au concours l’exécution du portail de l’église Saiut-Sulpice de Paris, qui est resté son principal ouvrage. B.

SERVANTS D’ARMES. V. Malte (Ordre de).

SERVE. V. Déserve.

SERVERETTE , ch.-l. de canton ( Lozère ) , arr. et à 24 kil. N.-E. de Marvejols, sur la Truyère ; 656 hab.

SERVET (Michel) , né en 1509 à Villanova (Aragon), m. en 1553, vint fort jeune en France, étudia le droit à Toulouse, la médecine à Lyon et à Paris , adopta les idées de la Réformation, et publia, en 1531, un traité De Trinitalis errnnbus libri vu , qui souleva contre lui les protestants eux-mêmes. Fixé comme médecin à Vienne ( Dauphiné ) , il noua des relations avec Calvin , puis s’attira sa haine en attaquant quelques-unes de ses opinions, et en dévoilant plusieurs de ses erreurs. Poursuivi par le cardinal de Tournon, archevêque de Vienne, pour un autre ouvrage De cliristianismi restitutione , il eut l’imprudence de se réfugier à Genève, où Calvin le dénonça comme hérétique, le fit mettre en jugement, et condamner à être brûlé vif, sentence qui fut exécutée le lendemain. On attribue à Servet la première idée de la circulation du sang ; il a laissé une édition de la Géographie de Ptolémée , Lyon , 1535, et une Bible latine, avec des commentaires peu orthodoxes, 1542. V. Vigand, Servetianisinus , Kœnigsberg, 1575, in-8»; Boysen , Historia Serveti, Wittemberg , 1712, in-4°; Allwoerde, Hisloria Serveti, Helmstædt, 1727, iriM0 ; Mosheim, Nouvelles recherches sur Michel Servet, 1750, in-4°. B.

SERV1AN, ch.-l. de canton (Hérault), arr. et à 12 kil. N.-E. de Béziers; 1,989 hab. Château du xie siècle. Fabr. d’eaux-de-vie.

| SERVIE , principauté tributaire de l’empire ottoman en Europe, entre l’Empire d’Autriche (Confins militaires du Banat) au N., les eyalets turcs de Bosnie à l’O., de Nissaau b., Widdin, et la Valachie à TE.; 55,000 kilomètres carrés environ; 1,108,668 hab. Capitale, Belgrade; villes prhici pales : Semendria, Kroukovatz, Barya, Palanka, Usicza. Climat froid en hiver; étés chauds. Son territoire, divise en 17 départements, est arrosé par la Drina qui le borde à TO.,le Timokqui le limite à l’E. avec le Danube , la Save qui forme sa frontière septentrionale , laMorawa, etc. Il est fertile, boisé, montagneux, surtout au S. , et possède des mines inexploitées. L’agriculture est très-négligée , l’industrie presque nulle , et Ton n’exporte guère que les bestiaux, les sangsues, les peaux, les suifs, la cire , la laine, le crin , la noix de galle , et les bois. Les habitants appartiennent à l’Eglise grecque ; leur langue est un dialecte slave. — La Servie , partie de la Mésie-Supérieure des anciens, prit son nom des Serbes ou Sorabes ( V. ce mot | , peuple de souche slave , qui vinrent s’y établir vers 630. Libre jusqu’en 923 , elle passa alors sous la domination des Bulgares, et, avec eux, en 949, sous celle des Grecs. La partie occidentale recouvra son indépendance en 1039 , mais pour retomber sous le joug en 1105. Depuis 1151 , la Servie forma de nouveau un Etat particulier, dont les souverains, appelés d’abord zupans, prirent les titres de despotes en 1193, de rois en 1209 , d'empereurs en 1347, et ajoutèrent à leurs possessions une partie de la Thrace, presque toute la Macédoine, plusieurs villes de Thessalie et d’Albanie. A partir de 1459, elle fut occupée par les Turcs, moins Belgrade, qui ne fut pris qu’en 1521; on la divisa en 4 livahs, Belgrade, Semendria, Kroukovatz, et Novi-Bazar. Le traité de Passarowitz, 17 18, céda la partie N.- O. à l’Autriche , qui la restitua à la paix de Belgrade, 1739. En 1800, George Czerni (F. ce mot) se rendit indépendant, et se fit reconnaître par les Turcs prince de Servie ; mais le traité de Bukharest, 1812, rendit à la Porte tous ses droits. En 1816, une nouvelle insurrection fut dirigée par Miloch Obrenovitch , dont le traité d’Andrinople consacra le triomphe, 1829. Obligé de donner une constitution libérale aux Servions en 1835, renversé du trône en 1839, le prince Miloch eut pour successeur son fils Michel , qu’Alexandre Georgévitch , fils de George Czerni, chassa en 1842. Alexandre fut déposé en décemb. 1858 et remplacé par le vieux Miloch, m. en oet. 1860, et remplacé par son fils Michel, i.a Servie est indépendante quant à son administration ; la Porte n'a d’autre droit que de donner l’investiture au souverain, d’entretenir une garnison de 2,000 hommes à Belgrade, de percevoir un tribut de 500,000 fr., et de réclamer en temps de guerre un corps de 12,000 hommes armés. Le pouvoir est héréditaire; le prince ou hospodar gouverne avec le concours d’un sénat de 17 membres et d'une assemblée nationale. Quoique Belgrade soit la capitale en titre, le prince et le* autorités centrales siègent à Kroukovatz, où est aussi la Cour suprême d’appel. La législation, promulguée en 1844, est en grande partie empruntée au Code français. Tous les citoyens de 18 à 50 ans peuvent être appelés au service militaire; mais le nombre des troupes permanentes soldées n’e t que de 2,500 hommes, l.e revenu do l’Etat m’élève à 10 millions de fr. La valeur totale du commerce extérieur a été de 38 millions en 1857. B.

servie (nouvelle-), nom donné à une partie de la Nouvelle-Russie, notamment au gouvernement de Kherson, parce qu’une colonie de Serviens y fut établie en 1753.

SERV1EN (Abel) , marquis de Sablé , diplomate , né à Grenoble en 1593, d’une ancienne famille, m. en 1659, débuta dans la magistrature en 1616 par la charge de procureur-général au parlement de sa ville natale , alla à l'Assemblée des notables qui se tinta Rouen en 1617 , fut nommé conseiller d’Etat en 1618 , maître des requêtes en 1624, intendant de justice, de police et de finances en Guyenne en 1627 , puis secrétaire d’Etat de la guerre, négocia avec l’empereur Ferdinand II le rétablissement de la paix en Italie , se démit de ses fonctions par suite de différends avec le cardinal de Richelieu , fut rappelé aux affaires par Mazarin, et chargé, avec le comte d’Avaux, de préparer à Munster la paix de IV estphalie, montra, dans ees négociations, un caractère hautain et violent, reçut le brevet de ministre en 1649, le titre de trésorier, puis de chancelier de l’Ordre du S*-Esprit en 1651, obtint la charge de surintendant des finances en 1653, et l’exerça jusqu’à sa mort, conjointement avec Fonquet. B.

SERV1ERES , ch.-l. de canton (Corrèze), arr. et à 42 kil. S.-E. de Tulle; 309 hab.

SERV1L1E, fille de Q. Servilius Cæpion , et sœur utérine de Caton d’Utique, naquit vers l’an 655 de Rome, épousa

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