‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 493 sur 864 · SHARP (GRANVILLE-). V. GRANVILLE · texte numérisé non relu

SHARP (GRANVILLE-). V. GRANVILLE

SHASTON. V. Shaftesbury.

SHAW (Thomas), voyageur anglais, né vers 1692 à Kendal ( Westmoreland ), m. en 1751, embrassa l’état ecclésiastique, fut nommé chapelain du comptoir d’Alger, employa 12 ans à visiter le N. de l’Afrique, la Syrie et l’Egypte, et rapporta dans sa patrie beaucoup de médailles, d’antiquités et d’objets d’histoire naturelle. 11 a publié : Voyages ou Observations relatives à plusieurs parties

de la Barbarie et du Levant, Oxford, 1738, in-fol., trad. en français, La Haye, 1743, 2 vol. in-4°, avec cartes et fig., ouvrage très-instructif et très-intéressant.

Siiaw (Pierre), médecin anglais, né vers 1695, m. en 1763, enseigna la physique et la chimie à Londres et devint médecin du roi George IL On a de lui : Histoire et traitement des maladies, Londres, 1738, 2 vol. in-8°; Leçons de chimie, trad. en français par Mrae d’Arconville, Paris, 1769, in-4°. Il a aussi donné des éditions des Œuvres de Robert Boyle et de Fr. Bacon.

shaw (George), naturaliste, né en 1751 à Bierton (Buckingham ), ra. en 1813, renonça à l’état ecclésiastique pour étudier les sciences naturelles et la médecine à Edimbourg, enseigna quelque temps la botanique à Oxford, alla exercer la médecine à Londres, et devint, en 1791, conservateur au Musée britannique. On lui doit, entre autres ouvrages : Zoologie générale, 1800-19, 10 vol., compilation sans critique; Abrégé des Transactions philosophiques, 1809, 18 vol. in-4°.

SHEERNESS, v. d’Angleterre (Kent), port militaire considérable sur la côte N.- O. de l’ile de Sheppey, au confluent de la Tamise et de la Medway, à 60 kil. E.-S.-E. de Londres, 17 N.-E. de Rochester; 8,000 hab. Plusieurs forts défendent l’entrée de la Tamise. Arsenal, chantiers de construction, et magasins maritimes, les plus beaux et les plus grands de l’Angleterre, superbe puits de 300 mèt. de profondeur. Pêcheries d’huîtres. Cette ville, fondée par Charles II, fut prise par Ruyter en 1667.

SHEFF1ELD (John), fils d’Edmond, comte de Mulgrave, né en 1649, m. en 1721, servit au temps de Charles II dans la guerre contre la Hollande, fut nommé membre du conseil privé et grand-chambellan par Jacques II, devint marquis de Normanby sous Guillaume III, enfin, sous la reine Anne, duc de Buckingham, garde du sceau privé, et président du conseil. Depuis l’avénement de George Ier, il ne s’occupa plus que des lettres. 11 a laissé des OEuvres poétiques, Londres, 1729, 2 vol. in-8°, et des Mémoires sur la révolution de 1688.

sheffield ( John BAKER-iiOLROYD, comte de), né vers 1735 à Penn (Buckingham), d’une autre famille que le précédent, m. en 1821, suivit quelque temps la carrière des armes ; mais, enrichi par la mort d’un frère aîné, il ne se livra plus qu’à l’agriculture. Député de Coventry au parlement de 1780, il y défendit les catholiques contre les attaques de lord Gordon. Plus tard , ses connaissances en .matière de commerce et d’économie politique l’ayant fait élire représentant de Bristol, il s’éleva avec énergie contre la traite des nègres. On a de lui : Observations sur le commerce des Etats-Unis d'Amérique, 1783, traduit en français, 1789, in-4°; Observations sur les manufactures, le commerce et l'état actuel de l'Irlande, 1785, in-8°; Observations sur le projet d'abolir la traite des esclaves, 1789, in-8°; Discours au sujet de V union avec T Irlande, 1799, in-8», etc. B.

sheffield, v. d’Angleterre, au confluent du Don, navigable depuis là, et de la Shcaf, dans le comté et à 77 kil. S. -S.- O. d’York; 185,157 hab. Ville régulière et bien bâtie; on y remarque l’hôtel-de-ville, l’église Si-Paul, l’hôtel des couteliers, le théâtre, le Music-Hall , les hôpitaux, les casernes , etc. C’est une des grandes villes manufacturières de l’Angleterre pour la coutellerie I depuis longtemps célèbre), la quincaillerie, les objets d’ivoire, et le plaqué. Nombreuses fonderies de fer et aciéries. Ayant pris parti pour Charles Ier, cette ville fut prise

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et démantelée par les troupes du Parlement. Ce n’était alors qu’une bourgade de 2,000 habitants; elle en comptait 45,000 en 1801.

