‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 538 sur 864 · SYL · texte numérisé non relu

SYL

un inspecteur chargé d’empêcher l’exportation des figues hors de l’Attique en temps de disette, et de dénoncer eeux qui en vendaient aux étrangers. L’abus que les Sycophantes firent de leur autorité souleva beaucoup de haines, et leur nom, devenant une injure, fut synonyme d’hypocrite, de délateur, de calomniateur.

SYDENHAM (Thomas), célèbre médecin, né en 1624 à Windford-Eagle (Dorset) , m. en 1689, était d'une famille noble , étudia à Oxford , refusa d’accompagner ses condisciples qui prenaient les armes pour Charles Ier contre le Long-Parlement, se rendit à Londres, y apprit la médecine, et exerça cet art pendant 28 ans. S’écartant de la méthode systématique des praticiens de son temps, qui faisaient à la médecine une application outrée des principes de la chimie ou des mathématiques , il étudia constamment la nature , devint un observateur très-exact, et fit des cures quelquefois lentes, mais presque toujours heureuses. Il appliqua avec succès à la petite-vérole le traitement anti-phlogistique , aux fièvres intermittentes le quinquina , simplifia un grand nombre de remèdes , et inventa la composition de laudanum qui porte son nom. Ses œuvres ont été publiées en latin, Genève, 1716, 2 vol. in-4°, et traduites en français par Jault, Paris, 1774, et Montpellier, 1816, 2 vol. in-8°. On y remarque un excellent Traité de la goutte.

Sydenham , vge d’Angleterre , à 9 kil. de Londres. Le Palais de Cristal, qui servit à l’Exposition universelle de Londres en 1851 , y a été reconstruit, dans de plus vastes proportions , par Joseph Paxton et Owen Jones , pour servir à une exposition permanente des produits de l’industrie et des arts. C’est comme un musée de l’histoire entière du monde : on y voit des collections d’antiquités, de machines, de produits manufacturés , les chefs d’œuvre de la sculpture et de l’architecture de tous les pays et de tous les temps moulés ou imités avec soin , la représentation de toutes les variétés de l’espèce humaine, et de tous les genres d’animaux, de magnifiques parcs et jardins où sont les plantes de tous les climats, etc. On a dépensé dans cette entreprise plus de 32 millions de fr. Le monument a été ouvert en 1854. Il se compose : 1° d’une nef principale , longue de 1,608 pieds, large de 72, haute de 104 , recouverte d’une voûte hémisphérique, avec un transsept de 336 pieds de long à chaque extrémité , et un transsept central de 384 pieds de long et de 168 pieds de haut; 2° de deux ailes latérales, qui ont chacune 574 pieds ; 3° d’une galerie qui mène à la station du chemin de fer, et qui a 720 pieds. Le tout est supporté par environ 2,500 colonnes en fer creux fondu. On y a employé près de 10,000 tonnes de fer. B.

SÙDNEY, ville de l’Australie, capitale de la Nouvelle- Galles du Sud, et ch.-l. du comté de Cumberland, est le premier établissement anglais en Australie; par 33° 51' lat. S., et 149° 35’ long. E., sur la côte S. de la vaste baie dite Port-Jackson; port et docks; chantiers de construction ; ville bien bâtie , et éclairée au gaz ; siège du gouvernement de la colonie avec un très-beau palais pour le gouverneur; évêché catholique, églises protestantes et catholiques, sociétés savantes, collèges, Bourse, bibliothèque, journaux, trois théâtres, observatoire, jardin botanique. Comm. actif. Export, considérable d’or et de laine; de suif, cuivre, houille, huile de baleine, peaux, cornes, etc. Nombreux bateaux à vapeur pour presque tous les points de la côte, et service sur l’Angleterre. 93,000 hab. en 1861. — Le capitaine Arthur Philipp fonda la ville de Sidney en 1788, comme colonie pénitentiaire; mais depuis 1811, elle a cessé d’être un lieu de déportation.

Sydney, v. de l’Amérique anglaise (Nouvelle-Bretagne ), ch.-l. de l’ile du Cap-Breton , sur une baie de son nom et près de l’embouchure de la Darmouth , à 312 kil. N.-E. d’Halifax. Riches mines de houille aux environs. — Cette ▼ille fut fondée en 1785.

SYDNEY. V. aussi SIDNEY.

SYDY-HESCHAM. V. Sidi-Hescham.

SYÈNE , auj. Âssouan , anc. ville d’Egypte (Thébaïde) , à la frontière d’Ethiopie, s’appelait en égyptien Souan , c.-à-J. ouverture de l’Egypte. Les Anciens y faisaient passer un de leurs principaux parallèles, et déterminèrent d’après le méridien de cette ville le premier degré, et par conséquent la circonférence de la terre dans le voisinage des Tropiques. Ils la croyaient située sous le Tropique même. Les Romains y tinrent 3 cohortes pour garder la frontière d’Egypte contre les invasions des Ethiopiens. Les Arabes, maîtres de l’Egypte , la nommèrent Assouan ; elle fut florissante pendant le moyen âge jusqu’en 1403 , où elle fut dépeuplée par la peste et la famine. Les environs de la ville étaient formés d’un granit de couleur rose , appelé

j syênite , et dont les anciens Egyptiens se sont surtout serj vis pour leurs sculptures , statues , sphinx , tous les obélisques. Les carrières étaient exploitées à ciel ouvert : on y voit encore un obélisque qui n’est pas entièrement détaché, et tient par un côté au sol de la carrière. Les rochers voisins sont couverts d’hiéroglyphes. V. Assouan. C. P.

