‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 521 sur 864 · SPE · texte numérisé non relu

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vers anglais de mesures différentes, donne pour chaque mois de l’année une pastorale; cette forme était le goût de l’époque; mais, puritain, ami de Sidney, de Leicester et d’Èssex, il en a fait une œuvre de polémique reli gieuse ; ses moutons sont les paroissiens, et ses bergers les ministres. La Heine des Fées est le poëme le plus connu de Spenser. Après le VIe livre, on n’a plus que deux fragments. Le 1er livre, le meilleur, représente un chevalier préservé par Una, l’Eglise protestante, des séductions de Duessa, l’Eglise catholique. Les IIe et 111e chants mettent en scène la Tempérance et la Chasteté ; les derniers contiennent surtout des allégories historiques : Elisabeth y est la Reine des Fées, Gloriana, ou la chasseresse Belphœbe. La meilleure édition de ce poëme est celle de Londres, 1751, 3 vol. in-8°. Les autres ouvrages de Spenser sont : le Conte Je la mère Ilubberd , satire contre les intrigants de la cour ou de l’Eglise; les Larmes des Muses, etc. Dans la Reine des Fées, Spenser a adopté la stance de 8 vers usitée en Italie ; il la termine par un alexandrin ; mais le besoin de rimes fréquentes est peut-être une cause des nombreux archaïsmes qui rendent son style peu facile à lire. Spenser avait écrit 9 comédies ; elles se sont perdues sans doute, avec les 6 derniers chants de la Reine des Fées. A. G.

spenser (John-Charles), comte et pair d’Angleterre, né en 1758, m. en 1834, porta le titre de lord Altliorp, fut premier lord de l’Amirauté, 1791-1800, puis secrétaire d’Etat de l'intérieur sous le ministère Fox et Grenville, et forma une très -riche bibliothèque au château d’Althorp ( Northamptonshire) .

SPENSER. V. aussi SUNDERLAND.

SPERANSKI (Michel Gramatine , comte) , célèbre homme d’Etat russe, né en 1772 à Tcherkoutina (Wladimir), m. en 1839. Fils d’un pope, il reçut, à 12 ans, de ses premiers maîtres le surnom de Spéranski , qu’il devait si bien justifier, finit ses études au couvent de S1- Alexandre Nevski à S'-Pétersbourg, y professa avec succès les mathématiques, la physique et la littérature, devint secrétaire du prince Alexis Kourakine, procureur-général (chef de la justice) , bientôt membre de commissions nombreuses, et joua un rôle actif dans celle instituée pour coordonner les lois de la Russie, prétendant concilier l’unité législative de l’Empire et la conservation des libertés provinciales. Il resta un instant à l’écart après la mort de Paul Ier ; mais, désigné â l’attention d’Alexandre Ier, il devint simultanément , en 1801, directeur de l’administration des affaires étrangères et d’une partie de l’administration de l’intérieur, avec voix délibérative dans le conseil de l’Empire. Pendant 7 ans, 1801-1808, il se signala par la réforme de l’administration de l’intérieur, dont il fit un vrai ministère, modèle de tous les autres, et où il créa un système d’avancement régulier dans les fonctions publiques. Il exhorta l’empereur à fonder une législation uniforme pour tout l’Empire, fut président de la commission législative, réorganisa le Conseil de l'Empire , en fut le secrétaire avec une infiuence supérieure à celle des ministres, et fut créé, 1810, secrétaire de l'Empire, chargé de remanier tout le système administratif. Il réprima beaucoup de scandales financiers, proscrivit le papier-monnaie, régla la perception de l’impôt , créa un contrôle pour les fonctionnaires, assura la condition des paysans libres, réforma les Universités, régla les examens, et tâcha de populariser l’instruction primaire.il voulait arriver à l’égalité devant la loi , à l’impôt proportionnel , à la destruction des privilèges pour l’admission aux emplois publics. Chargé d’administrer la Finlande, il s’attacha à faire respecter les lois et franchises de cette province, et lui conserva ses Etats nationaux, ce qu’il obtint également pour la Courlande, l’Esthonie et la Livonie. Calomnié, et représenté comme vendu à Napoléon , parce que, dans l’intérêt de ses réformes, il poussait à l’alliance française, l’invasion de 1812 hâta sa chute; pour mettre fin à la lutte prolongée dans le sein du ministère russe, il offrit sa démission, qui fut acceptée, et se vit même exiler en Sibérie, où il passa deux années. Dans son exil , il traduisit en russe V Imitation de J.-C. Un ukase l’appela, en 1816, au gouvernement de Penza; puis, en 1819, à celui de la Sibérie. Il y rédigea le Sibirslcye Ouslar (règlement général de la Sibérie j, qui sert encore de base à l’administration du pays. En 1822, il rentra à S'-Pétersbourg, fut nommé chef de la commission administrative de la Sibérie, et reprit rang dans le conseil de l’Empire. Nicolas Ier le chargea, en 1825, de coordonner les lois et les coutumes des Slaves. Spéranski, après un labeur de 7 ans, publia à S'-Pétersbourg, 1833, l’immense recueil du Sood Sakonov (Corpus juris Russie!), 15 vol. in-4o, contenant 42,298 articles. Le tzar lui en témoigna publiquement sa reconnaissance, en le décorant

de sa propre plaque de S'-André. Pour faire de ce premier travail un code plus régulier, Spéranski travailla 6 années encore, reçut le titre de comte en 1839, mais n’eut pas le temps de terminer sou oeuvre. Il ne s’était attaché qu’aux réformes administratives et civiles; ses Œuvres rappellent cette direction exclusive de son esprit. Spéranski a été chargé d’enseigner la science du droit au tzar actuel (Alexandre II). Il a laissé une fille (Mme de Bagréef- Spéranski) , dont les œuvres russes ou françaises ont plus d’une fois attiré l’attention publique. A. C.

SPERCHIUS, auj. Uellada, riv. de la Grèce ancienne (Thessalie méridionale), avait sa source dans le Piude, coulait de l’U. à l’E. , et afiluait au golfe Maliaque près d’Anticyre.

SPERLINGA, petite v. de Sicile (prov. de Catane), à 6 kil. O. de Nicosie, n’était qu’un château de 3e ordre quand elle offrit, en 1282, un asile aux Français fuyant le massacre des Vêpres siciliennes. C’est un proverbe de dire : Sperlinga a refusé ; 1,969 hab.

SPERON1 DEGLI ALVARÜTTI (Sperone), littérateur, né à Padoue en 1500, m. en 1588, fut l’ami de Pie IV et de Grégoire XIII, mais eut des démêlés avec l’Inquisition. On lui doit : la Canace, 1597, tragédie tirée des Epitres héroïques d’Ovide ; un dialogue sur la Discorde, imité de Lucien ; des dialogues sur la Vie active et la Vie contemplative, imités de Platon; quelques poésies lyriques; des commentaires sur l'Enéide, la Divine comédie et le Ro ■ land furieux; des Lettres, 1606. Ses Œuvres ont été réunies à Venise, 1740, 5 vol. in-4°, avec sa Vie par Forcellini.

