SYN
384-386, et consul en 391. Appelé, jeune encore, dans le Collège des grands pontifes, nul ne veilla avec plus de sollicitude au maintien de la discipline et des traditions païennes. Les sénateurs le chargèrent de réclamer auprès de Gratien , puis de Valentinien II, le rétablissement de la statue et de l’autel de la Victoire enlevés de la curie IIostilia. Mais le pape Damase fit passer à S1 Ambroise la protestation de la minorité, et la cour de Milan ne voulut même pas accorder d’audience à l’orateur de l’ancien culte. Sous Théodose Ier, Symmaque fut banni de l’Italie, soit pour avoir renouvelé ses instances en faveur de l’autel de la Victoire, soit pour avoir fait le panégyrique de l’usurpateur Maxime; mais il rentra bientôt en grâce, et, rendu prudent par le malheur, suivit sans éclat et sans se compromettre le mouvement païen qui porta à l’empire son ami le rhéteur Eugène. Symmaque nous a laissé, sur son administration de la préfecture de Rome, un document très-curieux; ce sont 43 rapports adressés aux empereurs : ces pièces, trop peu connues, jettent du jour sur l’histoire civile, politique et religieuse du premier municipe de l’Occident. Le cardinal Mai a découvert , dans la bibliothèque Ambrosiennc, des fragments de ses Discours, publiés à Milan, 1815, in-8° : ce sont des harangues sénatoriales, et des éloges prononcés devant les empereurs, à l’armée. Symmaque les a lui-même fort sainement jugés dans une lettre â Naucellius, où il avoue que le goût du temps, auquel il sacrifie, l’entraine vers les recherches d’une composition qui poursuit les applaudissements. On a encore de lui des Lettres , au nombre de 965, publiées par son fils, préfet de Rome en 419, et adressées à tout ce que la magistrature, l’armée et les lettres comptaient de plus distingué au ive siècle. Ce sont encore des documents très-curieux sur les usages, la législation et l’administration de l’époque. V. E. Morin, Etude sur la vie et sur les écrits de Symmaque , préfet de Rome en 384, Paris, 1847, brochure in-8°. M.
symmaque, Quintus Aurelius Memmius , descendant du précédent, fut sénateur, consul désigné en 485, et, en 522, consul avec Boëce, son gendre. Quand ce philosophe eut été mis à mort par ordre de Théodoric, roi des Ostrogoths, Symmaque ne put contenir son indignation ; il s’attira la colère de Théodoric, qui le fit traîner à Ravenne, puis à Rome, où on le tua dans sa prison, en 525 ou 526.
symmaque, Cœlius Symmachus, pape de 498 à 514, né en Sardaigne , triompha de l’antipape Laurent avec l’appui de Théodoric, roi des Ostrogoths, se justifia, au concile de Palma, des accusations portées contre lui par les adhérents de son rival , et combattit avec zèle les Eutychéens et les Nestoriens. Ce fut lui, dit-on, qui ordonna de chanter le Gloria in excelsis à la messe des dimanches et des fêtes des martyrs. B.
SYMPATHIE (Poudre de), remède qui était fort en usage en France, vers 1681 , comme moyen curatif pour les plaies. Il était composé de couperose verte ou sulfure de fer, desséchée au soleil , pulvérisée, et mélangée de gomme arabique. Il suffisait d’en saupoudrer un linge trempé dans le sang de la plaie, et le malade, même absent , devait guérir par l’effet de la sympathie. Cependant, les effets de ce remède n’étant pas absolument infaillibles, la poudre merveilleuse perdit son crédit , après avoir été fort recherchée et admirée par une foule de dupes. C. D — Y.
SYMPHÉROPOL. V. Simpiiéropoi,.
SYMPHORIEN (Saint), martyr à Autun , vers 179, pour avoir refusé d’adorer Cybèle. Sa mère, le voyant marcher au supplice, l’exhorta elle-même à souffrir avec courage. Fête, le 22 août.
symphorien (saint-), ch.-l. de cant. (Gironde), arr. et à 30 kil. O. de Bazas ; 470 lmb.
sïmphorien-de-lay ( SAINT-) , ch.-l. de cant. (Loire), arr. et à 17 kil. S.-E. de Roanne; 1.677 hab. Fabr. de mousselines, tissus de coton.
sympiiorien-d’ozon (saint-), ch.-l. de cant. (Isère), arr. et à 13 kil. N. de Vienne; 1,574 hab. Fabr. de couvertures de laine et de chamois. Patrie de Berchoux.
sym phorien-le-chateau (saint-), ch.-l. de canton (Rhône), arr. et à 34 kil. S.- O. de Lyon, sur la Coise; 1,656 hab. Tanneries ; fabr. de draps, souliers, clous, etc. Pendant la Révolution, on l’appela Chausse-Armée, en raison de ses fabriques de souliers.
