LA ROCIIE-SUR-LOIRE. V. LUYNES
LA ROCHE-SUR-YON. V. NAPOLÉON-VENDe'e.
LA ROCHELLE. V. Rochelle (la).
LA ROMANA (Pedro caro y sureda, marquis de), général espagnol, né à Palma en 1761, m. en 1811, étudia chez les oratoriens de Lyon , à l’université de Salamanque et au Collège des nobles à Madrid, servit d’abord dans la marine, au siège de Gibraltar, 1782, passa dans l’armée de terre en 1792, fit campagne contre la France sur la frontière des Pyrénées jusqu’en 1795, fut appelé au commandement général de la Catalogne en 1800, puis au Conseil suprême de la guerre , conduisit le corps de troupes espagnoles qui combattit sous Bernadotte dans la Poméranie en 1807, ne voulut point reconnaître le roi Joseph Bonaparte, se fit ramener en Espagne avec la plupart de ses soldats sur une escadre anglaise, commanda en chef dans tes provinces du Nord insurgées contre la domination française, organisa une terrible guerre de partisans, et fut enlevé par une courte maladie, au moment où il allait rejoindre Wellington, menacé dans le Portugal par Masséna. On trouve un Journal qu’il rédigea, et une partie de sa Correspondance, dans la collection complémentaire des Mémoires relatifs à la Révolution, Paris, 1825. B.
LAROMIGU1ÈRE (Pierre), un des fondateurs de l’éclectisme philosophique en France, né à Lévignac (Rouergue), en 1756, m. en 1837. Membre de la congrégation enseignante de la Doctrine, il la quitta pour s’occuper de politique, vint à Paris en 1795, se lia avec Garat, et devint membre du Tribunat. Ayant été éliminé de ce corps, il renonça à la politique, se consacra de nouveau à la philosophie, et professa au Prytanée français (auj. Lycée Louisle-Grand ), jusqu’à ce qu’il fut appelé à la chaire de philosophie de la Faculté des lettres de Paris, 1811, où l’intérêt de ses leçons et l’agrément de sa parole lui amenèrent de nombreux auditeurs. Après avoir été l’apôtre ingénieux des doctrines sensualistes de Locke et de Condillac, Laromiguiére, s’écartant de ses maîtres, établit une sorte de compromis entre l’empirisme d’Aristote et l’idéalisme de Descartes, en distinguant, à côté de la passivité de l’âme dans la sensation, son activité dans les diverses opérations de la conscience, de l’intelligence et de la volonté, opérations qu’il rattache à une faculté supérieure et générale, appelée sentiment. C’était l’alliance de la sensation et du sentiment. Si' ce n’était pas là un système complètement neuf, ni une solution fort satisfaisante du problème de l’origine des idées, Laromiguière eut au moins le mérite de populariser, par la clarté et le charme de son style, les études philosophiques, et de faire pour la France ce que l’Ecole écossaise faisait pour l’Angleterre. Eu 1813, il cessa ses leçons, et se fit suppléer. Il était bibliothécaire de l’Université, et fut, en 1831, élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques. On a de Laromiguière : Projet d'éléments de métaphysique, 1793, broch. in- 8°; Paradoxes de Condillac, ou Réflexions sur la langue des calculs, 1805, 1 vol. in-8°, ou 1828, 1 vol. in-12, un de ses meilleurs écrits; Leçons de philosophie , ou Essai sur les facultés de l’âme, 1815-17, 2 vol. in-8°, et 5e édit., 1833. G.L.
LA ROQUE (Gilles-André de), héraldiste, né en 1597 à Cormeilles près de Caen, m. en 1686, fut d’abord prêtre, puis obtint du pape une dispense pour se marier. On a de lui : Eloge de la maison de Bellièvre, 1653, in-fol.; Histoire générale des maisons nobles de Normandie, Caen, 1654, in-fol., ouvrage inachevé ; Histoire généalogique de la maison d'Harcourt, Paris, 1662, 4 vol. in-fol.; Traité du blason, ibid., 1673, 1681, in-12; Traité du ban et arrière-ban, ibid., 1676, in-12 ; Traité de la noblesse et de ses différentes espèces , 1678, in-4°, réimpr. à Rouen, 1720 et 1734; Traité de l’origine des noms, surnoms et de leur diversité, Paris, 1681, in-12; le Blason des armes de la maison royale de Bourbon et de ses alliances, 1626, in-fol.
la roque (Jean de), littérateur, né à Marseille en 1661, m. à Paris en 1745, voyagea dans le Levant, et publia : Voyage de l’Arabie Heureuse, de 1708 à 1713, Paris, 1716, in-12; Voyage dans la Palestine, ibid., 1717, in-12; Voyage de Syrie et du mont Liban, ibid., 1722; Voyage dans la Basse-Normandie, publié dans le Mercure de France de 1726 à 1733.
la roque (Antoine de), frère du précédent, né à Marseille en 1672, m. en 1744, voyagea dans le Levant, servit dans les gendarmes de la maison du roi, fut blessé à la bataille de Malplaquet, et obtint en 1721 le privilège du Mercure de France, dont il publia 321 vol.
LA ROQUE. V. aussi ROQUE (LA).
LARRAGA, anc. Tarraga , v. d’Espagne (Navarre), prov. et à 20 kil. S. -S.- O. de Pampelune; 2,000 hab.
LARREY (Isaac de), historien, né en 1638 à Montivil-
LAR
LAS
liers, m en 1729, était protestant, et s’enfuit en Hollande, puis à Berlin, pour échapper aux édits de Louis XIV. Il a laissé: Histoire d'Auguste, Rotterdam (Berlin), 1690, in-12; V Héritière de Guyenne , ou Histoire d' Eléonore , ibid., 1691, in-8°; Histoire d’Angleterre , d’Ecosse et d’Irlande , ibid., 1707-13, 4 vol. in-fol., Histoire des sept sages de la Grèce, 1713-16, 2 vol. in-8®; Histoire de France sous le règne de Louis XIV, 1718-19 21, 3 vol. in-4® ou 9 vol. in-12. Tous ces ouvrages sont médiocres, et auj. peu lus.
Larrey (Dom.nique-Jean, baron), célèbre chirurgien, ne en 1766 àBaudéan (Hles-Pyrénées), m. à Lyon en 1842, étudia la médecine dès l’âge de 13 ans à Toulouse sous la direction de son oncle Alexis Larrey, vint à Paris en 1787, s’embarqua en qualité de chirurgien-aide , alla en Amérique, et s’y fit remarquer par son zèle et son intelligence. De retour à Paris , il suivit les leçons de Desault et de Sabatier, devint en 1792 aide-major à l’armée du Rhin , où il organisa pour la première fois des ambulances volantes, puis suivit les armées en Corse et en Egypte. Le général Bonaparte le remarqua , et le mit à la tête du service de santé de l’armée; Larrey assista à presque toutes les grandes batailles de l’Empire, et rendit partout de grands services; sa conduite fut admirable à Ey'iau, dans la retraite de Russie, et à Waterloo, où il faillit perdre la vie. Il avait le titre de chirurgien en chef de la garde impériale. Napoléon disait que c’était le plus honnête homme qu’il eût jamais connu , et lui légua 100,000 fr. par testament. La Restauration lui ôta ses titres et sa pension, qu’elle lui rendit en 1818; il resta attaché à la garde royale , et devint chirurgien en chef des Invalides et de l’hôpital du Gros-Caillou. On doit à Larrey beaucoup de procédés chirurgicaux, entre autres, la désarticulation de la cuisse, un procédé de désarticulation du bras, un autre pour le débridement des plaies d’armes à feu, des recherches sur la peste, sur l’ophthalmie d’Egypte, etc., des appareils pour fractures, le traitement par congélation. Ses travaux scientifiques l’ont moins illustré que son caractère ; on a de lui : Relation historique et chirurgicale de l expédition d'Orienl, Paris, 1803, in-8»; Mémoires de médecine et de chirurgie militaires, Paris, 1812-31, 5 vol. in-8»; Clinique chirurgicale, Paris, 1829-36, 5 vol. in-8°avec atlas. On lui a élevé une statue auVal-de-Grâce, où il avait été nommé professeur en 1796. D —g.
LARRIVÉE (Henri), acteur célèbre de l’Opéra pendant le xvii]e siècle, né à Lyon en 1733, m. en 1802. Il débuta en 1755. Il avait une très-belle voix de basse-taille, reçut des conseils de Gluck, et perfectionna le récitatif. Il jouait et chantait d'une manière sublime Agamemnon dans l’Iphigénie en Aulide, et Oreste, dans l’Iphigénie en Tauride de Gluck.
LARRONS (Iles des). V. Mariasses.
LARROQUÈ ( Mathieu de ) , ministre protestant trèsérudit, né en 1619 à Leirac près d’Agen, m. en 1684, fut pasteur de l’église de Rouen. On a de lui : Histoire de l’Eucharistie, Amst. , 1669 ; Réponse au livre de M. l’évêque de Meaux ( Bossuet ) sur la communion sous les deux espèces , 1683 , in-12 ; Nouveau traité de la régale , 1685 , in-12.
larroque ( Daniel de) , fils du précédent , né vers 1660 à Vitré , m. en 1731 , sortit de France à la révocation de l’édit de Nantes, 1685, y rentra en abjurant cinq ans après, et subit un long emprisonnement pour avoir attribué à l’impéritie des ministres la famine de 1693. Il a laissé : les Véritables motifs de la conversion de l’abbé de la Trappe ( De Rancé ) , Cologne, 1685 , in-12 ; Vie de Mézeray, Amst. , 1720 , in-12.
LARS , mot qui signifiait roi ou seigneur chez les Etrusques.
LARTIUS (Titus-Flavus) , d’abord consul, l’an 252 de Rome, 501 av. J.-C., fut ensuite le premier dictateur, l’an 265 de Rome, 498 av. J.-C. Dans la guerre suscitée par les Tarquins, il défit les Fidénates, et s’empara de leur ville.
