‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 528 sur 864 · SUB · texte numérisé non relu

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rentes opinions sur chaque matière qu’il traite : puis ses propres idées viennent s’ajouter aux discussions théologiqugs. Le pape Benoit XIV qualifiait Suarès de doclor eximius , et le considérait, lui et Velasquez, comme « les deux lumières de la théologie; » Bossuet le citait aussi comme une grande autorité en théologie. Parmi ses ouvrages on remarque : Dejensio calholicœ fidei contra Anglicanes seclœ auclores, Coimbre, 1613, traité rédigé contre le serment d’allégeance qu’exigeait Jacques Ier d’Angleterre, et qui fut brûlé par ordre du parlement de Paris, comme attentatoire a l’autorité des souverains. Les OEuvres complètes de Suarès ont paru à Mayence et à Lyon, en 1630, 23 vol. in-fol. : et à Paris, édition revue par l’abbé Berton, 1859 et suiv., 26 vol. gr. in-8°. B.

scarès (Joseph-Marie) , savant antiquaire, né à Avignon vers le commencement du xvne siècle, m. en 1677, fut prévôt de la cathédrale d’Avignon, camérier du pape Urbain VIII à Rome, évêque de Vaison en 1633, et, en 1636, bibliothécaire du Vatican et vicaire de la basilique de Saint-Pierre. Il a donné: de Vestibus lilleratis , sivequibus nomina inlrxla surit , 1653, in-4°; Prenæsles antiqua , libri duo cvm numismatibus, inscriptionibus et figuris , 1655, in-4°, ouvrage plein de curieuses recherches; Arcus Septimi Severi Augusti , 1676 , in-fol. , avec fig., travail estimé, etc.

SUBAKMALE, tunique du soldat légionnaire de grosse infanterie, chez les anciens Romains. 11 la portait sous sa cuirasse, au bas de laquelle elle ressortait en formant une espèce de cotte jusqu’au-dessus du genou. C. D — Y.

SUBERVIE (Georges-Gervais, baron), général, né dans le département du Gers en 1772 , m. en 1856 , partit à 20 ans comme volontaire , fut presque immédiatement lieutenant, puis capitaine dans l’armée des Pyrénées, devint aide-de-camp de Lannes en 1797, fit la campagne d’Egypte en qualité de chef d'escadron, passa colonel en 1805 , général de brigade en 1811 , général de division au retour de la campagne de Russie , 1813 , et commanda l’avant-garde dans la campagne de 1815. Mis à la retraite en 1825, il rentra en activité après la révolution de 1830, fut député du Gers, puis d’Eure-et-Loir, de 1831 à 1848, commanda la lrc division militaire, devint ensuite inspecteur-général de la cavalerie, et président du comité de cette arme. Après 1818, il occupa pendant quelques jours le ministère de la guerre, d'où il passa à la grande chancellerie de la Légion d’honneur. Il fut aussi membre des Assemblées constituante et législative. Depuis 1852, il vécut dans la retraite. B.

SUBIACO, en latin Sublaqueum, v. des Etats de l’Eglise, dans une charmante situation sur le Teverone, à 50 kil. E. de Rome; 6,000 hab. C’est là que S1 Benoit de Nursia fonda son premier couvent. On remarque une belle et riche église de S‘-André bâtie par Pie VI au pied de la colline, un arc-de-triomphe en l’honneur de Pie VII , le monastère de Ste-Seholastique, d’où sortirent les premiers livres imprimés en Italie, et le palais de l’abbé sur la hauteur.

SUBITAIRES , Subitarii , nom donné , chez les anc. Romains , aux soldats de levée extraordinaire pour les légions. ( V. Levée I.

SUBLEYRAS (Pierre), peintre, né à Uzès en 1699, m. en 1749, obtint le grand prix en 1726, et alla, deux ans après, à Home, où il mourut. Ce fut un des plus habiles artistes de son temps. Le musée du Louvre a de lui le Serpent d'airain, Jésus d table chez Simon le Pharisien , etc.

SUBLICACULUM, caleçon des soldats légionnaires, chez les anc. Romains. Il descendait jusqu’aumilieu du gras de la jambe. Les comédiens avaient aussi un Sublicaeulum quand ils jouaient. C. D — y.