SYMPLÉGADES ou CYANÉES, îles rocheuses du Pont-Euxin , près du Bosphore de Thrace. Suivant la Fable, ces deux îles, autrefois mobiles, s'entre-choquaient; elles furent fixées par les Dieux, quand le navire Argo passa entre elles.
SYMPOSION, 2e partie du Déipnon ou principal repas i des anciens Grecs [V. Déipnon). C’était alors qu’on servait j
les vins. De gais propos, des entretiens savants , des jeux de toute espèce, la musique, la danse, etc., eu remplissaient la durée. On nommait Symposiarque le roi du festin.
SYNAGOGUE (du grec sun, ensemble, et aqô , mener; en hébreu, Betli haimeseth), nom qu’on donne vulgairement au lieu où s’assemblent les Juifs pour pratiquer leur culte. Il signifie, en général, toute la communauté juive d’un pays; il en peut signifier une portion limitée, et désigne aussi l’édifice même consacré au culte. Avant la captivité de Babylone, il n’y avait point de Synagogue, mais seulement le temple de Jérusalem, où l’on venait de toute la Palestine pour les sacrifices; les autres prescriptions du culte pouvaient s’accomplir dans la maison du père de famille, investi de l’autorité religieuse. Au retour de la captivité, Esdras ayant établi la lecture et l’interprétation de la loi en public, il s’établit des Synagogues, qui furent en même temps des écoles, des tribunaux, des lieux de discussion et de prédication. Lors de la venue de J.-C., il y en avait, dit-on, 480 à Jérusalem; mais ces Synagogues ne s’étaient nullement substituées au Temple. Après la dispersion du peuple juif, les Synagogues, dans les différents pays, furent les réunions publiques ou secrètes des fidèles, en quelque endroit qu’elles eussent lieu. Le sens du mot ne fut précisé, en France, qu'en 1806, dans un règlement célèbre délibéré par le Sanhédrin, et décrété en 1808. Treize Synagogues (réduites auj. à huit|, avec autant de Consistoires , étaient établies dans l’étendue de l’Empire. Chacune comprenait plusieurs départements. La Synagogue fut donc une sorte de diocèse , une vaste paroisse. On autorisait en outre des Synagogues particulières, avec leur circonscription spéciale, selon les besoins de la population. Le local consacré à la prière est aussi la Synagogue ; mais ce mot , que l’ordonnance d’organisation du culte israélite , du 25 mai 1844, ne prononce même pas, est auj., en France, remplacé presque partout par le mot temple. On cite les Synagogues d’Amsterdam, de Francfort, de Livourne, de Bordeaux. La communauté d« Paris a deux temples, et, de plus, une quinzaine d’assermblées de prières autorisées, qui se rapprochent des anciennes Synagogues de Palestine , puisqu’on y enseigne , qu’on y interprète la loi, et qu’il s’y engage même des controverses. Les temples doivent être simples ; nulle image n’y peut figurer ; mais il est permis d’y placer des sentences et des noms tirés de l’Ecriture. Les hommes sont séparés des femmes, qui occupent les galeries supérieures de l’édifice, quelquefois même sont cachées à la vue. Le respect veut que les hommes restent la tête couverte, pour ne pas montrer la nudité du crâne. Une arche ou armoire, placée du côté de l’orient, renferme un ou plusieurs exemplaires du Penlateuque, écrits à la main sur vélin, et formant des rouleaux. L’office a lieu tous les jours, mais, selon l’antique usage, on ne lit la loi que le lundi, le jeudi, et le samedi, sans compter les jours de fêtes et de jeûnes. Chaque temple a son administration [Kahal ), son Hazan, ou ministre officiant, et son Schamas , ou bedeau. Le nombre des rabbins varie avec l’importance de la communauté. Il existe encore en Orient des lieux de prière» hors des villes, dans les endroits découverts, ou près des cours d’eau ; on les appelait autrefois Proseuques.
SYNCELLE (Le). V. Georue le Synceli.e.
SYNCELLE, officier de l’Église de Constantinople, demeurait continuellement avec le patriarche, pour rendre témoignage de toutes ses actions. Tant de pouvoir et de privilèges furent attachés à cette dignité, qu’elle fut briguée par des fils et des frères d’empereurs ; des évêques et de» métropolitains se firent aussi un honneur d’en être revêtus.