SPESSART , massif montagneux d’Allemagne , entouré au S., à l’O. et à l’E. par le Neckar, et se rattachant du côté N. au Rhrengebirge, est presque entièrement compris dans la Bavière; point culminant : le Geyersierg (624 mèt.) . De vastes forêts de hêtres le couronnent.

SPETZIA, Tiparenus, île de Grèce, sur la côte E. de la Morée, à l’entrée du golfe de Nauplie; 9 kil. sur 5 ; 8,000 hab., pirates et pêcheurs. Sol presque stérile. — Au S. est l’ilot de Spetzia-Poulo (anc .Aristera).

SPEUS1PPE , philosophe athénien , neveu de Platon , lui succéda, en 347 av. J.-C., dans la direction de l’Académie, et mourut en 339. C’était un homme emporté, et enclin à la débauche. Sa doctrine , peu connue , paraît s’être rapprochée du pythagorisme. V. Fischer, De Speusippi vilâ, Rastadt, 1845, in-8° ; Ravaisson, Speusippi deprimis rerum principiis placita, Paris, 1838.

SPEY, riv. d’Ecosse, naît au lac de même nom ( Inverness), arrose le comté d’Elgin ou de Murray, qu’elle sépare de celui de Banff , et se jette dans la mer du Nord, au golfe de Murray, à 12 kil. N.-E. d’Elgin, après avoir reçu le Trim et l’Avon ; cours de 160 kil. Elle a une grande rapidité, est sujette à des débordements, et sert au transport des bois

SPEYER . nom allemand de Spire.

SPEZIA (La), v. du roy. d’Italie, ch.-l. de l’arrond. de Levante; port militaire et de commerce au fond du golfe de son nom, à 84 kil. S.-E. de Gênes; 11,005 hab. Lazaret. — Le golfe de La Spezzia (anc. Porlus Lunœ) , qui a 15 kil. sur 7 à son entrée, forme une rade magnifique et sûre, et est défendu par deux forts.

SPH ACTÉRIE , auj . Sphagia ou Prodona , petite ile de la mer Ionienne, boisée, inhabitée, en face de la côte de Messénie, vis-à-vis du port de Pylos. Célèbre par le siège qu’y soutinrent 420 Spartiates contre les Athéniens, à qui ils durent se rendre, 425 av. J.-C.

SPIIÆRIA , auj. Poros, ile de l’anc. Grèce, près de la côte de l’Argolide, tirait son nom de Spliærus, écuyer de Pélops, qui y fut inhumé.

SPHÆRISTERIUM , salle de paume dans les somptueuses maisons chez les anc. Romains.

SPIIAGIA. V. Spiiactérie.

SPIIAKIA. V. Sfakia.

SPHÉROMACHIE , Spheromachia, pugilat d’amusement chez les anciens Romains, et dans lequel les combattants avaient les poings enveloppés de petits sacs garnis de bourre ou de laine. C. D — y.

SPHETTE, brg de l’Attique, près d’Athènes.

SPHINGIA ou SPHING1US, montagne de Béotie, près de Thèbes , tirait son nom du Sphinx , qui y avait établi sa résidence. . , .

SPHINX, statue colossale, à corps de lionne, a tete et buste de femme, située à l’E. de la 2e pyramide de Ghizèh, et en partie sous les sables; la tête et le cou, que Ion voit encore, ont 27 mètres de hauteur. C est un rocher brut, à qui la nature avait donné les vagues contours d’un animal accroupi , et dont les Egyptiens complétèrent les formes. On y a vu le symbole de la déesse Neith. Des

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fouilles, exécutées en 1854, ont amené la découverte d’un temple voisin, tout en granit et en albâtre, et antérieur à l’invasion des Hycsos; M. Mariette, qui les a dirigées, pense que le Sphinx est la statue d’un dieu adoré dans ce temple. — On voit ailleurs, en Egypte, des ruines de temples auxquels on arrive par des avenues de sphinx colossaux monolithes.

sphinx , monstre fabuleux, né de Typhon et d’Echidna, fut envoyé, selon les uns, par Junon, pour venger le rapt de Chrysippe, enlevée par Laius, roi de Thèhes ; selon les autres, par Mars irrité de la mort du dragon que Cadmus avait tué. Il désolait la route de Delphes à Thèbes en Béotie, proposant des énigmes aux passants, et jetant à la mer ceux qui ne pouvaient les deviner. Les Thébains offrirent la main de Jocaste et le trône à qui les délivrerait. Œdipe devina l’énigme qui lui fut proposée, et le Sphinx, au désespoir, se précipita dans les flots.

SPICHEL (Cap). V. Espiciiel

SPIELBERG, v. et château de Bavière (Moyenne-Franconie), à 5 kil. N.-O. d’Heidenlieim. Une branche de la maison d’Œttingen en a tiré son nom.

Spielberg, prison d’Etat. V. brunn.

SP1ELMANN (Jacques-Reinhold), chimiste, né à Strasbourg en 1722, m. en 1783, compléta ses études dans plusieurs universités d’Allemagne et à Paris, fut quelque temps pharmacien, puis professeur de poésie grecque et latine dans sa ville natale en 1754, et obtint enfin, en 1759, une chaire de médecine, de chimie et de botanique. On lui doit une analyse exacte des différentes espèces de lait, la connaissance des végétaux malfaisants et vénéneux de l’Alsace. Il a laissé : InsHlutiones cliemiœ, Strasbourg, 1763 et 1777, in-8°, trad. en français par Cadet, Paris, 1777, 2 vol. in-8°; Institutiones materiœ medicœ, Strasbourg, 1774, in-8°; Prodromus floræ Argentoratensis, 1776 ; Pharmacopœa generalis, ibid., 1783, in-4°; Dissertations, 1777-81, 4 vol. in -4°. V. P. -A. Cap, Etudes biographiques pour servir à l'histoire des sciences, Paris, 1856, in-18.

SPIGNO, v. du roy. d’Italie (prov. d’Alexandrie), arr. et à 15 kil. S.-O. d’Acqui ; 863 hab.

SPIL1MBERG0, ville du royaume d’Italie (Vénétie), dans la province et à 21 kilom. %0. d’Udine, sur la rive droite du Tagliamento; 3,000 hab.

