‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 53 sur 864 · LEA · texte numérisé non relu

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l’histoire ancienne de l’Asie. Les voyageurs y trouvent toujours le meilleur accueil. Lord Byron y apprit 1 arménien. C — A.

LAZARET , nom qui désignait primitivement un hospice de lépreux, placé sous l’invocation de S< Lazare, et qu’on applique aux bâtiments isolés où l’on fait faire quarantaine aux hommes et aux marchandises arrivant de pays infectés ou soupçonnés de contagion.

LAZARISTES ou PRÊTRES DE LA MISSION, congrégation fondée en 1625 par saint Vincent de Paule pour former des missionnaires , approuvée par le pape Urbain VIII en 1632, et ainsi nommée parce qu’on l’établit à Paris dans une ancienne maison des hospitaliers de S*-Lazare. Le général devait être Français et résider à Paris. Le couvent de Sl-Lazare était aussi une maison de force, où l’on enfermait les jeunes gens de mauvaise conduite. Les Lazaristes continuent de prêcher dans les pays étrangers ; ils dirigent aussi les séminaires de plusieurs diocèses.

LAZIQUE , Lazica, partie de l’anc. Colchide, au S. du Phase et au N. de l’Arménie. Ses habitants étaient appelés Lazes. L’an 554, les Perses et les Grecs s’en disputèrent vivement la possession. Un peuple de la région caucasienne de l’empire russe porte encore auj. le nom de Lazes; il est féroce, vit de rapines et de brigandages.

LAZLoE, v. du roy. d’Italie (Vénétie), sur le lac de Garda, province et à 21 kil. S. -O. de Vérone; 2,200 hab. Vieilles fortifications.

LAZZAR1 iDonato). F. Bramante.

LAZZARO-DEGLi-ARMENL V. Lazare (Saint-).

LAZZARONI , nom de la populace de Naples, en général, et qui signifie de grands Lazaret, par similitude avec leur patron, le Lazare de l’Evangile, type de la pauvreté et du dénûment. Autrefois les Lazzaroni étaient des fainéants, à peine vêtus, ne travaillant que tout juste pour ne pas mourir de faim, se reposant, quand, en quelques heures, ils avaient gagné de quoi vivre quelques jours, et couchant le soir, en plein air, dans de grands paniers. Vers la fin du xvm® siècle, ils formaient une population de 40,000 individus environ , qui se choisissait un chef lazare, capo lazaro. Masaniello (V. ce nom) l’était, quand éclata l’émeute de 1647. En 1798, les Lazzaroni, armés par le cardinal Ruffo, essayèrent de défendre Naples contre l’armée française et le général Championnet. Auj. les Lazzaroni , au moins ceux du port, sont actifs et occupés ; ils ne vont plus quasi-nus, comme jadis, mais portent une chemise, un caleçon de toile, et, l’hiver, un gilet long à manches et à capuchon de gros drap brun. Us sont locataires et paroissiens.

LEA, riv. d’Angleterre, naît à Luton (Bedford), coule à l’E.-S.-E. et au S. par le comté de Hertford , arrose Hertford, Ware, Waltham, sépare les comtés de Middlesex et d’Essex, et se jette dans la Tamise à Blackwall , au-dessous de Londres ; cours de 65 kil.

LEACHMAREl’OINT, faubourg de Boston (Massachusetts), joint à cette ville par un pont sur la riv. Charles; 7,590 hab. Verreries considérables, savonneries; immense abattoir.

LEADH1LLS , v. d’Ecosse (Lanarlc), à 65 kil. S.-E. de Glasgow, sur un massif de montagnes, le plus élevé du S. de l’Ecosse 842 habit. Alines de plomb, les plus riches d’Ecosse. Patrie d’Allan Ramsay.

LEÆNA , hétère athénienne , maîtresse d’Aristogiton , se coupa la langue avec ses dents, pour ne rien révéler de la conspiration de son amant. On lui érigea un monument qui représentait une liotine sans langue à côté d’une image de Vénus.