SYNCRÉTISTES. V. Callisen (George).
SYNERGISTES, du grec suneryeô, je coopère, nom donné à des théologiens protestants qui, contrairement aux enseignements de Luther et de Calvin, prétendent que Dieu n’opère pas seul la conversion du pécheur, et que celui-ci coopère à la grâce en suivant son impulsion. Cette opinion, qu’on aperçoit déjà dans Mélanchthon, fut soutenu» par Pfeffii'.ger, et combattue par Flaccius; l’université de Wittemberg se déclara pour le premier, et celle d’Iéna pour le second.
SYNÉSIUS, écrivain grec, né vers 350 à Cyrène, d’une famille riche descendant des Héraclides, m. peu après 134, suivit à Alexandrie les leçons de la célèbre Hypatia, fréquenta aussi l’école d’Athènes, fut envoyé en 400 par ses compatriotes auprès de l’empereur Arcadius pour implorer son secours contre les tribus de la Libye et solliciter un dégrèvement d’impôts, se maria vers 40.3, devint évêque de Ptolémaïs (auj. Tolometa ) en 410, et extirpa de son diocèse l’arianisme. Tous ses ouvrages , estimés en
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général, sont d'un style pompeux; il n’y sépare pas assez des dogmes chrétiens les idées platoniciennes. On a de lui ; un Discours à Arcadius sur les devoirs de la royauté , traduit en français par Daniel d’Auge, 1555, in-8"; Dion, ou de la Conduite de sa vie; l’ Egyptien, ou de la Procidence ; des Songes; Hymnes religieuses, traduites en vers français par J. Courtin, Paris, 1581, et en prose par MM. Grégoire et Collombet, Lyon, 1839; 155 Lettres , pleines d'esprit, de douceur, et de solides raisonnements; des Homélies, etc. Ses Œuvres complètes ont été publiées par le P. Peteau, Paris, 1612-33, in-fol. Synésius écrit avec assez d'élégance et de pureté. V. Klansen, de Synesio philosopho, Copenhague, 1831, in-80; Kolbe, i Evêque Synésius (en allemand), Berlin, 1850, in-8°; H. Druon, Etudes sur la vie et les ouvrages de Synésius, Paris, 1860, in-8°.
SYNNADA , anc. v. d’Asie-Mineure (Phrygie), dans une plaine et près d’une carrière de marbre blanc d’albâtre, qui a reçu le nom de Synnadique ou Docimite. Synnada devint, dans les dernières divisions de l’empire romain, le ch.-l. de la Phrygie Salutaire. Ses ruines se retrouvent au village turc à'Eslii-Kara-Hissar, près d’Afium- Kara -Hissai- (eyalet de Khodawendiguiar). C. P.
SYNODE, e.-à-d., en grec, réunion , nom donné : 1° dans l’Eglise catholique, aux assemblées de curés d'un même diocèse, et, plus anciennement, aux conciles nationaux et provinciaux; 2° chez les calvinistes, aux réunions de ministres où l’on décide les points litigieux du dogme.
synode I Saint-), V. Russie, Religions.
SYNŒC1ES , fêtes que les Athéniens célébraient en l’honneur de Minerve, dans le mois liécatombéon (juilletaoût), pour rappeler la réunion des bourgades dont Athènes fut formée.
SYOUAH, oasis d’Egypte. V. Sioiiah.
SYNTHÈSE, Synthesis, tunique de festin chez les anc. Romains. Elle était de toile blanche, et fournie par le maître de la maison. On la mettait sans ceinture, pardessus sa tunique de vêtement, et pour la garantir des taches pendant le repas. C. D — y.
SYOUTbl, v. d’Egypte. V. Siouth.
SYPHAX, roi de la Numidie occidentale ou Césarienne, resta allié de Rome pendant la 2e guerre punique, jusqu’à ce que Sophonisbe, son épouse, l’en eût détaché; alors il s’opposa au débarquement de Scipion en Afrique, 203 av. J.-C. Battu et pris près de Cirta, avec Sophonisbe, par Masinissa et Eælius, une partie de son royaume fut donnée à Masinissa. Emmené en Italie pour le triomphe de Scipion, il mourut peu de jours avant.