SHELBURNE ( William Petty, marquis de Lansdown, comte de), homme d’Etat anglais, né en 1737, m. en 1805, fit avec distinction les campagnes de la guerre de Sept-Ans sous les ordres du duc de Brunswick, fut nommé colonel et aide-de-camp de George III en 1760, entra, en 1761, à la Chambre des pairs, où il prit la défense de la cour au sujet des préliminaires de la pais, devint, en 1763, membre du conseil privé et premier lord-commissaire du commerce et des colonies, s’attacha ensuite à lord Chatham, qui lui donna la place de secrétaire d’Etat pour le département du Midi, se retira avec lui en 1768, et s’opposa à la guerre d’Amérique avec la plus grande énergie, ainsi qu’à l’accroissement de la dette publique. 11 succéda à l’illustre lord comme chef de l’opposition, rentra aux affaires avec Fox en 1782, et conclut la paix de Versailles, 1783. Bientôt remplacé, il se mit de nouveau à la tête de l’opposition , et porta le jeune Pitt au ministère. Après la révolution française de 1789, il ne cessa de blâmer la conduite de l’Angleterre à l’égard de la France. B.

SHELLEY (Percy Bysshe), poète anglais, né à Warnham (Sussex) en 1792, m. en 1822, était né noble. La sévérité de son père, et ses maîtres d’Eton et d’Oxford, dirigèrent mal son éducation. Une riche nature, une vive imagination , emportées par un esprit faux , en firent un seeptioue ardent , et un ascétique impie. La haine des croyances et des institutions de son temps , l’amour de l’humanité qu’il voulait affranchir, puis l’aspiration vers une ère nouvelle, dominent dans ses écrits. Un divorce qui le priva de ses enfants, la pauvreté, l’exil volontaire depuis 1817, et le goût de la navigation, agitèrent sa vie, qu’un naufrage termina dans la baie de Spezzia. Lord Byron et Leigh Hunt , ses amis ( avec qui il avait rédigé le journal le Libéral ), brûlèrent son corps sur le rivage près de Livourne. On a de lui deux tragédies, Beatrix Cenci, et Promet hée déchaîne' (c.-à-d. l’Amour reprenant l’empire du monde) ; divers poèmes, la Reine Mab , la Révolte d’Islam, Hellas, Hélène et Rosalinde , etc.; une élégie (VAdonaïs; un conte de Julien et Maddalo; des imitations de Calderon et du Faust de Goethe. Sa Vie a été écrite par son ami Th. Medwin, Londres, 1847. A. G.

shelley (Mistriss), 2e femme du précédent, née en 1797, m. en 1851, était fille du philosophe Godwin. On lui doit plusieurs romans remarquables : Valperga, Lodore, le dernier Homme ; plusieurs biographies d’artistes et de littérateurs italiens ; et des Souvenirs de voyages en Italie et en Allemagne. Franlcenslein , composé pendant son séjour en Italie avec Shelley, est une des plus dramatiques et des plus terribles productions de la littérature récente.

SHENSTONE (William), poète anglais, né en 1714 à Hales-Owen (Shrop), m. en 1763. Après avoir profité de sa fortune pour se livrer à la poésie, il la perdit à embellir avec ostentation son domaine de Leasowes. On a de lui : le Jugement d’ Hercule, poème, Londres, 1740; la Maîtresse d'école, 1741, joli tableau de genre; des Elégies; des Ballades, parmi lesquelles la Ballade populaire , 1743, est une des plus élégantes de la littérature anglaise ; des Lettres à ses amis; des Essais sur les hommes et les mœurs. Ses Œuvres ont été publiées par Dodsley, Londres, 1764, 3 vol. in-8». A. G.

SHEPPEY, île d’Angleterre (Ivent), à l’embouchure de la Medway et de la Tamise; 17 lcil. sur 9; ch.-l., Slieern ess.

SHEPTON-MALLET , brg et paroisse d’Angleterre (Somerset), à 9 kil. S.-S.-E. de Wells; 5,500 hab. Maison de correction du comté. Fabr. de lainages et tricots. — Son nom vient d’un certain Mallet , compagnon de Guillaume le Conquérant.

SHERBORNE , brg et paroisse d’Angleterre (Dorset), à 27 kil. N.-N.-O. de Dorchester, sur l’Ivel; 4,800 hab. Fabr. de soieries, toiles, bonneterie. Belle église, anc. cathédrale de l’évêché, qui a été transféré à Salisbury en 1075. Beau château des comtes de Digby.

SHERBURN, brg et paroisse d’Angleterre, comté et à 20 kil. S. -O. d’York (West-Riding); 3,000 hab. Récolte de chanvre et de prunes renommées.

