ST A
STA
convenue de son futur mariage avec la riche et spirituelle fille de Necker, qui devint en 1785 la célèbre Mme de Staël. Bien qu’il partageât les idées de la Révolution française, le baron de Staël retourna en Suède avec la baronne , après la journée du 10 août, et devint ministre de Suède à Copenhague ; il revint comme ambassadeur à Paris en 1795, et y reconnut, au nom de la Suède , la République française. Rappelé eu 1797 par son gouvernement, il se démit de tout emploi , vécut en particulier à Paris, et mourut sur la frontière pendant un voyage en Suisse avec sa femme et ses enfants. A. G.
staei.-holstkin ( Anne -Louise-Germaine necker, baronne de), femme du précédent, née à Paris en 1706, m. en 1817. Fille du célèbre Necker, elle fut élevée par sa mère , froide et sévère , qui s’appliqua à comprimer cette nature riche et un peu exubérante , plutôt qu’à en diriger le développement. Le salon de Mme Necker, qui rassemblait Bufl'on, Thomas, Marmontel, Chamfort, Grimm, Raynal, fut la véritable école de l’enfant, dont le plus grand bonheur était d’écouter les discussions de ces hôtes distingués sur les plus hautes questions de littérature, d’histoire, de philosophie et de politique. Familiarisée de bonne heure avec les matières sérieuses, elle faisait de Montesquieu sa lecture habituelle, et, à 15 ans, elle présenta à son père des extraits de l’Esprit des Lois, accompagnés de réflexions personnelles. Lorsque Necker publia son fameux Compte-rendu , 1761 , elle lui adressa une lettre anonyme , dont il reconnut sans peine l’auteur, et qui lui donna une haute idée de la portée d’esprit de sa fille. Des Lettres sur les écrits et le caractère de J. -J. Rousseau, éloge passionné plutôt qu’œuvre critique, furent le début de MUe Necker dans la littérature. En 1785, elle épousa le baron de Staël- Holstein ; et l’incompatibilité d’humeur des deux époux amena bientôt une séparation. Mn>e de Staël fut d’ailleurs froidement accueillie à la cour de France, où les négligences de sa toilette excitaient l’hilarité. Quand la Révolution éclata, elle s’associa au mouvement des idées nouvelles , mais en restant monarchique. Saisie de pitié après le 20 juin 1792, elle présenta un plan d’évasion des Tuileries qui ne fut pas accueilli. Lorsque Louis XVI eut été mis à mort, elle ne craignit pas d’écrire un plaidoyer pour la défense de la reine. Après le 9 thermidor, elle entra dans la vie politique par des [réflexions sur la paix adressées à AL. Put et aux Français , et des Réflexions sur la paix extérieure et intérieure. La première de ces brochures fut citée par Fox dans le Parlement anglais; toutes deux sont remarquables par l’énergie et la profondeur des pensées, par l’éloquence de l’expression. En 1795, M“' de Staël publia un volume de morceaux détachés . œuvres de sa jeunesse , où l’on trouve un remarquable Essai sur les fictions, et une Epitre au malheur. Sous le Directoire, elle fut l’âme du cercle constitutionnel , et fit nommer Talleyrand ministre des relatfous extérieures. En 1796, elle publia : De l'influence des passions sur le bonheur des mdividus et des nations , livre où les passions sont analysées avec une finesse rare; mais , sous l’influence de l’école sensualiste , l’auteur ne les examine qu’au point de vue du bonheur En 1801 , parut la Littérature considérée dans' ses rapports avec les institutions sociales, ouvrage très -remarquable, bien qu’un peu paradoxal, et dont l’idée principale est la perfectibilité indéfinie du genre humain. Mme de Staël avait deviné dès le principe le général Bonaparte, et cherché à le combattre. Celui-ci, devenu consul, se rappela cette hostilité, et la publication des Dernières vues de finances et de politique de M. Necker attira des représailles sur l’auteur. Elle dut se cacher à la campagne, et se retirer à Sl-Brice Iprès d’Ecouen) chez Mme Récamier. Répondant à la persécution par des injures, exilée à 40 lieues de Paris, 1802, elle se retira en Allemagne, â Weimar, où elle connut Goethe, Wieland et Schiller; elle venait de publier Delphine, roman assez défectueux au point de vue de