SPINA, auj. Spinazzino, v. de la Gaule cisalpine, à l’embouchure la plus méridionale du Pô ( Spinelicum ostium, auj. Pô-di-Primaro). C’était une colonie pélasgique.

spina (Alexandre della ) , dominicain du couvent de Su'-Catherine de Pise, né dans cette ville, m. en 1313, passe, à tort, pour avoir inventé les lunettes; il ne fit que révéler le secret de cette découverte. V. salvino.

spina, partie d’un cirque romain. V. épine.

SPINAZZOLA, v. du royaume d’Italie (Prov, de Bari), â 20 kil. E. de Veuosa ; 9,309 hab.

SP1NCOURT, ch.-l. de cant. (Meuse), arr. et à 33 kil. S.-E. de Montmédy ; 465 hab.

SPINELLI | Matteo ), chroniqueur, né près de Bari vers 1230, m. en 1268 à la bataille de Tagliaeozzo, a laissé une espèce de journal où sont consignés les événements de son temps. Cet écrit, un des plus anciens monuments de la prose italienne, se trouve dans les Rerum italicarum scriptores de Muratori ; il fournit dps anecdotes curieuses, mais manque d’exactitude chronologique.

SPINOLA (Ambroise, marquis de), célèbre général, né en 1571 à Gênes, d'une noble et riche famille, m. en 1630, fit ses premières armes en Flandre dans les troupes espagnoles, leva cinq régiments à ses frais pour soutenir la cause de Philippe 111 contre la maison d’Orange, prit Ostende , en 1604 , après trois ans de siège , et reçut le commandement en chef des Espagnols dans les Pays-Bas. Pendant la guerre qu’engendra la succession de Clèves et de Juliers, il s’empara d’Aix-la-Chapelle et de Wesel. La guerre des Pays-Bas s’étant renouvelée en 1621, il conquit Bréda après un siège glorieux, 1625. On l’envoya ensuite en Italie, pour soutenir le duc de Savoie contre les Français. Il prit Casai en 1630 ; mais la cour de Madrid gênait constamment ses opérations : il en mourut de chagrin. — Son frère, Frédéric Spinola, fut amiral d’Espagne dans les Pays-Bas, et périt dans un combat naval en 1603.

SPINOZA (Baruch), philosophe fameux, né à Amsterdam en 1632, m. en 1677, était d’une famille de juifs portugais. Ayant montré de l’éloignement pour sa religion, ses coreligionnaires voulurent le ramener d’abord par la douceur, en lui offrant une pension de 1,000 florins; sur son refus, ils tentèrent, dit-on, de l’assassiner. Spinoza quitta alors Amsterdam, et se fixa à La Haye jusqu’à la fin de sa vie. N’ayant aucune fortune, il gagnait sa vie à polir des verres de lunettes ; ses goûts étaient

simples, sa sobriété très-grande ; comme il avait des besoins très-bornés, il refusa une somme de 2,000 florins que son ami Simon de Vries voulait lui donner. Il avait également refusé la chaire de professeur ordinaire de philosophie à l’université de Heidelberg. De Vries, sur le point de mourir, voulait encore donner tous ses biens à Spinoza : celuici l’en détourna, et lui fit faire un testament en faveur d’un frère qu’avait Simon. Le premier ouvrage qu’il donna n’était qu’un résumé très-exact de la philosophie de Descartes, rédigé selon la forme géométrique : Renati Descartes principiorum philosophiœ pars I et II, more geometrico demonstratœ, per Denedictum de Spinoza ; Accesserunt ejusdem cogitata melaphysica , quibus difjiciliores , quœ tam in parle melaphysices generali quam speciali occurrunl. quœstiones breviter explicantur, Amsterdam, 1663. Le seul ouvrage original publié du vivant de Spinosa fut le Traité théologicopo/itique, Amst., 1670. Ce traité souleva contre lui un violent orage, ce qui le décida à ne plus rien publier. C’est dans V Ethique, dont le titre est : Ethica more geometrico demonstrata et in quinque partes distincta , Amsterdam, 1677, que se trouve au complet le système qui l’a rendu célèbre; ce système repose sur l’idée de la substance; la substance, c’est l’être absolu, l’être unique, qui est tout et hors duquel rien ne peut exister ni être connu. Cet être infini a des attributs infinis ; ainsi , la pensée et l’étendue , les deux seuls que nous connaissions , sont deux attributs ou deux manifestations de la substance Ces attributs ont des modes pour exprimer leur essence. Il n’v a donc qu’un être, c’est Dieu ; Dieu est tout, tout est lui : c’est le panthéisme. Parmi les conséquences d’un tel système, il faut signaler les suivantes : l’âme humaine n’est qu’une collection d’idées; son unité est détruite; le corps n’est qu’un mode complexe de l’étendue ; la volonté n’est rien; la personnalité humaine disparaît; l’ordre moral n’existe pas. Les autres ouvrages de Spinosa sont : Tractatus de emendatio ne intellectus , qui ne fut pas terminé, et où il traite de l’entendement humain et de la méthode ; Epistolœ, adressées à Louis Meyer, à Leibniz, à Fabricius, etc.; Compendium grammatices linguœ hebreœ. Des éditions complètes de Spinoza ont été données par Paulus , Iéna, 1803, 2 vol. in-8°, et par Gfrærer, 1 vol. in-8», dans le Corpus philosophorum , t. iii, Stuttgard , 1830. Il a été traduit en français par M. Saisset, Paris, 1843, 2 vol. in-12. V. Cuper, Arcana atheismi revelata, philosophice et paradoxe refutata, 1676; Recueil des réfutations de Spinoza (de Boulainvilliers, Lami, Fénelon, et Orobio), Bruxelles, 1731, in-12; Heydenriech , la Nature et Dieu selon Spinoza, en allemand, Leipzig, 1789 ; Rosenkranz, de Spinozœ philosophie, Halle, 1828; Ivon, V Impiété convaincue, 1630 ; II. Martin,/). Spinosa ■ dortrinarum systemata, Paris, 1836; A. Saintes, Histoire de la Vie et des ouvrages de R. Sp.inoza, Taris, 1844,4 vol. in-8°; Nourrisson, Spinoza et le naturalisme contemporain, Paris, 1866, 1 vol. in-12. Il — t.

