‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 531 sur 864 · SOUVERAINS DE LA SUEDE · texte numérisé non relu

SOUVERAINS DE LA SUEDE

Temps mythologiques.

Famille d'Ynglinga.

Familles d'Ivar et de Sigurd.

Régents suédois pendant l’union.

Sigurd Ring.

Ragnar Lodbrog.

Bjorn Jernsida.

Erik Bjornsson et Refil.

Erik Refilsson.

Fmund et Bjorn 829

Erik Emundsson, m.. 885

Bjorn Eriksson 935

Erik Segersàll 993

Olaf Skotkonung 1024

Anund Jakob 1052

Emund le Vieux.

Famille de Stenlcil.

Stenkil, mort en 1066

Hakâh le Rouge.

Inge l’ancien et Halstan.

Philippe (mort en 1118) et Inge le Jeune.

Familles de Sverlcer et d’Eric le Saint.

Sverker, mort en. . . . 1155 Erik le Saint, m.en. . 1160 Charles Sverkersson. . 1168 Ivanut Eriksson ..... 1 195 Sverker Carlsson, m . . 1210

Erik Knutsson, m. en. 1216 Jean Sverkersson, m. 1222 Erik Eriksson, m.en. 1250 Les Folkungs.

Valdemar ( déposé) ,

meurt en 1302

Magnus Ladula s 1290

Birger Magnusson (déposé) 1321

Magnus Eriksson (déposé), m. en 1374

Rois étrangers et de l’union.

Albert de Mecklembourg, roi en 1363 (déposé en 1389) ,

mort en 1412

Marguerite, élue en Suède, 1388, fonde l’union, 1397, morte

en 1412

Erik de Poméranie, élu en Suède, 1396, déposé en 1434, mort

Christophe de Bavière, élu en Suède, 1410,

mort en 1-148

Christian Ier d’Oldenbourg, roi en Suède en 1457, déposé en 1464, mort en 1481

Jean, élu en Suède,

1483, en possession du trône en 1497 , déposé, 1501, m. en 1512 Christian II le Tyran, reconnu en Suède,

1499, en possession du trône, 1520, déposé, 1521, m.en... 1559

Engelbrekt Engelbrektsson, 1434, m.

en 1438

Charles Knutsson Bonde, régent, 1436-1441 Bengt Jonsson et Nils Jônsson (Oxenst-

jernal , régents 1448

Charles Knutsson, roi de Suède, 1448, de Norvège, 1449-1450, déposé en 1457 et 1465, rétabli en 1464 et 1467, mort en. . . 1470 L’archevêque Jons Bengtsson ( Oxenstjerna), prince et régent de Suède, 1457-65-66 L’évêque Kettil Carlsson (Wase), régent, 1464 Erik Axelsson ( Tott ) , régent, 1466-67.

Stenon Sture l’ancien , régent, 1471-97,

1501, mort en 1503

Svante Nilsson Sture, régent, 1504, m. en 1512 Sten Svantesson Sture, régent, 1512, m. en 1520 Famille de Vasa.

Gustave Ier, mort en. 1560 Erik XIV (déposé), empoisonné en. 1577

Jean 111 , mort en. . . . 1592 Sigismond, roi de Pologne, déposé, 1604, mort en 1632

Charles IX , régent pendant l’absence de Sigismond , roi en 1604, mort en.. 1611 Gustave II Adolphe le

Grand 1632

Christine, abdique en 1654, meurt en. . . . 1689

Famille de Deux-Ponts.

Charles X Gustave, m. 1 660

Charles XI 1697

Charles XII 1718

Ulrique Eléonore, 1719, abdique en 1720 en faveur de son mari Frédéric 1er.

Famille de Ilesse-Cassel.

Frédéric Ier, roi en 1720, mort en 1751

Famille de IJolstcin- Gottorp.

Adolphe-Frédéric, m. 1771

Gustave III 1792

Gustave IV Adolphe, déposé en 1809, m. 1837 Charles XIII, m. en... 1818

Famille de Ponte-Corvo.

Charles XIV Jean (Bernadotte), m.. . 1844

Oscar Ier, m 1859

Charles XV. A. G.

SUÉNON Ier, dit Tyfve-skeg (barbe fourchue), roi de Danemark, 985-1014, demanda à son père Harold une partie du royaume à gouverner, et, sur soix refus, se révolta, et le tua d’un coup de flèche. Suénon rétablit les idoles, dévasta la Saxe, puis l’Angleterre, qu’il soumit au Danegeld (V. ce mot), et se fit même, dit-on, couronner roi à Londres. Son fils Canut le Grand lui succéda.

suénon il estrithson, roi de Danemark, 1047-1074, fils d’Estrith , fille de Suénon Ier. Désigné pour la vice-

SUE

SUE

royauté, puis pour le trône par Magnus Ier, il lui succéda. Après une guerre de plusieurs années contre Harald, roi de Norvège, il envoya contre Guillaume le Conquérant son frère Esbern , qui prit York , puis se laissa gagner à prix d’or. Sous Suénon II commença la lutte entre l’Eglise et le trône; Adalbert, archevêque de Brème, le força de se séparer de Gytlia, fille du roi de Suède Jacques Amund, sa parente et sa femme, puis l’engagea dans l'alliance de l’empereur Henri IV ; mais ses soldats refusèrent de combattre les Saxons. Ayant fait assassiner dans une église de Roskild plusieurs seigneurs, l’évêque de cette ville le soumit à une longue pénitence. Adam de Brême, qui l’a vu, vante sa science, ses efforts pour convertir les pays voisins, et ne blâme que son incontinence. A. G.

suénon ni, roi de Danemark, 1147-57, était fils d’Eric Emund. Il lutta pendant tout son règne contre Canut V ( V. ce mot) , et fut enfin battu àGrathe, près de Viborg, par Valdemar, et tué dans un marais. A. G.

SUESSA AURUNCA, auj. Sezza, v. des Aurunces, dans le Latium nouveau, à l’E. de la voie Appienne, entre Minturnes et Teanurn, au milieu d’une contrée ravissante, appelée Vescinus aqer (d’où la ville s’est appelée jadis ellemême Vescia ) , et sur le penchant occidental du mont Massique, l’atrie de Lucilius. Colonie romaine dès la guerre du Samnium , mais colonisée de nouveau ensuite sous le nom de Julia felix.

SUESSA pomeiia , anc. v. des Volsques, dans le Latium nouveau, au S. de Forum Appii, conquise par les Romains dès le règne de Tarquin le Superbe, et plus tard prise encore et détruite par C. Servilius, et, dès lors, comptée par Pline parmi les 23 villes depuis longtemps détruites dans le territoire des marais Pontins, qui auraient pris leur nom d’elle, au lieu que Strabon parle do Suessa comme d’un lieu encore existant.

SUESSJONS, Suessiones, peuple de la Gaule (BelgiqueIIe, au S.), entre les Véromanduens au N., les Bellovaques à l’O. , les Catalauniens au S., et les Rèmes à l’E. ; villes princip. : Noeiodunum ou Suessiones ou Augusta Suessionum (Soisscnsl. Leur territoire forma plus tard le Soissonnais.

SUESSULA , auj. Maddaloni, v. de Campanie, à 16 kil. S.- E. de Capoue.

