‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 499 sur 864 · SIDNEY-SM1TH. F. SMITH · texte numérisé non relu

SIDNEY-SM1TH. F. SMITH

sidney, v. d’Australie. F. Sydney.

SIDOINE APOLLINAIRE ( C.-Sullius-Sidonius-Apollinaris), poète latin , né à Lyon vers 430, d’une famille illustre des Gaules, m. en 489. Préfet de Rome sous l’empereur Avitus, son beau-père, il reçut de nouveaux honneurs sous Majorien et Anthémius, dont il fit les panégyriques en vers. Quoique laïque et marié, il fut élu en 472 évêque de Clermont , et prit les ordres. Il vit'sa ville épiscopale prise par les Goths après un long siège, fut éloigné par eux, dépouillé de son évêché, puis rétabli. On l’a canonisé. Fête, le 21 août. Nous avons de lui 9 liv. de Lettres en vers, curieuses surtout pour l’histoire du temps, et 27 pièces variées (Panégyriques, dans lesquels on trouve des détails de mœurs et de coutumes, Epilhalames, etc.). Son style est obscur et barbare, bien éloigné de celui de Claudien qui fut presque son contemporain. Ses Œuvres ont été publiées à Utrecht, 1473, iu-fol.; par Savaron, 1598, in-8°, et 1609, in-4°; par Sirmond , 1614. Elles ont été traduites en français par Sauviguy, 1787, 2 vol. in-4° et in-8°, mais incomplètement ; et par Grégoire et Collombet, 1836, 3 vol. in-8°. F. Germain, Essai historique et littéraire sur Sidoine Apollinaire, Paris, 1840, in-8°. D — R.

SIDON, v. de Phénicie, sur la côte, entre Béryte au N. et Tyr au S., était soumise à un roi particulier, tout en faisant partie de la confédération dont le sénat dirigeant siégeait à Tripolis. Son industrie et son commerce l’avaient rendue célèbre chez les Grecs du temps d’Homère; plus tard , quoiqu’elle eût été éclipsée par Tyr, ses navires étaient encore, au temps de la guerre médique, les plus fins voiliers do toute la Phénicie. Sous la domination des Perses, Sidon garda son roi pour l’administration intérieure, tout en servant de résidence aux satrapes et aux généraux du grand roi. Les vexations de ces officiers déterminèrent en 351, sous le règne d’Ochus, une révolte des Sidoniens, qui s’allièrent avec les Egyptiens et les Cypriotes ; mais la ville fut prise par la trahison de son roi Tennès, entièrement brûlée, et 40,000 hab. périrent dans les flammes. Elle se releva cependant de ses ruines, profita de l’arrivée d’Alexandre en Syrie pour abandonner les Perses, et fournit au conquérant des vaisseaux pour assiéger Tyr. Elle conserva ses princes sous les successeurs d’Alexandre, et tomba au pouvoir des Romains quand Pompée réduisit en province la Syrie et la Phénicie. Auj. elle porte le nom de Satda , et forme une des Echelles du Levant. C. P.

SIDRE (Golfe de la), Grande-Syrte des anciens, golfe formé par la Méditerranée sur la côte N. de l’Afrique ( Tripoli ), entre les caps Mesurata et Bengazi ; 560 kil. sur 280. Il est embarrassé de bancs de sable, entre autres celui d’Isa à l’O. et celui de Koudia au S., et forme, sur la côte, de vastes marais. Son nom vient de l’arabe sidr (le jujubier lotos).

SID Y. F. Sidi.

S1DYMA, v. de l’anc. Lycie, sur la rive g. du Nantiras , près du vge actuel de Tourlourcar. Belles ruines antiques.

S1EBENBURGEN , nom allemand de la Transylvanie.

SIEBENGEBIRGE, c.-à-d. les Sept montagnes, montagnes des Etats prussiens (prov. Rhénane), sur la rive dr. du Rhin, entre Cologne et Neuwied. Elles comprennent le Lœvenburg, le Petersberg, le Draehenfels, le Wolkenbunr . l’G'.lhberg, et le Gœnsehals.

SIEDLEC, v. de la Russie (Pologne), ch.-l. de l’anc. gvt. de Siedlec, sur la Muchowice, à 105 kil. E. île Varsovie; 7,900 hab. Prise et reprise par les Polonais et les Russes en 1831. Elle est auj. dans le gvt de Lublin.

siedlec (Gouvernement de). F. podlaqoie.

SIEG, c.-à-d. victoire en langue germanique; Sieg berg, montagne de la victoire.

sieg, riv. des Etats prussiens, naît dans la Westphalie (régence d’Arensberg ), arrose le cercle et la ville de Siegen , puis la prov. Rhénane, et se jette dans le Rhin , visà-vis de Bonn ; cours de 145 kil.

SIEGBURG, v. des Etats prussiens (prov. du Rhin), sur la Sieg, à 35 kil. S.-E. de Cologne; 3,000 hab. Ane. abbaye, convertie en maison d’aliénés.

SIÈGEN, v. murée des Etats prussiens (Westphalie) ch.-l. de cercle, à 75 kil. S. d’Arensberg, sur la Sieg 7,500 hab. Importantes fabriques et mines de fer; quin

SIE

SIE

caillerie, limes, objets en acier. — Elle donna son nom à une branehe de la maison de Nassau.

SIEGFRIED. V. Niebelungen.

SIENNE, anc. Sena Julia , en italien Siena, v. forte et célèbre de Toscane, ch.-l. de province, à 60 kil. S. de Florence, dans une situation salubre et délicieuse ; 22,624 hab. Archevêché. Université, fondée en 1510, et jadis célèbre; Académie des sciences. Ecole de beaux-arts, collège des nobles, bibliothèque, archives, institut de sourdsmuets. Tribunaux civil et criminel. On remarque : le Dôme ou cathédrale, une des plus richement ornées de l’Italie, et dans la sacristie de laquelle est un célèbre groupe des Trois Grâces; les églises de la Conception, deS'-Dominique, et de St-Martin ; le Palais public, avec une tour dite la Mangin, et devant laquelle est la superbe place del Campa, creusée en forme de coquille; les palais Piecolomini , l’atrucei, Sarracini, P/uonsignori , etc.; l’hospice de Santa- Maria-della-Scala, avec une charmante église du xvie siècle; la fontaine Branda, élevée en 1193. ün parle à Sienne l’idiome le plus harmonieux de l’Italie, et les femmes de cette ville ont une grande réputation de beauté. Peu d'industrie : raffineries de sucre, fabr. de chapeaux de paille, chaudronnerie en cuivre, cuirs, draps, soieries et velours. Commerce de grains, de vins, et de marbres dits broculelles. Fondée par les Etrusques, Sienne reçut une colonie romaine sous Auguste. République puissante au moyen âge, longtemps rivale de Pise et de Florence, elle compta plus de 100,000 hab. Cbarles-Quint , profitant des dissensions qui l’agitaient, la soumit en 1540, et la transmit à son fils Philippe II , qui , en 1557, la céda à Cosme 1er, grand duc de Toscane. De 1808 à 1814, elle fut le ch.-l. du départent, français de l’Ombrone. Le pape Alexandre 111 , Sle Catherine, les deux Socin, y sont nés. — La province de Sienne a 193, bo3 hab. et se divise en a arrondissent. l\l. V — i.

sienne, riv. de France, naît à Sl-Sever (Calvados), coule à l’O., arrose Villedieu et Gavray (Manche), et se jette dans la Manche à Regnéville, à 11 kil. S. -U. de Coutances, après avoir reçu la Sioule; cours de 75 kil.

S1ERADZ , v. de Pologne (Varsovie), à 57 kil. E.-S.-E. de Kalisch, sur la Wartha; 5,030 hab. Tanneries.

S1ERCK , ch.-l. de cant. (Moselle), arr. et à 19 kil. N.-E. de Thionville, à 2 kil. de la frontière du Luxembourg, sur la rive dr. de la Moselle ; 1,569 hab. Autrefois v. forte, prise par ( 'ondé en 1643. Elle est encore entourée de murailles, et défendue par un château situé sur une esplanade élevée qui domine le cours de la Moselle. Anc. couvent de Franciscains, transformé en collège. Bureau important de douanes. Commerce de cuirs, vins blancs , de h'uniz , roches de quartz pour le pavage.

SIERRA, c.-à-d. scie en espagnol; nom donné à plusieurs chaînes de montagnes qui présentent des dentelures, des crénelures, ou qui sont pour ainsi dire tailladées; c’est l’équivalent de ce qu’on nomme, dans les Alpes, aiguille , déni ou corne.

SIERRA-LEONE , c.-à-d. Monts aux Lions, côte de la Guinée occidentale, entre Libéria et la Sénégambie , de 16° 45’ à 12° 55” long. O.; 640 kil. de long. Les montagnes qui la couvrent sont infestées de lions. — Les Anglais appellent Gouvernement de Sierra - Leone les colonies qu’ils possèdent sur la côte de ce nom et celles de la Gambie, entre 7» et 8» 50’ lat. N.; 41,600 hab. Ch.-l. Freetown. Ces colonies furent fondées, en 1787, par Granville- Sharp et autres philanthropes anglais, dans le but de détruire la traite des noirs, et l’on y établit des nègres libres. Sol fertile ; climat très-malsain.

sierra-leone (Rivière de). V. rokelle.

SIEUR (diminutif de sénieur ou seigneur), qualification donnée autrefois aux possesseurs de terres non titrées. Joint au pronom possessif, ce mot a formé celui de Monsieur.