SPIRE , anc. Nemetes, Augusla Nemetum, Noviomagus, en allemand Speyer, v. de Bavière, ch.-l. du cercle du Palatinat ou de la Bavière rhénane, sur la Spire et près de la rive g. du Rhin, à 264 kil. N.- O. de Munich ; 12,900 hab. Evêché jadis princier, suffragant de Bamberg; consistoire évangélique. Gymnase, école d’agriculture et de commerce, école forestière ; jardin botanique. On remarque la cathédrale gothique, où étaient les tombeaux de huit empereurs d’Allemagne. Fabr. de tabac, blanchisseries de cire. Coinm. de bois, vins, garance. — Spire devint ville impériale sous Henri IV, et ses évêques possédaient Bruchsal, Philippsbourg, Rothenbourg, etc. Elle fut placée à la tête de la ligue des villes du Rhin formée en 1247 contre les nobles. Au xvie siècle, elle compta 30,000 hab. En 1530, la Chambre impériale y fut transférée de Francfort, et elle y siégea jusqu’en 1688. En 1526, une diète y futconvoquée, et se montra favorable aux luthériens. En 1529, Charles-Quint y tint une autre diète , où il proscrivit les adhérents de Luther, dont la protestation contre les décisions de cette assemblée leur valut le nom de protestants. Spire, détruite en partie par les Français en 1689, se releva lentement de ses ruines ; près de là, Tallard remporta un avantage sur les Impériaux en 1703, et les Français l’occupèrent eu 1734. En 1792 , Custine y surprit les magasins des Autrichiens. Réunie à la France en 1796, elle fut sous-préfecture du département du Mont-Tonnerre.

spire, riv. de la Bavière rhénane, sort des Vosges, coule à l’E., par Neustadt et Spire, et se jette dans le Rhin ; cours de 60 kil.

SPIRIDION (Saint), évêque de Trimithonte en Chypre, m. en 348, était berger. Ses vertus le firent choisir pour évêque ; il continua néanmoins son même genre de vie. Pendant la persécution de Galérius, il fut condamné aux mi-

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tics et à la perte de l’œil droit. Il assista aux conciles de Nicée, 325, et de Sardique, 347. Fête, le 14 décembre.

SPIR1TO (SANTO-). V. Espirito.

SP1THAME , palme major des anc. Grecs, valant les 3/4 du pied, ou 0“,231.

■ SPITHEAD, belle rade d’Angleterre (comté de Hants), dans la Manche, entre le port de Portsmouth et la côte N.-E. de l’ile de Wight; 28 kil. sur 5. Elle peut contenir 1,000 vaisseaux. C’est le rendez-vous de la flotte anglaise en temps de guerre. A l’abri de tous les vents, excepté de ceux du S.-E., les matelots la nomment la Chambre à coucher du roi.

SPITTLER (Louis-Timothée, baron de), né à Stuttgard en 1752, m. en 1810 , enseigna la philosophie à l’université de Gœttingue, avant de devenir ministre du roi de Wurtemberg. Il a laissé des écrits historiques estimés, tous en allemand : Abrégé de l'hisloire de l’Eglise chrétienne, Gœttingue, 4e édit., 1806, in-8° ; Histoire du Wurtemberg, 1783, in -8°; Histoire de la principauté de Hanovre, 1786, 2 vol. in-8°; Esquisse de l’histoire des Etats de l'Europe, Berlin, 1793, 2 vol. in-8°; Histoire de la révolution danoise en 1660, ibid. , 1796, in-8° ; Leçons sur l’histoire de la papauté, Hambourg, 1824-28, in-4° ; Histoire de la hiérarchie depuis Grégoire VII jusqu'à la Réformation, ibid., 1827-28, in-4°.

SP1TZBEËG, c.-à-d. montagnes pointues, groupe d’iles de l’océan Glacial arctique, au N.-E. du Groënland, et au N. de l’Islande; par 74°-80° 30’ lat. N., et 5°-22° long. E. Il y a 3 îles principales, la Nouvelle - Frieslande, l’Ile du Sud-Est , et l’Ile du Nord-Est. C’est une région intéressante pour les physiciens , comme étant à peu près également éloignée des deux pôles magnétiques et des deux méridiens les plus froids. Quelques savants ont pensé que la situation du parallèle du Spitzberg et de la Norvège, par rapport aux courants magnétiques du globe, pouvait influer sur la température, et expliquer comment, sur les côtes de la Norvège et du Spitzberg, on jouit d’hivers aussi modérés que dans nos climats tempérés. Pendant 3 mois règne une nuit qu’interrompent seulement de temps à autre des aurores boréales. Beaucoup de baleines, narvals, phoques, ours blancs, renards bleus. — Le Spitzberg, dit aussi Groënland oriental, fut, dit-on, découvert en 1563 par le navigateur anglais Willoughby ; deux hollandais, Cornélius et Barentz, le revirent en 1595. Le capitaine Phipps ( depuis Lord Mulgrave) donna, après son expédition de 1773 , une description exacte de la partie occidentale et septentrionale.

SPLUGEN, en italien Speluga, vge de Suisse (Grisons), à 35 kil. S.-S.- O. de Coire, dans la vallée de Rheinwald, près de la montagne de son nom. Belles carrières de marbre. Aux environs est la gorge du Splugen, traversée, à 1,925 mètres de hauteur, par l’une des grandes routes commerciales des Alpes.

SPÜI1N (Frédéric- Auguste -Guillaume) , savant philologue allemand, né àDortmund en 1792, m. en 1824, professeur de philosophie, 1817, puis de littérature ancienne, 1819, à l’université de Leipzig, a laissé, outre des éditions d’auteurs latins et grecs, et de savantes dissertations sur Homère : de Lingua et litteris veterum Ægyptiorum, cum permultis tnbnlis,... Lèipzig, 1825, in-4°.

SPOLÈTE, en italien Spoleto , anc. Spoletium et Spoleium, v. du royaume d’Italie (Pérouse), chef-lieu de l’arrondissement de son nom , sur le vei’sant d'une montagne, à 104 kil. N. de Rome; 19,261 habitants. Défendue par un fort. Archevêché , érigé en l’an 50. Belle cathédrale , des premiers temps de la Renaissance. Ruines , parmi lesquelles celles d’un théâtre antique, d’un temple de la Concorde, d’un palais de Théodoric. Vieil aqueduc, attribué aux Romains. Commerce de blé, vins, raisins secs, cuirs, chevaux. — Spolète, ancienne capitale des Villombres , était florissante sous les Romains; Annibal , vainqueur à Trasimène , fut repoussé sous ses murs. Elle tomba au pouvoir des Goths, devint, en 572, le chef-lieu d’un duché lombard, et fut, depuis le commencement du xi® siècle , tributaire des empereurs. Elle fut saccagée par Frédéric Barberousse ; les Pérugins la détruisirent de nouveau , en 1324. Elle eut aussi i souffrir de plusieurs tremblements de terre. Napoléon Ier en fit le chef-lieu du département du Trasimène.

L’arrondissement de Spolète, situé au centre de l’Ombrie, entre ceux de Foligno au Nord, de Terni au Sud, les provinces d’Ascoli et de Macerata à l'Est et les Etats Romains à l’Ouest, compte 68,011 hab.

SPOLIA1RE, Spoliarium , chambre pratiquée dans les substructions d’un cirque ou d’un amphithéâtre des anc. Romains, près de l’arène. C’était là qu’on traînait les gladiateurs ou les bestiaires tués, et qu’on achevait ceux qui

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étaient assez grièvement blessés pour ne laisser point d’espoir de guérison. C. D — y.

