‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 52 sur 864 · LAZ · texte numérisé non relu

LAZ

revenus du royaume. Mais la faveur du système ne dura pas : vers la fin de 1719, quelques réaliseurs accaparèrent le numéraire et acquirent des propriétés. La confiance fut ébranlée ; en vain Law essaya de la rétablir par ses Lettres à un créancier , 1720 ; il fallut recourir aux expédients violents , donner aux billets un cours forcé , défendre les accaparements de capitaux, etc. Les actions baissaient; les billets se dépréciaient. Un édit prononça la réduction progressive des actions et des billets; on cria à la banqueroute, et l’édit tut révoqué. Law dut quitter le contrôle général, 27 mai 1720. Bientôt la banque fut obligée de renoncer au remboursement des billets supérieurs à 10 livres ! Le peuple se souleva ; l’émeute gronda jusqu’au Palais-Royal, où Law s’était réfugié. Ce fut la ruine du système. La banque fut abolie, et les billets changés en rentes; la Compagnie perdit ses principaux privilèges. Law s’enfuit à Bruxelles, et ses biens furent séquestrés. 11 parcourut quelque temps l’Europe, puis se fixa à Venise, où il mourut en 1729, pauvre et oublié. Il n’a écrit que des Mémoires sur les monnaies et les banques, et quelques Lettres justificatives du système. Ses Œuvres complètes, avec ces Lettres, ont été publiées par E. Daire | Collection des Economistes français du XVIIIe siècle, 1843, Paris, 1 vol. in-8°). Le système a été expliqué et critiqué par Dutot , Forbonnais, et quelques autres. M. Tliiers en a publié un exposé remarquable dans l’t’ncyclopédie progressive, 1826, reproduit par le Dictionnaire de la conversation, au mot Law. Bü.

LAW DE LAURISTON , général. V. LAURI9TON.

LAWFELD, vge du roy. de Hollande ( Limbourg), près de Maestricht ; célèbre par une victoire du maréchal de Saxe sur le duc de Cumberland, le 2 juillet 1747, et par un autre succès des Français en 1794.

LAWRENCE (P. Thomas), célèbre peintre anglais, né à Bristol en 1769, m. en 1830, fils d’un aubergiste, étudia sous Reynolds, devint peintre de Georges III en 1792, et président de l’Académie royale de peinture en 1820. Il se consacra au portrait, et y acquit une fortune immense. Lawrence a de la grâce, beaucoup d’habileté dans les ajustements, une couleur éclatante, qui séduit sans captiver, parce que l'éclat en est artificiel ; il saisit très-spirituellement la physionomie de ses personnages, mais son dessin est souvent incorrect et maniéré.

LAXENBURG, autrefois Laxendorf, brg des Etats autrichiens (Basse -Autriche) , sur la Schwæcha, à 15 kil. S.-S.-E. de Vienne; 800 hab. Palais d’été des empereurs, avec un très-beau parc. Un traité y fut conclu entre l’Autriche et l’Espagne en 1725.

LAY, riv. de France (Vendée), naît à 20 kil. N. de Fontenay-le-Comte, et se jette dans l’anse de l’Aiguillon (golfe de Gascogne), vis-à-vis l’île de Ré. Cours de 105 kil.

LAVA (Jean-Louis), littérateur et poète dramatique, né à Paris en 1761, d’une famille originaire d’Espagne, m. en 1833, fut le condisciple et l’ami de Legouvé. Ils publièrent ensemble un volume d’héroides, sous le titre d’fc’ssuis de deux amis, 1786, in-8°. Bientôt Laya se tourna vers le théâtre, et donna Jean Calas, tragédie en 5 actes en vers,

1789, et les Dangers de l'opinion , drame en 5 actes en vers,

1790, où il attaque le préjugé des peines infamantes. L’une et l’autre pièce furent accueillies très-favorablement. Mais l’ouvrage auquel Laya dut surtout sa réputation, fut l’Ami des lois, comédie en 5 actes en vers, jouée au Théâtre F rançais le 2 janvier 1793 , pendant le procès de Louis XVI. C’était une protestation chaleureuse contre les anarchistes de l’époque : le succès fut immense, et prit non-seulement à Paris, mais dans les départements, les proportions d’une manifestation de l’opinion publique contre les gouvernants d’alors. Cette comédie est médiocre, et écrite médiocrement ; Laya en disait , à 25 ans de distance : « Ce n’était pas un bon ouvrage, mais c’était une bonne action. » Nous ajouterons : et une action courageuse, car il brava des hommes tout-puissants , fut proscrit et obligé de se cacher jusqu’après le 9 thermidor. En 1799 , Laya donna Falkland, ou la Conscience , drame en 5 actes en prose, où il a montré un coupable perpétuellement poursuivi par sa conscience. Laya , chargé pendant 15 ans de la critique littéraire dans le Moniteur, fut professeur de belles-lettres au lycée Charlemagne, puis au lycée Napoléon , professeur d’histoire littéraire et de poésie française à la Faculté des lettres de Paris après Delille, et entra à l’Académie française en 1817. Les OEuvres de Laya ont été recueillies en 5 vol. in-8®, Paris, 1833. — M. Laya (Léon), fils du précédent , a donné et donne encore de temps en temps, sur eos scènes secondaires, de jolies comédies-vaudevilles, parmi lesquelles nous citerons l’Etourneau, en 3 actes; Emma , eu 3 actes; la Peau du Lion, 1844; Georges et Maurice,

les Demoiselles de noces, 1846, etc., en société avec Bayard.