SIF.RRE , vge de Suisse. V. Siders.

SIEVERSHAUSEN. V. Stevershausen.

SIEVSK, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 143 kil. d’Orel, sur la Seva et le lac Moritza ; 5,600 hab.

SIEYÈS (Emmanuel-Joseph, abbé, puis comte), métaphysicien politique, né à Fréjus en 1748, m. en 1836, était fils d’un directeur de la poste, commença ses études chez les Jésuites, et les acheva à l’Université de Paris. Il entra dans le courant d’idées de la deuxième moitié du xv ii g siècle, et s’habitua, par l’étude assidue de Locke, de Condillac et des économistes, à méditer sur les institutions politiques. Il puisa aussi dans l’Eglise la science et l’habitude du gouvernement. Chanoine en Bretagne, 1775, député du clergé aux Etats de cette province, vicairegénéral et chancelier de l’église de Chartres, 1784, il fut le conseiller-commissaire de ce diocèse à la Chambre su-

périeure du clergé de France. Dès 1788, il fut convaincu que la forme politique de la France serait prochainement modifiée, et, dans cette prévision, ses idées étaient tellement arrêtées, même sur les détails, que, témoin, aux Champs-Elysées, d’un acte de brutalité du guet, il prononça tranquillement ce mot caractéristique : « Cela n’arrivera plus , lorsqu’il y aura des gardes nationales en France. » Aussi, quand le ministère invita tous les écrivains à donner leur avis sur les prochains Etats-Généraux, il composa simultanément trois ouvrages : Vues sur les moyens d'exécution dont les représentants de la France pourront disposer en 1789; Essai sur les privilèges, réponse aux attaques de la seconde assemblée de notables contre les intérêts populaires; et la brochure fameuse qui portait ce titre : Qu' est-ce que le Tiers- Etat? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique? Bien. Que demande-t-il? A devenir quelque chose, » janvier 1789, iu-8°; il y posait que “ le Tiers-Etat forme une nation complète, » et que, si les deux ordres privilégiés refusaient de délibérer avec lui, le Tiers devrait se constituer en Assemblée nationale; il repoussait en même temps la Constitution anglaise, voulant e une démocratie représentative. » Le succès de ces trois ouvrages appela sur lui l’attention des hommes politiques ; le duc d’Orléans voulut de lui un plan d’opérations pour les bailliages de ses domaines. Sieyès fit un ouvrage pour toute la France, sous ce titre ; Projet de délibérations à prendre dans les assemblées de bailliages, 1789. Nommé aux Etats-Généraux par les électeurs de Paris, il apporta dans l’Assemblée l’ascendant d’une réputation faite, l’avantage d’une pensée nette et d’un but précis. Dès les premières séances, il développa ses principes sur le gouvernement, proposa la réunion immédiate des trois ordres pour la vérification en commun, et obtint que le Tiers se constituât en Assemblée nationale. Rédacteur du Serment du Jeu de Paume, il termina la séance royale du 23 juin, par le mot fameux : “ Nous sommes aujourd’hui ce que nous étions hier... Délibérons. » Désormais il parut rarement à la tribune, se reconnaissant peu apte à parler en public; sa manière de discuter, sèche, obscure et toute métaphysique, son caractère absolu et incapable de supporter la contradiction , fatiguaient l’Assemblée. Il n’en fut pas moins, dans les réunions particulières, le promoteur des idées nouvelles, inventa le mode de répartition des impôts qui a fini par prévaloir, soutint le premier la nécessité des gardes nationales, en trouva les éléments dans l’armement spontané des citoyens contre les premiers troubles des environs de Paris, et, dans une brochure (Versailles, 1789 ) émit “ Quelques idées, de Constitution ajiplicables à la ville de Paris, » dans lesquelles on trouve le germe de la division départementale. Il insista sur le renvoi des troupes campées entre Paris et Versailles, et, membre du Comité de Constitution, y présenta un projet de Déclaration des droits, qui fut rejeté à cause de son obscurité métaphysique , mais qui, imprimé ( Préliminaires de la Constitution Française, suivis d' une reconnaissance et exposition des droits de l'homme, 1789), exerça une grande influence sur les esprits. Dans la nuit du 4 août, la dime avait été déclarée rachetable ; en rédigeant, le 6, la déclaration du 4, on voulut écrire que la dime était abolie ■ Sieyès s’y opposa au nom des principes de la propriété, et, vaincu, prononça le mot fameux : « Us veulent être libres, et ne savent pas être justes, » qu’il répéta comme épigraphe d’un nouvel écrit : Observations sur les biens ecclésiastiques. De là, des attaques personnelles contre lui, et, par suite, sa mauvaise humeur, son silence, la lre éclipse de sa popularité. Dans la question du veto royal, il se prononça contre le veto absolu demandé par Mirabeau, et dans une brochure ( Dire de l’abbé Sieyès sur la question du veto royal), il développa son système représentatif • il voulait l’établissement de grandes communes à peu près semblables aux municipes romains, un corps législatif de 300 membres renouvelés par tiers chaque année, et un roi, pouvoir purement exécutif, sans action sur le corps législatif, mais investi du droit, au cas où il jugerait la Constitution menacée, d’appeler une Convention, dont les membres ne pourraient recevoir de mandats impératifs. Ce système ne fut pas pris en considération. Sieyès tut plus heureux au sujet de l'idée des municipalités et de la division territoriale du royaume en espaces égaux, et inspira le rapport deThouret sur ce remaniement territorial et administratif de la France; il fit décider la division en départements et en districts. A ce moment, considéré comme un des chefs du parti d’Orléans, il fut accusé d’avoir trempé dans les journées des 5 et 6 octobre. Cette calomnie l’irrita ; il se renferma davantage encore dans un silence que, six mois plus tard, Mirabeau signalait à l’Assemblée comme une « calamité

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publique. » Il ne le rompit que deux fois : le 20 janvier 1790, il proposa un projet de loi contre les délits qui peuvent se commettre par la voie de l’impression et par la publication des écrits et gravures, déclarant imprescriptible la liberté de la presse, et proposant le jury pour en réprimer les écarts; en mars 1790, il donna un Aperçu d'une nouvelle organisation de la justice et de la police en France , dans lequel il demandait le jury au civil comme au criminel. Même contredites ou repoussées, cesidées fécondes aidaient au renouvellement du gouvernement ; plusieurs devenaient des institutions, et l’Assemblée reconnaissante décerna à Sieyès la présidence, le 17 juin ; quelques jours plus tard, il était au club du Palais-Royal, l’objet d’une ovation populaire. En 1791, au moment de l’établissement de la Constitution du clergé, il refusa de se laisser élire à l’évêché de Paris. Membre du directoire du département, il s’y occupa principalement d’instruction publique. Après la fuite de / arennes, il combattit ceux qui demandaient la république, et se retira du comité de révision de l’Assemblée, dont l’esprit envahissant et ardent était en désaccord avec ses idées. — Il passa dans la retraite le temps de l’Assemblée législative. Après le 10 août 1792, il fut nommé à la Convention par la Gironde, l’Orne, et la Sartlie, dont il resta le député, entra au comité de constitution, mais en sortit presque aussitôt par suite de dissidences d’opinions. Dans le procès de Louis XYI , il protesta d'abord contre la confusion de pouvoirs faite par la Convention , puis crut devoir juger le roi pour obéir à la décision de la majorité, et vota la mort , sans sursis ni appel au peuple ; mais il ne prononça pas le mot odieux [la mort, sans phrase) qu’on lui a fréquemment prêté. Chargé de réorganiser le ministère de la guerre, il échoua, et reporta tous ses efforts sur l’instruction publique : son projet fut adopté par le comité d’instruction, mais repoussé par la Convention, sur le nom de son auteur révélé par Robespierre : Sieyès avait eu, en effet, la précaution de le faire présenter par le Montagnard Lakanal. De la chute des Girondins au 9 thermidor, Sieyès, en s’effaçant complètement , échappa à l’échafaud. Il passe pour avoir, à l’époque de la fête de la Raison , renié ses lettres de prêtrise, répudié son titre d’ecclésiastique , et abandonné une rente de 10,000 fr. en bénéfices. Devenu, après thermidor, un des chefs du parti légal et modéré de la Convention , il fit réintégrer les Girondins et les députés proscrits en 93 , demeura étranger aux excès des thermidoriens , entra dans le nouveau Comité de Salut public , dont il refusa la présidence , s’attacha à consacrer læ victoires de nos armées par des agrandissements de territoire, et prit une grande part aux traités signés en 1795 avec la Prusse , la Hollande et l’Espagne. Etranger au massacre de Quiberon, dont on l’accusa cependant d’avoir donné l’ordre , il chercha , au contraire , à rétablir le règne de la loi, et, après l’insurrection du 12 germinal an m (1er avril 1795) , fit voter une loi martiale et désigner Châlonssur-Marne pour recevoir la Convention , dans le cas où elle serait de nouveau menacée. 11 ne prit aucune part à la Constitution de l’an ni, et paraît n’avoir joué aucun rôle dans la journée du 13 vendémiaire (4 octobre 1795), quoique certains Mémoires le représentent au Pavillon de Flore donnant à Bonaparte le signal de la canonnade. — Sous le Directoire , il fut député au conseil des Cinq-Cents , et , nommé membre du Directoire exécutif, refusa d’y entrer; il n’accepta pas davantage le Ministère des Relations extérieures; mais il se chargea, dans les principaux comités, des travaux législatifs les plus importants , et , après l’attentat de l’abbé Poule contre sa vie (avril 1797 ), mécontent des Conseils, il se rapprocha de la majorité du Directoire; il la soutint contre Carnot et Barthélemy lors du coup d’Etat du 18 fructidor, et rédigea même, avec 4 autres députés , le décret de proscription contre 52 membres des Conseils. Eu juillet 1798, il fut nommé ministre plénipotentiaire et envoyé extraordinaire à Berlin , pour obtenir ou l’alliance ou la continuation de la neutralité de la Prusse, atteignit le 2e but de sa mission, et révéla de rares talents diplomatiques : sa correspondance inédite, déposée aux Archives des Affaires étrangères , est un des documents considérables et précieux de cette époque. Réélu aux Cinq-Cents par le département d’Indre-et-Loire, membre et bientôt président du Directoire , il revint en France, trouva le pouvoir avili, entra en lutte avec Barras, crut voir le salut dans une dictature militaire , et fit donner à Joubert le commandement de l’année d’Italie, pour en faire l’instrument de ses futurs desseins. Il ne participa point à l’exclusion violente de trois directeurs par les Conseils. Privé de Joubert par le désastre de Novi, il fit rappeler d’Egypte Bonaparte, au moment même où celui-ci traversait spontanément la Méditerranée. Mis en