SUÉTONE, C .tus Suelonius Tranquillus, biographe latin, qti parait êtr^ né au commencement du règne de Vespasitu, entre l’an 815 et 826 de Rome, fut secrétaire d’Adrien, qui le renvoya pour avoir montré peu de respect à l'impératrice Sabine. Il fut aussi tribun d’une légion. Il avait écrit 'es Pies des Douze Césars , celles des Grammairiens et des Rhéteurs illustres, des Poêles, et des Rois; il nous reste les Douze Césars, un passage des Grammairiens, quelques Rhéteurs, et quelques fragments des Poêles. Suétone, dans ses Césars, ne suit pas l’ordre chronologique, et ne relève les anecdotes d’enfance que lorsqu’elles sont importantes pour faire connaître le prince. A cette époque, toute l'histoire était tellement renfermée dans celle des chefs de l’Etat, qu’en ne s’occupant que d’un homme, il se trouve avoir fait l'histoire de l’Empire romain. Il a une grande perspicacité, connaît bien les hommes, a compulsé les Mémoires du temps et les titres de famille, analysé très-exactement la vie des princes; mais c’est un anecdotier plutôt qu’un biographe , et il n’a aucune des qualités qui pourraient lui mériter le titre d’historien qu’on lui donne vulgairement. Ses récits, agencés sans art, sont, en outre, faits avec une impassibilité que n’émeuvent ni les vertus, ni les crimes. Les principales éditions de Suétone sont celles de Rome, 1470, in-fol. ; de Paris, ad usum Delphini, 1684, in-4» ; de Duker, Leyde, 1751, 2vol. in-8»; deWoll, Leipzig, 1802, 4 vol. in-8»; de Baumgarten-Crusius, 1816-18, 3 vol. in-8; de Hase, dans la Bibliothèque latine de Lemaire, 1828, 2 vol. in-8». R a été traduit en français par Laharpe, 1770; Delisle de Sales , sous le pseudonyme d’Ophellot de la Pause, 1771; Maurice Lévesque, 1807 ; de Golbéry dans la BibltOih. laline-'rançaise de Panckoucke, 1832-33, 3 vol. in-8°; F Pessonneaux, 1856, in-18. V. Almeida, In Sueto nium... commentalionesv ni, La Haye, 1727, in-4°; Krause, De C. Suetonii fanlibus et aucloritate, Berlin, 18.31, in-8°; Schwelger, De (ontibus alque aucloritate vitarurn xu ituperatorvm Suetonii commentait, Gœttingue , 1830, in -4°; Foret , Examen littéraire des Douze Césars de Suétone , Paris, 1819. D — R.

SUETONIUS PAULINUS, habile général romain, soumit, pendant le règne de Claude, la Mauritanie révoltée, réduisit, en 59 ap. J.-C. , plusieurs peuples de Grande- Bretagne, conquit Mena (Anglesey) malgré les Druides, vainquit les Icènes révoltés sous la conduite de Roadicée, et fut rappelé par les intrigues du procurateur de Bretagne. En 69, chef de l’armée de l’empereur Othon, il

perdit la bataille de Bédriac contre Vitellius, et voulut se taire, auprès de ce prince, un mérite de sa défaite, comme s’il l’eût volontairement préparée.

SUETRES, Suelri , peuple de la Gaule (Alpes Maritimes^; v. princip.: Salinœ, auj. Saillans (Var).

SUEVES, Suevi, grand peuple de l’anc. Germanie, dans le groupe des Ilermions ( V. Germanie). En 406 ap. J.-C., une partie se réunit aux Burgondes, aux Vandales et aux Alains pour envahir la Gaule, passa avec les deux derniers peuples en Espagne, 409, et, sous la conduite d’Hermanric, fonda, au N.- O. de la péninsule, un royaume qui s’étendit bientôt sur la Lusitanie, mais que Léovigilde, roi des Wisigoths, détruisit eu 585. D'autres Suèves, compris dans la confédération des Alémans , ont laissé leur nom à la Souabe.

suèves (Mer des), nom donné quelquefois par les Anciens à la mer Baltique.

SUEVIA , nom latin de la Souabe.

SUEZ , en arabe Soueys, anc. Arsinoé ou Cleopatris, v. de la Basse-Egypte, sur la côte S. de l’isthme de son nom, port peu profond sur le golfe de Suez (anc. golfe d’tléroopolis), qui forme l’extrémité N.- O. de la mer Rouge, à 133 kil. E. du Caire, et à 120 kil. de toute terre cultivée; par 29» 58’ 37” lat. N. et 30° 11’ 4” long. E. ; 5,0ü0 hab. Chantiers de construction pour le cabotage entre cette ville et Djiddah. Station des paquebots anglais pour Bombay et Calcutta. Entrepôt du commerce du Caire avec l’Inde et la Syrie ; ce commerce se fait par caravanes, et donne environ 100,000 charges de chameaux , aller et retour. La ville est mal bâtie, et d’aspect misérable; on y manque d'eau et de végétation. Elle reçoit , chaque année, pour 25 millions de fr. de marchandises de transit, et 20,000 voyageurs, anglais, ou pèlerins de la Mecque,

— Chemin de fer pour le Caire et Alexandrie. B.

suez (Isthme de), langue de terre qui joint les continents asiatique et africain, entre la mer Rouge et la Méditerranée; largeur, 117 kil. Ses deux points extrêmes sont l’éluse et Suez. Il forme une dépression longitudinale, résultat de l’intersection de deux plaines descendant par une pente insensible, l’une de l’Egypte, l'autre des premières collines de l’Asie. Sol sablonneux, très-accidenté, et où l’on rencontre plusieurs lacs salés.

suez (canal de) , dans l’antiquité, au moyen âge, et à l'époque du règne de Napoléon III. Sésostris eut le premier L’idée de joindre, par un canal, la Méditerranée et la mer Rouge, mais en se servant de l’intermédiaire du Nil. Les travaux , commencés par lui , furent poursuivis par * Néchao, Darius 1er, Btolémée Philadelphe, et terminés sous les premiers Lagides. Le canal partait de la branche orientale ou Pélusiaque du Nil, aux environs de Bubaste, et débouchait à Arsinoé (Suez;, à la pointe du golfe Arabique. Sa longueur était de 200 kilom. environ; sa profondeur, de 10 mèt.; et sa largeur, calculée pour donner passage à deux trirèmes de front. L’Océan étant, par ses marées seulement, plus haut que la Méditerranée, des écluses rachetaient le dénivellement. Pendant les révolutions que subit l’Egypte, à l’époque romaine, le canal fut abandonné et s’obstrua; Trajan et Adrien le rendirent de nouveau navigable, et leurs successeurs l’entretinrent jusqu’au commencement du vie siècle. Il était encore obstrué lorsqu’au vu* siècle les Arabes conquirent l’Egypte. Amrou, lieutenant du calife Omar, le fit recreuser, et porta la prise d’eau vers le Vieux-Caire, ce qui produisit un cours de 320 kilom. Le canal fut abandonné de nouveau quand les califes allèrent résider à Damas, et qu’ils voulurent faire prendre au commerce la direction du golfe Persique et de l’Euphrate. Le calife Al-Mançour en fit fermer l’embouchure, l'an 775 de J.-C., et par là le ruina tout èt fait. 11 reste encore des traces visibles de ce canal. — Canal maritime de Suez (en construct auj., 1860). 11 fut conçu par M. Ferd. de Lesseps en 1854, étudié et tracé en 1855 par deux ingénieurs français au service de l’Egypte , MM. Linant-Bey et Mougel-Bey, autorisé en 1856 par Mohammed- Said , vice-roi d'Egypte. Suivant le projet, le canal irait de Péluse à Suez, en suivant une ligne un peu serpentine. Sa longueur serait de 160 kilom., environ; il aurait 75 mèt. de large à la ligne d’eau, 6 mèt. de tirant d'eau à basse mer, et 710,50 à mer haute. A Péluse et à Suez, il entrerait dans la mer au moyen d’une double digue en pierre, de 6,000 mèt., et de 4,500 mèt., pour atteindre les points où l’eau a 7 à 8 mèt. de profondeur, nécessaires aux gros navires. Ces deux embouchures seraient pourvues chacune d’une écluse de passage, les seules du canal , et pouvant servir d'écluse de chasse pour combattre les ensablements; une digue à pans, jetée en avant dans la mer, le3 protégerait contre les tempêtes. La dépense de cette mur

SUF

SUI

gnifique entreprise est évaluée à 200,000,000 de fr., y compris un canal de navigation fluviale et d’irrigation, dérivé du Nil, qui a été ouvert en 1862. O. D — Y.

SUFFIt TES. F. Carthage et Phénicie.

SUFFET1US. F. Métitjs Fuffétius.

SUFFETULA. F. Spaitla.

SUFF1BU1.UM, voile de Vestale chez les anc. Romains. Il était blanc, quadrangulaire, bordé de pourpre, et descendait .jusqu'au jarret. C. D — y.

SUFFOLK (Comtes de), titre successivement porté par les familles anglaises de la Pôle ou de Poil, 1388, de Brandon, 1513, et de Howard, 1603.

SUFFoi.k (William pôle, comte, puis marquis et duc de), servit sous Henri V contre la France, se signala au siège de Rouen en 1419, reçut, en 1429, le commandement en chef des troupes qui assiégeaient Orléans . et fut contraint par Jeanne d’Arc de se retirer; la même année, elle le battit encore et lui enleva Jargeau. Plus tard, il fut accusé de trahison et de concussion, et décapité, 1451.

