‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 50 sur 864 · LAURENT DE MEDICIS. V. MÉDICIS · texte numérisé non relu

LAURENT DE MEDICIS. V. MÉDICIS

Laurent (Pierre-Joseph), ingénieur et mécanicien, né à Bouchain eu 1715 , m. en 1773 , donna le plan du canal de Flandre, imagina une machine ingénieuse pour lever la grille qui ferme l’Escaut à Valenciennes, une autre machine connue dans l’exploitation des mines sous le nom de grand puits , et un bras mécanique pour un soldat mutilé. Voltaire et Delille ont célébré ses talents.

Laurent ( Pierre), graveur, né à Marseille en 1739, m. à Paris en 1809, se fit une réputation pour le paysage et les animaux. Il entreprit de publier les principaux tableaux du musée du Louvre; mais cette œuvre ne fut achevée que par son fils Henri. Il a gravé le Chevalier d'Assas, d’après Casanova, et le Déluge, d’après le Poussin.

Laurent (saint-), fleuve de l’Amérique du Nord, sort de l’extrémité N.-E. du lac Ontario, à Kingston ( Haut- Canada;, a un cours de 1,000 kil., passe par Montréal et Québec, sépare le Haut-Canada de l’État de New-York, arrose ensuite le Bas -Canada, et se jette dans l'océan Atlantique par le golfe de son nom. On peut aussi considérer ce fleuve comme traversant tous les grands lacs et les réunissant ; dans ce cas, il porterait successivement les noms de SLLouis, depuis sa source jusqu’au lac Supérieur; de Ste-Marie, depuis le lac Supérieur jusqu’au lac Huron ; de SMUlair, depuis le lac Huron jusqu'au lac St-Clair; de Détroit, depuis le lac Sl-Clair jusqu’au lac Erié ; de Niagara, depuis le lac Erié jusqu’au lac Ontario ; et de Sl-Laurent , depuis le lac Ontario jusqu’à son embouchure. II forme les deux grandes chutes de Ste-Marie et du Niagara. Son cours serait alors de 3,350 kil. Il reçoit l’Oswegatche, la Radicet, la Richelieu, la S^Francis et la Chaudière à droite, et, à gauche, le Rideau, l’Ottawa, la Sl-Maurice, la Ste-Anne, la Saguenay, la Manicouagan. L’immensité de son lit, et le volume d’eau de 61.952,000 mètres cubes qui s’écoule par heure de son embouchure, large de 200 kil., en font un des plus grands fleuves du globe. Sa largeur varie de 800 à 3,000' mèt. au-dessous de Québec, dans les endroits où il n’y a pas d’iles. Sa navigation, quoique dangereuse en quelques endroits à cause de nombreux ra pides, n’en est pas moins considérable; les vaisseaux de ligne le remontent jusqu’à Québec, et les bâtiments de 600 tonneaux jusqu’à Montréal. La marée se fait sentir jusque entre ces deux villes. Les eaux du Sl-Laurent conservent toujours un niveau presque égal ; elles sont limpides et poissonneuses, et bordées d'une riche végétation. C’est un Français, Jacques Cartier, qui, le premier, le remonta jusqu’à l’ile de Montréal, et lui donna le nom qu’il porte. La Roque le remonta en 1540, et Champlain, ayant reconnu le cours supérieur, en dressa une carte , et fonda, en 1608, la ville de Québec.

Laurent (Golfe du saint-), golfe de l’Amérique septentrionale, dans l’océan Atlantique, sur lequel il s’ouvre ;tuS--0. et au N.-E. par trois issues, dont le détroit de Belle-Isle et celui de Canseau. Les terres qui l’embrassent sont le Labrador et le Bas-Canada au N., le New-Brunswick à l’O., la Nouvelle-Ecosse et l’ile de Cap-Breton au S., et l’ile de Terre-Neuve à l’E. ; 720 kil. sur 400; entre 46°-52° lat. N., 590-69° long. O. Un courant violent, augmenté par l’écoulement des eaux du fleuve du même nom qui s’y jette, en rend les parages dangereux. Les princi-

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pales îles qui s’y trouvent sont celles d’Anticosti, de la Madeleine, de S'-Jean, et du Prince-Edouard.

Laurent (saint-), île de la merde Behring, au S. O. du détroit de Behring; 120 kil. sur 40. Aux Etats-Unis.

Laurent ( saint- ) , ch.-l. de cant l'Corsel, arr. et à 18 kil. N.-E. de Corte; 526 hab. ; huile, blé, vin.

Laurent- les-bains (saint-), vge (Ardèche), arr. et à 35 kil. O.- N.- O. de Largentière, dans une situation trèspittoresque; 1,000 hab. Source thermale fréquentée.

laurent-blangy (saint-), vge (Pas-de-Calais), arr. et <i 4 kil. N.-E. d’Arras; 1,300 hab. Forges considérables; fabr. de sucre de betteraves, noir d’ivoire; distillerie de genièvre.

laurent-de-cerdans ( saint-), brg (Pyrénées-Orientales), arr. et à 29 kil. S.- O. de Céret, à la source du Tech, et à 3 kil. de la frontière d’Espagne; 1,236 hab. Elève d’abeilles. Forges, clouterie, corderie. Comm. de bestiaux.

LAURENT-DE-CHAMOUSSET (SAINT-), ch.-l. de Cailt. (Rhône), arr. et à 29 kil. O. de Lyont 908 hab. Filât, et fabr. de tissus de coton.

LAURENT-DE -L’AIN OU LEZ-MACON (SAINT-), brg (Ain), arr. et à 33 kil. O. -N. -O. de Bourg, sur la rive g. de la Saône, en face de Mâcon ; 1,518 hab. Fonderies de fer, construction de machines à vapeur. Comm. de grains, farines, bois, chevaux, bétail.