SUBLICIUS (Pont), pont de bois de l’anc. Rome, le 2e en aval de Pile du Tibre, au bas du mont Aventin , fut construit par Ancus Martius pour unir le Janicule à la ville. C’est là qu’Horatius Codés arrêta l’armée île Porsenna. Ce pont, renversé par une crue du Tibre, Pan 731 de Rome, fut reconstruit en pierre, et appelé Æmilius. C. D — y.

SUBLIGNY, avocat au Parlement de Paris au xvjic siècle , serait complètement oublié , malgré de nombreux ouvrages , s’il n’eût traduit les Lettres portugaises ( V. Chamjlly), et dirigé contre P Andromaque de Racine une comédie en prose, la Folle querelle, 1668, jouée avec un grand succès.

SUBLIME-PORTE. V. Porte.

SUBOI.A, nom latin de la Soute.

SUBRÈCARGUE, c’est-à-dire préposé au chargement , mot d’origine espagnole, désignant autrefois, dans la Compagnie des Indes, l’agent chargé d’acheter et de vendre les marchandises dans un comptoir de cette Compagnie.

SUBROGATION, Subrogatio, article ajouté à une loi chez les anc. Romains ; c’était comme une rogation pro

posée subsidiairement, et dans la même forme. V. Rooation. C. D — y .

SUBSTANTION ou SOSTANTION, Sextantio, anc. ville de France, au boi’d de la Lez, à environ 2 kil. de Montpellier, était le ch-1. d’un comté et le siège d’un évêché détruit au xne siècle. Il n’en reste que quelques ruines.

SU BURE, Subura , voie et quartier de Pane. Rome, situés sur le penchant du mont Lsquilin, dans la IIIe région de la ville. C. D — y.

SUBUCULA, tunique à l’usage des hommes et des femmes , chez les anc. Romains. On la portait sur la peau , sous la tunique ordinaire en hiver. C. D. — y.

SUBUKBANUM, nom que les anc. Romains donnaient à une villa située dans la banlieue de Rome.

SUBURBICA1RES (Provinces) , Suburbicariæ provinciæ , nom donné, probablement du temps de Constance, vers Pan 357 , à certaines provinces de l’Empire romain d’Occident, situées à 100 milles ( 150 kil. env.) autour de Rome; c’étaient PEtrurie, le Picénum, le Latium ancien, et le Latium nouveau. Plusieurs archéologues ont prétendu, à tort, que les provinces suburbicaires s’étendaient jusqu’aux confins de l'Italie méridionale, et comprenaient jusqu’à la Sicile et la Corse. — Il y eutaussi deséglises suburbicaires, qui répondaient aux provinces suburbicaires. C. D — y.

SUCCESSION | Acte de ) , décision prise en 1701 par le Parlement d’Angleterre , et en vertu de laquelle les princes catholiques étaient exclus du trône , et la maison de Hanovre appelée à succéder.

