SOI
SOL
deçà de la Thelss à l’E. ; 2,777 ldi. carr. ; 90 kil. sur 55; 91,472 hab. Ch.-l., Neu-Solil. Sol montagneux au N. et au S.; mines d’argent, de cuivre et de fer. Bons pâturages; élève de bétail, surtout de moutons.
sohl (alt-), v. de Hongrie (Sohl), à 23 kil. S. de Neu-Sohl, sur la Gran; 1,800 hab. Restes d’un ancien château royal. Sources ferrugineuses et bains.
sohl (neu-), en hongrois Besztercze-Iianya, v. de Hongrie, ch.-l. du comitat de Sohl, sur la Gran, à 186 kil. N. de Bude; 6,000 hab. Evêché catholique suffragant de Gran, séminaire, gymnase; administration et tribunal pour les mines d’argent, de fer et de cuivre. Usines métallurgiques ; brasseries, teintureries, fabr. de dentelles grossières. Fruits renommés.
SOHO, hameau d’Angleterre (Stafford), à 2 kil. N.- O. de Birmingham. Usines métallurgiques fondées par les célèbres Watt et Boulton, les plus grandes et les plus belles d’Angleterre.
SOIGNIES, v. de Belgique (Hainaut), à 15 kil. N.-E. de Mons, sur la Senne; 6,400 hab. Ane. église Sl-Vincent. (Quelques restes de fortifications. Exploitation de pierres bleues, de pierres à digues et à chaux ; fabr. de dentelles, blanchisseries de toiles, miroiterie, forges d’affinerie, savonneries, tanneries, raffineries de sel.
SOISSONNAIS, petit pays de l’anc. France (Ile-de- F rance ) , sur les confins de la Picardie et de la Champagne, entre le Noyonnais, la Champagne, le Valois, et le Laonnais ; ch.-l., Soissnns; v. princip. : La Fère-en-Tardenois, Cœuvres, etc. Il est auj. compris dans le département de l’Aisne.
SOISSONS, anc. Noviodunum, puis Suessio et Suessionum civitas , en latin moderne Sexoniæ, s.-préf. (Aisne), à 40 kil. S.- O. de Laon, dans un vallon agréable et fertile, sur la rive g. de l’Aisne ; 8,393 hab. Place forte de 3e classe. Evêché suffragant de Reims; tribunaux de lre instance et de commerce, collège, bibliothèque. Ville bien bâtie. On remarque : un ancien château , construit sur l’emplacement d’un palais des rois Mérovingiens ; la cathédrale, édifice du xne et du xme siècle; l’église abbatiale de Sl-Léger, fondée en 1139, dévastée par les huguenots en 1567, réparée auxxvie et xvne siècles, vendue en 1790 lors de la suppression des ordres monastiques, et rendue au culte en 1852 ; un magnifique portail, seul reste de l’abbaye de Sl-Jean-des- Vignes; et, aux environs, l’abbaye de SVMédard, fondée par Clotaire Ier en 557 , .où Pépin le Bref fut couronné , et où Louis le Débonnaire fut enfermé par ses fils; elle est auj. occupée par un institut de sourds-muets. Fabr. de grosse toile, treillis, poterie de terre vernissée; tanneries, blanchisseries, fonderie de fer et de cuivre, etc. Grand commerce de très-bon blé et de haricots renommés. — Puissante déjà au temps de César, et ch.-l. des Suessions, cette ville, prés de laquelle Clovis vainquit Syagrius en 486, devint, en 511, la capitale du royaume de Neustrie. Près de là, Charles-Martel battit les Neustriens en 719, et Charles le Simple fut défait par Hugues le Grand, duc de l’Ile-de-France, et Rodolphe, duc de Bourgogne, en 923. Elle obtint une charte de commune en 1131. Titre de comté au moyen âge, Soissons soutint des sièges en 948, 1413, 1567, et 1617. On y tint, en 1122, un concile où fut condamnée la doctrine d’Abélard ; un autre s’y réunit en 1202, à l’occasion du divorce de Philippe-Auguste avec Ingelburge. Soissons posséda, de 1674 à 1789, une Académie célèbre. Un congrès y fut tenu en 1728. Elle soutint contre les alliés, en 1814, un siège mémorable. Patrie de Caribert, de Chilpéric Ier, de Clotaire II, du duc de Mayenne, de Louis d'Uéricourt, de Ronsin, de Quinette, et de Paillet.
soissons (Royaume de). V. neustrie.
soissons ( Comtes de ) , titre porté dès le vme siècle par des seigneurs vassaux des ducs de France, mais qui, depuis le xiii® siècle, appartint à la maison de Chimay. Des mariages le portèrent successivement aux maisons de Hainaut et de Châtillon. En 1391, Guy de Châtillon vendit le comté à Louis d’Orléans. Dunois transmit ce comté à la branche d’Orléans-Longueville, dont l’héritière, Françoise d’Orléans -Longueville, épousa, en 1555, Louis Ier de Bourbon-Condé. Marie, petite-fille de ce prince, porta le comté de Soissons, en 1625, à Thomas-François, prince de Savoie-Carignan.
soissons (Charles de bourbon, comte de), né en 1566, de Louis 1er, prince de Condé , et de Françoise d’Orléans- Longueville, m. en 1612, fut élevé par sa mère dans la religion catholique, et montra toute sa vie une grande versatilité, beaucoup d’orgueil et d’ambition, et peu de talents. Il s’attacha successivement à la Ligue, à Henri III, à Henri de Navarre, se distingua par sa valeur à la bataille
de Coutras et au siège de Paris, et mérita la charge de grand-maître de France. Toute sa vie ne fut qu’une succession de brouilleries et de réconciliations avec Henri IV. Pendant la minorité de Louis XIII, il obtint le gouvernement de la Normandie, et fit cause commune avec le prince de Condé, son neveu, contre la régente Marie de Médicis. b.
soissons (Louis de bourbon, comte de), fils du précédent, né à Paris en 1604, m. en 1641, intrigua vainement pour obtenir la main d’Henriette, 3e fille de Henri IV, se fit donner le commandement de Paris, prit part à la guerre contre les protestants en 1622, et, se déclarant contre le cardinal de Richelieu, qui l’avait empêché d’épouser Mlle de Montpensier, entra dans la conspiration de Chalais. Le siège de La Rochelle et la guerre en Italie firent briller sa valeur. On lui refusa néanmoins un commandement en chef, et il ne reçut qu’un petit corps de troupes pendant la campagne de 1636 en Picardie; les revers lui ayant été imputés, il s’entendit avec Gaston d’Orléans pour faire assassiner le cardinal à Amiens. Le complot échoua par la timidité de Gaston ; le comte de Soissons s’enfuit à Sedan, fut entraîné par les ducs de Bouillon et de Guise à prendre les armes contre la France, et périt à la bataille de La Marfée dans les rangs des Espagnols ; selon les uns, il se tua lui-même par accident; selon d’autres, un cavalier le frappa d’un coup de pistolet après l’action. B.
soissons (Eugène Maurice de Savoie, comte de),filsde Thomas-François de Savoie, et de Marie de Bourbon, héritière de la maison de Soissons, né à Chambéry en 1633, m. en 1673, destiné d’abord à l’état ecclésiastique, se tourna vers la carrière des armes, devint capitaine de cavalerie au service de la France, épousa, en 1657, Olympe Mancini ( V. l’art, suiv.), et dut à cette alliance la charge de colonelgénéral des Suisses et Grisons, avec le gouvernement de la Champagne. 11 suivit Louis XIV à la conquête de la Franche-Comté, 1668, puis à l’invasion de la Hollande, et devint lieutenant-général en 1672. 11 fut le père du célèbre prince Eugène de Savoie. B.
soissons (Olympe mancini, comtesse de) , nièce de Mazarin et femme du précédent, née en 1637 ou 1638, m. en 1708, fut amenée à Paris avec ses sœurs en 1647, et sans se laisser abuser par les soins assidus que lui rendait Louis XIV, songea à s’assurer une brillante position. Mariée au comte de Soissons en 1657, elle devint surintendante de la maison de la reine ; mais des disputes très-vives avec Mme de Navailles, dame d’honneur, sur les attributions de leurs charges, la firent éloigner momentanément de la cour. Elle essaya, en 1663, de substituer à Mlle de La Vallière une favorite de son choix, ne réussit point, et fut un moment exilée avec son mari, 1665. Compromise plus tard par les déclarations delà fameuse empoisonneuse Voisin, elle dut quitter sa charge de surintendante, la vendit à M“° de Montespan, s’enfuit en Flandre, puis à Madrid ; Saint-Simon l’accuse d’avoir empoisonné dans une tasse de lait la jeune reine d’Espagne, dont elle avait capté la confiance. Elle mourut à Bruxelles, délaissée même de sa famille. V. M. Amédée Renée, les Nièces de Mazarin , Paris, 1857, 2 vol. in-12. B.
SOJA, riv. de la Russie d’Europe, arrose les gouvernements de Smolensk, de Mohilev, et de Tchernigov, et se jette dans le Dnieper, à 65 kil. N.- O. de Tchernigov, cours de 500 kil. environ.
SOKAL, v. des Etats Autrichiens (Galicie), à 57 kil. N.- N.-E. de Zolkiew, sur la rive dr. du Boug; 3,100 hab.
SOKHONDO, la plus haute des montagnes de la Daou rie, dans la chaîne des Iablonoï , à 10 kil. S.- O. de Nertschinslc, à 80 kil. de la frontière de Chine ; 2,640 mèt. d’élévation.
SOKO, v. de Guinée, capitale d’un royaume de son nom, à 200 kil. N. de Coumassie.
SOKOLKA, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 36 kil. N.-E. de Bialystok; 2,500 hah. Ch.-l. de district.
SOKOLOW, v. de l’Empire russe, gvt et à 70 kil. S. -O. de Grodno; 3,100 hab.
SOLANA, v. d’Espagne (Ciudad-Réal), à 32 kil. N.- O. de VilIa-Nueva-de-los-lnfantes; 658 hab. — Fondée ea 1243 par les chevaliers de Sl-Jacques.
SOLANDER (Daniel), naturaliste, né à Upsal en 1736, m. en 1781, élève de Linnée, visita la Laponie, Arkhangel, S'-l’étershourg , Londres , les Canaries et la colonie du Cap, accompagna le capitaine Cook dans son voyage de 1768 à 1771 , fut nommé, à son retour, sous-bibliothécaire au Musée britannique, et se lia avec Banks. Il était membre de la Société royale de Londres. Son nom a été donné, en 1787, à une plante jusqu’alors confondue avec le datura.
