LAW
quêtes sous Louis XVI, fut un des agents secrets des Bourbons pendant la Révolution , et intrigua surtout auprès de l’armée. Arrêté avec l’abbé Brotier et Duverno de Presles, comme coupable de conspiration, 1797, il fut condamné à un an de réclusion ; le coup d'Etat du 18 fructidor fournit un prétexte pour le déporter à Sinnamary, où il ■mourut.
LAVIN1E , fille de Latinus, était fiancée à Turnus, lors ue , pour obéir à un oracle , elle épousa Enée , qui bâtit en son honneur la ville de Lavinium. Elle fut mère de Sylvius.
LAVINIUM, v. de l’Italie ancienne (Latium), au S. et à 18 milles (26 kil. 1/2 environ) de Rome, sur une petite colline ; bâtie par Enée en l’honneur de Lavinie. Une colonie en sortit pour fonder Albe. Lavinium fut détruite aux ixe et Xe siècles par les Sarrasins. C’est auj. le vge de Pratica.
LA VIT DE-LOMAGNE, ch.-l. de cant. ( Tarn -et - Garonne), arr. et à 23 kil. S.-O. de Castei-Sarrazin ; 987 hab.
LAVOISIER (Antoine-Laurent), très-célèbre chimiste, né à Paris le 16 août 1743, m. en 1791. Fils d’un riche commerçant , il fit ses études au collège Mazarin , et s’y distingua par son application autant que par ses succès. Dès sa première jeunet-se, il montra le goût le plus vif pour les sciences exactes, et se voua à leur étude; il apprit l’astronomie près de l’abbé de La Caille, la chimie prés de Rouelle, et la botanique avec B. de Jussieu. Il se séquestra du monde, se condamna à la vie la plus frugale, afin de pouvoir mieux suivre ses études. A 20 ans, 1763, il remporta un prix à l’Académie des Sciences pour un Mémoire sur le meilleur système d’éclairage de Paris; et, en 1768, il entra dans ce corps savant, après un autre Mémoire sur les couches des montagnes. Puis , désirant la fortune, comme moyen de se livrer aux sciences d’une manière indépendante, il sollicita et obtint une charge de fermier général en 1769. Il fit dès lors deux parts dans sa vie, et tint noblement sa place comme administrateur. Les juifs de Metz lui durent l’abolition d’un impôt odieux, vieux reste des temps barbares. Turgot le plaça, en 1776, à la tête de la régie des salpêtres. Lavoisier fit cesser les fouilles forcées alors en usage, et améliora la fabrication des poudres. En 1788 il fut attaché à la caisse d’escompte; en 1790, membre de la commission des poids et mesures, et en 1791 , commissaire de la Trésorerie. Il publia, en 1791, un traité de la Richesse territoriale du royaume de France, dont l’Assemblée constituante décréta l’impression aux frais de l’Etat. En 1772, il avait jeté les premiers fondements de sa théorie chimique; mais, esprit essentiellement créateur, il attendit jusqu’en 1783 pour anéantir à jamais la doctrine du phlogistique. Sachant se multiplier à l’infini, il publia, de 1772 à 1786, plus de 40 Mémoires relatifs à l’établissement de sa doctrine. Tous ses travaux se suivent avec une logique telle, qu’il suffit de les lire pour apprendre comment une science se fait. Rien ne se perd , rien ne se crée, voilà sa devise ; la matière peut être modifiée dans sa forme , mais jamais altérée dans son poids. Puis, mettant la balance au service de cette pensée féconde, elle devient entre ses mains un réactif infaillible, qui devait et pouvait seul révolutionner la chimie. Parmi ses nombreux travaux , nous citerons surtout : la découverte de l’oxygène, qu’il fit en même temps que Priestley, et qui devint la base de sa théorie ; l’analyse et la synthèse de l’air, 1777 ; celle de l’acide carbonique ; celle de l’eau, et celle des matières organiques. Dés lors il put expliquer la respiration, la combustion et la fermentation. En même temps, Lavoisier se livre à tous les travaux que commandent les circonstances : il entreprend , dans un but d’humanité, une longue suite d’expériences malsaines et dangereuses sur les gaz dégagés par les mal lères fécales ; puis il les raconte avec une simplicité sublime. Dans son Traité de chimie, 1789, 2 vol. in-8°, où il pose les bases de la chimie moderne, il se montre, comme philosophe et comme logicien, le digne émule de Condillac. En 1787, Fourcroy et Berthollet adoptèrent sa théorie. Enfin il créa, avec Guyton de Morveau, la nomenclature chimique. Lavoisier a aussi laissé d’importants travaux sur la chaleur : il établit que la chaleur était impondérable , démontra l’analogie en*re les vapeurs et les gaz, et inventa, avec Laplace, un calorimètre, à l’aide duquel ils expliquèrent les phénomènes de la respiration et de la chaleur animale. Une mort prématurée arrêta le cours de ses travaux , au moment où il les recueillait tous pour en former un seul ouvrage. Le 2 mai 1794, le conventionnel Dupin ayant déposé un acte d’accusation contre tous les fermiers généraux, Lavoisier vint lui-même se constituer prisonnier.