succession d’angleterre (Guerre de la), 1688-1697. Jacques II, fuyant devant son gendre Guillaume III, s’était retiré auprès de Louis XIV, qui déjà avait rompu la trêve de Ratisbonne à l’occasion de la succession Palatine et de la ligue d’Augsbourg formée contre lui , commencé les hostilités contre l’Empereur et l’électeur Palatin par le siège de Philippsbourg, et déclaré la guerre aux Provinces- Unies à la nouvelle du départ de Guillaume pour l’Angleterre. En se chargeant de rétablir Jacques II , Louis XIV commença la guerre de la Succession d’Angleterre , et vit seformer contre lui Vaillance deFicm/e. conclue 1 12 mai 1689) entre l’Empereur Léopold et les Provinces-Unies , et à laquelle accédèrent tour à tour Christian V, roi de Danemark (15 août), Guillaume III (20 décembre), Victor- Amédée , duc de Savoie ( traité de Milan avec l’Espagne (3 juin 1690), Charles II, roi d’Espagne (6 juin), enfin la plupart des princes allemands. L’Irlande, les Pays-Bas, les bords du Rhin, l’Italie, l’Espagne, furent les divers théâtres de la guerre. — 1° Guerre en friande et sur mer. Jacques II, envoyé en Irlande, se fait reconnaître parla plus grande partie du pays, mais perd un temps précieux au siège de Londonderry, pendant que la Hotte française, commandée par Chàteau-llenaud , est victorieuse des Anglais dans la baie de Bantry ( 12 mai 1689) , et celle commandée par Tourville, des Hottes anglaise et hollandaise à la hauteur de Dieppe ( 10 juillet 1690 ). Mais Jacques II est vaincu par Guillaume à Drogheda sur la Boyne ( 1 1 juillet), forcé de revenir en France, et une seconde victoire de Guillaume à Kilkonnel (22 juillet 1691) fait perdre toute l’Irlande aux partisans du roi déchu. L’année suivante , Tourville , n’ayant que 44 vaisseaux à opposer à plus de 80 voiles anglaises et hollandaises , est battu à la llogue (29 mai 1692) • il prend bientôt sa revanche entre L igos et Cadix sur l’amiral Rook (27 juin 1693) , pendant que les corsaires Jean Bart, Duguay-Trouin , Pointis , Nesmond , ruinent le commerce de la Hollande et de l’Angleterre. Les alliés ne se vengent que par quelques bombardements sur les côtes de France, à S'-Malo, 1693; Dunkerque, Brest, le Havre, S'-Malo , 1694 ; Calais, 1696.

— 2° Guerre dans les Pays-Bas. Le maréchal d’Humières, vaincu à Walcourt (27 août 1689) par le prince de Waldeck , est remplacé par Luxembourg, qui bat le prince à Fleurus et à Leuze ( 1er juillet 1690- 18 septembre 1691). En 1692, Namur est pris par Louis XIV (5 juin ), et Luxembourg bat Guillaume III à Steinkerque (3 août), et à Ner winde (29 juillet 1693). La mort de Luxembourg (4 janvier 1695) met un terme à nos victoires. Son successeur Villeroy laisse Guillaume reprendre Namur (4 août), ettfe venge cet échec que par le bombardement de Bruxelles.

— 3° Guerre sur les bords du Rhin. Pour faire face à tous ses ennemis , Louis XIV avait retiré ses troupes du Palatinat , 1689 , et, sur le conseil de Louvois, pour placer un désert entre la France et ses ennemis , fait ruiner les places abandonnées et brûler tout le pays. Cette barbarie souleva contre lui l’Allemagne et l’Europe. DUxelles fut forcé de rendre Mayence au duc Charles de Lorraine (8 septembre 1689), et d’Asfeld , Bonn à l’électeur de Brandebourg (12 octobre). Le maréchal de Lorges rétablit les

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a (î 'aires , gagna la bataille de Spirebach ( septembre 1692) pénétra en Wurtemberg, mais dut en sortir, et, malgré la prise de Heidelberg par le Dauphin, il fallut sur le Rhin se borner à la défensive. — 4° Guerre en Italie. Catinat bat le duc de Savoie à Staffarde (18 août 1690) , et conquiert toute la Savoie , moins Montmélian , qui est pris en 1691, ainsi que la plupart des places du Piémont. Mais son armée est affaiblie ; il repasse les Alpes , et ne peut empêcher le duc de Savoie de s’emparer d’Embrun, 1692; il prend sa revanche à la Marsaille (4 octobre 1693 1 , victoire décisive qui force bientôt le duc à traiter avant ses alliés. — 5° Guerre en Espagne. Le maréchal de Noailles vainquit les Espagnols au passage du Ter en Catalogne, 1694, s’empara de Girone , et Vendôme par la prise de Barcelone ( 7 août 1697) , hâte la conclusion de la paix. — Toutes ces victoires avaient affaibli la France, seule contre tant d’ennemis, et Louis XIV, qui prévoyait l’ouverture prochaine de la succession d’Espagne, avait hâte de faire la paix ; il montra dans les négociations beaucoup de modération. Il avait, dès 1693, réclamé la médiation du roi de Suède , et, en 1696 , il détacha de l'alliance le duc de Savoie, auquel le traité de Turin (29 août 1696 ) rendait toutes les places conquises dans ses Etats, et assurait le mariage de sa fille Adélaïde avec le duc de Bourgogne, petit-filsde Louis XIV. Les alliés consentirent alors à traiter, et le congrès s’ouvrit à Ryswick, près La Haye (9 mai 1697) , sous la médiation de la Suède. Le traité entre l’Angleterre, l’Espagne, les Provinces-Unies, et la France, fut signé le 20 septembre. Les conquêtes étaient rendues de part et d’autre ; Louis XIV, reconnaissant Guillaume 111 pour roi légitime d’Angleterre , s’engageait à ne donner aucune assistance à ses ennemis. En réalité, c’était s’avouer vaincu, l’objet principal de la lutte ayant été le rétablissement de Jacques IL Le traité entre l’Empereur, l’Empire et la France ne fut conclu que le 30 octobre : le duc de Lorraine rentrait en possession de son duché , et Louis XIV restituait toutes les conquêtes faites sur le Rhin depuis 1678 , moins Strasbourg. C. P.