SOL
SOL
SOLANO (F.-M.), marquis del Socorro, fils d’un amiral espagnol, fit avec honneur les campagnes de 1793, 1794, et 1795 contre la France à l’armée des Pyrénées, servit ensuite comme volontaire dans l'armée française du Rhin en 1796, fut nommé plus tard capitaine-général de l’Andalousie, et massacré en 1808 par la populace de Cadix, qui l’accusait de préparer trop lentement la défense contre les Français.
SOLAR, une des deux classes de propriété féodale en Espagne. C’est, selon la définition des Partidas, une espèce de domaine où « l’homme est planté en sol d’autrui , et peut en sortir quand il veut, avec ses biens meubles, mais sans pouvoir aliéner le fonds, ni demander une indemnité pour les améliorations qu’il y a faites : car ce fonds doit rester au seigneur. » La classe des Solariegos est la plus humble et la plus opprimée. H.
SOLARIO (Antoine), dit Zingaro (le bohémien), peintre d'histoire, né dans les Abruzzes en 1382, m. en 1455, était d’abord chaudronnier, et se fit artiste pour épouser la fille d’un peintre napolitain. Ses ouvrages se distinguent par la belle expression des têtes, le mouvement des personnages, la fraîcheur du coloris. Le principal est une Vie de S1 Bernard, peinte à fresque autour du cloître de S1- Séverin à Naples.
SOLARIUM , terrasse de maison chez les anc. Romains, ainsi nommée de ce qu’au printemps et à l’automne on venait s’y chauffer au soleil et s’y promener. — Impôt sur un terrain public où l’on bâtissait. C. D— y.
SOLDATS DE PLOMB (Petits), pour figurer des manœuvres militaires : ils furent inventés par Pyrrhus, roi d'Epire.
SOLDAU, v. des Etats prussiens (Prusse), à 22 kil. S.- O. de Neidenburg; 2,000 hab. Bureau de douanes. Source ferrugineuse.
SOLDE. V. Paye.
SOLD1N, v. des Etats prussiens (Brandebourg), sur un lac de même nom , à 80 kil. N. de Francfort; 5,800 hab. Draps, rubans, bonneterie, toiles, cuirs.
SOLDURIERS ou SOLDURIENS f Soldurii espèces de clients qui , dans la Gaule aquitaine , se dévouaient à quelque homme riche et puissant, le suivaient à la guerre, ne le quittaient jamais dans la mauvaise fortune, se faisaient tuer avec lui s’il succombait dans les combats , et, s’ils lui survivaient hors de la guerre, se donnaient la mort. On croit qu’ils étaient des espèces d’officiers payés, et que leur nom venait du celtique soldner, “ stipendiaire. »
SOLEA, chaussure d’hommes chez les anc. Romains, sandale qui s’appliquait sous la plante des pieds, envelop pait le talon , et laissait le reste du pied à découvert , en s’attachant avec des bandelettes qui se croisaient sur le cou-de-pied. C’était une chaussure négligée, pouiT’intérieur. On la faisait porter avec soi pour aller diner en ville, et on la quittait en prenant place sur les lits du triclinium. — Bottine de fer, ajustée au sabot des chevaux ou des mules, pour les conserver, les anciens ne connaissant pas le ferrage comme le pratiquent les modernes. C. D — y.
SOLEDAD ou CONTI, la plus grande des îles Malouines après Falkland, par 51° 30’ lat. S., et 61° long. O.; 150 kil. sur 110. Bougainville y établit en 1764 une colonie de Canadiens. Bon port.
SOLEIL , astre déifié par presque tous les peuples orientaux , sous des noms différents : c’était , chez les Egyptiens, Osiris et Phré ; Mithras, chez les Perses ; chez les Chaldéens, Bel ou Baal; chez les Phéniciens et les Syriens, Thammouz ou Adonis; chez les Grecs et les Romains, Phébus ou Apollon. Le mythe des 12 travaux d’Hercule figurait le passage du soleil à travers les 12 signes du zodiaque. Au Pérou, le soleil était le dieu Patchakamac, et on le donnait pour père aux Incas.
soleil (Compagnies du). V. Compagnies de Jéltu.
SOLEIMAN. V. Soliman.
SOLES, Snli , et plus anciennement Æpeia, auj. Solia, v. de l’ile de Chypre, sur la côte N., tirait , dit-on , son nom de Solon , qui aurait donné le conseil de la bâtir.
soles, Soli, auj. Meztlu, v. de l’ancienne Cilicie, colonie de Rhodiens. Ses habitants eurent une langue corrompue, remplie de fautes contre l’atticisme pur, et que l’on appela solécismes. Patrie du platonicien Crantor, des poètes Philémon et Aratus. Pompée, après sa guerre contre les pirates, y ayant établi ceux qu’il avait épargnés, la ville fut appelée Pompéiopolis.
SOLESMES, vge (Sarthe), arr. et à 29 kil. N. -O. de La Flèche; 785 hab. Exploit, de marbre. Il y eut, dès le xi» siècle, un prieuré de Bénédictins. Une association de jeunes prêtres s’y étant formée, en 1833 , pour rétablir l’ordre de Sl-Benoît , et spécialement la congrégation de
S'-Maur, le pape Grégoire XVI a érigé, en 1835, l’anc. prieuré en titre abbatial, et l’a déclaré chef d'une nouvelle congrégation française. Les bâtiments actuels ont été édifiés en 1722 par J. -B. Colbert, marquis deTorcy. L’église, du xne ou xme siècle, a beaucoup de statues exécutées aux xve et xvie siècles, et dites Saints de Solesmes.
SOLESMES, ch. -h de cant. (Nord), arr. et à 21 kil. E. de Cambrai, sur la Selle; 5,097 hab.Fabr. de batistes, linons, mouchoirs unis ou imprimés, mérinos, etc. Belle église.
SOLETO, brg du royaume d’Italie (Prov. de<Lccce), à 25 kil. N.-E. de Gallipoli ; 2,000 hab. On y parle un grec corrompu. Ce lieu est peut-être l’anc. Salente.
SOLEURË, anc. Solodurum, en allemand Sololhurn, v. murée de Suisse, ch.-l. du canton de son nom, sur l’Aar, à 40 kil. S. de Bâle; 5,916 hab. Résidence de l’évêque catholique de Bâle ; lycée académique, gymnase, monnaie, arsenal, 3 bibliothèques, collections scientifiques. Jolie ville; parmi les édifices, on cite, la cathédrale de S1- Ours, la plus belle de la Suisse, bâtie de 1762 à 1773; l’église des Jésuites; l’hôtel-de-ville ; la tour de l’Horloge, sur la place du Marché; le théâtre. Filature de laine, distilleries de liqueurs, cristallerie. Comm. de chevaux, bestiaux,, cuirs, blé, fromages. Forges et fonderies. Aux environs, sources minérales et belles carrières. Ancienne ville libre impériale , Soleure s’unit en 1475 aux cantons suissescontre le duc de Bourgogne. — Le canton de Soleure, le 10e de la Confédération par ordre d’admission, le 16e par son étendue, le 13e par sa population, est presque enclavé dans celui de Berne, sauf vers le N., où il est borné par ceux de Bâle-Campagne et d’Argovie; 785 kil. carrés; 66 kil. sur 31; 69,263 hab. (la plupart catholiques). Sol montagneux, mais très-fertile dans les vallées et sur les versants. Beaux pâturages, où l’on élève un nombreux bétail. Récolte de fruits. Mines de fer et de houille. Ce canton fait partie de la Confédération depuis 1481. Le gouvernement , jadis aristocratique , a été modifié en 1840-41, et est maintenant une démocratie représentative. La représentation nationale consiste, depuis 1831, en un grand-conseil de 109 membres, 96 élus par les assemblées électorales, et 13 par les 96. Ce conseil, dont les membres siègent pendant six ans et reçoivent une indemnité par jour de présence, s’assemble 3 fois l’an, nomme les députés à la Diète fédérale et les membres des tribunaux, et tire de son sein un petit-conseil de 9 membres, chargé du pouvoir exécutif. Le canton est divisé en 5 districts et 135 communes. On y parle allemand. B.
soletjre, château entre Luxembourg et Montmédy. Une trêve marchande y fut signée, le 13 septembre 1475, entre Louis XI et Charles le Téméraire ; elle renoua le commerce entre la France, la Flandre et l’Angleterre.
SOLFATARE (La), c.-à-d. la Soufrière, ancien Forum Vulcani on Campi Phlegrœi, cratère de volcan éteint, entre Pouzzoles et Naples. Il y a , dans le sol , de nombreuses fissures qui exhalent des vapeurs sulfureuses.
SOLFERINO, vge du royaume d’Italie, prov. de Brescia; 1,074 hab. Grande victoire des Français, commandés par l’empereur Napoléon III, sur les Autrichiens, le 24 juin 1859.
SOL1DUS, sol, monnaie d’or des anciens Romains, fut substitué à 1 ’aureus ( V. ce mot) du temps de Néron. L'usage en devint fréquent et absolu sous les derniers empereurs et le Bas-Empire. Il était marqué à l’effigie du prince, et valait 15 fr. 53 c. sous Constantin, et 15 fr. 10 c. sous les successeurs de ce prince. C. D — y.
SOLIÉ (Jean-Pierre), musicien, né à Nîmes en 1755, m. en 1812, tint, avec quelque succès, l’emploi de hautecontre à l’Opéra-Comique. 11 fut lui-même compositeur dramatique: Jean et Geneviève, 1792; le Jochey, 1795; le Chapitre second, 1799; le Diable à quatre, 1806, réussirent complètement. La musique de Solié est facile, spirituelle, mais d’une mélodie quelque peu triviale. B.
SOL1GNAC, Solemniacum, ch.-l. de canton (Haute- Loire), arr. et à 12 kil. S. du Puy, près de la rive gauehe de la Loire; 1,125 hab.
solignac, brg (Haute-Vienne), arr. et à 12 kil. S. de Limoges: 690 hab. Ancienne abbaye, fondée en 631. Fabrique de porcelaine.
SOLIGNY, vge (Orne), arr. et à 12 kil. N. de Mortagne; 1,149 hab. Là est un célèbre couvent de la Trappe (P. ce mot).
SOL1KAMSK, v. de la Russie d’Europe, gouvernement et à 205 kil. N. de Perm, sur la Kama; 4,500 hab. Tanneries, fonderies de suif, salines.