LAURENT-DE-GORRE OU SUR-GOIIRE (SAINT-), ch.-l. de

cant. ( Haute -Vienne), arr. et à 14 kil. S.-E. de Rochechouart ; 326 hab.

laurent-de-médoc (saint-), ch.-l. de cant. (Gironde ), arr. et à 20 kil. S. -S.-E. de Lesparre; 723 hab. Vins excellents. Résines, brais et goudrons.

laurent-du-pont (saint-), ch.-l. de cant. (Isère), arr. et à 33 kil. N. de Grenoble, sur le Guiers; 1,284 hab. Forges, fabr. de toiles. Près de là et au S.-E. est la Grande-Chartreuse.

laurent-de-la-salanque (saint-), brg ( Pyrénées- Orientales) , arr. et à 14 kil. N.-E. de Perpignan, près de l’étang de Leucate; 3,788 hab. Clouterie; vins.

Laurent-du-var (saint-), vge de l’arr. et à 26 kil. E-N.-E. de Grasse, sur la rive dr. du Var et près de son mbouchure (Alpes Maritimes); 800 hab. Bons vins.

laurent-en-grand-vaux (saint-), ch.-l. de canton j (Jura), arr. et à 26 kil. N. de Sl-Claude; 795 hab. Elève d’abeilles. Comm. de bois et fromages.

LAURENTALES. V. Larentales.

LAURENTE, Laurentum , v. de l’Italie ancienne (La- j tium) , à 16 kil. S. de Rome, sur le bord de la mer Tvrrhénienne; capit. du roi Latinus. Auj. Paterno. Pline le ! Jeune y avait une magnifique villa. V. Le Laurcnlin, par ; M. J. B mchet, Paris, 1852, 1 vol. in-4°, fig.

LAURENT1US LYDUS. V. Lydus.

LAURENZANA, v. du royaume d’Italie, dans la prov. et à 25 kil. S.-S.-E. de Poténza; 7,865 hab.

LAURIA ou LORIA (Ruggiero ou Roger de), et non Doria ou d’Auria, amiral de Pierre III d’Aragon, était né en Sicile; son père avait été proscrit par Charles d’Anjou.

D un caractère violent et perfide, d’un courage incomparable et d’un bonheur constant, il eut l’ânie d’un pirate, et le génie d’un grand homme de mer. Il triompha de l’amiral provençal Guillaume Cornut.

Lauria (François-Laurent de’ rrancati, cardinal de), né à Naples en 1611, m. en 1693, entra d’abord dans 1 ordre des Franciscains, reçut la pourpre romaine en 1687, et fut compétiteur d’Alexandre VII. On a de lui : De prœcleslinalione et reprob itione , Rome, 1688, in-4».

Lauria, v. du roy. d’Italie (Province de Potenza), à 10 kil. S.-S.-E. de Lagoneg o ; 10,458 hab.

LAURICOCHA, v. du Pérou (Lima), près du lac de ; même nom ; 6,000 hab. Aux environs , riches mines d’ar- I gentde Pasco. — Le lac de Lauricocha a 13 kil. sur 5; la TuDguragua en sort.

LAURIÈKE , ch.-l. de cant. (Haute-Vienne), arr. et à j 36 kil. N.-E. de Limoges, sur l’Adour, près d’une belle 1 lorêt; 431 hab. Papeteries.

lauriere ( Eusèbe-Jacob de ) , jurisconsulte, né à Paris en 1659 , m. en 1728 , s’occupa surtout du droit coutumier. On a de lui : Bibliothèque des coutumes de France, 1699, in-4°; les Institules coutumières de Loisel , avec commentaires et notes , 1710, 2 vol. in-12; Texte des coutumes de la prévôté de Paris, dont la meilleure édit, est de 1777 , 3 vol. in-12; Glossaire du droit français, 1704 , in-4° ; Ordonnances des rois de France ue laie race, 1723, ouvrage continué par Secousse, etc.

LAUKILLARD (Charles-Léopold), naturaliste, né à Montbéliard en 1783 , m. en 1853 , vint à Paris, en 1801, servit de secrétaire, de dessinateur et d’aide particulier à

George Cuvier, et devint garde du Cabinet d’anatomie comparée au Muséum d’histoire naturelle. Il a donné les planches des Leçons d’anatomie comparée de Cuvier, dont il publia la 2* édit, avec des additions, et celles des Becker chef sur les ossements fossiles. Cuvier le chargea même, en mourant, de publier son grand ouvrage sur l’anatomie comparée. On a de Laurillard beaucoup d’articles de paléontologie dans le Dictionnaire d'histoire naturelle de M. Ch. d’Orbigny.

LAURISTON (Jacques-Alexandre-Bernard Law, comte, puis marquis de), petit-fils du financier Law, né à Pondichéry en 1768, m. en 1828, entra dans l’artillerie , devint chef de brigade en 1795, aide de camp du premier consul Bonaparte en 1800, remplit une mission diplomatique à Copenhague en 1801 , porta à Londres, l’année suivante, la ratification du traité d’Amiens, fut nommé général de division en 1804 , commanda l’armée embarquée sur l’escadre de l’amiral Villeneuve , s’empara de Raguse en 1807, concourut à l’attaque de Castel-Nuovo, reçut le gouvernement de Venise , accompagna l’Empereur aux conférences d’Erfurt, puis en Espagne, passa à l’armée d’Italie en 1809, commanda l’artillerie de la garde impériale aux ba<tailles de Raab et de Wagram , fut ambassadeur à Sl-Pétersbourg en 1811, dirigea l’arrière-garde pendant la retraite de Russie , combattit à Lutzen et à Bautzen , fut fait prisonnier à Leipzig, et rentra en France après la Restauration. Louis XVIII le nomma pair en 1815, commandant d’une division de la garde royale , ministre de sa maison en 1820 , et maréchal après la guerre d’Espagne en 1823. B.

LAURIUM, v. de la Grèce ancienne, à l’extrémité S. de l'Attique , près de la mer, au pied du mont Laurium. Auj . Legrano. Le mont avait jadis des mines d’argent .très-riches, mais qui étaient déjà épuisées du temps de Strabon.