rapport avec le général par Rœderer et Talleyrand , il abandonna le Directoire avec Roger -Ducos, prépara, organisa, accomplit le 18 brumaire avec Bonaparte , et devint le second des trois consuls provisoires qui succédèrent au Directoire, dont les derniers fonds furent plus tard affectés aux besoins du Consulat, loin d’avoir été détournés par Sieyès. 11 avait prévu que Bonaparte absorberait tout le pouvoir, et il chercha seulement à corriger les excès de la dictature par une constitution. Bonaparte n’en ayant accepté qu’une partie , il refusa la place de second consul, et consentit seulement à entrer dans le Sénat , dont il nomma la lre moitié avec Roger-Ducos , Cambacérès, et Lebrun. Récompensé de ses nombreux services par le don de la terre de Crosne , un instant président du Sénat , il se démit de cette dignité , et vota généralement avec la minorité opposante, qualifiée de groupe des Idéologues. Il reçut néanmoins le titre de comte sous l’Empire. En 1814, absent du Sénat , il donna dans un billet son adhésion aux mesures prises par ce corps contre Napoléon, à l’instigation de Talleyrand. 11 fut cependant nommé pair dans la Chambre des Cent-Jours , mais il ne se rapprocha pas de Napoléon, blâma l 'Acte additionnel, ne parut ni au Champ-de-Mai , ni à l’ouverture des Chambres , et , obligé de fuir comme régicide , au second retour des Bourbons, se réfugia en Hollande. La révolution de Juillet 1830 lui rouvrit la France; il revint siéger dans l’Académie des sciences morales et politiques, dont il était membre. Sieyès a la gloire singulière d’avoir inauguré de trois manières la Révolution de 89 : sa brochure sur le tiers-état contenait la révolution de la Société ; son mot d’ Assemblée nationale, celle du gouvernement; la division de la France en départements, celle du territoire et de l’administration. Sans talent oratoire , connaissant les hommes , mais n’aimant pas à les mener, capable de prendre de l’ascendant, dédaignant de le conserver, hardi d’esprit et courageux de caractère , mais circonspect et timide par orgueil , il voulut toujours faire accepter ou sa pensée entière ou sa démission. Esprit géométrique et nourri d’abstractions , il croyait possible toute construction de la pensée. De là sa profondeur, sa force , mais aussi ses erreurs et ses utopies. Son influence , toutefois , a été la plus considérable dans le domaine de la pensée depuis celle de Voltaire; il a été le maître de tous les hommes célèbres de son temps ; c’est avec lui seulement que Mirabeau et Napoléon ont pu faire les révolutions de 1789 et de 1799. V. Mignet, Notices historiques, t. 1er, et Sainte-Beuve, Causeries, t. V. A. C.

SIFANTO , île de l’Archipel. V. Siphnos.

SIFFRID de Misnie, chroniqueur du xive siècle, est auteur d’une Chronique latine, qui s’étend depuis la création jusqu’à l’an 1307. On n’en a que des extraits dans les fies Misnicœ et les Origines saxonicce de G. Fabricius, et dans le t. 1er des Scriptores rerum germanicarum de Pistorius.

SIGA , anc. v. de la Mauritanie Césarienne, sur la Méditerranée, fut capitale des Etats de Sypliax, puis colonie romaine. Remplacée plus tard par la ville arabe d’Areskout, elle n’existe plus auj. Elle était non loin d’Oran.

SIGALON ( Xavier) , peintre d’histoire , né à Uzès en 1790, d’une famille pauvre, m. à Rome en 1837 , fit ses premières études de peinture à Nîmes, et vint ensuite à Paris, où il entra dans l’atelier de Pierre Guérin. Ses débuts annoncèrent un talent original et hardi ; ce furent : la Courtisane , 1822 , dont le coloris et le style rappellent l’école vénitienne; Locuste, 1824, au musée de Nîmes; Alhalie faisant égorger les enfants du sang royal, conception vaste et pleine d’énergie, au musée de Nantes ; une 1 tsiou de St Jérôme, où l’on retrouve quelques réminiscences du Guerchin; un Calvaire, qui rappelle celui de Daniel de Volterre. Peu préoccupé de ses intérêts, Sigalon était tombé dans la misère après 20 ans de travaux assidus, et, réfugié à Nîmes , s’y trouvait réduit à donner des leçons de dessin ou à peindre le portrait, quand le gouvernement l’envoya à Rome , en 1833 , pour copier, dans la chapelle Sixtine , la fresque du Jugement dernier de Michel -Ange; cette reproduction parfaite , d’un dixième moins grande que l’original, est à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. B.

SIG AUD DE LAFOND (Jean -René), chirurgien et physicien , né à Dijon en 1740 , m. en 1810, fit ses études chez les Jésuites de sa ville natale, alla suivre à Paris des cours de chirurgie, donna lui -même des leçons de physique qui eurent du succès , et fut associé de l’Institut en 1 796. On lui doit plusieurs découvertes chirurgicales, entre autres, dans les accouchements, la section de la symphise des os du pubis, au lieu de l’opération césarienne. Il a laissé : Leçons de physique expérimentale , 1767 , 2 vol. in-12; Leçons sur l’économie animale, 1767, 2 vol. in-8°; Traité de l'électricité, 1771, in-12 ; Lettre sur l'électricité mé-

SIG

dicale, 1771 ; Description et usage d'un cabinet de physique expérimentale, 1775,2 vol. in-8»; Eléments de physique théorique et expérimentale, 1787, 4 vol. in-8°; Dictionnaire de physique, 1780, 4 vol. in-8u, et uu Supplément en 1782; Précis historique et expérimental des phénomènes électriques, 1781 et 1785, in-8u, Dictionnaire des merveilles de la nature, 1781, 2 vol. in-8°; l’Ecole du bonheur, ou Tableau des vertus sociales, 1782; la Religion défendue contre l'incrédulité , 1785, 6 volumes in-12, etc. B.

SIGEAN ou SJ JEAN, ch.-l. de cant. (Aude), arr. et à 24 kil. S. de Narbonne, près d’un étang très-poissonneux de même nom, qui a son embouchure dans la Méditerranée ; 2,982 hab. Salines fournissant annuellement 50,000 quintaux métriques de sel. Comm. de vins, eaux-de vie, miel. On croit que ce fut dans les champs environnants que Charles -Martel remporta, en 737, une victoire sur les Sarrasins.

SIGEBERT Ier, roi de Metz ou d’Austrasie, 561-575, 3« fils de Clotaire Ier, épousa, en 566, Brunehaut (B. c emot), repoussa de ses frontières orientales les Lombards et les Avares, déclara la guerre à son frère Chilpéric 1er, roi de Neustrie, pour le châtier de ses provocations et punir le meurtre de Galswinthe ( F. ce mot), lui prit presque tous ses Etats, et le réduisit à s’enfermer dans Tournai. Mais au moment où les Neustriens l’élevaient sur le pavois, à Vitry (Artois), il fut frappé de couteaux empoisonnés par deux émissaires de Frédégonde ( V . ce mot). B.

sigebert il, roi d’Austrasie, 638-656, 2e fils de Dagobert Ier, qui le mit sous la direction de Cunibert, évêque de Cologne, et du duc Adalgise, laissa les soins du gouvernement au maire du palais Grrimoald, pour s’occuper de fonder des monastères. Son règne ne fut signalé que par une guerre en Thuringe, où ses troupes furent défaites par le rebelle Radulf. Il fut le père de Dagobert II , et a été canonisé. Fête, le 1er février.

sigebert de gemblours , chroniqueur, né vers 1030 dans le Brabant français, m. en 1112, entra fort jeune à l’abbaye bénédictine de Gemblours (Liège) , s’appliqua à l’étude des langues anciennes, surtout de l’hébreu, et professa plusieurs années, avec beaucoup d’éclat, à l’abbaye de S1 -Vincent de Metz. On a de lui : une Chronique latine, de l’an 381 à l’an 1112, faisant suite à celle d’Éusèbe, et continuée jusqu’en 1206 par Robert de Thorigny , Paris , 1513, in-4°; de Fins illustribus, site scriploribus ecclesiasticis, Cologne, 1580, in-8 °; Vie de St Thierry ( dans les Scriplores rerum Brunsvicensium de Leibniz) ; Vie de St Sigebert d’Austrasie (dans les Francorum scriplores de Duchesne), trad. en français par Aulbery , Nancy, 1616 ; Vie de St Guibert, dans le recueil des Bollandistes ; Vie de St Maclou, dans les Actes de 1 ordre de S1 Benoît ; Gesta abbatum Gemblacentium , dans le Spicilége de D’Achery, etc. B.