SOLIMAN ou SOLEIMAN, fils d’Abd-el-Mélek, 7e calife Ommiade, 715-717, succéda à son frère Walid 1er, et fut fameux par son extrême voracité. Du reste, prince dé-
SOL
SOL
lionnaire , il ouvrit pendant son règne les portes des prisons, fit du bien à tous ses sujets, nomma de bons gouverneurs dans les provinces. Sous son califat, commença la fortune de la maison des Barmécides. Yézid, fils de Mahaleb , un des plus grands capitaines de l’islamisme , conquit les provinces de Djordjan et de Tabaristan. Une des plus belles actions et des plus utiles à l’Etat que fit Soliman , fut de déclarer pour son successeur Omar, fils d’Abd-el-Aziz , le meilleur prince et le plus saint d’entre les califes. D.
Soliman , calife de Cordoue , 1009-1016 , arrière-petitfils d’Abdérame III, était commandant de la garde africaine , quand il renversa du trône Mohammed-al-Mahdi et Hescham II. Il fut à son tour attaqué et mis à mort par Ali-ben-Hamoud , gouverneur de Ceuta. Il avait du talent pour la poésie. B.
Soliman ier, chef de la dynastie des sultans seldjoucides de Konièh , était fils de Koutoulmich , qui avait péri dans une révolte contre Alp-Arslan. Chargé par son cousin Mélik-Chah de soumettre les pays situés à l’O. de l’Euphrate et au N. de la Syrie , il fit des conquêtes pour son propre compte , et s’empara de l’Asie-Mineure jusqu’à Nicée, 1074. Après avoir consolidé son empire, il prit Antioche en 1084, défit, l’année suivante , Mouslem, émir d’Alep, mais fut vaincu par Toutousch, prince de Damas, et se perça de son épée. Son fils aîné , Kilidge-Arslan , lui succéda. B.
soliman ii (Rokn-Eddyn) , 7e sultan seldjoucide de Konièh. V. rokn-eddyn.
soliman Ier, fils aîné de Bajazet, et 5e sultan des Turcs ottomans, 1403-1410. Après la défaite de son père par Tamerlan , il se réfugia , avec son frère Mahomet , auprès de l’empereur grec , qui lui fournit des troupes contre son frère J osué. Ce prince fut battu et tué en Cappadoce. Mouça, autre frère de Soliman , s’était fait des partisans en Asie , et avait été désigné par Tamerlan comme successeur de Bajazet ; il marcha contre Soliman , qui , au mépris des lois du Prophète , vivait dans une ivresse continuelle. Les troupes de Soliman furent défaites , et lui-même pris par les soldats de Mouça , qui le fit étrangler. D.
soliman ii, dit le Magnifique , le plus célèbre des sultans ottomans, 1520-1566 , fils et successeur de Sélim Ier, était né en 1494. Il s’occupa d’abord de réparer les injustices de son père , et fit rédiger de sages règlements pour
I administration de l’empire. En 1521 , il dompta la Syrie qui s’était révoltée, et enleva aux Hongrois Belgrade, Salankémen , Peterwardein , etc. L’année suivante , il fit capituler l’ile de Rhodes, bien défendue par le grand-maître Villiers de l’Ile-Adam. En 1523, une insurrection de l'Egypte fut comprimée. Dans une 2e invasion en Hongrie, Soliman détruisit à Mohacz, 1526, l’armée de Louis II, et s’empara de Bude. Profitant des dissensions entre Ferdinand d’Autriche et Jean Zapolski, il reconnut pour roi de Hongrie ce dernier, qui se déclara son vassal. 11 vint mettre le siège devant Vienne , 1529, avec 120,000 hommes, mais fut obligé de battre en retraite après plus de 20 assauts. Une autre invasion, en 1532, n’eut pas plus de succès. Ensuite il marcha contre la Perse , et s’empara de Tauris; mais, à son retour, surpris par Chah-Thamasp, il fut battu,
II s’empara de Bagdad, 1534, et fit la conquête de l’Yémen, 1538. Jean Zapolski étant mort, 1540, il adjugea la Transylvanie et quelques comtés à Sigismond Zapolski , et prit pour lui le reste de la Hongrie, 1541. Ayant appris les exploits du pirate Ivhair-Eddyn Barberousse, il l’appela auprès de lui , le nomma capitan-pacha ou amiral , 1536, et réunit ainsi à son empire Alger et Tunis. François Ie'' ayant offert à Soliman une ligue offensive et défensive contre Charles-Quint et la Hongrie , le sultan l’accepta ; Barberousse partit de Constantinople avec une flotte, 1543 , et vint joindre à Toulon la flotte française qui allait assiéger Nice. La guerre s’étant renouvelée contre la Perse, 1547, les Turcs gagnèrent une bataille à Van en Arménie , 1548 , et conquirent le Schinvan et la Géorgie , 1549-50. Soliman, reprenant les hostilités en Hongrie, 1552- 62 , prit Lippa , Temeswar, Veszprim, mais échoua devant | Agi'ia, et finit par accorder de nouveau la paix. Le corsaire Dragut, élève et successeur de Barberousse , entreprit ensuite plusieurs courses en Italie, en Sicile , en Espagne , prit Tripoli , mais ne put s’emparer de Malte, 1565. Soliman , ayant à repousser les nouvelles entreprises de Ferdinand, mit le siège devant Sigeth ; c’est là qu’il mourut d'apoplexie, à la suite d’une colère excitée par les obstacles qu’il rencontra devant cette ville , qui , cependant , fut prise d’assaut peu après sa mort. Soliman fit des lois utiles, régla les devoirs, les rangs, les costumes, les pouvoirs et les privilèges des divers fonctionnaires, or-
ganisa les levées , le service , l’équipement , la solde des troupes de terre et de mer, le mode de recettes et de dépenses du trésor, divisa l’empire en pachaliks et sandjakats, créa le corps des Bostandjis, fit construire des canaux , des caravansérails , des hôpitaux, des mosquées, fonda des collèges et des bibliothèques, etc. On lui reproche la facilité avec laquelle il versait le sang , la mort de son J ministre Ibrahim , et celle de son propre fils Mustapha , qu’il sacrifia à Roxelane , la plus célèbre de ses favorites. Sélim, qu’il eut de cette femme, lui succéda. D.
soliman iii, frère et successeur de Mahomet IV, 1687- 1691, fut tiré du sérail , où il languissait depuis 40 ans, et, pendant qu’il était occupé à apaiser les séditions des Janissaires, perdit en Hongrie Agria et Peterwardein. Le grand-vizir Mustapha Kiuperli ( V. ce mot ) rétablit les affaires ottomanes. B.
SOLlMAN-AL— khadem, général ottoman , fils d’un corroyeur de Mételin , et d’abord esclave de Sélim Ier, fut pacha de Damas de 1521 à 1525, aida le grand-vizir Ibrahim à étouffer la révolte d’ Ahmed-Pacha en Egypte, administra ce pays pendant 10 ans, reçut le gouvernement de l’Yémen en 1538, conduisit des secours aux musulmans de l’Inde contre les Portugais, exerça la charge de grand-vizir de 1541 à 1544, et mourut en 1553. L’Egypte lui doit un cadastre général. B.
soliman , roi de Perse, de la dynastie des Sophis, 1666-94, fils et successeur d’Abbas II , se livra aux plaisirs ; les bords de la mer Caspienne furent dévastés par Stenko-Raziu , chef de Cosaques , le Khoraçan par les Uzbecks, et les îles Bahrein par les Arabes de Maskate. Le ministre Cheikh- Ali-Ivhan parvint à maintenir la tranquillité à l’intérieur. B.
soliman, Géorgien de naissance, fut esclave d’ Ahmed, pacha de Bagdad , lui sauva la vie, devint son gendre, fut investi par la Porte en 1748 du pachalik de Bassorah, s’empara de Bagdad en 1750, protégea le pays contre les dévastations des Arabes, fit fleurir le commerce, et mourut en 1762. B.
soliman , dit le Vieux, esclave géorgien , affranchi de bonne heure par son maître, s’éleva jusqu’au rang de gouverneur de Bassorah, défendit cette ville contre les Persans en 1775, devint pacha de Bagdad en 1780, réprima les pillages des Arabes et des Kourdes, punit une révolte à Bassorah et les dévastations de Timour-Paclia en Mésopotamie, mais ne put réduire les Wahabites, et mourut en 1802, à 82 ans. B.
soliman, jeune fanatique musulman , né à Alep, assassina Kléber en Egypte, en 1800, et fut empalé.
SOLIMENA ( Francesco ) , peintre napolitain , né en 1657 à Nocera de’ Pagani, m. en 1747, imita tour à tour Lanfranc , Pierre de Cortone, le Calabrèse, et Carie Maratte, et amassa une grande fortune par la vente de ses tableaux. Parmi ses œuvres, on remarque : les fresques de la sacristie de Sl-Paul, à Naples ; la Vision de St-Benoit, dans l’église de Donna Alvina; l'Arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau-Monde , à Gênes; Phaélon , et l'Enlèvement de Céphals, qu’il peignit pour le prince Eugène; l'Aurore, à Mayence. Le Musée du Louvre a de lui Adam et Eve dans le Paradis terrestre, et un Héliodore chassé du Temple. Solimena a beaucoup d’imagination, son dessin est correct, mais sa couleur tourne au noir et au violet.
SOLIMŒS ou SOLIMŒNS , nom que prend l’Amazone depuis Tabatinga (Brésil) jusqu’à son confluent avec la Madeira, et qui s’applique aussi à une partie peu connue de la province brésilienne de Para.
SOLIN , C. -Julius Solinus, écrivain latin , composa, vers 230, un ouvrage intitulé : De Memorabilibus mundi, ou Pohjhislor. Ce sont des extraits de beaucoup d’auteurs, et surtout de Pline l’Ancien , dont on l’a nommé le Singe. On les trouve souvent à la suite de Pomponius Mêla. Ils ont été publiés à part, à Venise, 1473, in-4°; à Parme, 1480, in-4° ; à Paris, 1503, in-4°; à Deux-Ponts, 1794, in-8°, très-bonne édition. Saumaise a écrit des Exercitationes Pliniunœ in Solinum , Paris, 1629, 2 vol. in-fol., et Utreclit, 1689, in-fol. Solin a été trad. en français pour la première fois par M. Agnant , dans la Bibliothèque latine-françatse do Panckoueke, 2« série, Paris, 1847, in-8°. D — r.
SOLINGEN , v. des Etats prussiens ( prov. du Rhin ), à 36 kil. E.-S.-E. de Dusseldorf, sur la Wipper; 6,000 liab., et 20,000 avec toute sa commune. Fabr. considérable de coutellerie, quincaillerie, lames de sabre et d’épée, fleurets, casques, cuirasses, armes de chasse ; rubans de soie, cotonnades, siamoises.