l’art, mais qui joint à une grande finesse d’observation morale une certaine verve pleine d’éloquence. La mort de son père, eu 1804, la rappela eu Suisse, et, pour distraire sa douleur, elle se rendit en Italie. *< Ce voyage lui inspira Corinne, œuvre originale et touchante, qui tient du roman , du poème, et du traité philosophique. On y retrouve ce caractère de son génie, d’exceller surtout dans la peinture du monde et du cœur humain , de sentir et d’exprimer la vie sociale , mieux encore que le spectacle de la nature et des arts. L’alliance de l’imagination et du génie méditatif donne à cet ouvrage une originalité qui ne passera point. » Ce fut à son retour d’Italie , dans un séjour d’une année à Coppet et à Genève , que Mme de Staël commença à écrire Corinne, qui ne fut publiée qu’en 1807. Alors elle était rentrée eu France , où l’on tolérait sa présence. Le succès
du livre, où plus d’une fois elle s’était représentée elle même dans son héroïne, porta, dit-on , ombrage à l’Empereur, au point qu’il écrivit lui-même une critique qui fut insérée au Moniteur. Mrae de Staël dut de nouveau sortir de France, et se fixer à Coppet. Elle fit alors plusieurs voyages en Allemagne, et, en 1810, elle fit imprimer le livre De l'Allemagne , son chef-d’œuvre peut-être , et encore auj. le meilleur livre qui ait été fait sur l’Allemagne littéraire. Mais des allusions dont l’ouvrage était rempli alarmèrent la censure impériale, qui fit saisir et détruire toute l’édition, et le livre ne put être réimprimé qu’en 1814. Après ce nouveau démêlé avec la police, s’exagérant encore l’hostilité dont elle était victime, Mme de Staël se rendit en Angleterre , en séjournant en Allemagne , en Russie , et en Suède, et travaillant partout à la coalition contre Napoléon. Elle rentra en France avec Louis XV1I1 , qui lui accorda 2 millions de francs à titre de restitution des sommes dues à son père. On voudrait rayer de ses œuvres Dix années d'exil, libelle écrit contre Napoléon au lendemain de sa chute. Les Considérations sur la Révolution française, 3 vol. in-8°, son dernier ouvrage , ne parurent qu’un an après sa mort, 1818. Dans ce livre , tous les principes de la Révolution sont préconisés, et quelquefois jusqu’à ses erreurs. Au retour d’un second voyage en Italie, Mme de Staël mourut à Paris. En 1812 , elle avait épousé en secondes noces un jeune officier, M. de Rocca; mais ce mariage était resté secret. Les Œuvres complètes de Mme de Staël ont été publiées par son fils, Paris, 1821, 17 volumes in-8°; et Paris, 1844, 3 v. gr. in 8°. F — T.
stael-holstein (le baron A uguste de), fils aîné des précédents, né à Coppet en 1790, m. en 1827, fut un agronome distingué. 11 a donné des éditions des Œuvres de sa mère et de Necker. Il eut un frère, qui fut tué en duel en Suède, et une sœur, qui épousa le duc de Broglie.
STÆUDLIN (Charles-Frédéric), théologien, né à Stuttgard en 1761, m. en 1826, professeur de théologie et conseiller du consistoire à Gœttingue, a laissé, entre autres ouvrages : Histoire et esprit du scepticisme, Leipzig, 1794; Principes fondamentaux de la morale et du dogme, Gœttingue, 1798 ; Histoire universelle de l'Eglise chrétienne, Hanovre, 1806; Histoire générale de l'Eglise d'Angleterre, Gœttingue, 1816; Histoire de la philosophie morale, Hanovre, 1823; Bibliographie de l’histoire de l’Eglise, ibid. , 1827.
STAFFA (Ile), une des Hébrides, à 8 kil. O. de celle de Mull, dépend du comté d’Argyle (Ecosse). Elle est inhabitée. La mer découpe ses côtes en une foule de baies et de promontoires; toute la partie S. -O. présente des colonnades basaltiques, qui ont jusqu’à 20 mèt. de hauteur. Là se trouvent la grotte de F ingai, dont les échos répètent le bruit des vagues, et le fauteuil d'Ossian, dont le dais est formé par des colonnes brisées qui figurent assez exacte- ment une ogive. Ces curiosités naturelles furent ignorées jusqu’en 1772, époque où Joseph Banks les signala à la curiosité des voyageurs. B.
STAFFARDE, vge du royaume d'Italie, dans l’arr. et à 6 kil. N. de Saluces, près du Pô. Catinat y battit le duc de Savoie, le 18 août 1690.