SIGÉE (Louise), savante du xvi« siècle, née à Tolède, m. en 1560, possédait le latin, le grec, l’hébreu, le syriaque et l’arabe. On la surnomma la Minerve de son temps. Elle fut une des institutrices de Marie de Portugal, fille de Jean III. Ses ouvrages sont 30 Epltres latines, diverses autres poésies, uu dialogue de Differentia vitæ rusticœ et urbanœ. On lui a faussement attribué un autre ou- '■rage, Aloysa Sigea, qui n’est point d'elle.

SiGÉE ( Cap ), auj. Iéni-scheher ou Kum-Kalê, promontoire situé au N.-O. de l’Asie-Mineure , en Troade, à l’entrée de l’Hellespont dans la mer Egée, servit aux Grecs de station navale pendant la guerre de Troie. Là aussi étaient le temple et le tombeau d’Achille. Auprès était une ville du même nom, fondée par les Mityléniens, et qui leur fut enlevée par Pisistrate : ce fut là que se retira Ilippias, son fils, chassé d’Athènes; elle était détruite du temps de Strabon. q p

SIGETH , comitat de Hongrie. V. Szigeth.

SIGHLA. V. Saghala.

SIGILLAIRES , Sigillaria, fête chez les anc. Romains. Elle venait immédiatement après les Saturnales, dont elle i faisait presque partie, et consistait en offrandes à Saturne de Sigillées ( d’où le nom de Sigillaires ) , petites statuettes d or, d’argent, de terre cuite, ou de gypse, victimes de substitution pour racheter soi et les siens. Autrefois on offrait à Saturne des victimes humaines. C. D y.

SIGILLE , Sigillum, cachet pour sceller les choses précieuses, chez les anc. Romains.

SIGISMOND (Saint), roi des Burgondes ou Bourguignons, 516-524, successeur de son père Gondebaud, était arien, se convertit à la foi catholique, promulgua de nou- Vf 01 Gombette [V. ce mot), corrigée et augmentée, et ht étrangler son fils Sigeric sur une accusation injuste de conspiration contre sa vie, fomentée par une femme de b asse conaition , qu’il avait épousée en deuxièmes no-

SIG

ces ; puis, ayant découvert la vérité, et déchiré de remords, ii alla expier ce crime, en 522, dans l’abbaye d’Agaune. Pendant son absence , ses sujets, indignés de la mort de Sigeric, se donnèrent à Clodomir, roi d’Orléans, qui s’empara de la personne de Sigismond et le fit décapiter, avec sa femme et deux de ses fils. L’Eglise l’houore comme martyr. Fête, le 1er mai. V. Vie de Sigismond, par Grégoire de Tours, dans le recueil des Bollandistes. B.

sigismond, empereur d'Allemagne, né en 1366, second fils de Charles IV et d’Anne de Silésie, m. en 1437, hérita du margraviat de Brandebourg en 1378, épousa, en 1382, Marie, fille de Louis le Grand, roi de Hongrie, qui le désignait pour son successeur à la couronne de Pdlogne , mais ne fut point accepté par la diète polonaise de Wilika. Après la mort de son beau-père, 1386, il se mit en possession de la Hongrie, soumit la Moldavie, la Valachie, 1390, la Bosnie, 1391, perdit contre les Ottomans la bataille de Nicopolis en 1396, erra 18 mois hors de ses Etats, fut fait prisonnier dès qu’il y reparut, et enfermé dans la citadelle de Ziklos par les seigneurs mécontents. Remis en liberté par ses gardiens, il alla lever des troupes en Bohême, triompha de ses compétiteurs Ladislas IV et Albert d’Autriche, et remonta sur le trône de Hongrie. En 1410, on lui décerna la couronne impériale, en concurrence avec Josse ou Jodoce, qui mourut l’année suivante. Il ramena le calme dans l’Empire, et, très-versé dans le droit public , concilia les différends des princes de la diète germanique; il décida, en 1414, la convocation du concile de Constance pour terminer le grand schisme d’Occident, donna un sauf-conduit à l’hérésiarque Jean Huss, qui vint se défendre devant cette assemblée, et, après qu’il eut été condamné, ne l’en fit pas moins brûler vif, 1415. De là naquit en Bohême la guerre des Hussites (F. ce mot). Sigismond se rendit ensuite en France, puis passa en Angleterre , sous prétexte de réconcilier Henri V avec Charles VI ; mais , trahissant la confiance de ce dernier prince, il forma avec l’Anglais une ligue secrète contre la France, dans l’espoir de recouvrer pour lui-même l’ancien royaume d’Arles, projet qui n’eut aucun résultat. Devenu roi de Bohême, en 1419, par la mort de son frère Wenceslas, il poursuivit les Hussites à outrance jusqu’en 1435, et cependant dut leur faire d’importantes concessions. Sa fille Elisabeth épousa , en 1422 , Albert d’Autriche , qui devait lui succéder. Il s’était marié en secondes noces avec Barbe de Cilley, que l’on surnomma la Messaline de l’Allemagne. Sigismond fut 51 ans roi de Hongrie, 27 ans empereur, et 18 roi de Bohême. B.

sigismond 1er, le Grand, roi de Pologne, 1506-1548, fils de Casimir IV, né en 1466, succéda à Alexandre, son frère. Il employa les premières années de son règne à corriger les abus qui s’étaient glissés dans le gouvernement, repoussa jusqu’aux environs de Moscou les Russes, auxquels il imposa une paix onéreuse, 1514, et battit ensuite les chevaliers Teutoniques soutenus par l’empereur Maximilien, qu’il détacha de leur alliance, 1521. Enfin il chassa les Vainques, et assura par ses victoires la paix à la Pologne. Il protégea les sciences et les arts , réunit la Mazovie à ses Etats après l’extinction des ducs de ce pays , et s’opposa à la propagation du protestantisme Pl.

sigismond ii, Auguste, fils du précédent, né en 1520, roi de 1548 à 1572. A peine sur le trône, il publia un mariage qu’il avait contracté secrètement avec Barbe Radziwil, et résista à la diète qui voulait casser cette union. Pour se concilier la noblesse, il permit d’envoyer les jeunes Polonais étudier dans les universités protestantes d’Allei magne. Il conquit la Livonie , 1560 , soumit les chevaliers Porte-Glaives, soutint la guerre contre le tzar Ivan IV et le roi de Suède Eric XIV, 1563, et força les duchés de Courlande et de Sémigalle à se reconnaître feudataires de la Pologne. Le Saint-Siège refusant d'autoriser gon divorce avec sa 2e femme , Catherine d’Autriche , il favorisa les protestants. En lui s’éteignit la ligne masculine des Jagellons. Il eut pour successeur le duc d’Anjou (depuis Henri III, roi de France). Pl.

sigismond m, neveu du précédent, roi- de Pologne, 1587-1632, après Etienne Battori, et de Suède, 1592-1604, après son père Jean III, né en 1566, m. en 1637. Catholique, comme sa mère Catherine Jagellon, pieux et juste, mais peu capable, il ne régna pas longtemps sur la Suède protestante. Détrôné en 1604, après avoir conquis la Livonie, et par les intrigues de son oncle ( Charles IX ) , il combattit les Russes, ne sut pas maintenir son fils Ladislas, élu tzar en 1610, mais prit Smolensk, la Séverie et Tchernigov, 1618, fut battu par les Turcs, et mourut au milieu d’une guerre malheureuse contre Gustave -Adolphe. Ses deux fils, Ladislas et Jean-Casimir, lui succédèrent. A. G.

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SIGISTAN, SEDJESTAN ou SEISTAN, pays de l’Asie, au S.- O. de l’Afghanistan, au N. du Béloutehistan, à l’E. de l’Iran, et formant une prov. indépendante du royaume de Kaboul; 96,000 kil. car.; capit., Ujelalabad. Sol sablonneux, offrant de vastes déserts, et arrosé par l’IJelmend. Un y trouve les lacs Zerrèli et Hamoun. — Ce pays faisait partie de l’ar.c. Arie.

SIGMA, lit de table chez les anc. Romains. Il était demicirculaire, et sou nom venait de l’espèce de ressemblance qu’il avait avec le sigma capital de l’alphabet grec, 2. l ’usage s’en introduisit du temps de Domitien; il tenait 7 ou 8 convives, et remplaça les trois lits ordinaires d’un triclinium. C. D — y.

SIGMA11INGF.N, capitale de l’anc. principauté de Hohenzollern - Sigmaringen, appartenant depuis 1850 à la Prusse, à 94 kil. S. de Stuttgard, sur le Danube; 1,600 liai). Château avec galerie de tableaux, bibliothèque, cabinet de médailles et archives. Forges aux environs. E. S.

SIGNATURE, nom donné, en cour de Rome, à une sorte de rescrit qui porte le seing du pape. Un distingue la signature de justice, dans les matières contentieuses, et la signature de grâce, dans les matières bénéficiales. Les conseils où se discutent ces matières portent aussi le nom de Signatures.