LAYBACII ou LAIBAC'H, en italien Lubiana , anc. Æmona, Labacum au moyen âge, v. des Etats autrichiens (Caruiole), sur la Laybach, à 350 kil. S. -O. de Vienne, 98 N.-E. de Trieste, sur le chemin de fer du Sud; par 46° 2’ 57" lat. N., et 12° 10’ 26" long. E. ; 20,747 hab. Capit. de la prov. de Carniole, ch.-l. du gvt et du cercle de son nom. Evêché suffrag. de Gœrz; trib., lycée avec privilège d’université, gymnase, séminaire, observatoire, bibliothèque, jardin botanique, musée, école militaire, arsenal. Société impériale d agriculture et des arts. On y remarque la cathédrale de ^‘-Nicolas, la maison des Etats, l’hôtel de ville, le théâtre, l’ancien château fort archiducal, auj. maison de force, etc. Grand commerce de chanvre, lin, blé, miel, éponges. Fabr. de faïences, soieries, dentelles, chapeaux. — Connue des Romains et des Francs, cette ville, après avoir dépendu longtemps des Slaves et des ducs de Bavière, eut ses seigneurs particuliers, après lesquels elle se donna à l’Autriche. Prise par Bernadette en 1797, par Macdonald en 1809. Elle est célèbre par un congrès des puissances européennes, tenu en 1820-21, pour le rétablissement de l’absolutisme dans le roy. de Naples. — Le gvt de Laybach, nom donné quelquefois à la prov. de Carniole, est borné au N. par la prov. de Styrie, à l'O. par les provinces de Carinthie et de Littoral ou gouvernement de Trieste, au S. et à l’E. par la Croatie, et est divisé eu 3 cercles : Laybach, Neustadt, Adelsberg; 9,774 kil. carr. ; 451,941 hab. — Le cercle de Laybach, entre ceux de Klagenfurt et de Villach au N., la Styrie à l’E., le cercle de Neustadt au S., celui d’Adelsberg et le gvt de Trieste à l’O., est montagneux; il est arrosé par la Save, a 330,000 hectares environ, et 165,000 hab.

LAYE (la), Ledia Silva, petit pays de l’anc. France (Ile-de-France) , où étaient Sl-Germain-en-Laye, Montaiguen-Laye et Sl-Léger-er-Laye ( Seine-et-Oise ).

LA YEN ou LEYEN ( Principauté de la), anc. Etat de l’empire d’Allemagne , dont les souverains résidaient à Ahrenfels sur le Rhin. Il comprenait le comté de Hohengerolseck, le château de Waal près d’Augsbourg, et quelques seigneuries dans les districts du Rhin et de la Moselle, entre autres, le château de Layen. Après avoir été compris dans la Confédération du Rhin en 1806, il fut incorporé au grand duché de Bade en 1815.

LAYNEZ. V. Lainez.

LAYRAC, brg (Lot-et-Garonne), arr. et à 10 kil. S. d’Agen, sur le Gers; 1,458 hab.

LAYS , célèbre chanteur. V. Laïs.

LAZARE (Saint), frère de Marthe et de Marie, était hôte de Jésus à Béthanie. Jésus pleura sur son tombeau , et le ressuscita le 4e jour. Bien qu’on ignore le reste de sa vie, l’Eglise l’honore le 2 septembre.

Lazare , homme pauvre et couvert d’ulcères, essaya, mais en vain, de toucher le Mauvais-Riche. Tous deux moururent, et le Mauvais-Riche, à son tour, implora inutilement, du fond de l’enfer, Lazare devenu un bienheureux. On n’est pas certain si cette parabole de Jésus-Christ est une histoire ou une allégorie.

Lazare (Hospitaliers de saint-), ordre religieux et militaire, établi à Jérusalem pendant les Croisades, en 1 119, pour soigner les lépreux, et confirmé par le pape Alexandre IV en 1255. Cet ordre tirait son nom du pauvre Lazare, qui en était le patron. Introduit en France au temps du roi Louis Vil , il perdit son importance à mesure que la lèpre disparut ; néanmoins il a existé jusqu’à la Révolution del 789, après avoir été réuni sous Henri IV à celui de Notre-Dame du mont Carmel. En Savoie, dés 1572, on l’avait réuni à celui de Sl-Maurice. Les chevaliers de Sl-Lazare étaient au nombre de 100; ils pouvaient se marier, et posséder des pensions sur toutes sortes de bénéfices. L’insigne était une croix à 8 pointes, émaillée de pourpre et de vert alternativement, bordée d’or, anglée de 4 fleurs de lis d’or, et portant au centre, d’un côté l’image de la Vierge, de l’autre celle de S1 Lazare.

Lazare (saint-), en italien Lazzaro-degli-Armeni , petite île de la mer Adriatique, dans les lagunes et à 4 kil. S.-E. de Venise, près de Lido. Jusqu’en 1594, il y eut un hôpital pour les lépreux. Cédée en 1717 à la Congrégation des Mekhitaristes, qu’une invasion des Turcs en Morée contraignait de chercher un nouvel asile, elle est devenue un centre de propagation apostolique pour l’Asie, et d’instruction pour la nation arménienne. Huit presses y fonctionnent sans relâche, et livrent à la circulation un grand nombre d’ouvrages destinés à répandre en Orient la civilisation moderne et la foi catholique. On y voit une magnifique bibliothèque, où se trouvent plus de 1,500 manuscrits arméniens, la plupart inédits et du plus haut intérêt pour

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