STAFFORD, v. d’Angleterre, capitale du comté de son nom, sur la Sow et sur le chemin de fer de l’Ouest, à 225 kil. N. -O. de Londres; 12,487 hab. Fabr. de bottes et de souliers; tanneries. Jadis place forte. On y remarque les ruines d’un château bâti par Guillaume le Conquérant, l’église S"-Marie, l’hôtel du comté, et la prison. Après avoir été successivement, au moyen âge, titre de baronnie, de vicomté et de comté, cette ville fut érigée eu marquisat en 1786
Stafford, comté au centre de 1 Angleterre, entre ceux de Chester et de Derby au N., de Warwiek et de Worcester au S., de Shrop à l’O.; 306,114 hectares; 100 kil. sur 75; 746,581 hab. Ch.-l., Stafford. Sol plat; vastes marais au N.-E. Rivières : Trent, Dove, Tame. Climat pluvieux à l’O. Elève de gros et de menu bétail. Vastes domaines, entre autres ceux du duc de Sutherland. Immenses houillères; fonderies à Wolverhainpton, Wednesbury, Walsall, Tipton, Bilston, Dudley; fabr. de porcelaine opaque à Stoke, Handley, Burslem, Longport, Newport.
Ce comté, où habitaient les Cornavii, fut compris, sous les Romains, dans la Flavie Césarienne, et, pendant l’heptarchie anglo-saxonne, dans le royaume de Mercie.
stafford (Ilumphrey), général du roi d’Angleterre Henri VII, descendait d’un compagnon de Guillaume le Conquérant. Il combattit le duc d’York pendant la guerre des Deux-Koses, et fut créé duc de Buckingham par Henri VI en 1465.
Stafford (Henri), petit-fils du précédent, ne vers 1450, fut le favori de Richard II, qu’il aida dans le meurtre de
STA
STA
ses neveux et l’usurpation de leur couronne. Mais après en avoir été comblé de bienfaits, s’étant révolté contre lui, il fut pris et décapité à Salisbury, en 1483. — Son fils , Edouard StalTord, accusé de trahison envers Henri VIII, périt sur l’échafaud en 1521.
stafford (William Howard, comte de), 2« fils du 6« duc de Norfolk, né en 1611, m. en 1680, épousa Marie, héritière de la maison de Stafford , fut créé comte par Charles en 1640, se montra royaliste dévoué, suivit Charles il en exil, et jouit d’un grand crédit après la Restauration des Stuarts; en butte à la haine de whigs, il fut impliqué dans la prétendue conspiration papiste que Titus dates dénonça en 1678, enfermé à la Tour, condamné à mort par la Chambre des lords, et subit le dernier supplice.
STAGIRE, Slagira, auj. Porl-Libesadc ou Stuvro, v. de Macédoine, dans la Chalcidique, au N.-E., près du golfe Strymonique; fondée vers 665 av. J.-C. Patrie d’Aristote.
STAGNO, en slavon Slon , v. des Etats auti’ichiens (Dalmatie), sur l’isthme de Sabioncello, à 35 kil. N. -O. deRaguse; 2,000 hab Evêché. Pêche de sardines. — Prés de là est le vge de Slagno-Piccolo, un des plus beaux ports de l’Adriatique.
STA III. (George-Ernest), célèbre médecin et chimiste, né à Anspach en 1660, m. en 1734, fut premier médecin du duc de Saxe-Weimar en 1687, professeur de médecine à Halle en 1694, et, en 1716, 1er médecin du roi de Prusse. Son génie était vaste, et ses connaissances très-étendues. En chimie, sa doctrine du phlogistique l’a surtout rendu célèbre. 11 regardait les oxydes (terres) comme indécomposables; le phlogistique pouvait s’y unir, et de cette union naissaient les métaux; tous les combustibles étaient plus ou moins chargés de phlogistique. Cette théorie ne diffère de la nôtre, qu’en ce que son auteur voyait une combinaison, là où nous voyons une décomposition, et réciproquement ; il n’a manqué à Stahl, pour rectifier ses idées, que d’avoir égard aux indications de la balance. Aussi cette doctrine, qui suffit pendant un siècle aux besoins de la science, cet être imaginaire d’un poids négatif, s’évanouirent-ils à l’apparition de Lavoisier. La gloire de Stahl est d’avoir reconnu en chimie des corps indécomposables, d’avoir rompu avec la physique scholastique, et d’avoir consommé cette révolution dans les idées. Stahl est encore l’auteur du système connu sous le nom i’ Animisme; il explique les phénomènes de la vie animale par un principe immatériel, l'âme, mais ne lui accorde pas la conscience de ses opérations. Tout de fougue et d’imagination, ses leçons valaient mieux que ses écrits, où le latin et l’allemand sont continuellement entremêlés. 11 fut l’admirateur et le commentateur de Bêcher. Ses principaux ouvrages sont : de Molu tonico vitali, Iéna, 1692 ; de Autocratiâ naturæ, seu spontaned morborum eacussione , Halle, 1696; Expérimenta et observationes, Leipzig, 1697 ; Fundamenta chimiœ dogmaticæ cl experimentalis , Nuremberg, 1723, trad. en français par De Maehy, Paris, 1757, 6 vol. in-12; 'Fruité sur les sels, trad. par d’Holbach, 1771 ; Traité sur le soufre, trad. par le même, 1766 ; Theoria medica vera, Halle, 1707, où il développe avec le plus d’étendue sa théorie de l’animisme, etc. G — K.
