SYL
7,000 prisonniers furent froidement égorgés dans le cirque Flaminius, 13 généraux du parti de Marius mis à mort, 1,600 chevaliers inscrits sur des listes de proscription que les Métellus avaient demandées comme une faveur, et 5,000 citoyens dépouillés de leurs biens, qui furent distribués aux créatures de Sylla. Proclamé, par le sénat, dictateur perpétuel, en 81, Sylla entreprit une réaction aristocratique : il voulait un retour complet à l’esprit et aux formes de l’ancienne constitution, le triomphe de l’aristocratie de naissance sur tout ce qui pouvait lui porter politiquement ombrage. Le sénat fut porté à 400 membres, et acquit la discussion préalable des lois soumises au peuple, le droit de désigner les provinces consulaires, et l’autorité absolue sur les gouverneurs. Le pouvoir judiciaire, envahi par les chevaliers, fut rendu au sénat ; l’initiative des lois, et le vélo en matière politique, ôtés aux tribuns du peuple, qui devenaient désormais incapables des charges curules ; les comices par tribus, abolis; on ne put briguer le consulat qu’après la préture, la préture qu’après la questure. La loi de majesté fut reprise et étendue à des cas nouveaux ; des lois contre les faussaires , les sicaires , et les concussionnaires (de falso , de sicariis, de repetundis), furent portées par le dictateur qui institua 8 tribunaux permanents ( quœstiones perpeluœ ) pour assurer une prompte justice. Après avoir versé des torrents de sang , et commis les plus affreuses spoliations , maître souverain au dedans et au dehors , Sylla se dégoûta tout à coup du pouvoir, abdiqua la dictature en 80, à l’âge de 56 ans, et rentra dans la vie privée. Cet acte fut audacieux; néanmoins ’e danger en paraît bien atténué, quand on réfléchit qu’il laissait 300 sénateurs créés par lui , 10,000 esclaves affranchis qu'il avait répartis dans les tribus, et qui lui étaient si dévoués , qu’on les appelait Cornéliens , enfin 49 légions (245,000 hommes au moins ) établies et dotées par lui en Italie. Sylla , pendant qu’il fut au pouvoir, n’avait cessé de mener la vie désordonnée de sa jeunesse, entouré de musiciens, de courtisanes, d’histrions, de baladins. Il se retira dans une villa près de Puteoli , et y mourut, au bout de 2 ans, de la maladie pédiculaire, fruit de ses débauches. Ses restes , rapportés à Rome avec toute la pompe d’un souverain , furent inhumés au Champ-de-Mars , honneur qui n’avait été décerné à personne depuis le temps des rois ; on plaça sur son tombeau cette épitaphe : <■ Aucun homme n’a fait plus de bien à ses amis, et plus de mal à ses ennemis. », Sylla avait écrit des Mémoires, qui ne sont point parvenus jusqu’à nous. On doit à Jouy une tragédie de Sylla. F — T.
SYLLECTE, anc. v. d’Afrique, sur la côte N. delà Petite-Syrte. On n’est pas d’accord sur sa position véritable.
SYLPHES et SYLPHIDES , génies de l’air, dans la mythologie poétique du moyen Age. On les représentait sous des formes sveltes et légères , avec des ailes transparentes aux épaules.
SYLT, île de Prusse (Slesvig), dans la mer du Nord ; SV 4 hect. de superf. ; 3,000 hab., presque tous marins ou pêcheurs. Sol sablonneux et peu fertile
SYLVA. F. Silva.
SYLVAIN, Sylvanus, dieu des forêts (sylva) et des propriétés rurales, chez les anciens Latins, quelquefois confondu avec Faune ou avec le dieu Terme, apparaissait brusquement au coin des bois ou sur les routes. La nuit, il épouvantait de sa voix rauque les voyageurs. On le regardait comme le père ou le ohef de génies appelés aussi Sylvains , et représentés , ainsi que lui , avec des oreilles et des jambes de bouc.
SYLVANECTES. V. Silvanectes.
SYLVANÈS. V. Silvanès.
SYLVESTRE Ier (Saint), pape de 314 à 335, né à Rome , jouit de la faveur de Constantin le Grand, tint plusieurs conciles pour faire condamner les Donatistes , et se fit représenter au premier concile œcuménique dei Nicée , 325 , où l’on rédigea le Symbole des Apôtres , et où l’Arianisme fut condamné. Fête , le 31 décembre.
sylvestre ii, pape de 999 à 1003, connu d’abord sous le nom de Herbert, naquit à Aurillac eu Auvergne, vers 930, d’une famille obscure. Elevé au monastère de S*-Gérault dans sa ville natale, il alla compléter ses études chez les Arabes d’Espagne, et acquit des connaissances si étendues en géométrie, en mécanique, en astronomie, que son siècle ignorant l’accusa de magie. Il avait fait , disait-on , une tête de cuivre, qui répondait aux questions difficiles. On lui a attribué l’introduction des chiffres arabes et de l’horloge à balancier en France. Etant entré dans 1 ordre des Bénédictins, il s’attacha à l’empereur d’Allemagne Othon II , qui lui confia l’éducation de son
fils (Othon III), et le fit nommer abbé de Bobbio en Lombardie. Plus tard , Hugues Capet le prit pour précepteur de son fils Robert, et lui donna, en 992, l’archevêché de Reims, dont le titulaire, Arnoul , avait été déposé; mais son élévation n’ayant pas été approuvée par le pape Jean XV, il retourna en Allemagne, et obtint, par le crédit d’Othon III, l’archevêché de ltavenne en 997, et la papauté en 999. Ce fut le premier Français qui monta sur la chaire de S1 Pierre. Il a laissé 1 19 Lettres, une Vie de St Adalbert , archevêque de Prague, un Discours contre la simonie, et divers autres opuscules, publiés par Duchesne, 1636. Les Lettres et Discours ont été traduits en français par L. Barse, Riom, 1849, 2 vol. in-8°. Une statue a été élevée à Gerbert par la ville d’ Aurillac, en 1851. V. Olleris. Vie de Gerbert /er, 1867, in-12. B.