SHER1DAN (Thomas), né en 1721 à Quilca (Irlande), ni. en 1788, fut successivement acteur, directeur de théâtre à Dublin et à Londres , professeur de déclamation , et laissa, entre autres ouvrages, une Vie de Swift, et un Orthoepical Diclionary , qui fait loi, avec celui de Walker, pour la prononciation anglaise. — Sa femme , F rançoise Sheridan , nce en 1724, m. en 1766, a laissé : deux comédies, la Découverte , et la Dupe, 1763; deux romans: Sidney

Bidulph, traduits en français par Robinet et par Prévost , 4 vol. in-12, et Nourjahah, également traduit, 1769, in-12, et duquel Mme de Genlis a tiré son Règne d'un jour. B.

sheridan (Richard brinsley), célèbre orateur et auteur dramatique, fils du précédent, né eu 1751 à Dublin, m. en 1816, fit des études peu suivies, épousa en 1773 une cantatrice distinguée, Elisabeth Linley , et essaya de se créer des ressources en travaillant pour le théâtre. Il débuta assez heureusement (les Rivaux, 1774; la Duègne, 1775; Un Tour à Scarborough ; la Critique, ou la Répétition d'une tragédie) , pour mériter l’amitié de Garriclc, et obtenir la direction lucrative du théâtre de Drury-Lane à Londres. C’est là qu’il donna, en 1777 , l 'Ecole de la médisance, la plus gaie des comédies anglaises , et aussi la plus française par le ton et par l’esprit. Cette pièce, suivie de quelques autres dont le succès fut moins incontestable, en faisant connaître Sheridan, lui ouvrit la Chambre des Communes, où il fut envoyé parle bourg de Strafford en 1780. 11 se rangea dans le parti de l’opposition, et jamais le parti des whigs ne rencontra un plus brillant défenseur : il combattit vigoureusement l’administration de lord North , et devint, en 1782, sous-secrétaire d’Etat de la guerre dans le cabinet Rockingham, puis, en 1783 , secrétaire d’Etat de la Trésorerie. Bientôt rendu à l'opposition par la perte de ce poste , il entama, en 1787 , le fameux procès de Hastings ( V. ce nom ) , qui l’a placé au premier rang parmi les orateurs modernes. Plus tard , il dénonça à l’Angleterre les grandeurs envahissantes de la Russie , et défendit , de concert avec son ami Fox , contre les appréhensions de Burke, la Révolution française. Cependant les affaires privées de Sheridan allaient fort mal : sa femme était morte , et Drury-Lane s’écroulait sous son administration imprévoyante , malgré un grand succès qu’il avait obtenu en 1799 avec un mélodrame intitulé Bizarre , imité de Kotzebue. En 1809 , l’incendie du théâtre vint encore ajouter à ses embarras. Néanmoins il continuait d’être un des membres les plus actifs de l’opposition ; mais lorsqu’en 1812 les whigs revinrent au pouvoir, on le trouva trop pauvre et trop peu sérieux pour lui confier aucune grande charge, et il n’eut plus de quoi se faire réélire. La vie politique fut fermée pour lui; alors commença une lutte de tous les instants contre la misère, les créanciers et le malheur. Emprisonnné pour dettes , puis remis en liberté par la compassion de son médecin , il traîna encore quelques jours misérables. Il ne fut traité avec honneur qu’après sa mort : on lui éleva un tombeau à W estminster , entre Garrick , son ami , et Cumberland , dont il avait été l’adversaire. Sheridan , auteur dramatique , ne vivra guère que par son Ecole de la médisance ; homme politique , son éloquence lui donna un rang que son caractère ne lui eût pas conquis dans un parti où brillaient Fox , Burke, Pitt , et Canning. Son Théâtre manque d’originalité ; soit qu’il ne se donnât pas le temps d’inventer ou de féconder ses inventions , soit qu’il n’ait eu que l’imagination du moment, il empruntait les plans de ses pièces et les caractères de ses personnages. L 'Ecole de la médisance n’est qu’un composé assez bizarre d’une idée de Tom Jones, d’une scène de Tartufe, et de quelques emprunts faits au Misanthrope : mais la verve et l’esprit de l’auteur ont fait de tout cela un ensemble original et saisissant. Il y a de cette pièce une traduction française par Châteauneuf , une autre par Merville dans les Chefs-d'œuvre des Théâtres étrangers , avec une remarquable préface de M. Villemain. Bonnet, en 1835 , et Benjamin Laroche, en 1841 , ont traduit le Théâtre complet de Sheridan. V. Th. Moore, Mémoires sur la vie de Sheridan, traduits en français par M. Parisot, 1826, 2 vol. in-8».

SHÉRIFF, principal juge d’un comté en Angleterre. Il élit les jurés, préside la Cour du comté (K. Coük), qui connaît des affaires civiles au-dessous de 40 shillings, ainsi que le Sheriff’s turn , où se jugent , deux fois l’an , la plupart des délits et des crimes, et fait exécuter les jugements. Le shériff est nommé annuellement par le souverain, sur la présentation de 6 candidats faite par les juges du comté.

SHERLOCK ( Thomas ) , célèbre prédicateur protestant, né à Londres en 1678 , m. en 1761 , fit de brillantes études à Cambridge , y enseigna quelque temps, et fut successivement évêque de Bangor en 1728 , de Salisbury en 1734, de Londres en 1748. Il combattit les principes irréligieux de Collins. On a de lui : Traité de l’usage et des fins des prophéties, traduit en français par Lemoine, Amst. , 1728, et 1733, in-8»; les Témoins de la résurrection de J.-C. , examinés et jugés selon les règles du barreau, chef-d'œuvre de dis ■ cussion et de bonne logique , qui a pour but de démontrer ce miracle, traduit par le même, La Haye , 1732, in-8»; 14 Sermons , trad. par le P. Iloubigant , Lyon, 1768, in-

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