STAI1RENBERG. V. Staremberg.
STAINS, vge (Seine), arr. et à 4 kil. N.-E. de Sl-Denis; 1 ,280 hab. Beau château, avec parc, ayant appartenu aux De Thou et aux Harlay. On y voit trois puits artésiens.
STA1R (Jean Dalrymple, comte de), général et homme d'Etat, né à Edimbourg en 1673, m. en 1747. Quoique jeune encore, il contribua, avec son père, à préparer en Ecosse la révolution de 1688, et devint officier des gardes du corps en 1691, secrétaire d’Etat en 1692, et colonel. De 1702 à 1708, il servit vaillamment dans l’armée de Marlborough, et, de 1709 à 1713, fut ambassadeur en Pologne. Sous George 1”, il fut envoyé à la Chambre haute, vint en France comme ambassadeur, y découvrit tous les projets du Prétendant, et fut le conseiller intime du Régent, qui concerta avec lui le plan de la Quadruple alliance. Grand-amiral d’Ecosse, 1730, et feld-maréchal , 1741, il commanda l’armée anglaise en Allemagne, au début de la guerre de la succession d’Autriche, et ne sut pas profiter de la victoire de Dettingen, 1743. La jalousie de George II le détermina à se retirer; il ne reparut que pour ruiner par ses opérations l’en treprise de Charles-Edouard en Écosse. A. G.
STA LIME NE , anc. Lemnos, île turque de l’Archipel, à 105 kil. O. de la côte d’Anatolie; 37 kil. sur 30 ; 11,000 hab. V. Lemnos.
ST A L LU PŒN EN , v. des Etats prussiens (Prusse), à 26 kil. E. de Gumbinnen; 3,000 hab. Ch.-l. de cercle. Comm. de bétail.
STAMBOUL, nom de Constantinople (corruption du grec eis lèn potin, à la ville) ; c’était la réponse faite ordinairement par les Grecs de Constantinople, lorsqu’on leur demandait, au milieu des champs, vers quel endroit ils dirigeaient leurs pas. Les Musulmans changèrent plus tard ce nom en Islamboul (ville de l’islamisme), pour tâcher de faire perdre de vue l’origine grecque du nom modem* de la ville de Constantinople. D.
STAMBRUGES, brg de Belgique (Hainaut) , à 30 kil. E. de Tournai; 2,000 hab. Exploit, de grès et de calcaire. Fabr. de gros lainages en tricot.
STAMFORD , brg et paroisse d’Angleterre, comté et â 60 kil. S. de Lincoln, sur la Wellaud; 8,000 hab. Eglise gothique de St-John, avec de beaux vitraux. Comm. de bois, drèche, houille, pierres à bâtir. Elle eut jadis une université, qui a été réunie à celle d’Oxford. Aux environ», belle résidence du marquis d’Exeter.
stamford, v. des Etats-Unis (Connecticut), à 64 kil. S.- O. de New-Haven , dans Long-Island; 3,600 hab.
sta m fokd-bridge (west-), vge d’Angleterre, comté et à 12 kil. N.- E. d’York. Victoire d’Harold sur les Norvégiens en 1066.
STAMPA (Gaspara), femme-poëte de Padoue, née en 1523, m. vers 1554, a laissé des Sonnets, 1554, in-8», où elle chante son amour pour un comte Collalto, de Trévise. Son style est clair, simple, gracieux ; mais elle manque de vigueur dans l’imagination , et on ne saurait la comparer à Vittoria Colonna pour l’élévation du génie et la dignité du caractère.