SPOLVERINI (J. -B.), poëte italien, né à Vérone en 1695, m. en 1763, travailla 20 ans à embellir une matière ingrate, un poëme didactique sur la Culture du riz, qui se distingue par la solidité des préceptes, l’ordre et la clarté de l’exposition , la convenance des épisodes et des digressions, le coloris du style.

SPON (Jacob), médecin et antiquaire, né à Lyon en 1647, d’un médecin protestant, m. en 1685, voyagea en Italie, en Dalmatie, en Grèce et dans le Levant , dut quitter la France lors de la révocation de l’édit de Nantes, et mourut, accablé de misère, à l’hôpital de Vevey près de Genève. On a de lui : Recherches curieuses d’antiquités, Lyon . 1683, in-4° ; Miscellanea érudit œ antiquitalis , ibid., 1685, in-fol., ouvrage curieux pour les inscriptions et les médailles; Voyages d’Italie, de Dalmatie , de Grèce, et du Levant, Lyon, 1677, 3 vol. in-12, ou 1680 et 1689, 2 vol. in-12, ouvrage encore estimé ; Histoire de la ville et de l’Etat de Genève, 2« édit., 1700, 2 vol. in-4° et 4 vol. in-12 ; Recherches des antiquités et des curiosités de la ville de Lyon, 1673, in-8'> ; Ignotorum atque obscurorum quorumdam deorum arœ , 1676, in-8®, etc.

SPONDE (Jean de), en latin Spondanus, né à Mauléon en 1557, d’un conseiller-secrétaire de Jeanne d’Albret, m. en 1595, abjura le calvinisme, fut lieutenant-général de la sénéchaussée de La Rochelle, et maître des requêtes. 11 a laissé des traductions latines d 'Homère, Bâle, 1583, in-fol., et des Travaux et jours d’Hésiode, La Rochelle, 1592.

Sponde ( Henri de), frère du précédent, né en 1568, m. en 1643, eut pour parrain Henri de Navarre (Henri IV), dont il fut plus tard maître des requêtes, abjura, comme son frère, le calvinisme en 1595, entra, bientôt après, dans les ordres, et devint évêque de Pamiers en 1626. On a de lui : Epitome Annalium ecclesiaslicorum cardinalis Baronii, Paris, 1612, in-fol.; Annalium Baronii continualio, ibid., 1639, 2 vol. in-fol , que l’on a prétendu n’être pas de lui ; de Ccemeleriis sacris, 1596 et 1638, in-4°, etc. La meilleure édition de ses Œuvres est celle de Paris, 1639, 6 vol. in-fol.

SPONTINI (Gaspare-Luigi-Pacifico), célèbre compositeur de musique, né en 1774 à Majolati, près de Jesi (Etats de l’Eglise), m. en 1851, fut destiné par sa famille aux ordres sacrés, mais se sentit entraîné par sa vocation vers la musique. Il entra au Conservatoire de la Pietà-dei- Turchini à Naples, commença en 1796 à écrire pour les théâtres de Rome, de Venise, de Florence et de Palerme, des opéras auj. oubliés, accompagna à Marseille en 1803, une famille à laquelle il était attaché, et alla à Paris, où il fit représenter, sur le Théâtre-Italien, la Finta filosofa, pièce bouffe déjà jouée à Naples. Après avoir mis en musique quelques petites pièces françaises, qui n’eurent pas de succès, il révéla ses qualités d’expression , de sentiment et de style, dans Milton, en 1804. Protégé par l’impératrice Joséphine, dont il fut maître de chant, il donna à l’Opéra, malgré les cabales des envieux, la Vestale, en 5 actes, 1807, qui obtint un immense succès, et pour laquelle on lui décerna un des prix décennaux, puis Fernand Cortex, 1809, qui ne réussit pas moins, et qui acheva de fonder sa réputation. Nommé directeur du Théâtre-Italien en 1810, il attira une magnifique troupe d’artistes, et fit connaître le Don Juan de Mozart. Contraint par l’intrigue de se retirer en 1812, il écrivit quelques pièces de circonstance , retoucha les Danaides de Salieri, y ajouta de charmants airs de danse, donna un nouvel opéra, Olympie, 1819, qui fut froidement reçu, et accepta en 1820 les fonctions de maître de chapelle, surintendant et directeur-général de la musique du roi de Prusse. Pendant son séjour à Berlin, il écrivit, entre autres ouvrages, Agnès de Hohenstauffen, 1837, qui prend rang parmi ses chefsd’œuvre, et , dans les occasions solennelles , fit exécuter avec éclat les compositions des grands maîtres. En 1839 il fut nommé membre de l’Institut de France. Il revint se fixer à Paris en 1842, mais passa ses derniers moments dans son pays natal. Il a doté Jesi d’un mont-de-piété, d’un hospice pour les vieillards et les infirmes, et d'écoles gratuites. Spontini a rendu d’immenses services à l’art musical : si l’on excepte quelques ouvrages de Gluck, tout était à créer ; il a donné plus d’importance à l’accompagnement et à l'orchestration , et contribué aux progrès que la tragédie lyrique a faits depuis un demi-siècle dans la partie matérielle et dans les formes extérieures de l’art. B.

SPORADES, c.-à-d. dispersées, nom donné par les anciens aux îles répandues sans ordre sur la côte asiatique de l’Archipel, par opposition aux Cyclades , qui sont comme rangées en cercle autour de Délos. Elles comprenaient généralement les îles situées entre Samos au N. et Rhodes au S.; mais plusieurs de celles qui sont moins voi-

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sines de la côte ont été rangées par les auteurs anciens, tantôt parmi les Sporades , tantôt parmi les Cyclades. Strabon compte parmi les Sporades : Théra, Tliérasia, Anaphé, Ios, Sicinos, Pholégandros, Symé, Amorgos, Astypalée, Lébynthos, Icaria, Léros, Pathmos, les Corassies, Calymna, Cos, Nisyros, Télos, Chalcia, Carpatlios, Casos. Les sept premières appartiennent auj. au royaume de Grèce, et forment l’éparchie de Théra et une partie de celle de Milo, dans le nome des Cyclades ; les autres appartiennent à la Turquie, et sont rangées, avec quelques ilôts qui les entourent , dans l’eyalet des îles. — On nomme quelquefois Sporades occidentales les, îles d’Egine, de Colouri, de Poros, de Spetzia, d’Hydra, etc.; et Sporades septentrionales les îles grecques situées au N. de Négrepont, c.-à-d. Scopélo, Skyato, Skyro, etc. C. P.

sporades océaniennes, nom donné à quelques îles et archipels de l’océan Pacifique, que l’on ne saurait, à cause de leur éloignement , rattacher à aucun autre groupe. Ce sont , au N. de l’Equateur, les Sporades boréales ( Moor, San-Bartholomeo , Sau-Pedro , Roca-de-Plata , Palmyra, Fanning, Noël, etc.| ; au S. de l’Equateur, les Sporades australes ( Penrhyn , Pâques ou Vaihou, Pitcairn, San- Bernard , les iles Gambier ou Mangareva, Bass, Sala, Sauvage, llotouma, etc.).