LEAM1NGTON , jolie v. du centre de l’Angleterre, sur la Leam , affl. de l’ Avon , dans le comté et à 5 kil. E. de Warwick; 12,864 hab. dans la paroisse. Sources minérales, bains très-fréquentés. Belle église gothique, théâtre, musée, jardins publics.

LEANDRE, jeune grec d’Abydos, fut aimé de Héro, prêtresse de Vénus à Sestos; pour l’aller voir, il traversait tous les soirs l'Hellespont à la nage ; un flambeau allumé par elle sur une tour élevée lui servait de phare* Léandre se noya pendant une tempête ; Héro désespérée se précipita dans la mer. Les Amours de Héro et de Léandre ont été chantés par Musée.

léandre (Saint), archevêque de Séville, né à Carthagène vers 540, m. en 596, était frère de S1 Isidore. Il combattit l'arianisme, couvertit plusieurs princes wisigoths, fut exilé par le roi Léovigildc, et, rappelé par Récarède, présida en 589 le 3e concile de Tolède. Fête, 27 février et 13 mars. On a de lui : Liber de institutions virginum et contcmplu mvndi , Rome, 1661, in-4®. On attribue â S* Léandre la liturgie mozarabique.

LÉARQUE. V. Atiiamas.

LÉBADÉE, Lebadea, anc. v. de Béotie, au S. -O., près de Chéronée et de l’Hélicon. Auj. Livadie. — Près de là était le bois de Trophonius.

LE BAILLEUL, vge (Orne), arr. et à 10 kil. N. d’ Argentan ; 774 hab. Berceau de la famille des Baliol ou Bailleul qui régna en Ecosse.

LE BAILLI | Ant.-François) , fabuliste, né à Caen en 1756, m. à Paris en 1832, abandonna le barreau pour les lettres. On a de lui des Fables nouvelles, Paris, 1784, 1 vol. in-12, qui ont de l’élégance et de la bonhomie, et lui ont fait un nom parmi les fabulistes que l’on cite après La Fontaine. Il a aussi donné divers opéras, Corisandre, 1792 ; OEnone, 1812; Diane et Endymion, 1814, etc.

LEBANON, v. des Etats-Unis ( Pensylvanie), à 110 kil. N.- O. de Philadelphie; 6,197 hab.

lebanon (NEW-), brg des Etats-Unis (New-York) , a 40 kil. S.-E. d’Albanv ; 3,000 hab. Eaux thermales.

LEBARB1ER (Jean-Jacques-François), peintre, né a Rouen en 1738, m. à Paris en 1826, membre de l’Institut en 1816, a laissé beaucoup de vignettes et de dessins. Il en a fourni pour l’édition de Gesner, 1786-93, 3 vol. in-4°. Parmi ses tableaux, on distingue : Sully aux pieds de Henri IV, aux Gobelins; l'Apothéose de St Louis et St Louis prenant l’oriflamme, à S1 Denis; Jupiter sur le mont Ida, à Versailles; Aristomène, au château de Compiègne; un Christ, à la cathédrale de Sens; le Siège de Nancy, à l’hôtel de ville de Nancy.

LEBAS (Jacques-Philippe), graveur, né à Paris en 1707, m. en 1783 , fut admis à l’Académie de peinture en 1743, et reçut, sous Louis XVI, 1782, le titre de graveur du roi. Son burin est facile et brillant. Il est le premier qui, après Rembrandt, ait fait un grand usage de la pointe sèche. Il reproduisit les tableaux de bons maîtres, Berghem, VVouwermans, Van Ostade, Téniers et Vernet. 11 a gravé aussi d’après ses propres compositions ; on cite les Réjouissances flamandes, les OEuvres de miséricorde, l’ Enfant prodigue, David Téniers et sa famille. On lui doit encore quelques gouaches d’une couleur vigoureuse et d’un effet piquant. Il a formé des élèves distingués, Lemire, Gaucher, Laurent, etc.

