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corps d’auxiliaires au service de Louis XI. Il revint dans le Milanais sous un déguisement, pour échapper aux embûches des petits princes dont il traversait les Etats. Veuf en 1468, peut-être par le poison, de Dorothée de Gonzague- Mantoue, il épousa presque aussitôt, à l’instigation de Louis XI , la belle-sœur de ce roi , Bonne de Savoie , dont il devait conquérir la dot ( Verceil) sur Amédée IX; il y renonça pour conjurer l’alliance d’ Amédée et de Venise contre lui. Dès lors, livré à la débauche et à la cruauté, odieux à ses sujets, à sa mère, qu’il relégua à Crémone, où elle mourut , sans doute empoisonnée par lui , il ne sut se signaler que par un somptueux voyage à Florence , à Lucques et à Gênes , 1471 , pendant lequel il lutta de prodigalités avec Laurent le Magnifique. Détesté par les Génois, il irrita les Milanais par le développement qu’il donna aux fortifications. Vengeurs des injures publiques et des leurs, trois gentilshommes, A. Lampugnani, Ch. Visconti, J. Olgiati ( V. ce nom ), l’assassinèrent, et, appelant en vain le peuple à la liberté , payèrent de leur vie leur tentative républicaine. A. C.
sforza (Jean- Galéas-Marie) , fils du précédent, lui succéda en 1476 , à l’âge de 8 ans, sous la tutelle de sa mère Bonne de Savoie. Celle-ci, aidée de François Simonetta, son principal ministre, écarta les frères du dernier duc, qui voulaient participer à la régence. Mais Ludovic le More, l’un d’eux, ayant surpris Tortone en 1479 , la força de lui donner part au gouvernement. Bientôt il se rendit maître absolu , fit trancher la tête à Simonetta, et dés que Jean-Galéas eut atteint sa 21e année, 1489, le relégua au château de Pavie , où il mourut, probablement empoisonné, 1494. De son mariage avec Isabelle de Naples, il avait eu deux filles, et un fils que Louis XII emmena en France, 1499, et qui mourut abbé de Marmoutiers, 1511. B.
sforza ( Ludovic ou Louis ) , dit le More à cause de son teint basané ou d’un mûrier figuré dans ses armes, frère de Galéas-Marie, et oncle du précédent, pendant la mi norité duquel il s’empara du pouvoir (F. Vart. précédent ), fut l’adversaire de la maison d’Aragon en Italie, et appela Charles VIII, 1494. Inquiet de la pitié que le roi de France témoigna à Jean-Galéas, qu’il retenait captif à Pavie, il fit empoisonner ce jeune prince. Puis, menacé par les prétentions du duc d’Orléans sur le Milanais, il trahit les Français, et forma contre eux, avec Venise et quelques petits Etats italiens, une ligue que déconcerta la victoire de Charles VIII à Fornovo, 1495. Attaqué par Louis XII, 1499, il perdit en 15 jours tous ses Etats, et s’enfuit à Insprüek, auprès de l’empereur Maximilien. L’impopularité du gouvernement de Trivulzio (V. ce mot) dans le Milanais lui permit de ressaisir ce duché : mais, lors d’une seconde invasion française, 1500, les Suisses de son armée firent défection près de Novare, et, au moment où il espérait s’échapper sous un déguisement, l’un d’eux le livra. Il fut enfermé à Loches, où il mourut en 1510. B.
sforza | Maximilien ) , fils aîné du précédent , était , à l’époque des revers de son père, auprès de l’empereur Maximilien. En 1512, le pape Jules II et la Sainte - Ligue, ayant chassé les Français de la Lombardie, le placèrent sur le trône ducal de Milan. Il ne sut inspirer ni respect, ni attachement à ses sujets, qui se soulevèrent à l’approche d’une armée française, 1513; mais, après la déroute de cette armée à Novare, il ressaisit le pouvoir, et imposa des amendes énormes aux villes qui avaient ouvert leurs portes à l’ennemi. La victoire de François 1er à Marignan lui fit perdre définitivement la couronne, 1515; il ne tarda point à y renoncer, moyennant une pension, se retira en France, et mourut ù Paris en 1530. B.
sforza ( François -Marie ) , frère du précédent, vivait dans l’obscurité, lorsque Charles-Quint et le pape Léon X résolurent de rétablir les Sforza à Milan, 1522. Après la défaite de Lautrec et des Français à la Bicoque, il prit la couronne ducale. La défaite de François 1er à Pavie, 1525, semblait lui promettre quelque sécurité; mais il resta à la discrétion de l’empereur, qui occupa les principales villes du duché, exigea, pour les frais de la guerre, 400,000 ducats en un an, plus 50,000 pendant dix ans. Les exactions qu’il dut commettre pour satisfaire son protecteur, le rendirent odieux. Il mourut en 1535, sans postérité, et fut le dernier de sa famille qui régna sur Milan. Il légua son duché à Charles-Quint. B.
sforza (Alexandre ), fils naturel de Giacomuzzo Attendolo, né à Cotignola en 1409, m. en 1473, seconda son frère François -Alexandre dans ses guerres, devint par son mariage avec Constance de Varano, nièce de Galéas Malatesta , 1445 , seigneur de Pesaro , se soutint dans sa principauté contre les attaques de Sigismond Malatesta et
l’excommunication d’Eugène IV, rendit des services importants à Ferdinand, roi de Sicile, qui le nomma grandconnétable, commanda aussi les troupes de Paul il , et des Vénitiens contre Robert Malatesta, et mourut en 1473. B.