S1GNIA, auj. Segni, v. du Latium, chez les Volsques, à 35 milles environ (52 kil.) et au S.-E. de Rome; fondée par Tarquin le Superbe, et connue par un temple de Jupiter Urius, son vin aigre (plutôt usité comme médicament), ses poires, et le travail de Signia ( Siyninum opus), sorte de ciment composé de petits cailloux, de chaux, et de sable mastiqués ensemble , et qui servait comme carrelage et comme enduit

SlGNlFERE.Snyai/'er , bas officier des armées romaines, chargé de porter le Signum (V. ce mot). 11 était choisi parmi les plus honnêtes et les lettrés de sa centurie, parce que sa fonction le rendait dépositaire de la masse de chaque soldat. Il avait le même costume que l’Aquilifère ( V. ce mot). C. D — y.

SI G NI N UM OPUS. V. Signia.

SIGNORLLL1 (Luca), dit Luca de Cortone, peintre de l’école florentine, né à Cortone vers 1441, m. après 1524, fut un des artistes les plus importants du xve siècle et un précurseur des grandes écoles du xvie. S’étant occupé de l’anatomie avec plus de soin que tous les coloristes précédents, il déploya dans les nus, dans les raccourcis, et dans l’art de grouper les figures, un talent supérieur. Son dessin garde, il est vrai, un peu de sécheresse ; mais, excepté ce défaut, rien ne trahit dans ses ouvrages l’inexpérience des époques primitives; aussi Michel -Ange faisait-il habituellement son éloge. Signorelli ayant exécuté à fresque, dans Notre-Dame d’Orviéto, nu Jugement dernier , plein de postures audacieuses, Michel- Ange, en traitant le même sujet, lui emprunta non-seulement des motifs, des groupes d’anges et de démons, des attitudes et des effets de raccourcis, ma;s la disposition générale de la p irtie supérieure de sa composition. La Cène, dont Signorelli a orné une église de sa ville natale, offre une beauté, une grâce, et une douceur de teintes, qui le rapprochent des modernes. On cite aussi ; le Voyage de Moïse arec Séphora , et la Promulgation de l’ancienne loi , tous deux dans la chapelle Sixtine. Le musée du Louvre a de lui la Naissance de la Vierge. A. M.

SIGNUM, enseigne du manipule dans les armées des anc. Romains, et, depuis Marius, enseigne de la centurie. C’était une main droite ouverte, au sommet d'un bois de lance. La hampe était ornée de couronnes de laurier, de couronnes murales, gagnées sans -doute par la centurie, et souvent, sous les empereurs, du portrait du prince en grand médaillon. U. D — y.

SlGNY-L’ ABBAYE ou LE GRAND, ch.-l. de canton (Ardennes), arr. et à 32 kil. O. de Mézières; 2,314 hab. 11 se forma autour d'une abbaye de l’ordre de Cit aux, fondée en 1134 par S1 Bernard, et dont il reste quelques bâtiments. Filatures de laine, fabr. de châles, briqueteries, usines à fer.

sign y - le - petit, ch.-l. de cant. (Ardennes), arr. et à 2U kil. O. de Itocroi ; 1,310 hab. Tuileries, briqueteries, forges.

SIGOLÈNE (SAINTE-), vge ( Hle-Loire), arr. et à 19 kil. N.-E. d’Issengeaux ; 819 hab. Fromages estimés.

Près de là, ruines du château de Latour, qui a donné son nom à la maison de Latour -Maubourg.

SIGONIUS (Carolo Sigonio, en latin), savant philologue et archéologue, né à Modène en 1520, de parents pauvres, m. en 1584, professa les belles-lettres dans sa ville natale an 1546, à Venise en 1552, puis l’éloquence à

I’adoue. 1560. et à Bologne, 1563. Il recueillit les fragments de Cicéron, et refit, d’après l’un d’eux, le traité de la Consolation, qu’il publia comme étant de Cicéron luimême. Riccoboni et Juste-Lipse découvrirent la fraude; il en tomba malade de honte et de douleur, et mourut. Il passe pour l’inventeur de la diplomatique, ou art de dé- ! chiffrer les vieilles écritures. Les antiquités grecques et romaines et l’histoire du moyen âge sont l’objet de ses écrits Un cite, parmi les principaux ; Iiegum, consu/um , diclatururn ac censorum lioinanorum fasti , unà cum actis triumphorum à Itoniulo usque ad Tiberium Ccesnrem * — in faslos et acta triumphorum esplicationes , Modène, 1550, in -fol.; de Nomiiiibus Romanorum, Venise, 1555, in— fol. ; de Antiquo jure cirium romanorum tibri u ; de Aitliquo jura Italiœ, tibri m; de Antiquo jure provinciarum , libri ni, Venise, 1560, in-fol.; de Judiciis Romanorum, libri ui, ibid., 1574; de Republica Atlieniensium , libri v; de Atheniensium et Lacedæmoniorum temporibus, Bologne, 1564, d Vild cl rebus gestis P. Sripionis Æmiliani, ibid., 1569, in-4°, etc. On lui doit aussi de très-bonnes Scholies sur Tite-Live, et des Commentaires sur les Fragments et les EpUres familières de Cicéron. Ses Œuvres complètes ont été publiées à Milan, 1732-37, 6 vol. in-fol. C. N.

SIGOULES, ch.-l. de cant. (Dordogne), arr. et à 16 kil. S. -O. de Bergerac; 304 hab.

SIGOVË5L, chef gaulois, frère de Bellovèse, et neveu d’Ambigat, roi des Bituriges, qui, voulant décharger son pays d'un excès de population, le chargea d’emmener une partie des Volces Tectosages en Germanie, dans la région Hercynienne, vers l’an 588 av. J. -G., tandis que Bellovèse, par ordre aussi d’Ambigat, conduisait d’autres bandes dans l'Italie septentrionale.

S1GUENZA, Segontia , v. d’Espagne (Nouvelle-Castille), prov. et à 75 kil. N.-E. de Guadalajara, près de l’Hénarès. Evêché. Avant 1869, il y avait une Université, établie en 1470. higuenza fut prise par .Alphonse VI aux Maures, en 1106. l’op. de la commune : 4,717 hab. Sources salées aux environs.

SIGURD 1er, roi île Norvège, 1122-30, fils de Magnus III. Roi des Orcades en 1098 , il se croisa en 1110, prit Sidon, fut magnifiquement accueilli à Constantinople, revint par le continent régner après ses frères Olaf IV et Eistein Ier, et envoya un évêque dans le Groenland.

siguhd n, Slembidialtrii. V. Harald iv.

sigurd m , roi deNorvége, 1162-68, fut déposé par un parti nombreux, et décapité.

S1JEAN. V. SlGEAN.

S11IUUN, fleuve d’Asie. F. Sir-Daria.

SI-KIANG, riv. de Chine, naît dans les monts Nan-Ling ( Yun-nan ) , arrose les provinces de Koéui-tehéou , de Kouang-si, et de Kouang-toung , en portant successivement les noms de Hang-kiang , Tcien-kiaug et Si-kiang, et se jette dans le golfe de Canton, sous le nom de Tigre, vis-à-vis l’ile de Macao; cours de 900 kil. Il reçoit le l’ékiang , le Ngo-you-kiang, et le Liéou-kiang.

SIKINO. V. Sicinus.

SIKKAKII , riv. d’Algérie ( Oran ), passe à l’E. de Tien; cen, et se jette dans la Tafna. Sur ses bords, victoire du général Bugeaud sur les Arabes, le 6 juillet 1836.

S1KKIM ou DAMOU-DZOUNG, v. de l’IIindoustan anglais (Calcutta), anc. cap. d’une principauté de son nom, située entre le Thibet au N., le Népanl a l’O le Bengale au S. et le Boutan à l’E.; 150,000 hab. Vassale de 1 Angleterre en 1816, elle fut annexée complètement en 1850.

Si K LUS, brg de Hongrie (Baranya) , à 3 kil. S. de Funfkirchen ; 2,700 hab. Vins, marbres. Château des comtes de Batthyanv.

SIKOKF on S1KOKO, la plus petite des 4 grandes îles qui forment l’empire du Japon , dans la région de Nankai-do , entre Niphon au N. et Kiou-siou au S. -O. ; 250 kil. sur 125 ; v. princip. • A va, lyo ou Ijo , Sanoki, et l’osa.

SIL, riv. d’Espagne, sort des monts C-antabres, dans le N.- O. de la province de Léon , coule au S.- O. à travers la Galice, arrose Toreno, Ponferrada , El-Barcos, et se jette dans le Minlio, à 11 kil. N. d’Orense; cours de 160 kil.

SILA (La), plateau boisé des Apennins, dans le royaume d’iialie , occupe le N. de la province de Catanzaro, et le S. de la prov. de Cosenza. >es sapins fournissent de la résine et des bois de construction.

SILANION, sculpteur athénien, contemporain de Lysippe, excella dans l’imitation des passions vives. On citait i de lui, en airain, les statues de Satyrus et de Demarale,

: vainqueurs au pugilat; une Connue, un Thésée , un Achille ; une statue de Platon , qui paraît avoir servi de modèle au seul portrait authentique que nous ayons de ce philosophe.