LA RUE ( Charles de) , né à Paris en 1643 , m. en 1725 , entra et professa chez les jésuites, et eut de la réputation comme poëte latin et comme orateur de la chaire. Son éloquence a moins d’éclat , mais plus de naturel que celle de Fléchier. On a de lui , en 4 vol. in-8°, un recueil de Sermons , parmi lesquels on en remarque deux sur le Pécheur mourant et sur le Pécheur mort ; des Panégyriques et oraisons funèbres en 4 vol. in-8®, où l’on estime V Eloge funèbre du duc de Bourgogne, et surtout celui du maréchal de Boufflers; des tragédies latines, Lysimachus et Cyrus, et une autre envers français, Sylla, oubliées, malgré le suffrage de Corneille; enfin un recueil de vers latins, Carminum libri iv, 1668, qui plaît encore aux amis des Muses. La Rue a donné des éditions estimées de Virgile et d’Horace dans la collection
Ad usum Delphini, et souvent on lui a attribué V Andçienne et l’Homme à bonnes fortunes, comédies de son ami 1 acteur Baron. J. T.
la rue (Gervais, abbé de), né à Caen en 1751, m. en 1835 , professa dans sa ville natale , et fit des recherches sur nos antiquités nationales avant la Révolution. Prêtre insermenté, il se réfugia en Angleterre, y fut reçu membre de la Société des Antiquaires, et explora pendant plusieurs années les archives anglo-normandes de la Tour de Londres. Il découvrit cette foule de poèmes français du moyen âge, dont l’existence n’était pas même soupçonnée , et que l’on a étudiés depuis avec tant de succès. Des dissertations historiques et littéraires l’avaient fait connaître avant son retour en France. En 1808 , il fut nommé professeur d’histoire à la Faculté des lettres de Caen , et membre correspondant de l’Institut en 1815. Cette même année , La Rue publia un Mémoire sur les bardes armoricains, in-8° ; en 1820, Essais sur la ville de Caen, 2 vol. in-8°; en 1824, Recherches sur la tapisserie dite de la reine Mathilde, in-4°; en 1834, Essais sur les bardes, les jongleurs et les trouvères normands , 3 vol. in-8®. Depuis sa mort , on a publié : Nouveaux essais sur la ville de Caen et son arrondissement , 2 vol. in-8® ; Mémoire historique sur le Palinod de Caen, in-8®. J. T.
LARUETTE (Jean-Louis), compositeur de musique et chanteur, né à Toulouse en 1731, m. en 1792, entra à rOpéra-Comique de Paris en 1762, et joua les rôles de père et de tuteur avec tant de naturel et de vérité , et un tel succès, que son nom a toujours servi depuis à désigner cet emploi. Il composa les ariettes de quelques opérascomiques qui réussirent dans le temps, mais qui sont auj . tombés dans l’oubli.
LARUNS , ch.-l. de cant. (Basses-Pyrénées), arr. et à 33 kil. S.-S.-E. d’Oloron , entre les Eaux-Chaudes et les Eaux - Bonnes , près du Gave d’Ossau ; 1,721 hab. Haut fourneau pour le traitement du cuivre , exploit, de marbres, et mines de plomb ; eaux minérales.
LARVES. V. Lémures.
LASA ou CALLIRHOË , anc. v. de l’Arabie Pétrée (Pérée), au S.-E. du lac Asphaltite.
LA SABLIÈRE (Mme de). V. Sablière (la).
LA SALE ( Antoine de ) , romancier français , né en 1398, probablement dans le comté de Bourgogne, m. vers 1462 , fut attaché à la cour de Provence sous les règnes de Louis III et de René d’Anjou , puis à Philippe le Bon , duc de Bourgogne. On a de lui : Hystoire et plaisante chronique du petit Jehan de Saintré et de la jeune dame des Belles Cousines, Paris, 1517, réimpr. en 1724, 3 vol. in-12, et rajeunie par le comte deTressan; Chronique et généalogie des comtes d’Anjou de la maison de France, 1517, in-4®; la Salade, laquelle fait mention de tous les pays du monde, 1521, in-fol. ; un traité de morale, manuscrit à la Bibliothèque impériale.
LA SALLE (Robert de), voyageur, né à Rouen vers 1640, m. en 1687 , se rendit au Canada vers 1670 , obtint une commission du marquis de Seignelay , ministre de la marine, pour explorer le Mississipi, navigua sur ce fleuve depuis le pays des Illinois jusqu’à son embouchure , prit possession , au nom de la France , d’une grande partie de la Louisiane, et fut assassiné par trois de ses compagnons dans le Texas actuel. On a publié, d’après les papiers d’un de ceux qui l’avaient accompagné, un Journal historique de son voyage, Paris, 1723, in-12.
la salle (Jean-Baptiste de), chanoine de Reims, né dans cette ville en 1651, m. en 1719, consacra son patrimoine à l’institution des Frères des écoles chrétiennes ( V. Frères), qu’il fonda, en surmontant, avec la persévérance du dévouement le plus absolu et le plus admirable, une foule d’obstacles et de persécutions. Il a écrit pour les enfants de ces écoles deux ouvrages : les Devoirs du chrétien envers Dieu, et la Civilité chrétienne.
la salle (Philippe de), dessinateur, né à Seyssel en 1723, m. en 1804, prit des leçons de Boucher. Il porta de nombreuses améliorations dans les manufactures de Lyon, donna de beaux dessins pour les étoffes, eut l’idée des soieries pour meubles, inventa la navette volante, et perfectionna le tour et le moulin à soie.
lasalle (Antoine), littérateur, né en 1754, m. en 1829, fils naturel d’un Montmorency , fut destiné à l’état ecclésiastique , puis au commerce , et finit par entrer dans la marine. De 1771 à 1778 , il visita les îles de l’Amérique, l’Inde et la Chine. A son retour, il s'occupa de philosophie, et publia quelques ouvrages, qui dénotent une imagination hardie et bizarre : le Désordre régulier, 1786, in-8°; la Balance naturelle, 1788, 2 vol. in-8°; la Mécanique morale, 1789, 2 vol. in-8®. Ruiné par la Révolution, il publia une traduction incomplète et peu fidèle des OEuvres de -
LAS
LAS — 1546 -
Bacon, Dijon, 1800-1803, 15 vol. in-8°. 11 mourut à l’Rôtel-Dieu de Paris.
lasalle (Antoine-Charles-Louis collinet, comte de), général de cavalerie, né à Metz en 1775, m. en 1809, arrière-petit-fils de Fabert, entra au service, avant la Révolution , dans le régiment d’Alsace , s’engagea ensuite comme simple chasseur à cheval dans l’armée du Nord, puis passa dans celle d’Italie, où il fut fait prisonnier ; conduit au vieux feld-maréchal Wurmser, et interrogé par ce dernier sur l’âge qu’avait le général Bonaparte : « Celui de Scipion quand il vainquit Annibal, » répondit fièrement Lasalle. Sa captivité dura peu , et il put prendre part à la bataille de Rivoli, où il se fit remarquer. Il suivit Bonaparte en Egypte, gagna le grade de colonel à la bataille des Pyramides, fit la seconde campagne d’Italie, 1800, 1801, devint général de brigade en 1804, prit la part la plus glorieuse à la campagne d’Allemagne en 1805, fut nommé général de division en 1806, partit pour l’Espagne en 1808, et contribua aux victoires de Medina-del-Rio-Secco, de Burgos, et de Medelin ; puis, rappelé en Allemagne, où il commanda la cavalerie de l’avant-garde, il s’illustra à Raab, à Essling, et à Wagram, o* il fut tué. Lasalle, mort jeune encore, se distinguait par un coup d’œil prompt et sûr, et par une vigueur intrépide qui décidait le succès.
lasalle, ch.-l. de cant. (Gard), arr. et à 30 lui. N.-E. du Vigan; 1,193 hab. Fabr. de bonneterie.
LASCA (il). V. Grazzini.
LASCARIS, nom d’une famille illustre de l’empire grec. Son éclat date de Théodore Lascaris , gendre d’Alexis l’Ange , et fondateur de l’empire de Nicée en 1204. Il eut pour successeurs son gendre Jean Ducas Vatace, 1222-1255; puis Théodore II, fils de Vatace, 1255-1259; enfin Jean Lascaris, 1259-1261 ( V . Jean, Théodore). Cette famille produisit aussi des savants distingués ( V. les art. sait;.). Le Génois Guillaume, comte de Vintimille, ayant épousé Eudocie, fille de Théodore II, 1258, fit prendre à sa postérité le nom de Lascaris , qui a subsisté dans le comté de Nice jusqu’au siècle dernier. S.
lascaris ( Constantin), savant grec, quitta Constantinople en 1454, passa en Italie, où le duc de Milan, François Sforza, le chargea d’enseigner la langue grecque à sa liile Hippolyte, s’établit à Rome près du cardinal Bessal’ion, fut appelé à Naples par le roi Ferdinand, et mourut à Messine en 1493. On a de lui : Grammatica (jrœca , sine compendium octo orationis partium , Milan, 1476, in-4°, le 1er livre imprimé en grec. B.
lascaris (Jean) , dit Bhyndacenus , parce qu’il était né vers 1445 près du Rhyndacus en Phrygie, se retira, après la prise de Constantinople par les Turcs, à Florence, auprès de Laurent de Médicis, retourna deux fois en Grèce pour recueillir des manuscrits précieux , fut appelé en France par Charles VIII, y donna des leçons de grec à Budé et à Danès , servit d’ambassadeur à Louis XII auprès de la république de Venise, s’attacha ensuite au pape Léon X, qui le mit à la tête du collège grec à Rome, reçut de François I« la mission de former la bibliothèque de Fontainebleau, et mourut en 1535. On lui doit : Epigrammata grœca et lutina, Paris, 1527, in-8° ; de Veris græcarum litlerarum formis accausis apud antiques, ibid. , 1536, in-8°; Oraliones , Francfort, 1573; des éditions de Callimaque, Florence, 1492, in-4°; de V Anthologie, ibid., 1494, in-4»; des Scholies sur l'Iliade , Rome, 1517, in-fol., etc. M. Villemain a publié un intéressant ouvrage sous le titre de Lascaris, ou les Grecs du xve siècle , Paris, 1825, in-8°. B.
LAS CASAS (Barthélemy de), célèbre prélat espagnol, né à Séville en 1474, m. à Madrid en 1566, s’embarqua à 19 ans avec son père sur la flottille de Christophe Colomb, entra dans l’ordre des Dominicains à son retour, et partit de nouveau pour l’Amérique, afin de travailler à la conversion des indigènes. Il prêcha en même temps l’Evangile aux peuplades conquises et l’humanité à leurs oppresseurs, fit de fréquents voyages en Europe pour plaider auprès de Charles-Quint la cause de ses infortunés néophytes, devint évêque de Chiapa au Mexique, et ne revint définitivement en Espagne qu’en 1551. On a de lui : Brévissima relacion de la destruccion de las Indias, Séville, 1552, in-4°, trad. en latin sous le titre de Narralio regionum Indicarum, Francf., 1598, in-4°, et en français sous celui de Tyrannies et cruautés des Espagnols, Anvers, 1679, in-4°. C’est une réponse à un ouvrage de Sepulveda ( P. ce mot). Les OEuvres de Las Casas, réunies à Séville, 1552, 5 part. in-4°, ont été traduites en français, Paris, 1822,2 vol. in-8°. On a accusé ce vertueux prélat d’avoir conseillé aux Espagnols la traite des nègres, afin de ménager les Indiens; c’est une imputation dont H. Grégoire l’a justifié ( V. Mémoiresde t’ Académie des Sciences morales et politiques ,t. iv). B.
