‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 546 sur 864 · TAG · texte numérisé non relu

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foires, récit des événements contemporains, divisé en 20 livres , et s’étendant , dans un espace de 2B ans , depuis Galba jusqu'à la mort de Domitien; nous n’avons que les quatre premiers livres, et le commencement du 5e (Galba, Othon, Vitellius, Vespasien jusqu’à la guerre de Civilis) ; 4» les Annales, récit de l’histoire antérieure, depuis la mort d’Auguste jusqu’à celle de Néron , en 16 livres , dont nous avons les 4 premiers, la 2e moitié du 5e, le 6e, les livres lleàl5e, et le 16» incomplet. Tacite réservait pour un autre ouvrage les règnes heureux de Nerva et de Trajan ; il est probable qu’il n’a pas eu le temps d’exécuter son projet. Le Dialogue sur les causes de la corruption de l'éloquence doit aussi être attribué à Tacite : au moins lui appartient -il beaucoup plus probablement qu’à Quintilien ou à Pline le Jeune ; la différence du style s’expliquerait par l’âge où Tacite aurait écrit cet ouvrage. Il y a toujours eu, en effet, progrès dans sa manière : le style des Annales est plus rapide que celui des Histoires ; celui d’ Agricola a plus de développement encore, et on y trouve le mouvement oratoire, l’imitation patente de Cicéron ; en outre , Sans un ouvrage sur l’éloquence, l’auteur a pu rechercher un style moins serré que dans l’histoire. Tacite est , avant tout , un écrivain moraliste ; son but est d’étudier ce qu’a été , à une certaine époque , chez les gouvernants et les gouvernés , la nature humaine ; dans les révolutions, il examine surtout comment se dessinent les caractères. Il ne procède jamais par dissertations , mais par tableaux , peignant les faits à mesure qu’il les raconte : c’est ce qui donne tant d’intérêt à son histoire. Esprit à la fois élevé et positif, il regrette la république , en reconnaissant la nécessité du gouvernement d’Auguste; il A flétri avec une verve indignée les crimes des empereurs et la bassesse de leurs courtisans ; mais on a trop dit qu’il était disposé à voir les choses en mal ; il est vrai qu’il est presque constamment porté à supposer de mauvais instincts, ou de vils motifs même dans des actions louables, et qu’il ne parait pas croire à la générosité du cœur humain ; cependant , plus d’une fois , il réfute lui-même des accusations portées contre Tibère. Son style a une rapidité et une concision qui trouvent l’effet sans que la recherche se sente ; plein de mouvement et de force , il a quelquefois une couleur un peu poétique. Cette influence du temps où a vécu Tacite se marque encore par des irrégularités grammaticales , des phrases rompues , des locutions vicieuses , enfin par ce dédain ordinaire, aux époques de décadence , pour tout ce qui tient à la logique du style. Tacite a eu des admirateurs enthousiastes dans Tillemont , La Bletterie , Thomas , Chénier, La Harpe ; mais Rollin , Voltaire, et Mably l’ont vivement critiqué; Budé et L inguet furent ses détracteurs acharnés. Les meilleures éditions de Tacite sont celles d’Ernesti , Leipzig, 1752, 2 vol. in-8°; de Brottier, 1772, 4 vol. in-4°, et 1776, 7 vol. in-12, avec des Suppléments pour combler les lacunes du texte; d’Oberlin, Leipzig, 1801, reproduite, avec notes deM. Naudet, dans la Bibliothèque latine de Lemaire, 1820, 5 vol. in-8°; de Bekker, Leipzig, 1831, 2 vol. in-8°; de Walther, Halle, 1831-32, 4 vol. in-8°; de Ruperti, Hanovre, 1834-39, 4 vol. in-8»; de Dœderlein, Halle, 1841-47, 2 vol. in-8° ; d’Orelli, Zurich, 1848, 2 vol. in-8 ; de Ritter, Cambridge, 1848, 4 vol. in-8°. Les principales traductions françaises sont celles de Perrot d’Ablancourt, 3 vol. in-12, 1651; d’Amelot de La Houssaye, 1690, in-4°; de La Bletterie, 1768, 3 vol. in-12; de Dotteville, 1772, 1774, 1779, 1792, 1799, 7 vol. in-8»; de Dureau de La Malle , 1790, 1808, et 4e édit., 1817 , 6 vol. in-8°, avec les suppléments de Brottier, trad. par Noël; de Burnouf, 1827-33, 6 vol. in-8°, la plus remarquable de toutes ; de Panckoucke, dans sa Bibliothèque latine-française , 1827-38, 7 vol. in-8°. V. Bœtticher, Lexicon Taciteum , Berlin, 1830, in-8°; Meierotto, De fontibus quos Tacitus in tradendis rebus ante segeslis videatur secutus, Berlin, 1795 ; Théry, Tacite, thèse, Paris, 1819, in-4°. D— r.

tacite ( Marcus-Claudius-Tacitus ) , empereur romain, 275-276, était âgé de 75 ans lorsqu’il fut proclamé par le sénat dont il était membre. Il chassa les Alains de l’Asie- Mineure, et combattit les Perses. Au bout de six mois de règne, il mourut ou fut tué près de Tyane. Il prétendait descendre de l’historien Tacite , dont il fit mettre la statue et les ouvrages dans toutes les bibliothèques. O.

TACNA, v. du Pérou, province et à 300 kil. S.-S.-E. d’Arequipa , au pied des Andes. Mines d’argent.