succession d’autriche (Guerre de la), ou Première guerre de Sept Ans, 1741-48. Charles VI, empereur d’Allemagne et dernier rejeton mâle de la maison d’Autriche, était mort le 20 oct. 1740, laissant ses états héréditaires à sa fille Marie-Thérèse, par un acte appelé Pragmatique sanction, publié dés 1713, et approuvé d’abord par les Etats provinciaux de tous les domaines héréditaires d’Autriche, par les électeurs de Bavière et de Saxe, époux de ses deux nièces, puis par la plupart des Etats européens (Espagne, 1725; Russie, Prusse, électeurs de Bavière et de Cologne, 1726; Angleterre et Provinces-Unies, 1731; Empire, Suède et Danemark, 1732; France, par un des articles de la paix de Vienne, 1738). La succession de Charles VI n’en fut pas moins disputée par la plupart de ces princes: 1» Charles-Albert, électeur Je Bavière, comme époux de la 2e fille de Joseph 1«, frère aîné de Charles VI, et comme descendant de l’archiduchesse Anne, fille de l’empereur Ferdinand Ier; 2° l’électeur de Saxe, roi de Pologne, comme époux de la fille aînée de Joseph Ier ; 3° le roi d’Espagne, qui réclamait les royaumes de Bohême et de Hongrie, comme descendant, par la maison d’Autriche, d’une fille de Maximilien II ; mais il cherchait seulement à procurer à son fils Don Philippe un établissement en Italie; 4° le roi de Sardaigne, qui réclamait le Milanais d’après le contrat de mariage de son trisaïeul, Charles-Emmanuel, avec une fille de Philippe II, roi d’Espagne; 5° le roi de Prusse, qui réclamait une partie de la Silésie, dont la maison de Brandebourg avait été dépouillée par celle d’Autriche dans la guerre de Trente-Ans. Frédéric II envahit sur-le-champ la Silésie (décembre 1740), en s’assurant l’alliance de la Russie (traité de Sl-Pétersbourg, 16 déc.), et, dès 1741, la guerre devint générale. Elle eut pour théâtre l’Allemagne, l’Italie, et, dans les dernières années, les Pays-Bas, l’Ecosse, la mer, et les colonies des Indes et d’Amérique. La France fut entraînée à prendre parti contre Marie-Thérèse, malgré le ministre Fleury, par les frères Belle-Isle, qui engagèrent Louis XV à profiter de l’occasion qui se présentait d’affaiblir à jamais par un démembrement la maison d’Autriche. Par le traité de Nymphenbourg (18 mai 1741), entre la France et l’Espagne, d’une part, l’électeur de Bavière, de l’autre, et auquel accédèrent les rois de Prusse, de Pologne, de Sardaigne, on projeta le partage de la monarchie autrichienne. Marie-Thérèse, et son époux, François de Toscane (auparavant de Lorraine), qu’elle avait associé à ses couronnes, furent soutenus par l’électeur de Hanovre, roi d’Angleterre (traité de Hanovre, 24 juiu), déjà en guerre avec l’Espagne depuis 1739 ; mais ce prince, voyant son électorat menacé par les