LAURVIG, v. de Norvège, port de commerce au confluent du Louven et du Farriself dans le Skager-Back; à 100 kil. S.-S.-O. de Christiania; 3,400 hab. Douane. Exportation de homards, harengs, fer, et bois de construction. — Aux environs est l’usine importante de Fritzoë, pour l’exploitation du fer, la fonte des canons et des boulets.

LAUSANNE , anc. Lausanium , v. de Suisse , ch.-l. du canton ue Vaud, sur un plateau du Jorat, au-dessus et à 2 kil. du lac de Genève, sur lequel elle a un port au vge d’Ouehy, à 56 kil. N.-E. de Genève; 26,790 hab., dont 24,590 protestants. Evêché, dont le siège est à Fribourg. Administration cantonale; banque cantonale vandoise ; académie fondée en 1537, et où professèrent Théodore (le Bèze et II. Estienne. Trois collèges, école normale primaire, bibliothèque; musées d’histoire naturelle, d’antiquités et des beaux-arts. Société d’agriculture ; arsenal. Ville admirablement située, plus agricole et lettrée qu’industrielle. Ses principaux édifices sont : la cathédrale, bâtie en l’an 1000, et qui renferme les tombeaux du pape Félix V, de la princesse Orloff, de la duchesse de Courlande et de lady Strafford-Canning, par Canova; l’église S1- François, où se tinrent, en 1449, les dernières séances du concile de Bâle; l’hôtel de ville, le château, etc. Fabr. de toiles, draps, chapeaux, instruments de musique; joaillerie, gants, boîtes en platane, teintureries, tanneries. — Bâtie sur les ruines d’une station romaine, Lausanne fut longtemps franche et libre; au moyen âge, son évêque, prince du Sl-Empire, obtint de partager la souveraineté avec les bourgeois. La Réformation venue, la ville fut, en 1536, prise par les Bernois, qui la conservèrent jusqu’en 1798, date de sou affranchissement par les Français.

LaUS POMPEIA , anc. v. d’Italie (Gaule cisalpine), au S.-E. de Mediolanum , fondée parles Boiens. Pompéius Strabo , père du grand Pompée , y établit une colonie romaine. Auj. Lodi Vecchio.

LAUSUS , prince d’Ausonie , fut tué par Énée , en sauvant la vie de son père Mézence.

LAUTENTHAL , v. de Prusse (Hanovre), à 10 kil. N.- N.-ü. de Klausthal ; 2,300 hab. Mines du Kreulzberg , d’où l’on tire de l’argent , de la litharge , du plomb , du cuivre.

LAUTER, préfixe de plusieurs noms allemands, signifie clair.

lauter, rivière qui prend sa source près de Deux-Ponts (Bavière, cercle du Rhin), coule au S.-E. sur 70 kil., arrive à Boeuthal , où ellp forme la limite de la France et de la Bavière , passe à Wissembourg (Bas-Rhin ) sur le territoire français, qu’elle quitte bientôt pour être encore sa limite, et se jeter ensuite dans le Rhin à Neubourg. Flottable depuis Dœhn (Bavière).

LAUTERBACH, v. de la Hesse-Darmstadt (liesse supérieure), sur la Schlitz, à 26 kil. N.- O. de Fulde; 3,380 hab.

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industrie active. Toiles de fil et cirées ; tanneries, coutelleries. fabriques d’armes ; salaisons, etc.

LAUTERBERG , v. de Prusse, au confl. de l’Oder et du Lutter, dans les montagnes du Harz, il 22 kil. S.-E. de Klaustlial ; 3,500 hab. Ecole d’industrie. Mines de cuivre , de fer et de cobalt ; forge royale de Konigshütte ; clous , aiguilles.

LAUTERROURG, ch.-l. de cant. (Bas-Rhin) , arr. et à 20 kil. E.-S.-E. de Wissembourg, sur la rive dr. de la Lauter, près de son confl. avec le Rhin ; 1,920 hab. Place de guerre de 4e classe. Jadis ch.-l. d’un comté, qui fut donné en 1254 à l’église de Spire. Prise par les Impériaux en 1744 , par les Prussiens en 1793 , et reprise , la même année , par le général Hoche.

LAUTEllBRUNNEN, vge de Suisse, cant. et à 55 kil. S.-E. de Berne, pittoresquement situé dans la vallée de son nom, où sont les cascades célèbres du Schmadribach et du Staubaeh, formées par la Weisse-Lutschine ; 1,750 hab.

LALTÉRN. V. Kaiserslautern.

LAUTH (Thomas), anatomiste, né à Strasbourg en 1758 , ni. en 1826 , étudia d’abord les mathématiques, puis la médecine, vint à Paris suivre les leçons de Desault, et visita Londres, la Hollande et l’Allemagne. Nommé adjoint des professeurs d’accouchement à Strasbourg en 1782, démonstrateur d’anatomie en 1784, il obtint la chaire de médecine en 1784, et celle d’anatomie l’année suivante, et fut nommé correspondant de l’Académie de médecine. Parmi ses écrits, on remarque une Histoire de i anatomie , t. J, in-4°, Strasbourg, 1815, ouvrage inachevé. D — g.