1 SILANUS ( Marcus-Junius), propréteur en Espagne I’au

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543 de Rome, 210 av. J.-C., fut chargé par Seipicm de garder le pays en-deçà de l’Ebre, remporta, en 206, une grande victoire sur Hannou et Magon , contribua à celle de Bœcula en 205, et attira Massinissa dans l’alliance romaine.

silanus (Marcus-Junius) , arrière-petit-fils du precedent, consul l’an 644 de Rome, 109 av. J.-C., fut défait par les timbres dans la Gaule Narbonnaise.

silanus (Décimus-Junius) , fils du précédent, fut successivement questeur, édile , et chargé , en qualité de préteur, de réduire la Bithynieen province romaine, l’an 679 de Rome , 74 av. J.-C. Il épousa Servilie, qui fut la maîtresse de César. Lors de la délibération sur le châtiment à infliger aux complices de Catilina , il opina d’abord pour la mort; mais, ébranlé par le discours de César, il changea d’avis. Il fut consul l’an 691 de Rome, 62 av. J.-C., puis proconsul en lllyrie , et mourut pendant les guerres civiles.

silanus (Appius-Junius ) , consul l’an, 780 de Rome, 23 de J.-C. , avait obtenu de l’empereur Claude la main de la mère de Messaline. Cette dernière, n’ayant pu le déterminer à commettre un inceste avec elle , le rendit suspect à l’empereur, qui le fit poignarder, en 40.

silanus I Lucius-J uuius ) , fils du précédent, avait été fiancé à Octavie , fille de l’empereur Claude. Agrippine ayant fait rompre ce mariage, il se tua de désespoir, en 53.

SILARUS , auj. Sélé , riv. de la Lucanie septentrionale, issue de l’Apennin, affluait au golfe de Pæstum dans la mer Tyrrhénienne. Selon les anciens, ses eaux pétrifiaient les feuilles. Sur ses bords, Spartacus fut défait parCrassus, 71 av. J.-C.

S1LBERBERG , v. des Etats prussiens (Silésie) , sur le Pansebaeh, à 77 kil. S. -S. -O. de Breslau ; 1,750 hab. Une forteresse , dite le (librallar de lu Silésie , située sur un roc élevé , et bâtie par Frédéric II de 1765 à 1777 , défend la ville. Elle doit son nom, qui signifie montagne d'argent , à ses mines de plomb argentifère.

SIL BERG UOS, c.-à-d. gros d’argent, monnaie de Prusse, valant un peu plus de 12 centimes. C’est ha 30e partie du thaler.

S1LBERSTADT, v. de Bohême. K. Mies.

SILEMNICE. V. Starkeniîach.

SI LE N E, demi -dieu, né de Mercure ou de Pan et d’une Nymphe, fut le père nourricier et le compagnon de Baechus, qu’il suivit dans les Indes. On le représente comme un vieillard monté sur un âne ou appuyé sur un thyr-e , et toujours ivre, souvent environné de Satyres, ou conduisant les Muses. 11 était particulièrement honoré à Elis, et en Arcadie. — Quelques anciens ont fait de Silène un roi de Mélos , époux d'une Naïade.

SU. EN riAlRË, Silentiarius, titre donné, dans l’empire byzantin, à des officiers chargés de maintenir l’ordre et le silence dans le palais du prince. 11 y en avait 30, organisés en trois décuries. — ( )n donna aussi le nom de Silentiaire au secrétaire du cabinet de l’empereur.

SILKME , Schlesien en allemand, prov. du royaume de Prusse , bornée au N. par le Brandebourg- et le duché de Posen, à l’E. par le duché de Posen, la Pologne russe et la Gallicie, au S. par la Silésie autrichienne, la Moravie et la Bohême , à l’O. par la Bohême , le royaume de Saxe et le Brandebourg; 40,735 kil. carr. ; 3,579,470 hab. Ch.-l., Breslau. Elle est divisée entrois régences : Breslau, Oppeln , Liegnitz. La partie S.-O. est couverte de montagnes ; là sont les Sudètes et le Riesengebirge. Tout le reste est une plaine, quelquefois sablonneuse, mais en général très-fertile. La Silésie est arrosée par l’Oder, la Neisse, la Bober, la Sprée, etc. On compte 33 sources minérales , dont Warmbrunn et Salzbrunn sont les plus célèbres. Récolte de céréales, légumes, fruits, vins; plantes tinctoriales. Belles forêts. Elève de bestiaux, surtout de moutons; beaucoup de gibier et de poisson. Mines de fer, de cuivre , de zinc , d’argent , de houille , carrières de marbre. Industrie active des lins , draps , cotons , métaux.— Dans les temps anciens, la Silésie fut habitée par les Lygiens et les Quadcs , plus tard par les Slaves. Elle fit partie de l’empire des Moraves, ensuite de la Bohême, jusqu’à ce qu’au xe siècle elle reçut des ducs polonais de la maison des Piast. Miécislas Ier y introduisit le christianisme , 965. A cause de sa situation entre la Pologne et la Bohême, elle eut longtemps à lutter pour son indépendance, qu’elle n’obtint qu’en 1168, époque où le roi Boleslas IV la rendit aux trois fils du duc Wladislas II, mort dans l’exil. Ceux-ci gouvernèrent d’abord en commun ; ensuite ils partagèrent le pays entre eux. De ces trois lignes sortirent une foule de branches latérales. En 1327 , le roi Jean de Bohême fut reconnu comme suzerain par la plupart

des princes silésiens , et, en 1357, la Silésie fut réunie définitivement à la Bohême. Elle souffrit beaucoup dans les guerres des Hussites et pendant la guerre de Trente- Ans. Les persécutions exercées par l’Autriche contre la population protestante facilitèrent beaucoup la conquête du pays opérée par Frédéric II de Prusse, 1741-5. E. S.

.sij.Ésie autrichienne, partie de l’empire d'Autriche laissée à cette puissance par le traité de Hubertsbourg; bornée au N. par la Silésie prussienne, à l’E. par la Galheie, au S. par la Hongrie, à TO. par la Moravie ; 516,000 heet. ; 443,912 hab.; ch.-l., Troppnu. Elle fait partie du gouvt de Moravie-et-Silésie. E. S.

sii.esie (basse-), nom donné autrefois à la partie septentrionale de la Silésie, renfermant 8 duchés et principautés : Breslau, Œls, Wolau, Liegnitz, lauer, Glogau, Sagan , Groschen.

silesie (haute-), nom donné autrefois à la partie P. de la Silésie, renfermant 9 duchés et principautés ; Teschen, Ratibor, Troppau, Jiegerndorf, Oppeln, Grotska ou Neisse, Monsterberg, Brieg, Schvveidnifz.

SILHOUETTE (Etienne de), né à Limoges en 1709, m. en 1767, fut successivement conseiller au parlement de Metz, maître des requêtes, commissaire pour la fixation des limites de l’Angleterre et de la France en Acadie, 1748, commissaire du roi près la Compagnie des Indes, et enfin, par le crédit de Mme de Pompaaour, contrôleur-général des finances, 1759. Il signala son entrée au ministère par des réformes qui enrichirent le trésor de 72 millions de fr., et qui lui valurent une certaine popularité : mais, lorsqu’il voulut les étendre aux dépenses personnelles du roi et de sa maison , et créer de nouveaux impôts, le parlement s’éleva contre lui, l’opinion publique l’abandonna, et il fut obligé de se retirer, après une administration de 8 mois. Le peu de durée de sa faveur donna l’idée d’appliquer son nom aux objets éphémères qu'enfantait la mode, et qui avaient un aspect de sécheresse et de mesquinerie. C'est uniquement pour cette raison qu’a près sa chute on appela silhouettes des portraits de profil tracés autour de l’ombre de la figure. Silhouette a laissé : Idée génrrafe du gouvernement chinois, Paris, 1729, in-4° ; Lettres sur les transactions politiques du règne d’ Elisabeth, Amsterdam (Londres), 1736, in-12; des traductions françaises des Essais sur l'homme et sur la critique, de Pope ; Voyage de France, d’ Espagne, de Portugal, et d'Italie, Paris, 1776, 4 vol. in-12; Mélanges de littérature et de philosophie, 1742, 2 vol. in-12; Mémoires des commissaires du roi et de ceux de S. M. Britannique sur les possessions et les droits des deux couronnes en Amérique, 1755, 4 vol. in-4°. C. N.

SIL16TR1E, en bulgare Drystra, anc. Durostorwm , Oorostena , v. forte de la Turqu'e d’Europe, est le ch.-l. d’un eya'et qui embrasse toute la Bu'garie orientale et les forteresses du Bas-Danube, au confluent de la Drystra ou Missovo et du Danube, à 110 kil. N.-E. de Routschouk; 20,000 hab. Siège d'un métropolitain. Comm. 'de lainages et de cuirs. — Le général russe Diébitsch la prit en 1829. — L’eyalet est divisé en 4 livahs : Sdistrie, Routschouk, Varna, Babadagh.