STAMPÆ, nom latin d’ETAMPES.
STAMPALIE, anc. Astypalée, île grecque de l’Archipel, une des Sporades, entre Naxie et Rhodes, et au S.-E. d’Amorgos; 130 kil. carr.; 1,500 hab.
STAMPFEN , brg de Hongrie, comitat et à 20 kil. N. -N. -O. de Presbourg, près de la March; 3,700 hab.
STAN, c.-à-d. pays en persan : Uaghe stan, pays de montagnes. Un en voit une contraction dans Houtan, pour BouddliiSTAtt, pays de Bouddha, etc.
STANCAR1 (François), hérétique unitaire, né à Mantoue en 1501, m. en 1574, quitta les ordres sacrés pour se marier, fut chassé d’Italie et d’Allemagne, et se fit un des promoteurs de la Réformation en Pologne. Il eut de vives querelles avec Osiander au sujet de la justification , et vit ses opinions condamnées dans plusieurs synodes. C’était un homme très-versé dans la langue hébraïque. On a de lui: Grammuire hébraïque , Bâle, 1546; de Tnnilate et medialore Domino, ibid. , 1547, in-8°; O pus novuin de reformalione tùm doctrines christiimm , thm veræ intelligenliæ sacramenlorum , ibid., 1547, in-8°, etc. B.
STANCHO , anc. Cos, île turque de l’Archipel , une des Sporades, dans l’eyalet des Iles, à 16 kil. de la côte O. de l’Anatolie, par 36° 47’ lat. N., et 24u 40’ long. E.; ch.-l. Stancho , port sur la côte N.-E., et siège d’évêché. V. Cos.
STANDIA, Dia, îlot de l’Archipel, sur la côte N.-E. de Candie, offre 3 beaux ports, et a des carrières de marbre et de pierres à rasoirs.
STANHOPE, famille noble d’Angleterre, dans le comté de Nottingham , eut pour chef Philippe Stanhope, créé baron par Jacques Ier en 1616, et comte de Chesterfield par Charles Ier en 1628. Une branche de cette famille avait le titre de comtes de Harrington.
stanhope (Jacques, comte de), diplomate et général, né en 1673, m. en 1721. Colonel sous Guillaume III, et membre du Parlement sous la reine Anne, il alla en Espagne comme brigadier-général dans la guerre contre Philippe V, prit Barcelone, l’ort-Mahon et Minorque, 1708, fut pris à Brilmega en 1710, et subit une captivité de deux ans. Il devint secrétaire d’Etat sous George Ier. En 1716, il arrêta avec Dubois les préliminaires du traité de La Haye, 1717, avec la France et la Hollande, qui éloignait le Prétendant et faisait démolir Dunkerque et Mardick. En 1718, nommé chancelier de l’Echiquier, pair, baron d’Evaston, et vicomte de Mahon, il fit encore conclure le traité de la Quadruple alliance. On a de lui un Mémoire sur le Sénat romain , à la suite des Révolutions romaines de Vertot. A. G.
stanhope (Charles, vicomte de Mahon, comte de), petit-fils du précédent, né en 1753, m. en 1816. Ayant suivi son père établi à Genève, il s’adonna aux sciences, imagina deux machines arithmétiques, soutint dans ses Principes d'électricité, 1779, in-4°, la théorie de Franklin sur les paratonnerres, et prouva que la densité d’une atmosphère électrique suspendue sur un corps est en raison inverse du carré des distances de ce corps. Il travailla aussi à expliquer le choc en retour produit par l’électricité. A la Chambre des communes depuis 1780, à celle des
STA
STA
Lords dès 1786, il fut partisan des réformes parlementaires, admira les événements de 1789, présida la Société de la révolution à Londres, et combattit Burke. Ses discours pour la liberté de la presse en 1792, et ses efforts en faveur des révolutionnaires ayant échoué , il revint aux sciences, voulut appliquer la vapeur à la navigation , inventa une presse nouvelle, qui porte encore son nom, un nouveau procédé pour brûler la chaux, et perfectionna les instruments de musique, etc. A. G.
STanhope (Esther), fille du précédent et d’une sœur de W. Pitt, née en 1789, m. en 1839, alla visiter l’Orient, où, à l’aide d’une grande fortune, elle se créa pendant quelque temps une espèce de royauté aux environs de Palmyre; puis, sa fortune étant presque perdue, elle se réfugia dans un vieux couvent près de Said en Syrie, où elle vivait vêtue en homme et portant le costume musulman. Les Bédouins des environs la regardaient comme sorcière et prophétesse, et lui donnaient le nom de reine.