LAUTREC (Odet de Foix , vicomte de), frère de Lescun , de Lesparre et de la duchesse de Château briant , accompagna Louis XII dans son expédition d'Italie , et reçut tant de blessures à la bataille de Ravenne, 1512, à côté de son cousin Gaston de Foix , qu’on l’y laissa pour mort. Sous François 1er, il contribua puissamment à la conquête du Milanais, 1515, fut nommé lieutenant général du roi en Italie, prit Brescia et Vérone aux Impériaux, St lever le siège de Parme , mais se rendit odieux par sa sévérité. Louise de Savoie, mère du roi, en détournant l’argent qui devait être distribué aux Suisses mercenaires i’obligea de lever des contributions onéreuses sur les Milanais; réduit à livrer la bataille de la Bicoque, il la perdit, 1522, et dut évacuer complètement l’Italie. Chargé de protéger la Guyenne contre les Espagnols, il brava leurs attaques dans Bayonne, 1523. Il retourna en Italie avec François 1er, 1525, ne put le détourner d’attaquer les ennemis à Pavie , et combattit vaillamment à ses côtés. En 1527, il commanda l’armée destinée à soustraire l’Italie au jougdeGharles-Quint, livra au pillage Alexandrie et Pavie, dispersa dans les Etats romains les dernières bandes du connétable de Bourbon, et mourut d’une maladie contagieuse pendant le siège de Naples , 1528. B.

lautrec, ch.-l. de cant. (Taru) , arr. et à 16 kil. N.-O de Castres; 891 hab. Ane. vicomté. Commerce de bestiaux , volaille, vins, melons.

LAUWER-ZEE, Labacus sinus, golfe formé par la mer du Nord sur les côtes du royaume de Hollande , entre les prov. de Frise et de Groningue, à L’embouchure de la llunse.

LAUW'ERZ , nom allemand de Lugano.

LAUZERTE, ch.-l. de cant. ( Taru-et-Garonne ) , arr. et à 26 kil. N. de Moissac; 1,442 hab. Comm. de grains, vins et bestiaux. Ane. château, servant de prison.

LAI ZES , ch.-l. de cant. (Lot) , arr. et à 22 kil. E. de Cahors; 194 hab.

LAUZET (le), ch.-l. de cant. (Basses-Alpes), arr. et à 24 kil. O.- N.-O. de Barcelonette , prés de la rive g. de ITbaye; 393 hab.

LAL’ZUN (Antonin Nompar de Caumont, comte, puis duc de), né en Gascogne en 1633, m. en 1723, était un pauvre cadet de famille , connu d'abord sous le nom de marquis de Puy-Guilhem. Louis XIV le remarqua chez la comtesse de Boissons, ne tarda pas à en faire son favori , et le nomma successivement gouverneur du Berry, maréchal de camp , et colonel-général des dragons. 11 lui avait promis la charge de grand maître de l’artillerie, 1669; mais Lauzun s'étant vanté de cette promesse, le roi la révoqua, et l’ambitieux courtisan s'oublia dans sa fureur jusqu’à briser son épée devant lui. Louis jeta sa canne par la fenêtre , pour ne point frapper un gentilhomme; mais Lauzun fut envoyé à la Bastille. Il yn sortit peu de jours après, reulra eu faveur, fut nommé capitaine des gardes, et, l’année suivante, faillit épouserM11* de Montpensier, petite-fille de Henri IV. On dit cependant qu’ils se marièrent plus tard secrètement. Créé lieutenant-général , 1670, il commanda l’armée qui accompagna le roi en

Flandre; mais Mme de Montespan , qui avait fait manquer son mariage , et qu’il ne cessait d’insulter, se réunit à Louvois pour obtenir sa disgrâce. Il passa 5 ans dans la forteresse de Pignerol , 4 ans en exil à Angers, et obtint enfin de revenir à Paris par les sollicitations de Mlle de Montpensier, qui livra même au duc du Maine le comté d’Eu , le duché d’Aumale et la principauté de Dombes. En 1688, il se rendit en Angleterre, où Jacques II lui confia le soin de conduire la reine et le prince de Galles auprès de Louis XIV. En 1689 , il commanda 6,000 hommes dans l’expédition d’Irlande. Sans recouvrer toute sa faveur à la cour, il fut élevé à la dignité de duc , 1692. Il épousa , en 1695, M Oe de Durfort, fille du maréchal de Lorges. B.

lauzun (Armand-Louis de gontaot de biron, duc de). V. biron,

lauzun , ch.-l. de cant. (Lot-et-Garonne) , arr. et à 32 kil. N.-E. de Marmande , sur le Drot; 606 hab. Comm.. de bestiaux. — Ane. baronnie , érigée en comté en 1570 , et en duché en 1692.

LA VACQUERIE (Jean de). V. Vacquerie (la).

LAVAGNA, brg du royaume d’Italie ('jênes), au S.-E. de Chiavari; 6,054 hab. Bureau de douane.

LAVAL, Vallis Guidonis, ch.-l. du département de la Mayenne, à 301 kil. O.-S.-O. de Paris, sur la Mayenne et le chemin de fer de l’Ouest; par 48° 4' 7" lat. N. et 3° 6' 39" long. O.; 19,903 hab. Evêché érigé en 1855. Tribunaux de lre inst. et de commerce; lycée depuis 1812, bibliothèque, cabinet d’histoire naturelle; école normale primaire, société de l’industrie. Jolie ville, avec beaucoup de maisons modernes, construites en partie depuis peu d’années. On y remarque : le vieux châieau, dont on a fait une prison; l’hôtel de ville, sur la place duquel est une statue d’Ambroise Paré, né aux environs; les églises Sl- Vénérand, des Cordeliers, la cathédrale, la galerie de l’Industrie, la porte Beucheresse, vestige d’anc. fortifications, le palais de justice, l’hospice S'-Louis, un viaduc sur la Mayenne, de jolies promenades. Fabr. import. et renommée de coutils pour modes et literie, industrie qui y fut apportée en 1298 par Béatrice de Gaure; siamoises. Tanneries, teintureries. Forts marchés de grains et de bestiaux. Exploit, de marbre. Mines d’anthracite et de fer. Succursale de la Banque de France. — Laval se forma autour d’un château fort bâti, dit-on, au temps de Charles le Chauve. La ville était gouvernée par des seigneurs indépendants dès le xie siècle; Charles VII Térigea en comté en 1429. Au xvi* siècle, elle passa par héritage à la famille de La Trémoille, et son dernier comte fut le prince de Talmont, général dans l’armée vendéenne. Les Vendéens s’emparèrent de Laval en octobre et décembre 1793.