SPORTULE, Sportula, distribution de vivres ou de menue monnaie que , chez les anciens Romains , les riches patrons faisaient faire aux pauvres clients qui venaient les visiter le matin. Sportula était un diminutif de sporla, corbeille, parce que les rations d’aliments étaient contenues dans de petites corbeilles. Sous les empereurs, beaucoup de patrons remplacèrent ces rations par une distribution d’argent ; le vulgaire des clients recevait , en moyenne, 10 sesterces (2 fr. 60 c.) par mois; ceux quijouissaient d’une certaine influence sur la plèbe, se payaient jusqu’à 25 as et 3 deniers (1 fr. 50 c., et 3 fr. 20 c. | par jour. La Sportule se distribuait sur le vestibule de la maison, et d’ordinaire aux clients qui avaient accompagné le patron au Forum, et le ramenaient chez lui. — Sous les derniers empereurs, on appela aussi Sportule un petit présent que les nouveaux consuls envoyaient dans une corbeille à leurs amis. C. D — T.

SPOTSWOOD (Jean), un des réformateurs de l’Ecosse, né en 1509, m. en 1585. Disciple de Cranmer, il travailla au Livre de discipline et à la Profession de foi. Il fut uu des premiers surintendants de l’Eglise presbytérienne.

spotswood ( Jean ), fils du précédent , né en 1565, m. en 1639, étudia à Glasgow, fut pasteur à 18 ans, et suivit comme chapelain Lennox en France, d’où il revint à la suite de Jacques VI en 1603. Archevêque de Glasgow de 1603 à 1614, puis de Sl-André, il sacra Charles Ier à Holyrood , et fut enfin chancelier d’Ecosse en 1635. Poursuivi en 1639 par les troubles populaires, il vint mourir à Londres. Il a laissé une Histoire de l'Eglise d’Ecosse , 1655, estimée des protestants. A. G.

SPRANGER (Barthélemi), peintre, né à Anvers en 1546, m. après 1582, alla compléter ses études à Parme, à Paris et à Rome, où un tableau, représentant une Assemblée de sorcières dans le Colisée , lui valut la protection du cardinal Farnèse, qui lui fit peindre une suite de très-beaux paysages dans son château de Caprarola. Pie V le nomma son peintre officiel, et le logea dans les appartements du Belvédère. Après la mort du pape, il devint l’artiste préféré de l’empereur Rodolphe II , qui le garda 30 ans prés de lui. Le style de Spranger le classe parmi les imitateurs de Michel-Ange, dont il a outré la manière. On cite parmi ses tableaux, fort nombreux : le Martyre de St Sébastien ; l' Assomption ; Hercule et Omphale; Cérés et Neptune; le Parnasse; Vénus et Mercure, etc. A. M.

SPRAT (Thomas), prélat anglais, né dans le Devonshire en 1636, m. en 1713, fut chapelain du duc Georges de Buckingham, puis du roi Charles II, prébendaire de Westminster, évêque de Rochester en 1684, et un des fondateurs de la Société royale de Londres. On a de lui : Histoire de la Société royale de Londres , 1667, in-8°, trad. en français, Genève, 1669, ouvrage remarquable par l’élégance du style; Vie de Cowley, en tête des Œuvres de cet auteur, 1688; Histoire de la conspiration de Rye-llouse , 1684, etc.

SPRÉE, riv. d’Allemagne, nait près de Neu-Salza, sur la limite de la Bohême et de la Saxe, entre bientôt en Prusse, et coule à l’E. et au N., sur 375 lui., par Bautzen, Kottbus, Berlin, Charlottembourg, au-dessous de laquelle elle se jette daus le Havel, vis-à-vis Spandau. Elle est en partie navigable, et communique par un canal avec l’Oder et l’Elbe.

SPREMBERG, v. des Etats prussiens (Brandebourg),

ch.-l. de cercle, à 106 kil. S. de Francfort- sur-1'0 de r ; 4,900 hab. Foire aux laines.

SPRENGEL (Mathieu-Christian), historien, né â Rostoclc en 1746, m. en 1803, professeur de philosophie à l’université de Gœttingue en 1778, puis d’histoire à celle de Halle, a laissé : Histoire des principales découvertes géographiques jusqu'à celle du Japon en 1542, Halle, 1783, in-8°; Histoire des révolutions des Indes orientales (1756-83), 1788, in-8»; Histoire des Maltraites, 1785, in-8°; Manuel de la statistique des principaux Etats de l’Europe, Halle, 1793, iu-8° ; Résumé de l’histoire du xvme siècle, 1797, in-8° ; Géographie des Indes orientales, 1802. Les ouvrages de Sprengel sont remarquables par la sagacité, la profondeur, et l’art de la narration.

sprengel (Kurt), médecin, né en 1766 à Voldekow près d’Anklam (Prusse), m. en 1833, professa la médecine à l’université de Halle de 1789 à 1797, puis la botanique et la philosophie, et fut nommé, en 1825, membre associé de l’Académie des sciences de Paris. H a publié un grand nombre d’écrits, dont les principaux sont : Rudimenta nosologies dynamicœ , 1787 ; Essai d’une histoire pragmatique de la médecine, Halle, 1792-1803, 5 vol., traduit en français par Jourdan, Paris, 1815-20, 9 vol. in 8°; Manuel de pathologie, 1795-97, 3 vol. in-8°; Historia rei herbariœ, 1807-1808, 2 vol. in-8°, histoire raisonnée de la botanique, classée par époques jusqu’en 1778 ; Inslitutiones medicœ, Leipzig, 1809-16, 6 vol.; Histoire de la botanique, ibid. , 1817-18,

2 vol.; Nouvelles découvertes en botanique, ibid., 1819-22,

3 vol., etc.

SPRINGFIELD , c.-à-d. champ aux sources, v. des Etats- Unis (Massachusetts), sur le Connecticut, à 140 kil. O. de Boston; 15,200 hab. Ch.-l. du comté de Hampden. Fabr. d’armes à feu et armes blanches, coton, papier. — En face de cette ville, est West-Springfield, avec 4,000 hab.