STANHOPE I Philippe DORMER- ). V. CH ESTKRFI ELD .
STANISLAS (Saint), évêque <le Cracovie en 1072, né en 1030, m. en 1079, osa reprocher à Boleslas II, roi de Pologne, ses désordres et ses crimes ; ce prince furieux le tua de sa propre main. Fête, le 7 mai.
Stanislas kotska (Saint), né en 1550, d’une famille noble polonaise, m. en 1568, fut élevé chez les Jésuites à Vienne, où il fit admirer sa piété et ses vertus ; malgré l’opposition de sa famille, il revêtit l’habit de l’ordre à l’âge de 17 ans, et mourut 9 mois après. Sa Vie, écrite en italien par Cepari , a été traduite en français, et souvent réimprimée. Fête, le 13 novembie.
Stanislas Ier leczinski, roi de Pologne, né en 1677 à Lemberg (Gallicie) , de Raphaël Lecziuski, palatin de Posnanie et grand-trésorier du royaume, m. à Lunéville en 1766. Il fut lui-même nommé par Auguste II palatin de Posnanie et grand-échanson de la couronne. Quand la guerre éclata entre Charles XII, le roi de Suède, et la Pologne, il fut député vers Charles par l’assemblée de Varsovie , 1704, et plut à ce prince, qui appuya son élévation au trône quand la diète eut déclaré le trône vacant. Il commençait à s’affermir, et. à guérir, par une sage administration, les plaies de la Pologne, lorsqu’il fut entraîné dans les désastres de Charles XII en Russie; Auguste II revint de Saxe; Stanislas s’enfuit, 1712, avec 6,000 hommes, alla rejoindre son protecteur en Bessarabie, 17 14 , en revint avec lui , et en reçut le gouvernement de Deux- Ponts , qu’il dut quitter en 1719 après la mort de Charles XII. Privé de ses biens patrimoniaux, et ne sachant où se retirer, il demanda un asile en France au Régent , qui lui permit de résider en Alsace et lui fit une pension. Stanislas choisit Wissembourg , où il vécut obscurément. En 1725, sa fille, Marie Leczinska , épousa Louis XV, roi de France. Auguste II étant mort en 1733 , il fut rappelé au trône pai une partie des Polonais ; mais la Russie s opposa à son élection , et fit marcher une armée contre Varsovie; Stanislas se retira à Dantzick , y soutint un siège contre les Russes , et fut contraint de revenir en France ( V. Succession de Pologne). Par le traité de Vienne , 1738 , il renonça à la Pologne , tout en gardant le titre de roi , et reçut de la maison d’Autriche la souveraineté viagère des duchés de Bar et de Lorraine , qui , à sa mort, devaient passer à la France. Stanislas fit le bonheur de ses nouveaux sujets ., embellit Nancy et Lunéville , fonda des collèges, des hôpitaux , une bibliothèque, une Société royale des sciences et des lettres , avec des concours académiques. Cette Société lui décerna le surnom de Bienfaisant, que l’Europe lui a confirmé. On a de lui divers opuscules de philosophie, de politique et de morale, imprimés sous le titre d 'Œuvres du philosophe bienfaisant , 1765, 4 vol. in-8°, et 4 vol. in-12. En 1825, on a publié : OEuvres choisies de Stanislas , roi de Pologne , duc de Lorraine et de Bar, in-8°. B.
