SUT
SVA
SUSON (Henri), ou Henri de Sews ( der Seuse) , ou Frère Henri-Amand, dominicain mystique , né à Constance vers 1300 , d’une famille noble, m. à Ulm en 1366. Disciple de maître Eckart, il n’accepte pourtant pas tout son panthéisme ; il y mêle des sentiments romanesques, des images poétiques, et emprunte le langage de l’amour humain pour exprimer les extases de l’âme unie à Dieu. C’est le poëte du mysticisme allemand au xive siècle. 11 a laissé des Méditations sur la Passion , des Sermons , et l' Horloge de h sagesse, en latin ; ce dernier ouvrage fut traduit en français par l’abbé De Vienne. 1684, in-12. Ses OEuvres ont été publiées à Cologne , 1555, 1588, 1615 , in-8°, et traduites en français parLecerf, Paris, 1586, 1614, in-8°.
SUSPECTS (Loi des) , loi votée le 17 septembre 1793, par la Convention nationale, sur le rapport de Merlin (de Douai), et qui commandait d’arrêter les suspects sur tout le territoire de la République. Etaient qualifiés suspects ceux qui s’étaient montrés partisans de la tyrannie, ennemis du fédéralisme et de la liberté ; ceux à qui il avait été refusé des certificats de civisme ; les fonctionnaires publics suspendus de leurs fonctions par la Convention ou ses commissaires; les ci-devant nobles, et tous les parents et agents d’émigrés qui n’avaient pas constamment manifesté leur attachement à la Révolution ; les prévenus acquittés par les tribunaux, etc. Des comités révolutionnaires furent chargés en même temps, dans tous les arrondissements, de dresser des listes de suspects, et plus de 300,000 personnes furent incarcérées! La délation payée devint un moyen d’existence et de rapines; on dénonça pour n’être pas suspect , et l’on fut arrêté pour être suspect d’être suspect. Cette affreusG loi , qui portait que les détenus seraient gardés en prison jusqu’à la paix, ne fut rapportée que le 4 octobre 1795. J. T.
SUSQUEHANNAH , fleuve des Etats-Unis , formé à Northumberland (Pensylvanie) de la réunion de deux bras, qui naissent, l’un vers l’E. dans le lac Otsego ( New- York), l’autre vers l’O. dans les monts Alléghany (Pensylvanie ) ; cours de 770 ltil. depuis la source de l’Est-Susquehannah, baignant les États de New-York, Pensylvanie, et Maryland, où il se jette dans la baie de Chesapeake au Havre-de-Grâce. Navigation difficile. La Susquehannah a pour affluents la Juniata et la Swatara, et communique par un canal au Schuylkill, affluent de la Delaware.
SUSSEX , c. à-d. Saie du Sud, comté du S. de l’Angleterre. entre la Manche au S., les comtés de Kent à l’E., de Surrey au N., de Hauts à l’O.; 378,296 hect.; 130 kil. sur 45; 363,648 hab. Sol fertile; beaucoup de bois. Peu d’industrie. Elève de porcs. Plusieurs villes de bains. Capit,, Chic Rester ; v. principales : Brighton, Lewes, New- Shoreham, Winchelsea, Hastings, Rye. — 11 fit partie du royaume saxon de Sussex, et fut érigé en duché, eu 1801, eu faveur d’un fils de George 111.
süsskx, un des royaumes de l’heptarchie anglo-saxonne en Angleterre, sur les bords de la Manche, entre ceux de Wessex à l’O., et d’Essex au S.; capit., Chicliester. Fondé en 491 par le saxon Ella, il se fondit, au siècle suivant, dans le royaume de Wessex. Il comprenait les comtés actuels de Sussex, de Surrey, et de Southampton.
SUTHERLAND (comté de), au N. de l’Ecosse, entre l’Atlantique au N. et à l’O. , le golfe de Murray et le comté de Caithness à l’E., le golfe de Dornoch et le comté de Ross au S.; 466,820 hect.; 110 kil. sur 100; 25,242 l.ab. Sol montagneux, excepté à l’E.; marécages et forêts. Riv.: Oikel , Fleet, Broa, Helmsdale, avec pêcheries de saumons. Lacs : Shin, Hope, Laoghal, Assynt, More, Naver. Agriculture perfectionnée à 1 É. Nombreux troupeaux de moutons; 220,000 par an sont envoyés vers le S. Pas d’industrie. Pêche du hareng, surtout à Helmsdale. Cal'it-, Dornoch. Donne le titre de duc à la famille Gower, qui possède les 4/5e9 du comté. A. G.
SUTLEDGE. V. Setledje.
SUTR1, anc. Sutrium, v. des Etats de l’Eglise, délég. età26 kil. S.-S.-E. de Viterbe; 1,500 hab. Evêché, érigé en 487. Amphithéâtre antique, creusé dans le roc. Un concile s’y tint en 1046. Une trêve y fut signée, en 1111, pendant la guerre des Investitures, entre le pape Pascal II et l’empereur Henri V.
SUTT1ES ou SUTTÉES, nom donné, dans l’Inde, à la coutume en vertu de laquelle la femme ou les femmes d’un Indien se brident toutes vives sur le bûcher de leur mari mort. La civilisation européenne n’a pu encore abolir entièrement cet usage.