Springfield, v. des Etats-Unis, capitale de l’Etat d'Illinois depuis 1837, à 1,050 kil. O. de Washington, par 39o 48' lat. N. et 89» 33’ long. O.; 3,000 hab. Ch.-l. du comté de Sangamon.

springfield, v. des Etats-Unis (Vermont), sur le Connecticut, comté et à 21 kil. S.-S.-O. de Windsor, visà vis Charlestown; 2,700 hab.

springfield, v. des Etats-Unis (Ohio), à 68 kil. O. de Columbus; 2,000 hab. Ch.-l. du comté de Clark.

SPROTTAU, v. des Etats prussiens (Silésie), ch.-l. de cercle, au confluent de la Bober et de la Sprotta, à 66 kil. N. -O. deLiegnitz; 4,200 hab. Toiles, bonneterie.

SPURIUS, pour impurus, enfant naturel. Ce fut un prénom chez les anc. Romains. V. Cassius, MÉlids, etc.

SPURZHEIM (Jean-Christophe), célèbre médecin, né en 1776 à Longueil, près de Trêves, m. à Boston en 1833, fut le disciple, l’ami, le collaborateur, et enfin le rival et le successeur de Gall. Venu à Paris avec ce savant, il publia avec lui le grand ouvrage sur l’anatomie et les fonctions du système nerveux ; puis il alla importer sa doctrine en Angleterre, revint en France, et prit le grade de docteur à la Faculté de médecine de Paris en 1820; il retourna en Angleterre, et passa en Amérique, où il mourut de la fièvre jaune. Spurzheim a fait subir à la doctrine de Gall des modifications qui n’ont pas toujours été heureuses; c’est lui qui l’a nommée Phrénologie. On a de lui : des Dispositions innées de l’âme et de l’esprit; du matérialisme, du fatalisme et de la liberté morale, avec des ré/hiions sur l'éducation et sur la législation criminelle, avec Gall, Paris, 1812, in-8°; Observations sur la folie, ou sur les dérangements des fonctions morales et intellectuelles de l’homme, 1818, in-8°, 2 pl.; Observations sur la phrénologie, ou la connaissance de l’homme moral et intellectuel, fondée sur les fondions du système nerveux, 1819, in-8°; Essai philosophique sur la nature morale et intellectuelle de l'homme, Strasbourg, 1820, in-8°. V. Bénard, Sur la théorie des forces fondamentales dans le système de Gall et de Spurzheim, Paris, 1836, in-8°. R. D.

SQU1LLACE , anc. Scylaceum, v. du royaume d’Italie (Prov. de-Cata izaro), à 8 kil. O. du golfe de son nom, a -5 kil. S.-S.-O. de Catanzaro; 2,812 hab. Evêché; belle cathédrale. Le tremblement de terre de 1783 renversa une grande partie de la ville.

souillage (Le prince de). V. borgia.

SRI, un des noms de Lackmi, femme de Vichnou, s'emploie aussi comme adjectif devant les noms de personnes sacrées, Sri-Krichna, Sri-Ranga, etc.

SRI-RANGA-PATANA. V. Seringapatam.

SSF.-TCHOUAN. V. Szu-tchouan.

STA AL (MUe Delatjnay, baronne de), née à Paris en 1683, m. en 1750, fille d’un peintre mort en exil, fut élevée dans un couvent de Rouen, et placée par la duchesse de La Ferté comme femme de chambre auprès de la du-

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cliesse du Maine, qui ne paya jamais que par une ingratitude dédaigneuse et tyrannique un dévouement parfois sublime : témoin le courage qu’elle montra après la découverte de la conspiration de Cellamare, dont elle avait en grande partie conduit toute l’affaire. Menacée par les juges d’être enfermée pour toujours à la Bastille, si elle ne faisait des révélations : « Eh bien, Messieurs, dit-elle, c’est un établissement pour une fille telle que moi, qui n’a pas de bien. » Après deux ans de captivité, elle revint à Sceaux, et endura « les dédains qu’on a pour la valetaille, » se consolant le plus souvent par les soupers du Temple, auprès' du grand-prieur et de ses amis. Elle faillit épouser Dacier devenu veuf, et se laissa marier à un vieil officier suisse, M. de Staal, que le duc du Maine nomma maréchal-decamp de ses gardes. Elle eut alors un petit cercle à l’ombre de celui de son Altesse, et celle-ci, ne songeant pas à l’en arracher, disait : « Je veux des femmes pour me servir, et non pour faire académie. » Mmc de Staal a laissé des Mémoires, qui ne sont que le récit de sa vie de couvent et de petite cour ; mais en ne se piquant pas trop de sincérité, et en faisant plus que de •< se peindre en buste, « elle leur a donné l’intérêt d’un roman, et ce roman est le tableau finement dessiné des personnages , des mœurs et du ton de la cour de Sceaux ; c’est l’œuvre d’une femme d’un grand esprit et d’un esprit délicat, éprouvée par les souffrances du cœur et de l’amour-propre , amie de Fontenelle, Marivaux, Montesquieu, Mme du Deffant, etc., et qui avait dans sa jeunesse étudié avec passion la métaphysique, la géométrie et même l’anatomie. Ses OEuvres complètes, publiées à Paris en 1821 , 2 vol. in-8°, renferment aussi de spirituelles comédies et une Correspondance intéressante. G. L.

STAB1ES, Stabiæ, auj. Caslel-a-Mare di Stabiœ, anc. v. de Campanie, entre Pompéia et Survente, à 3 kil. S. de la première, et voisine du mont Lactarius. Détruite par Sylla pendant la guerre Sociale, 90 av. J.-C., elle devint un petit bourg, et fut engloutie avec Pompéia et Herculanum par l’éruption du Vésuve en 79 de J.-C. C’est près de là que mourut, le même jour, Pline l’ancien.

STABILI. V. Ci:cco d’Ascoli.

STaBLO , nom flamand de Stavelot.

STABROEK. V. Georgetown.

STABULUM, nom latin de Stavelot.

STACE, Publias Papinius Statius , poète latin, né à Naples en 61 ap. J.-C., m. en 96. Son père était poëte, avait été souvent couronné dans les jeux de la Grèce, et vint à Home, où Vespasien l’avait appelé pour être précepteur de Domitien. Ce fut là que le jeune Stace fut élevé. 11 dut sa célébrité aux concours, aux lectures publiques, aux pièces adressées à ses amis pour célébrer leur fortune, leurs travaux, leurs habitations, et dont il a formé un recueil en 5 livres, sous le titre de Sytves, ou Mélanges. Il entreprit des œuvres plus sérieuses, deux poèmes épiques : la l'hébafde, en 12 chants, dont le sujet est la guerre civile entre les deux fils d’Œdipe, poème historique plutôt qu’ épopée ; et l’ Ackilléide, Ou la vie et les exploits d’Achille, poème dont il n’a fait que 2 chants. Stace est véritablement poëte ; ses œuvres sont pleines d’images gracieuses, de tableaux poétiques ; il rend très -bien les affections douces, et on les trouve en effet dans sa vie. Mais l’exagération est le défaut de ses œuvres : tantôt ses personnages passent la nature, tantôt ils sont d’une faiblesse extrême ; quelques-uns montrent une cruauté féroce, d’autres sont des enfants timides et larmoyants. Les flatteries extravagantes que Stace prodigue à Domitien déparent aussi ses ouvrages. Les meilleures éditions de ses œuvres sont celles de Gronovius, Amsterdam, 1653; de Markland, Londres, 1728; deHand, Leipzig, 1816; de Diibner, Paris, 1837. Il a été traduit en français par Cormiliolle, 1778, 1801, et 1820, 7 vol. in-12; par Rinn, Achaintre, et Bouteville, dans la Bibliothèque latine-française de Panckoucke, Paris, 1829-33,4 vol. in-8°. Lucc de Lancival a imité en vers V Ackilléide. D — r.