TACOARI ou TAGUARI, riv. du Brésil, naît dans la province de Mato-Grosso , coule à l’O. , reçoit le Cochim, et se partage en plusieurs bras qui affluent au Paraguay , après un cours de 400 kil. , embarrassé de nombreuses chutes.

TACONNET (Toussaint-Gaspard), acteur comique, né

à Paris en 1730, m. en 1774, débuta sur le théâtre de la Foire, joua ensuite dans la troupe de Nicollet sur le boulevard du Temple, et se fit remarquer surtout dans les rôles d’ivrognes et de savetiers. Il mourut dans la misère à l’hôpital de la Charité. On a de lui quelques farces, entre autres, le Procès du Chat , et la Mort du Boeuf gras. Il est aussi l’auteur d’une chanson qui eut une grande vogue, la Bourbonnaise.

TACOUCHÉ-TESSÉ ou FRAZF.R , riv. de l’Amérique du Nord, dans l'O. de la Nouvelle-Bretagne (Colombie anglaise), sort du lac Frazer, coule au S.- O., et se jette dans le golfe de Géorgie.

TACUBA , et auparavant Talcopan , v. du Mexique, district et à 11 kil. N.-O. de Mexico, qui la joint par une belle chaussée ; 2,500 hab. Jadis capitale d’un petit royaume.

TACUBAJA, v. du Mexique, district et à 7 kil. S. -O. de Mexico; 2,000 hab. Beau palais de l’archevêque de Mexico.

TACUNGA (La), v. de la république de l’Equateur, prov. et à 80 kil. S. de Quito, sur le San-Felipe, au pied des Andes ; 15,000 hab. Plusieurs fois détruite par les éruptions du Cotopaxi. Près de là est le Panecillo (pain de sucre), espèce de tumulus ou monument militaire, haut de 80 mèt.

TADEN, vge (Côtes-du-Nord), arr. et à 6 kil. N.-E. de Dinan ; 1 ,600 hab. Près de là sont les restes intéressants des châteaux de la Conninaie (xve siècle) et de la Garaye (xvie siècle).

TADER, nom anc. de la Segura.

TADJIKS, nation nombreuse et civilisée qui forme le principal élément de la population de la Perse, et qu on trouve aussi dans la Boukharie et le Kaboul.

TADMOR. V. Palmtre.

TADOUSSAC, brg du Bas-Canada, à 120 kil, N.-E. de Québec , sur la rive g. du Sl-Laurent , à l’embouchure du Saguenay. Premier établissement des Français dans ce pays.

TAFALLA, Tabalia, v. d’Espagne (Navarre), située à 30 kil. S. de Pampelune. Pop. de la commune : 4,330 hab. Jadis place forte, et résidence de quelques rois de 1 Navarre.

J TAFILET , v. du Maroc, ch.-l. de la prov. de son nom ,

: sur le Ziz, à 550 kil. E.-S.-E. de Maroc; 3,000 hab. —

[ La prov. (jadis royaume) de Tafilet, entre celles de Maroc, de Fez et de Draha, a 500 kil. sur 450, et 700,000 hab. Elle est traversée au N. par la chaîne de l’Atlas, et arrosée par le Ziz. Sol très-fertile. Fabr. de cuirs, maroquin, couvertures de laine, exportés pour Fez ou Tombouctou. Les Maures appellent le Tafilet Pays des Chérifs, parce que la famille de ce nom, qui règne à Maroc, en est sortie au xvile siècle.

TAFNA, anc. Siga, petite riv. d’Algérie (Oran), se jette dans la Méditerranée, au golfe de Raschgoun , après un cours de 50 kil. Célèbre par un traité conclu sur ses bords, le 30 mai 1837, par le général Bugeaud, pour fixer les limites de l’Afrique française et des Etats d’Abd-el-Kader ; ce traité, vivement blâmé en France, fut rompu eu 1839 par l’émir lui-même.

TAFT, v. de la Perse (Farsistan), à 31 kil. S. -O.

! d’Yezd; 6,000 hab. Renommée par ses fabriques de tapis.

TAG , c.-à-d. montagne, dans les dialectes tartares : Mous tag, montagnes couvertes de neige.

TAGANROG ou TAGANROK, v. forte de la Russie d’Europe, gvt et à 406 kil. S.-E. d’Iékatérinoslav ; port de commerce, le second de la Russie méridionale, au fond de la mer d’Azov, près de l’embouchure du Don, par 47o 1 12’ 21” lat. N., et 36» 36’ 18” long. E.; 20,000 hab. Bibliothèque, musée. Magnifiques quais. Gymnase commercial ; douane, banque, bourse. Commerce considérable de cuivre, chanvre, blé, graines oléagineuses, potasse, salpêtre, suif, cuirs, laines, pelleteries. Grande importation des objets nécessaires à la construction et à l’approvisionnement des navires. Plus de 800 navires, jaugeant plus de j 200,000 tonneaux, viennent à Taganrog chaque année,

| sans compter plus de 3,000 caboteurs En 1857, l’exportation et l’importation réunies ont atteint plus de 43 millions de fr. — Cette ville se forma autour d’une forteresse bâtie par Pierre le Grand en 1706 ; démolie en vertu du traité du Pruth en 1711, elle fut rebâtie en 1769. Alexandre Ier aimait beaucoup cette ville ; il y mourut en 1825, et un monument en bronze a été élevé à sa mémoire. Des navires anglais et français l’ont bombardée en 1855. B.

TAGASTE, anc. v. de Numidie, à l’E., entre llippo- Regius et Sicca-Venerea; patrie de S1- Augustin. Auj, Souk-Harras. bon emplacement a été découvert eu 1843.

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