SYRA, anc. Syros, île du roy. de Grèce, vers le centre des Cyclades; 30,000 hab. Ch.-l., Syra. Peu de culture, point d’eau. Olives, figues, orge, raisins. Du temps d’Homère elle était renommée pour sa fertilité en blé, vin, et bestiaux. Peuplée par des Ioniens, elle appartint tour à tour, comme le veste des Cyclades, aux Athéniens, aux successeurs d’Alexandre, aux Romains, à l’empire byzantin, aux Vénitiens en 1204, depuis 1566, aux Turcs, et fut placée sous la protection des rois de France; enfin, en 1830, on la comprit, avec les autres Cyclades, dans le royaume de Grèce. C. P.
syra ou hermopolis, v. du roy. de Grèce, ch.-l. de l’ile de Syra et de la nomarchie des Cyclades. Port sur la côte E. de l’ile ; 35,000 hab. Evêché catholique, gymnase, école d’hydrographie. Entrepôt pour les provenances de l’Occident et des îles grecques. Vastes magasins de douanes. Chantiers de construction. Cabotage actif. Teintureries, tanneries, savonneries, pêche des éponges, etc. Comm. de laines, soie, cocons, peaux, bois de construction. Plusieurs lignes de bateaux à vapeur français, autrichiens, russes, touchent à Syra, point de départ d’un service grec. — Syra, anc. Syros, sur un rocher, était peu importante, lorsque, pendant la guerre de l’indépendance, des réfugiés de Chios, d’Ipsara, et d’Hydra, vinrent, en 1821, fonder dans le voisinage une ville appelée Hermopolis, et qui se confond auj. avec elle.
SYRACUSE, anc. Syracusa, en italien Siracusa et Siragosa, v. forte de Sicile, anc. ch.-l. de la prov. de son nom (auj. Nota j, port sur la côte E. de l’ile, dans la Méditerranée, à 50 kil. S.-S.-E. de Catane et 252 kil. S.-E. de Païenne; par 37» 2’ 58" lat. N., et 12° 57' 35" long. E. ; 19,401 hab. Evêché; cour criminelle et trib. civil; lycée, bibliothèque, musée. Commerce de thon, vins fins, surtout des muscats renommés, grains, soufre, huile, chanvre, lin, sel, amandes, etc. Arsenal. La nouvelle Syracuse, réduite aux constructions de l’îlot d ’Orlygie, situé entre les deux anciens ports (le Grand Port et le Trogyle) et séparé de l’ile par un canal, est ceinte de murs, et renferme, entre autres édifices, une belle cathédrale, ancien temple
fie Minerve, le palais du sénat, plusieurs palais particuliers, et de nombreuses antiquités, telles qu’un vaste amphithéâtre, >iu théâtre taillé dans le roc et dont les 66 rangs de sièges pouvaient contenir 40,000 spectateurs, enfin les Latomies ( V. ce mol). L’anc. Syracuse était la plus vaste ville de la Sicile ; son enceinte, flanquée de tours, avait 35 kil. , et enfermait, dit-on, 500,000 et même 1,200,000 hab. Elle avait cinq quartiers, appelés: Ortygie, c.-à-d. l’ile ; Achradine , sur le bord de la mer, le plus beau et le plus riche, joint au précédent par un pont étroit; Tyché , plus dans l’intérieur, encombré de peuple; Néopolis, au S. des précédents ; et Épipole, où était la citadelle, à l’O. La célèbre fontaine d’Aréthuse est près de la mer, dont les infiltrations corrompent maintenant la douceur de ses eaux ; elle a été convertie en lavoir. Les marais qui environnent Syracuse en rendent le climat malsain. — Fondée en 735 av. J.-C. par des Corinthiens sous la conduite d’Archias, Syracuse fut, jusqu’en 484, une république aristocratique, florissante, mais souvent agitée par les divisions; elle devint la métropole d’Acres, d’Enna, de Casmène, d’Héloros, de Nétum, etc. Dominée ensuite par des rois (Gélon, 484-478 ; Hiéron Ier, 478-467 ; Thrasybule, 467-466), elle recouvra son indépendance et se gouverna démocratiquement de 466 à 405. C’est dans cet intervalle, 414, qu’elle repoussa victorieusement les attaques des Athéniens, et que commença sa longue lutte contre Carthage, dont elle triompha aussi, mais en retombant sous le joug de ses tyrans (Denys l’Ancien, 405-368 ; Denys le Jeune , 368-357 ; Dion, 357-354; Callippe, 354-353 ; Hîpparinus, 353-351 ; Nypsius, 351-347; Denys le Jeune, revenu de l’exil, 347-343). Timoléon, 343-337, rétablit la république; Sosistrate la détruisit, 320-317, et fut remplacé par Agatliocle, 317-289, après la mort duquel la démocratie, de nouveau victorieuse, se maintint pendant 20 ans. Sous le règne de ces divers princes, dont le pouvoir ne persista le plus souvent qu’à cause des dangers de la guerre étrangère , l’anarchie désola plus d’une fois Syracuse, puissante cependant, mais toujours obligée de lutter contre les Carthaginois. En 269, elle se donna un nouveau roi, Hiéron II, sous lequel elle fut assiégée par les Romains, à cause de l’alliance qu’elle venait de conclure avec Carthage, et qu’elle dut rompre pour s’allier à Rome. Iliéronyme, successeur, en 215, d’Hiéron II, son aïeul, déchira le traité fait avec Rome ; mais il ne vécut qu’un an, et la République, qui le remplaça, s’étant, comme lui, déclarée pour les Carthaginois, les Romains, commandés par Marcellqg, assiégèrent Syracuse, et la prirent en 212, malgré les prodiges de défense du génie d’Archimède. Ils la conservèrent jusqu’à la chute de leur empire. Elle passa ensuite sous la domination de l’empire grec , des Sarrasins qui la détruisirent en 878, des Normands, etc., comme la Sicile dont elle était la capitale. Des tremblements de terre, en 1693 et en 1757, achevèrent sa ruine. Patrie d’Archimède, de Théocrite, et de Moschus.