lebas (Philippe-Franç.-Joseph), né en 1765 àFrévent ( Pas-de-Calais), m. en 1794, fit ses études à Paris, au collège de Montaigu, fut reçu avocat au parlement en 1789, représenta les habitants deSl-Pol à la Fédération de 1790, fut nommé administrateur de son département, membre de la Convention en 1792, y vota la mort de Louis XVI, fut commissaire de l’Assemblée à l’armée de Sambre-et- Meuse, devint membre du comité de sûreté générale, surveilla l'école de Mars établie dans la plaine de Sablons, défendit, au 9 thermidor, Robespierre son ami, fut arrêté avec lui, conduit à la Force, délivré par la multitude, et se tua d’un coup de pistolet à l’hôtel de ville, au moment d’être saisi de nouveau.

LE BATTEUX. V, Battedx.

LEBAUD (Pierre), doyen de S*-Tugdual de Laval, aumônier de la duchesse Anne de Bretagne, est auteur d’une Histoire de Bretagne, publiée par d'FIozier, Paris, 1638, in-fol., et encore estimée aujourd’hui. Il avait consulté les titres déposés dans les chapitres, abbayes, communautés et archives du pays.

LEBBEIvE, v. de Belgique (Flandre orientale), à 5 kil. S.-E. de Termonde ; 4,000 hab. Brasseries, huileries, tan-

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LEBDA. V. Lébida.

LEBÊ ( Guillaume |, graveur et fondeur de caractères d’imprimerie, né à Troyes en 1525, m. à Paris en 1598. A l’âge de 20 ans, il grava à Venise plusieurs caractères hébraïques. Revenu à Paris en 1539, il fut choisi par François Ie»" pour graver et fondre les caractères orientaux dont Robert Estienue fit usage. En 1561 , sa fonderie, augmentée des poinçons et matrices de Garamond , était la plus célèbre de l'Europe. Par ordre de Philippe II, Plantin imprima avec les caractères de Lebé la Polyglotte d'Anvers, 1569, 6 vol. in-fol. — Son fils, Guillaume II, né en 1570, créa, en 1604, un gros caractère arabe qui existe encore à l’Imprimerie impériale. C — s.

LE BEAU (Charles), professeur, historien et poëte latin , né à Paris en 1701 , m. en 1778, fit ses premières études au collège Sl®-Barbe , sa rhétorique au collège des Grassins, et compléta son instruction au collège du Plessis. A 26 ans, il y occupa la chaire de seconde; comme lo collège du Plessis imposait le célibat à ses professeurs, il le quitta pour la chaire de rhétorique au collège des Grassins. Le cardinal de Polignac ayant laissé inachevé son Anti-Lucrelius, Le Beau en remplit les lacunes, l’acheva

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et l’édita en 1747; on ne sait ce qui est de lui. En 1748, admis à l’Académie des Inscriptions, dont il fut secrétaire perpétuel, il y donna régulièrement les Mémoires imposés par le règlement, et, entre autres, vingt -six Dissertations sur la légion romaine. Il fit aussi les Éloges historiques des académiciens morts pendant qu’il était secrétaire. En 1752, il fut nommé professeur d’élouuence au Collège de France. En 1757, il donna les deux premiers volumes d’une Histoire du Bas-Empire, qui, au moment de sa mort, en comptait 22. Ameilljon continua l’ouvrage jusqu’au 27e volume, en 1811. La meilleure édition est celle de Saint-Martin, Paris, 1829-33, 21 vol. in-8°. Consciencieusement érudit, Le Beau est aride, terne et fatigant. Quoique écrivain habile et correct , il n’a pu éviter la monotonie et le défaut d’unité. Il avait suivi la voie ouverte par Rollin, en écrivant son ouvrage en français, ce qui passait alors pour une nouveauté dans l’Université, où l’on n’écrivait guère qu’en latin. Malgré ses recherches étendues et un sens critique assez remarquable, Le Beau fut peu lu. La célébrité lui vint, après sa mort, de ses ouvrages latins, qui sont: Carmina et Orationes , 1782, 3 vol. in-8°, vers, amplifications et harangues, renfermant une grande variété de sujets, dans une latinité toujours élégante , quoique un peu maniérée. Il a mis aussi en vers hexamètres 22 fables de La Fontaine , qui ont donné lieu au Parallèle curieux des Fables en vers latins de M. Le Beau avec La Fontaine et tous les poètes latins qui ont traité les mêmes fables, 1785, 1 vol. in-8°. F. B.

