‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 509 sur 864 · SM O · texte numérisé non relu

SM O

prince, qui avait été secrètement assassiné. Il conserva le trône pendant 8 mois après la mort de Cambyse ( V. ce mot), et se rendit populaire en réduisant les impôts. Son imposture fut découverte par Phédime ( V. ce mot), dont le père, Otane, avec 6 autres seigneurs, forma un complot; Prexaspé ( V. ce mot ) souleva la multitude; Smerdis et son frère furent égorgés, ainsi qu’un grand nombre de Mages. V. Magophonie.

SMETIUS (Jean Smith Van der Kexten, dit), savant antiquaire et numismate, né vers la fin du xvie siècle, dans la Gueldre, rn. en 1651, a laissé, entre autres ouvrages : Thésaurus antiquarius seu Smetianus, sice notitia eleganlissimœ suppellectiiis Romance et rarissimœPinacotkerœ, etc., Amsterdam, 1(158, in-12 ; 2e édition augmentée, Nimègue, 1678, in-4°, 5 pl.

SMINTHIEN, surnom donné par les Phrygiens à Apollon, et tiré du grec smins, rat, parce que ce dieu avait délivré leur pays d’une multitude de rats. On voit encore dans la Troadeles ruines d’un temple d’Apollon Sminthien.

SMITH I John), navigateur anglais, né en 1579, m. en 1631, commanda en 1606 l’expédition envoyée en Virginie, présida à la fondation de James-town, ville qui devint le ch.-l. de cette colonie, et soutint de longues guerres contre les indigènes ; il tomba en leur pouvoir, et était destiné à être mangé par ces cannibales, lorsqu’il fut sauvé par Pocahontas, fille de leur chef. Il a publié, en anglais : Description de la Nouvelle-Angleterre, ou Observations et découvertes du capitaine J. Smith dans l'Amérique septentrionale en 1614, Londres, 1616, in- 8°.

smith (Robert), physicien anglais, né en 1689, m. en 1768, contribua, avec Cotes, son cousin et son ami, à répandre la philosophie de Newton, et fut professeur à Cambridge. On a de lui : Système complet d'optique, 1728, trad. en français par le P. Pézénas, Avignon, 1767, 2 vol. in-4®, et, avec augmentations par Duval-Leroy, Brest , 1767, in-4°.

smith ( Adam), célèbre économiste écossais, né en 1723 à Kirkaldy , où son père était inspecteur des douanes , m. en 1790, fut élevé à l’Université de Glasgow par Ilut clieson, puis au collège d’Oxford ; il s’y livra assidûment à l’étude des mathématiques, de la philosophie, et des sciences morales et politiques. Nommé, en 1751, professeur de logique à Glasgow, et, en 1752, professeur de philosophie, il acquit bientôt une immense réputation. Ses leçons reposaient sur deux bases, ordre métaphysique, ordre économique, et, dans cette dernière partie, il s’occupait à rechercher la cause de la prospérité des nations. En 1755, il écrivit une lettre remarquable, dans la Revue d'Edimbourg , sur l’état des sciences et des lettres en Europe, et publia, en 1759, une Théorie des sentiments moraux (trad. en français par un anonyme, sous le titre de Métaphysique de l’âme , Paris, 1764, 2 vol. in-12; par Blavet, 1774 ; par Mme Condorcet, 1798, 2 vol. in-8°, sur une édition beaucoup améliorée par l’auteur), où il développa ce système philosophique : la sympathie est le phénomène éminent de la nature humaine ; là est le mobile de toutes nos actions. Ce livre eut un grand succès. En 1763, Adam Smith accompagna sur le continent le duc de Buccleugh, passa quelques jours à Paris, et résida à G enève, pùis à Toulouse ; revenu à Paris en 1765, il fréquenta les salons des encyclopédistes, et s’y lia avec Turgot, Quesnay, et les autres chefs de l’Ecole physiocrate. De retour en Ecosse, il s’enferma dix ans à Kirkaldy, dans une complète solitude, que ses amis essayèrent vainement de lui faire abandonner. Il y travailla sans relâche à des Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, qui furent publiées en 1776, 2 vol. in-4°. Cet ouvrage, traduit en français par Blavet, 1788, 4 vol. in-8°, et par Germain Garnier, 1800 et '822, 6 vol. in-8°, et 1843, 2 vol. gr. in-8°, excellente traduction, avec une notice par Blanqui , des commentaires de Maeculloch, Garnier, Malthus, Sismondi, etc., et des notes de J. -B. Say, renferme les véritables bases de la chrématistique ou science des richesses. Renversant en même temps les anciens systèmes économiques et les erreurs des physiocrates, Adam Smith voit dans le travail la source véritable des richesses ; le travail augmente les valeurs échangeables et accroît les richesses des nations. Relevant ainsi l’industrie, il démontre la nécessité de l’union du capital et du travail, fonde la théorie des valeurs sur les effets de l’offre et de la demande, décrit les bienfaits et les dangers de la division du travail, et pose, dans un chapitre sur les banques, les véritables bases du crédit ; il demande libre carrière pour la concurrence, liberté complète du commerce intérieur et extérieur , suppression des douanes , prohibitions, primes, etc. C’était comme l’application de la fameuse formule attribuée à Goumay ; Laissez faire, laissez

passer. Ce livre, qui manque un peu de méthode, fut reçu partout avec enthousiasme, excepté en France, où l’on était alors sous l’influence des physiocrates. Adam Smith fut nommé, en 1778, commissaire des douanes en Ecosse, et, en 1787, recteur de l’Université de Glasgow. On a de lui encore une Dissertation sur l’origine des langues , écrite dans sa jeunesse. Ses OEuvres complètes ont été publiées à Edimbourg, 1817, 5 vol. iu-8°. Bu.