LAS CASES (Marin-Joseph-Emmanuel-Auguste-Dieudonné, comte de) , né en 1766 au château de°Las Cases, près de Revel (Haute-Garonne), m. en 1842, entra à l’Ecole militaire , puis à l’Ecole de marine , et il était à 23 ans capitaine de vaisseau. Il émigra, fit, dans l’armée de Condé, la campagne de 1792, prit part à l’expédition ! de Quiberon , et rentra en France après le 18 brumaire. C’est alors qu’il composa l 'Atlas historique, chronologique et géographique, publié sous le pseudonyme de Le Sage,
| 1803-4, gr. in-fol., vaste résumé d’histoire en tableaux I très-commodes comme aide-mémoire, et dont le succès a été grand. Devenu, en 1810, chambellan de Napoléon Ier, il fut chargé de plusieurs missions, séjourna en Angleterre pendant que l’Empereur était à l’ile d’Elbe , et fut agréé j pour l’un de ses compagnons d’exil à Ste-Hélène. Au mois j de novembre 1816, on le sépara de l’illustre prisonnier ;
on le retint 13 mois captif au Cap. Quand il revint en ■ France, Napoléon n’était plus. Alors il publia le Mémorial I de Ste- Hélène , Paris, 1823, 8 vol. in-8° et atlas, ouvrage I souvent réimprimé depuis , et qui est , en grande partie ,
! un journal des entretiens de l’Empereur sur toutes les époques de son histoire. En 1830, Las Cases fut envoyé à la Chambre des députés par l’arrond. de Sl-Denis (Seine), et siégea dans l’opposition. — Son fils , Emmanuel-Pons- Dieudonné, né à Vieux-Châtel (Finistère) en 1800, m. en 1854, fut, à Ste-Hélène, le secrétaire de Napoléon, et, à son retour en Europe , alla souffleter Hudson-Lowe , qui refusa ' de se battre en duel avec lui. Député après 1830, il accompagna, en 1840, le prince de Joinville, chargé de rapporter en France les restes de l’Empereur sur la frégate la Belle- Poule, publia, en 1841, un Journal écrit à bord de la Belle- Poule , et fut nommé sénateur en 1852. J. T.
LASCURA, nom latin de Lescar.
LASCY (Pierre, comte de) , né en 1678 dans le comté de Limerick (Irlande), m. en 1751, avait servi, sans obtenir un avancement marqué , en France, en Autriche et en Pologne, lorsque Pierre le Grand l’appela en Russie. Il s’illustra dans la guerre contre les Suédois, fut blessé àPultawa, devint lieutenant-général en 1721, général en chef de l’infanterie en 1722 , feld-maréchal en 1735 , et enfin gouverneur de la Livonie.
lascy (Joseph-François-Maurice), fils du précédent, né à Sl-Pétersbourg en 173» , m. en 1801 , prit du service en Autriche en 1744, se distingua à Lowositz, 1756, à Breslau, 1757, à Hochkirchen , 1758, fut nommé lieutenant-général en 1759, feld-maréchal en 1762, entra au conseil aulique, introduisit beaucoup d’ordre et d’économie dans l’administration, réforma le système des fortifications adopté en Autriche, et servit de conseil à Joseph II dans la guerre contre les Turcs, 1788. Pl.
LASERNA. V. Santander.
LA SERRE (Jean Puget de) , littérateur, né à Toulouse vers 1600, m. en 1665 , publia plus de 100 vol. sur toutes sortes de sujets, morale, histoire, philosophie, théâtre, etc., mais n’est plus guère connu que par les sarcasmes de Boileau et comme personnage de la scène de Chapelain décoiffé. Il fut bibliothécaire du duc d’Orléans et historiographe de France.
la serre ( Jean-Louis-Ignace de) , sieur de Langlade, poète dramatique, né à Gahors en 1662, m. à Paris en 1756 , ami intime de Mu® de Lussan, donna à l’Opéra Polyr.ène , 1706; Diomède, 17 10 ; Polydore, 1720; Piritlioüs , 1723; Pyrame et Thisbé, 1726, etc.; au Théâtre-Français, une tragédie d’Artaaare, 1718. On a de lui aussi des Mémoires pour servir à l'histoire de Molière et de ses ouvrages ,
LASIA. V. Andros.
LASOE, île du Danemark (diocèse d’Aalborg) , dans le Cattégat, près la côte E. du Jutland; 1,600 hab., pê cheurs pour la plupart. Sol sablonneux. Salines au N.
LASNE (Michel), dessinateur et graveur au burin, né à Caen en 1596, m. â Paris en 1667, a exécuté la Vierge et i l’enfant Jésus, d’après Annibal Carrache; la Visitation, d’a- : près L. Carrache; la Vierge assise dans les nues, d’après l’Albane ; Jésus dans sa gloire avec St Pierre et St Paul, d’après Paul Véronèse ; un Ecce Homo, d’après le Titien ; une Sainte Famille, d’après Rubens. Il a une manière facile et pleine d’adresse. Son œuvre se compose de 600 pièces.
LA SOURCE. V. Alba (Marc-David).
LASPHRISE (Papillon de). V. Papillon.
LASSA , L’HASSA, H’LASSA ou BARATOLA , v. cap. du Thibet (empire chinois) , près du Kaldjao-Mouran , à 2,400 kil. S.-O. de Pékin , par 30» 43’ lat. N., et 89» 30’ long. E. Pop. évaluée différemment , de 30,000 â 80,000 hab. Ch.-l. de la prov. d’Ouei. Résidence d’un vice-roi chinois et du Dalaï-lama. On admire le vaste palais de ca
LAS
LAT
grand-prêtre, orné d’un dôme doré et de pyramides incrustées d’or et d’argent, et continuellement visité par des pèlerins. Lassa est aussi le centre du commerce du Thibet, et l’on y compte plus de 5,000 marchands de la Chine, de l’Inde et du Cachemire. La ville est grande et bien bâtie. Elle est, du reste, peu connue des Européens.
LASSAY, ch.-l. de cant. (Mayenne), arr. et à 20 kil. N. -O. de Mayenne ; 1 ,53 1 hab. Ancien marquisat. Château bâti au IXe siècle , et conservé presque dans son entier. Halle d’une construction très-hardie.
LASSEUBE , ch.-l. de cant. (Basses-Pyrénées), arr. et à 14 kil. E.-N.-E. d’Oloron, sur la Baïse; 462 hab. Exploit, de bois pour la marine.
LASSIGNY, ch.-l. de cant. (Oise), arr. et à 24 kil. N., de Compiègne ; 830 hab.
LASSONE ( Joseph-Marie-François ), médecin de Marie Leczinska , de Louis XVI et de Marie-Antoinette , né à Carpentras en 1717 , m. en 1788, a laissé 43 Mémoires ou Observations , insérés dans les recueils de l’Académie des Sciences et de la Société de médecine, dont il était membre. Il s’est occupé particulièrement de quelques combinaisons de l’acide borique , des sels de mercure , d’antimoine et de f r, du phosphore , etc. V. son Eloge par Vicq-d’Azyr, Paris, 1789, in-4°.
LASSUS (Orlando ou Roland de) , célèbre compositeur de musique, né à Mons en 1520, m. à Munich en 1595, se nommait Roland de Lattre. Il fut maître de chapelle à Sl-Jean-de-Latran, à Notre-Dame d’Anvers et à la cour de Pavière, et mérita d’être mis en parallèle avec Palestrina. Ses messes, psaumes, hymnes, motets, chansons, madrigaux, etc., s’élèvent à plus de 2,000. Un choix en fut publié par son fils sous le titre de Magnum opus musicum, Munich, 1604, 7 vol. in-lol. Mons lui a élevé une statue. B.
lassus (Pierre), chirurgien, né à Paris en 1741, m. en 1807, fut chirurgien ordinaire des filles de Louis XV en 1770, professeur d’histoire de la médecine légale à la Faculté de Paris en 1794, puis professeur de pathologie externe, membre de l’Institut, et chirurgien consultant de Napoléon 1er. On a de lui : Traité élémentaire de médecine opératoire, Paris, 1795, 2 vol. in-8û; Pathologie chirurgicale, ibid. , 1805-6, 2 vol. in-8°, etc. — V. au Supplément.
LASTEYRIE (le comte Charles -Philibert de!, agronome, né en 1759 à Brives-la-Gaillarde, m. en 1849, étudia à Limoges et à Paris, visita l’Angleterre, où il connut Joseph Banks, Adam Smith, Arthur Yonng , Wilberforce, John Sinclair, Fox, puis l’Italie, où il fréquenta Lavater et Fellenberg. Rappelé à Paris par la Révolution, il se lia avec La Fayette, dont il devint l’ami. Après la tourmente révolutionnaire, il voyagea en Belgique, en Hollande, en Danemark, en Suède, étudia en Espagne la culture du pastel et du cotonnier, et contribua à importer les moutons mérinos en France. Il s’occupa aussi de la culture de l’indigotier, du riz, de la chicorée sauvage, du souchet tuberculeux, etc., décrivit les lavoirs à laine et les moulins à broyer le plâtre qu’il avait remarqués en Espagne, la préparation des olives dans ce pays, l’usage de l’aloès dans la fabrication du fil et de la dentelle selon le procédé catalan , un moulin à manège employé à Barcelone pour broyer le chocolat, etc., établit la première fabrique de plumes métalliques, alla en 1812 étudier à Munich, auprès de Sennefelder, l'art nouveau de la lithographie, et créa à Paris la lre imprimerie lithographique. Membre de la Société philanthropique, il fut encore un des fondateurs de la Société pour l’encouragement de l’industrie nationale, de la Société pour l’instruction élémentaire, propagea la méthode d’enseignement mutuel , fonda et dirigea pendant plusieurs années le Journal des connaissances usuelles et pratiques. Il a laissé des écrits sur les Bêtes à laines d'Espagne, 1799 et 1802 ; une Collection de machines et instruments employés dans l'économie rurale, domestique et industrielle , 1820-25, 2 vol. in-4°; des Remarques sur les briques creuses des Romains pour l’égouttage des terres humides, Des fosses propres à la conservation des grains ; divers Mémoires qui enrichissent le Cours d' agriculture de Rozier; les Maximes de Sextius ; Sur les droits naturels de l'homme en société, etc.
LASTHENIE , femme qui s’illustra, dans l'aile. Grèce, par son goût pour l’étude et sa passion pour la philosophie. Elle s’habillait en homme pour assister régulièrement aux leçons de Platon. Lasthénie naquit à Mantinée, vers l’an 420 av. J.-C.; on ignore la date de sa mort.
LAST1C (Jean Bonpar de) , 34e grand-maitre de l’ordre de S1- Jean-de- Jérusalem , né en Auvergne vers 1371 , m. en 1454, entra en religion en 1395, fut élu grandmaître en 1437 , repoussa deux attaques d’Abou-Zaïd- Yacmak, sultan d’Egypte, en 1440 et 1444, contre l’ile de Rhodes.