Stanislas il auguste Poniatowski, dernier roi de Pologne, né à Wolczyn (Lithuanie) en 1732, mort à S'-Pétersbourg en 1798 , était fils du fameux Stanislas , comte Poniatowski , castellan de Cracovie. Très-jeune encore, il voyagea en Europe, et séjourna quelque temps à Paris, où il connut la célèbre Mrae Geofirin, pour laquelle il conserva toute sa vie une vive amitié. Doué de qualités brillantes , il plut, dans un voyage en Russie , â la grandeduchesse Catherine (depuis Catherine 11) , dont il devint l’amant, et qui lui fit obtenir 1 ambassade de Pologne à S'-l'étersbourg. Ce fut encore à l’influence de Catherine, alors impératrice, qu’il dul le tiûne après la mort d’Auguste III , 1764. Son règne fut un temps d’anarchie : les sectes dissidentes , opprimées par les catholiques , s’appuyèrent sur la Russie, et se firent donner, en 1768,
la liberté de culte et le droit d’exercer les charges publiques ; en même temps se forma la Confédération de Bar , ligue catholique et nationale , qui avait pour but de détruire les libertés concédées, et qui déclara le trône vacant. Ces dissensions amenèrent une intervention étrangère; les Russes, les Autrichiens, et les Prussiens opérèrent, en 1772, le premier partage de la Pologne ( V. ce mot)-, Stanislas, enlevé par les patriotes de Bar, et presque assas • siné , n’échappa à la mort que par la pitié et la timidité d’un de ses ravisseurs, resté seul avec lui. La constitution de la Pologne ayant été changée par l’influence russe, et une partie de son territoire prise par la Russie, l’Autriche et la Prusse , Stanislas vit son pouvoir royal presque paralysé. Néanmoins il essaya, de 1774 à 1791, de rendre quelque force à la Pologne, en réformant la constitution, favorisant la propagation des lettres et des arts, et rendant désormais la couronne héréditaire. Vainement les Polonais se confédérèrent de nouveau à Targovice, 1792, pour repousser les envahissements de la Russie , qui, n’approuvant pas ces changements , avait déclaré la guerre à la Pologne, 1793 ; Varsovie fut prise par Souwarow; im second démembrement de la Pologne ne laissa guère à Stanislas que le titre de roi, et, quand l’insurrection de Kosciuszko eut échoué , il fut contraint d’abdiquer, et de sanctionner le démembrement de son royaume, 1795. 11 se retira à Grodno , où les puissances copartageantes lui firent une pension de 200,000 ducats. B.
STANISLAWOW, v. murée des Etats autrichiens (Galicie), sur la Bistritza, à 133 kil. S.-S.-E. de Lemberg; 11,300 hab. Ch.-l. de cercle. Tribunaux, gymnase. Commerce de grains et de tabac. — Le cercle de Stanislawow, entre ceux de Stry à l’O., de Brzezany au N., de Czortkow à l’E., de Kolomea et la Hongrie au S., a 5,434 kil. carrés, et 299,000 hab.
STANLEY (Thomas), littérateur anglais, né vers 1620 à Oumberlow (Hereford), m, en 1678, a laissé : une bonne édition d'Eschyle , avec traduction latine et rotes, 1663, in-fol.; Histoire de la philosophie, 1655-1662, 3 vol. in-fol., traduite en latin par Godefroi Olearius, Leipzig, 1711, in-4“ ; c’est l’histoire de cette science chez tous les peuples. Quoiqu’il ait été surpassé depuis, cependant on peut encore le consulter utilement pour les faits.
STANOVOI ou IABLONOI (Monts) , chaîne de montagnes de l’Asie septentrionale, fait partie du système de l’Altaï, et s’étend des monts Kiakhta au cap Oriental, sur une longueur de 6,000 kil. La partie S.-E., qu'on nomme Monts de la Daourie, sépare le bassin de l’Amour de celui de la Lena. Un contre -fort s’étend dans la presqu’île de Kamtchatka. 11 y a peu de sommets très-élevés : lo Tcliokondo n’atteint que 2,514 mèt. de hauteur. La chaîne des Stanovoï contient des mines d'or, de cuivre, de fer, de zinc. La Kolyma , l'Indigirka, la Chilka et l’Anadyr en descendent.
STANZ, v. de Suisse (Untervvald), ch.-l. duNidwalden, près de l’Aa , à 13 kil. N.-E. de Sarnen ; 2,028 hab. Ecole latine ; bibliothèque, arsenal. Stanz est agréablement situé dans une vallée profonde et si étroitement encaissée , que, vers le solstice d’hiver, on n’y voit le soleil que le matin et pendant quelques instants. Il s’y tint, en 1481 , une assemblée où Nicolas de Flue pacifia les confédérés. Le général Brune y défit les petits cantons insurgés , le 9 septembre 1798. C’est la patrie d’Arnold de Winkelried; ses compatriotes lui ont élevé une statue , et sa maison
ciilyçictA pnpnrp
STAÜUELI ,'lieu d’Algérie, à 24 kil. O. d’Alger. Victoire des Français sur les Algériens, le 19 juin 1830. Magnifique établissement agricole, formé et défriché par les Trappistes depuis 1845.
STAPFEli (Jean-Frédéric), théologien protestant, né en 1708 dans le canton suisse d’Argovie, m. en 1775. On a de lui : Institutiones lheologiœ polemicœ, 1743-47, 5 vol. in-8°; Fondements de la vraie religion, en allemand, 1746- 53, 12 vol. ; la Morale chrétienne, 1756-66, 6 vol. in-8”.