Suffolk (Charles brandon, duc de), ami d’enfance et favori de Henri VIII, fut créé duc en 1513, ramena de France, après la mort de Louis XII, Marie d’Angleterre, jeune veuve de ce prince, lui plut, et obtiut sa main, 1515.

suffolk, comté de l’E. de l’Angleterre, entre la mer du Nord à l’E., les comtés de Norfolk au N., de Cambridge à PO., et d’Essex au S.; 90 kil. sur 45; 336,271 hab. Rivières : l’Ouse et la Waveney qui le bornent au N., la Stour qui le limite au S. Ses manufactures de laine ont décliné. Fabr. d’étoffes de soie à Hadleigh et Glemsford. Exploit, de pierres à feu à Brandon. Récolte de houblon. Beau bétail. Capitale, Ipnvicli ; villes princip. : Bury-S'-Edmund, Woodbridge , Framlingham , Mildenhall, Brandon, Lavenhain, Stowmarket, l.owestoft.

SUFFRAGE UNIVERSEL, système de vote par l’universalité des citoyens pour l’élection des représentants et des magistrats, l’adoption des lois ou des mesures d’intérêt général. 11 était d’usage chez les Anciens, dans les républiques démocratiques, particulièrement en Grèce ( V . Lycurgue, Solon), et à Rome, pour tous les citoyens, quelquefois avec une restriction d’âge pour les vieillards (F. Cjté romaine). Il embrassait toutes les magistratures. — Le suffrage universel fut introduit pour la première fois en France par la Constitution de 1791, mais pour les citoyens inscrits au rôle de la garde nationale et payant une contribution équivalant à 3 journées de travail. Us élisaient directement les magistrats municipaux, et choisissaient seulement les électeurs chargés d’élire aux fonctions supérieures. — La Constitution de 1793 ne mit aucune condition à l’aptitude de l’électeur, et rendit toutes les élections directes; — celle de l’an m rétablit les restrictions de 1791; — celle de 1 an vin, et l’acte de 1802 qui la modifia, n’exigèrent aucune contribution pour le droit de suffrage, mais établirent trois degrés d’élection (F. Constitution de l’an vin), qui, en rebutant les citoyens, rendit ce droit à peu près illusoire. — Le suffrage universel direct a été proclamé de nouveau à la révolution de 1848, par décret du 5 mars du gouvernement provisoire; la loi organique du 19 mars 1849 le régla ; celle du 31 mai 1850 le modifia; et la Constitution (lu 14 janvier 1852, du second Empire, l’a maintenu : il s’applique à l’élection des membres du Corps législatif, des conseils généraux et des conseils municipaux, et tout citoyen majeur de 21 ans, jouissant de ses droits civils, peut l’exercer. — Le suffrage universel a été employé encore dans des circonstances extraordinaires, telles que le vote sur les Constitutions de 1793, de l’an m et de l’an vni; sur le Consulat à vie, 1802; l’établissement de l’Empire, 1804; la présidence et les pouvoirs extraordinaires de Louis-Napoléon, décembre 1851; le rétablissement de l’Empire, décembre 1852.

SUF FRLN-SAIN l’-TROPEZ (Pierre-André, bailli de),

I un des plus grands hommes de mer de la France, né en 1726 au château de Sl-Cannat (Provence), m. en 1788, entra dans la marine royale en 1743, fit plusieurs campagnes contre les Anglais, devint enseigne en 1747, et tomba entre leurs mains au combat de Belle-lsle en 1748.

II fut admis dans l’ordre de Malte en 1749, y obtint le titix de bailli, servit avec distinction sur l’escadre de La Galissonniere, contribua à la prise de Mahon en 1756. En 1765, il fit partie de la malheureuse expédition de Larache. Commandant do vaisseau, en 1778, dans la flotte del amiral D’Estaing, qui allait seconder Haider-Ali dans les Indes, on lui confia, en 1781, cinq navires, à la tête desquels il ruina au Cap l’escadre du commodore Johns-

ton. Nommé chef de l’escadre des Indes, 1782, il fit alliance avec Haider-Ali, livra en sept mois quatre combats à l’amiral anglais Hughes, prit Négapatam et Trinquemale, et maintint sa supériorité jusqu’à la paix de Versailles, 1783. Ou créa pour lui une 4e place de vice-amiral, qui fut supprimée après sa mort. F. Roux, Le bailli de Suffren daiis l'Inde, 1863, in-8°. — Son frère, Louis-Jérôme Suffren, né en 1722, évêque de Sisteron, puis de Nevers, fit creuser en 1780, aux environs de Sisteron, un canal qui a gardé son nom , et dont l’établissement a donné une valeur considérable au pays.

SUGER (L’abbé), né d’une famille pauvre, vers 1080, près de S*-Omer (comté de Flandre), ou à S1- Denis en F- rance, ou à Touri, dans la Beauce, m. en 1 152, fut condisciple de Louis VI à l’abbaye de Sl-Denis, dont les moines l’avaient accueilli et élevé. Nommé abbé en 1123, il réforma, sur l’invitation de S1 Bernard, ce monastère, puis, ministre et conseiller de Louis VI et de Louis VII, rendit une sévère justice, corrigea les lois, dirigea les négociations extérieures et la guerre, et seconda enfin l’essor de la révolution communale. Pendant la 2e l’roisade, qu’il avait désapprouvée, il fut investi de la régence du royaume, 1 147-49, et mérita le nom de Pèrede la Pairie, que Louis VJI lui donna le premier. Suger blâma le divorce de Louis VII. Lui-même, en 1152, cédant aux sentiments de l’époque, il prêcha et prépara une Croisade ; 10,000 pèlerins étaient rassemblés, quand il mourut, à 70 ans environ. Pendant les dix dernières années de sa vie, au milieu du tumulte des affaires et de l’opulence de sa haute position, il vécut dans les rigueurs de la plus austère piéié. On a de Suger une Vie de Louis VI, en latin, quelques écrits sur l’administration de l’abbaye de Sl-Denis, et des Lettres, où il est partial pour les rois (F. les Collections de Duchesne, t. iv, de Martèue, et de M. Guizot, t. vm). Suger, politique habile, affermit la puissance royale à l’intérieur et à l’extérieur, éleva la condition des paysans, protégea l’agriculture, le commerce, l’industrie, et posa les premiers fondements de l’administration publique et des finances. Le premier, dit-on, il fit recueillir les Grandes Chroniques de S1 Denis, achevées sous Louis IX, et commença une réédification de la cathédrale de Sl-Denis, 1140. F. Histoire de Suger , par D. Gervaise, Paris, 1732; Garat, Eloge de Suger, 1778; F. Combes, l'Abbé Suger, histoire de son ministère et de sa régence, 1853, iu-8°; M. P. Clément, Portraits historiques, Paris, 1855, in-8°; A. Huguenin, Suger et la monarchie française au xiff siècle, Paris, 1857, in-8°.

SUGGl Sl’US ou SUGGESTUM, espèce de grand piédestal pour haranguer la foule, chez les anc. Romains; c’était, dans les \illes, une construction permanente, en pierre : les fameux Hosties de Rome (F. ce mot ) étaient un Suggestum; et dans les camps une construction de gazon, de pierres sèches, ou un échafaud de bois. C. D — y.

SUF1L, v. des Etats prussiens (Saxe), à 50 kil. S. -O. d’Erfurt, sur l’Aue ou Lauter; 7,000 hab. Direction et tribunal des mines. Forges à fer, fabr. d’armes renommées, de quincaillerie, et de cuirs.

SUFIM (Pierre-F’rédéric), historien, né à Copenhague en 1728, m. en 1798, fils d’un amiral, fut assesseur au tribunal de la cour en 1748, puis gentilhomme de la chambre, conseiller de conférence, chambellan, et enfin historiographe royal. Ses plus importants ouvrages sont : Essai de quelques améliorations dans l’ancienne histoire danonorvégienne, 1 vol. in-4°, 1757 ; Esquisse historique sur l’origine des peuples, introduction à i histoire de ceux du Nord,

1 vol. in-4°, 1769; De. l'origine des peuples du Nmd, 1 vol. in-4°, 1770, d’Odin et de la mythologie Scandinave, 1 vol. in-4°, 1771; Histoire de l'émigration des peuples du Nord,

2 vol. in-4°, 1772-3; Histoire critique du Danemark au temps du paganisme, 4 vol. in-4°, 1774-81; Histoire du Danemark , 14 vol. in-4° (jusqu’à 1400), 1782-1824. Il a fait imprimer, 1789 et 1794, en arabe et en latin, des Annales moslemici Abul-fedæ, traduites par Reiske, et les 4 derniers vol. des Sciiptores rerum danicarum de Langebek. A. G.