LATAKIÈH Ou LADIKIÈH, anc. Laodicœa ad mare, ville de la Turquie d’Asie (Syrie), sur l’escarpement du cap Ziaret, à 1 kil. de la Méditerranée, dans l’eyalet et à 200 kil. N. de Beyrouth ; 7,000 habitants. Elle sert de port à Alep ; exportation de laines, sésame, orge; manufact. d’excellent tabac. Evêché grec; consuls de France, d’Angleterre, d’Autriche. Dans la ville et aux environs, ruines romaines curieuses. Cette ville a été dévastée par des tremblements de terre en 1796 et 1822.
latakièh ou ladik, anc. Laodiccea combusta , v de la Turquie d’Asie (Caramanie), à 44 kil. N. -O. de Ronièh; 500 hab. Ruines nombreuses.
LATERANUS. V. Sextius Lateranus.
LATERZA, v. du roy. d’Italie (Prov. de Lecce) , à 41 kil. N. -O. de Parente; 5,342 hab.
LA THAUMASSIÈRE. V. Thaumassière (la).
LA THORILLIÉRE. V. Thorillière (la).
LATIAR ou LATIAL. V. Fe'ries latines.
LATIARIS. V. Collines de Rome.
LATICLAVE, Lntusclavus , tunique des anciens Romains. Elle était bordée d’une large bande de pourpre. Les patriciens et les consuls avaient seuls le droit de la porter. C. D — y.
LATIL ( J.-B.-Marie-Anne-Ant. de) , prélat français, né aux îles Ste-Marguerite en 1761, m. en 1839, fut élevé au séminaire de S'-Sulpice à Paris, refusa, en 1791, de prêter serment à la constitution civile du clergé, se retira d’abord en Allemagne, puis en Angleterre, devint aumônier et confesseur du comte d’Artois, rentra avec lui en France en 1814, fut nommé évêque in partibus d’Amvclée en 1816, évêque de Chartres en 1817, pair de France en 1822, archevêque de Reims en 1824, cardinal en 1826, et accompagna dans l’exil, en 1830, la branche aînée des Bourbons. On lui a attribué la plus grande influence dans la question du rappel des jésuites pendant le règne de Charles X, et dans la publication des ordonnances de juillet 1830.
LATIMER (Hugh), évêque de Worcester, né en 1470 à Thurcaston (Leicester), ni. en 1555, combattit d’abord les doctrines de la Réformation , puis devint un des plus ardents soutiens du schisme de Henri VIII. Il subit cependant une captivité de 6 ans à la Tour de Londres, comme coupable de paroles offensantes sur la cour. Rendu à la liberté lors de l’avénement d’Edouard VI , il fut brûlé vif comme hérétique à Oxford pendant la réaction catholique du règne de Marie Tudor.
LATIN (Empire), nom donné à l’empire que formèrent à Constantinople les Croisés de race latine, en 1204, après la chute de Ducas Murtzuphle, et qui fut renversé, en 1261, par Michel Paléologue. Les empereurs turent :
Baudouin Ier, comte de Flandre 1204
Henri 1206
Pierre de Courtenay 1216
Robert de Courtenay .. 1219
Baudouin II 1228-1261
Jean de Brienne, tuteur de Baudouin II ,
est empereur 1231-1237
LATINE (Eglise). V. Eglise.
LATINES (Fériés). V. Fériés.
LAT1NI ( Latino ), savant critique italien , né à Viterbe en 1513, m. en 1593, fut secrétaire de trois cardinaux, et travailla à la correction du décret de Gratien. On a de lui : Bibliotheca sacra et profana, Rome, 1677, in-fol., recueil contenant des observations, des corrections et des leçons sur un très-grand nombre d’auteurs ecclésiastiques et profanes; Epislolœ , conjectures et observationes, sacra profanâque eruditione ornatæ, Rome, 1659, in-4°. On a imprimé les notes de Latini sur Tertullien avec les Commentaires de Pamélius sur cet auteur, Paris, 1635, in-fol. C. N. latini (Brunetto). V. brunetto.
LATINIACUM , nom anc. de Lagny.
LATINS, Latini, habitants du Latium. — Au moyen âge, on donna le même nom à tous les peuples qui avaient cté sous la domination de l’empire romain d’Occident. latins (affranchis). V. affranchis.
LA1TNUS, roi du Latium, fils de Faune et de Marica, épousa Amate, et en eut Lavinie, qu’il fiança à Enée. Telle est la tradition de Virgile. Hésiode fait de lui un roi des Tyrrhéniens, fils d’Ulysse et de Circé ; suivant Hygin , il devait le jour à Télémaque ; enfin Denys d’Halicarnasse le donne comme fils d’Hereule et d’une nymphe hyperboréenne. On dit que Latinus perdit la vie dans un combat contre Mézence. , ,
LAT1SANA, v. du roy. d’Italie (Venetie), dans la prov. et à 40 kil. S.-O. di’Udine, sur la rive gauche du Tagliamento ; 4,000 hab.
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LATITUDE , distance d’un lieu terrestre à l’équateur de la terre. Elle est septentrionale ou méridionale , suivant que ce lieu est situé dans l’un ou dans l'autre hémisphère. La latitude se détermine par la hauteur du pôle au-dessus de l’horizon. Elle se mesure en degrés , et l’on compte 90 degrés de latitude N., et autant de latitude S.
LATIUM , anc. région de l’Italie centrale, était divisée en Vieux Latium , qui comprenait la partie occupée par la race latine antérieurement à la fondation de Rome, et en Grand Latium ou Latium nouveau , formé par les conquêtes des Romains, et devenu une division administrative de l’Italie. La race latine, mélange de Sicules, de Pélasges, d’Aborigènes et de Troyens, habitait , vers l'époque de la fondation de Rome, le pays borné au N. -O. par le Tibre du côté de l’Etrurie; au N., vers la Sabine, par la vallée qui s’étend du Monte-Rotondo, du Monte-Gennaro (Lucretile), des Monti-Peschiavatori (Casillus mons ), jusqu’à Tibur, sur l’Anio; à l’E., du côté des Eques, par le territoire montagneux où étaient bâties Æsula et Præneste, les deux villes les plus orientales du Latium; au S., du côté des Volsques et des Rutules, par une ligne incertaine qui allait des hauteurs du Monte-Artemisio au Rio-Torto vers la mer, mais laissait en dehors, de ce côté comme sur les autres, quelques villes latines enclavées dans les pays voisins. C’était là l'étendue de l’anc. Latium, ayant Albe pour capitale religieuse, mais divisé en autant de petits Etats distincts qu’il y avait de villes, Etats qui se réunissaient accidentellement à l’approche d’un grand danger. Les villes latines étaient, vers la Sabine, au N. de l’Anio : Fidènes, qui reçut plus tard une colonie étrusque, Crustumerium , Ficulea , Corniculum , Cameria , Ameriola, Medullia, Nomentum , Cenina ; du côté des Eques : Æsula, Præneste , Bola , Ortona , Tolerium , Pedum , Labicum , Tusculum , Vitellia ; du côté des Volsques et des Rutules : 1 Albe, Aricie, Lanuvium , Cora, enclavée dans le pays des 1 Volsques, Lavinium; du côté de l’Etrurie: Antemnæ, et plus tard Rome. — Les conquêtes de Rome et la soumission des peuples de même race qui s’étaient joints aux Latins proprement dits, Rutules, Eques, Volsques, Herniques, Ausones, agrandirent le Latium vers le S. A l’époque d’Auguste, le Latium , qui formait la partie septentrionale de la lre région de l'Italie , s’étendait de la mer Tyrrhénienne au lac Fucin, comprenant, au delà de l’ane. ! limite du vieux Latium , quelques parties du pays des Sabins et de celui des Marses; et du Tibre au Liris et même au Vulturne, puisque Strabon attribue au Latium les territoires de Sinuessa, d’Aquinum et de Casinum , situés audelà du Liris, q.ue l’on considère ordinairement comme la limite du Latium et de la Campanie. V. E. Desjardins, Essai sur la topographie du Latium, Paris, 1854, 1 vol. in-4°, avec cartes. C. P.
eatium (Droit de), droit de cité particulier aux La- : tins, mais très- inférieur au droit de cité romaine, car il ne 1 donnait pas le droit paternel. Depuis la conquête du La- j tium par Rome , il s’augmenta des privilèges suivants , j donnés par le vainqueur : un Latin , présent à Rome au moment des comices , pouvait y voter, sur l’invitation du président de l’assemblée ; la cité romaine était acquise de droit aux Latins qui avaient exercé l’une des grandes magistratures annuelles de leur pays ; sous l’empire d’Auguste, un simple citoyen latin pouvait devenir citoyen romain, en abandonnant sa patrie et y laissant un fils âgé d’un an. Les Latins n’étaient pour Rome que des alliés et des auxiliaires. Le droit de Latium disparut après la guerre Sociale, quand toute l’Italie eut reçu le droit de cité romaine ; mais il resta dans la législation, pour être donné à des cités étrangères, que l’on voulait moins favoriser, ainsi qu’à une certaine classe d’affranchis, ( V. Affranchis.) C. D— y.
LATMOS, mont, de l’Asie Mineure, sur les confins de la Carie et de l’Ionie, entre Milet et Héraelée, près du rivage de la mer Egée. Selon la Fable, Diane y venait visiter le "berger Endymion. Au montLatmos était adossée une ville de même nom.
LATOBRIGEâ, tribu de l’anc. Germanie, aux environs de Donaueschingen , vers les sources du Danube.
LATOFAO ou LEUCOFAO, lieu mentionné pour deux batailles dans les temps mérovingiens, gagnées, l’une par Frédégonde sur les Austrasiens en 596, l’autre par Ebroïn sur Pépin d’Héristal et Martin en 680. C’est auj. Laffaux, entre Soissons et Laon, ou Liffol, à 28 kil. S.-E. de Joinville (Haute-Marne).
LATOMIES , carrières de l’anc. Syracuse, à peu près au milieu de la ville. Il y en a trois, très-profondes, trèsvastes, et qui servirent jadis de prisons. L’une est appelée L'Oreille de Denys, parce qu’à une certaine hauteur, il y a
une chambre étroite où ce tyran venait , dit-on , épier secrètement les discours des prisonniers qu’il faisait enfermer dans cette Latomie, qui est très-sonore. Une 4e, à ciel ouvert, a été convertie en jardin de couvent.
LATOMUS (Jean), né à Berg-op-Zoom en 1523, m. à Anvers en 1578, chanoine régulier de la règle de S1- Augustin , prieur du monastère du Trône-de-la-Vierge à Grobbendonck, près de Herrstal , passe pour avoir découvert, dans le couvent de Ste-Agnès près de Zwolle, le manuscrit de l'Imitation par Thomas A-Kempis, dont on a perdu la trace depuis le xvne siècle.