Français, signa bientôt avec Louis XV un traité de neu- -tralité pour ses Etats d’Allemagne (convention de Hanovre, 28 octobre), et Marie-Thérèse fut abandonnée à ses propres forces. Déjà Frédéric il avait battu les Autrichiens à Molwitz (20 avril 1741), à Czaslau ou Ohotusitz ( 17 mai 1742), et conquis presque toute la Silésie, pendant que l’électeur de Bavière s’emparait de la Haute-Autriche et de Prague, se faisait couronner roi de Bohême, et était proclamé empereur sous le nom de Charles VIL Mais là s’arrêtèrent les succès des alliés. Marie- Thérèse se délivra de Frédéric II en lui cédant ( traité de Breslau, 2 juin 1742, confirmé par celui de Berlin, 28 juillet) la plus grande partie de la Silésie. Les rois de Danemark, de Pologne, et d'Angleterre, accédaient à ces traités: le second, en retirant ses troupes de l’armée française de Bohême ; le dernier, à la chute du ministère pacifique de Walpole et à l’avénement du ministère de -lord Carteret, par un traité d’alliance défensive conclu avec la Prusse (traité de Westminster, 29 nov. 1742). En Italie, le roi de Sardaigne, qui craignait le voisinage d’un Bourbon dans le Milanais, se sépara des alliés, et se déclara pour Marie- Thérèse (convention de Turin, 1er février 1742), en réservant de faire valoir à la paix générale ses droits sur le Milanais. — Dès lors la fortune changea: Charles VII n’était plus soutenu que par la France et l'Espagne contre toute l’Europe; Marie-Thérèse, aidée par les subsides de la Hollande et de l’Angleterre, avait levé une armée considérable parmi les Hongrois; les Français furent chassés de la Haute- Autriche (capitulation de Linz, 24 janvier 1742), et la Bavière conquise par les Autrichiens (capitu lation de Munich, 1.3 février). En Bohême, la défection de la Prusse et de la Saxe précipita les revers des Français ; Maillebois, arrêté à Egra, vit fondre son armée sans pouvoir rejoindre à Prague Broglie et Belle-Isle ; celui-ci quitta la ville (16 décembre) en y laissant Chevert, forcé peu après de capituler (26 décembre). En Italie, le roi de Sardaigne s’empara des Etats du duc de Modéne, allié des Espagnols ; la Hotte anglaise força Don Carlos, roi de Naples, de se déclarer neutre, et Don Philippe, repoussé du côté de Nice, dut quitter la Savoie, après avoir momentanément occupé Chambéry. La campagne de 1743 fut encore plus favorable à Marie-Thérèse. Les Bavarois furent défaits à Simbach (9 mai), et Broglie repassa le Rhin, abandonnant l'Allemagne méridionale et la Bavière aux Autrichiens. L’Allemagne centrale était aussi perdue par la défaite de Noailles à Dettingen (27 juinl. En Italie, les Espagnols, de nouveau maîtres de la Savoie, ne purent pénétrer en Piémont, ni envahir le Milanais, à la suite de la bataille indécise de Campo-Santo (8 février|. En même temps, Marie-Thérèse resserrait ses alliances avec l’Angleterre et la Sardaigne (traité de Wonns, 13 sept.), avec la Saxe (traité de Vienne, 20 déc.), et celle-ci avec la Russie (4 février 1744), pendant que la France et l’Espagne signaient à Fontainebleau (25 octobre 1743) un traité d’alliance et d'union perpétuelle. — Les traités de Worms et de Vienne garantissaient à Marie-Thérèse la Pragmatique-Sanction , sans faire mention du traité de Berlin , qui avait cédé la Silésie au roi de Prusse; de plus, l’obligation imposée au duc de Savoie de défendre seul l’Italie contre les Espagnols, rendait à Mario-Thérèse la libre disposition de toutes ses forces vers le N. de l’Allemagne. Frédéric II, inquiet, rentra dans la lutte, et , à la ligue formée contre lui , opposa d’abord l’union de Francfort (22 mai 1744), par laquelle il garantissait à Charles VU l’Empire et ses Etats héréditaires, ensuite l’alliance de Versailles (5 juin), par laquelle il s’engageait à faire une diversion en Bohême pour faire sortir les Autrichiens de l’Alsace qu’ils venaient d’envahir. En effet, il s'empare de Prague ( 15 sept.), mais est forcé de l’abandonner (26 nov.) à la nouvelle de la jonction des Impériaux et des Saxons. Cependant les Bavarois avaient repris Munich (16 octobre) et chassé les Autrichiens de la Bavière, pendant que Louis XV, retardé quelque temps à Metz par une grave maladie, passait le Rhin et s'emparait de Fribourg en Brisgau i 5 nov.). En Italie, Don Philippe et le prince de Couti voulurent pénétrer en Piémont par le Var, avec l’appui d’une flotte franco-espagnole, qui fut battue aux îles dTIyères par les Anglais (22 février|. Après un succès à Madona delT Olmo (30 sept.), les deux princes furent forcés de quitter l'Italie. L’année 1745 vit de nouveaux Etats entrer dans la lutte : la Quadruple alliance de Varsovie ( 8 janvier) entre Marie-Thérèse, l’Angleterre, la Saxe, et la Hollande, confirmée par le traité de Leipzig entre l’Autriche et la Saxe 1 18 mai), fut dirigée contre la Prusse. Frédéric et la France perdirent encore un allié par la mort de l’empereur Charles VII (20 janvier 1745), dont le fils