LEBEDAH. V. Lébida.

LEBEDIAN , v.de la Russie d’Europe, près du Don, gvt et à 200 kil. O.-N.-O. de Tambov ; 3,000 hab. 4 foires importantes; courses de chevaux.

LEBEDIN , v. de la Russie d’Europe, sur l’Olchana, gvt et à 150 kil. O.-N.-O. de Kharkov; 10,325 hab. Eaux-devie de fruits; 50° 34' lat. N., 32° 9' long. E.

LEBEDOS, anc. v. d'Asie-Mineure (Ionie], sur la mer Egée, au N. de Colophon. On y célébrait, chaque année, de grandes fêtes en l’honneur de Bacchus. Lysimaque la détruisit et en transporta les habitants à Ephèse.

LE BEL (Jean) , né à Liège vers 1290, m. en 1370. Devenu chanoine de Liège après avoir servi sous Jean de Hainaut, seigneur de Beaumont, dans l’expédition d’Edouard III contre les Ecossais, il écrivit une Chronique, dont Froissart déclare s’être servi. On en a la première partie (1325-1340).

LEBERBERG , nom allemand du Jura.

LEBERON ( Montagnes de) , partie des Alpes du Dauphiné, dans le départ, des Basses-Alpes, le long de la Durance; 800 mèt. dans leur plus grande élévation.

LEBEUF (Jean), chanoine d’Auxerre, né da.is cette ville en 1687, m. en 1760, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres , a fait de savantes recherches sur notre histoire nationale. Parmi ses nombreux ouvrages, on distingue : Discours sur l'état des sciences dans l’étendue de la monarchie française sous Charlemagne, 1734, in-12; Recueil de divers écrits pour servir d'éclaircissements à l’histoire de France, 1738, 2 vol. in-12 ; Dissertations sur l’histoire ecclésiastique et civile de France, 1739-43, 3 vol. in-12 ; Histoire ecclésiastique et civile d'Auxerre, 1743, 2 vol. in-4°; Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, 1751, 15 vol. in-12. Le recueil de l’Académie des Inscriptions contient de lu; 46 Mémoires. B.

LÉBIDA, LEBEDAH ou LEBDA , v. d’Afrique (Tripoli ) , sur la Méditerranée. Ce n’est plus guère, depuis le vne siècle, qu’un amas de ruines de l’anc. Leptis Âlagna , qu’avaient fondée les Phéniciens, et qui était devenue une ville grande et si florissante par son commerce , que le tribut qu’elle payait aux Carthaginois s’éleva jusqu’à un talent (5,560 fr.) par jour. Rangée au parti des Romains, elle fut protégée et embellie par les empereurs, et surtout par Septime-Sévère, qui y était né. Il y avait encore en Afrique, dans la Byzacène, sur la côte, entre Adrumète et Thapsus, une autre Leptis, dite Leptis Parva ou Minor, Leptiminus, sur les ruines de laquelle est bâti le bourg de Lempta.

LEBIDI, vge de Grèce (éparehie de Mantinée). On y voit les ruiues d’Orchomène.

LEBLANC (Franç), numismatiste , gentilhomme dauphinois, m. ii Versailles en 1698 , a laissé : Dissertation sur quelques monnaies de Charlemagne , Louis le Débonnaire, Loihaire et ses successeurs , frappées à Rome, 1689, in-4°; Traité historique des monnaies de France , 1690 , in-4°, ouvrage qui ne contient que les monnaies des rois; une 2e partie , concernant les monnaies des seigueurs , est restée manuscrite. B.