Le 6, il fut enveloppé dans l’arrêt de condamnation capitale prononcé en masse contre sa compagnie par le tribunal révolutionnaire, et, le 8, il monta à l’échafaud. Hallé et Loysel osèrent seuls élever la voix en sa faveur, mais en vain. La veille de sa mort, les membres du Lycée, auj. l’Athénée, vinrent apporter à l’illustre condamné une couronne dans son cachot. Aucun monument n’a été consacré à la gloire de Lavoisier; il ne reste de lui qu’un portrait peint par David ; cependant l’ensemble de ses travaux, l’empreinte qu'il laissa même sur les sujets qu’il ne fit qu’effleurer, le placent parmi les génies les plus féconds du xvme siècle. Aujourd’hui, après 60 années, ses découvertes font toujours l’admiration des savants, et ses théories servent encore de fil conducteur dans le dédale, souvent inextricable, des sciences chimiques. G — K.
LA VOULTE, ch.-l. de cant. (Ardèche) , arr. et à 21 kil. N.-E. de Privas, sur la rive dr. du Rhône; 2,818 hab. Eglise calviniste. Culture de la vigne et du mûrier. Mine de fer, hauts fourneaux ; fonderie et fabr. de projectiles de guerre. Vaste château, qui appartint aux ducs de Ventadour.
LAVOUTE-CHILHAC , ch.-l. de cant. (Haute-Loire), arr. et à 18 kil. S. de Brioude, sur l’Ailier ; 578 hab.
LA VRILL1ÉRE. V. Vrillière (la).
LaW de Lauriston (Jean), financier fameux, né à Edimbourg en 1671, d’un riche orfèvre, m. en 1729, montra dés son enfance de rares dispositions pour le calcul et les sciences positives. Condamné à mort, à l’âge de 24 ans, après un duel, il parvint à s’évader, et parcourut la France et la Hollande, étudiant le commerce et le crédit. Il imagina un système qui devait, à son avis, faire la prospérité des Etats : imbu des idées de l’époque, qui ne considérait comme richesse que le numéraire , il crut qu’on pourrait l’augmenter et y suppléer par la formation de banques dont le papier circulerait comme monnaie courante. Il suffirait d’établir, dans chaque Etat, une banque générale, chargée de la perception des revenus, du paiement des dépenses, et à laquelle seraient donnés les privilèges des divers commerces. Le numéraire, retiré de la circulation, servirait de réserve métallique, et serait remplacé par le papier, dont le crédit permettrait d’émettre une valeur supérieure à la réserve. Le capital de ces banques, divisé en actions, auxquelles seraient répartis les profits de l’escompte, ie l’administration et du commerce, servirait de placement aux capitaux. Tel était le système de Law, système faux par sa base, mais dont quelques parties réalisables se retrouvent dans l’organisation actuelle de la Banque d’An gleterre. De retour en Ecosse, après avoir été gracié, 1700, Law développa ses idées dans un Mémoire intitulé : Considérations sur le numéraire et le commerce, La Haye, 1705, trad. en français, 1790, 1 vol. in-8°, et proposa ses plans pour la fondation d’une banque à Edimbourg. Ne pouvant les faire admettre, il retourna sur le continent, visita Bruxelles, Paris, Gênes, Venise, Turin, proposant en vain sou système, et rentra dans sa patrie, possesseur d’une assez belle fortune acquise au jeu. A la mort de Louis XIV, attiré par le mauvais état des finances de la France, alors menacée d’une banqueroute, il vint offrir ses idées au Régent, et obtint l’autorisation de fonder une banque particulière avec émission de billets au porteur, 1716. Elle eut un crédit assez rapide. Law obtint alors le privilège du commerce de la Louisiane et du Mississipi, et fovma une compagnie de commerce, sous le nom de Compagnie des Indes occidentales, 1718, dont le capital fut divisé en actions. Puis, malgré l’opposition du Conseil des finances et du Parlement de Paris, sa banque fut déclarée Banque royale. Les actions de la Compagnie eurent d’abord moins de vogue que les billets de la banque. Le Conseil des finances leur opposait des actions dites de V anti-système, créées sur le capital des fermiers généraux. Law triompha des obstacles, fit monter le cours des billets, au moyen de marchés à prime, et obtint pour la Compagnie le privilège du commerce des Indes occidentales, 17 19. 11 y joignit aussi l’administration et la fabrication des monnaies. Une faveur extraordinaire s’attacha dés lors aux actions ; on se les disputa avec fureur ; on les revendit avec prime dans la rue Quinoampoix, centre des agioteurs. Law voulut compléter la réalisation de son système en obtenant les fermes générales. Il avait promis au Régent de payer la dette publique. Au moyen de nouvelles actions, la Compagnie prêta à l’Etat 1,500 millions nécessaires au paiement de la dette, et obtint en échange les fermes générales, dont les profits devaient couvrir les intérêts des nouvelles actions. Nommé contrôleur général, Law joignit enfin à la Compagnie les recettes générales. Elle se trouvait ainsi chargée de la perception de tous les