LATONE , fille du Titan Cœus et de la Titanide Phébe, et mère d’Apollon et de Diane. Dans Homère et Hésiode, elle est seulement l’une des femmes de Jupiter avant Junon. C’est dans les hymnes homériques qu’elle devient la rivale de Junon , et qu’elle est exposée à ses persécutions. Elle parcourt toute la terre sans trouver un lieu où elle puisse mettre au monde les deux enfants qu’elle porte en son sein. Enfin l’île de Délos sort des flots pour la recevoir, ou , flottante jusque-là, devient fixe au moyen de 4 colonnes qui s’élèvent du fond de la mer. Junon suscita aussi contre elle le serpent Python , qu’ Apollon fit périr à coups de flèches, 4 jours après sa naissance. Au reste, ses enfants la vengèrent plus d’une fois (F. Niobé). Son culte, très-répandu en Grèce, était lié à celui d’Apollon. P .
LATOPOLIS , c.-à-d. ville de Lalone, anc. v. de la Haute- Egypte, au S. d’Hermonthis, ch.-l. du nome Latopolite; consacrée à la déesse Bouto, que les Grecs identifiaient avec leur Latone. Auj. Esnèh.
LATOUCHE ( Guimond de). V. Guimond.
latouche-tréville (Louis-René-Madeleine levassor de), né à Rochefort en 1745, m. en 1804 , entra dans la marine à 13 ans, et assista au combat de Belle-Ile. Compris dans une réforme en 1768, il servit dans l’armée de terre jusqu’en 1772. Capitaine de la frégate l’ Hermione, il soutint, en 1781, avec VAstrée, que commandait La Pérouse, une brillante lutte contre 4 frégates et 2 corvettes anglaises. Chancelier de la maison du duc d’Orléans en 1787, député de la noblesse du bailliage de Montargis aux Etats-Généraux de 1789 , destitué et incarcéré comme noble en 1793, il commanda en 1799 la flottille de Boulogne, repoussa les deux attaques dirigées contre elle par Nelson en 1801, dirigea ensuite l’escadre partie de Rochefort pour St-Domingue, et fut nommé vice-amiral, peu de temps avant de mourir. B.
latoüche (Hyacinthe tiiabaud de), littérateur, né a La Châtre (Berri) en 1785, m. en 1851, débuta par quelques pièces de théâtre spirituellement écrites : les Projets de sagesse, comédie en vers, 1811; Selmours, comédie, 1818; le Tour de faveur , un acte en vers, 1818. Il écrivit ensuite : Histoire du procès Fualdts , 1818 ; Lettres à David sur le salon de 1819 ; Biographie pittoresque des députés , 1820 ; Dernières lettres de deux amants de Barcelone, 1821. A cette même époque de sa vie appartient une bonne édition des Poésies d’A. Chénier. En littérature, il était de l’école romantique ; en politique, du parti libéral. Il rédigea en grande partie, dès 1825, le Mercure du XIXe siècle, et publia, entre autres jolis romans, Fragolelta, 1829, et la Correspondance de Clément XIV et de Carlo Berlinazzi, 1827. Après la révolution de 1830, il se montra irritable et violent, et rédigea en chef le journal le Figaro de 1831. En 1852, on a publié ses dernières poésies sous le titre de: Encore adieu, 1 vol. in-18. Ce fut lui qui accueillit et dirigea Mme Sand à ses débuts.
LATOUR (Maurice-Quentin de) , peintre illustre, né à S‘-Quentin en 1704, ra. en 1788 , se forma en étudiant les richesses artistiques de Reims. Il se plaçait déjà à côté de Rigaud et de Largillière, quand sa mauvaise santé le força d’abandonner la peinture à l’huile : il fit alors des portraits au pastel , et sut donner à ce genre si fragile un éclat extraordinaire. Ses œuvres se distinguent à la fois par une perfection de ressemblance qui ajoute aux traits de la physionomie le caractère moral , et par un fini précieux de travail qui n’exclut pas le nerf et le ressort. On cite les portraits du peintre Silvestre, du sculpteur Frémin , de Restaut, de Louis XV, de Voltaire, de La Condamine et de Dalembert. Latour, qui avait acquis par son travail une belle fortune , fonda une école gratuite de dessin à Sl-Quentin ; beaucoup de ses ouvrages sont conservés au musée de cette ville. On lui a érigé une statue en 1859. B.
la tour ( baillet , comte de ) , général autrichien , né au château de La Tour (Luxembourg) , vers le milieu du xvme siècle, m. en 1806, fit ses premières armes en 1778 contre les Turcs, devint colonel d’un régiment de dragons qui porta son nom, puis général-major, futemployé à comprimer la révolte des Pays-Bas en 1789, se trouva à la
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bataille de Jemmapes en 1793 , contribua aux succès du | prince de Cobourg dans la Belgique , commanda le seul corps qui obtint quelque avantage à Wattignies, fut nommé feld-zeugmeister en 1796 , ne sut ni empêcher Moreau de passer le Rhin ni profiter de sa retraite , et fut gouverneur j de la Styrie , puis de la Haute-Autriche, enfin président du conseil aulique de guerre. B.
la tour-d’aigües, brg (Vaucluse), arr. et à 27 kil. S.-S.-E d’Apt; 1,613 hab. Passementerie; moulinage de soie. Belles ruines d’un anc. château.
la tour-d’auvergne , ch.-l. de cant. (Puy-de-Dôme) , arr. et a 55 kil. E. d’Issoire; 653 hab. Anc. château des seigneurs de ce nom.
la tour-d’auvergne (Maison de) , famille noble, connue dès le XIIe siècle. Les seigneurs de La Tour devinrent comtes d’Auvergne en 1389 , par le mariage de Bertrand IV de La Tour avec Marie , héritière des comtés d’Auvergne et de Boulogne. La famille forma plusieurs branches , entre autres celles des ducs de Bouillon , des vicomtes de Turenne, et des barons de Murat. Ses membres les plus célèbres ont été :
la tour-d’auvergne (Henri de), vicomte de Turenne, duc de Bouillon, né en 1555 , m. en 1623 , embrassa le calvinisme, s’attacha à Henri de Navarre , contribua en 1587 à la victoire de Coutras , épousa en 1591 Charlotte de la Marck, qui lui apporta le duché de Bouillon et la principauté de Sedan, fut créé maréchal de France en 1592, se compromit dans la conspiration de Biron en 1602 , obtint son pardon , se rangea dans le parti des nobles contre Coneini sous Louis XIII , puis s'attacha à Marie de Médicis en haine du connétable de Luynes. C’est lui qui a fondé l’université de Sedan. Il a laissé des Mémoires , publiés à Paris, 1666. D’un second mariage avec Isabelle de Nassau, il eut Frédéric-Maurice ( V. l’art suie. ) et le célèbre maréchal de Turenne. B.
la tour-d’auvergne (Frédéric-Maurice de), duc de Bouillon, fils du précédent, né à Sedan en 1605, m. en 1652 , servit avec distinction en Hollande sous les princes d’Orange , ses oncles maternels , abjura le calvinisme en 1634 , seconda la révolte du comte de Soissons contre le cardinal de Richelieu , et prit part à la bataille de la Marfée , 1641. Arrêté comme complice de Cinq-Mars, 1642, il ne recouvra la liberté qu’en livrant sa forteresse de Sedan. Il joua encore un des principaux rôles dans la Fronde. B.
la touu-d’auveiIgne (Théophile-Malo corket de), dit le Premier Grenadier de la République, né à Carhaix en 1743, d’un bâtard de la maison de La Tour, m. eu 1800, entra dans les mousquetaires en 1767 en qualité de souslieutenant, puis passa au service de 1’Espigne, et se distingua au siège de Mahon. 11 était capitaine quand éclata la Révolution, servit à l’armée des Pyrénées-Orientales, en 1793-95, et il commanda la Colonne infernale ( V . ce nom au Supplément .) Il refusa tout avancement militaire, ainsi que le titre de membre duCorpslégislatif. Le Ier consul lui décerna un sabre d’honneur, avec le titre de Premier Grenadier de la République , il accepta le sabre, mais refusa le titre, dont sa modestie se montra blessée, et qui cependant lui est demeuré. Il s’était retiré dans sa ville natale après la paix de Bâ!-c : ayant appris que le fils de Lebrigant, son vieil ami, était enlevé par la conscription, il obtint du 1er consul de remplacer le jeune soldat. Il fit la campagne de 1799 en Suisse, dans la 46e demi-brigade, son ancien corps, où il reprit le grade de capitaine, passa de là à l’armée du Rhin, et fut tué au combat de Neubourg, le 27 juin 1800. On l’ensevelit dans des branches de laurier et de chêne, et un grenadier lui tourna, dans sa fosse, la face vers le ciel, en disant : « Il ne faut pas que celui qui n’a jamais tourné le dos à l’ennemi de son vivant, le lui tourne après sa mort. » Son cœur fut conservé dans une urne d’argent, et porté dans sa compagnie; à chaque appel de son nom, resté sur les contrôles, un grenadier répondait : « Mort au champ d’honneur. » La Tourd’Auvergne était un savant distingué , et possédait un grand nombre de langues; il publia : Nouvelles recherches sur la langue, l'origine et les antiquités des Bretons , Bayonne, 1792, ouvrage réimprimé en 1801 sous le titre d 'Origines gauloises, 1 vol. in-8°, et où il soutient, avec érudition et originalité, un système erroné. On lui a érigé une statue on bronze à Carhaix^ en 1841. B.
la tour-de-france, ch.-l. de cant. (Pyrénées-Orientales) , arr. et à 25 kil. O.-N.-O. de Perpignan, sur l’Agly; 1,251 hab. Vins et eaux-de-vie.
la tour-du-pin, s.-préf. (Isère), à 64 kil. N. -N. -O. de Grenoble , sur la rive g. de la Bourbre ; 2,201 hab. Le trib. de lre instance est à Bourgoin. Château sur une éminence voisine (Pen en celtique signifiait hauteur).