SOLIS (Juan Diaz de), navigateur espagnol, né à Lebrixa, découvrit le Yucatan avec Pinçon en 1507, remonta la Plata, explora la baie de Rio-Janeiro vers 1512, et
SOL
SOL
tomba entre les mains de quelques Indiens anthropophages, qui le dévorèrent avec ses compagnons, en 1516.
SOLis (Don Antonio de), historien et poète espagnol, né à Alcala de Hénarès en 1610, m. en 1686, écrivit à 17 ans une bonne comédie, et étudia à Salamanque le droit civil et le droit canon. Lié avec Calderon, il composa plusieurs comédies où l’on trouve de l’esprit et de l’imagination. Secrétaire du comte de Oropesa, vice-roi de Navarre, puis de la reine douairière, en 1661, emploi qu’il avait refusé sous Philippe IV, il devint historiographe des Indes, entra dans les ordres en 1666, et se voua à la composition d’une Histoire de la conquête du Mexique, Madrid, 1684, in-fol. Le sujet y est admirablement distribué, et le récit ne languit jamais. Les discours qu'il y a ajoutés sont hors de saison. 11 ne consigne pas ses autorités, et remonte rarement aux documents originaux. Il est enfin partial et fanatique. Outre cette Histoire , traduite en français par Citri de la Guette, on a ses Comédies, 1681, ses Poésies, Madrid, 1692, et ses lettres, Madrid , 1737. A. G.
SOlis (Don François de), peintre, né à Madrid en 1629, ni. en 1684, était destiné à prendre les ordres, mais la peinture lui inspira une vive passion : à 18 ans, il composa et exécuta seul un tableau pour le couvent des Capucins de Villarubia. Philippe IV encouragea le jeune artiste, dont la vie ne fut plus qu’un long succès. Le roi, la noblesse, les ordres religieux, ne lui laissèrent pas un jour de repos. Une Conception de la Vierge, où un dragon se tordait aux pieds de Marie, excita une admiration si grande, que ce sujet sembla être devenu sa propriété exclusive : on lui demandait de toutes parts des Conceptions. Il ouvrit une espèce d’ Académie, où il recevait gratis tous les jeunes gens studieux. Sa couleur, très brillante de son vivant, a beaucoup perdu. Solis avait composé une Histoire des peintres, sculpteurs, et architectes espagnols', le manuscrit de cet ouvrage disparut après sa mort. A. M. SOLITAURILIA. V. Suovetaurilia.
SOLI1UDE, hameau de Wurtemberg, sur une montagne, à 5 kil. N.-O. de Stuttgard. Château royal, bâti de 1763 à 1767.
SOLIUM, cuve de marbre, de granit, ou d’argent, dans les bains des anc. Romains. — Bière de bois, ou de terre cuite, pour un corps mort.
SOLLER, v. d’Espagne (Baléares), sur la côte N.-O. de 1 île Majorque, à 26 kil. N. de Pahna; 8,355 liab. Comm. d’oranges et d’huile.
SOLLIÈS-PONT, ch.-l. de cant. (Var), arr. et à 15 kil. N.-E. de Toulon; 2,299 hab. Filatures de soie, tanneries, fabr. d’huile.
SOLMONA ou SULMONA. anc. Sulmo, v. forte du royaume d’Italie, située dans la prov. et à 70 kil. S.-E. d Aquila; 13,585 hab. Evêché. On remarque la cathédrale, leglise de l’hospice, et, à peu de distance de la ville, le couvent des Célestins, transformé en maison de travail pour les indigents. Confitures renommées, papier, objets en écaille , teintureries. — Elle fut ravagée par les Sarrasins. Charles-Quint l’érigea en principauté en faveur de Lannoy, vice-roi de Naples. Elle appartient auj. à la famille Borghèse. Patrie d’Ovide et du pape Innocent VII.
SOLMS (Maison de), anc. famille d’Allemagne, qu’on fait remonter à Othon, frère du roi Conrad 1er. En 1409, elle se partagea en lignes de Solms-Draunfels et de Solms- Licli. De la lre sont issues les branches de Solms-Braurifels- Hungen et de Solms-Braunfels-Greiflenstein ; de la 2e, celle de Solms-Laubach, qui a formé elle-même celles de Solms-Laubach-Soimewalde, Solms-Laubach-Baruth, etc. Les possessions de cette maison étaient situées sur les r‘ves de la Lahn, près des terres de Nassau, de la liesse et de \\ etzlar ; elles sont auj. réparties entre la Hesse, le
Wurtemberg et la Prusse.
SOLO, riv. de T île de Java, coule au N.-E., et se jette dans la mer de Java, au détroit de Madura: cours de 3o0 kil.
SOLO beng-awan, ou souRAKARTA, v. de l’ile de Java, sur la nv. de son nom, au S.-E. de Samarang, à 500 kil. L ;,de Batavia; 100,000 hab. Capitale de l’ancien Etat de Matarem. Elle est formée par la réunion de plusieurs gros villages. 1
SOLÔFRA, v. du royaume d’Italie, située dans la province et 11 kil. S.-S.-E. d’Avelbno; 6,245 hab. Fabriques de draps, cuirs, parchemin , bijouterie et orfèvrerie. — Fondée au xi« siècle.
l-an?L^NE’, Se':°.launiat ad moyen âge, petit pays de ne. 1 îance | Orléanais) , ch.-l., Romorantin. Elle occupe sur le territoire des départements actuels du Cher, de oir-et-t ner, et du Loiret, une surface d’environ 500,000 hectares. C était autrefois un pays prospère et florissant.
I Les guerres de religion ont commencé sa ruine, que la r<5- | vocation de l’édit de Nantes a consommée : le départ des
protestants, nombreux dans ces contrées, a laissé la So- | logne sans culture, et elle est devenue chaque jour plus aride et plus insalubre. Les fièvres y sont fréquentes, la population rare. Les bruyères, les landes et les terres in- | cultes recouvrent le quart du pays. Les étangs, au nombre de 1,200, y occupent une étendue de 17,000 hectares. Cependant les semis de pins y réussissent très-bien. Trois cours d’eau principaux, la Sauldre, le Beuvron et le Cosson, traversent la Sologne de l’E. à l’O. En 1852, on a entrepris un canal de la Sauldre, qui partira de Sancerre et traversera le pays en largeur, pour transporter les matières calcaires à mêler aux terres, et un canal qui reliera le Cher à la Loire, pour exporter les bois et les autres produits de la Sologne, mettra Lyon en communication avec la Loire, et permettra d’arriver par eau du Cher à Orléans quand la Loire cessera d’être navigable; les sapins de la Sologne iront alimenter les forges de Sl-E tienne, ou garnir les chantiers de Paris.
SOLON, célèbre législateur d’Athènes, poète, et l’un des sept Sages de la Grèce, né vers 640 av. J.- C., à Salamine, m. vers 559. Descendant de Codrus, il se livra d’abord au commerce, pour rétablir sa fortune, que son père avait prodiguée, et put étudier dans ses voyages les mœurs et les lois des nations étrangères ; puis, il servit sa patrie par les armes. Les Athéniens, découragés par plusieurs entreprises infructueuses contre Salamine, que les Mégariens leur avaient enlevée, avaient décrété la peine de mort contre tout citoyen qui proposerait une nouvelle expédition : Solon, contrefaisant l’insensé, vint lire sur la place publique une pièce de vers qui ranima le courage et le patriotisme de ses compatriotes ; on rapporta le décret ; Solon reçut le commandement, etrepritSalaminc.il termina aussi une Guerre sacrée par la prise de Cirrha. En 593, il fut nommé seul archonte, pour rédiger des lois nouvelles. Placé entre les Eupatrides ou nobles, aristocratie riche et oppressive, et les classes pauvres, irritées par la tyrannie, il justifia le surnom de Sage que lui avait décerné l’oracle de Delphes. Il commença par éloigner les Alcméonides, qui s’étaient souillés du meurtre de Cylon ( V . ce mot). Puis, respectant le principe de la propriété, et laissant les terres à ceux qui en étaient possesseurs, il remédia à la misère des pauvres par la sisachthie ( V . ce mot), et protégea leur liberté en supprimant la contrainte par corps. Ce n’étaient là que des mesures temporaires, et il fallait encore, par une organisation de la démocratie, prévenir le retour des abus. Solon divisa les citoyens en 4 classes, d’après leurs revenus : 1° les Pentacosiomédimniens, qui avaient plus de 500 médimnes de revenu, tant en grains qu’en liquides ; 2° les Triacosiomédimniens ou Cavaliers, qui avaient 300 médimnes de revenu et pouvaient nourrir un cheval ; 3° les Zeugites, qui avaient un revenu de 150 médimnes (200 selon Plutarque), et un attelage de bœufs; 4° les Thètes (c.-à-d. mercenaires), dont le revenu était au-dessous de 150 médimnes. Les quatre classes formaient l’Assemblée du peuple, qui discutait et votait les lois, nommait les magistrats, les généraux, les juges, les fonctionnaires de toute sorte, entendait le compte-rendu de leur gestion, autorisait la levée des impôts, décidait de la paix et de la guerre, etc.; mais les trois premières étaient seules admises aux emplois publics, en sorte que les Thètes, jouissant du droit d’élection, ne possédaient pas l’éligibilité. C’était la timocratie ou aristocratie de fortune substituée à l’aristocratie ,de naissance. Pour faire contre-poids à l’Assemblée du peuple, en qui résidait la souveraineté, Solon établit ou organisa le Sénat etl 'Aréopage (K. ces motsj.
II conserva les Archontes ( V . ce mot ) comme pouvoir exécutif, ainsi que la division géographique de l’Attique en Tribus ( V. ce mot ) établie par Thésée. L’administration de la justice fut confiée à 6,000 citoyens, désignés chaque année par le sort, et répartis entre 10 tribunaux. Eu dehors des citoyens, la constitution de Solon reconnaît deux classes d’hommes en Attique : 1° les Etrangers ou Métèques { metoikoi ), habitant dans la cité, inscrits sur un registre public , admis à servir dans l’armée et sur la flotte, payant, en retour de la protection accordée par l’Etat à leur commerce ou à leur industrie, un impôt annuel de 12 drachmes, et pouvant être admis au nombre des citoyens en récompense de services éclatants ou pour combler les vides faits par la guerre; 2" les Esclaves (V. Esclavage). En matière de lois civiles, Solon limita le droit du père sur sa famille, étendit le droit de tester, consacra la coutume du partage égal de l’héritage paternel entre tous les enfants, favorisa l’adoption, plaça tous les pupilles sous la protection des Archontes , réglementa
SOM
SOM
la propriété, le luxe, les funérailles, punit de mort le vol, mais ne porta aucune peine contre le parricide, ne soupçonnant pas qu’on pût commettre un pareil crime, etc. — Solon, après avoir fait jurer aux Athéniens d’obéir pendant cent ans à ses lois, s’éloigna de sa patrie, et visita l’Asie-Mineure, Cypre, l’Egypte. Le récit d’Hérodote au sujet du séjour de Solon auprès de Crésus, roi de Lydie [V. Ceesus), est révoqué en doute, car il repose sur un anachronisme. Après ses voyages, le législateur revint à Athènes, qu’il trouva en proie aux factions. Il fit de vains efforts pour s’opposer à la tyrannie naissante de Pisistrate, et alla mourir en Cypre. — Nous avons quelques fragments poétiques de Solon, entre autres, plusieurs vers de l’élégie politique qui décida l’expédition de Salamine ; ils ont été publiés dans les collections de Gnomiques, et isolément par Fortlage, Leipzig, 1776 ; par N. Bach , Bonn, 1625, in-8°. V. Abbing, de Solonis laudibus poëlicis , Trêves, 1825 ; Kleine, de Solonis vitâ et fragmentis, Crefeld, 1832; Voemel, de Ætate Solonis et Crœsi , Francfort-sur-Mein, 1832. B.