SILIUS (Publius), sénateur romain d’une rare beauté, inspira une passion extravagante à Messaline, femme de Claude, et la poussa à l’épouser, pendant une absence momentanée de l’Empereur. Claude, averti par Narcisse, fit mettre à mort Silius, et Messaline fut tuée par ordre du même Narcisse, l’an 800 de Rome, 47 de J.-C.

silius italicus (Caïus), poète épique latin, né vers l’an 25 de J.-C., en Italie ( à Rome ou à Corfinium ), ou en Espagne, à Italica, qui lui aurait donné son nom , m. vers l’an 100, était d’une famille illustre; il plaida avec éclat, fut consul sous Néron, l’an 821 de Rome, 68 ap. J.-C., gouverna l’Asie-Mineure avec intégrité, puis se livra à la culture des lettres. A 75 ans, tourmenté par un ulcère incurable, il se laissa mourir de faim. Son modèle dans l’éloquence avait été Cicéron , dont il acquit à grands frais la maison de Tusculum; dans la poésie, il se mit à l’école de Virgile, sur la tombe duquel il sacrifiait tous les ans, et dont il avait acheté aussi la maison de Naples. Il composa des vers « avec plus de soin que de talent , » dit Pline. Nous avons de lui un poème sur la Seconde guerre punique, faible pour le fond comme pour la forme ; ce n’est guère que Tite-Live mis en vers, et encore l'historien est-il beaucoup moins prosaïque que le poète, dont le style, sauf de trop rares exceptions, ne sort guère de la platitude que pour tomber dans l’enflure. Les efforts de Silius pour s’isoler de son temps, pour reproduire facticement les formes d’un autre siècle, devaient tuer toute inspiration. Son poème de la Seconde guerre punique, longtemps perdu, fut retrouvé par le Pogge à l’abbaye de Sl-Gall en 1414,

SIL

SIM

et divisé par lui en 17 clmnts. Les meilleures éditions sont celles de Rome, 1471; de Drakenborch, Trêves, 1717, in-4°; d’Ernesti, Leipzig, 1791-92, 2 vol. in-8® ; de Ruperti , Gœttingue, 1795, 2 vol. in-8®, reproduite dans la Bibliothèque latine de Lemaire, 1823. Il a été traduit en français par Lefèvre de Villebrune , Paris, 1781; par MM. Corpet et Dubois, dans la Bibliothèque latine-française de Panckoucke, 1836-38, 3 vol. in-8®. D — R.

SILIVRI. V. Selivri.

S1LLÉ-LE-GUILLAUME, ch.-l. de cant. (Sarthe), arr. et à 37 kil. N.- O. du Mans; 2,694 hab. Autrefois place forte. Beau château-fort dn xiv* siècle. Comm. de toiles, fils, chanvre, cuirs, grains, bestiaux. — Pendant la Révo lution, on le nomma Sillé-la-Montagne.

SILLERY (Nicolas Bruslart de), magistrat, né en 1544 à Sillery (Champagne ), m. en 1624, fut conseiller au parlement de Paris en 1573, ambassadeur en Suisse eu 1589, président à mortier en 1595, plénipotentiaire pour le traité de Vervins en 1598, alla à Rome en 1599 pour faire casser le mariage de Henri IV avec Marguerite de Valois et conclure une autre alliance avec Marie de Médicis, devint garde des sceaux de France et chancelier de Navarre en 1605, chancelier de Erance en 1607, fut éloigné des affaires par le maréchal d’Ancre en 1612, conserva néanmoins les sceaux jusqu’en 1616, les recouvra un moment en 1623, et dut y renoncer définitivement devant l’opposition de Richelieu et de La Vieuville. C’était un homme dont l’éducation première avait été négligée, raaiff d’un caractère patient, souple, adroit, et d’une grande expérience des hommes et des choses. B.

sillery (Pierre bruslart de), marquis de Puisieux, fils du précédent, né en 1583, m. en 1640, fut à 17 ans conseiller d'État, en 1606, secrétaire d’État des affaires étrangères et de la guerre, alla en Espagne conclure le mariage de Louis XIII avec l’infante Anne d’Autriche, jouit d’un grand crédit pendant le ministère du duc de Luynes, et soumit en 1621 la ville de Montpellier révoltée. En 1624, il fut éloigné de la cour. Sa terre de Sillery avait été, en 1613, érigée pour lui en marquisat. B.

sillery (Charles-Alexis bruslart, comte de genlis, marquis de), né en 1737, m. en 1793, neveu du marquis de Puisieux, qui fut ministre des affaires étrangères sous Louis XV, entra fort jeune dans la carrière des armes, fut employé pendant 5 ans dans l’Inde, blessé au siège de Pondichéry, et pris par les Anglais, épousa la célèbre Mm« de Genlis ( V. ce mol), devint capitaine des gardes du duc d’Orléans, fut député par la noblesse de Reims aux Etats-Généraux de 1789, s’y rallia au tiers-état, fit prévaloir contre Mirabeau le droit des colonies à être représentées dans l’Assemblée nationale, soutint les droits du duc d’Orléans dans la question de la successibilité à la couronne, et prit une part active aux travaux de réorganisation de la marine en 1791. Député de la Somme à la Convention , il vota, dans le procès de Louis XVI , pour l’appel au peuple, la détention et le bannissement à la paix, fut arrêté comme complice de Dumouriez et agent de la maison d’Orléans, compris dans les proscriptions du 2 juin 1793, et exécuté le 31 octobre. B.

sillery, vge (Marne), arr. et à 12 kil. S.-E. de Reims ; 469 hab. Il a donné son nom à un des vins blancs mousseux de Champagne les plus estimés, et qui se récolte dans plusieurs vignobles des environs.

SILLY , anc. abbaye de Prémontrés ( Basse-Normandie), à 9 kil. d’ Argentan, fondée en 1154.

SILO, v. de Palestine (Ephraim), au S. de Sichem et au N. de Béthel. Ce fut la capitale des Hébreux depuis leur entrée dans la Terre-Promise jusqu’au règne de David; Josué y fit le partage du territoire entre les tribus, et l’on y plaça le Tabernacle et l’Arche d’alliance.

SILOÉ, source intermittente d’eau vive à Jérusalem, entre les vallées de Josaphat et d’Hennon. Elle sortait du mont Sion, et formait deux étangs ou piscines, rendues célèbres par le miracle de l’aveugle-né, à qui Jésus rendit la vue. Près de là fut enterré le prophète Isaïe.

SILSILIS, auj. Djcbel-Selsélèh , mont. d’Egypte, dans la Thébaide. De ses vastes carrières furent tirés les blocs qui servirent aux constructions de Thèbes.

SILURES, peuple de l’anc. île de Bretagne (Bretagne 2e), au S.-O., vers l’embouch. de la Sabrina ( Severn), dans la partie S. du pays de Galles actuel. Tacite les dit originaires de l’Ibérie. Ils furent soumis par J. Frontinus, l’an 75 de J.-C. Leur capitale, Isca Silurum, est auj. Caerléon.

SILVA (Jean-Baptiste), médecin, né à Bordeaux en 16 12, m. en 1748, vint se fixer à Paris. Helvétius lui confia une partie de sa clientèle, et il devint médecin consultant

de Louis XV en 1724. On a de lui : Traité de l'usage de différentes sortes de saignées , principalement de celle du pied, Amsterdam, 1729, 2 vol. in-12 ; Dissertations et consultations médicinales de MM. Chirac et Silva, 1744-55, 3 vol. in-12. Silva fut un médecin très-recherché de son temps.

SILVAIN. V. Sylvain.

j SILVANECTES, peuple gaulois de la Belgique 2e,

! entre les Viducasses et les Bellovaci au N., les Parisii et les Meldi au S.; v. prineip. : Silvanectes , Ralomagus ou Augus- | tomagus (auj. Sentis). Ils habitaient la partie S.-E. du département de l’Oise.

SILVANÈS, vge (Aveyron), arr. et à 25 kil. S. E. de Sle-Affrique; 429 hab. Il se forma autour d’une abbaye de Bernardins, fondée en 1136, et convertie auj. en établissement thermal.

SILVANI ( Gherardo), architecte et sculpteur florentin, né en 1579, m. en 1675, a exécuté de nombreux travaux, et, entre autres, dans sa ville natale, l’église et le couvent des Théatins, la façade des palais Strozzi et Gianfigliazzi, les palais Capponi et Marucelli, l’église SuFrançois-de- Paule, etc. Avant d’être architecte, il faisait de la sculpture, et s’était acquis de la réputation dans cet art.

SILVÈRE (Saint), pape, 536-538, fut persécuté par l’impératrice Théodora, parce qu’il refusait de rétablir sur le siège de Constantinople Authyme, accusé d’hérésie. Bélisaire, qui commandait alors en Italie, fut chargé de chasser le pontife, et de faire élire à sa place Vigile, son ennemi. Silvère fut relégué dans l’ile Palmaria, et condamné à mourir de faim. Fête, le 20 juin.

SILVESTRE (Israël), dessinateur et graveur, né à Nancy en 1621, m. en 1691, vint se fixer à Paris, où il se fit connaître par le goût et l’intelligence de ses dessins. Il fut chargé de dessiner et de graver les Eues des Parcs et Maisons royales, les Fêles données, et les Villes conquises par Louis XIV, travaux qui lui valurent le titre de maître de dessin du Dauphin, une pension et un logement au Louvre. Son œuvre se compose de plus de 1,000 pièces, dont les plus remarquables sont : Plaisirs de Vile enchantée; Vue de Borne, en 4 planches ; la Vue de Campo-Vaccino à Rome; les Fêtes du carrousel en 1662, etc. B.

SILVESTRE. V. aussi SYLVESTRE.

SILVIUS. V. Sylvius.

SIMANCAS, anc. Septimanca, v. d’Esp.igne (Vieille- Castille), prov. et à 12 kil. O. -S.- O. de Valladolid, sur le Pisuerga; 1,200 hab. Depuis 1563, le dépôt des archives du royaume est dans cette petite ville. On y trouve nonseulement les archives de la péninsule et des îles adjacentes, mais celles des anc. Etats espagnols de Flandre, d’Italie et de Portugal. Une partie de ces archives fut transportée à Paris pendant la guerre d’Espagne de 1808; quelques pièces furent rendues à la paix, mais beaucoup ont été alors perdues. Ramme II, roi de Léon, et Fernand Gonzalès, comte de Castille, livrèrent aux Maures une grande bataille près de cette ville, en 939 ; les deux partis s’attribuèrent la victoire.

SIMAO (Ile). V. Sémao.