sylvestre in, antipape, était évêque de Sabine, lorsqu’après avoir chassé Benoît IX, en 1044, les Romains le mirent à sa place. Trois mois après, Benoit fut rétabli par sa famille ; son rival , forcé de céder, vendit sa dignité à un prêtre, qu’il sacra sous le nom de Jean XX, mais resta lui-même à Rome et conserva des partisans. Le concile de Sutri , 1046, les déclara tous les deux usurpateurs. V. Benoît IX et Grégoire VI. R.
sylvestre (Ordre de saint ). V. éperon d’or.
SYLVESTRINS , ordre religieux formé en 1231 à Montefano (Marche d’Ancône) par S* Sylvestre-Gozzolini (né à Osimo en 1177, m. en 1267), et approuvé par Innocent IV en 1248. Il suivait la règle de S1 Benoit dans sa pureté primitive.
SYLVIUS, fils posthume d’Enêe et de Lavinie, régna à Albe. Son nom se transmit héréditairement avec la couronne à 12 rois, ses descendants : Ænæas Sylvius, Latinus Sylvius, Alba Sylvius, etc. Le dernier, Procas, est le père de Numitor, l’aïeul de Romulus.
sylvius (ænéas), pape. V. PIE II.
sylvius (François), médecin. V. boê (François de le).
SYMBOLE (d’un mot grec qui veut dire signe), signifie, chez les chrétiens , une formule de profession de foi. L’Eglise reconnaît trois symboles : le 1er, celui des Apôtres, qu’ils composèrent avant de se séparer, vers l’an 36 de J.-C., comprend 12 articles, et fait partie des prières journalières; jusqu’à S1 Grégoire le Grand, on ne le récita pas dans l’Eglise de Rome, parce qu’aucune hérésie n’ayant paru dans cette Eglise, on n’avait pas besoin d’y faire profession de sa foi : on le disait ordinairement avant le baptême, et, en plusieurs endroits, il était lu sur le jubé en présence des fidèles. Le 2e symbole, dit de Nicée, fut rédigé par le 1er concile œcuménique de ce nom , en 325 ; Timothée, patriarche d’Alexandrie au VIe siècle, introduisit la coutume de le chanter à la messe, et le 2* concile de Tolède, en 589, consacra cet usage pour l’Occident. Le 3e symbole, attribué à S1 Athanase, et , par plusieurs auteurs, à Vigile , évêque de Thapsus vers la fin du ve siècle, se récite vulgairement dans l’office du Dimanche, à la fin de Prime.
SYMÉ , petite île de l’Archipel , entre Rhodes et la péninsule de Cnide. Appelée d’abord Métapontis et OEgle, elle reçut le nom de Symé d’une fille d’Ialysos, ou d’une nymphe épouse de Neptune. Au temps de la guerre de Troie, elle avait pour roi Nirée, le plus beau des Grecs après Achille. Les Cariens l’occupèrent ensuite, puis l’abandonnèrent; une colonie de Lacédémoniens et d’Argiens, sous la conduite d’IIippotès, vint la repeupler. Conquise en 1309 par les chevaliers de Rhodes, comprise dans le domaine particulier du grand-maître, les Turcs s’en emparèrent en 1523. Elle fait maintenant partie de l’eyalet des Iles, et s’appelle Sirnia ou Simmi. Autrefois fertile en blé et en vins , et nourrissant beaucoup de chèvres , elle est auj. pauvre et misérable, et ses habitants vivent de la pêche des éponges, qui se trouvent en abondance et d’excellente qualité sur les rochers de ses côtes. C. P.
SYMMAQUE, Samaritain d’origine et de culte, vécut dans la 2e moitié du n* siècle, se fit juif, puis chrétien, et adopta enfin les doctrines des Ebionites. 11 avait traduit en grec V Ancien-Testament ; de cette version, qui occupait la 4e colonne des Hex aptes d’Origène, il ne reste que quelques fragments.
symmaqtie, Q.-Aurelius Symmachus , le plus illustre des derniers défenseurs du paganisme en Occident, né à Rome, vers l’an 340, m. en 409 ou 410, était fils de L. Aurélius Avianus Symmachus, préfet de Rome en 364. Un de ses frères, Celsinus Ticianus, auquel il recommande Satyrus, frère de S1 Ambroise, géra le vicariat d’Afrique en 389. Symmaque servit d'abord en Germanie, sous Valentinien Ier; il fut questeur, préteur, intendant de la Lucanio et du Brutium, proconsul d’Afrique, préfet de Rome,
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