smith (William sidney-), amiral anglais, d’une anc. famille, né à Westminster en 1764, m. en 1840, commença sa carrière de marin à 12 ans. 11 fut chargé, en 1793, par l’amiral Hood, maître de Toulon, d’incendier la flotte française dans le port; ayant été fait prisonnier à l’embouchure de la Seine, en 1795, il subit à Paris une captivité de deux ans au Temple. S’étant échappé , il fut envoyé sur les côtes de l’Egypte, alors envahie par la France, alla en Syrie, défendit Sl-Jean-d’Acre contre le général Bonaparte en 1799, signa, l’année suivante, avec Kléber la convention d’El-Arisch, devint contre-amiral en 1805, protégea la Sicile contre les Français maîtres du royaume de Naples; alla croiser ensuite devant Lisbonne, et, quand la famille royale dut fuir devant les armes de Napoléon, en 1807, fit partir le roi de Portugal au Brésil, où il le rejoignit l’année suivante. Rappelé en 1810, il n’eut plus d’occasion de se signaler, et ne s’occupa, depuis 1814, que d’œuvres philanthropiques, particulièrement de l’abolition de la piraterie dans la Méditerranée. 11 fut nommé amiral en 1821, et mourut à Paris.

SMITHFIELD, v. des Etats-Unis (Rhode-Island), à 13 kil. N.- O. de Providence ; 4,500 hab.

SMŒLAND, Smaland, anc. division de la Suède, forme aujourd’hui les lân ou préfectures de Calmar, Jœnltœping , et Kronoberg.

SMULENSK , v. forte de la Russie d’Europe (Grande- Russie ), ch.-l. du gouvernement de son nom, sur la rive g. du Dniéper, à 700 kil. S.-S.-E. de S*-Pétersbourg , et 415 kil. O. -S. -O. de Moscou; par 54° 47’ 15” lat. N., et 29» 43’ 5” long. E.; 16,635 hab. Evêché grec; cour d’appel; écoles militaire et de commerce; gymnase, séminaire. On y remarque 2 cathédrales, le palais épiscopal, les couvents, etc. Commerce important, surtout en bois et en grains. Fabr. de soieries, toiles, bas, chapeaux, papiers. Smolensk, ville très-ancienne , eut longtemps son gouvernement et des princes particuliers , et était , au moyen âge , bien plus importante; la peste la dépeupla en 1130 et 1383; vers ce temps, elle était souvent disputée par les Tartares et les Lithuaniens; ces derniers l'emportèrent, et en restèrent maîtres jusqu’en 1514; elle tomba alors au pouvoir des Russes, auxquels les Polonais la disputèrent à leur tour. Plusieui’s fois prise et reprise, elle fut définitivement annexée à l’Empire russe en 1654, sous Alexis Mikhailovitch, père de Pierre le Grand. Elle fut, en 1812 (17 août) , le théâtre d’une grande bataille entre les Français et les Russes , où ces derniers furent battus. La ville fut alors incendiée. — Le gouvernement de Smolensk, entre ceux de Tver au N. , de Moscou et de Ivalouga à l’E. , d’Orel au S.-E., de Tehernigov au S., de Mohilev, de Witebsk et de Pskov à 10., a 55,888 kil. carr., et 1,102,076 hab. Il est divisé en 12 districts. Sol fertile, arrosé par la Duna, le Dniéper, la Desna, le Gjat, etc. Vastes forêts, qui appartiennent à la couronne ; mines de fer, de cuivre et de sel. Grande exploitation de grains. Exportation de laine.

SMOLLETT (Tobie), historien et romancier anglais, né en Ecosse, à Dalquhurn (Dumbarton ), en 1720, m. en 1771, fut destiné à la médecine, partit à 19 ans comme chirurgien en second sur un vaisseau de l’expédition dirigée contre Carthagène , se livra ensuite avec peu de succès à l’exercice de son art à Londres , et le quitta pour les lettres. N’ayant pu faire jouer une tragédie du Régicide ou la Mort de Charles Ier, écrite à 18 ans, il composa de dépit deux satires ; il se maria pour une dot qu’il n’eut pas, s’endetta par son luxe , et dut écrire pour de l’argent. Il donna, en 1748, son meilleur roman, Roderic Random, traduit en français, 1761, 3 vol. in-12; on y trôuve une relation satirique de l’expédition de Carthagène. Vinrent ensuite : les grossières Aventures de Peregrine PicUle , 1751 , traduit en français par Toussaint, 1753,4 vol. in-12, dont il publia ensuite une édition châtiée; les Aventures du comte Fathom , 1753, trad. en français , 1798 , 4 vol. in-12; les A ventures de sir Lancelot Greaves, 1762, trad. en français, 1824 , où il raconte la vie du roi Théodore de Corse. De 1755 à 1763,Smollett rédigea la Revue critique , recueil anglican et tory ; la partialité et l’aigreur de sa critique lui attirèrent trois mois de prison comme diffamateur. Une comédie, les Représailles , qu’il dirigea contre la France, eut un succès de circonstance. En 1758, il fit paraître

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