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Maximilien-Joseph, après la perte, par ses alliés les Français, de la bataille de Pfaffenhofen (15 avril), signa avec Marie-Thérèse le traité de Fussen (22 avril), par lequel il recouvrait ses Etats héréditaires, en reconnaissant la Pragmatique-Sanction, et promettant son suffrage à l’époux de Marie-Thérèse pour la prochaine élection impériale. A ces traités, les alliés opposèrent celui d’Aranjuez (7 mai), entre la France, l'Espagne, Naples, et Gênes : cette dernière puissance entrait dans la lutte, parce qu’au traité de Worms Marie-Thérèse avait cédé au roi de Sardaigne le marquisat de Final , vend-u par Charles VI à la république, et sur lequel Marie-Thérèse n’avait, par conséquent, aucun droit. En Allemagne, Frédéric II battit les Autrichiens à Hohenfriedberg ou Striegau (4 juin), puis à Sorr (30 sept.), les Saxons à Kesseldorf ( 15 déc.), s’empara de Dresde ( 17 déc.), et força l’Autriche et la Saxe, sous la médiation de l’Angleterre, à conclure la paix de Dresde (25 déc.), par laquelle il conservait la Silésie, en reconna;ssant comme empereur l'époux de Marie-Thérèse, élu depuis peu à Francfort sous le nom de François Ier (13 sept.). La guerre cessa alors dans l’Empire. Aux Pays-Bas, Maurice de Saxe avait remporté sur les alliés les victoires de Fonteuoy ( 11 mars 1745 ), et de Eaucoux (11 octobre 1746), qui valurent à la France presque toute la Belgique. En Italie, l’armée combinée des Espagnols, des Français et des Génois avait d’abord battu le roi de Sardaigne à Bassignano (18 sept. 1745), conquis presque tout le Piémont et le Milanais, et déterminé le roi de Sardaigne à demander la paix (Préliminaires de Turin, 26 déc.emb.), lorsque Marie-Thérèse, libre du côté de la Prusse par la paix de Dresde, envoya toutes ses forces en Italie : ses troupes battirent les alliés à Plaisance ( 16 juin