STADE, v. de Prusse (Hanovre), ch.-l. de la rég. de son nom, port de comm. sur la Schwinge, près de son embouchure dans l’Elbe, à 140 kil. N. de Hanovre, 32 O. de Hambourg; 5,900 hab. Consistoire luthérien; lieu d’assemblée des Etats provinciaux; Cour d’appel ; école normale primaire; gymnase; école de cavalerie; arsenal; bagne. Fabrique de flanelle, toiles, dentelles; fonderie de canons. Commerce de fruits. Armements pour la pêche de la baleine. Aux environs, chantiers et tourbières. — Ancienne ville libre impériale et hanséatique, Stade fut longtemps le ch.-l. d’un comté, qui appartint d’abord à des princes de la maison de Saxe, puis aux archevêques de Brême. Un incendie la détruisit en 1639. Relevée, et cédée aux Suédois par la paix de Westphalie,

elle fut prise par le duc de Brunswick-Lunebourg en 1676, et par le roi de Danemark en 1712. Elle fut, sous Napoléon Ier, le ch.-l. d’un des arrondissements du département des Bouchcs-de-l’Elbe. — La rég. de Stade, située à l’extrémité N. de la prov. de Hanovre, entre la mer du Nord au N., le Wéser, qui le sépare de l’Oldenbourg, la république de Brême et la rég. de Hanovre à l’O., celle de Lunebourg au S.-E., et l’Elbe, qui le sépare du Holstein à l’E , a 6,545 kil. carrés, et 296,630 hab. Elle comprend les duchés de Brême et de Yerden, et le territoire de Hadeln. — Droit du stade. V. Supplément.

stade (Marche de), nom donné quelquefois à la Marche de Brandebourg, parce que Luther Odo Ier, comte de Stade, en reçut le gouvernement en 1056.

stade , mesure itinéraire des anc. Grecs. Elle était toujours de 600 pieds ou 400 coudées ; mais comme il y avait des stades de différentes longueurs, les pieds ou les coudées étaient, par conséquent, plus ou moins longs. Les Grecs avaient pris pour base des divers stades un degré astronomique, et leurs géographes se servirent de six sortes de stades ainsi calculés,, et évalués en mesures métriques :

Stade de 1111 1/9 au

degré = 100m

Stade de 666 2/3 au

degré...... — 167®*

Le stade le plus connu est le stade olympique de 600 au degré. Quand les écrivains latins évaluent des stades en mesures romaines, ils partent de ce stade. V. Gosselin, Observations sur les stades. Vasquez Queipo ( Essai sur les systèmes métriques et monétaires des anciens, peuples, Paris, 1859, 2 vol. in-8°) prétend que les Grecs n’avaient que le stade de 185 mètres. C. D — y.

stade , enceinte où l’on disputait le prix de la course, dans les jeux publics des anc. Grecs. Comme la lice n’avait, dans l’origine, qu’un stade de longueur, elle prit le nom de sa propre mesure , et ce nom s’étendit même à l’espace qu’occupaient les spectateurs.

STADION (Philippe, comte de) , homme d’Etat, né à Mayence en 1763, m. en 1824, fut ambassadeur de l’Empire à Stockholm, 1787, et à Londres, 1792; puis, s’étant brouillé avec le 1er ministre, prince de Kaunitz, il se re tira dans ses terres , et accepta la charge de grand-tré sorier de l’évêque de Wurzbourg. L’Autriche réussit à le ramener : il reçut alors les ambassades de Berlin, 1801, et de Sl-Pétersbourg, fut le principal négociateur de la 3e coalition contre la France , devint ministre des affaires étrangères en 1806 , excita la guerre de 1809 contre la France, fut éloigné sur la demande de Napoléon Ier victorieux, vécut dans la retraite, mais reparut comme plénipotentiaire au traité de Tœplitz eu 1813, nouvelle coalition contre la France, aux conférences de Francfort et de Châtillon, 1813-14, au congrès de Vienne, 1814*- 15, puis devint ministre des finances , et mourut dans ce poste.

STADLER (l’abbé Maximilien), compositeur de musique, né en 1748 à Mœlck (Autriche) , m. en 1833, s’est fait une réputation méritée de musicien savant et d’homme de goût. Ses messes, ses motets , ses fugues pour l’orgue, ont été mises en parallèle avec ce que Mozart et Haydn avaient écrit de meilleur. On exécute souvent, dans les grandes fêtes de l’Allemagne , son oratorio de la Jérusalem délivrée.

STADT-AM-HOF, Riparia, v. murée de Bavière (Haut- Palatinat), surla rive g. du Danube, vis-à-vis deRatisbonne, à laquelle elle est unie par un pent, et dont elle est comme un faubourg; 2,000 hab. Brûlée par les Français en 1809.

STADTBERG. V. Marsberg.

STADTHAGEN, v. murée de la principauté de Schaumbourg-Lippe, à 22 kil. E.-N.-E. de Buckebourg; 1,500 hab. Sources ferrugineuses. Patrie du géographe Busching.

STADTLOI1N, v. des Etats prussiens (Westphalie)-, à 9 kil. S.-S.-O- d’Ahaus; 2,300 hab. Fabr. et blanchisseries de toiles, polisseries de fer.

STÆFA, brg de Suisse (Zurich) , à 7 kil. S.-E. de Meilen, surla rive E. du lac de Zurich; 3,500 hab. Eaux minérales. Filatures de coton et de soie , verrerie.

STAEL-HOLSTE1N ( Eric-Magnus , baron de), né en 1749 en Ostrogothie ( Suède), m. en 1802. Après avoir servi comme volontaire , puis comme lieutenant et capitaine de 1762 à 1776, il vint à Paris, fut attaché à la légation de Suède en France , 1778 , et , grâce à l’amitié que lui portaient Gustave III et Marie-Antoinette , chargé d’affaires en 1783 , puis ministre plénipotentiaire, et finalement ambassadeur. La faveur du roi de Suède était une condition

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