SUIDAS, lexicographe grec dont la patrie et l’époque sont inconnues, et que l’on suppose généralement avoir vécu vers le Xe siècle. 11 est auteur d’un Lexique historique, biographique, et géographique, où l’on trouve une foule de details sur les écrivains de l’antiquité, dans tous les genres, et un assez bon nombre de passages d’auteurs auj. perdus. Les meilleures éditions sont celles de Ludolf Kuster, Cambridge, 1705, 3 vol. iu-fol , avec la traduction latine de Jér. Wolf, revue par Portus: de Gaisford, Oxford, 1834, 3 vol. iu-fol.; et de Beruhardy, Halle, 1834-45, 2 vol. in-4°. P— T.

SU1ND1NUM ou CENOMANI, v. de la Gaule (Lyonnaise 3e), capitale des Cénomans; aujourd’hui Le Mans.

SUÏ

SUI

SUINTILA, roi des Wisigoths d’Espagne, 621-31, par l’élection des grands, réforma les lois, protégea le peuple contre l'oppression des ducs et des comtes, chassa des Algarves les Romains de l’empire d’Orient, mécontenta la nation en associant au trône son fils Rieimer, encore enfant, et fut détrôné par Sisenand, gouverneur de la Septimanie.

SUIOXES, anc. peuple de la Scandinavie, originaire, à ce qu’on croit, de la Germanie, parait avoir donné son nom à la Suède, qu’on appelait Sueonia au moyen âge.

SU1PACHA, riv. de Bolivie. V. Juan (San-).

SUIl’PES, ch.-l. de canton (Marne), arr. et à 24 kil. N.-N.-E. de Châlons, sur la Suippe; 2,150 hab. Filatures de laines; fabriques de châles, mérinos, flanelles et napolitaines. Commerce de bestiaux, grains et laines.

SUIR, riv. d’Irlande (Munster), naît dans le comté de Tipperary, passe à Waterford, et se joint au Barrow pour former le havre de Waterford ; cours dt 155 kil., navigable depuis Carrick.

SUISSE ou CONFÉDÉRATION HELVÉTIQUE, Helvelia des Anciens, Etat de l'Europe centrale, bornée au N. par le grand-duché de Bade, dont elle est séparée par le Rhin, au N.-E. par le lac de Constance, qui la sépare du Wurtemberg et de la Bavière, à l’E. par le Tyrol et la principauté de Lichtenstein, au S. par les Alpes qui la séparent de l’Italie, à l’O. par la France (Haute-Savoie, Ain, Jura, Doubs, Haut-Rhin), dont elle est séparée par les Alpes, le Léman, le Rhône, le Jura, et le Doubs, entre 3° 4P et 8° 5' long. E., 45° 50' et 41° 50' lat. N.; 348 kil. de l’O. à l’E., sur 212 du N. au S. Superf. : 41,418 kil. carrés. Pop. : 2,534,240 hab. Cap., Berne, siège du pvt fédéral; c’était avant 1848, alternativement Berne, Zurich, et Lucerne, chacune pendant 2 ans. — Description physique. La Suisse est un des pays les plus montagneux de l’Europe, et le plus élevé, avec le Tyrol et la Savoie. Les Alpes centrales en couvrent la plus grande partie, et en font une des plus belles et des plus curieuses contrées du monde. Elles s’y divisent en groupes ou massifs du S1- Bernard, des Aiguilles-Rouges, du Simplon, du Sl-Gothard, du Finsteraarhorn, et du Selvretta. Le Jura traverse les cantons de Vaud, Neuchâtel, Berne, Soleure, Bâle et Argovie, du S.-O. au N.-E. On donne le nom de plateau de la Suisse (Hochebene) à une plaine onduleuse qui commence à l'extrémité N. du lac de Genève, se continue jusqu’au lac de Constance, et se termine à la TFasser Scheide, chaîne de collines boisées entre le Rhin et le Danube. L’altitude de ce plateau varie de 250 à 390 mèt. — Les glaciers des Alpes sont les réservoirs qui alimentent les plus grands fleuves de l’Europe, et la Suisse est proportionnellement la contrée européenne la plus riche en eaux. Le Rhin et le Rhône prennent naissance au S‘-Gothard. Le Rhin reçoit l’Aar, dont le bassin s’étend de l’O. à l’E. depuis le lac de Joux jusqu’à la frontière des Grisons, et qui, grossi de iiLimmatet de la Reuss, apporte au fleuve les eaux de 14 cantons. Le Tésin traverse le canton auquel il a donné son nom ; l’Inn arrose une partie de la Valteline et du pays des Grisons. La plupart de ces cours d’eau sont en partie navigables. — La Suisse renferme un nombre considérable de lacs ; les principaux sont ceux de Genève , de Constance, de Neuchâtel, de Lucerne ou des Quatre-Cantons , de Zurich , de Lugano , de Thun , de Bienne , de Brienz , de Morat, de Zug- , de Wallenstadt, de Sempach, de Hallweil , etc. On compte dans les Hautes-Alpes plus de 60 petits lacs, entre 660 et 1,600 mètres au-dessus du niveau de la mer. — Les canaux sont au nombre de sept : ce sont ceux de Mœllis et de la Linth, conduisant les eaux de la Linth dans le lac de Wallenstadt; d’Entreroches , destiné à réunir le lac de Neuchâtel au lac de Genève ( inachevé ) ; de Stockalper, de la Kander, de la Lütscliine, du Renggbach, delaGlatt. — Le climat de laSuisse est généralement froid; il varie beaucoup, suivant le degré d’élévation et l’exposition des lieux ; en 8 ou 10 heures de marche , on passe du froid le plus rigoureux à la température des contrées méridionales : dans certaines localités le thermomètre centigrade monte jusqu’à -(- 31 ; dans quelques endroits il est descendu jusqu’à — 31. La pluie est tout aussi inégalement répartie. La température moyenne des villes principales est de + 8° 50 pour l’été , et de — 10» 25 pour l’hiver. Elle est, au S‘-Bernard , de 0°,99. En général, l’air est serein , pur et salubre , excepté dans les plaines ou les vallées basses et humides. Les orages sont fréquents et d’une violence extrême ; la grêle cause annuellement de grands ravages. Les tremblements de terre se font souvent sentir; on en compte près de 600 depuis le xvie siècle. — Quelques régions de la Suisse sont d’une grande fertilité; mais plus du quart de la superficie totale, occupé par

les eaux, les glaciers ou les rocs, est stérile. La récolte des grains est insuffisante, et le blé étranger entre pour un tiers dans la consommation. Quatre cantons seulement suffisent à leurs besoins : Lucerne, Fribourg, Soleure et Schaffhouse. La culture de la pomme de terre est considérable; sauf Uri, Untervalden, Appenzell et Bâle-Ville, tous les cantons récoltent ce qu’ils consomment. La Suisse produit du vin (Tésin, Valais, Zurich, 900,000 hectol.), des fruits, du chanvre et du lin, des plantes officinales, et beaucoup de bois. A mesure qu’on monte sur les montagnes, on voit la végétation changer et dépérir, les hommes et les troupeaux diminuer de taille et de force. Au pied de ces gigantesques barrières sont les richesses des campagnes cultivées ; viennent ensuite les noyers, les châtaigniers, et les arbres dont les feuilles tombent en automne ; la culture du froment y varie entre 1,250 et 1,350 mètres d’altitude. On trouve des chênes jusqu’à 900 mètres; les hêtres cessent en se rabougrissant à 1,465 mètres, et la forêt ne se compose plus que d’érables, d’épicéas, de sapins, et de sorbiers des oiseleurs ; les arbres verts, tels que le sapin et le mélèze, y cessent vers 1,800 mètres; on rencontre encore le bouleau vers 2,000 mètres, et le pin cembre vers 2,100 mètres. Au-delà ne se trouvent plus que d’humbles taillis , puis la verdure disparait insensiblement, les lichens seuls couvrent les rochers ; enfin la nature , longtemps chétive et laide , devient imposante et terrible , et montre , au-dessus des noirs sapins , une ceinture de neiges et de glace d’une prodigieuse élévation. Les vallées et les pentes moyennes présentent de vastes et excellents pâturages, qui nourrissent de nombreux troupeaux. On entretient annuellement près d’un million de têtes de gros bétail. Les bêtes à cornes ont envahi les hautes montagnes aux dépens des moutons et des chèvres. Le beurre et le fromage forment une branche importante de l’industrie du pays. Les animaux particuliers à la Suisse sont la marmotte , le bouquetin, et le chamois. Ces deux derniers deviennent trèsrares. Les lacs sont poissonneux. Les richesses minérales consistent en granit, marbre, albâtre, cristal, fer, cuivre , etc. Mais l’exploitation des mines n’est pas active. 11 y a beaucoup de sources minérales et thermales. On compte 246 bains , dont les plus renommés sont ceux de Baden (Argovie), Blumenstein, Gurnigel (Berne) , l’Alliaz, Bex (Vaud) , Lavey, Louesche (Valais) , Sl-Moriz (Grisons) , Pfœfers (St-Gall), etc.