SIMBIRSK, v. de la Russie d’Europe, ch.-l. du gouv. de son nom, au confluent de la Sviaga et du Volga, à 1,458 kil. S.-E. de S‘-Pétersbourg ; par 54“ 19’ 7’ lat. N. et 46® 5’ 35” long. E.; 21,714 hab. Ch.-l. de district. Eparchie grecque ; évêché ; cours criminelle et civile ; gymnase. Sa position, ses clochers et ses jardins rendent son aspect très-pittoresque. Statue élevée par Alexandre Ier à l’historien Karamsin. La pêche et le comm. des grains y sont actifs. Fondée en 1648. — Le gouv. de Simbirsk, entre ceux de Nijni-Novogorod et de Penza à l’O., de Saratov au S., de Samara à l’E., et de Kazan au N., a 48,477 kil. carrés, et 1,140,973 hab. Sol très-fertile, bien cultivé, immenses forêts appartenant à la couronne, ün y trouve du fer et du soufre. Fabr. de tapis d’écorce de tilleul. Le Volga le traverse du N. au S.

SIMEGH, comitat de Hongrie. V. Schumegh.

SI.MËON, 2e fils de Jacob, et de Lia, étant allé en j Egypte avec ses frères pour acheter du blé, fut retenu en otage par Joseph. Il prit part avec Lévi au massacre des habitants de Sichem, et essuya, à cette occasion, les vifs reproches de son père. Sa tribu, la seule que Moïse ne bénit pas en mourant, n’eut en partage qu’un canton démembré de celle de Juda, et situé entre la tribu de Juda au N., la mer Morte à l’E., et les Philistins à l’O. L — h.

siméon, vieillard juif, averti par le S*-Esprit qu’il ne mourrait qu’après avoir vu le Messie, se trouva dans le Temple au moment où la Vierge y apportait son divin enfant. C’est alors qu'il entonna le Cantique que l’Eglise chante le dimanche à CompUes : N une dimiltis servum tuum. Domine.

SIM

SIM

simeon (saint), neveu delà Ste- Vierge, est désigné dans J’Evangile sous le nom de frire de Jésus, dont il était le cousin par la chair. Il fut le second évêque de Jérusalem, après la mort de S* Jacques en 67, et souffrit le martyre en 107, étant âgé de 120 ans. Fête, le 18 février.

simeon btyi.ite (saiut), solitaire, né vers 390 à Sisan (Cilicie), m. en 459. 11 est célèbre par ses austérités; il ne mangeait qu’une fois par semaine, et jeûnait de la manière la plus absolue pendant tout le carême. Il vécut quelques années dans un ermitage au pied du mont Télénisse, puis se retira sur le haut d’une colonne (en grec stylos, d’où son surnom ) , et y passa 26 ans. On a conservé de lui quatre Lettres, dont une adressée à l’empereur Thcodose le Jeune, et une homélie; sa Vie a été écrite par Théodoret. Fête, le 5 janvier.

simeon , dit le Lorjothète et le Métaphraste, né au Xe siècle à Constantinople , fut secrétaire des empereurs Léon le Philosophe et Constantin Porphyrogénète. On a de lui une Chroiiique, qui s’étend de la création du monde à l’an 968 de J.-C., des Homélies, et 120 Vies des saints.

siméon de durham , historien anglais du xne siècle, m. après 1130, enseigna les mathématiques à Oxford, et fut préchantre de l’église de Durham. On a de lui une Histoire des rois d'Angleterre, de 616 à 1130, composée sur des documents rassemblés avec beaucoup de soin, continuée par Jean, prieur d’Exham, jusqu’en 1156, et imprimée dans les Decem scriptores de Twisden.

Simeon (Joseph- Jérôme , comte), né à Aix en 1749, m. en 1842, fils d’un avocat, entra à 20 ans au barreau d’Aix, où il obtint les plus brillants succès, qui lui valurent la chaire de droit à l’université de sa ville natale, 1778, puis la place d’assesseur du pays de Provence, 1783. Quand la Révolution éclata, Siméon en adopta les principes, puis fut compris parmi les proscrits du 31 mai, et quitta la France, où il ne rentra qu’après le 9 thermidor. Lors de l’établissement de la constitution de l’an m (1 795), envoyé au conseil des Cinq-Cents , il y montra beaucoup de talent, de sagesse et de fermeté. Proscrit au 18 fructidor, il rentra en France après le 18 brumaire, et devint membre du Tribunat, où, se ralliant au gouvernement, il prit une part active an projet de loi sur le Concordat, dont il fut rapporteur, et à l’élaboration du Code civil. Il entra au conseil d’Etat après la suppression du Tribunat, puis, en 1807, fut nommé par Napoléon l’un des trois régents chargés d’organiser le nouveau royaume de Westphalie, érigé pour Jérôme-Napoléon, qui lui confia les ministères de la justice et de l’intérieur. Sous la lre Restauration, Siméon fut préfet du Nord ; en 1815 , membre de la Chambre des députés , où il fit partie des modérés ; il devint ministre de l’intérieur de 1820 à 1821, pair de France en 1821, et 1er président de la Cour des comptes de 1837 à 1839. En 1832, il avait été élu membre de l’Académie des Sciences morales et politiques. V. M. Mignet, Notices historiques, t. n, in-8°. — Le vicomte Joseph- Balthazar Siméon, fils du précédent, né en 1781, m. en 1846, a été préfet du Var, du Pas-de-Calais, directeur des Beaux - Arts, conseiller d'Etat, et pair de France en

SIMÈTHE , , Simœlhus, auj. Giarelta, riv. de Sicile, issue des monts Nébrodes, se jetait dans la mer Ionienne près de Catane. Sur ses bords était une ville du même nom. SIMFÉROPOL. V. Simphéropol.

SIMIANE (Pauline Adiiémar de Monteil de Grignan, marquise de), fille de Mme de Grignan et petitefille de Mme de Sévigné, née à Paris vers 1674, m. en 1737, reçut une brillante éducation, se fit remarquer par son esprit autant que par les grâces de sa personne, épousa, en 1695, Louis de Simiane, gentilhomme de la chambre du duc d’Orléans et lieutenant des gendarmes écossais, et resta veuve en 1718. Elle a laissé quelques poésies, publiées sous le titre de Portefeuille de j/ne ***, Paris, 1715, in-12, et des Lettres, éditées par La Harpe en 1773, et jointes depuis à celles de Mme de Sévigné. Elles sont agréables , mais beaucoup moins intéressantes que celles de son aïeule.

simiane ou collongue, vge (Bouches-du-Rhône), arr. et à 13 kil. S. d’Aix; 1,100 hab. Jadis titre de marquisat.

simiane, vge (Basses -Alpes), arr. et à 25 kil. N.- O. de Forcalquier; 1,300 hab.

SIMMERN , v. des Etats prussiens (Province rhénane), ch.-l. de cercle, à 42 kil. S. de Coblentz; 2,500 hab. Cuirs, bonneterie, quincaillerie. — Jadis chef- lieu d’une principauté du Palatinat.

SIMMIAS , poète grec , né à Rome , vivait , selon les uns, au vme siècle av. J.-C., et, selon les autres, au ive. €n le regarde comme l’inventeur de cette sorte de com-

position dans laquelle les vers présentent, dans leur ensemble, la forme extérieure des objets qu’ils décrivent. 11 ne reste de lui que 3 pièces de ce genre, les Ailes, VOEuf, et la Hache. Saumaise en a donné un commentaire. V. Fortunio Liceti, Encyclopœdia ad Securim, Paris, 1635, in-4°.

SIMNEL (Lambert), fameux imposteur, né vers 1472 à Oxford, fils d’un boulanger , n’avait que 15 ans lorsqu’il se prêta aux projets d’un prêtre, Richard Simon, qui avait résolu de l’opposer à Henri VII, sous le nom du duc d’York, 2e fils d'Edouard IV, dont la mort n’avait pas encore été bien constatée. Il fut vaincu à Stoke, 1487, et tomba entre les mains du roi, qui eut tant de mépris pour lui, qu'il le relégua comme marmiton dans ses cuisines. On ignore l’époque de sa mort. Lambert Simnel est le héros d’un opéra-comique de Monpou et Adam.

SIMODA, v. du JaDon. sur la côte E. de l’ile de Niphon, ouverte aux Européens depuis 1856; 6,000 hab.

SIMOGGA, v. forte de l’Hindoustan anglais (Madras), dans l’anc. Maïssour, sur la Tonga, à 220 kil. N. -O. de Seringapatam. Fabr. de coton. — Pillée par les Mahrattes en 1798.

SIMOIS , auj. Meniéré-sou, riv. de la Troade, sortie du Cotylon (une des ramifications septentrionales de l’Ida), coule de l’E. à l’O., puis du S. au N., et, avant de sejeter dans l’Hellespont , recevait , au temps d’Homère , le Seamandre. Plus tard, le cours du Scamandre ayant changé de direction, on prit le Simoïs pour le Scamandre, et on appela Simoïs un ruisseau qui se jetait dans ce fleuve non loin de son embouchure, et qu’on nomme auj. Tchiblalc ou Schimar ; c’est le faux Simoïs.

SIMON, grand-prêtre des Juifs, administra la Judée de 292 à 284 av. J.-C., pendant les révolutions qui faisaient passer la domination de ce pays de Ptolémée Soter à Antigone. Il embellit et fortifia Jérusalem, et inséra parmi les livres sacrés ceux d ’Esdras, de Néliémie et des Chroniques ou Paralipomènes.

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