LEBLOND (Jacques-Christophe), peintre en miniature,

né à Francfort en 1670, m. en 1741. Il tenta d’établir à Londres une manufacture de papiers de tapisserie , mais ne réussit point. Il inventa l’art d’imiter la peinture par la gravure, en imprimant l’une sur l’autre trois couleurs, le rouge , le jaune et le bleu, qui , par leurs combinaisons , produisaient des nuances plus nombreuses.

LEBNA. V. Labana.

LE BON ( Philippe ) , ingénieur des ponts et chaussées , eut l’idée , dès 1785 , de faire servir à l’éclairage les gaz qui se produisent pendant la combustion des bois. Il fit part de sa découverte à l’Institut en 1799, prit un brevet d’invention en 1800 , et publia le résultat de ses recherches dans un Mémoire intitulé : Thermolampes , ou poêles qui chauffent, éclairent avec économie , et offrent, avec plusieurs produits précieux , une force motrice applicable à toute espèce de machines , 1801. Il avait commencé par distiller le bois pour en recueillir le gaz , l’huile , le goudron , l’acide pyroligneux; mais son Mémoire indiquait la possibilité de distiller toutes les substances grasses. C’est au Havre que Le Bon établit ses premiers thermolampes ; mais le gaz qu’il obtenait, formé d’hydrogène carboné et d’oxyde de carbone , n’était poiut épuré , éclairait mal , et avait une odeur désagréable ; aussi ne fit-on pas une grande attention à sa découverte. Il alla ensuite organiser à Versailles, près de l’aqueduc de Marly , une fabrique d’acide pyroligneux.

le bon (Joseph ) , né à Arras en 1765, m. en 1795, était membre de la congrégation de l’Oratoire à la Révolution. Il en sortit alors à la suite de démêlés avec ses supérieurs , fut nommé curé de Neuville près d’Arras en 1791, maire d’Arras après le 10 août 1792, procureur-syndic du département du Pas-de-Calais , député à la Convention , établit dans sa ville natale, en 1793 , le régime de la Terreur, se distingua entre tous les proconsuls par ses cruautés et ses folies révolutionnaires, fut accusé devant l’Assemblée par les habitants de Cambrai après le 9 thermidor, condamné à mort par le tribunal criminel d’Amiens , et exécuté le 9 octobre 1795. B.

LE BOSSU (René) , critique, né en 1631 , chanoine-régulier de Sle-Geneviève, est auteur d’un Parallèle de la philosophie d'Aristote et de Descartes , Paris , 1674, in-12, et d’un Traité du poème épique, La Haye , 1714, in-8°. Il a le goût peu sûr , pose des principes souvent contestables , veut tout juger d’après Aristote ou la poétique moderne, et fait de l’art un véritable lieu commun.

LEBOUCHER (Odet-Julien ) , né à Bourey près de Coutanees en 1744, m. en 1826, fit de fortes études , et travailla sous les ordres de Bertin, contrôleur général. Parfaitement instruit des détails, il écrivit une judicieuse Histoire de la dernière giterre entre la Grande-Bretagne, les Etats-Unis d’Amérique , la France, l'Espagne et la Hollande, in-4°, 1787 , réimprimée en 2 vol. in-8°, 1830. J. T.

LE BOUVIER (Gilles), dit Berrxj , né à Bourges en 1386 , fut 1er héraut d’armes de Charles VIL On a de lui une Histoire de Charles VII depuis 1402 jusqu’en 1455, dont la plus grande partie semble appartenir à Alain Chartier, et une Description de la France, imprimée dans V Abrégé royal de l’alliance chronologique du P. Labbe , 1651 , in-4°.

LEBRET , v. de France. V. Labrit.

