SUA
pour un Mémoire sur la compression des liquides ( Savants etrangers, i. vi, et Annales de physique, t. xxn). En 1829 parut le célèbre théorème de Sturrn , inséré dans les Mémoires des savants étrangers, t. VI , et dans la plupart des traités d’algèbre. En 1830, Sturrn fut nommé professeur de mathématiques spéciales au collège Rollin; en 1836, membre de l’Académie des Sciences ; en 1838, répétiteur, et , peu après, professeur à l’Ecole polytechnique ; en 1840, il remplaça Poisson dans la chaire de mécanique de la Faculté des Sciences. Dans le 1er vol. du Journal de M. Liouville est un Mémoire de Sturrn Sur les équations différentielles linéaires du second ordre, dans lequel il étudie sur l’équation même les propriétés des fonctions quiy satisfont. V. P rouhet,
- Police sur la vie et tes travaux de Ch. Sturrn, avec une liste bibliographique des travaux du célèbre mathématicien. Y.
STUTTGARD, capitale du royaume de Wurtemberg, sur le Nesenbach, dans une riche vallée du Neckar, à 6 kil. de cette rivière, à 156 kil. S. de Francfort-sur-le- Mein, 208 O.-N.-O. de Munich, 61 S. -O. de Carlsruhe, 580 E. de Paris; par 48» 46’ 36” lat. N. et 6° 50’ 28” long. E.; 56,505 hab. (20,000 en 1800), dont 3,500 catholiques seulement. On y visite : la place du château, avec la statue de Schiller; le vieux château, du xvie siècle ; le nouveau palais du roi, construit de 1746 à 1806; le musée de tableaux ; une riche bibliothèque ; l’église de Ste-Croix, anc. collégiale, bâtie de 1431 à 1531, et renfermant un bel orgue et des tombeaux remarquables ; l'hôpital Catherine ; le palais des Etats. Gymnase; écoles vétérinaire, polytechnique, des arts, des forêts; cabinets de médailles, d antiquités, et d’histoire naturelle; musée des beauxarts; jardin botanique. Monnaie. Siège de l’association des libraires de l’Allemagne méridionale. Fabr. de pianos et de pianos-orgues, d’instruments de mathématiques, de physique et de chirurgie; draps, cotonnades, tapis, passementerie, orfèvrerie, tabletterie, papier peint, ébenisterie, produits chimiques, teintureries. — Au milieu du xme siècle, Stuttgard fut fortifiée; elle devint, en 1320, la résidence des comtes, puis ducs et rois de Wurtemberg, et fut ravagée pendant la guerre de Trente-Ans et les guerres de Louis XIV, 1688-97. Patrie de Hegel et de Dannecker. E. S.
Sl’\ LE, Stylus, petite tige de fer, d’airain, ou d'argent, dont les anciens se servaient pour écrire sur des tablettes de cire; un bout se terminait en pointe, pour entamer la cire , l’autre en spatule pour la polir et la rabattre quand on voulait effacer. La plupart étaient unis ; d’autres étaient tournés et ciselés élégamment. Un style avait 10 à 15 centimètres de longueur. C.D — y.
STYLITES, anachorètes de la primitive Eglise qui passaient leur vie au sommet d’une colonne ( crrùX&ç ) , pour se livrer à la méditation. S1 Siméon Stylite a été le premier des Stylites, et il y a eu des Stylites en Syrie jusqu’au xne siècle.
STYMPHALE, Stymphalus, auj. Zaraka, v. d’Arcadie, au N.-E., fut souvent disputée entre l’Argolide et l’Arcadie, et fut attribuée à la première depuis la conquête romaine. Elle était située entre une montagne du même nom, sur le revers méridional du Cyllène, et un lac appelé aussi Stympliale , dont Adrien conduisit l’eau jusqu’à Corinthe par un canal; de ce lac sortait un fleuve Stym phale, qui disparaissait dans des gouffres souterrains, et, d’après l’opinion des anciens, allait reparaître en Argolide au pied du mont Chaon et se jeter dans le golfe Argolique, sous le nom d’Erasinos. C’est sur les bords de ce lac qu’Hercule, suivant la Fable, tua à coups de flèches les oiseaux qui se nourrissaient de chair humaine. C. P.
STYMPHAL1DE ou STYMPHAL1E, pays d’Arcadie, où était Stymphale ( V. ce mot)-, — contrée de l’anc. Macédoine, au S.-O.
STY R riv. d’Europe, liait dans les Etats autrichiens (Gahcie). près de Brody, coule ensuite en Russie, par les gouv. deVolhynie etde Minsk, et se jette dans le Pripet, à 35 kil. de Pinsk; cours d’environ 300 kil.
STYRA, anc. v. d’Eubée, au S.-O., en face des rivages deMarathon, fut fondée par des habitants du dôme Attique de Stiria, qui se mélangèrent avec les Dryopes, habitants primitifs de la contrée. Ayant pris, dans la guerre Lamiaque, le parti de la Macédoine, elle fut détruite par les Athéniens ; elle n’était pas rétablie du temps de Strabon, et son territoire avait été attribué à Erétrie. Elle s’est relevée depuis, et porte le nom de Stoura (nome d’Eubée, éparchie de Karystos). C. P.
