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une Histoire d’Angleterre, plus remarquable par l’ordre et l’exactitude que par la science et la profondeur, et trad. en français par Targe , 1759 et suiv. , 19 vol. in-12; la partie qui s’étend de 1688 à 1760 est ordinairement ajoutée à V Histoire d' Angleterre de Hume. Dans une feuille hebdomadaire, le Briton, Smollett soutint le ministère de lord Bute, et suscita le Norlh Briton de Wilkes , qui lui fut bien supérieur. La chute et l’ingratitude de lord Bute , la mort d’une fille unique, le poussèrent à passer en France et en Italie, 1763 ; prévenu et mécontent, il écrivit sous cette double impression la relation de son voyage, 1766. 11 publia même par ressentiment les Aventures d’un atome , où il insultait les hommes d’Etat depuis 1754, notamment Bute et Chatham, qu’il avait loués autrefois. Jaloux , irascible, épuisé malgré sa facilité et sa verve ordinaires , il écrivit un dernier roman , Humphrey Clinker, et mourut à Livourne. Prosateur élégant , peintre habile et vrai , Smollett a souillé son talent par l’immoralité. Il avait publié , en 1746 , les Larmes de l’Ecosse, poëme en faveur des vaincus de la bataille de Culloden, et une Ode à l’indépenda/nce, qui le placent honorablement parmi les poètes. Moore et W. Scott ont donné des Notices sur sa vie. B.
SMYRNE, anc. Smyrna , v. de l’Asie-Mineure, sur l’Archipel, au fond d’un golfe de son nom, fut fondée par une colonie éolienne, qui expulsa les Léléges de cette côte; mais des Colophoniens , accueillis à Smyrne, s’emparèrent de la ville par surprise, s’y maintinrent, et la firent passer de la confédération éolienne dans la confédération ionienne , dont elle fit désonnais partie. Détruite par Sadyatte , roi de Lydie , ses habitants restèrent dispersés dans des villages pendant 400 ans. Relevée après la mort d’Alexandre par Antigone , qui la rebâtit à 20 stades de l’ancienne ville, elle fut agrandie par Lysimaque , et devint la plus belle ville de l’Asie-Mineure. Une partie était bâtie sur une montagne appelée Mastusia; le reste, dans la plaine jusqu’au bord de la mer ; les rues étaient belles et coupées à angles droits , la ville ornée de portiques , d’une bibliothèque, et d’un Homerion ou temple d’Homère , que l’on disait y être né ; le petit fleuve Mêlés coulait près des murailles. Smyrne partagea le sort de l’Ionie , et passa de la domination des rois de Pergame sous celle des Romains ; elle devint, dans la prov. d’Asie, le ch.-l. d’un district, qui embrassait la plus grande partie de l’Eolide. Détruite en partie par Dolabella lors des guerres civiles après la mort de César, renversée par un tremblement de terre sous l’Empire, conquise par les Seldjoucides en 1084, reprise en 1097 par les Grecs , auxquels les Ottomans l'enlevèrent en 1322 , prise par les Hospitaliers , les Cypriotes , les Vénitiens et les forces du Saint-Siège en 1344, détruite par Tamerlan en 1402 , elle dut à sa position centrale et à la bonté de son port de toujours se relever de ses ruines , et d’attirer un concours prodigieux de commerçants de toutes les nations. — Smyrne, auj. appelée Ismir par les Turcs, est à 436 kil. S. -S. -O. de Constantinople, par 38° 25’ 28" lat. N., et 24° 48’ 6" long. E. ; 120 à 130,000 hab., Turcs, Grecs, Francs ou Européens, Arméniens et Juifs. Archevêchés grec et arménien. C’est un des plus grands entrepôts du commerce levantin , et l’échelle principale de la Turquie d’Asie sur la côte O. de l’Anatolie. Exportation de soie, cocons, graines de vers à soie, poils de chèvre et de chameau, toiles de coton, mousselines brodées, laines, cire, noix de galle, raisin, figues sèches, drogues, huile, opium, substances tinctoriales, tapis, éponges, blé. Il y a le quartier turc dans la haute ville , le quartier franc ou européen dans la ville basse; celui-ci forme comme une république fédérative, dont la langue commune est le français, et dont chaque population, dépendant uniquement de son consul , est affranchie de l’autorité turque qui administre la ville haute. L’eyalet d’Aïdin, dont Smyrne est le ch.-l., comprend 5sandjaks : Smyrne, Mentéché, Denizli, Aïdin , Saroukan. Le golfe de Smyrne, long de 50 kil. , et large en moyenne de 20 , forme une magnifique rade , presque entièrement abritée au S. par le mont Mimas, à l’E. par le Pagus , au N. par le Sipyle. Les campagnes environnantes, bien arrosées , sont délicieuses; mais la ville, belle de loin , est sale à l’intérieur, formée de rues étroites et de maisons basses , et renferme très-peu d’antiquités. En 1845 , un incendie y dévora 6,000 maisons. C. P.
SNAITH, brg et paroisse d’Angleterre, comté et à 40 kil. S.-E. d’York ( West-Riding ), près de l’Aire; 6,200 hab. Récolte de lin.
SNEEK, v. du royaume de Hollande (Frise), à 22 kil. S.-S.-O. de Leeuwarden, sur laZwette; 6,000 hab. Fabr. d’horloges en bois.