LE BK1GANT (Jacques), avocat, né à Pontrieux (Côtesdu-Nord) en 1720, m. en 1804, attira l’attention par un ouvrage intitulé : La langue primitive conservée, Paris, 1787 , in-4°, qui faisait dériver toutes les langues du celtique. Il prétendait établir des rapports entre le celtique , le chinois, le sanscrit, la langue des Caraïbes et celle de Taiti. Il avait déjà donné : une Dissertation sur les Brigants, peuple celte, 1762, in-8°; des Eléments de la langue des Celles, Strasbourg, 1779, in-8°; et plusieurs Mémoires. Il y avait de sérieuses recherches au milieu de ses exagérations. Il était aussi minéralogiste distingué. Marié deux fois, il avait eu 22 enfants; mais tous étaient morts ou aux ai'inées, quand son dernier fils fut aussi appelé. L’ami dévoué de Le Brigant, le célèbre La Tour d’Auvergne, remplaça ce jeune homme à l’armée de Sambre-et-Meuse, et y fut tué. A. G.

LEBRIXA. (Antoine de), en latin Nebrissensis , savant espagnol, né àLebrixa en 1444, m. en 1522, fut pour l’Espagne ce que Budé fut pour la France. Après un séjour de 10 ans en Italie, il revint en Espagne, avec l’intention d'y propager la littérature classique. Il fit des cours dans les universités de Séville , de Salamanque et d’Alcala , et publia des instructions sur les grammaires castillane, latine, grecque et hébraïque, qui contribuèrent singulièrement à dissiper la barbarie qui régnait dans les écoles. Ses principaux ouvrages sont : Instilutiones grammaticæ , livre très-rare , et le premier qui fut imprimé à Séville , 1481, in-fol. ; Grammatica sobre la langua castillana, Sala-

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manque , 1492 , in-4° , première grammaire espagnole qui ait été publiée ; Lexicon latino-hispanicum et hispano-latinum , ibid., 1492 , 2 vol. in-fol.,le premier dictionnaire qu’on ait eu en Espagne; Lexicon- artis medicamentariæ , Aleala , 1518 , imprimé à la suite d’un Dioscoride , et dont le but était de mettre en garde les jeunes gens contre les empiriques ; Juris cirilis lexicon, Salamanque, 1486 , in-fol., ouvrage qui a mérité à l’auteur le titre de premier restaurateur du droit civil. Lebrixa a travaillé à la magnifique Bible polyglotte de Ximénès, Aleala , 5 vol. in-fol., 1514- 1517. C. N.

lebrixa ou lebrija, anc. Nebrissa , v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 63 kil. S.-S.-O. de Séville , près de la rive g. du Guadalquivir; 11,000 liab. Belle église de style mêlé, gothique et roman. Huile d’olive.