1746) , et lorsque Ferdinand VI, successeur de Philippe V, eut rappelé les Espagnols, Gênes fut forcée d’ouvrir ses portes aux Autrichiens (5 sept.), et les Français d’évacuer l’Italie; la Provence fut même envahie, et Antibes bombardée par une Motte anglaise qui bloquait Toulon et Marseille. Mais une révolution, qui chassa les Autrichiens de Gênes (5 déc.), força les Impériaux, inquiets sur leurs communications, à lever le siège d’Antibes 1 19 janvier 1747 ), et à rentrer en Italie. La France avait tenté une diversion en envoyant en Ecosse le Prétendant Charles-Edouard , petit-fils de Jacques II, pour enlever l'Angleterre à la maison de Hanovre. Vainqueur à Preston-Pans, 1745, à Falkirk (28 janvier 1746), il fut vaincu définitivement à Culloden (27 avril), et forcé de revenir en France. En Amérique, l’ile Royale ou du Cap- Breton fut conquise par les Anglais (capitulation de Louisbourg, 21 juin 1745), et si, aux Indes, La Bourdonnaye prenait Madras, 1746, et Dupleix défendait avec gloire Pondichéry, la Motte française était battue et détruite en Europe par les Anglais au cap Finisterre ( 14 juin 1747). Louis XV voulait amener la Hollande à se porter médiatrice de la paix ; mais les Anglais la décidèrent à prendre une part directe à la guerre ( 17 avril 1747 ). Les Français l’envahirent; Maurice de Saxe vainquit les alliés à Lawfeld (2 juillet), et Lowendall s’empara (16 juillet) de Berg-op-Zoom. En Italie, les Autrichiens voulurent venger leur expulsion de Gênes, en assiégeant cette ville, défendue avec vaillance par Boufflers et Richelieu (juillet

1747) . Belle-Isle, qui venait de s’emparer du comté de Nice, voulut envahir le Piémont par les Hautes-Alpes, mais fut repoussé à l’attaque des retranchements d’Exilles (16 juillet). Enfin les alliés firent les plus grands efforts pour terminer cette guerre ; la Hollande et l’Angleterre prirent à leur solde un corps russe de 37,000 hommes (traité de Sl-Pétersbourg, 30 nov. 1747), et s’engagèrent, avec Marie-Thérèse et le roi de Sardaigne (convention de La Haye, 26 janvier 1748), à mettre en campagne 190,000 hommes aux Pays-Bas et 90,000 en Italie. L’apparition des Russes, dont l'arrivée en Franconie surprit et épouvanta l’Europe, et la prise de Maëstricht par Maurice de Saxe (7 mai 1748), amenèrent la conclusion de la paix d’Aix-la-Chapelle ( 18-20-23 octobre 1748 ). La France rendait à l’Autriche les Pays Bas; à la Hollande, Berg-op- Zoom et Maëstricht ; au roi de Sardaigne, Nice et la Savoie ; elle expulsait Charles-Edouard, et l’Angleterre restituait l’ile Royale. Marie-Thérèse cédait à Don Philippe les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla; au roi de Sardaigne, le pays de Vigevano, une partie du Pavesan et du comté d’Anghiera, et confirmait à Frédéric II la possession de la Silésie ; Gênes recouvrait le marquisat de Final, et le duc de Modène ses Etats. En résumé, Marie- Thérèse, sauf la Silésie, le duché de Parme et quelques districts du Milanais, conservait l’intégrité de la monarchie autrichienne, et consolidait la nouvelle maison de

Lorraine-Autriche ; deux puissances seules avaien t grandi, la Prusse, par l’acquisition de la Silésie et l’accroissement de sa gloire militaire, l’Angleterre, par l’augmentation de ses Mottes et l'affaiblissement des marines rivales; les Russes s’étaient avancés presque jusqu’au Rhin, et commençaient à prendre une part menaçante à la politique de l’Europe; la France et l’Espagne n’avaient réussi qu’à donner une petite principauté à Don Philippe, leur marine était presque ruinée, et le vague de l’article consacré dans le traité aux colonies d’Amérique devait, avec d’autres causes, amener la guerre de Sept- Ans ( V. ce mot). C. P.

succession de Bretagne (Guerre de la) , nom donné à la guerre que se firent , pour la possession du duché de Bretagne , les maisons de Blois et de Montfort , de 1341 à 1365. V. BRETAGNE, CHARTES DE BLOIS, JEAN IV DE MONTFORT , JEANNE DE FLANDRE , JEANNE DE PEN- TII1ÈVRE , GUÉRANDE.