STYRIE, Sleiermark en allemand, un des gvts de l’Empire d’Autriche, bornée au N. par les deux Autriclies, à TE. par la Hongrie, au S. par la Croatie et la Carniole, à l’O. par la Carinthie et le Salzbourg; 2,238,350 hectares;
1,056,773 hab. (un tiers de Slaves); Ch.-L, Gratz. Elle est divisée en 3 cercles : Gratz, Brück, Marbourg(5 av. 1852). I.es Alpes Noriques traversent le pays; fleuves principaux : la Steyer, la Traun, l’Ens, la Mur, la Raab, la Drave, et la Save ; beaucoup de lacs et de sources minérales. Agriculture développée, vins; pêche abondante, beaucoup de gibier et de volailles. Mines d’argent, de cuivre, de fer, de zinc. Industrie des verreries, des draps, des cuirs, et des bois sculptés. — Sous les Romains, la la partie orientale de la Styrie faisait partie de la Pannonie; la partie occidentale, de la Norique. Elle suivit les destinées de ces deux provinces, passa ensuite aux Ostrogoths d'Italie, aux Avares, aux Wendes, fut conquise par Charlemagne, et eut à subir les invasions des Bulgares ef des Hongrois. Elle fut divisée en plusieurs parties, gon veinées par des margraves. Peu à peu les comtes de Trun gau devinrent les plus puissants; d’abord margraves de Styr, après avoir réuni les différentes parties du pays, ils reçurent, en 1180, la dignité ducale. En vertu d'un pacte, en 1192, la Styrie passa sous la domination des ducs d’Autriche. En 1278, Rodolphe de Habsbourg en prit possession, et elle est restée depuis à sa dynastie. Aux xve et xvie siècles, la Styrie souffrit beaucoup des invasions des Turcs et des Hongrois, ainsi que d’une révolte des paysans, 1525. E. S.
STYX, auj. Mavro Nero (l’eau noire), rivière du Péloponèse, sortie du mont Nonacris en Arcadie (auj. mont Khelmos , dans le nome d’Elide-et-Aehaïe , éparchie de Cyllénie ) , est formée de la réunion de trois sources qui se précipitent en cascades d’une très-grande hauteur, et se jette dans le Crathis, qui porte ses eaux au golfe de Corinthe, à 12 kil. S. de Kalavryta. D’après les Anciens, son eau était un poison mortel pour les hommes et les animaux, et ne pouvait être conservée dans des vases , ni de métal, ni de cristal, ni de terre, mais seulement dans le sabot d’un cheval : c’était de cette eau que l’on s’était servi, d’après quelques historiens, pour empoisonner Alexandre ; voilà pourquoi on avait placé le Styx parmi les fleuves des Enfers. Son eau était réputée sacrée, parce queStyx, une des filles de l’Océan , avait secouru Jupiter contre les Titans : en récompense de ce service , le serment fait par le Styx devint sacré pour les dieux. C. P.
SUA ou SÉVÉCHOS, roi d’Egypte, de la dynastie éthiopienne , secourut Osée , roi d'Israël , contre Salmanasar, roi d’Assyrie , en 721 av. J. C.
SLTAIRE (le saint), nom donné au linge qui servit à ensevelir le corps de J.-C., et sur lequel est restée l’empreinte de sa figure. Les villes de Turin et de Besançon prétendent posséder cette relique ; Rome, Aix-la-Chapelle, Lisbonne, Compiègne, ont aussi revendiqué cet honneur.
SUAKIM. V. Souakim.
SUANES ou SUANÈTES,Suani, Suuneti, ancien peuple du Caucase , sur les deux versants de cette chaîne de montagnes.
SUARD (■). -B. -Antoine), littérateur, né en 1732 à Besançon, où son père était secrétaire de l’Université, m. en 1817, vint à Paris dès 1750, se lia avec les gens de lettres les pins renommés. 11 fit avec l'abbé Arnaud et l’abbé Prévost le Journal étranger, puis, avec Arnaud seul, fut chargé de la rédaction de la Gazelle de France. Il entreprit ensuite la Gazette littéraire de l'Europe, qui eut peu de succès, publia des traductions élégantes et fidèles des Voyages de Cook, et de Y Histoire de Charles-Quint par Robertson, 1771 ; fut admis, en 1774, à l’Académie française, dont il devint plus tard secrétaire perpétuel, et obtint une place de censeur royal en 1774. Il traduisit encore V Histoire de l'Amérique de Robertson, 1778, et, prenant parti pour les Gluckistes contre les Piccinistes , accabla ses adversaires de railleries fines et mordantes dans les Lettres de l'anonyme de Vauqirard sur Gluck et l’iccini. A la Révolution, il se déclara le partisan modéré des idées nouvelles, s’expatria au 18 fructidor, et rentra en France après le 18 brumaire. C’était un brillant causeur de salons. Ses écrits ont été réunis sous le nom de Mélangés de littérature, Paris, 1803-1805, 5 vol. in-8°. V. D.-J. Garat, Mémoires historiques sur Suard et sur le xvme siècle, Paris, 18-0, 2 vol. in-8u. B.
SUARÈS (François), très-savant jésuite, né à Grenade en 1548, m. en 1617 , professa avec beaucoup de distinction la philosophie à Ségovie, la théologie à Valladolid, Alcala, Salamanque et Coimbre. Il prit une part très-vive aux querelles engendrées par le système de Molina sur la grâce, et imagina le congruisme , doctrine par laquelle il expliquait l’efficacité de la grâce par la grâce congrue. Ses Œuvres, embarrassées de discussions superflues, parfois entachées de subtilités, sont écrites avec ordre (t clarté; elles font autorité sur les matières théologiques et les cas de conscience. 11 a su y fondre presque toutes les difl'é-