SOLOR , île de la Malaisie néerlandaise, une de l’Archipel de la Sonde, à l’E. de Florès ; 900 kil. carrés. Sol montagneux, mais très-fertile. Coram. d’huile de baleine, cire, ambre gris.
SOLOTH1JRN, nom allemand de Soleure.
SOLOVETSK, île de la Russie d’Europe ( Arkhangel), dans la mer Blanche. Il y a un vaste couvent fortifié, renfermant plusieurs églises, et où se rendent de nombreux pèlerins.
SOLRE-LE-CHATEAU , ch.-l. de cant. (Nord ), arr. et à 14 kil. N.-E. d’Avesnes, surlaSolre; 2,625 hab. Autrefois défendu par un château-fort , détruit en 1793. Fabr. de lainages, clouteries, tanneries.
SOLSONA, anc. Setelsis, v. forte d’Espagne ( Catalogne), sur le Negro, dans la prov. et à 90 kil. N.-E. de Lérida; 2,500 hab. Evêché suffragant de Tarragone. Quincaillerie, lainages, gants. — Vainement assiégée par les carlistes en 1835, ils ne purent encore la prendre en 1837, malgré la trahison qui leur livra un des forts.
SOLTH, brg de Hongrie, dans le comitat de Pesth, près du Danube; 5,000 hab. Il donnait autrefois son nom à un comitat, réuni auj. à celui de Pesth.
SOLTIKOFF (le comte Pierre-Simon), général russe, né dans les premières années du xvme siècle, m. en 1772, parvint à un grand crédit sous la tzarine Elisabeth, commanda l’année envoyée contre le roi de Prusse Frédéric II en 1759, gagna la bataille de Ivunersdorf, fut rappelé, et nommé gouverneur de Moscou.
soltikoff (le comte Ivau-Pétrovitch), fils du précédent , élevé à l’école de son père, se distingua comme administrateur et comme général , fit deux belles campagnes en Finlande contre les Suédois, qui menaçaient SVPétersbourg au moment où Catherine II était en guerre avec les Turcs, reçut de Paul Ier, qui avait combattu en volontaire sous ses ordres, le titre de maréchal en 1796, celui de gouverneur de Moscou en 1797, et mourut en 1805. B.
SOLTWEDEL ou SALZWEDEL, v. murée des Etats prussiens (Saxe), sur la Jetze, à 97 kil. N.- O. de Magdebourg ; 6,000 hab. Toiles de coton , draps, souliers. Sources salées, auj. abandonnées. — Résidence des margraves de Brandebourg de 978 à 1050, et ville hanséatique.
SOLWAY (Golfe de), anc. Iluna æsluarium, vaste golfe ou bras de mer qui s’étend à l’E. de la mer d’Irlande, en formant, sur une étendue de 65 kil., la limite de l’Ecosse et de l Àngleterre. Il est compris entre les comtés de Wigton, de Kii'kudbright , et de Dumfries, sur la côte N., et celui de Cumberland, sur la côte S. Ses rives, unies, sablonneuses, et , en quelques endroits, bordées de rochers, offrent beaucoup de lieux de débarquement pour les petits navires. Il reçoit le Sark, l’Eslt, le Derwent , etc. Pêche du hareng et du saumon.
solway-moss , c.-à d. marais du Solway, marais formé depuis 1771 à l’extrémité N.-E. du golfe de Solway, entre les embouchures du Sark et de l’Esk, sur la côte du comté de Cumberland.
SOLYMA. V. Jérusalem.
SOLYMES , Solymœ, peuple de l’anc. Lycie, les mêmes que les Myliades ou Termites, tiraient leur nom d’un roi de Phrygie, Solymus ou Solymon. Ils furent vaincus par Bellérophon.
SOMAIN, vge (Nord), arr. et à 17 kil. E. de Douai; 3,052 hab. Peigneries de laines; fabr. de métiers de filature, fil de mulquiuerie, sucre indigène.
SOMAIZE (Antoine Baudeau, sieur de), né vers 1630, secrétaire de Marie Mancini, écrivit, pour défendre les Précieuses contre les sarcasmes de Molière, une comédie
des Véritables Précieuses, 1660, qui ne fut pas représentée. La meme pensée inspira un Grand dictionnaire des Précieuses, historique, poétique, géographique , etc., Paris, 1661 , 2 vol. m-8o, réédité par Ch.-L. Livet , Paris, 1856, 2 vol. in-16.
SOMAL ( Sukias de), archevêque et abbé général des Mékhitaristes de Sl-Lazare (Venise), né à Constantinople en 1776, m. en 1846, fut chargé de plusieurs missions importantes à Constantinople et aux Indes, devint abbé général en 1824, et archevêque in partibus de Sunik ( Grande - Arménie) en 1826. C’est par ses soins qu’ont été publiés plusieurs ouvrages des auteurs classiques arméniens. La Société asiatique de Londres et l’Athénée de Venise l’admirent dans leur sein. On a de lui, outre une volumineuse correspondance, un Tableau historique de la littérature arménienne, en italien, Venise, 1829, 1 vol. in-8«. C— a.
SOMASQUE, en italien Somascu, brg du roy, d’Italie, situé dans la province et à 13 kil. N.- O. de Bergamc. En 1531, la congrégation des Somasques, appelés aussi Clercs réguliers de St-Mayeul , y fut fondée par Jérôme Emilien, de Venise, dans le but de perfectionner l’instruction religieuse. Approuvée par Paul III en 1540 , soumise à la règle de S1 Augustin par Pie V en 1568, cette congrégation conserve encore aujourd’hui la direction du collège Clémentin à Rome.
SOMAULIS, peuple de l’Afrique orientale, répandu entre l’Abyssinie et le Zanguebar, le long du golfe d’Aden et de la mer des Indes; villes princip.: Berbera, Zeylah. Ils sont commerçants et industrieux.
SOMBERNON, ch.-l. de cant. (Côte-d’Or), arr. et â 35 kil. O. de Dijon, sur une montagne ; 847 hab. Exploit, de plâtre, tuileries.
SOMBOR , v. de Hongrie1! V. Zombor.
SOMBRERETE , v. du Mexique , dans le département et à 150 kil. N.-O. de Zacatecas; 15,000 hab. Riches mines d’argent.
SOMBREUIL (Mlle de), fille d’un gouverneur des Invalides, jeune, belle, pleine d’esprit, s’est immortalisée par son dévouement filial. Son père, arrêté dans la Vendée, était détenu à l’Abbaye ; elle le défendit devant le tribunal révolutionnaire. Il allait, pendant les journées de septembre 1792, tomber sous les coups des assassins, lorsqu’elle se jeta à leurs pieds , couvrit de son corps le corps de Sombreuil, et le disputa avec un courage surhumain à la bande des égorgeurs. Suivant une tradition, avec raison démentie, elle accepta, pour obtenir la grâce de son père , de boire un verre de sang. Quelques mois après , Sombreuil périt sur l’échafaud , et sa fille ne fut délivrée que par la chute de Robespierre. Alors elle émigra, épousa le comte de Villelume, revint en 1815, et mourut à Avignon en 1823. Son dévouement est célébré dans une vingtaine de vers du Mérite des femmes par Legouvé. J. T.
SOMERS ( John), homme d’Etat et .cgiste anglais, né à Worcester en 1650, m. en 1716, publia plusieurs pamphlets contre Charles II, prit une part active aux événements qui amenèrent la chute de Jacques II, fut nommé, par Guillaume III , sollicitor - général en 1689 , recorder de Gloucester en 1690, procureur-général en 1692, et chancelier en 1693, repoussa victorieusement devant la Chambrehaute les accusations des torys en 1701, fut président du ministère de 1708 à 1710, puis rentra dans la vie privée. Protecteur d’Addison, il tira, l’un des premiers, de l’obscurité le Paradis perdu de Milton. Ses manuscrits, qui formaient au-delà de 60 vol. in -fol., furent détruits par un incendie en 1752; les fragments épargnés par le feu furent publiés, sous le titre d e Papiers d’Etat , par lord Hardwicke, 1778 , in -4». Cogan a publié, sous le titre de Sorners Tracts, 4 vol. in-4°, une collection de pièces l’ares, qui sont presque toutes des pamphlets de Somers. W. Scott a dirigé une édition des OEuvres de Somers. B.
SOMERSET (Edouard Seymour, duc de), frère de Jeanne Seymour, 3e femme d’Henri VIII, et oncle d’Edouard VI , fut créé par Henri VIII , lorsque sa sœur épousa ce prince, vicomte de Beauchamp en 1536, vicomte d’Hartford en 1537, et fut un des 16 exécuteurs testamentaires du prince en 1547. Edouard VI le nomma, en 1548, lord-trésorier, duc de Somerset, et comte-maréchal d’Angleterre. Somerset devint, en 1549 , protecteur et gouverneur du jeune roi, eut, comme tel, le droit de véto dans le conseil, et accapara toute l’autorité. La même année, une brillante campagne en Ecosse mit le comble à sa grandeur ; mais sa hauteur, son despotisme, sa partialité pour les Communes, ses violences envers le clergé catholique, son consentement à la mort de son propre frère, grand-amiral d’Angleterre , provoquèrent une violente opposition, que dirigèrent le comte de Southamp-
SOM
SON
ton, lord-cliancelier, et le comte de Warwick. Il succomba , fut dépouillé de ses emplois , et condamné à une amende annuelle de 2,000 liv. sterling. Warwick l’accusa ensuite d’avoir formé le dessein de soulever le peuple et de l’empoisonner lui-même, le fit juger et condamner comme coupable de félonie, et décapiter à Tower -Hill en 1552. B.
sesiERSET (Robert carr, vicomte de rochester, puis comte de |, devint, très-jeune encore, favori de Jacques 1er, choisit le poète Overbury pour guide et pour ami , s’éprit d’une violente passion pour la comtesse d’Essex, et la poussa au divorce, afin de l’épouser.Overbury ayant voulu le détourner de ce mariage, il l’empoisonna, par le conseil de la comtesse, 1613 ; mais bientôt, en proie aux remords, il devint sombre, silencieux, et le roi ne lui trouvant plus les mêmes agréments, se refroidit pour lui, et finit par lui donner pour successeur le jeune duc de Buckingham. Le crime de Somerset ayant été dévoilé, il fut poursuivi , dut s’enfuir de l'Angleterre, et mourut misérablement vers 1638.