Gouvernement. D’après la constitution du 12 septembre 1 848 , la Confédération se compose de 22 cantons souverains. Chaque canton s’administre d’après sa constitution particulière ; mais toutes les constitutions cantonales doivent assurer l’exercice des droits politiques d’après des formes républicaines, représentatives ou démocratiques. La liberté des cultes chrétiens, de la presse, du droit d’association et de pétition, est garantie. L’autorité est exercée par 3 pouvoirs : 1° Y Assemblée fédérale , composée de deux sections, le Conseil national et le Conseil des Etats ; 2° le Conseil fédéral, ou pouvoir exécutif; 3°le Tribunal fédéral. Le Conseil national se compose de députés élus directementpar le peuple (àraison d’un député par 20,000 âmes), pour 3 ans ; le Conseil des Etats se compose de 44 députés (2 par canton), et le Conseil fédéral, de 7 membres nommés pour 3 ans par l’Assemblée fédérale, et choisis parmi tous les citoyens éligibles au Conseil national. Le Tribunal fédéral est formé de 11 membres, nommés pour 3 ans par l’Assemblée fédérale ; il remplit la double fonction de Cour civile, où il juge les différends entre les cantons, entre la Confédération et un canton , etc. ; et de Cour d’assises, pour connaître des cas de haute trahison, des crimes contre le droit des gens, etc. Tout Suisse, âgé de 20 ans révolus, est électeur: tout électeur et laïque est éligible.

Armée. L’effectif de l’armée fédérale est, en 1862, de 186,389 hommes, dont 81,257 d’armée régulière; 43,284 de réserve; et 61,848 de landwehr.

Budget. Le budget de 1864 est de 17,806,300 fr. pour les recettes, et de 19,556,300 fr. pour les dépenses. Les budgets des cantons réunis l’emportent de moitié environ sur celui du pouvoir central. En 1850, la Suisse a adopté le système monétaire français. Voici la liste des cantons, par ordre d’admission dans la Confédération :

Cantons.

Chefs-lieux,

Zurich.

Zurich.

Berne.

Berne.

Lucerne.

Lucerne.

Uri.

Altorf.

Schwytz.

Schwytz.

TT . ,, l Oberwaldcn.

Unterwalden j Nidvvaldeu.

| Sarnen.

SUI

SUI

Cantons.

Chefs-lieux.

Claris.

Glaris.

Zoug.

Zoug.

Fribourg.

Fribourg.

Soleure.

Soleure.

Bâle \ vllle*

J Bâle.

( campagne.

Schaffhouse.

Schaffhouse.

. ,, ( Rhodes inter.

Appenzell j Rhodes extér.

| Appenzell.

Saint-Gall.

Saint-Gall.

/ Ligue Grise, j Ligue de la maison 1

Grisons ( de Dieu.

• Coire.

) Ligue des dix droi- j ( J tures. ;

Argovie.

Aarau.

Thurgovie.

Frauenfeld.

Tessin.

Bellizona.

Vaud.

Lausanne.

Valais (conféd. des 13 dizaines).

Sion.

Neuchâtel.

Neuchâtel.

Genève.

Genève.

Industrie et commerce. L'horlogerie et la joaillerie ont atteint, dans la Suisse française, un haut degré de perfection. Dans le N. et dans l’O., on s’occupe surtout de la fabrication des étoffes de soie (Zurich), des rubans de soie (Bâle|, des mousselines, indiennes, etc. (Sl-Gall et Schaflhouse); Berne fabrique les tissus de lin et de chanvre, le linge damassé, etc. l’iacée entre l’Allemagne, l’Italie et la France, la Suisse fait un commerce de transit considérable. Bille, Berne, Genève, Zurich, Lucerne, Coire, sont les places les plus importantes. La population ouvrière de la Suisse est de 296,218 hommes et 300,000 femmes et enfants, soit 25 pour 100 de la population.

Instruction publique. Elle est très-répandue : les parents sont tenus de faire instruire leurs enfants, sous peine d’amende et même d’emprisonnement. L’instruction est gratuite pour les pauvres à tous les degrés. La Suisse française fournit des instituteurs et des institutrices à tous les pays du N. de l’Europe. Les pensionnats sont nombreux, bien dirigés, et attirent un grand nombre d’élèves de l’étranger. Il y a trois universités, Bâle, Zurich, et Berne, organisées comme les universités allemandes, et à Zurich, une école polytechnique. Genève et Lausanne ont des Académies où se font des cours assez semblables à ceux de nos Facultés de France. On compte 8 lycées : Lucerne, Fribourg, Soleure, Schaffhouse, Sion, Lugano, Einsiedeln, Coire. L’Académie de Neuchâtel , et les maisons de Jésuites à Fribourg et à Sion, ont été supprimées en 1848. Les Universités et les Académies sont protestantes, et tous les lycées catholiques. La presse périodique a pris un développement considérable. 11 se publie plus de 200 journaux: 155 en allemand, 45 en français, 5 en italien, 1 en roman. Le journal officiel est la Feuille fédérale.

Populations et langues. La population est de 2,534,240 liab., dont 2,455,000 indigènes: elle appartient à quatre îaces distinctes, parlant chacune un idiome différent : les Allemands, qui occupent le N. et l’E., parlent un allemand assez rude, qui se divise en plusieurs patois; ils sont au nombre de 1,840,000, dans les cantons de Bâle, Argovie, Zurich, Schaffhouse, Thurgovie, S'-Gall, Appenzell, Lucerne, Zug, Schwytz, Uri, Unterwalden, Claris, et dans une partie de ceux de Soleure et de Berne. Les Français (590,000) occupent les cantons de Genève, Vaud, Valais, Neuchâtel, une grande partie de Fribourg, quelques vallées des cantons de Bâle et de Berne, une partie de Soleure; la langue y est parlée assez purement, et renferme seulement quelques idiotismes locaux. Les Italiens (138,500), sont répandus dans le Tésin, quelques vallées des Grisons, et une partie du Valais. Les Rhètes ou P.onians (45,000), qui habitent les Grisons, l’Oberland et l’Engadine, parlent la langue romane, sorte de latin corrompu. Malgré cette diversité de races et de langues, une longue communauté d’intérêts a fait de la Suisse une véritable nation, et donne à ce peuple une physionomie particulière. Sa constitution physique est vigoureuse, ses moeurs sont simples et laborieuses; son caractère est loyal, brave, et empreint d’un vif amour de la patrie.

Religions. Les trois cinquièmes de la population sont protestants ( 1,483,298 ) de la communion dite helvétique. Le reste (1,040,469) est catholique. Les cantons protestants sont : Bâle, Zurich, Schaffhouse, Genève, Vaud, Neuchâtel, Berne; les cantons catholiques : Soleure, Va-

lais, Tésin, Fribourg, Lucerne, Zug, Schwytz, Uri, Unterwalden ; les cantons mixtes : Argovie , Thurgovie , Sl-Gall , Appenzell, Grisons, Claris. On trouve encore en Suisse des Anabaptistes , quelques frères Moraves , et environ 4,000 Juifs; mais ceux-ci ne sont pas tolérés partout , et ne peuvent acquérir dans aucun canton le droit de bourgeoisie. La Suisse est divisée en 4 évêchés, qui relèvent directement du pape, et dont les sièges sont établis à Soleure ( sous l’ancien titre d’évêché de Bâle) , Coire, Sion, et Fribourg (résidence de l’évêque de Genève et de Lausanne). L’ordre des Jésuites et le-s sociétés qui lui sont affiliées ne peuvent être reçus dans aucune partie de la Suisse.

