‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 490 sur 864 · SEXTE. V. DÉCRÉTALES · texte numérisé non relu

SEXTE. V. DÉCRÉTALES

SEXTIÆ AQLVE , v. de la Gaule (Narbonnaise lre), métropole de la Province romaine; auj. Aix.

SEXTIUS. V. Août.

SEXTIUS LATERANUS (Lucius), tribun du peuple avec Licinius Stolon, fut le 1er consul plébéien, Tan 387 de Rome, 366 av. J.-C. V. Licinius Stolon.

sextius calvinus (Caïus), consul Tan 629 de Rome, 124 av. J.-C., proconsul dans la Gaule Transalpine Tan 630, vainquit les Salyes, et fonda une ville qui prit de lui le nom d ’Aquœ Sextiœ (auj. Aix).

sextius ( Publius), questeur du consul C. Antonius,l’an 690 de Rome, 63 av. J.-C., contribua à la victoire remportée sur Catilina près de Pistoia. Impliqué ensuite dans l’accusation de concussion portée contre Antonius, il fut sauvé, comme lui, par l'éloquence de Cicéron. 11 témoigna sa reconnaissance, en allant plus tard plaider dans les Gaules auprès de César la cause de l’orateur exilé, et en faisant prononcer le rappel de Cicéron, malgré l’opposition de Clodius. Accusé de violences contre ce tribun , il fut encore défendu par Cicéron, dont nous avons le plaidoyer ( Pro Sextio). Enfin, Tan 700, nommé prêteur, il fut accusé de brigue, et condamné à l’exil. B.

SEXTUMV1RS. V. Séviiis.

SEXTUS TARQUIN. V. Tarquin.

sextus EMPiRicus, philosophe grec, né en Grèce selon tout? apparence, peut-être à Mitylène, vécut à Tarse, et florissait vers le commencement du 111e siècle de J.-C. Il était médecin, d’où lui vint son surnom, parce qu'il appartenait à la secte des empiriques, opposée à celle des méthodiques, Sextus résume dans ses écrits tout le scepticisme de l’antiquité, surtout dans ses Hypotyposes pyrrhoniennes, en 3 livres, exposition abrégée du pyrrhonisme. 11 reste encore de lui un autre autre ouvrage, Contre les mathématiciens (11 livres), formé de deux écrits, l’un sur les études libérales, l’autre contre les philosophes. Son procédé se réduit à opposer une doctrine à une doctrine contraire, et de leur opposition il conclut à la nécessité de suspendre son jugement; il ne faut rien affirmer ni rien nier, mais s’en tenir au doute et à l’impassibilité : c'est le pyrrhonisme poussé jusqu’à ses dernières bornes. Les ouvrages de Sextus sont remarquables par la clarté, la sagacité, et la précision ; les sceptiques modernes s’en sont beaucoup servis. Ces ouvrages ont été publiés, avec traduction latine, par J.-Alb. Fabricius, Leipzig, 1718, in-fol.; par Struve, Kœnigsberg, 1823; par Bekker, Berlin, 1842. Les Hypotyposes ent été traduites en latin par H. Estienne, 1562, in-8°, et en français par Huart, Amsterdam, 1725, in-12 ; l’ouvrage Contre les mathématiciens, en latin, par Gentien Ilervet, 1569, in-fol. Sextus avait encore écrit des Mémoires de médecine, Mémoires empiriques, Mémoires sceptiques ; et un Traité sur l'âme, etc. R — T.

SEYBOLD (David-Christophe), philologue, né en 1747 à Brakenheim ( Wurtemberg), m. en 1804, professeur de belles-lettres à Iéna en 177 1, recteur du gymnase de Spire en 1772, de celui deGrunstadt en 1776, puis de celui de Bouxwiller, enfin professeur de littérature ancienne à Tubingue, a laissé : Mythologie, en allemand, 1779, où il sépare avec sagacité les fables grecques des fables romaines; Chrestomathia poelica grœco-lnlina, 1775, in- 8°; Anthologie historique grecque-latine ; Anthologie poétique latine : ces derniers ouvrages sont des compilations estimables.