Somerset, comté du S. -O. de l’Angleterre, entre le canal de Bristol au N., les comtés de Gloucester et de Wilts à l’E., de Dorset au S., et de Devon à l’O.; 424,120 hectares, dont 363,000 en culture ; 444,725 hab. Sol varié et très-pittoresque, sillonné par les monts Mendip et Quantock. Rivières : la Parret, la Brue , l’Axe , l’Avon , la Tone. Mines de plomb , cuivre , houille : sources minérales. Beaux pâturages. Produits agricoles et manuf. de laines. Capitale, Wells; villes princip. : Batli, une partie de Bristol, Bridgewater, Taunton. Ce comté a fait partie de la Bretagne lre au temps des Romains, et du royaume de Wessex pendant l’heptarchie.
SOMERTON , brg et paroisse d’Angleterre ( Somerset), à 25 kil. S.- S.- O. de Wells: 2,000 hab. Résidence des rois saxons, pillée par les Danois en 877. Restes du château où fut détenu Jean le Bon, roi de France.
SOMKHETHI, partie de la Géorgie, entre le Karthli au N. et le district d’Akhaltsikh au S.; arrosée par le Kour ; ville principale : Durgtchetal;a.
SOMLYO, brg de Transylvanie, à 257 kil. N. -N. -O. d’Hermanstadt, sur laKraszna; 2,700 hab. Ane. châteaufort, jadis aux princes Batthory.
SOMMA, v. du royaume d’Italie, province et à 15 kil. E. de Naples, au pied du Vésuve; 9,217 hab. Récolte de vins. — brg du royaume d’Italie (prov. de Milan), à 7 kil. N.-O. de Gallerate; 4,715 hab. C’est en ce lieu, sur le Tessin, qu’Annibal vainquit P. Scipion, en 218 av. J.-C. On y remarque un château des Viseonti.
SOMMARIVA (J. -B. de), né à Milan vers 1760, m. en 1826, était avocat lors de l’invasion française en Lombardie. Partisan des idées de la Révolution, il fut secrétairegénéral du Directoire de la république Cisalpine, 1797, et directeur en 1799. La même année, l’invasion austro-russe ayant détruit momentanément cette république, il vint se fixer à Paris, avec une immense fortune dont il usa pour former de magnifiques collections de tableaux et d’objets d’art, aujourd’hui contenues dans une superbe villa, sur les bords du lac de Côme.
SOMMariva, v. du royaume d’Italie, située dans la prov. de Coni, arrond. et à 200 kil. O. d’Alba; 5,000 hab.
SOMME, Samara , riv. de France, naît â Font-Somme ( Aisne ) , coule à l’O., passe près de Sl-Quentin, entre dans le département de la Somme, où elle arrose Ham, Péronne, Corbie, Amiens, Picquigny, Abbeville, et se jette dans la Manche, entre Sl-Valery et le Crotoy ; cours de 220 kil. A cause des difficultés de sa navigation, un canal latéral de 159 kil. joint Sl-Valery avec le canal de Crozat prés de S1- Simon, en passant par Abbeville, Amiens, Péronne et Ham; les travaux de ce canal, commencés en 1770, plusieurs fois interrompus, et achevés en 1827, ont coûté 9,389,113 fr. B.
somme, département maritime de la France, sur la Manche ; ch.-l., Amiens; formé d’une grande partie de la Picardie (Amiénois, Ponthieu, Santerre), et d’une petite portion de l’Artois; entre ceux du Pas-de-Calais au N., de l’Aisne à l’E., de l’Oise au S., et de la Seine-Inférieure au S.- O. Superf. : 604,436 hect. Pop. : 572,646 hab. Traversé du S.-E. au N.-O. par la Somme, arrosé encore par la Celle et la Noyé, et limité au N. par l’Authie, au S.- O. par la Bresle. Sol généralement plat, gras et riche ; quelques parties marécageuses, exploitées comme tourbières. Culture de plantes oléagineuses, prairies artificielles et naturelles, houblon, pommier à cidre, lin, chanvre. Pêche abondante dans tous les cours d’eau et sur le littoral. Industrie trèsactive : tissus de laine, de poil de chèvre, de soie, de coton, de velours, stoffs, rouenneries, tricots, gazes ; ateliers
de teinture et d’apprêt, blanchisseries de toiles, moulins â moudre et à effiler le bois de teinture, tanneries, papeteries, etc. Exploit, de grès à paver, pierre à plâtre, argile, craie. Elève de chevaux, bétail, abeilles. Ce département dépend de la Cour impériale et de l’évêché d’Amiens. B.
somme ( Villes de la ), nom donné, pendant le xve siècle, aux places fortes qui défendaient le cours de la Somme (Roye, Péronne, Corbie, Amiens, Abbeville), et qui, engagées à Philippe le Bon, duc de Bourgogne, par Charles VII, en vertu du traité d’Arras, 1435, furent ressaisies par Louis XI après la mort de Charles le Téméraire,
SOMMEIL (Le) , divinité allégorique des Anciens, qui le disaient fils de la Nuit, frère de la Mort, et père des Songes. On supposait que, pour endormir les hommes, il les touchait avec une baguette magique , ou les éventait avec ses ailes brunes ou dorées. Le pavot et d’autres somnifères étaient ses attributs. Un groupe de la villa de Cassius, à Tivoli , représente le Sommeil sous les traits d’un jeune homme debout, la tête penchée, les yeux fermés, le bras gauche appuyé sur un tronc d’arbre, et retenant à peine un flambeau renversé.
SOMMEPUIS ou SOM PUIS , ch.-l. de cant. (Marne), arr. et à 17 kil. S.-O. de Vitry-le-François ; 436 hab. Fabr. d’huile; élève de moutons. Patrie de P. Royer- Collard.
SOMMERDA , v. des Etats prussiens ( Saxe ) , à 24 kil. N. d’Erfurt, sur l’Unstrutt; 3,400 hab. Fabr. d'armes et de quincaillerie.
SOMMERFELD, v. des Etats prussiens (Brandebourg), à 35 kil. S.-S.-O. de Krossen , 5,300 hab. Draps, toiles, vins.
SOMMERGHEM, v. de Belgique (Flandre orientale), à 17 kil. N.-O. de Gand ; 7,500 hab. Fabr. de toiles, tissage de coton, fabr. de métiers à tisser ; dentelles.
SOMMERING. V. Sœmmering.
SOMMEVOIRE, très-anc. brg (Haute-Marne), arr. etâ 15 kil. S.-O. de Vassy ; fortifié au moyen âge ; 1,257 hab. Eglise Notre-Dame, fondée dans les premiers temps de la monarchie, et où l’on voit des fresques de la fin du xvie siècle.
SOMMIÈRES, ch.-l. de cant. (Gard), arr. et à 24 kil. S.-O. de Nîmes, sur la rive g. de la Vidourle ; 3,706 hab. Ane. place forte des calvinistes ; les fortifications ont été détruites excepté ceiles du château. Pont romain. Draperies, lainages, tanneries. Comm. d’eaux-de-vie.
SOMMISTES. V. IrnÉrius.
SOMOGY. F. Schumegh.
SOMOROSTRO, brg d’Espagne (provinces Basques) est situé dans la prov. de Biscaye, à 9 kil. N.-O. de Portugalète ; 2,500 hab. Elle a un port, à 2 kil. de là. Aux environs est le mont Triano, qui a une mine de fer fournissant 300,000 quintaux par an.
SOMO-SIERRA, chaîne de montagnes d’Espagne (Vieille- Castille). Elle contient, près d’un brg de même nom, sur la route de Burgos à Madrid, à 16 kil. N. de Buytrago, un défilé où les Espagnols furent défaits, en 1808, par les Français.
SOMPTUAIRES (Lois) chez les anc. Romains, pour réprimer le luxe des festins, des habits, et même des funérailles et des tombeaux. Celles dont l’histoire nous a transmis le souvenir, parmi les lois contre le luxe des festins, sont : la loi Orchia, rendue l’an 566 de Rome : Fannia, l’an 588 ; Didia, l’an 610 ; Licinia, l’an 656 ; Cornélia, l’an 672 ; Æmilia, l’an 675 ; Antia, l’an 680? ; Julia, l’an 708?; Julia 2°, l’an 733? — Pour les habits ou les bijoux, il y eut les lois Oppia, l’an 540 ; Julia, l’an 709. — Un chef de la loi des XII tables réprimait le luxe des funérailles en général, et il y eut des lois, ou au moins une loi Julia, rendue l’an 708, contre la somptuosité des tombeaux. — Eu France, Charlemagne et Louis le Débonnaire publièrent des Capitulaires contre le luxe des vêtements et des meubles : d’autres lois somptuaires fufent rendues par Louis VIII en 1224 ; par Philippe le Hardi en 1283; par Philippe le Bel en 1294, 1298, 1302 et 1313 ; par Charles VIII au commencement de son règne; par Louis XII en 1506 ; par François Ier en 1543 ; par Charles IX en 1561, 1563 et 1567 ; par Henri III en 1583 ; par Henri IV en 1604 ; par Louis XIII en 1629 et 1636 ; par Louis XIV en 1672, 1687, 1689 et 1700, etc. Au point de vue moderne , les lois somptuaires sont une chose tyrannique et ridicule, contraire aux notions les plus élémentaires de l’économie politique. C. D — T.
SOMPUIS. V. Sommefüis.
SONCINO, v. du roy. d’Italie, située dans la province etâ 10 kil. N.-O. de Crémone, sur l’Oglio; 6,601 hab. Les
SON
SON
Guelfes et les Gibelins de Toscane y firent la paix, en 1317, sous la médiation de Robert, roi de Naples. Sforza y battit les Milanais en 1440. Elle fut prise tour à tour par le prince Eugène et le duc de Vendôme, en 1720.