succession d’espagne (Guerre de la), de 1701 à 1713. Elle eut pour cause la rivalité de deux prétendants à la succession de Charles II, dernier prince de la branche aînée de la maison d’Autriche: Philippe (Y), duc d’Anjou , petit-fils de Louis XIV de France, et arrière-petit-fils de Philippe IV; et l’archiduc Charles (depuis Charles VI), fils de l’empereur Léopold Ier, et arrière-petit-fils de Philippe III. Outre que le premier était plus rapproché de la couronne d’un degré, il était déclaré roi d’Espagne par le testament de Charles II : son rival faisait valoir la renonciation de Marie-Thérèse, femme de Louis XIV, et les traités de partage conclus à plusieurs reprises entre le roi de France et Léopold, 1668, 1698, 1700; mais la validité de la renonciation était subordonnée au paiement de la dot, qui n’avait poiut été effectué, et le testament, comme la nation espagnole, repoussait toute idée de démembrement. L’équilibre européen paraissant également menacé, si l’un ou l’autre avait toute la monarchie, un démembrement était pourtant inévitable, et la guerre finit par l’amener. L’Europe craignait surtout la France, dont la grandeur l’effrayait déjà, et dont le roi, malgré le testament, conservait à Philippe V ses droits à la couronne ; un e coalition naquit de cette inquiétude : l’Angleterre, la Hollande, la Prusse, presque tout l’Empire, 1701-2, le Portugal et la Savoie, 1703, se mirent du côté de l’Autriche. — Les succès furent d’abord balancés, 1701-1704. Si deux provinces espagnoles , les Pays-Bas et le Milanais, furent envahies par les deux grands généraux de la coalition , l’Anglais Marlborough et le prince Eugène de Savoie, vainqueur de Catinat à Carpi, 1701, le duc de Vendôme, successeur de l’inhabile Villeroi, ne tarda pas à chasser les Impériaux de la seconde, et s’empara de la plus grande partie du Piémont. En Allemagne, Villars remporta les deux grands succès de Friedlingen et d’Hochstedt , 1702- 1703; il aurait pu marcher surVienne, lorsqu’on le rappela pour finir la guerre des Camisards. La fortune alors abandonna les armes françaises, et , sauf les batailles de Cassano près de Milan (Vendôme sur Eugène, 1705), de Calcinato près de Brescia (Vendôme, 1706), et d’Almanza en Espagne (Berwick sur l’archiduc Charles, 1707), il n’y eut plus, pendant longtemps, de victoires que pour les alliés: celle de Hochstedt, où Eugène et Marlborough sauvèrent l’Autriche en battant Talîard et Marsin, 1704; celle de Turin (Eugène sur La Feuillade et Marsin, 1706), qui amena la perte de l’Italie entière; celle de Ramillies (Marlborough sur Villeroi, 1706), qui nous enleva décidément les Pays-Bas ; celles d’Oudenarde et de Malptaquet, où Vendôme et Villars furent eux-mêmes successivement repoussés, 1708, 1709, par les deux grands capitaines réunis, et dont la première amena la perte d’une partie de la Flandre française. Enfin les victoires de la France à Villaviciosa en Espagne (Vendôme sur Staremberg, 1710), et à Denain dans le Hainaut (Villars sur Eugène, 1712), la disgrâce de Marlborough et l’arrivée des torys, ses adversaires, dans les conseils de la reine Anne, l’avénement de l’archiduc Charles, le prétendant d’Espagne, à la couronne impériale, 1711, amenèrent les traités d’Utrecht, de Rastadt et de Bade, 1713-14. Philippe V avait l’Espagne et ses colonies; Charles VI. les Pays-Bas espagnols, Naples, la Sardaigne et le Milanais ; la Sicile passait au duc de Savoie, avec le titre de roi ; Minorque et Gibraltar restaient à l’Angleterre, qui s’en était emparée, et à qui nous cédions nous-mêmes en Amérique l’Acadie (Nouvelle-Ecosse) et Terre-Neuve. Ce fut en vain que, quelques années plus tard, Albéroni, profitant du refus que faisait l’empereur, de reconnaître Philippe V, voulut rendre à l'Espagne ce que l’Autriche lui avait eidevé : la Triple et la Quadruple alliance amenèrent sa chute, et les traités conclus furent reconnus par toutes les puissances.

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