Histoire. Les Helvètes étaient une tribu gauloise indépendante. Soumise par César, l’Helvétie fit partie de la Grande- Séquanaise. Lors de l’invasion des Barbares, elle devint la proie des tribus germaniques. Comprise dans l’empire des FranUs, elle parvint à un degré de prospérité remarquable, mais qui s’évanouit sous les successeurs de Charlemagne. Lorsque Rodolphe III légua à Conrad le Salique les deux Bourgognes sous le nom de royaume d’Arles, 930, la Suisse fut comprise dans le legs, et devint province immédiate de l’Empire. L’administration en fut confiée aux ducs de Zæhringen. Mais la noblesse helvétique, tant ecclésiastique que séculière (les évêques de Coire et de Bâle, l’abbé de S‘-Gall et l’abbesse de Seckingen , les comtes de Zæhringen, de Kibourg, de Habsbourg, de Tockenbourg, etc.), profitant de l’éloignement ou de l’indifférence des empereurs allemands, conserva, sous une suzeraineté purement nominale, son ancienne indépendance, et menaça la liberté des bourgeois. Cependant , malgré les prétentions et les fréquentes attaques des seigneurs, les villes suisses avaient, au xne siècle, une certaine importance. Zurich était célèbre par l’activité de son commerce , et ne relevait que de l’Empire ; Bâle, quoique soumise à son évêque, jouissait des privilèges du gouvernement municipal ; Berne et Fribourg, dont la fondation ne remorttait pas au-delà du xne siècle, firent de rapides progrès, et, en 1218, Fribourg fut, ainsi que Zurich, élevée par Frédéric II au rang de ville libre impériale. Mais à partir de l’élévatioa du comte Rodolphe à l’Empire, 1273, la maison de Habsbourg devint toute puissante en Suisse. Les trois cantons forestiers d’Uri , Schwytz et Unterwalden , avaient choisi pour leur avoué Rodolphe, qui respecta et augmenta même leurs franchises. Albert Ier entreprit de convertir en souveraineté les droits de patronage que sa famille exerçait sur les trois cantons. L’insul tante tyrannie de ses baillis, et surtout d’Hermann Gessler, donna lieu à la formation de la Ligue helvétique. Trois héros, Stauffaeher de Schwytz, Furst d’Uri , et Melchthal d’ Unterwalden , chacun avec dix amis de son choix, se réunirent la nuit , sur la plage solitaire du Rutli, au bord du lac Waldstetter, sur les confins d’Uri et d'Unterwalden (7 nov. 1307), et jurèrent de s’armer pour les libertés de lTIelvétie. Au 1er jour de l’an 1308, le soulèvement éclata; les forts d’Albert furent rasés, ses baillis mis à mort ou chassés, et tous les habitants des trois cantons, s’étant réunis à leurs généreux défenseurs, arrêtèrent une ligue solennelle de dix ans. La mort d'Albert sur la Reuss, 1308, et la défaite de son fils Léopold dans les défilés de Morgarten , 1315, consolidèrent leur union et leur indépendance ; ils conclurent alors la ligue perpétuelle de Brunnen. Lucerne, 1332, rapprochée d’eux par sa position et des intérêts communs , Zurich , Glaris , 1351, Zug, 1352, et Berne, 1353, dont le gouvernement intérieur était républicain , entrèrent successivement dans la ligue. Dès lors, les huit cantons, surtout ceux de Berne et de Zurich, s’étendirent aux dépens de la noblesse rurale, qu’ils admirent plus tard aux franchises de leur commune. La Suisse devint ainsi un pays libre, bien que comprise encore dans les limites de la souveraineté nominale de l’Empire. Cependant, la maison d’Autriche n’avait pas renoncé à ses ressentiments ni à ses projets de conquête; les ba tailles de Sempach , 1386, et de Næfels , 1388 , furent sui vies de la trêve de Zurich . 1389 , qui régla les droits respectifs de la Confédération et de la maison de Habsbourg. Ces droits furent violés par les Suisses eu»-mêmes , qui , après avoir secoué le joug des princes autrichiens, voulaient s’agrandir à leurs dépens. L’empereur Frédéric III appela contre eux les bandes mercenaires de France (malandrins, routiers, Armagnacs); le Dauphin Louis (Louis XI) s’approcha de Bâle à la tête de 40,000 hommes; les cantons, qui, depuis deux mois, assiégeaient Zurich, alliée de l’Autriche, détachèrent 1,600 des leurs, qui furent écrasés à la bataille deSmacques, 1444. Mais le Dauphin, qui avait à se plaindre de Frédéric, fit la paix avec les Suisses, et cultiva dès lors

SUI

SUL

leur amitié. — A cette époque d’agrandissements territoriaux , les hostilités éclatèrent à l’intérieur. Zurich et Schwytz furent en guerre pendant dix ans, 1440-50. Tous les cantons prirent parti pour Schwytz, et de là vint le nom de Suisses [Schwitzer |, que l’usage rendit commun à tous les confédérés helvétiques. La paix fut conclue avec la France en 1453, et, en 1400, la Thurgovie fut conquise. — Bientôt la Suisse se vit menacée par Charles le Téméraire, duc de Bourgogne : tous les cantons s’unirent dans un même effort; la Lorraine et Strasbourg se joignirent à eux. Néanmoins ils n’étaient que 34,000 contre 60,000. Malgré l’infériorité du nombre, ils furent vainqueurs dans trois grandes batailles , àGranson, àMorat, 1476, et à Nancy, 1477. Modérés dans la victoire, ils refusèrent les offres de la Franche-Comté, qui voulait entrer dans la confédération , et ne se décidèrent pas sans difficultés à s’adjoindre deux nouveaux cantons, Fribourg et Soleure, 1481. C’est à cette époque que les Suisses commencèrent à se mettre à la solde des puissances étrangères. Leur bravoure éprouvée les faisait rechercher de tous côtés. La France, Rome et Venise eurent toujours dès lors à leur service de nombreuses troupes de mercenaires suisses. Les dissensions intérieures commençaient à renaître au sein de la confédération , lorsqu’un danger commun en resserra les liens. L’empereur Maximilien Ier voulait comprendre la Suisse dans la division en cercles qu’il venait d'organiser en Allemagne. Sur le refus des Suisses, il leur déclara la guerre, de concert avec la ligue de Souabe, 1498. Les Suisses furent huit fois vainqueurs en 8 mois, et, au traité de Bâle, 1499, l’Empereur dut se désister de ses prétentions. Bâle et Schaffhouse, 1501, Appenzell , 1513, furent admis dans l’alliance perpétuelle, et le nombre des cantons se trouva porté à treize. Les autres, tels que Sl-Gall, les Grisons, le Valais, Genève, Neuchâtel, Bienne, l’évêché de Bâle, et Mulhouse, ne figuraient dans la ligue générale qu’à titre d’alliés. Les pays sujets | Thurgovie, Argovie, bailliages italiens), ne jouissaient d’aucun droit politique. — En 1512, les Suisses, qui étaient au service de Maximilien Sforza, conquirent à son profit la Lombardie, et, en 1513, remportèrent sur les Français la victoire de Novare. Battus à leur tour à Marignan, 1515, ils conclurent avec la l’ rance, 1516, une alliance perpétuelle, qu’ils ont toujours religieusement observée. Le Tésin leur fut abandonné. — Cependant la Réformation avait pénétré en Suisse : Zwingle à Zurich, Œcolampade à Bâle, Farel et Calvin à Genève, propageaient les nouvelles doctrines; mais ils ne gagnèrent qu’une moitié de la population et une nouvelle guerre civile éclata. Zwingle périt à Cappel, 1531, où les petits cantons catholiques battirent les Zurichois. Malgré cette défaite, la Réformation triompha à Zurich, à Berne, à Bâle, et surtout à Genève, qui, s'unissant à Fribourg et à Berne, parvint à se soustraire à la domination des comtes de Savoie. En 1597, les dissenti ments religieux amenèrent la scission du canton d’Appenzell en deux parties distinctes : les Rhodes intérieures {catholiques), et les Rhodes extérieures (protestants). Tant de luttes avaient affaibli la confédération. Pendant la guerre de Trente-Ans, la France, l’Autriche et l’Espagne se disputèrent la Valteline et les Grisons, qui seraient tombés au pouvoir de l’une de ces puissances, sans la sagesse et l’énergie de Zurich et de Berne. Le traité de Westphalie, 1648, reconnut enfin solennellement la Suisse comme Etat indépendant. — La guerre civile qui éclata au commencement du xvme siècle entre les habitants de Tockenbourg et l’abbé de Sl-Gall , se termina par le triomphe des cantons protestants, 1712. Une paix générale lut conclue à la diète d’Aarau , au grand avantage des vainqueurs. La Suisse fut ensuite tranquille jusqu’à la Révolution française; mais alors l’agitation y devint générale, des troubles éclatèrent partout: en 1798, le Directoire exécutif de France, profitant de l’état du pays de Vaud, insurge contre Berne, y fit admettre nos soldats à titre de libérateurs, foutes les populations sujettes des 13 cantons se déclarèrent libres ; Berne tomba au pouvoir des Français; l’ancienne confédération fut dissoute; la Suisse forma, sous le nom d'Helvélie, une république partagée en 18 cantons égaux; Genève, Neuchâtel, l’évêché de Bâle, et Mulhouse, faisaient partie de la République française. — La Suisse devint le théâtre de la guerre entre les Français, les Autrichiens et les Russes. La victoire de Masséna à Zurich la maintint sous le joug de la France. En 1803, le 1er consul Bonaparte donna à la Suisse une organisation nouvelle : un Acte de médiation rétablit les cantons et tous les liens fédéraux; le nombre des cantons fut porté à 19; les 13 anciens, et les Grisons sans la Valteline), Argovie, Vaud, Sf-Gall, Thurgovie,