SONDE (Archipel de la), vaste archipel de la merde son nom, embrassant les îles méridionales de la Malaisie, dans un demi-cercle tourné vers le S.- O., et dont les extrémités du diamètre, l’ile Brasse au N.- O. et la Grande- Key à l’E., sont distantes de plus de 4,500 kil. Ces îles s’étendent entre 6° 4’ lat. N. et 11° 5’ lat. S., 92° 48’ et 131“ long. E. Les principales sont Java, Sumatra, Sumbava, Banca, Florès, Timor, Solor, Sabrao, Madura, Bornéo, Bali, Lombok, Sumba, etc.; 17,000,000 d’hab. Presque toutes aux Hollandais.
sonde (Mer de la) ou de Java, mer qui baigne l’Archipel de son nom, communique par des détroits avec celles de Célèbes , des Indes , et des Moluques.
sonde (Détroit de la) , détroit compris entre les îles de Java et de Sumatra, unissant la mer des Indes à celle de la Sonde; 130 kil. de long sur 100 à 30 de large.
SONDKRBOURG, v. des Etats prussiens (prov. de Slesvig-Ilolstein), sur la côte O. de l’ile d’Alsen, à 45 kil. N.-E. de Slesvig-; 3,894 hab. Ane. château. Ch.-l. de cercle dans la régence de Slesvig.
SONDERBUND, c. -à-d. ligue séparative, nom donné en 1846 à une association formée par 7 cantons catholiques de. la Suisse (Fribourg, Lucerne, Schwytz , Unterwald, Uri , Valais, Zug), pour résister à la Diète fédérale, qui avait prescrit l’expulsion des Jésuites, Liguoriens, et autres congrégations religieuses. Le général Dufour la réduisit à se dissoudre presque sans effusion de sang. V. Crétineau- Joly, Histoire du Somlerbund , 1850.
. SONDERSHAUSEN, v. d’Allemagne, ch.-l. de la principauté de Schwarzbourg-Sondershausen , au confluent de la Wipper et de la Bébra, à 60 kil. N.-O. de Weimar;
5.200 hab. Beau château princier, avec un riche cabinet d'antiquités. Gymnase, école d’arts et métiers. Aux environs, eaux sulfureuses de Gunthersbad. Soubise y battit, en 1758, les Anglais, les Hanovriens et les Hessois.
SONDRIO, v. du roy. d’Italie, ch.-l. de la prov. de son nom ou de la Valteline, et située près de l’Adda, rive droite, à 155 kil. N -N.-E. de Milan; 5,253 hab. On remarque la cathédrale. Aux environs sont les eaux minérales île Vas in o, très-fréquentées. — La province de Sondrio, située sur la frontière suisse, renferme 105,922 hab. Elle comprend la Valteline et les Vais de San-Giacomo et de Bregaglia. Sous le 1er Empire français, elle formait le département de l’Adda, dans le royaume d’Italie.
SONE (La), vge (Isère), arr. et à 6 kil. S -O. de Saint- Marcellin; 773 hab. Restes d’un ancien château; filature, papeterie, aciérie.
SONGEONS, ch.-l. de canton (Oise), arr. et à 25 kil. N.-O. de Beauvais, sur la rive g. du Thérain; 1,109 hab. Fabr. d'instruments d’optique.
SONGES ( Les ), enfants du Sommeil et de la Nuit, selon la Fable. Il y en avait de vrais et de faux : les premiers sortaient des Enfers par une porte de corne , les seconds par une porte d’ivoire.
songes ( Oracles par les ) chez les Anciens. Le consultant venait dormir dans le temple du dieu qu’il voulait consulter, et son sommeil était préparé par des dispositions qui avaient quelque chose de mystérieux; souvent on le faisait coucher sur des peaux de victimes. Pour certains oracles, il fallait se préparer à la consultation par un jeûne. Quelquefois c’étaient les prêtres qui , en dormant sur des billets cachetés , contenant le sujet de la consultation , avaient des songes prophétiques. Le pl us fameux des oracles rendus par des songes était celui de Trophonius ( V. ce mol).
SONNENBERG, v. de la Saxe-Meiningen , à 54 kil. E -S.-E. de Meiningen ; 3,600 hab. Fabr. de tablettes et crayons d’ardoise , billes en pierre et en marbre , coffrets en bois , menue quincaillerie , jouets d’enfants.
SONNENBU1ÎG , v. des Etats prussiens (Brandebourg), à 28 kil. N. -N.-E. de Francfort-sur-l’Oder, sur la Wartha;
3.200 hab. Ane. château de l’ordre de Malte, converti en maison de détention.
SONNERAT (Pierre), célèbre voyageur, né à Lyon vers 1745 , m. à Paris en 1814 , était parent de Poivre ( V. ce met ) , intendant de l’Ile de France, alla le rejoindre en 1768, et consacra toute sa vie à des voyages et à des observations sur l’histoire naturelle. 11 importa aux iles de France et de Bourbon le rima ou arbre à pain, le cacao, le mangoustan , etc. On lui doit : Voyage à la Nouvelle-Guinée , Paris , 1776, in-4° , 120 fig. ; Voyage aux Indes orientales et à la Chine , fait depuis mi jusqu'en 1781, ibid. , 1782, 2 t oi. in-4“, fig., et, avec additions de Sonnini, 1806, 4 vol.
in-8“. Ces voyages, qui comprennent aussi des observations sur les mœurs et les coutumes des habitants , sont trèsintéressants et fort exacts jusque dans les figures.
SONNINI de manoncourt ( Ch.-Nicolas-Hgisbert ) , voyageur et naturaliste, né à Lunéville en 1751, m. à Paris en 1812 , était fils d’un receveur des finances du roi Stanislas, se lia , très-jeune, avec Buffon , qui encouragea son goût pour les recherches d’histoire naturelle , fut d’abord avocat à Nancy, puis entra dans la marine , et, de 1772 à 1780 , visita Cayenne , l’Afrique occidentale depuis le cap Blanc jusqu’à Portudal, l’Egypte et la Grèce, et montra dans ces voyages une rare énergie et beaucoup de sagacité. Rentré en France, il rédigea, dans V Histoire naturelle de Buffon, les articles d’ ornithologie étrangère. Ruiné par la Révolution , il publia en 1802 une Bibliothèque physico-économique , en même temps qu’une édition de Buffon, avec continuation , 1799-1808, 127 vol. in-8“, et, en 1810, alla voyager dans la Moldavie et la Valachie. Il a laissé : Voyage dans la Haute et Basse-Egypte , Paris, 1799, 3 vol. in-8° et atlas ; Voyage en Grèce et en Turquie , ibid. , 180] , 2 vol. in-8° et atlas.
SONORA, v. du Mexique au N.-O., ville du départent, de son nom, à 70 kil. S. d’Arispe ; 6,500 hab. Evêché. — Le dép. de Sonora est situé entre les États-Unis (district d’Arizona) au N., le golfe de Californie à PO., les départent. de Cinaloa au S., de Chihuahuaà l’E. Ch.-l. Los Urée. 11 tire son nom de la riv. de Sonora, et formait la plus gr. partie de l’anc. État de Sonora-et-Cinaloa ; 140,000 hab.
sonora-et-cinadoa, anc. État du Mexique, entre les États-Unis (district d’Arizona) au N., le golfe de Californie à l’O., l’État de Jalisco au S., ceux de Durango et de Chihuahua à l’E. ; par 22‘,-32° 30' lat. N., et 107°— 117° long. O. ; 300,000 kil. carr. environ ; 300,000 hab. Ch.-l., Villa-del-Fuerte; v. princip. : Arispe , Rosario , Sonora, Cinaloa. Sol montagneux , arrosé par le Sonora ou Yaqui , l’Asuncion , le Pedro, etc. , fertile le long des rivières, mais abandonné en friches partout ailleurs. Mines d’or trèsabondantes. Parmi les peuplades indigènes , on distingue les Yaquis, féroces et belliqueux. — En 1830 , cet Etat a été divisé en deux départements , Sonora au N. , et Cinaloa au S.
SONSECA, v. d’Espagne (Nouvelle-Castille) , prov. et à 22 kil. S. de Tolède; 4,650 hab. Savons, draps, eauxde-vie.
SONSONATE (Santissima-Trinidad de), en mexicain Zezontlatl, v. de l’Amérique centrale, dans la république et à 90 kil. O. de San-Salvador; 4,000 hab. Son port, sur le Grand-Océan, est un des entrepôts du commerce de l’Amérique centrale.
SONTAG ( Henriette ) , cantatrice , née à Coblentz en 1805, de pauvres comédiens nomades, m. en 1854, débuta dès l’âge de 6 ans à Darmstadt dans l’opéra de la Fille du Danube, et, tout en jouant des rôles d’enfant à Prague, étudia la musique vocale , le chant , et surtout les secrets de la vocalisation. En 1820 , elle aborda avec succès le rôle de la princesse de Navarre dans Jean de Paris , opéra de Boïeldieu. Après s’être perfectionnée à Vienne par les conseils de Mme Mainvielle-Fodor, elle fut engagée à Leipzig, où elle créa le Freyschütz et V Eruyanthe de Weber, puis à Berlin , vint au Théâtre-Italien de Paris en 1826, excita le plus vif enthousiasme dans le Barbier de Séville , Don Juan, la Donna delLago, Sétniramis , Tancrède, etc., remporta à Londres des triomphes aussi éclatants, et renonça au théâtre en 1830, par suite de son mariage avec le comte de Rossi. Anoblie parle roi de Prusse, elle régna dans les salons aristocratiques par les grâces de son esprit et la dignité de sa conduite. Des revers de fortune, en 1848, la déterminèrent à reparaître sur les scènes de Londres et de Paris, 1849-50. Elle passa ensuite en Amérique, et mourut du choléra à Mexico , au moment où elle avait amassé de nouvelles richesses. M11* Sontag possédait un soprano trèsétendu, d’un timbre charmant, d’une égalité parfaite , et d’une rare flexibilité. B.
SONTHONAX (Léger-Félicité) , né à Oyonax (Bugey) en 1763 , m. en 181 1 , était avocat au Parlement de Paris quand la Révolution éclata; il en adopta les principes avec enthousiasme , et fit partie de la commission envoyée à Sl-Domingue pour faire exécuter la loi sur l’égalité politique des affranchis. Les Nègres s’étant révoltés , Sonthonax, qui se trouvait dans une situation très-critique, proclama la liberté générale des esclaves. Dénoncé par les colons , attaqué dans la Convention , il fut rappelé en France, et parvint à se justifier. Renvoyé à S'-Domingue en 1796 comme chef d’une nouvelle commission civile, il poursuivit l’ancienne classe des affranchis pour assurer la politique inintelligente du Directoire contre eux, se débar-
SOP
SOP
rassa de ses collègues , se fit élire député de la colonie au conseil des Cinq-Cents , et , agissant en dictateur, nomma Toussaint-Louverture général en chef de l’armée coloniale. Toussaint devint alors plus puissant que lui , et le força de retourner en France sous prétexte d’y remplir son mandat de député. Après le 18 brumaire, Sontlionax, qui avait toujours été lié avec les Jacobins , fut exilé de Paris par le 1er consul , et mourut dans l’obscurité. B. A.