LEBRUN (Charles), un des grands peintres de l’école française, né à Paris en 1619, m. en 1690, étudia sous Simon Vouet; dès l age de 15 ans il se fit remarquer des artistes. Le chancelier Séguier, son protecteur, l’envoya à Rome en 1642, où il l'entretint. Il y reçut les conseils du Poussin. De retour à Paris en 1648 , Lebrun se plaça au premier rang par trois tableaux de sainteté , le Crucifiement de St André , le Martyre de St Etienne et un Moïse frappant le rocher. Chargé par Fouquet des peintures du superbe château de Vaux, il reçut du surintendant une pension de 12,000 livres. Mazarin le présenta à Louis XIV, st Colbert le fit nommer premier peintre du roi en 1662 , puis directeur de tous le3 ouvrages de peinture, de sculpture et d’ornement dans les bâtiments de la couronne. Délivré, par la mort de Lesueur, d’un rival dangereux, investi d’une espèce de dictature sur les arts , il fut l’arbitre du goût, le dispensateur des commandes, le régulateur des modes, des étoffes, des meubles, des arcs de triomphe, des catafalques, et ne se montra pas toujours exempt d’orgueil et de despotisme envers ses confrères. Ses ouvrages servirent de modèles à ses élèves , et furent reproduits dans les tapisseries des Gobelins. Placé à la tête de cette manufacture, il devint encore recteur, chancelier, et directeur de l’Académie de peinture : quoique absent et étranger, il fut élu prince de l’académie de Sl-Luc à Rome. Mais, après la mort de Colbert, Lebrun fut en butte aux persécutions de Louvois, qui lui opposa Mignard et l’abreuva de dégoûts. Le caractère principal du talent de Lebrun est la richesse de la composition , la puissance de l’imagination; il brillait surtout dans l’allégorie et la mythologie : mais sa couleur est lourde, terne, monotone, tirant sur la brique ; son dessin est généralement mou , rond, lourd, et néanmoins ne manque pas de grandeur. Dans ses tableaux d’histoire ancienne, Lebrun est inexact et théâtral. Ses œuvres capitales sont les Batailles d'Alexandre , et la grande galerie du palais de Versailles représentant V histoire de Louis XIV depuis le moment où il gouverna par lui-même , jusqu’à la paix de Nimègue. Il travailla 14 ans à cet immense ouvrage. On cite encore de lui : le Christ aux anges , à Notre-Dame de Paris; la Mailedeleine aux pieds du Sauveur, tableau échangé en 1815 avec le tzar Alexandre Ier contre les Noces de Cana de Paul Véronèse ; le Massacre des Innocents , la Mort de Sénèque , la Madeleine pénitente. Beaucoup de ses tableaux ont été gravés par Audran, Edelinck et Leclerc. Lebrun s'est aussi exercé dans la gravure à l’eau-forte. On a de lui le buste de St Charles Borromée , l'Enfant Jésus à genoux sur la croix, et les Quatre heures du jour. Il a laissé deux ouvrages sur son art : Conférences sur l'expression des différents caractères des passions, Paris, 1667, in-4°; Traité de la physionomie, in-fol. Enfin, c’est à ses sollicitations qu’est due la création de l’Ecole française des Beaux-Arts à Rome. B.

lebrun (Denis), avocat à Paris, m. en 1708, est auteur d’un Traité de la communauté entre mari et femme, Paris, 1709, 1757, in-fol.; d’un Traité des successions, ibid., 1743, 1775, in-fol.; et surtout d’un travail plein d’idées neuves et ingénieuses sur la Tncorie des dommages-intérêts, qui a servi en partie de base aux travaux les plus récents en Allemagne et en France sur ce sujet. Ed. T.

lebrun de granvxlle ( Jean-Etienne ), littérateur, né à Paris en 1738, m. en 1765. On lui a faussement attribué la Wasprie, ou l'ami Wasp Fréron), 1761,2 vol. in-12, et l’Ane littéraire , ou les Aneries de maître Aliboron (Fréron), 1761 , in-12. Il a écrit la Renommée lilléj-aire, ouvrage périodique. 1762-3, 2 vol. in-12, et quelques Poésies.

lebrun I Ponce-Denis écouchard-), poète lyrique, né à Paris en 1729, m. en 1807, fils d’un serviteur du prince de Conti , fut élevé dans la maison de ce prince, montra, dès son enfance, des dispositions pour la poésie, et reçut des conseils de Louis Racine. A 18 ans, son bienfaiteur le ; nomma secrétaire de ses commandements, place qui lui j