la tour-du-pin (Maison de) , famille noble, dont on fait remonter l’origine aux dauphins de Viennois. La branche aînée s’éteignit à la fin du xive siècle; son nom passa à la branche collatérale des Sassenages. Les personnages les plus illustres de cette famille sont : René de la TOUR-du-pin-gouvernet, né en 1543 à Gouvernet (Dauphiné) , m. en 1619 , un des chefs du parti calviniste dan.le Dauphiné , maréchal de camp sous Henri IV, puis gouverneur de Die et de Montélimart; — Hector de la tourdu-pin-montauban , fils du précédent , dernier chef des protestants du Dauphiné , soumis en 1626 , et investi du gouvernement de Montélimart ; — René de la tour-du-pinmontauban , fils du précédent , né en 1620 , m. en 1687 , combattit avec distinction en Italie , en Allemagne et en Catalogne , prit part à la victoire de St-Gothard sur les Turcs en 1664 , à la conquête de la Franche-Comté , 1668, et de la Hollande, 1672, fut blessé à la bataille de Senef en 1674, contribua aux succès de Mulhausen et d’Altenheim, servit encore en Sicile sous le duc de Vivonne, et fut gouverneur de la Franche-Comté; — Philis de la tour-du-pin de la cïiarce, héroïne, repoussa du Dauphiné les troupes du duc de Savoie, en 1692 ; — René-François André de la tour-du-pin de la charce , combattant de Lawfeld en 1747, devint, par son mariage avec l'héritière de la maison de Chambly , le chef de la branche de La Tour-Ghambly ; — Jean-Frédéric de la tour-dupin-gouvernet , né à Grenoble en 1727 , m. en 1794 , se distingua dans la guerre de Sept- Ans , devint lieutenant général , commandant du Poitou et de la Saintonge, membre de l’Assemblée constituante , ministre de la guerre , et périt sur l’échafaud , victime d’accusations bannales et sans preuves.
la touu-maubourg (Marie-Charles fat, comte de), né en 1756, d’une anc. famille du Vivarais, m. en 1831, sous-lieutenant des gardes du corps en 1789, colonel dans l’armée de La Fayette, il émigra en 1792, rentra en France en 1798, fit partie de l’expédition d’Egypte, devint général de brigade à Austerlitz, général de division dans les campagnes de Prusse et de Pologne, 18n6, 1807, commanda un corps de cavalerie en Espagne, 1808, fit la guerre de Russie, 1812, et se couvrit de gloire à Dresde, et à Leipzig, 1813, où il eut une jambe emportée. Il fut nommé pair de France par la Restauration, en 1814, ministre de la guerre en 1820, et gouverneur de Invalides en 1821 jusqu’en 1830. B.
LATRAN (palais et basilique de). Le palais fut bâti à Rome par Lateranus Plautius, queNéron fit périr pour s’emparer de ses biens, et donné par Constantin le llrand au pape Melchiade. Il servit de résidence aux papes jusqu à leur départ pour Avignon, 1308. Sixte-Quint l’a rebâti vers la fin du xvie siècle. Innocent XII le convertit en hôpital, 1693, et Grégoire XVI en musée d’antiquités chrétiennes, 1843. — Basilique. Près et joignant ce palais, Constantin fit bâtir, vers 324, la basilique deS'-JeandeLatran, et la donna au pape Silvestre Ier. Elle est une des 5 basiliques patriarcales de Rome, et la première en ordre de préséance, parce que les papes y prennent possession de leur dignité épiscopale. On l’appelle quelquefois basilique constmtinienne, du nom de son fondateur. C’est une des plus belles et des plus vastes de Rome. Il s’y tint 13 conciles , dont 5 œcuméniques , jusqu’à l’année 1725. Le 1er de ceux-ci, sous Calixte II, en 1123, eut pour objet la querelle des investitures; dans la 2«, sous Innocent II, en 1139, on condamna Arnaud de Brescia; le 3e, sous Alexandre III, en 1179, régla l’élection des papes ; le 4e, sous Innocent III , en 1215, excommunia les Vaudois et les Albigeois; le 5e, sous Jules X, puis Léon X, pour l’extinction du schisme, la réforme de l’Eglise, et la guerre contre les Turcs.
LATREILLE (Pierre-André), naturaliste, né à Brive en 1762, m. en 1833, fit ses études à Paris, et débuta dans la science par un Mémoire sur les mulllles , et quelques articles eutomologiques de l’ Encyclopédie méthodique. Durant la Révolution, incarcéré à Bordeaux comme ecclésiastique, il dut sa liberté au don d’un insecte rare qu’il fit offrir à l’un des proconsuls bordelais, amateur passionné d’entomologie. Revenu à Paris, il devint correspondant de l’Institut, et obtint au Muséum d’histoire naturelle un emploi inférieur, où il resta près de 30 ans, malgré des travaux d’un mérite supérieur. En 1814, il entra à l’Institut, et, en 1829, eut une des deux chaires créées par le dédoublement de celle de Lamarck. Latreille fut un des fondateurs de la science entomologique. Personne n’a contribué plus que lui à constituer une classification naturelle des insectes, et ses observations, pleines de sagacité, sur leurs mœurs et leur organisation extérieure, seront toujours consultées avec fruit. Plein de défiance de lui-même
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doué de peu d’énergie, Latreille ne fît jamais d’efforts pour sortir d» son humble situation , et vécut pauvre. Il a publié : Généra crustaceorum et insectorum secundum ordittem naturalem in familias disposita , Paris, 1806-1809, 4 vol. in-8°, son ouvrage capital ; Précis des caractères génériques des insectes , disposé dans un ordre naturel , Brives , 1796 ; Essai sur l'histoire des fourmis de France, Brives, 1798 ; Histoire naturelle des salamandres de France , Paris, 1800; Histoire naturelle des singes , Paris, 1802; Histoire naturelle des fourmis , suivie de Mémoires sur différents insectes , Paris, 1802; Histoire naturelle des reptiles, Paris, 1802; Histoire naturefle des crustacés et des insectes , Paris , 1802 , 1805; Cours d' entomologie , Paris, 1831; différents Mémoires sur des questions de géographie , de chronologie , d’archéologie , et une multitude d’articles insérés dans divers recueils. Latreille a concouru aussi , pour ce qui concerne l’entomologie, à la publication du Règne animal de Cuvier, des Observations de zoologie de Humboldt, de l’ Encyclopédie méthodique , et du Dictionnaire d’histoire naturelle. M — u.
LA TRÉMOILLE, LA TRIMOUILLE ou LA TRÊ- MOUILLE (hôtel de), fief régulier, créé à Paris sous Charles VI , et relevant directement du roi , plus tard de l’évêque, était enclavé entre ceux du Roule et de Tirechape. L’hôtel , situé rue des Bourdonnais , n° 11 , a été détruit en 1841.
LA trémoille (Maison de), famille noble, qui tirait son nom d’une terre du Poitou , et remontait au xie siècle. Elle se divisa en plusieurs branches , les princes de Talmont, les comtes d’Olonne , de Joigny , les ducs de Noirmoutiers , les vicomtes de Thouars.
la trémoille ( Gui de ) , dit le Vaillant, défendit Troyes contre les Anglais en 1380, reçut des mains de Charles VI, en 1383, l’oriflamme de France , accompagna Louis II de Bourbon dans sa croisade en Afrique , figura dans l’expédition de Hongrie contre les Turcs , fut fait prisonnier à la bataille de Nicopolis en 1396 , et mourut, deux ans après, en revenant en France. B.
la trémoille (George de), comte de Guines, de Boulogne et d’Auvergne , baron de Sully et de Craon , fut grand-maître des eaux et forêts , et favori du roi Charles VIL II assassina le sire de Giac , dont il épousa la veuve , combattit l’influence du connétable de Richemond, qui l’avait présenté à la cour, essaya même de le faire périr, entrava les opérations de guerre contre les Anglais, fut enfin enlevé à Chinon par les ordres de Richemond , et relégué au château de Montrésor , d’où il ne sortit qu’un instant pour figurer dans la Praguerie. Il mourut en 1446.
LA trémoille (Louis , sire de) , vicomte de Thouars et I prince de Talmont, né en 1460, m. en 1525, commanda j les troupes royales pendant la minorité de Charles VIII, gagna sur François II , duc de Bretagne . la bataille de Sl-Aubin-du-Cormier, 1488 , et y fit prisonnier le duc d’Orléans (depuis Louis XII ). En 1491 , il assiégea Rennes, et hâta ainsi le mariage de la duchesse Anne de Bretagne avec le roi. Pendant l’expédition d'Italie, il commanda à la bataille de Fornoue, 1495 , puis il eut le gouvernement du Poitou et de l’Angoumois. En montant sur le trône, Louis XII, qu’on engageait à se venger de son ancien vainqueur, répondit : « Un roi de France ne venge pas les injures d’un duc d’Orléans. ». En effet , La Trémoille fut mis à la tête de l’armée qui occupa le Milanais en 1500 , reçut ensuite le gouvernement de la Bourgogne , le titre d’amiral de Guyenne et de Bretagne, dirigea une expédition vers Naples, 1503, mais ne put rien entreprendre, par la contrainte où il fut d’appuyer à Rome les prétentions de George d’Amboise qui voulait être pape. Il contribua à la victoire d’Agnadel, 1509, perdit la bataille de Novarre contre les Suisses, 1513, les combattit avec succès en Bourgogne , et parvint à les éloigner au moyen d’un traité peu sincère. Sous François Ier, il fut un des héros de la bataille de Marignan, 1515, couvrit avec peu de troupes la Picardie envahie par les Impériaux et les Anglais, 1522-23 , et fut tué à la bataille de Pavie. On l’avait surnommé le chevalier sans reproche , et il avait pris pour devise une roue et ces mots : sans sortir de l'ornière. B.
la trémoille (François de), petit-fils du précédent, né en 1501 , m. en 1541 , épousa en 1525 Anne de Laval , fille de Gui . comte de Laval , et de Charlotte d’Aragon , issue du roi de Naples, Frédéric III. C’est de ce mariage que dérivent les prétentions de la maison de La Trémoille sur Naples au xvne siècle.
LA TRÉMOILLE I Henri-Charles , duc de) , né à Thouars en 1620 , m. en 1672 , fit ses premières armes en Hollande sous Frédéric Louis, prince d’Orange, son grand-oncle, entra dans le parti de la Fronde contre Mazann, fut arrêté
et détenu à Amiens, puis relégué dans le Poitou , servit de nouveau en Hollande contre l'évêque de Munster en 1663, et abjura le calvinisme en 1670. On a de lui des Mémoires , publiés par Griffet, Liège, 1767 , in-12. B.
LATRON1CO, v. du roy. d’Italie (Prov. de Poteuza), à 22 kil. E. de Lagonegro; 4,424 hab.
LATRUNCULI, jeu des anc. Romains; il se jouait à deux personnes, qui faisaient manœuvrer chacune 15 petits disques , les uns blancs , les autres noirs , sur une table divisée en carreaux alternativement blancs et noirs. C’était à peu près notre jeu de dames.
L’ATTAIGNANT (l’abbé Gabriel -Charles de) , poëte français, né à Paris en 1697 , m. en 1779 , fut pourvu de bonne heure d’un canonicat à Reims; mais il passa toute sa vie à Paris , qu’il amusa par ses bons mots et ses chansons. La plupart sont froides et peu naturelles , mais il y en a beaucoup d’ingénieuses et de très-délicates. Elles ont été publiées par l’abbé de Laporte, en 1747 , 4 vol. in-12; Paris. Millevoye en a donné un choix , Paris, 1810 , 1 vol. in-18 , qui contient encore bien des choses médiocres. L'Attaignant finit sa vie chez les Père s de la doctrine chrétienne, où il s’était retiré, et où il écrivit des Cantiques spirituels. C. N.
