‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 488 sur 864 · SEV · texte numérisé non relu

SEV

la vit toujours amie fidèle et hardie des malheureux : elle osa visiter, en 1655, Mademoiselle, exilée àSl-Fargeau; en 1664, elle suivit avec l’intérêt le plus passionné le procès de Fouquet, dont ses douze Lettres à Pomponne sont l’histoire émue ; elle conserva avec d’Ormesson disgracié les relations les plus affectueuses; en 1665 et pendant les 16 ans qui suivirent, elle usa des ménagements les plus délicats envers Bussy, justement exilé; enfin on la voit, pendant toute sa vie , l’amie dévouée et l’admiratrice du cardinal de Metz. Dès 1663, elle présenta sa fille à la cour avec un grand éclat. Malgré les conseils de Retz, elle la maria, 1669, au comte de Grignan, déjà veuf deux fois. C’est à ce mariage que Mme de Sévigné doit sa céléhrité : lieutenant-général, M. de Grignan fut appelé, 1671, au gouvernement de la Provence, en l’absence du jeune gouverneur, le duc de Vendôme; M1”' de Grignan l'y suivit; elle se retrouva souvent avec sa mère de 1671 à 1696; mais, pendant ces 26 années, elle en passa 7 environ loin d’elle; Mme de Sévigné trompa par une correspondance assidue la rigueur de cette séparation, cruelle pour un cœur comme le sien. Elle entretenait sa fille de tout ce qui pouvait l’intéresser, lui donnant les nouvelles de la cour et de la Bretagne, de Livry et des Rochers, surtout lui parlant d’elle, prodiguant avec une sensibilité, une grâce, un enjouement, une vivacité et une variété incomparables, les trésors inépuisables de sa tendresse maternelle. En même temps, elle dirigeait son fils, le baron de Sévigné, le faisait entrer dans les gendarmes du Dauphin, enfin le mariait, 16H4, Longtemps partagée entre sa fille, son fils, sa tante, Mme de la Trousse, et son bon abbé de Coulanges , elle perdit celui -ci en 1687 , et fut , depuis ce moment, rarement séparée de Mlne de Grignan ; elle la rejoignit définitivement en mai 1694 , bénit successivement le mariage de son petit-fils, le chevalier de Grignan, et celui de sa petite-fille Pauline (Mme deSimiane). Ses soins rendirent à la vie Mm« de Grignan, attaquée d’une maladie de langueur. Bientôt après, elle mourut elle-même d’une petite- vérole maligne. — Les Lettres de M,ne de Sévigné sont indispensables à consulter pour l’histoire des mœurs du xvn» siècle; elles abondent, en outre, en renseignements très-importants sur divers événements politiques, le procès de Fouquet , la tenue des Etats de Bretagne , le gouvernement provincial de la Provence, la faveur et la chute de M",e de Montespan, la grandeur de Mme de Maintenon, la révocation de l’édit de Nantes, etc. Elles ne sont pas moins intéressantes pour l’histoire littéraire : Mme de Sévigné n’est pas un écrivain dans le sens propre du mot, c'est un rare et charmant esprit dans un des plus beaux siècles littéraires du monde. Elle écrivait spontanément, comme elle causait sans doute. On a prétendu qu’elle ne traitait que de petits sujets; il est vrai qu’elle y excelle; mais elle savait traiter toutes les matières. “ C’est un naturel ingénieux, sensible, animé, plein de grâces; c’est l’esprit de société, avec la politesse, l’élégance, la mobilité, la souplesse, l’agrément dans la négligence, la finesse dans la malice, la noblesse dans la gaieté, la grâce et la décence dans l’abandon et la liberté. » 11 serait difficile de faire un choix entre ses lettres; il suffit de rappeler qu’en parlant de la mort de Turenne, 1675, elle a égalé la grandeur du sujet par la noblesse, la force, le sentiment de son style. On cite sans cesse, et avec raison, ses lettres sur le mariage de Mademoiselle, sur la douleur de Mme de Longueville, après la mort du comte de Saint-Paul, etc. 11 faudrait citer toutes celles qu’elle adresse à sa fille. Les Lettres de Mrae de Sévigné ont été réunies pour la première fois en 1726; les éditions les plus connues sont celles de Grouvelle, Paris, 1306, 8 vol. in-8°, peu estimée; de Monmerqué, ibid., 1818, 11 vol. in-8°; de M. Gault de Saint-Germain, 18.3-24, 12 vol. in-8°, avec beaucoup de bonnes notes, mais un texte peu sûr; de M. Ad. Régnier, qui a restitué le texte original, donné des lettres nouvelles, et profité des notes de Monmerqué, Paris, 1862 et suivantes, 10 vol. in-8°. V. Walckenaër, Mémoires touchant lu vie et les écrits de J/me de Sévigné, Paris, 18-12-52, 5 vol. iu-12. A. C.