SEYBOliSE. V. Seiuouse. ,

SEYCHELLES (Les) ou SÉCHELLES , archipel de l’océan Indien, dans l’Afrique anglaise, au N.-E. de l’ile de Madagascar; par 3» 30’-8° lat. S., et 50“-54° long. E.; 9,055 hab. 11 comprend les deux groupes des Seychelles proprement dites au N.-E. (30 îles, dont Malié est la principale), et des Amirautés au S.-O. ( 11 îles). Climat très-chaud et peu salubre. Sol montagneux et fertile. On y cultive les épices, le tabac, le maïs. — Visitées d’abord par les Portugais, elles ont été ensuite occupées par les Français, et sont aux Anglais depuis- 1814; elles dépendent du gouvernement de Maurice. On y construit des navires, et on y arme pour la pêche de la baleine.

SEYCI1ES. V. Seiches.

SEYKS. V. Seikhs.

SEYMOUR (Jeanne), 3e femme de Henri VIII, roi d’Angleterre, supplanta, en 1536, Anne Boleyn, dont elle était dame d’honneur; le roi l’épousa le lendemain même du supplice de la malheureuse reine. Elle mourut, l’année suivante, 1537, douze jours après avoir mis au monde un

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enfant, qui, sous le nom d’Edouard VI, succéda à Henri. Les frères de Jeanne Seymour devinrent la tige des ducs de Somerset, des comtes de Hertford, etc.

SEYMouit ( Thomas ) , lord Dudley , frère de la précédente, fut nommé grand-amiral d’Angleterre par Henri VI 1 1 , fit partie du conseil de régence pendant la minorité d’Edouard VI, épousa Catherine Parr, veuve du dernier roi, aspira ensuite à la main d’Elisabeth ( depuis reine d’Angleterre), ne montra qu’incapacité dans les affaires, fut envoyé par Edouard VI à la Tour de Londres, et décapité en 1549. B.

SE YNE, Sedena, ch.-l. de cant. ( Basses- Alpes ) , arr. et à 53 kil. N. de Digne, sur la rivière de Blanche; 925 hab. Collège. Jadis place forte, déclassée en 1867.

Seyne (la), v. et port de mer (Var), arr. et à 7 kil. S.-O. de Toulon; 9,070 hab. Construction de navires; comm. de cabotage. Fabr. d’huiles; pêche active.

SEYSSEL ( Claude de), historien, né vers 1450 à Aix en Savoie, m. en 1520, occupa d’abord une chaire d’éloquence à Turin, puis fut appelé en France par Louis XII et George d’Amboise, et devint évêque de Marseille en 1509, ambassadeur de France à la diète de Trêves en 1512 et au concile de Latran en 1514, archevêque de Turin en 1517. On a de lui : Histoire singulière du roi Louis XII, Paris, 1508, in-8° ; la Grande monarchie de France, 1519, in-4°, espèce de traité, en 5 parties, sur la puissance de la France, et le développement possible de sa prospérité; une traduction française de Justin ; d’autres (d’après des versions latines ) de Thucydide, Xénophon, Appien, Diodore, Eusèbe, etc.; un Spéculum feudorum, et un traité de la Loi salique, en latin.

Seyssel, ch.-l. de cant. (Ille-Savoie), arr. et à 30 kil. S.-O. de S1- Julien, sur la rive dr. du Rhône ; 1,168 hab. Exploit, d’asplialts; carrières de pierres blanches; vins blancs estimés. — Seyssel, fondé par un officier romain du nom de Sextilius, fut ville forte et titre de marquisat au moyen âge, et appartint longtem s à la Savoie.

SÉZANNE, ch.-l. de cant. (Marne), arr. et à 43 kil. S.-O. d’Epernay; 4,312 hab. Autrefois ch.-l. de comté et place forte. Prise par les Anglais en 1423, par les huguenots en 1566, un incendie la détruisit en 1632. Fabr. de lainages, poterie. Commerce de vins, grains, bois, chaux, tuiles, briques. Belle église de S1- Denis. Bibliothèque.