laval (Maison de), famille noble qui remontait au ix* siècle. Le titre de seigneur de Laval, après avoir passé par mariage dans diverses maisons, passa au xne siècle, dans celle des Montmorency. Cette dernière forma les branches des Laval-Montmorency, des Chateaubriand, des seigneurs de Retz, de Chàtillon. de Loué, de Pezay, de La Faigne, d’Attichy, etc.

laval I Gilles de), dit le maréchal de Itetz, ne vers 1396. m. en 1410, se distingua dans les guerres de Charles VII contre les Anglais , et devint maréchal de France. Mis en jugement pour avoir méconnu l’autorité de Jean VI , duc de Bretagne, il fut aussi reconnu coupable d'horribles débauches et de meurtres secrets à Vannes, à Nantes, à Machecoul, à Chantocé. Il fut pendu et brûlé à Nantes. On l’avait surnommé Barbe-Bleue.

LA VALETTE ( JeanPARisoT de), 48* grand-maître de l’ordre de Malte, né en 1494, d’une anc. famille qui avait donné des capitouls à Toulouse, m. en 1568 , était grandprieur de SMlilles de la langue de Provence, quand il succéda à Claude de la Sangle, 1557. Il fit rentrer dans l'obéissance les prieurs et les commandeurs d’Allemagne et de Venise, qui refusaient de payer les taxes imposes par les chapitres généraux, tenta vainement de conquérir Tripoli, soutint un siège glorieux de 4 mois contre les troupes de Soliman II, que commandait Dragut, et bâtit , sur l’emplacement du fort S*-Elme, qui avait été détruit, une nouvelle ville, la Cité- Valette. Il refusa la dignité de cardinal.

la Valette (Jean-Louis deNOGARET de) , duc d’Épernon. V. Épernon.

la Valette (Bernard de nogaret, duc de), fils du duc d'Épernon , né à Angoulême en 1592 , m. en 1661 , se signala en 1636 contre les Espagnols qui avaient envahi le Labourd , puis contre les Croquants , servit sons Condé en 1638 en qualité de colonel-général de l’infanterie, fit échouer, par jalousie contre son chef, le siège de Fontarabie , s'enfuit en Angleterre pour échapper à la colère de Richelieu, et fut condamné à mort par contumace, 1639. Il

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rentra en France après la mort de Louis XIII, obtint l’annulation du jugement, et fut successivement gouverneur de Guyenne et de Bourgogne. B.

LA Valette (Louis de kogaret, cardinal de), frère du précédent, né en 1593, m. en 1639, fut d’abord abbé de iSL-Victor de Marseille, puis archevêque de Toulouse. Après avoir suivi quelque temps le parti de Marie de Médicis, il montra à Richelieu et au P. Joseph tant de dévouement, que son père, le duc d'Épernon, l’appela le Cardinal-valet. Ce fut lui qui releva le courage de Richelieu lors de la Journée des dupes. Il obtint, en 1635 , le commandement de l’armée qui se joignit sur les bords du Rhin aux troupes de Bernard de Saxe-Weimar, remplaça Créqui à l’armée d'Italie en 1638 , conclut un traité d’alliance avec la régente de Savoie , mais fit preuve de très-médiocres talents. Ses Mémoires, publiés en 1772, 2 vol. in-12, furent rédigés par Jacques Talon. B.

la Valette (Louis de Thomas de), 7e supérieur-général de la congrégation de l’Oratoire, né à Toulon en 1678, m. en 1772, fut nommé directeur de l’institut de Paris en 1710, et supérieur de la maison de Sl-Honoré en 1730, avant d’être mis à la tête de l’ordre entier, il n’accepta qu’après de longs délais la bulle Unigenitus.

la Valette ( Antoine-de), né en 1707, près de Saint- Afrique (Provence) , entra dans la compagnie de Jésus à l’âge de 13 ans; fut envoyé dans les missions de la Martinique, et en devint supérieur en 1747. Il y monopolisait le commerce, en société avec un juif de la Dominique. Sur les plaintes des habitants ruinés, il fut rappelé par le gouvernementen 1753. Envoyé de nouveau aux Antilles avec le titre de visiteur général et de préfet apostolique, il recommença ses spéculations. Les Anglais ayant pris plusieurs de ses navires pendant la guerre de Sept-Ans, il déclara une faillite d’environ trois millions. Poursuivi par deux créanciers, il fut condamné par le parlement de Paris comme coupable de banqueroute frauduleuse, 1762. Ce procès amena l’expulsion des jésuites ( V. ce mot). On ignore la date de la mort de La V alette.

la Valette ( Antuine-Marie-Joseph chamans, comte de), né à Paris en 1769, ni. en 1830, prit part à la défense des tuileries au 10 août 1792, s’engagea volontaire dans l’armée des Alpes, et devint aide de camp du général Bonaparte , qui lui fit épouser une fille du marquis de Beauharnais, nièce de Joséphine. Il fit les campagnes ^'Egypte, d Allemagne et de Prusse, et fut nommé comte de l’Empire et directeur des postes. Destitué par la lre Restauration, il seconda de tout sou pouvoir le retour de Napoléon en 1815. Accusé de trahison après les Cent-Jours, il rut condamné à mort. La veille du jour fixé pour l’exécution, sa femme pénétra dans sa prison, et le sauva en changeant de vêtements avec lui. Le général Wilson et deux autres Anglais, Bruce et Hutchinson, le conduisirent hors de France. Réfugié en Bavière, il fut gracié en 1822; mais Mme de La Valette était devenue folle de chagrin. Elle mourut en 1855. Ou a publié : Mémoires et souvenirs du comte de La Valette , Paris, 1831, 2 vol. in-8°. B.

LA VALETTE. V. VALETTE (Cité).