LATUDE (Henri Masers de), né en 1725 au château de Craisich (Languedoc), m. en 1805, vint chercher fortune à Paris en 1748, et crut gagner la faveur de Mme de Pompadour, en lui donnant avis d’un prétendu complot tramé contre elle. Il fut arrêté et conduit à la Bastille. La favorite montra constamment la dureté la plus impitoyable contre l’auteur de cette espièglerie, et la lui fit expier par une longue captivité; il ne recouvra la liberté qu’en 1784. En 1793, la Convention lui fitadjuger 60,000 fr. de dommages - intérêts sur les biens laissés par Mme de Pompadour ; mais il ne les toucha jamais. On a de lui des Mémoires intéressants sur sa captivité, 3 vol. in-18, 1791- 92; 2 vol. in-8°, 1793.
LAUBACH, v. de la Hesse-Darmstadt (Haute-Hesse), sur le Wetter, à 24 kil. S.-E. de Giessen; 2,100 hab. Cheflieu de la seigneurie de Solms-Laubach.
LAUBAN,v. des Etats prussiens (Silésie), sur laQueis, dans la régence et à 62 kil. O.-S.-O. de Liegnitz; 6,000 hab. Ch-1. du cercle de son nom. Gymnase, bibliothèque, musée. Fabrication, teintureries et imprimeries de cotonnades; toiles de lin ; tabac.
LAUBARDEMONT (Jean-Martin, baron de), né vers 1590, m. vers 1656, était fils d’un trésorier-général de Guyenne, et devint, en 16.31, conseiller d’Etat. Juge inique. magistrat sans foi et sans honneur, Richelieu en fit I son principal instrument pour perdre Urbain Grandier (V. ce nom), 1633, Cinq-Mars et de Thou, 1644, en disant au premier que son ami avait tout avoué en le chargeant, et en usant de la même manœuvre avec le second. Laubardemont disait : « Donnez-moi une ligne, la plus indifférente, de la main d’un homme, et j’y trouverai de quoi le faire pendre »
LAUBERT (Charles-Jean), pharmacien militaire, né à Teano (royaume d’Italie) en 1762, m. à Paris eu 1834, s’adonna d’abord aux mathématiques, vint en France après 1789, fut admis dans l’armée d’Italie comme pharmacien de lrc classe, et fit des cours pour les officiers de santé. Plus tard, il fut appelé à Paris, et Napoléon 1er le nomma successivement pharmacien en chef aux armées du Nord, d’Espagne, de Russie, où il justifia la confiance de l’empereur ; après la mort de Parmentier, il devint inspecteur général du service de santé militaire. Il était membre de l’Académie de médecine et de la Société de pharmacie de Paris. On lui doit la rédaction du Formulaire des hôpitaux, précédé d’un Précis de matière médicale, vade-mecum des pharmaciens militaires. Il a publié plusieurs Mémoires sur les quinquinas, dans le Journal de pharmacie et dans le Journal de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires, dont il était un des rédacteurs. C. L.
L’AUBESPINE. V. Aubespine (l’).
LAUCH, rivière de France (Haut-Rhin), descend des Vosges, coule à l’E. , reçoit le Thann à droite, passe à Guebwiller, Rouffach, Colmar, et tombe dansl’Ill, rive g. Cours de 50 kil.
LAUD (William), célèbre prélat anglais, né en 1573 à Reading (Berks), d’un marchand de draps, m. en 1645, étudia au collège de Sl-Jean à Oxford, prit les ordres en 1601, devint évêque de Sl-David en 1621, de Bath en 1626, archevêque deCantorbéry en 1633, succéda à Buckingham comme premier ministre de Charles Ier, voulut réunir l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande sous une même religion, celle de l’Eglise anglicane, s’attira des haines violentes en essayant d’imposer de force à toutes les sectes une liturgie
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qu’il avait rédigée dans ce but, fut arrêté en 1640 par ordre du Long-Parlement, enfermé dans la Tour de Londres sans qu’on instruisît son procès, et ne fut condamné et exécuté que cinq ans après, comme coupable de trahison. 11 montra sur l’échafaud autant de courage que devant ses juges. On a de lui : des Sermons, Londres, 1651, in-8° ; des Noies sur la vie et la mort du roi Jacques; Officium qualidianum, 1650, in-8°. B.
LAUDER (William), critique écossais, imagina d’interpoler divers auteurs en y insérant des vers du Paradis perdu de Milton, et d'accuser ensuite ce poète de plagiat. Sa calomnie fut découverte; il dut en signer l’aveu, abandonner l’Angleterre, et alla mourir maître d’école aux Barbades en 1771.
lauder, v. d’Ecosse (Berwick), sur la Leader, à36 kil. S.-E. d’Edimbourg; 1,100 hab. dans la paroisse. Ville ancienne, où siégea plusieurs fois le parlement écossais, et où fut pendu, par la noblesse révoltée, Cochrane, favori de Jacques III.
LAUDERDALE ( John, duc de), fut un des seigneurs les plus ardents pour l’acceptation du Covenant ( V . ce mot) , et l’un des commissaires chargés par les Covenantaires de traiter avec Charles Ier. Les conférences ayant échoué, il prit parti pour le roi pendant la guerre civile. Fugitif à la mort de Charles Ier, il revint avec Charles II, fut fait prisonnier à la bataille de Worcester, et subit nue captivité de 9 ans. 11 devint premier ministre pour l’Ecosse en 1669, fit partie du ministère de la cabale (K. ce mot), et mourut en 1682.
lauderdale, c.-à-d. vallée de la Leader. Elle formait l’ancien district occidental du comté de Berwick, et donne auj. le titre de comte à la famille de Maitland, dont le beau château de Thirlestane est près de Lauder.
LAUDES, 2e partie de l'Office du Bréviaire, suivant immédiatement Matines; ainsi nommée parce que les psaumes qui la composent sont particulièrement des cantiques de louange.
LAUDIN (Nicolas), peintre émailleur, né à Limoges en 1628, m. en 1698. On conserve, à la cathédrale de Limoges, plusieurs de ses émaux, qui sont d’une exécution ravissante : composition, dessin, couleur, tout y est parfait. II était d’une famille qui produisit 5 ou 6 artistes dans son genre, et datant du xvie siècle. Le plus distingué fut Noël Laudin, né en 1657, m. en 1727. Il a traité des sujets de la Bible.
LAUDON (Gédéon-Ernest, baron de), généralissime des armées autrichiennes, né en 1716 à Tootzen (Livonie), m. en 1790, s’engagea en 1731 dans l’infanterie russe, et fit la guerre contre les Turcs de 1736 à 1739. Blessé d’un passe-droit, il entra au service de l’Autriche, fit les campagnes de 1743 et 1744, à la tête d’une compagnie de Patidours, fut nommé major dans un régiment de Croates en 1753, colonel et général-major en 1757, lieutenant-général en 1758, eut une grande part à la victoire de Daun sur les Prussiens près de Hochkirchen, battit Frédéric à Kunersdorf, 1759, à Landshut, 1760, mais fut vaincu à Liegnitz. Lors de la guerre contre les Turcs, 1788, il prit Belgrade, et reçut le titre de généralissime.
LAUDONN1ERE (René de), gentilhomme protestant, fut chargé par Charles IX, en 1564, de conduire une colonie de calvinistes dans la Floride. Il rentra en France en 1566. On a de lui : Histoire notable de la Floride, Paris, 1586, in-8°.
LAUDUN, brg (Gard), arr. et à 22 kil. N.-E. d’Uzes; 1,927 hab. Vins estimés.
LAUENBOURG, Leoburgum, v. de la Prusse, ch.-l. du duché de son nom, sur la rive dr. de l’Elbe, jointe là par un canal à la Steekenitz, qui, débouchant dans la Trave, offre à la navigation un chemin de la mer du Nord à la Baltique; à 45 kil. E.-S.-E. de Hambourg; 4,086 hab. Douane et péage de la navigation de l’Elbe, qui y est trèsimportante. Grand commerce de bois. Restes d’un château, ex-résidence des ducs de Saxe-Lauenbourg. — En 1803, un traité y fut conclu qui cédait le Hanovre à la France. En 1813 , il y eut, près de là, un combat entre les Prussiens et les Français.
lauunbouro (duché de), État allemand, dépendant du Danemark jusqu’en 1864, auj. delà Prusse, comprenant un territoire de 53 kil. sur 40, entre le territoire de Lubeck et le Mecklembourg-Strélitz au N. et àl’E., le Hanovre au S., le territoire de Hambourg au S.-O., et le Hanovre au N.-O. Superf. 104,310 hect. Pop., 50,000 hab. Il se subdivise eu bailliages de Ratzebourg, Lauenbourg, Schwarzenbeck, et Steinhorst. — Il fut d’abord habité par les Wendes-Polabes ou Wendes-sur-l’Elbe ; il appartint ensuite à Henri-le-Lion, puis, après bien des vicissitudes, à
Albert Ier, duc de Saxe, de la maison Ascanienne. Jean, fils d’Albert, fut la tige de la maison de Saxe-Lauenbourg. En 1389 , les maisons de Brunswick et de Lauenbourg conclurent un traité de succession mutuelle en vertu duquel le Lauenbourg passa en 1689 à la maison de Brunswick - Celle. En 1716, il échut à celle de Brunswick-Lunebourg. Les Français l’occupèrent en 1803, et le comprirent en 1810 dans le département des Bouches-de-l’Elbe. Les traités de 1815 l’ont donné au Hanovre , qui le céda à la Prusse . et celle-ci au Danemark , 1816. Le Lauentourg posséda, conjointement avec le Holstein , 3 voix à l’assemblée plénière de la Diète germanique, et une voix au conseil restreint.
lauenbourg, v. des Etats prussiens (Poméranie), sur la Léba, dans la régence et à 119 kil. E.-N.-E. de Kœslin ; 3,150 hab. Ch.-l. de cercle; tribunal. Draps, toiles, cuirs.
LAUENSTEIN, v. du roy. de Saxe, sur la Miiglitz, à 21 kil. S. -S. -O. de Pirna; 595 hab. Belle chapelle sépulcrale de la famille de Bünau.
LAUFELD. V. Lawfeld.
LAUFEN, v. de Bavière (Haute-Bavière), sur la Salza, à 103 kil. E.-S.-E. de Munich ; 4,700 hab. Construction de bateaux; bière, cuirs, draps, toiles.
laüfen, vge de Suisse (Zurich), à 5 kil. S.-O. de Schaffouse, bâti autour d’un château, sur des rochers d’où le Rhin se précipite d’une hauteur de plus de 25 mètres. C’est la plus forte cataracte de l’Europe; 702 hab. Forge et fonderie de fer, fabr. de wagons.