SÈZE | Raymond, comte de), magistrat français, né à Bordeaux en .1748, d’un avocat au parlement de cette ville, m. en 183 ', fut aussi avocat dans sa ville natale. Il vint à Paris en 1784, et débuta avec éclat dans une cause que Target lui avait déléguée, où il s’agissait de la succession d’Helvétius, réclamée par sa fille la comtesse d’Andelau. En 1789, il avait acquis assez de notoriété à Paris pour être président de district lors des élections aux Etats-généraux. Les parlements ayant été supprimés peu de mois après, de Sèzerenonçaà sa profession; il ne la reprit un instant que pour accepter la tâche dangereuse de défenseur de Louis XVI devant la Convention. Sa défense passa à l’examen préalable du Roi et des deux autres défenseurs, Malesherbes et Tronchet. Il l’avait composée avec la chaleur et l’indignation contenue que lui inspirait, en droit comme en fait, l’iniquité de ce monstrueux procès. Tronchet s’en effraya, et fit effacer ou émousser plusieurs traits, en disant à de Sèze : « Vous voulez donc nous faire massacrer à la barre ! » Après la condamnation du Roi, de Sèze quitta Paris. Il fut arrêté à la campagne, le 20 octobre 1793, et incarcéré comme suspect. La journée du 9 thermidor le rendit à la liberté. Il reprit alors sa profession, mais comme avocat consultant. A la Restauration de 1814, lors de l'arrivée à Paris du comte d’Artois, ce prince fit appeler de Sèze, qui reçut de la famille royale le plus gracieux accueil. En fév. 1815, Louis XVIII le nomma 1er président de la Cour de cassation. Après la 2e Restauration, il fut créé pair de France, puis comte, avec autorisation de mettre dans ses armes une image de la tour du Temple, prison de Louis XVI, sur un écusson couvert de fleurs de lis. De Sèze entra à l’Académie, en 1816, à la place de Ducis.

SEZZA, ane. Suessa , v. des Etats de l’Eglise, dans la délégation et à 35 kil. O. -S. -O. de Frosinone; 6,000 hab.

SFAKIA, brg de l’ile de Candie, sur la côte S., à 35 kil. S.-Ü. de La Canée; 1,800 hab. Ses habitants passent pour descendre des anciens Crétois. C. D — y.

SFAX ou SFAIvES, v. et port de la régence de Tunis, sur le golfe de Cabès, à 225 kil. S.-E. de Tunis; 6,000 hab. Export, d’huile, laine, tissus de laine et coton, dattes, pistaches, raisins secs, essence de jasmin, etc. Culture de melons et de concombres, dits sfaUans.

SFORZA, nom d’une célèbre famille ducale de Milan aux xve et xvi' siècles, vient du surnom Sforza, ou le

Fort, donné au condottière Giacomuzzo Attendolo , chef de cette famille.

sforza (Giacomuzzo ou Jacques attendolo), né en 1369 à Cotignola (Romagne), m. en 1424, fils d’un laboureur, et d’abord laboureur lui-même, devint soldat par hasard, se distingua comme lance brisée (servant séparément), et eut bientôt sous ses ordres, d’abord 150 hommes qu’il mit au service de Florence, 1401, puis 1,000 cavaliers, 1405, avec lesquels il contribua à l’asservissement de Pise. Il servit divers partis, soutint Nicolas III d’Este contre Ottobon Terzi, qu’il fit assassiner, 1409, ne prêta un instant son concours au pape Jean XXIII que pour se vendre, 1412, au roi de Naples Ladislas, après la mort duquel , maître de Rome et d’importants domaines en Romagne, il épousa en secondes noces la sœur d’Alopo, favori de Jeanne H. Jeté en prison par Jacques de la Marche, époux de Jeanne, il en sortit en excitant une émeute, rendit le trône et la liberté à Jeanne II , en reçut plusieurs fiefs (Bénévent, Manfredonia, Bitonto, etc.), fut nommé grand-connétable du royaume de Naples, reprit à son rival , le condottière Braccio de Montone, Rome et ses environs, mais, chef de troupes massives, fut souvent battu par les corps légers de Braccio, 1417-1420. Encore infidèle à son parti, 1420, il se laissa opposer par Martin V, de concert avec Louis III d’Anjou , à Jeanne II , que défendirent Alphonse d’Aragon et Braccio, perdit dans cette guerre presque toutes ses ressources, fit sa paix avec ) Jeanne par l’entremise même de Braccio, recouvra son titre de connétable, chassa Alphonse de Naples, et périt | dans la Pescara , en voulant opérer sa jonction avec Jacques de Cardone, et secourir Aquila que Braccio assié ■ geait pour Alphonse. A. C.