sforza (Constant), fils et successeur du précédent, se mit au service des Florentins, dont il causa la défaite dans une guerre contre Alphonse, duc de Calabre, accepta ensuite le commandement des troupes vénitiennes, et mourut en 1483. B.
sforza (Jean), fils naturel du précédent , fut en 1493, le premier époux de la fameuse Lucrèce Borgia , fille du pape Alexandre VI. Abandonné par elle, 1497, il fit prononcer son divorce. César Borgia lui ayant enlevé la seigneurie de Pesaro, il se retira à Venise, où il mourut vers 1501. B.
sforza (Catherine), fille naturelle de Galéas-Marie, duc de Milan, épousa, en 1484, Jérôme Riario, seigneur d’Imola et de Forli , et neveu de Sixte IV. A la mort de ce pape, une conjuration s’ourdit contre Riario; il périt assassiné, 1488 ; Catherine tomba, avec son fils Octavien, au pouvoir des conjurés, leur échappa, épousa ensuite secrètement Jean de Médieis, père du fameux Jean des Bandes-Noires, régna sous le nom d’Octavien, encore mineur, soutint contre César Borgia un siège dans Forli, 1499, fut prise sur la brèche même, dut sa liberté à l’intervention de Louis XII, et alla finir sa vie à Florence. B.
SGIGATA. V. Stora.
S’GRAVESANDE. V. Gravesande.
SG RICCI (Thomas), célèbre improvisateur italien , né en 1788 à Castiglion-Firentino (Toscane), m. en 1836, montra de bonne heure un goût très-vif pour la poésie , mais commença par travailler chez un avocat de Florence. Dans une soirée de carnaval , il se déguisa en pythonisse , et s’amusa à répondre en vers à toutes les questions qu’on lui adressait. Cette plaisanterie lui révéla sa vocation , et il se fit improvisateur. Choisissant le genre le plus difficile, la tragédie, il parcourut les plus grandes villes de l’Italie, où il improvisait sur tous les sujets dramatiques qu’on lui donnait. Bientôt il s’acquit une brillante réputation , et vint à Paris en 1824 , où il se fit entendre devant une société choisie , parmi laquelle étaient les principaux poètes tragiques du jour. Il traita avec beaucoup de succès les sujets de Bianca Capello , en 5 actes avec chœurs, et la Mort de Charles Ier, en 5 actes aussi. Il jouait tous les rôles de ses tragédies , mais avec tant de noblesse et de dignité , que jamais il ne parut ridicule. Quand il fut de retour dans sa patrie en 1825 , le grand-duc voulut l’entendre, lui donna pour sujet la Mort de Marie Stuart , et fut si satisfait de la manière dont il s’en tira, qu’il lui assura une pension de 2,400 livres. Sgricci a improvisé une vingtaine de tragédies en 5 actes ; on n’en a recueilli que 3, Hector , la Mort de Charles /er, et la Chute de Missolonghi. Il a écrit et publié des Canzone à l’occasion de divers événements publics de son temps.
SHADWELL ( Thomas) , poète anglais , né vers 1640 à Stanton-Hall (Norfolk) , d’une bonne famille, m. en 1692, écrivit surtout pour le théâtre, et fut nommé, en 1688, poète lauréat et historiographe de Guillaume III , en remplacement de Dryden , qui devint son ennemi. Il mourut pour avoir pris par erreur une forte dose d’opium. Parmi ses compositions dramatiques , qui se distinguent par des caractères originaux, on remarque: les Amants chagrins, ou les Impertinents , 1668, imitation des Fâcheux de Molière ; les Eaux cTEpsom, 1676; Timon le misanthrope, 1678 ; Psyché, tragédie, son meilleur ouvrage; la Véritable veuve , 1679; les Sorciers de Lancaslre , 1682. Il traduisit aussi en vers la 10e Satire de Juvénal. La meilleure édition de ses Œuvres complètes est celle de 1724 , 4 vol. in-12. B.
SMADWELL ( saikt-paul-) , brg d’Angleterre (Middlesex) , contigu à Londres du côté du S.-E. ; 10,000 hab. , presque tous marins.
SHAFTESBURY (Antoine Ashley-cooper, comte de), homme d’ Etat anglais , né en 1621 à Winborne (Dorset), d’un riche baronnet, m. en 1683 , fit de fortes études, et entra dès 1640 au Parlement. Dévoué d’abord aux intérêts de Charles Ier, au moment où éclata la guerre civile , il présenta des plans pour l’apaiser ; mais voyant qu’on se fiait peu à lui , il se jeta dans le parti des Communes , et combattit pour le Parlement, 1644. Plus tard, il fit quelque opposition à la tyrannie d’Olivier Cromwell, et lorsque Richard Cromwell eut abdiqué, il correspondit avec les partisans de Charles II exilé, prit une part très-active aux négociations qui amenèrent la Restauration des Stuarts , 1660 , fut un des juges-commissaires institués pour faire le procès des régicides , et , en 1672 , reçut, avec le titre de comte de Shaftesburv, le poste de lord