LA VALLIERE (Louise-Françoise de la Baume le Blanc, duchesse de), née en 1644, d’une famille originaire du Bourbonnais et établie en Touraine, m. en 1710. Elle perdit son père de bonne heure* Sa mère s’étant remariée à un maître d hôtel de Gaston, duc d’Orléans, oncle de Louis XIV, elle fut placée comme fille d’honneur auprès de la nouvelle duchesse. Louis en fut épris, et l’adm. ration qu’elle avait pour lui se changea bientôt eu amour Elle avait précédemment rejeté les offres du surintendant Fouquet. Devenue la maîtresse du roi en 1661, elle cacha pendant deux ans cette liaison qui eût affligé la reine Marie-Thérèse, et où l’entraînement d’une passion véritable l’avait engagée. Mais, au milieu même de son bonheur, elle, fut toujours troublée par des remords. Elle y céda lorsque naquit la faveur de Mme de Montespan. Deux fois fugitive au couvent des Carmélites, à Chaillot, 1670-71, deux fois ramenée à la cour par Louis XIV, qui sentait son amour renaître, toujours en butte à l’arrogance de sa rivale, elle retourna définitivement aux Carmélites, lh74 et y prit le voile, sous le nom de sœur Louise ’e la Miséricorde. La reine et la duchesse d’Orléans allèrent souvent la visiter dans la retraite où elle finit pieusement •'■es jours. M“e de La Vallière avait eu du roi trois entants, dont deux vécurent et furent légitimés : MIle de Blois, mariée au prince de Conti en 1679, et le comte de \ ermandois, m. en 1683. Elle a laissé des lettres, et des "éllexions sur la Miséricorde de Dieu, par une dame péni.

’ l’r, 1680, in-12 En 1852, M. Damas-Hinard signala un « .emplaire de ce livre, 1688, chargé de corrections de la

[ main de Bossuet. M. Romain Cornut a publié le texte original et le texte corrigé, sous le nom de Confessions de j/lle de La Vallière, 1854, in-18. Il existe une Vie de Mlle de La Vallière , par Quatremère de Roissy, 1823, et sous le titre : la Duchesse de La Vallière, un roman dit historique, par Mme de Genlis. On croit que la Madeleine de Lebrun, au Val-de-Grâce de Paris, reproduit les traits de M,le de La Vallière. B.

la vallière (Louis-César de la baume le blanc, duc de), petit-neveu de la précédente, né à Paris en 1708, m. en 1780, grand fauconnier de la couronne, s’est rendu célèbre comme bibliophile. 11 forma, dans son château de Montrouge, une magnifique bibliothèque, dont le catalogue a été publié en 2 parties, 1783, 3 vol. in-8°, etl788, 6 vol. in-8°. Achetée en 1788 par le comte d’Artois, payée par le roi, cette bibliothèque a été réunie à celle de l’Arsenal, créée par le marquis de Paulmy d’Argenson.

LAVARDAC, ch.-l. de cant. (Lot-et-Garonne), arr. et à 7 kil. N.-O. de Nérac, sur la rive dr. Je la Baise; 1,134 hab. Fabr. débouchons, eaux-de-vie, etc.

LAVARDIN (Jean de Beaumanoir de), né dans le Maine en 1551, m. en 1614, prit une part active aux guerres de religion dans les rangs des huguenots, se fit catholique après la Sl-Barthélemy, où avait péri son père, s’attacha à Catherine de Médicis eu 1578, servit sous le duc de Joyeuse à la bataille de Coutras, 1587, et se rallia plus tard à Henri IV, qui le nomma gouverneur du Maine et maréchal de France en 1595. 11 était dans le carrosse du roi, lorsque ce prince fut assassiné, 1610. Sous Louis XIII, il fut chargé d’une mission extraordinaire en Angleterre, 1612, et remplit les fonctions de grand-maître de France.

lavardin (Charles-Henri de beaumanoir, marquis de), arrière-petit-fils du précédent, né en 1643, m. en 1701, fut lieutenant-général au gouvernement de Bretagne. Envoyé en ambassade à Rome, 1687, au moment où Louis XIV avait un différend avec Innocent XI au sujet des franchises, il entra dans la ville malgré la défense du pape, et fut excommunié. La mort du souverain pontife prévint de plus graves complications.

lavardin, vge (Loir-et-Cher), arr. et à 15 kil. B.- O. de Vendôme ; 433 hab. Restes d’un ancien château.

LA VARENNE (Guillaume Fouquet, marquis de) , ne à La Flèche en 1560, m. en 1616, avait été cuisinier à la cour, avant d’être anobli. Il devint porte-manteau de Henri IV, contrôleur-général des postes, et gouverneur de sa ville natale. C’était lui que le roi chargeait de ses messages d’amour. Il a fondé le collège des jésuites de La Flèche.

LAVATER (Jean-Gaspard), né à Zurich en 1741, m. en 1801, célèbre par un ouvrage sur la physiognomonie ou l’art de connaître les hommes par la physionomie. Destiné à l’église, il fut mis dans un séminaire, puis envoyé à Berlin , où il perfectionna son instruction littéraire. De 1767 à 1769, il fut diacre, pasteur de l’église Sl-Pierre, et membre du consistoire suprême de Zurich. Il avait un penchant secret pour le catholicisme, entretenait des liaisons avec les Jésuites, et publia des poèmes en l’honneur du culte romain. Toutefois, il ne changea pas ostensiblement de religion , et sa charité inépuisable , surtout pendant la disette de 1770, fit oublier en partie aux calvinistes ses tergiversations religieuses. En 1796, il défendit les insurgés des bords du lac de Zurich contre les mesures violentes auxquelles le gouvernement n’était que trop disposé , et empêcha que les chefs ne fussent condamnés à mort. En 1798, il s'éleva avec force contre les mesures démocratiques du gouvernement français et du Directoire Helvétique, et fut déporté à Bâle. Rappelé, bientôt après, dans sa ville natale, occupée par les armées austro-russes, il prêcha la modération et l’oubli du passé. Lors de la reprise de Zurich par les Français, 1799, il eut l'imprudence de haranguer, au milieu d’une émeute populaire , un soldat de la légion Helvétique , qui lui tira un coup de fusil, dont il mourut après 15 mois de souffrances. Tour à tour partisan et ennemi de la controverse, penchant vers une religion et en pratiquant une autre, écrivant pour et contre la philosophie, prêchant en faveur de l’aristocratie et en faveur de la démocratie, défendant les persécutés et devenant persécuteur lui-même, mais toujours de bonne foi, tel s’est montré Lavater pendant le cours de son existence tourmentée. 11 croyait aux sorciers autant qu’aux prophètes, aux jongleries des charlatans et des thaumaturges autant qu’aux Saintes Ecritures, aux rêveries des somnambulistes, à l’évocation des esprits. Il se figurait lire sur la physionomie le passé , le présent, et l’avenir, le pronostic de la mort ou de la guérison. Extrêmement irritabte, il avait trop de sensibilité