SONTIUS, nom anc. de I’Isonzo.
SOPHÈNE , région de l’anc. Arménie, au S. -O., entre l’Euphrate au N. et à l’O., la Mésopotamie et le Tigre au S., la Gordyène à l’E.; capitale, Arsamosala.
SOPHIA ou SOFIA, en bulgare Trioditza, v. delà Turquie d'Europe (Nissa), sur la Bogana, à 570 kilom. O.-N.-O. de Constantinople, 220 S.-E. de Nissa, 235 S. de Widdin, près des monts Balkans; 40,000 hab. Ch.-l. de livah; archevêché grec; évêché catholique. Ville mal bâtie, avec 23 mosquées, plusieurs églises, et de beaux baears. Fabr. de draps, soieries , lainages, tabac, cuirs. Aux environs, eaux thermales fréquentées, bondée par Justinien sur les ruines de l’anc, Ulpia Sardica; patrie de l’empereur Galérius , dont l’édit pour mettre fin à la persécution des chrétiens est appelé Edil de Sardique. Un concile y fut tenu contre les Ariens, en 347. — Le livah de Sophia, entre ceux de Nissa et de-Leskowatz à l’O., de Ghiusteudil et de Samakowo au S., les eyalets d’Andrinople et de Widdin à l’E. et au N., correspond aune partie de l’ancienne Mésie.
sophia, v. de la Russie d’Europe, gvtetà31 kil. S. de S*-l’étersbourg, prés du palais impérial de Tzarskoé-Sélo ; 000 hab. — Fondée en 1785 par Catherine II, elle n’a pas prospéré.
SOPHIE (Sainte), veuve qui subit le martyre à Rome sous l’empereur Adrien, avec ses trois filles, auxquelles elle avait donné les noms des vertus théologales ( Sle Foi, S,e Espérance, Sle Charité). Fête, le 1er août. Une magnifique église, auj. convertie en mosquée, lui fut consacrée à Constantinople par les empereurs Constantin le Grand, Constance, Arcadius, Théodose le Jeune, et Justinien l'a-.
Sophie, femme de l’empereur Justin II. Ambitieuse comme sa tante Théodora, femme de Justinien 1er, ene porta son mari au trône en 565, régna en son nom, le détermina à s’associer Tibère , capitaine des gardes, et, par son arrogance, poussa Narsés à se révolter en Italie. Quand Tibère eut pris la couronne après la mort de Justin II, elle songea à l’épouser; trompée dans son espoir, elle conspira contre lui, et fut reléguée dans son palais.' S,
Sophie, princesse russe, fille d’Alexis Mikhaïlovitch, née à Moscou en 1657, m. en 1704, excita, à la mort de son frère Fédor III, 1682, une révolte des Strélitz, dans le but d’associer à Pierre le Grand Ivan V, et de gouverner elle-même au nom de ces deux princes, ses frères. Elle administra pendant 7 ans, avec son favori Galitzin, eut peu de succès dans une guerre contre les Turcs, mais imposa aux Polonais le traité de Moscou, en 1636. L’ambition de Pierre le Grand croissant avec l’âge, Sophie voulut encore s’appuyer sur les Strélitz ; mais cette garde fut domptée, 1689 ; Pierre fit enfermer sa sœur dans un cloître, et l’on croit qu’elle périt plus tard par le poison. Ce fut elle qui fit donner aux Russes les premières représentations théâtrales. b.
Sophie-charlotte, reine de Prusse, née en 1668, m. en 1705, épousa Frédéric I«f en 1684, protégea les lettres et les sciences, et concourut à la fondation de l'Académie de Berlin.
sophie-dorothée, reine de Prusse, née en 1687, m. en 1757, femme de Frédéric-Guillaume Ier, fille de George Ier, roi d’Angleterre, et mère du grand Frédéric, fut, malgré ses vertus, malheureuse avec son époux.
SOPHIE-WTLIIELMINE. V. BA1RETJTH.
SOPIIIS on SOFIS, c.-à-d. mystiques, nom donné généralement en Orient à tous ceux qui mènent une vie ascétique, et particulièrement à une secte musulmane, fondée au vin® siècle par Abou-Saïd-Aboul-Chéir, et auj. trèsrépandue dans la Perse et dans l’Inde. La doctrine de cette secte a été exposée par Azeddin , sofi du xne siècle, dans un ouvrage intitulé Fruits et Fleurs, trad. en français par Garcin de Tassy, Paris, 1821.
SOphis, dynastie persane qui succéda à celle des Turcomans du Mouton-Noir, 1499-1736, fournit 13 souverains ( l . Perse). Ismaïl , son fondateur, descendait d’un sofi ou mystique, célèbre du temps de Tamerlan , et qui prétendait etre issu d’Ali.
SOPHISTES, dénomination primitivement honorable, et
désignant les interprètes et les panégyristes des poètes, qui, s’attachant de préférence à la science du rhythme et de l’harmonie, contribuèrent à faire passer dans Pane, prose grecque les avantages de la poésie, en donnèrent les préceptes, et travaillèrent à les réduire en art. Depuis Socrate, elle devint injurieuse, et fut appliquée à ces rhéteurs philosophes, tels que Gorgias, Protagoras, Prodicus, Hippias, Elis, Polus, Euthydème, etc., qui vendaient fort cher l’art de disserter sur toute matière, de soutenir le pour et le contre avec une égale apparence de vérité, et érigeaient le doute en système. Socrate fut le constant, adversaire de ces charlatans de la science. — Sous les empereurs romains, le nom de Sophistes reprit faveur; il désigna une classe de littérateurs qui , indépendamment du talent de parler et d’improviser, s’occupaient de cc que nous appelons belles-lettres, à l’exception cependant de la poésie, traitant des sujets imaginaires , et faisant lecture publique de leurs déclamations. B.
SOPH1TIDE ou SOPITIDE, Sophitis ou Sopilis, contrée de l’Inde, près des sources de l’Hydraote et de l’Hyphase.
SOPHOCLE , célèbre poète tragique de la Grèce, né à Colone , bourg voisin d’Athènes , en 498 ou 495 av. J.-C., m. en 405. Après avoir débuté par des poésies lyriques, dont il n’est rien resté, il concourut, en 463, pour le prix de la tragédie, et l’emporta sur Eschyle. Dans la suite, il fut vingt fois vainqueur, et jamais il ne descendit au 3e rang. Le succès éclatant d’une de ses tragédies ( Antigone ) lui valut le singulier honneur d’être élu stratège de l’armée envoyée en 440 contre Samos. Sophocle eut une belle et féconde vieillesse : octogénaire, il produisit encore plus d’un chef-d’œuvre. Accusé, dit-on, d’imbécillité (on ne sait à quelle occasion) dans les dernières années de sa vie par un de ses fils, Jophon, qui voulait le faire interdire : « Si je suis Sophocle, dit-il à ses juges, je ne puis délirer, et si je délire, je ne suis point Sophocle ; » puis il leur récita le beau chœur consacré à l’éloge de Colone dans son OEdipe à Colone, l’un des derniers fruits de sa vieillesse. — Des tragédies fort nombreuses que composa Sophocle, 7 seulement , données dans les 35 dernières années de sa vie, nous sont parvenues ; mais nous possédons peut-être les six plus belles. Ces pièces sont : 1° OEdipe roi, la plus dramatique de tout le théâtre ancien : c’est le tableau des crimes involontaires d’Œdipe, meurtrier, sans le savoir, de son père Laïus, et marié, encore à son insu , à sa mère Jocaste, dont il a eu quatre enfants ; informé de la terrible vérité par une suite de révélations qu’amène le hasard , il exécute sur lui-même l’arrêt qu'il a prononcé d’avance contre l’auteur des maux que souffre Thèbes, et s’exile après s’être crevé les yeux. Cette tragédie a été imitée par Sénèque, P. Corneille, Voltaire, qui seul a réussi, et M.-J. Chénier; 2» OEdipe à Colone, ou l’expiation des crimes d’Œdipe par ses malheurs mêmes, et sa réconciliation avec les dieux, qui lui accordent une mort paisible et miraculeuse dans le sanctuaire des Euménides, où l’a guidé sa pieuse fille Antigone ; cette pièce a été imitée par Ducis et par M.-J. Chénier, et mise en opéra par Guillard; 3° Antigone, ou dévouement de cette fille d’Œdipe pour son frère Polynice, à qui Créon refuse les honneurs de la sépulture ; Sénèque l’a imitée sous le titre de Thébuide, et Stace sous la forme d’un poème épique qui porte aussi le nom de Tkébaïde ; Garnier, Iîotrou , Alfieri, l’ont remise au théâtre; 4° les Trachiniermes, ou la mort d’Hercule sur le mont Œta près de Trachine; c’est la moins bonne des pièces de Sophocle, mais elle renferme des beautés de détail : le rôle de Déjanire est intéressant; V Hercule mourant de Sénèque et celui de Rotrou sont des imitations détestables de cette tragédie; Ovide ( Métamorphoses, liv. ixj, et Fénelon ( Télémaque, liv. xii ), l’ont mise en l'écit avec beaucoup de goût, principalement le dernier; 5° Philoclète, pièce très-connue par l’admirable imitation de Fénelon dans son Télémaque (liv. xn ), et que Sophocle composaà85 ans. Auxvme siècle, La Harpe, après Châteaubrun et Ferrand, en a ftiit pour notre théâtre une assez froide imitation ; 6U Ajax, ou frénésie, désespoir et suicide de ce héros, vaincu par Ulysse dans le débat relatif à l’héritage desarmes d’Achille ; Poinsinet de Sivry en a donné sur la scène française une imitation pâle et sans goût; 7° Electre, ou vengeance de la mort d’ Agamemnon par le double meurtre de Clytemnestre et d’Egisthe ; c’est le même sujet que les Cnéphores d’Eschyle et que T Electre d’Euripide ; il a été traité en France par Crébillon, Longepierre, Voltaire (qui l’intitula Oreste, à cause du rôle plus important qu’il donna à ce personnage), Ducis, Guillard (pour l’Opéra), Rochefort, et Soumet ; en Italie, par Alfieri. — A Sophocle se rattache une révolution importante dans l’art dramatique : il donne uns