SYKS. V. Seikhs.

SYLBURG1US (Frédéric Sylburg, on latin), savant helléniste, né près de Marbourg (Hesse) en 1536, m. en 1596, fut d’abord maître d’école , puis directeur des éditions classiques à l’imprimerie de Wechel et à celle de Commelin. 11 fut d’un grand secours à H. Estienne pour la compilation du Thésaurus. Il est l’auteur d’une grammaire grecque , d’après la méthode de Ramus , qui a pour titre : ïiudimenta linguœ grœcœ , in-8°, Francfort, 1600, et d’un Àlphabetum grœcum de litlerarum formis, potestate , etc., in-8°, ibid. , 1591. Mais ses éditions d’auteurs grecs lui ont surtout mérité sa réputation. Celle d’.4m/ofe , 5 vol. in-4», composée d’une suite d’éditions d’œuvres détachées de ce philosophe publiées à Francfort de 1584 à 1596 , et celle de Denys d' Halicarnasse , 2 vol. in-fol. , grec-latin, 1586, sont au nombre des meilleures de cette époque. On lui doit en outre : des éditions de Clément d’ Alexandrie , grec-latin, in-fol., 1641; de St Justin le martyr, Heidelberg, in-fol., 1595; de Dion Cassius , grec-latin, in-fol., 1606; de Thucydide, avec la versioe latine de L. Valla, in-fol. , 1592; Sarracenica, sive collectio scriplorum de rebus... Turcarum, grec-latin , 1585, in-8°; Scriptores historiée romance , Francfort, 1588, 3 vol. in-fol. ; Etymologicum magnum , 1594, in-fol. C. N.

SYLLA | Lucius-Cornélius ) , né à Rome l’an 617 de la ville, 136 av. J.-C. , d’une branche obscure de la gens Cornelia, m. l’an 675 de Rome , 78 de J.-C. , passa sa jeunesse dans la débauche , et dut une grande partie de sa fortune à un legs de la courtisane Nicopolis. Nommé questeur en 107 , il servit en Afrique sous Marius , qui se prit bientôt d’affection pour lui , et, chargé de négocier auprès de Bocchus l’extradition de Jugurtha , eut ainsi la gloire de terminer la guerre de Numidie. Marius l’associa à son triomphe, puis l’envoya en Gaule, où il vainquit les Tectosages. Sylla quitta ensuite Marius, que tant de succès rendaient jaloux, et s’attacha à Catulus , sous les ordres duquel il combattit glorieusement à Verceil contre les Cimbres , en 101. En 91, il se fit , par corruption , élire préteur urbain , et , l’année suivante , fut nommé proprétcur de la province d’Asie. Il remit sur le trône de Cappadoce Ariobarzane, qu’avait chassé Mithridate, et conclut une alliance avec les Parthes. De retour à Rome , la guerre Sociale ( V. ce mol ) fut pour lui une affaire de parti , et sa conduite décidée , que l’on opposait, ainsi que ses succès, à l’inaction équivoque de Marius, eut pour effet de jeter celui-ci du côté des Italiens. Un plébiscite, emporté tumultueusement par les Italiens et les chevaliers armés, décerna à Marius la conduite de la guerre contre Mithridate , qu’un sénatus-consulte venait de confier à Sylla devenu consul , l’an 665 de Rome , 83 av. J.-C., Echappé aux sicaires de Marius, Sylla rentra dans Rome à la tête de l’armée qui était encore réunie en J Campanie, exemple terrible, et qu’aucun général n’avait 1 encore donné , imposa à tout le monde par la terreur, fit annuler le plébiscite en faveur de Marius , d’ailleurs en fuite , et , l’année suivante , alla chercher en Asie ce qui décidait de tout à Rome , des trésors , des succès , et une armée dévouée. 11 prit Athènes , battit les lieutenants du roi de Pont à Orchomène, où il montra un courage héroïque, et, à Chéronée ,87, et porta la guerre en Asie-Mineure. Pendant son absence , Marius rentrait à Rome , et mourait de ses débauches; ses successeurs envoyèrent Yalérius Flaccus pour prendre le commandement de l’armée d’Asie. Sylla se débarrassa de Fimbria , qui avait assassiné ce général pour le remplacer, et, après avoir imposé à Mithridate un traité onéreux , 85 , puis replacé sur leurs trônes ! Ariobarzane de Cappadoce et Nicomède de Bithynie , re- ■ tourna en Italie , 84. Au premier bruit de son débarquement j et de sa victoire sur l’armée de Norbanus à Canusium , les défections se déclarèrent parmi les partisans du jeune Marius , qui essayait de continuer son père. Métellus amena à Sylla les débris de la noblesse ; le jeune Pompée , qui ( avait levé trois légions , battit trois armées pour le venir joindre; à Téanum, l’armée du consul Scipion , effrayée ou séduite , passa tout entière de son côté. Vainqueur du jeune Marius à Saeriportum, 82, et de Carbon en Etrurie, Sylla défit , près de la porte Colline , le Samnite Pontius Télésinus , et Préneste , dont Marius avait fait sa place d’armes , ouvrit ses portes. Le vainqueur traita l’Italie en pays conquis : plusieurs villes d’Etrurie furent démantelées ou détruites , et des populations proscrites en masse I pour faire place aux légionnaires et aux soldats ; à Rome ,

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