STAPFEli (Philippe-Albert). V. Supplément.
STARA1A-ROUSSA, v. de la Russie d’Europe, gouvernement et à 125 kil. S. de Novogorod , 5,000 hab. Salines. Connu, de bois, grains, et lin.
STARASOL, v. des États autrichiens (Galicie), à 17 kil. S. -O. deSambor: 4,000 hab. Pétrole, sel.
STAREMBERG ou STALIRENBERG (Guido, comte de), feld-maréohal autrichien, né en 1657, m. en 1737 , entra au service à 23 ans, prit part à la défense de Vienne contre les Turcs, 1683, où il gagna le grade de lieutenantcolonel, aux sièges de Bude, 1686, et de Belgrade, 1688, se signala sous le prince Eugène à la bataille de Zeutha , où il commandait l’aile droite des Impériaux , commanda
STA
STA
en chef en Italie dans la campagne de 1701 , où il montra beaucoup d’habileté contre une armée supérieure en forces à la sienne, fut nommé feld-maréchal en 1704, reçut de Joseph Ier le commandement des troupes destinées à réprimer la révolte des Hongrois , fut ensuite envoyé pour soutenir l’archiduc Charles en Espagne , eut des succès à Almenara, àSaragosse, 1710, mais fut défait à Villaviciosa, 1711. Après la guerre de la Succession d’Espagne, il devint président du conseil aulique de la guerre , place qu’il conserva jusqu’il sa mort. B.
STARGAliD (ALT-), ou Vieux-Stargard, v. du grandduché de Mccklembourg-Strélitz, à 20 kil. N.-E. de Strélitz; 1,200 hab.
sta koaud | net;-] , ou Nouvea/u-Stargard, v. fortedes États prussiens ( Poméranie), à 44 kil. E. de Stettin; 12,749 hab. Jadis ville hanséatique, puis ch.-l. de la Basse-Poméranie. Gymnase, école d’arts et métiers. Fabr. de poterie, draps, chapeaux, cuirs. Pépinière. Foires importantes. — Prise par les Russes en 1758.
stargard ou starograd , ville des États prussiens (Posen), à 44 kil. S. -O. de Posen ; 3,500 Mb.
stargard, v. des Etats prussiens (Prusse) , à 52 kil. S.-S. -O. de Dantzick; 4,200 hab. Ch.-l. de cercle. — Fondée en 1339.
STAR1TZA , v. de la Russie d’Europe, gouvernement et à 68 kil. O. -S. -O. de'l'ver, sur le Volga; 3,500 hab. Belles pierre- à bâtir, grosse ferronnerie.
STARK ( Jean-Auguste) , né à Schwérin en 1741, m. en 1816 , était luthérien, enseigna les langues orientales et les antiquités à Sl-Pétersbourg, 1762-65, et fut professeur de théologie et prédicateur à Kœnigsberg en 1770, à Mittau en 1772 , à Darmstadt en 1781. 11 a laissé, entre autres ouvrages : Histoire du premier siècle de l’Eglise chrétienne, Berlin, 1779, 3 vol. in-4°; Pensées et considérations franches sur le christianisme , ibid. , 1780 ; Essai d'une histoire de l’Arianisme , ibid., 1783, 2 vol. ; Histoire du baptême et des anabaptistes, Dessau, 1789 ; Triomphe de la philosophie dans le XVIIIe siècle, Francfort , 1803, 2 vol. ; le Banquet de Théodule , ou Entretiens sur la réunion des différentes communions chrétiennes , Paris, 1818, in-8°, ouvrage remarquable, composé dans un esprit caholique, etc.
STARKENBACH, en bohémien Silemnice, v. de Bohême, sur une rivière de son nom, à 26 kil. N.- N.-E. deGitschin;
2. 000 hab. Toiles et batistes renommées. Château des comtes de Harrach.
STARKENBURG, province du grand-duché de Hesse- Darmstadt, entre la nouvelle prov. prussienne de Hesseet-Nassau au N. et au N.-O., le grand-duché de Bade au S., et la Bavière à l’E. ; 301,400 hect. ; 80 kil. sur 60; 322,722 hab. Ch.-l., Darmstadt. Cette province tire son nom d’un château situé près d’Eppenheim. Exploit, de produits agricoles , de grès , et de sel.
STARODOUB, v. de la Russie d’Europe, gouvernement et à 170 kil. N.-E. de Tchernigov, sur la Labintza;