laissa des loisirs pour les travaux poétiques, rêves de son avenir. Lebrun, après la mort du prince, perdit son titre et sa place , et se vit enlever, dans la banqueroute d’un grand seigneur, un petit capital , son unique fortune; il menait une existence très-précaire, lorsque le ministre De Calonne lui donna une pension de 2,000 livres. Lebrun, irascible, caustique, et d’une rare versatilité de caractère, se fit de nombreux ennemis parmi les gens de lettres; il attaqua le parti des philosophes, et Fréron, l’ennemi des philosophes, et publia contre ce dernier deux mauvais libelles, la Wasprie, 1761, 2 vol. in-12, et l’Ane littéraire, 1761, 1 vol. in 12. Quand la Révolution commença, il loua tour à tour de Calonne, la Terreur et Robespierre; il se montra, en paroles, du moins, fougueux démagogue, au point d'attaquer, dans une satire, la malheureuse reine Marie-Antoinette. Le Directoire le nomma membre de l’Institut, lors de la formation de ce corps; il se rallia au 1er consul, puis à l’empereur Napoléon Ier, dont il fut pensionné. Lebrun ne manquait cependant pas d’une certaine élévation de sentiments, et ce fut lui qui provoqua la bienfaisance de Voltaire en faveur de la petite-nièce de Corneille. Il jouit de son vivant d’une assez grande réputation, comme poète; ses amis lui décernèrent le surnom un peu exagéré de Bindare français. Aujourd’hui il est plus estimé que lu : son œuvre lyrique comprend 140 odes dans tous les genres, et b en peu sont citées par les connaisseurs. Cependant •< son talent lyrique est grand, dit M. Sainte-Beuve, quelquefois immense, presque partout incomplet... Son style a quelque chose de fort , de noble, de nu , de roide, de sec et de décharné ; l’accent déclamatoire y perce à tout moment. » La réputation de Lebrun est plus solide comme épigrammatiste : il a laissé plus de 600 épigrammes, remarquables par une verdeur franche, souvent acerbe, quelquefois gaie. On sent qu'il se délecte à la satire. On a encore de lui 4 livres <T Elégies, qui ont aussi une teinte satirique très-prononcée, et manquent de sensibilité ; deux livres d 'Epitres peu remarquables, excepté celle sur la bonne et la mauvaise plaisanterie, qui renferme beaucoup de vers très-bien frappés; deux poèmes inachevés, les Veillées du Parnasse, imitations de divers épisodes de Virgile ou d’Ovide, et la Nature, ou le Bonheur philosophique et champêtre. Ginguené a donné les OEuvres de Lebrun, 4 vol. in-8°, Taris, 1811, mais en retranchant ce qui pouvait nuire à la mémoire du poète.

LEBRUN (Mme) . V. VIGÉE.

lebrun ( Charles-François), duc de Plaisance, né en 1739 à S'-Sauveur-Landelin (Manche), m. en 1824, fut secrétaire du chancelier Maupeou, dont il dirigea le fils dans l’étude du droit, devint successivement censeur royal, payeur des rentes, inspecteur-général des biens de la couronne, et partagea la disgrâce de son protecteur. Retiré des affaires, il consacra ses loisirs à des traductions en prose, peu fidèles, mais élégantes, de la Jérusalem délivrée, 1774, 2 vol in-8°, et de l’Iliade, 1776, 2 vol. in-12, souvent réimprimées. Un remarquable écrit politique, la Voix du citoyen, qu’il publia en 1789, le fit nommer député aux Etats-Généraux. 11 y fit preuve de connaissances et d’habileté dans les finances, et, dans les débats sur la constitution , soutint le système anglais d’une double chambre. Après la session , il fut président du directoire de Seineet-Oise. Incarcéré en 1793 et en 1794 , rendu à la liberté après le 9 thermidor, il entra au conseil des Anciens. A la suite du coup d’Etat du 18 brumaire, auquel il avait contribué, il fut désigné par Bonaparte comme 3e consul. La réorganisation des finances et la création de la Cour des comptes furent en grande partie son ouvrage. Sous l’Empire, il fut créé archi-trésorier, duc de Plaisance, gouverneur de la Ligurie en 1805, reçut en 1806 la mission d’organiser l’Etat de Gênes en départements, et, en 1810, celle d’administrer la Hollande après l’abdication du roi Louis Bonaparte. En 1814, il ne signa point la déchéance de Napoléon 1er, mais adhéra au rappel des Bourbons, qui le nommèrent pair de France. Pendant les Cent-Jours, l’Empereur lui laissa ce titre, et lui donna encore celui de grand-maître de l’Université. La 2e Restauration en garda rancune à Lebrun, qui ne recouvra la pairie qu’en 1819. Cette même année, il compléta sa traduction d’Homère par la publication de l’ Odyssée . Lebrun était membre de l’Académie des Inscriptions depuis 1803. On lui a élevé une statue à Coutauces, sur la place du Palais-de- Justice eu 1847. B.

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