SUS
SURINTENDANT, titre usité, dans l’anc. monarchie française, pour différentes charges. Le titre de surintendant des finances, conféré par Philippe le Bel à Enguerrand de Marigny vers 1300, désigna le ministre qui avait la direction et le maniement des revenus de l’Etat; il fut supprimé après la disgrâce de Fouquet, 1661, et il n’y eut j plus qu’un contrôleur-général des finances. Celui de surintendant de la navigation et du commerce fut créé par Louis XIII j pour le cardinal de Richelieu, et supprimé à la mort de j François de Vendôme en 1669. Colbert fut qualifié sur- \ intendant des bâtiments du roi. Sous Louis XV, le marquis ; de Marigny, frère de Mme de Pompadour, reçut le titre de surintendant des bâtiments de la couronne. Le ministre chargé de l’inspection des postes porta celui de surintendant des postes et relais de F rance. La dame qui occupait la lre charge auprès de la reine avait le titre de surintendante de la maison de la reine. Auj. il y a une surintendante de la maison impériale Napoléon, à St-Denis. B.
SURIUS (Laurent), chartreux, né à Lubeck en 1522, m. en 1578, a laissé, entre autres ouvrages : Concilia om- » lia,... Cologne, 1567, 4 vol. in-fol. ; Vitœ sanctorum ..., ibid., 1570-75, 6 vol. in-fol., ouvrage très-estimé, dont il n’a fait que les t. 1 à 3 ; Commentarius brevis rerum in orbe gestarum, ab anno 1500, continué successivement par Isselt Brachel , Thulden, et H. Brewer, jusqu’en 1573 ; Surius l'entreprit pour rectifier plusieurs assertions de l’histoire de la Réformation par Sleidan , etc.
SURJOUX, vge (Ain), arr. et à 29 kil. S.-E. de Nantua; 272 hab. Beaucoup d’asphalte.
SURMÉLIAN (Le P. Khatcliadour ou Christophore) , Mékhitariste de Venise, né en 1751 à Constantinople, m. en 1827, mathématicien distingué. On a de lui : Traité d’arithmétique, Venise, 1817; Calendrier universel ecclésiastique et civil, Venise, 1818. Il a pris part au grand Dictionnaire arménien, publié à Venise en 1836, 2 gr. vol. in-fol. C — a.
SURRENTUM , v. de l’Italie ancienne (Campanie), chez les Picentins; il y avait auprès un vignoble qui produisait d'excellent vin. Auj. Sorrente.
SURREY, en saxon Suth Itice (royaume du Sud), comté du S.-E. de 1 Angleterre, séparé au N., par la Tamise, de ceux de Middlesex et de Buckingham, entre ceux de Sussex au S., de Kent à l'E., de Hants et de Berks à l’O.; 197,304 hectares, dont les 4 cinquièmes en culture; 830,685 hab. Sol fertile au N. Tout le N.-E. est occupé par les faubourgs de Londres , Lambeth et Southwark. Agriculture peu avancée. Beaucoup de jardins maraîchers. Industrie, dans le voisinage de Londres seulement : amidon, vinaigre, tabac, poudre à tirer, impression des indiennes, etc. Capitale, Guildford ; v. princip. : Kingston, Croydon, Epsom, Dorking. — Ce comté, jadis habité par les Segontiaci, faisait partie du royaume de Sussex. A. G.
SiiRRKY (Henri howard, comte de). V. howard.
SURSEE, v. murée de Suisse, canton et â 25 kil. N. -O. de Lucerne, sur la Sur, à l’extrémité N. du lac de Sempach ; 1,678 hab.
SURV1I.LE (Marguerite-Eléonore-Clotilde de), poëte, née vers 1405 au château de Vallon-sur-Ardèche (Vivarais), m. à plus de 90 ans, était de la famille noble de Vallon-Chalys. Elle reçut une brillante éducation à la cour de Gaston-Phœbus, comte de Foix, épousa en 1421 Bérenger de Surville, qui fut tué au siège d’Orléans en 14ü8, et se voua désormais à ses enfants et aux lettres. Ses poésies, qui la placèrent de son temps après Charles d’Orléans , sont restées inédites, et l’un de ses descendants, le marquis de Survdle, mis à mort en 1793, pour avoir pénétré en France avec une mission du comte de Lille (Louis XVIII), les conservait en manuscrit. Vanderbourg les publia en j 1803, Paris, 1 vol. in-8°. Les érudits crurent y reconnaître des anachronismes de style et de poésie : ils attribuèrent l'ouvrage à l’éditeur, puis au marquis de Surville. Une opinion s’est formée, depuis, que des retouches peuvent avoir été faites à ces poésies, mais que Clotilde en est bien véritablement l’auteur. Cela est encore très-controversé. Ce sont des élégies, des épitres, des contes, et des morceaux lyriques, pleins de sensibilité et de grâce.
SURV1LL1EK5, vge (Seine-et-Oise), arr. et à 40 kil. E.-N.-E, de Pontoise, et près du domaine de Morfontaine ; 550 hab. Le prince Joseph Bonaparte prit le nom de comte de Survillirrs après la chute de Napoléon 1er.
• SURY- LE -COMTAL, vge (Loire), arr. et à 12 kil. S"-E. de Montbrison ; 1,974 hab. Jadis résidence des comtes de forez. Ruines d’un anc. château.