sforza (François-Alexandre), fils naturel du précédent, né en 1401, m. en 1466, accompagna son père dans ses expéditions périlleuses, se distingua à 16 ans au combat de Toscanella, 1417, contre Tartaglia, et, quand Giacomuzzo mourut, sut retenir auprès de lui ses vieilles bandes En 1426, il se mit au service du duc Philippe-Marie Visconti contre Carmagnola; d’abord battu à Macalo, 1427, il prit une revanche éclatante à Soncino et près de Crémone, 1431 . Associé aux plans du duc, il profita du schisme pour enlever la Marche d’Ancône à Eugène IV, 1434 , contre qui il semblait exécuter les arrêts du concile de Bâle ; mais il conserva pour lui cette province. Mécontent de Visconti, qui lui promettait sa fille Blanche en mariage, sans la lui donner, il passa aux Florentins, et conquit pour eux la I.unégiane sur Nicolas Piccinino, qu’il battit, 1437, à Barga; il se réconcilia un instant avec Ph.-M. Visconti, qui l’envoya au secours de René d’Anjou contre Alphonse d’Aragon, 1438 ; puis il recommença, 1439, la guerre contre Visconti, battit Piccinino à Peuna, reprit Vérone, couvrit le territoire Vénitien, 1440, par le combat d’Anghiari, et menaça le duc sur son propre territoire. Gagné alors par la main de Blanche, qui lui apporta Crémone et Pontremoli, il dicta à Florence et à Venise la paix de Capriana, 1441, mais vit presque aussitôt son beau-père se tourner contre lui et lui opposer Piccinino, Alphonse d’Aragon, et Eugène IV, qui l’excommunia. Seul contre tous, soutenu par l’argent de Cosme de Médicis, il déjoua les trahisons de ses propres lieutenants, se concentra dans la Marche d’Ancône, battit Piccinino à Monte- Lauro, les fils de ce condottière à Mont’Olmo, 1444, triompha d’une révolte de la Marche et d’une attaque de son propre gendre Sigismond Malatesta de Rimini , conquit rapidement Plaisance, Parme, Novare, Alexandrie, Tortone, etc. A la mort du duc, 1447, Milan s’érigea en république; aidé par l'argent de Cosme de Médicis, Sforza bloqua et prit cette ville, 1450, s’y fit proclamer duc, et fut reconnu par toute l’Italie, sauf Venise et Naples. Attaqué par Venise, 1452, il l’obligea à la paix de Lodi, 1454, qui fit de la Ghiara d’Adda la limite entre le Milanais et Venise, à qui restèrent Brescia et Bergame. Réconcilié avec Alphonse d’Aragon, dont le petit-fils épousa sa fille, protecteur, avec Scanderbeg, de Ferdinand le Bâtard, dont il affermit le trône par la victoire de Troja, 1462, et qui lui céda en retour le duché de Bari, 1465, débarrassé du dernier Piccinino, son gendre, par une trahison odieuse, maître de Gênes, 1 464, et de Savone par cession de Louis XI, il devint le modérateur et l’arbitre de l’Italie. 11 a fait creuser à Milan le canal Martezana , protégea les savants et les fugitifs de Constantinople, mais ternit ses grandes qualités par les vices de son temps, la duplicité, la perfidie, la débauche. A. C.

sforza (Galéas-Marie) , fils du précédent, né à Fermo en 1444 , m. en 1476. A la mort de son père, 1466, il commanda en France, contre les seigneurs révoltés, un

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