SNELL1US ( Willebrord de Royen, en latin), géomètre, né en 1591 à Leyde, m. en 1626, professa les mathéma-
tiques dans sa ville natale. On lui doit la découverte de la loi de la réfraction de la lumière. Il a tenté aussi, le premier, de déterminer la grandeur de la terre par la mesure géométrique et astronomique d’un arc du méridien ; l’incertitude du résultat tient surtout à l’imperfection des instruments dont il se servit, et non à sa méthode. On a de lui : Apollonius Batavus, 1608; De re numerarià liber singularis, Anvers, 1613, in-8°, traité du système monétaire des anciens; Eratoslhenes Batavus de terres ambitûs verâ quantitate suscitatus, Leyde, 1617, in-4°; Cyclomelricus, se u. de circuli dimensione, Leyde, 1621, in-4°; Typhis Batavus , sive de cursu navium et re navali, ibid. , 1624, in-4°; Doctrines triangulorum canonicœ libri quatuor, 1627. V.
SNIATYN, v. des Etats autrichiens (Gallicie), à 45 kil. E.-S.-E. deKolomea, sur la rive gauche duPruth; 7,000 hab.
SNŒHATTAN, montagne de la chaîne des Dofrines en Norvège, à 150 kil. S.- O. de Drontheim; 2,389 mèt. de hauteur.
SNORRA , Déesse Scandinave de la science et de la sagesse.
SNORRO-STURLESON, historien islandais, né en 1178 au Dale-Syssel, m. en 1241, remplit plusieurs fonctions de magistrature héréditaires dans sa famille, qui prétendait avoir avec les rois de Norvège et les ducs de Normandie une origine commune. Il visita la Norvège et la Suède, recueillant les traditions et les Sagas ( V. ce mot), et périt assassiné au milieu des discordes civiles. On a de lui : le Snorro-Edda, système de la mythologie Scandinave, publié avec une traduction latine par Resenius , Copenhague , 1665, et par Rask, 1818; Heimskringla, recueil de Sagas, publié avec traductions suédoise et latine par Perinskiold, Stockholm, 1697, 2 vol. in-fol.
SNOWDON , Eryri en gallique , massif montagneux d’Angleterre ( Galles ) , sur la limite des comtés de Carnarvon et de Mérioneth; le point culminant a 1,185 mèt. de hauteur. On a de là une admirable vue.
SNOWHILL, v. des Etats-Unis (Maryland), à 230 kil. S.-E. d’Annapolis; 4,000 hab.
SNYDERS ou SNEYDERS (Franz), peintre d’animaux, né en 1579 à Anvers, m. en 1657, étudia d’abord sous Peter Breughel, puis sous Henri van Balen ; des leçons de Rubens, avec lequel il était lié, développèrent ensuite son talent. Il a traité les combats d’animaux d’une manière très-habile. Ses tableaux ont toutes les qualités de l’histoire, la composition, le dessin, la couleur, les dimensions même de la toile. Rubens mêla souvent des personnages aux chasses de Snyders. Ce peintre et Jordaens travaillaient aussi fréquemment ensemble. Outre ses chasses, Snyders a peint des batailles, du gibier mort, des fruits, et de grandes cuisines pourvues de tous leurs ustensiles, encombrées de poisson, de viandes, de légumes et de pâtisserie. Le Louvre possède 7 toiles de sa main. A.M. SOANA, v. de Toscane. V. Sovana.
SOANDA, v. de l’anc. Cappadoce; auj. Juzghat.
SOANE , Sonus, riv. de l’Hindoustan septentrional , arrose les anc. prov. de Gandwana, Allahabad, Béhar, reçoit la Coyle, la Kanhor, la Mahanody, et se jette dans le Gange, à 36 kil. O. dePatna; cours de 800 kil.
SOANEN (Jean), né en 1647 à Riom, d’un procureur au présidial de cette ville, m. en 1740, entra à 14 ans dans l’Oratoire, se livra d’abord à l’enseignement, puis à la prédication, devint évêque de Senez en 1695, édifia son diocèse par sa charité et ses vertus, mais soutint le jansénisme. Il refusa de recevoir la bulle Unigenitus, 1714, et fut exilé dans son diocèse ; de retour à Paris après la mort de Louis XIV, il donna le signal de l’appel en 1717, réappela en 1720, fut suspendu de sa juridiction en 1727 par le concile d’Émbrun, et relégué à La Chaise-Dieu, abbaye de Bénédictins en Auvergne, où il acheva ses jours. On a publié, en 1750, la Vie et les Lettres de M. Soanen, 2 vol. in-4°, et 8 vol. in-12. B.
SOANK, riv. de l’Inde, naît au N.- O. de Barouah, coule au S.-E. et au S., et se jette dans le golfe du Bengale,, au cap Palmyras; cours de 700 kil.
SOAVE (le P. François), littérateur italien, né à Lu gano en 1743, m. en 1816, professa la poésie et l’éloquence à Parme, la philosophie à Milan et à Pavie. Il a laissé des Novelle morali, qui eurent du succès, et qui ont été traduites en français par Simon, 1790 et 1803. On lui doit encore des ouvrages sur l’enseignement, la rhétorique, et la philosophie, une traduction de l 'Essai sur l’entendement humain, de Locke, etc.
SOBAH , anc. royaume de Syrie, dans la vallée du Liban, fut soumis par David, 1030 av. J.-C. SOBERNHEIM, v. des Etats prussiens 'Prov. du Rhin),