et le Tésin. Après la chute de Napoléon , 1814, l’ancienne Confédération fut rétablie sous la présidence de Zurich. Enfin une constitution , élaborée par la diète réunie à Zurich, fut signée, le 7 août 1815, sous le nom de Pacte fédéral. L’admission du Valais, de Neuchâtel et de Genève, demandée par le Congrès de Vienne, porta le nombre des cantons à 22. Le traité de Paris reconnut la neutralité perpétuelle de la Suisse, et lui garantit l'intégralité et l’inviolabilité de son territoire dans ses nouvelles limites. — La révolution française de 1830 fut pour la Suisse une occasion d’agitations nouvelles ; Bâle se morcela en Bâle- Ville et Bâle-Campagne , 1832. Le parti démocratique prouva l’accroissement de ses forces par la révolution du Valais en 1840 , les troubles du Tesin en 1841 , et ceux de Genève en 1846. La courte et sanglante guerre du Sonderbund ( V. ce mot ) amena la révision du pacte fédéral de 1815, et l’adoption de la constitution fédérale démocratique du 12 septembre 1848. F — x.

SUISSES (CENT-|. V. Cent-Suisses.

SUKONA , riv. de Russie. V. Soukhona.

SULAMITE (La). V. Sunamite.

SULGAS, nom anc. de la Sorgues.

SUL1A , riv. du Vénézuéla. V. Zulja.

SUL1AC (SAINT-), vge (Ille-et-Vilaine), arr. et à 10 kil. S.-E. de Sl-Malo, petit port sur la rive droite de la Rance ; 1,817 hab.

SUL1KOW ( Jean-Démétrius) , archevêque deLemberg, né dans le palatinat de Sieradz, d’une famille noble , m. en 1603, fut secrétoire d’Etat du roi Sigismond-Auguste, contribua à faire élire Henri de Valois roi de Pologne, en 1573, et s’attacha ensuite à Etienne Batthori. Il a écrit sur les affaires de son temps des Mémoires intitulés : Commentarius brevis rerum Polonicarum a morte Sigismundi Augusti , Dantzick , 1647 , in-4».

SULINA. V. Soulina.

SULINARI. V. Alalcomenæ.

SULLIACUM, nom latin de Sully.

SULL1AS ( Le) , Solliacencis ager, petit pays de l’ancienne France I Orléanais ) , où était Sully-sur-Loire ( Loiret).

SULLY (Maurice de), né vers 1105 à Sully-sur-Loire, de parents très-pauvres, m. en 1196, fut mendiant dans sa jeunesse, vint étudier et bientôt enseigner à Paris, y prit les ordres sacrés, se distingua comme prédicateur, et mérita, par son savoir et sa piété, d’être nommé chanoine de Bourges , puis évêque de Paris après la mort de Pierre Lombard , 1 L60. Il commença de réédifier l’église Notre- Dame , en 1 163 , et l’éleva en grande partie. B.

sully (Eudes ou Odon de), né à La Chapelle-Damgilon (Berry), vers 1163, d’une famille illustre, m. en 1208, succéda en 1197 à Maurice de Sully sur le siège épiscopal :1e Paris , et termina la construction de la cathédrale.

sully ( Maximilien de béthune , duc de ) , baron de Rosny, principal ministre de Henri IV, né en 1560, au château de Rosny , dans la Beauce ( Seine-et-Oise ), m. en 1641 , fut attaché , dès l’âge de 12 ans , à la personne de Henri de Navarre, calviniste comme lui, l’accompagna dans toutes ses guerres, et devint peu à peu son ami et son conseiller. Il l’engagea de bonne heure à abjurer le protestantisme, quoique lui-même protestant rigide, et, après la conversion du roi, en 1593, fut chargé de négociations importantes auprès des seigneurs catholiques qu’il fallait gagner, et des chefs calvinistes qu’il fallait retenir dans le parti royal. Mais il ne déploya ses grandes qualités d’administrateur que dans la direction du Conseil des finances, et après sa nomination au poste de surintendant, en 1597. Il était , comme il l’a dit lui-même , “ conseiller du roi en tous ses conseils ; superintendant des finances , fortifications, bâtiments, ports, canaux et navigations des rivières; grand-maître de l’artillerie, grand-voyer de France, gouverneur du Poitou, de la Bastille, de Mantes et de Jargeau; exerçant une autre charge, la plus périlleuse de toutes , celle des intrigues et brouilleries domestiques et de cour. •• 11 commença par rétablir l’ordre dans les finances’, qu’il trouva chargées d’une dette de 332 millions delivres; esprit positif, pratique, solide , peu novateur, il ne fit pas de grandes réformes, mais il établit une économie rigide, une exactitude toute militaire, qu’il s’imposait à lui-même comme il l’imposait aux officiers de finances, par une sévérité poussée quelquefois jusqu’à la dureté. Il put ainsi suffire aux dépenses excessives du nouveau gouvernement, payer les dettes de l’Etat , remettre au peuple un arriéré de 20 millions, diminuer annuellement les impôts de 6 millions, et déposer à la Bastille une réserve de 21 millions. 11 protégea par tous les moyens l’agriculture, qu’il voyait follement abandonnée par les Espagnols depuis un siècle, et il aimait à répéter ces paroles : « Labourage et pastourage

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sont les deux mamelles dont la France est alimentée, les vraies mines et trésors du Pérou ». Sully proclama la liberté du commerce des grains, abolit ou réduisit un grand nombre de péages établissant comme autant de barrières entre les provinces, ouvrit partout de grandes voies de communication, commenta le canal de Briare, projeta celui du Languedoc, encouragea le dessèchement des marais et l'exploitation des mines, etc. 11 estimait moins l’industrie, jugeant, avec son austérité puritaine, que la France <* n'est point propre à de telles babioles » , et remarquant, avec plus de raison , que les villes fournissent de moins bons soldats que les campagnes. Henri IV, dont il avait mérité l’amitié, le créa duc de Sully en 1606; jusqu’alors il n’avait porté que le nom de Rosny. Après la mort de Henri, 1610, Sully conserva pendant quelques mois la confiance de la régente, Marie de Médicis; mais bientôt la sévérité de ses conseils, et même de ses reproches, le rendit odieux au nouveau favori, Conciui ; il quitta la cour en 1611, ainsi que la plupart de ses charges , et passa dans la retraite les dernières années de sa vie, gémissant sur l’abaissement de la France et de la royauté , mais blâmant avec énergie les révoltes de ses coreligionnaires. Richelieu le fit maréchal en 1634. Sully a laissé des Mémoires sous le titre bizarre de Sages et royales oeconomies d’ Estât, 1634, 1662, 4 vol., écrits sans ordre et avec une pesanteur fatigante, et dans lesquels ses secrétaires, auxquels il les dicta, sont censés lui raconter à lui-même sa propre vie. Néanmoins ces Mémoires sont trèsprécieux pour l'histoire du règne de Henri IV. L’abbé de l’Ecluse en a donné, en 1745, une édition entièrement refondue, annot e, et d'une lecture plus agréable, mais qui , pour cette raison même , ne ressemble plus à l’édition originale. G.