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et peu de jugement. Lavater a vécu sur la limite de la 1 raison et de la folie; et même, dans les dernières années | de sa vie il prit l’air inspiré, prophétisa , et mourut per suadé qu’il était l’apôtre S1 Jean. Sa physionomie fine et animée par une expression sentimentale, sa parole, tantôt naïve et douce, tantôt pressante et exaltée, ont souvent masqué la forme défectueuse de ses prédications improvisées, et lui ont valu une réputation éphémère; cependant ses sermons ne sont remarquables que par une absence complète d’éloquence et d’art oratoire. Lavater composa plus de 130 volumes sur la théologie , la morale, la philosophie, des poèmes, des drames, des traductions, etc.; mais on ne lit plus que ses Chansons helvétiques , publiées en 1767; elles respirent, dans leur simplicité, une verve entraînante, ont une couleur locale qui émeut puissamment les habitants des montagnes , et sont encore chantées par les paysans et les pâtres de Morat, de Lucerne et de l’Oberland. Un second ouvrage, les Fragments physiognomoniques , a survécu aussi ; ce livre ne présente rien qui ne se trouve chez des auteurs antérieurs; seulement Lavater a voulu rassembler tous les éléments relatifs à l’étude de la physiognomonie, et y joindre ce qu’il croyait être le résultat de sa propre expérience ; mais il n’a fait qu’augmenter le désordre qui y régnait déjà. Il n’a pas systématisé non plus la physiognomonie : il en a a confondu toutes les règles, et lui a ôté toute limite, en l’appliquant jusqu’aux vêtements et aux actes. La physiognomonie a pour base l’anatomie et la physiologie; son étude et ses conséquences appartiennent à la psychologie, à l'histoire naturelle, à la médecine et aux beaux-arts; or Lavater ignorait les sciences, et n’était guère moins étranger aux beaux-arts : à peine savait-il dessiner fort médiocrement. Il n’avait ni assez de suite ni assez de fixité dans les idées pour être un observateur et un connaisseur sérieux. Ses Fragments fourmillent de paradoxes, de divagations et d’absurdités; à peine y trouve-t-on quelques

Eages vraiment intéressantes et quelques vue's ingénieuses.

i y a des chapitres sur les apparitions et les monstres, qui dénotent une crédulité inouïe. Les observations de Lavater sont fréquemment dépourvues de tout caractère raisonnable : il compare la physionomie de l’homme avec celle des animaux, et n’arrive à trouver la ressemblance que par un artifice de dessin , qui ne peut avoir rien de sérieux : les figures intermédiaires , offertes et commentées comme expression de la vérité , sont inacceptables. L’ouvrage de Lavater parut en allemand, 1775-76, 4 vol. in-4°. Il fut traduit en français, La Haye , 1783 , 3 vol. petit in-fol. , avec un 4e vol. en 1802; et Paris, 1806-7, 9 vol. in-4°, par M. Moreau, avec 500 gravures. Une traduction abrégée en a été donnée par M. Bacharach , Paris., 1841 ,

1 vol. gr. iu-8°. R. D.

LA VAUGUYON ( Ant. -Paul Jacques de Quelen , duc de), né à Tonneins en 1706, m. en 1772, fit plusieurs campagnes, à la suite desquelles il fut promu au grade de brigadier en 1743, gagna celui de maréchal de camp à la bataille de Fontenoy, 1745, se distingua encore à Rauconx et à Lawfeld, fut créé lieutenant-général en 1748, et remplit la charge de gouverneur des petits-fils de Louis XV.

la VAUGUYON ( Paul-Franç., duc de), fils du précédent, né en 1746, m. en 1828 , fut ambassadeur en Hollande en 1776, en Espagne de 1784 à 1790. Ministre du comte de Provence (Louis XVHI) de 1795 à 1797, il lui servit d’intermédiaire principal auprès de ses agents en France. Il revint en France en 1805, entra à la Chambre des pairs lors de la Restauration , et y défendit les principes constitutionnels.

la vauguyon (Paul, comte de), un des fils du précédent , né à Paris en 1777, m. en 1839, servit dans un corps d’émigrés en Espagne, rentra en France avec sou père, s’enrôla, combattit à Austerlitz, fut nommé aide de camp de Murat , général de division , commandant de l'infanterie de sa garde, et conserva son grade en France après les événements de 1815.

LAVAUR, Vaurum, Vera ou Vora , s.-préf. (Tarn), à 42 kil. S. -O. d’Albi , sur la rive g. de l’Agout; 4,550 hab. Trib. de lre instance, collège, bibliothèque. Elève considérable de vers à soie ; filatures de soie, fabr. de tissus et de bas de soie. Ruines d’un château démantelé par Henri IV. — Cette ville, une des plus fortes places des Albigeois, fut saccagée par Simon de Montfort en 1211 ; en 1213 , on y tint un concile. Un évêché y fut créé en 1.318.