LAUFENBOURG, Gannodurum , v. de Suisse (Argovie), sur le Rhin, à 35 kil. E. de Bâle, 17 N. d’Aarau ; 667 hab. Cascade, dite le Petit-Lauffen, dans le Rhin, et qui oblige à descendre les bateaux à la corde. Auprès sont les ruines du château des comtes de Hans.
LAUFFEN , v. du royaume de Wurtemberg (Neckar), au confluent du Neckar et de laZaber, à 35 kil. de Stuttgard ; 4,500 hab. On remarque l’église de Ste Régiswinde, et le pont du Neckar. Autrefois capitale d’un comté.
LAUGIER (Marc Antoine), littérateur, né à Manosque en 1713, m. en 1769, a laissé : Essais sur l'architecture, Paris, 1753, in-12, et 1755, in-8°; Apologie de la musique française, 1754, in-8° ; Histoire de la république de Venise, 1759-68, 12 vol. in-12.
laugier (André), chimiste et pharmacien , né à Paris en 1770, m. en 1832, fut élève de Fourcroy, son parent, et de Vauquelin. Nommé pharmacien-major à l’armée d’Egypte, il resta attaché à l’hôpital militaire d’instruction de Toulon, où il fit des cours de chimie et de botanique. De 1799 à 1802, il professa la chimie à l’hôpital militaire d’instruction de Lille, puis suppléa Fourcroy au Muséum d’histoire naturelle, et finit par le remplacer. Lorsque l’Ecole de pharmacie fut réorganisée, il y professa la minéralogie jusqu’en 1811, fut alors nommé vice-directeur de cette école, puis succéda, comme directeur, à Vauquelin. Laugier a fait de nombreuses recherches analytiques sur les minéraux; il étudia spécialement les aérolithes, les calculs vésicaux, les concrétions arthritiques; on lui doit aussi des travaux sur l’acide mucique. Un grand nombre de ses analyses ont été jugées par Ëerzélius d’une exactitude telle, qu’elles lui ont servi de type pour établir son système de minéralogie. On a de lui : Leçons de chimie générale , 1828, 2 vol. in-8°, ouvrage qui résume son cours au Muséum. Ses Mémoires sont insérés dans les Annales du Muséum, les Annales de chimie , le Journal de pharmacie. C. L.
LAUINGEN, v. de Bavière (Danube-Supérieur), sur la rive g. du Danube, à 40 kil. N.-O. d’Augsbourg ; 4,000 hab. Six églises ; sur la tour de l’une d’elles sont gravés les principaux faits de l’histoire du pays. Patrie d’Albert le Grand Le duc de Bavière la prit en 1702.
LAUJAR-DE-ANDARAX, v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 26 kil. N.-O. d’Alméria; 3,400 hab. Fonderie d’antimoine.
LAUJON (Pierre), poète, né à Paris en 1727, m. en 1811 , débuta dans les lettres par une pastorale de Daphnis et Chloé , imitée de Longus , et fut secrétaire du comte de Clermont , puis du prince de Condé. La Révolution le réduisit presque à l’indigence, sans lui ravir sa gaieté. Il était surtout chansonnier ; il a aussi composé plusieurs ouvrages légers pour la scène; bagatelles agréables dans leur nouveauté, et auj. bien oubliées. En 1807, il fut admis à l’Académie Française, et donna, en 1809-11, ses OEuvres choisies, en 4 vol. in-8°, mais beaucoup trop volumineuses encore. Il avait publié, dès 1771 , sous le titre d’ A-propos de société, trois volumes de chansons.
LAUNAY (Bernard- René Jourdan, marquis de), né
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à Paris en 1740, d’un gouverneur de la Bastille, eut aussi le commandement de cette forteresse depuis 1776 ; il fut massacré par la populace, *j 14 juillet 1789 , après avoir rendu la place au peuple.
LAUNAY (Mllede). V. STAAL ( Mme de).
launay ( J-.B.) , très-habile fondeur, né à Avranclies en 1769, m. en 1827. Il dirigea la fonte des arcs en fer du pont des Arts et de l’ancien pont d’Austerlitz, à Paris. Il est surtout connu pour avoir fondu la colonne en bronze de la place Vendôme. Il a publié : Manuel du fondeur sur tous métaux, Paris, 1827, 2 vol. in -8°.
LAUNCESTON ou DUNHEVID , v. d’Angleterre, cap. du comté de Cornouailles, sur l’Attery, à 75 kil. N.-E. de Falmouth , à 35 N. -N. -O. de Plymouth ; 5,139 hab. Ruines du Château-Terrible, construit par les anciens rois du pays. Vieille église bâtie en granit bien sculpté ; vieilles portes de ville, etc. Près de là est Werrington-House , belle résidence du duc de Northumberland.
launceston, v. de la Terre de Van-Diémen , sur la Tamer ; 5,000 hab. Port franc depuis 1845. Collège. Commerce avec Sidney et Ilobart-Town.
LAIJNOY (Jean de), célèbre docteur de Sorbonne, né en 1603 à Valdéric près de Coutances, m. en 1678, fut appelé le dénicheur de saints, parce qu’il s’occupa de vérifier les légendes, de rechercher la vie et les actes d’un grand nombre d’hommes qui figuraient à tort dans les martyrologes. Il soutenait aussi que la célèbre Somme n’était pas de S1 Thomas d’Aquin. Il fut exclu de la Sorbonne, pour avoir refusé de souscrire à la condamnation d’Ant. Arnauld. On a de lui : de Tempore quo primùm in Galliis suscepta est Christi fides, Paris, 1659, in-8° ; de Scholis celebrioribus, seu à Carolo Magna, seu post Carolum per Occidentem instauratis , 1672; Regia in matrimonium potestas , 1674, in-4° ; de Varia Aristotelis in Academiâ Parisinâ fortund; Tradition de l’Eglise sur la prédestination et la grâce, 1702 , etc. Ses Œuvres ont été recueillies et publiées par l’abbé Granet, Genève, 1731-33, 10 vol. in-fol.
LAUPEN, v. de Suisse (Berne), au confluent de la Sarine et de la Singine , à 18 kil. O. -S. -O. de Berne; 700 hab. Victoire des Bernois sur les Autrichiens en 1339 ; un monument a été érigé en 1829 pour la rappeler.
LAUPHEIM , brg du royaume de Wurtemberg (Danube), sur la Rottum, à 16 kil. S.-S.-O. de Wiblingen; 3,300 hab. Comm. de cuirs et peaux brutes.
LAURAC-LE-GRAND . vge (Aude), arr. et à 16 kil. S.-E. de Casteinaudary ; 540 hab. Autrefois place forte, démantelée par Louis IX.
LAURAGUAIS (le), Lauracensis ager, petit pays de l’anc. France (Bas-Languedoc), entre l’Albigeois et le Haut-Languedoc, tirait son nom de la ville de Laurac. On le divisait en Haut-Lauraguais, où étaient Casteinaudary et S'-Papoul , et Bas-Lauraguais , où étaient Lavaur et Villefranche. Il avait titre de comté. Il est auj. partagé entre les dép. de l’Aude et de la Haute-Garonne. — Le Lauraguais appartint successivement aux comtes de Carcassonne, à ceux de Barcelone, aux rois d’Aragon, aux vicomtes de Bcziers, et fut cédé à Louis iX en 1258. Louis XI le donna, en 1478, à Bertrand II de La Tour d’Auvergne; Catherine de Médicis en hérita en même temps que du comté d’Auvergne, et sa fille le transmit à Louis XIII. Au xvine siècle, il fut au pouvoir des Villars- Brancas.
lauraguais (Louis-Léon-Félicité, comte de), de la maison de Villars-Brancas , né à Paris en 1733, m. en 1824, avait une grande fortune, qu’il consacra aux plaisirs et aux sciences. En 1759, il donna 20,000 livres aux comédiens pour qu’ils supprimassent les banquettes de spectateurs qui garnissaient les deux côtés de lavant-scéne du Théâtre- Français 11 contribua aussi à faire adopter le costume historique pour les représentations. Associé de l’Académie des Sciences, il eut part, avec Lavoisier, à la découverte de la décomposition du diamant, introduisit des perfectionnements dans la fabrication de la porcelaine, et propagea l’inoculation. Il adopta avec ardeur les principes de la Révolution, fut incarcéré comme noble pendant la Terreur, recouvra la liberté au 9 thermidor, et devint pair de France en 1814. Il a laissé 2 tragédies [Clytemnestre , Jocasle), qui ne furent pas représentées, et des brochures de circonstance. Il avait infiniment d’esprit, et l’on citait fréquemment ses bons mots dans la société. B.
LAUIIE, femme célèbre pour sa beauté, née vers 1307 à Loves près d’Avignon , était fille d’Audibert de Noves, et épousa, en 1325, Hugues de Sade. Pétrarque, qui la vit à Avignon deux ans après, conçut pour elle un amour laissé sans espoir, et la chanta dans ses poésies. Laure, ; mère de 11 enfants, fut enlevée par la Peste noire en 1348. I
On croit retrouver son portrait dans quelques tableaux de Simon de Sienne. V. Essai sur la vie de Pétrarque par Du Laurens, Avignon , 1839, 1 vol. in-8°, où l’auteur prouve que Laure fut bien Mme de Sade.
LAURÉAT (Poëte), nom donné à des poëtes qui recevaient des princes ou des corps savants une couronne de laurier, comme signe de leur supériorité littéraire. Le plus ancien couronnement de ce genre en Italie est celui de Pétrarque à Rome, 1341. En Allemagne, l’empereur Maximilien Ier établit à Vienne, en 1504, un Collège poétique, pour décerner la couronne aux meilleurs poëtes. En Angleterre, il y a, depuis le xve siècle, un poëte lauréat, choisi par le souverain , et obligé d’écrire chaque année deux odes, à l’anniversaire de la naissance du souverain , et au nouvel an; il reçoit un traitement annuel de 127 liv. sterl.
LAURENT ( Saint), martyr vers 258, diacre de l’Eglise romaine. Après le martyre de S1 Sixte, pape, le préfet de Rome ordonna à Laurent de lui livrer les trésors de l’Église; le saint lui montra les vieillards, les veuves et les orphelins; le préfet, furieux, le fit étendre sur un gril et brûler à petit feu; Laurent témoigna une admirable patience devant le bourreau, en demandant lui-même qu’on retournât son corps demi-brûlé. C’est le sujet d’un des plus beaux tableaux de Lesueur. Fête, le 10 août. V. Escurial.
Laurent , antipape. V. symmaque.
LAURENT JUSTINIEN. V. G1USTINIANI.