SÉVILLE, v. d’Espagne, capitale de la province de son nom, et autrefois de toute l’Andalousie, sur la rive g. du Guadalquivir, à 76 kil. de son embouchure dans la mer, et à 384 kil. S. -S. -O. de Madrid; par 37° 22’ 41” lat. N. et 8° 21' 23" long. O.; 118,300 hab. Archevêché; Cour d’appel. C’est la troisième ville du royaume; situéeau milieu d’une belle et fertile plaine, elle est entourée d’une muraille de construction romaine, mais souvent réparée, et flanquée de 166 tours. Elle renferme d’admirables monuments, qui justifient cet ancien proverbe espagnol : •< Qui n’a pas vu Séville, n’a rien vu. » Ce sont ; la cathédrale,

achevée en 1519, remarquable par sa grandeur, la beauté de son architecture , les tableaux des grands maîtres qu’elle renferme . les richesses de son Trésor, la chapelle royale où est gardée la châsse du roi S1 Ferdinand, enfin par sa tour dite Giralda , haute de 85 mètres; le couvent de Buena-Vista; la Bourse (Casa Lonja) ; l’hôtel-de-ville ; l’hôtel des monnaies; VAlcazar, palais mauresque, avec de beaux jardins; le palais dit Maison de Pilate, avec une chapelle vénérée; un aqueduc de 410 arches; le collège de San-Telmo, acheté en 1849 par le duc de Montpensier, qui en a fait un palais; un beau cirque pour les combats de taureaux, etc. — Université fondée en 1502 et comprenant 9 collèges, écoles de pharmacie, de beauxarts, de mathématiques, d’artillerie, d’hydrographie, etc ; Académie littéraire, des Sociétés d’économie et de médecine; riches bibliothèques, collection précieuse des archives de l’Amérique espagnole depuis la découverte de Colomb, un musée de peinture et de sculpture intéressant, mais moins riche que quelques collections particulières. Aux xvie et xvne siècles florissait dans Séville une célèbre école de peinture, que représentaient Ilerrera, Zurbaran, Vélasquez, Murillo, Moral ès, Alonzo Cano, etc. Comme ville de commerce, Séville est bien inférieure à Cadix; exportation de blé, huile, réglisse, oranges, cuirs, maroquin, laines. Manufactures royales de tabac et d’armes avec fonderie de canons. Fabriques peu importantes de soieries, lainages, linge, toiles; parfumeries, tanneries, faïence, bougies stéariques, chapellerie, etc. — Séville, ancienne Hispalis, doit être comptée parmi les plus anciennes cités de la Bétique; alliée des Carthaginois, puis des Romains, César la prit dans la guerre contre les fils de Pompée ; elle reçut alors le nom de Colonia ou Julia Ro mulea. Elle devint colonie romaine et municipe sous Auguste. Les Vandales la prirent en 41 1 ; les Goths leur succédèrent bientôt , puis les Arabes en 712 ; en 1021, Séville fut la capitale d’un petit royaume indépendant. En 1091 , elle tomba au pouvoir des Maures d’Afrique; en 1248, le roi S1 Ferdinand l’enleva pour jamais aux Musulmans. En 1481 fut institué définitivement dans cette ville le grand tribunal de l’Inquisition , dont la juridiction s’étendait sur toute l’Espagne : il comptait, dès le principe , dans le seul district de Séville, 4,000 juges et familiers. La décadence de l’Espagne au xvie siècle se fit vivement sentir dans cette ville, qui avait eu 300,000 liab., dont 130,000 occupés dans les manufactures. Un traité de paix entre l’Angleterre et l’Espagne y fut conclu en 1729. En 1808, Séville s’insurgea contre la domination française; les Français y entrèrent le 1er février 1810 , et en sortirent en 1812. En 1823, les Cortès, emmenant le roi Ferdinand VII et fuyant devant l’invasion française, se reti rèrent d’abord à Séville, puis à Cadix. Séville fut bombardée par Espartero en 1843. Patrie de Trajan, Adrien, Théodose, Ponce de Léon, Las-Casas, Herrera, Murillo, Esteban, Velasquez, Louis de Vargas, etc.

Séville (Province ou intendance de), division administrative de l’Espagne, formée d’une partie de l’anc. royaume de Séville, dans l’Andalousie, entre celles de Cordoue au N., de Huelva à l’O., de Cadix au S., et de Malagaà l’E., a 13,714 kil. carr. Pop. : 420,000 hab. en 1849; 473,920 en 1860. Sol arrosé par le Guadalquivir et le Xsnil , et très-fertile; mais l’agriculture est négligée. Climat délicieux.

SEV1N il’abbé François), philologue, né en 1682 à Villeneuve-le-Roi ( Yonne ), m. en 1741, fit de bonnes études chez les Jésuites de Sens et de Paris, fut envoyé à Constantinople avec Fourmont, en 1728, pour rechercher des manuscrits, en rapporta plus de 600 ouvrages grecs, dont s’enrichit la bibliothèque du roi , fut nommé en 1737 garde des manuscrits de cette bibliothèque, et rédigea les deux premiers volumes du catalogue des nouveaux manuscrits. Il a laissé une foule de Mémoires et de Dissertations dans le recueil de l’Académie des Inscriptions, dont il était membre, notamment sur Anacréon , Hésiode, Evhémère, Callisthène, Tyrtée, Hécatée de Milet, Nicolas de Damas, Archiloque, Panætius, Philiste, Jérôme de Cardie, Pline, etc., sur l’histoire d’Assyrie, de Lydie, de Carie, de Bithynie, et de Pergame. 11 est aussi auteur de Lettres sur Constantinople, Paris, 1802, in-8°. B.

SEVINUS. V. Sebinus.

SÉVIRS, Seviri, commandants des escadrons des chevaliers romains, à leur revue annuelle ( V. Revue).

SÉvirs, prêtres d’Auguste ( V. augustai.s).

SÉvirs des routes, magistrats chargés de l’entretien des grandes routes de l’empire romain et des rues Ue Rome.

SEVO, montagne de Germanie, qu’on croit être le SUagen.

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