SYRIANUS, philosophe néoplatonicien et grammairien, né à Alexandrie vers 380, m. en 450, étudia à Athènes sous le platonicien Plutarque, qu’il remplaça dans la direction de l’école , et eut parmi ses élèves Proclus , qu’il désigna pour son successeur. On a de lui des Commentaires sur la Métaphysique d’Aristote ( 3 livres seulement 3nt été publiés en latin par Bagolini, Venise, 1558), et sur la Rhétorique d’Hermogène. Il avait aussi composé 4 livres sur la République de Platon, 7 livres de Commentaires sur Homère, etc.; ces ouvrages sont perdus.
SYRIE, région de l’Asie, dans l’empire ottoman, appelée par les Turcs et les Arabes Souristan, Souria, et Rahr ei Cham ou pays de la gauche , c. à • d. à gauche de la Mecque, par opposition à l’Yémen ou pays de la droite. Elle a pour bornes : au N.-O. et au N., l’ Alt ma ou Akma-Dagh (anc. Amanus) , et une ligne tirée de cette montagne à l’Euphrate vers Biredjilc; à l’E., l’Euphrate; au S.-E. et au S., les déserts de l’Arabie; à l’O., la Méditerranée, qui forme le golfe d’Alexandrette ( Iskanderoun ) ; 160 kil. sur 120; 70,600 kil. carrés. Plusieurs chaînes de montagnes la traversent du N. au S. : de l’Akma-Dagh se détache à l’O. le Djébel-Aman (anc. Rhosos) , qui se termine vers Antioche par le Djébel-Mousa; au N., vers Aïntab, l’Akma-Dagh donne naissance à deux chaînes parallèles : l’une, l’ancienne Piérius, qui longe la vallée de l’Euphrate , n est qu’une suite de collines arides, formées d'un calcaire dur et blanchâtre, et après avoir couru du N. au S. jusqu’à Palmyre , s’infléchit vers l’O., de Palmyre à Damas, et se rattache à l’Anti- Liban; l’autre, sous le nom de Djébel-Ala , ferme à l’E. la vallée de l’Oronte. La véritable chaîne supérieure commence
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nu S. d’Antioche, par le pic du Djébel-AUrad (anc. Casius), i ferme à l’O. la vallée de l’üronte , et suit la direction de la côte de la Méditerranée, dont elle est éloignée au plus de 25 à 30 kil. ; elle porte d’abord le nom de Djèbel-Ansairièh , et son versant occidental est couvert d’oliviers et de vignes , tandis que le versant oriental n’est qu’une suite presque continue de rochers arides ; puis celui de Liban , et forme alors deux chaînes parallèles , la chaîne occidentale ou Liban proprement dit, et lu chaîne orientale dite Djébel- Scherki ou Anti- Liban , dont la cime la plus élevée, le Djébel-el-Scheik (anc. Idermon), atteint 3,000 mètres. Entre ces deux chaînes s’étend une vallée de 70 à 80 kil. sur 35 à 40; c’est l’anc. Cœlé-Syrie ou Syrie-Creuse , auj. Bêcha. Le Liban , qui n’est plus couronné que d’un très - petit nombre de ses cèdres si vantés, est surtout couvert de vignes , de figuiers , de mûriers , de chênes , et de sapins. La chaîne occidentale se continue par les Monts de Judée , où l’on distingue le Tliabor, le Carmel , les monts Ebal et Garizim. La chaîne orientale projette au S.-E. de Damas le Djébel-et-Saffa, le Djébel-Hauran , et, sur les rives orientales de la mer Morte , le Djébel-Adjloun et le plateau d ’El-Belka. Ce sont toutes montagnes nues , arides , et annonçant l’approche du désert. L’une et l’autre chaîne s’abaisse par degrés en s’avançant au S. , et se termine dans l’isthme de Suez en épanouissements insensibles. Le Liban donne naissance aux cinq principaux fleuves de la contrée : TOronte ou El-Aazi des Arabes , qui traverse le lac Famièh, et reçoit les eaux du lac Antakièh , grossi du Kara-Sou et de VIfrin venant de l’Amanus; le Litani , anc. Léontès, arrosant la Cœlé-Syrie; le Jourdain, sorti du lac Phiala dans I’Auti-Liban, traversant les lacs Maron et de Tibériade, et se jetant dans le lac Asphaltile ou mer Morte; le Barada ( Farfar de la Bible, Chrysorrhoas des Grecs) et 1 ’Aivach, sortis tous deux de l’Anti-Liban , arrosant la plaine de Damas, et