SUTTON (Thomas), riche marchand de Londres, né en 1532 à Smithfield (Suffolk), m. en 1611, a fondé par son testament, a Knaith (Cork), un magnifique hospice, appelé Charter-house (maison des Chartreux), parce qu’il fut bâti
sur l’emplacement d’un anc. couvent de Chartreux. On loi avait offert la pairie, s’il voulait instituer pour son héritier le duc d’York (depuis Charles Ier).
sutton-coldfield, brg et paroisse d’Angleterre (Warwick), à 12 kil. N.-N.-E. de Birmingham; 3,700 hab. Quincaillerie. — Donné en fief par Henri II à Roger, comte de Warwick.
SUWALKI , v. de la Russie d’Europe (Pologne), ch.-l. du gouvernement d’Augustow, à 320 kil. N.-E. de Varsovie, sur le Hancza; 12,584 hab.
SUZANNE (en hébreu, lis ou rose, ou joie), fille d’Helcias et femme de Joakiin , de la tribu de Juda, ayant suivi son mari à Babylone pendant la captivité, 606 av. J.-C., résista aux poursuites de deux impudiques vieillards, qui , abusant de leur qualité de juges, se vengèrent en l’accusant d’adultère, et la firent condamner à mort. Comme on la menait au supplice, le prophète Daniel , très-jeune encore, fit suspendre l’exécution, et, interrogeant séparé ment les deux accusateurs : « Sous quel arbre, demandat-il , avez-vous vu commettre le crime ? » L’un répondit que c’était sous un leutisque ; l’autre, que c’était sous une yeuse. Ainsi convaincus de mensonge, les vieillards furent lapidés, et l’innocence de Suzanne reconnue. L — h.
Suzanne (Sainte), vierge, subit, à ce qu’on croit, le martyre à Rome en 295. Fête, le 11 août.
Suzanne (sainte-), ch.-l. de cant. (Mayenne), arr. et à 36 kil. E. de Laval, sur l’Erve; 1,104 hab. Autrefois fortifiée. Papeteries. On y remarque les restes d’un anc. château appartenant à la maison de Praslin, et les vieux remparts en partie vitrifiés. Près de là sont des menhirs.
Suzanne ( sainte-), ch.-l. de cant. (île de la Réunion), arr. et à 15 kil. E. de Sl-Denis; 6,128 hab.
SUZANNET ( Pierre-J .-B .-Constant , comte de), chef vendéen, né en 1772 dans le Poitou, m. en 1815, était cousin-germain de H. de La Rochejaequelein. 11 émigra à la Révolution, fit la campagne de 1792 dans l’armée des princes, prit part à l’expédition de Quiberon , eut un commandement sous les ordres de Charette, s’enfuit en Suisse après la mort de ce chef, revint en 1799 fomenter l'insurrection , déposa les armes après le 18 brumaire, fut emprisonné, prit la fuite lors du procès de Cadoudal et de Pichegru , commanda un des quatre corps d’armée organisés dans l’Ouest pour inquiéter l’Empereur pendant les Cent-Jours, et périt au combat de la Roche-Servière. B.
SUZE ( Henriette de Coligny, comtesse de la ) , née en 1618, m. en 1673, fut célèbre par sa beauté, ses aventures et ses poésies. Fille aînée de Gaspard de Coligny, seigneur de Châtillon, maréchal de France, elle épousa, en 1643, un jeune écossais, Thomas Hamilton, comte de Hadington, devint veuve au bout d’un an, et revint d’Ecosse à Paris, où Henriette d’Angleterre essaya , quelques années plus tard, de la faire catholique. Sa mère, pour traverser ce projet, la maria en secondes noces au protestant Gaspard de Champagne, comte de La Suze, quoiqu’il fût borgne, ivrogne, et endetté. Après la mort de sa mère, 1651, elle reprit ses projets de conversion, et abjura, en 1653. Mme de La Suze se retira pendant quelque temps aux Carmélites de la rue Sl-Jacques, à Paris, et , depuis, sa conduite ne fut pas toujours à l’abri de reproche. Son changement de religion , le désordre des affaires , et les jalousies du mari, amenèrent la comtesse à poursuivre la cassation de son mariage, qu’elle obtint par arrêt du Parlement. Ses Poésies se trouvent dans un Recueil d'œuvres galantes en prose et en vers , qui porte son nom, 1684, 4 vol. in-12; il est difficile de reconnaître celles qui lui appartiennent en propre ; car, pour rimer, elle s’aidait de Subligny, de Montplaisir, de Pellisson, de Ménage et de Segrais. Mais les Elégies sont bien d’elle; on les regarde comme des modèles de sensibilité, de délicatesse, de grâce, et de naturel, néanmoins avec un peu de monotonie. M,ne de La Suze entretint aussi une correspondance philosophique et littéraire avec Balzac et Saint-Evremond, et son salon, centre de tous les beaux-esprits de l’époque , fut le rival de celui de Mme de Sévigné. F. B.
suze (la), ch.-l. de caut. (Sarthe), arr. et à 21 kil. S.-O. du Mans , sur la rive g. de la Sarthe; 1,552 hab. Tanneries, poterie. Jadis titre de comté. Ruines d'un château dit de la Barbe-Bleue, qui appartint au fameux Gilles de Laval, maréchal de Retz.
suze-la-rousse , vge (Drôme), arr. et à 34 kil. S.-E. de Montélimart; 1,237 hab. Scierie hydraulique. — Jadis seigneurie.
suze , v. des Etats sardes. V. suse.
SUZERAIN, nom donné, dans le langage féodal, à tout seigneur dominant, duquel relèvent d’autres seigneurs.
SVANTEYIT, Dieu des Vénèdes, qui avait son temple
SVE