LAVEAUX (Jean-Charles Thibault de|, lexicographe et homme de lettres, né à Troyes en 1749, m. en 1827, fit ses études à Paris, enseigna la langue française à Bâle, devint professeur de littérature française et membre de l’Académie Caroline à Stuttgard , fut appelé à l’université

I de Berlin par Frédéric II , vint s’établir à Strasbourg j après la mort de ce prince, et y rédigea le Courrier dt Strasbourg. Il vint à Paris en 1792, et y fut quelque temps : rédacteur en chef du Journal de la Montagne; plusieurs fois dénoncé et incarcéré, il finit, après le 9 thermidor, par renoncer à la politique. Sous le Consulat, il devint chef de bureau à la préfecture de la Seine, et inspecteur-général des prisons et hospices sous l’Empire. La Restauration le destitua. On a de lui des traductions de V Histoire des Allemands de Schmidt , Berlin, 1784, 9 vol. in-8°, et de V Histoire des sciences dans la Grèce de Meiners, Paris, 1799, 5 vol. in-8° ; Histoire des premiers peuples libres qui ont habité la France , 1787, 3 vol. in-8°; Vie de Frédéric II, roi de Prusse, Strasbourg, 1788-9, 7 vol. in-8°; Cours théorique et pratique de langue et de littérature française, Berlin , 1784 , in-8°, entrepris sur la demande du roi de Prusse ; Dictionnaire français-allemand et allemand-français, 1784-5, 2 vol. in-8°; Nouveau dictionnaire de la langue française, où l'on trouve tous les mots de la langue usuelle, les étymologies, l'explication détaillée des synonymes, etc., Paris, 1820, 2 vol. in-4°, ouvrage très-estimable, 2e édit., Paris, 1828, 2 vol. in-4°; Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue française , Paris, 1818, 1 vol. in-8°, travail fait avec beaucoup de sagacité et de goût; 2e édit., 1822, 2 vol. in-8° ; Dictionnaire synonymique de la langue française, 1826, 1 vol. in-8°, etc.

LAVEDAN (le), Levitania, petit pays de l’anc. France (Bigorre), où étaient Lourdes et Campan (Hles-Pyrénées).

LAVELANET, ch.-l. de cant. (Ariége), arr. et à 27 kil. E. de Foix, sur la Touire, qui se jette près de là dans un gouffre profond; 2,763 hab. Fabr. de draps.

LAVELLO, Labellum, v. du royaume dJtalie (Potenza), à 13 kil. N.-E. de Melfi; 4,649 hab. Evêché.

LAVEMENT DES PIEDS. La veille de Pâques, lorsque Jésus-Christ célébra la cène avec ses disciples, il leur lava les pieds, pour leur apprendre les devoirs de charité mutuelle que se doivent les chrétiens. En France, avant la Révolution et pendant la Restauration, il y avait à la cour, le jeudi saint, une cérémonie commémorative de cet acte d’humilité du Sauveur ; le roi lavait les pieds à douze pauvres vieillards, représentant les 12 apôtres, mandés dans sou palais. Bientôt après, accompagné de tous les princes de la maison royale, il servait à table ces mêmes vieillards. Cette cérémonie a cessé d’être pratiquée à ta cour après juillet 1830; mais elle l’est encore par les évêques. On* croit que la coutume en fut établie au XIe siècle, par le roi Robert 11, le Pieux, qui la pratiquait couvert d’un cilice.

LAVENILAM ou LANHAM, brg et paroisse d’Angleterre (Sufliak), sur la Brit, à 24 kil. O. -N. -O. d’Ipswich; 4,600 hab. Fabr. de fil à coudre. Belle église du xv' siècle.

LAVENT1E, ch.-î. de cant. (Pas-de-Calais), arr. et à 20 kil. N.-E. de Béthune; 1,318 hab. Miel, toiles.

LAVERDY ( Clément-Gharles-Franç. de), né à Paris en 1723, m. en 1793, conseiller au parlement, fut contrôleur général des finances de 1763 à 1768. Sa complicité dans le prétendu Pacte de Famine \V. Famine — Pacte de) le fit condamner à mort à la Révolution.

LAVERNE, Lavema , déesse des fourbes et des voleurs chez les anc. Romains.

LAV1EU , LA VIEUX ou LADVIEU, petit pays de l’anc. France (Forez), où étaient Lavieux, Rivière-en- Ladvieu et Montagne-en-Ladvieu (Loire).

LA V1EUV1LLE (Charles, marquis de), né à Paris vers 1582, m. en 1653, fut surintendant des finances eu 1623, se fit des querelles avec tous les gens de cour par son naturel emporté et présomptueux, fut enfermé au château d’Amboise en 1624 , s’enfuit à l’étranger, obtint de rentrer en France en 1628, entra dans des intrigues contt e le cardinal de Richelieu , dut s’enfuir à Bruxelles en 1631, ne revint que sous le ministère de Mazarin, et obtint, en 1649, la direction des finances, avec le titre de duc et pair.

LA VILLE DE MIRMONT (Alexandre- Jean-Joseph de), poète dramatique, né à Versailles en 1783, m. en 1845, fut chef de division au ministère de 1 Intérieur, puis inspecteur des prisons. Il a laissé une tragédie de Charles VI, 1826, et, entre autres comédies estimables : le Folliculaire, en 5 actes, 1820; Une joumee d' élection, en 3 actes, 1822, interdite par la censure; le Roman, en 5 actes, 1825; les Intrigants, en 5 actes, 1831. Ses OEuvres ont paru en 1845, 4 vol. in-8°. Toutes les comédies de de La Ville sont écrites en vers; le style en est agréable, facile et correct. Le Folliculaire, son meilleur ouvrage, renferme de fort jolies scènes, des portraits bien observés, et a obtenu beaucoup de succès.

LA V1LLEHEURNOIS | Charles- -Honoré Bekthelot de), né à Toulon vers 1750, m. en 1799, maître des re-

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