allant se perdre dans le lac Bahr-el-Mardj. La direction des montagnes de Syrie partage ce pays en trois parties bien distinctes : 1° la plaine orientale , de l’Euphrate au Jourdain, et aux montagnes qui ferment les vallées de l’Oronte et de Damas, où des pluies peu abondantes et de courte Jurée font germer presque immédiatement une végétation luxuriante , et où la chaleur dévorante de l’été fait périr les plantes; 2° les montagnes , les hauts plateaux et les vallées du Liban , qui ont un climat à peu près analogue à celui du milieu de la France ; tout le Liban est couvert de neige pendant l’hiver, et , sur les sommets les plus élevés, elle persiste toute l’année ; 3° la plaine maritime, exposée pendant l’été à des chaleurs accablantes , et qui doit aux vents d’ouest qui prolongent la saison des pluies, et à la fonte des neiges accumulées sur le Liban , une merveilleuse fertilité , mais quelquefois insalubre. Cette diversité de climat permet à la Syrie de produire , même dans un très -petit rayon , les arbustes et les fruits des contrées tempérées , et ceux des zones tropicales : ainsi Latakièh exporte des tabacs à fumer excellents ; toute la bande maritime produit en pleine terre, et sans qu’ils aient rien à redouter des hivers tempérés de cette côte , l’oranger, le dattier, le bananier, l’olivier, le figuier, la canne à sucre, le pistachier ; dans la Cœlé-Syrie , le maïs ; sur les flancs des montagnes, la vigne et le mûrier blanc; sur leurs sommets, les sycomores, les cyprès , et les chênes ; à Damas, tous les fruits d’Europe; dans la Palestine , le tabac , le lin , la garance , et toutes les céréales. Mais l’incurie des populations , les vexations de l’administration turque , les guerres presque continuelles que se font les diverses races qui habitent le pays , empêchent la Syrie de parvenir au degré de prospérité agricole que la nature lui a départi , et qu’elle a connu pendant l’antiquité : souvent aussi les sauterelles ravagent les récoltes. La Syrie produit tous les animaux domestiques, entre autres, des chevaux d'une très-belle race , des ânes et des mulets d’une légèreté remarquable , des chameaux dont il se vend annuellement 10 à 12 mille à Damas; on a nouvellement trouvé dans le désert de Syrie, entre Palmyre et Bagdad , l’hémippe , et des moutonsà largequeue.Lesanimauxsauvagessont le lion ( sur les bords de la mer Morte) , l’hyène , le chacal , le guépard. Parmi les productions minérales, le fer seul est abondant dans le Liban; on recueille du bitume et du soufre dans la Judée , et aux environs de la mer Morte. Toute la Syrie est sujette aux tremblements de terre, dont les plus terribles , qui arrivent principalement dans l’hiver après les pluies d'automne , furent ceux de 1759 en Cœlé-Syrie; de 1778 et 1783 à Alep, à Tripoli et dans le Liban ; de 1819 et 1822 à Alep. Industrie peu active; fabriques de coton et d’étoffes d’or et de soie d’Alep; sériciculture ; manufactures de sabres de Damas en décadence. Le commerce est assez actif, grâce à la position centrale de la Syrie entre
la Perse, l’Egypte, l’Asie-Mineure et l’Europe. Damas, où viennent converger les routes septentrionales et orientales du monde musulman, reçoit les caravanes de Bagdad, et est le point de départ de la grande caravane à la fois religieuse et commerciale qui conduit les pèlerins à la Mecque. Alep entretient surtout des relations avec l’Arménie et l’Asie-Mineure , et les ports de la côte ; Alexandrette, Latakièh, Tripoli surtout, Beyrouth, Acre et Jaffa , servent de débouchés à Alep et Damas, et sont célèbres dans l’histoire du commerce européen sous le nom d' Echelles du Levant. La plupart des nations européennes y ont des consuls , ainsi que dans les grandes villes de l’intérieur. La Syrie, qui avait au moins autrefois 10,000,000 d’habitants , est auj. réduite à environ 2,000,000 , et renferme les races les plus variées. On y compte environ 1,200,000 Musulmans, savoir : des Turks conquérants, qui ne se trouvent guère que dans les villes, où ils exercent les emplois de guerre et de magistrature; des Turkomans et des Kourdes , peuples errants et pasteurs, aux environs d’Alep et de Damas ; des Arabes, qui peuplent les villages, forment la classe la plus nombreuse, et comprennent les Ansairièh ou Nnsairièh , entre les montagnes du même nom et la mer, d’Antioche au Liban; les Druzes, dans la partie du Liban comprise entre Beyrouth et Saida ; les Mutualis . dans la Cœlé-Syrie, et les Bédouins, dans le désert , entre Damas et l’Euphrate. Les Grecs ou Syriens sont au nombre d’environ 650,000, dont 400,000 du rite grec ou Melcliites , et 250,000 unis à Rome, et connus sous le nom de Maronites, dans le Liban , au N. des Druzes , entre Beyrouth et Tripoli. Il faut ajouter environ 180,000 Juifs, des Arméniens , des Nesloriens, etc. Depuis la conquête ottomane , 1516, la Syrie avait été divisée en 5 gouvernements ou pachaliks : au N. , Alep ; sur la côte , Tripoli , Saida ( transféré à la fin du xvme siècle à Acre) , Palestine (dont le siège fut tantôt à Gaza, et tantôt à Jérusalem), et, dans l’intérieur, Damas. Dans les récentes divisions de l’empire ottoman, elle ne forme plus que quatre eyalets : Saida, comprenant toute la côte depuis le Djébel-Akrad au N. jusqu’à l’Egypte au S., et jusqu’au Liban, au Jourdain et à la mer Morte à l’E. : ch.-l., Beyrouth; Alep, comprenant le N. de la Syrie; Damas, toute la partie orientale du Liban, jusqu’à l’Euphrate; le Liban, créé en 1861.
Histoire. Le nom de Syrie s’est appliqué à un pays dont l’étendue a beaucoup varié selon les époques ; la Syrie proprement dite ne comprenait que le pays entre l’Amanus, l’Euphrate, le Liban occidental, les sources du Jourdain, et le désert, pays divisé en Syrie Supérieure au N., et Cœlé-Syrie, entre" les deux chaînes du Liban. Les Perses ayant conquis la Syrie, et réuni à la satrapie dont ce pays formait le centre, la Phénicie, la Judée, et la Mésopotamie , les écrivains grecs étendirent le nom de Syrie à la Phénicie et à la Judée appelée par eux Syrie-Palestine , ainsi qu’à la Mésopotamie, qu’ils nommèrent Syrie des Bivières. Les habitants de la Syrie proprement dite donnaient à leur pays le nom d 'Aram, et la Bible, faisant d’Aram un des fils de Sem , nous apprend , ce que confirme l’étude des langues, que les Araméens appartiennent à la race sémitique. Le nom d’ Araméens était même connu des plus anciens écrivains grecs, et on le trouve, sous la forme Ariméens, dans Homère et dans Hésiode. On peut, d’après les données bibliques, fixer approximativement à l’an 2000 av. J.- C. l’époque où la tribu des Araméens quitta le plateau d’Arménie, pour descendre dans les plaines arrosées par l’Euphrate et l’Oronte. Ces peuples paraissent s’être étendus à l’E. et au N. de la Syrie proprement dite, dans la Mésopotamie, et la Cappadoce. Pressés au N. et à l’O. par les peuples de race indo-européenne , au S. par les Phéniciens et les Chananéens, à l’E. par les Assyriens et les Babyloniens, toutes nations chez lesquelles l’élément sémitique avait été altéré par des populations chamites, ils perdirent peu à peu les caractères de la race sémitique, c.-à-d. l’habitude de la vie pastorale, la tendance au monothéisme, et la constitution patriarcale de la tribu : ils devinrent, à l’exemple de leurs voisins, agriculteurs et marchands, et adoptèrent leurs religions orgiastiques , à la fois sanglantes et luxurieuses : c’est ainsi qu’ils adorèrent, sous le nom de Baal, le Bel des Babyloniens, et Alaryitis ou Dercélo, dont le culte avait de grandes ressemblances avec celui de la Dercéto phénicienne et de la Cybèle de Phrjgie. Enfin on voit se former, dès les temps les plus anciens, de petits royaumes que nous ne connaissons que par l’Ecriture, ceux de Sobah, à’Hamali, d’Arpnd, de Maacha, de Gessur, de Bohob, et de Damas. En guerre avec Saiil , ces petits royaumes furent soumis au tribut par David et Salomon. Délivrée du joug israélite après la mort de ce dernier