Sully (Henri), horloger anglais, m. en 1728, vint eu France, où il abjura l’anglicanisme, et reçut du duc d’Orléans la direction de la manufacture d’horlogerie de Versailles. Ce fut lui qui dirigea le méridien de l’église Sl-Sulpice à Paris. 11 a laissé : Description d'une horloge pour mesurer les temps sur mer, Paris, 1726, in-4°; Règle artificielle du temps, 1737 , in-12.

sully-la-tour, brg (Nièvre), arr. et à 18 kil. S.-E. de Cosne; 1,933 hab. Jadis seigneurie. Restes d’un anc. château. Usines à fer.

sully-s ur-loire , Sulliarum, ch.-l. de cant. (Loiret), arr. et i 21 kil. N.- O. de Gien, sur la rive g. de la Loire; 1,912 hab. Patrie de Maurice de Sully, évêque de Paris. Titre d’un duché, érigé en 1606 par Henri IV en faveur de son ministre Sully. On remarque le château de ce dernier, l’église paroissiale , et des restes de fortifications.

SULMO, auj. Solmona , anc. ville d’Italie (Samnium), chez les Pélignes, au fond d’un bassin de montagnes , à 16 kil. S.-E. de Corfinium. Fondée par lllyriens, ou, selon d’autres, par un compagnon d’Enée, et détruite par Sylla, puis relevée. Patrie d’Ovide.

sulmo, auj. Sermonelta, anc. v. d’Italie (Latium), chez les Volsques, au S. de Norba.

SULMONA. V. Solmona.

SULP1CE (S1) , évêque de Bourges en 584, m. en 591, a été quelquefois confondu avec le suivant. Fête, le 29 janvier.

sulpice (S1), évêque de Bourges de 624 à 644, fut aumônier de Clotaire IL Fête, le 17 janvier. C’est à lui qu’est dédiée l’église Sl-Sulpice à Paris.

sulpice (saint-), une des plus grandes et des plus belles églises de Paris, située sur la place du même nom , dans le 6 e arrondissement. Elle s’annonce par un superbe portail de 124ln,75 de large sur 41m de haut, et composé de deux ordres d’architecture superposés, avec 12 colonnes cannelées à chaque ordre. Celui du bas , de 16 mèt. de proportion, est dorique, et celui du haut, de 15 mèt., est ionique. Au rez-de-chaussée, le portail est flanqué de deux espèces de pavillons carrés, entre lesquels le porche forme une galerie sous laquelle trois grandes portes donnent entrée dans l’église. Les 4 colonnes du centre, géminées sur la profondeur, forment les portiques, et celles des extrémités, sur les pavillons , sont accouplées aux quatre angles et à demi engagées. La même disposition générale se répète au deuxième ordre , dont le portique est en arcades, aux pieds droits desquelles les colonnes s’adossent, en supportant un bel entablement à modillons , que doivent surmonter 4 statues colossales. Sur chaque pavillon d’angle s’élève une tour à deux étages; celle du Nord est quadrangulaire par le bas, circulaire par le haut, et décorée de colonnes adossées ou de pilastres; sa hauteur est de 6Hm,21 ; celle du Sud, un peu moins haute, est d’abord quadrangulaire à pans coupés, puis circulaire. Le reste de 1 édifice n’a rien de remarquable, et ses lignes ne se rac-

| cordent pas avec celles du portail. — L’intérieur se comj pose d’une triple nef en arcades, avec pilastres corinthiens I dans la nef centrale, et une série de chapelles ouvertes j sur les nefs latérales. On remarque derrière le chœur une j très-belle chapelle de la Vierge, où la statue de la mère ! du Sauveur est placée au-dessus du tabernacle, dans une I vaste niche éclairée par un jour céleste. S’-Sulpice mesure | 140m, 33 de longueur, 56m de largeur, et 32 de hauteur. L’église fut élevée sur les dessins de Levait , en 1646, continuée par Gillard, puis par Oppenord. Le portail, œuvre de Servandoni, a été terminé en 1745; Maclaurin j a élevé la tour du Sud en 1749, et Chalgrin celle du Nord en 1777. 11 y a une crypte, où l’on voit les piliers de l’église primitive, simple chapelle du xne siècle, dédiée à S1 Pierre, et qui déjà était paroisse en 1210. L’édifice actuel couvre une superficie de 6,170 mèt. — Pendant la Révolution, l’église S1- Sulpice fut convertie en temple de la Victoire; les théophilanthropes y tinrent leurs séances, et, le 15 brumaire an vm (9 novembre 1799 ), un banquet y fut donné au général Bonaparte. Le monument a été rendu au culte en 1802. __ ^ C. D— y.

Sulpice-sÉvère, Sulpicius Severus , historien ecclésiastique, né vers 363 en Aquitaine, d’une famille riche et noble, m. de 406 à 410, fut d’abord avocat; puis, ayant perdu sa femme vers 392, il distribua ses biens aux pauvres et à l’Eglise, et se retira, pour vivre dans la prière, à Primuliac, près de Béziers. 11 s’attacha ensuite à S1 Martin , évêque de Tours , fut peut-être ordonné prêtre, et mourut duns un monastère de Marseille. On a de lui une Histoire sacrée, en 2 livres, une Histoire de S1 Martin de Tours, et des Dialogues, h’ Histoire sacrée, son principal ouvrage, est un abrégé chronologique fort bien fait de l’Ancien Testament et de l’histoire de l’Eglise jusqu’à l’an 400. Elle a été traduite en français par J. Filleau, L. Giry, l’abbé Paul, et, mieux, par M. Herbert, dans la Bibliothèque lutine- française de Panckoucke, 2e série, 1847, 2 vol. in-8». Les deux autres ouvrages, trad. aussi par M. Herbert, sont peu dignes d’attention. Sulpice-Sévère écrit avec une élégance rare chez les écrivains ecclésiastiques ; il imitait Salluste, et on l’a surnommé le Salluste Chrétien. Ses OEuvres ont été publiées à Leyde, 1635 et 1643, in-12 ; à Vérone, 1741-55, 2 vol. in 4°. D— R.

sulpice- le s-champs (saint-), ch.-l. decant. (Creuse), arr. et à 14 kil. N.-O. d’Aubusson; 177 hab.

sulpice-les-feui lles (saint-), ch.-l. decant. (Haute- Vienne I, arr. et à 38 kil. N.-E. de Bellac ; 296 hab.

SULPIGIENS, congrégation religieuse. V. Olikr.

SULPITIA, femme -poète de l’anc. Rome, contemporaine de l’empereur Domitien. 11 ne nous reste d’elle qu’une satire médiocre sur l’exil dos philosophes ordonné par ce prince Elle a été traduite en vers français par Ch. Monnard, 1816, in-8°, et en prose par M. Perreau, à la suite d’une traduction de Perse, dans la Bibliothèque latine-frunçaise de Panckoucke, 1832, in 8°, par M. Courtaud, dans la collection Nisard, gr. in-8°. V. Schlæger, Sulpitiæ crlogœ, Mittau, 1816, in-8°.

SULP1TIUS GALLUS. V. Gallus.

sulpitius R li fus (p.), tribun du peuple l’an 665 de Rome, 88 av. J.-C., recommença, au profit de Marius, le rôle de Saturninus. S’étant entouré de 600 jeunes gens, qu’il appelait son antisénat, et suivi de quelques milliers d’Italiens, il se vendit maître des Comices, fit voter la réparti, ion, dans les trente-cinq tribus, des nouveaux citoyens et des affranchis, et, par ce moyen, fit charger Marius de la guerre contre Mithridate, à l’exclusion de Sylla. Ce dernier, rentrant victorieux à Rome , proscrivit Sulpitius, qui, trahi par un de ses esclaves, fut tué. O.

SULPITIUS SEVERUS. V. SuLPICE-SÉvÈRE.

sulpitius galba, orateur romain. F. Galba.

SULTAN (de l’arabe Salatha, dominer), titre porté par l’empereur des Turcs et par plusieurs autres souverains mahométans. On appelle sultanes les femmes, sœurs et filles du Grand Seigneur. La mère du sultan s'appelle Sultane -Validé (sultane mère). D.

SULTANABAD, v. forte de Perse (Irak-Adjémi) , à 130 kil. O. de Kazbin. Bâtie par Feth-Ali-G’hah près des ruines de l’anc Sullanièh.

SULTAN-EUNI, anc. sandjaknt de la Turquie d'Asie (Anatolie, au N.), entre ceux de Boli au N., de Khodavendiguiar et de Kodjah-lli à l’O., de Kara-Hissar et do Kutaièh au S., et d’ Angora à l’E. ; ch.-l Eshi-Cheher. C’était l’anc. Galalie et une partie de la Plirygie Epithète. 11 forme, dans les nouvelles divisions de 1 Empire turc, le N. du livah de Kutaièh.

SULTAN- HISSAR , anc. Traites, vge de la Turquie d’Asie (eyalet d’Aïdin), à 20 ktl. E. de Guzel-Hissar.

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