SUS ou SOLS (Royaume de), partie de l’empire du Maroc, sur les deux versants de l'Atlas, entre le Maroc proprement dit au N., l’océan Atlantique à l’O., le pays
des Mosselmines au S. , et la province de Darah à l’E. ; 200 kil. sur 270; 600,000 hab. Capitale, Tarodant; v. princip. : Agadir, Talent. Sol très-fertile en céréales, dattes, olives, canne à sucre , coton , indigo , mais peu cultivé. — Depuis 1810 , une partie du pays de Sus est comprise dans l’Etat de Sidi-Hescham.
sos ou raz-el-ouady , riv. de l’empire du Maroc , sort de l’Atlas , coule au S. , à, l’O. et au N.- O. , passe à Tarodant , et se jette dans l’Atlantique à Agadir ; cours de 210 kil. Quelques savants en ont fait le Daradus de Ptolémée , que d’autres assimilent au Sénégal.
SUSANNE. V. Suzanne.
SUSARION , poëte comique grec, né à Icarie en Attique vers 580 av. J.-C. , passe pour l’inventeur de la comédie. Ce qu’Horace, et , d’après lui , Boileau , disent de Thespis, qu’il promena dans les bourgs de l’ Attique des acteurs barbouillés de lie, se rapporte plus vraisemblablement à Su sari on. D — R.
SUSE , anc. ville d’Asie , capitale de la Susiane, et rési- : dence d’hiver des rois de Perse , sur l’Eulæus , au centre ' d’une plaine où fleurissaient des lis , avait été appelée du 1 nom persan de cette fleur (Schuschan ou Susnn). Elle avait une forte citadelle appelée Memnonion , élevée sur un cône artificiel de 50 mèt. de hauteur, et où les rois de Perse renfermaient leurs trésors et les tributs qu’ils recevaient des provinces : aussi Alexandre y trouva-t-il 50,000 talents.
I Elle était bâtie, comme Babylone, en briques cuites. Il n’en | reste que des vestiges de terrasse , des inscriptions cunéiformes, et un tombeau que l’on prétend être celui de Daniel, près de la ville moderne de Chouster. C. P.
suse, anc. Segusio, en italien Susa, v. du roy. d’Italie (Turin) , ch.-l. de l’arrondissement de son nom, près du confluent de la Cinise et de la Doire-Ri paire, à 57 kil. O. de Turin; 3,655 hab. Evêché suffragant de Turin. Collège royal; séminaire. Restes d’un arc-de-triomplie élevé en l’honneur d’Auguste. Aux environs , belles carrières de marbre vert. Suse , située au point de rencontre des deux routes du mont Genèvre et du mont Cenis qui ouvrent l’eni trée du Piémont , se trouve être la clef de l’Italie du côté de la France. Aussi fut-elle souvent prise et ravagée. Bellovèse, Brennus, les Carthaginois, les Goths, les Vandales, les Lombards , les Sarrasins, Frédéric Barberousse, la dévastèrent tour à tour. C’était cependant une ville puissante , et qui fut le ch.-l. d’un marquisat , cédé vers 1060 aux ducs de Savoie ; mais les dissensions civiles la désolèrent, puis vinrent les Français qui la prirent en 1629, 1690 , 1704, 1796, la démantelèrent en 1798 , et en firent un des ch.-l. d’arrondissement du département du Pô. — L’arrondissement de Suse, située sur la frontière de France ( Hautes-Alpes), a 147,833 hectares de superficie, et 84,030 hab.
suse ( Pas de ) , défilé des Alpes , à l’entrée duquel se trouve la ville de Suse. Il fut forcé en 1629 par le duc do La Meilleraie.
SUSIANE , appelée d’abord Cissia , prov. de l’empire Persau , était bornée au N. par la Médie , à l’E. par la Perse , au S. par le golfe Persique, à l’O. par la Babylonie. Montagneuse au N. et vers l’E., où se trouvait le Parachoatra (auj. El-Uavas) , avec les défilés appelés Rochers ou Portes de la Susiane ( auj. défilés de Zindjéran), elle offrait au S. une vaste plaine bien arrosée et fertile, mais exposée à des chaleurs étouffantes. Le blé et l’orge y rapportaient au centuple ; la vigne y fut introduite par les Macédoniens. La population, formée primitivement par un mélange d’Elamites ou Elymaites, peuple de race sémitique, avec les Cissiens ( Kouschites ), appelés Ethiopiens d’Asie par Hérodote, avait adopté , depuis la conquête du pays par Cyrus , les mœurs persanes. Le pays forma, dans l’empire de Darius, la VIIIe satrapie, et paya 300 talents. Mais le midi seul, habité par des laboureurs pacifiques,
! était réellement soumis ; les montagnards du N. et de l’E.,
! peuples de brigands , étaient si peu assujettis , que le grand-roi, pour voyager librement de Suse à Persépolis, leur payait un tribut. La Susiane était divisée en plusieur» districts, qui tiraient leurs noms des peuplades qui les habitaient; c’étaient : à l’E. , VUxiane ; au N., la Messabatène, la Cossæa, la Cabandène, la Chalcapitide ; à l’O. , V Elgmalde ; au centre, la Cissia, la Corbiane, la G abrène; au S., la Caracène et la Melitène. Outre Suse , la capitale , les villes principales étaient : Séleucie sur le Cédyphon, Azara, Aginis, Badace , Andericca. Après la mort d’Alexandre, elle fit partie du royaume de Syrie, lui fut enlevée par les Parthes, et fut ensuite comprise dans le 2' empire des Perses. Conquise par les Arabes , elle reçut d’eux le nom de Jihouzistan , qu’elle porte encore aujourd’hui; c’est un* des provinces du royaume moderne de Perse. C. P.