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prince , la Syrie vit s’élever au-dessus des autres Etats celui de Damas, qui fut souvent en guerre avec les royaumes d’Israël et de Juda. Achaz, roi de Juda, attaqué par Phacée, roi d’Israël, et par Razin, roi de Damas, appela à sou secours Téglath-Phalazar , roi d’Assyrie, qui prit Damas et toute la Syrie, devenue dès lors une simple province du second empire assyrien, 738. Tombée au pouvoir des Chaldéo-Babyloniens après la ruine de ce second Empire, elle passa aux Perses avec Cyrus, et, dans la division de l’empire persan faite par Darius Ier, elle forma avec Cypre, la Phénicie, la Palestine et la Syrie des rivières, la 5e satrapie, taxée à 350 talents (3,380,000 fr. environ). Sidon fut la résidence du satrape persan, chargé de la levée des impôts et du commandement des troupes : en Syrie, comme dans les autres provinces de leur Empire, les Perses abandonnèrent aux petits princes ou rois de chaque ville l’administration intérieure du pays. La victoire d’issus donna la Syrie à Alexandre, 333. Disputée après sa mort par ses successeurs , la Syrie proprement dite resta, après la bataille d’Ipsus , 301 , à Séleucus , qui en fit le centre de son Empire, et y bâtit sa capitale, Antioche. Le royaume de Syrie comprit, sous Séleucus Ier , c.-à-d. à l’époque de sa plus grande étendue , outre la Syrie propre, presque toute l’Asie- Mineure, et la Haute- Asie, de l’Euphrate à l’Indus et de la mer Erythrée à la mer Caspienne et à l’Iaxarte. Sous Antiochus Ier, le royaume de Pergame se rendit indépendant, et, dans le cours du même siècle , les Bactriens , 255, et les Parthes, 238, secouèrent également le joug des Séleucides. Au S. O., les Lagides, maîtres de la Palestine et de la Phénicie, enviaient le reste de la Syrie, dont les forêts étaient nécessaires à leur marine, et ils faisaient de ce côté des attaques presque continuelles. En même temps, le royaume était déchiré à l’intérieur par les dissensions de la maison royale. Antiochus III le Grand, 222-186, forcé de reconnaître pour rois les usurpateurs de Pergame, de la Bactriane et de la Parthie, se servit d’eux avec habileté pour contenir dans le devoir, en Asie -Mineure et dans la Haute- Asie, les satrapes tentés de suivre leur exemple. Il conquit sur les Lagides la Phénicie et la Palestine, 201, et soumit les cités grecques de l’Asie-Mineure, Smyrne, Lampsaque, Ephèse. Mais ayant accueilli les ennemis de Rome, entre autres Annibal et l'Etolien Thoas, il résolut d’attaquer la république romaine , et porta la guerre en Grèce ; vaincu aux Thermopyles, 191, puis à Magnésie en Asie-Mineure, 190, il dut céder l’Asie en-deçà du Taurus et payer d’énormes frais de guerre, pendant que, cette année-lâ même, l’Arménie secouait le joug. Le royaume de Syrie ne se releva pas de ce coup, et traîna, pendant plus d’un siècle encore, une existence misérable, entre les guerres civiles des différents princes de la famille royale, les révoltes des provinces (la Palestine sous les Macchabées, 166), et les progrès des Parthes, qui conquirent l’Asie jusqu’à l’Euphrate, et réduisirent le royaume de Syrie à la province de ce nom. Fatigués de ces dissensions, les Syriens s’étaient donnés à Tigrane, roi d’Arménie, 85, lorsque Pompée passa en Asie pour achever la ruine de Mithridate et combattre Tigrane , et fit de la Syrie une province romaine, 64. Le dernier roi, Antiochus XIII l’Asiatique , fut réduit au petit royaume de Comagène.