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administra la principauté d’Antioche. Choisi en même temps pour administrer le comté d’Edesse durant la captivité de Baudouin du Bourg, 1104-1110, il ne le rendit que par la force. Il mourut à Antioche en 1112. Sa Vie, écrite en latin, par Raoul de Caen, sous le titre de Gesta Tnncredi , est traduite dans la collection de Mémoires sur l’histoire de France publiée par M. Guizot. Tancrède est un des héros de la Jérusalem délivrée du Tasse. B.
tancrède, comte de Lecce ou Leccio, fils naturel de Roger, duc de Pouille, et petit-fils de Roger II , roi des Deux-Siciles, 1149. A la mort de son cousin , Guillaume II, qui ne luisait pas d’enfants, 1189, il disputa le royaume des Deux-Siciles à sa tante, Constance, fille de Roger 11 , mariée depuis quelques années à l’empereur Henri VI , et fut reconnu un instant par les Italiens et même par le pape Clément III, qui redoutaient la domination allemande. Insulté et menacé , dans Messine même , par Richard d’Angleterre, qui venait de débarquer en Sicile avec Philippe-Auguste, il se débarrassa à prix d’argent de ce redoutable adversaire, 1190, mais fut moins lieu reux contre Henri VI et Constance, qui conquirent en peu de temps la moitié de son royaume. Il mourut en 1194, laissant un fils en bas âge, Guillaume 111. G.
TANDAH, v. de l’Hindoustan anglais (Calcutta), à 32 kil. N.-O. de Mourchidabad. Toiles ouvrées et damassées.
TANDJAOUR, v. de l’Hindoustan. V. Tanjore.
TANGER, anc. Tingis, v. et port de l’empire du Maroc, dans le royaume et à 200 kil. N. de Fez, près d’une baie, de son nom à l’extrémité O. du détroit de Gibraltar, par 35» 46’ iat. N., et 8° 8’ long. O.; 9,500 liab. Résidence des consuls européens au Maroc. Les rues en sont étroites et sales. Grand commerce avec l’intérieur de l’Empire, les Anglais et les Espagnols. Exportation de bœufs, cuirs, peaux de chèvres et de moutons, cire, dattes, etc. — Fondée, disait-on, par Antée, ou plutôt par les Carthaginois, et déjà importante sous les Romains, cette ville fut nommée sous Claude Traducla Juliu , et devint le ch.-l. de la Mauritanie Tingitane. Elle passa ensuite aux Wisigoths d’Espagne, aux Arabes, aux Maures, aux Portugais en 1472, et fut cédée en 1662 au roi d’Angleterre Charles II, par Alphonse VI, comme dot de sa sœur Catherine; l’Angleterre l’abandonna aux Maures en 1684. En 1844, à la suite de difficultés survenues entre la France et le Maroc, une flotte française, sous le commandement du prince de Joinville, bombarda Tanger. B.
TANGERMUNDE, v. des Etats prussiens (Saxe), à 47 kil. N. de Magdcbourg, à l’embouchure du Tanger dans l’Elbe; 4,200 hab. Magasin royal de fer.
TANGOUT ou TANGUTH, en chinois Ho-si , anc. empire de l’Asie orientale, partie N.-O. delà Chine et portion du Tliibet, e.-à-d. les pays situés entre le Khoukhou- Noor et les sources du Gange; capitale, Sé-tchéou.
TAN1NGES, ch-1. de cant. (H. -Savoie), arr. et à 18 kil. N.-E. de Bonneville ;■ 1,140 h. Tanneries, fabr. d’aiguilles.
TANIS, auj. San ou Samnah, dans la Bible Zoan, v. de l’Egypte ancienne (Delta, au N.-E.), donna son nom au nome Tanite, et à la branche Tanitique du Nil. La 21e dynastie égyptienne y résida. Nombreuses ruines de l’époque des Hyksos, découvertes par Mariette en 1863.
TANJORE ou TANDJAOUR, v. très-forte de l’Hindoustan anglais , près du Ixavery, dans la présidence et à 360 kil. S.-O. de Madras ; 30,000 hab. On y remarque le palais du Radjah, et l’un des plus beaux temples hindous. Elle a été la capitale d’un petit royaume. Assiégée en vain par les Anglais en 1749, et par les Français en 1758, elle fut prise par les premiers en 1773.
TANLAY, vge (Yonne), arr. et à 10 kil. E. de Tonnerre ; 665 hab. Château du xvie siècle , avec jardins et parc. — Jadis titre de marquisat.
TANNA, île de la Mélanésie, une des Nouvelles-Hébrides, par 19» 30’ lat. S. et 167» 24’ long. E.; 35 kil. sur 15. Elle renferme un volcan. — Découverte par Cook
TANNAY, ch.-l. de cant. (Nièvre), arr. et à 15 kil. S.-S.-E. de Clameey, près de la rive g. de l’Yonne; 1,191 hab. Eglise du commencement du xvie siècle.
TANNEGUY-DUCHATEL , vaillant capitaine, d’une anc. famille de Bretagne, né vers 1369, m. en 1449, fut 1er chambellan du duc d’Orléans, suivit Louis d’Anjou dans son expédition de Naples, et prit parti, à son retour, pour les Armagnacs contre les Bourguignons. En 1413, le Dauphin (depuis Charles VII) le nomma maréchal de Guyenne et prévôt de Paris. Lors de l’entrée des Bourguignoïis dans la capitale, 1416, Tanneguy le sauva de leurs mains. On lui attribue la plus grande part au meurtre de Jeansans-Peur sur le pont de Montereau, en 1419. Comblé de
bienfaits et de dignités par Charles VII, il souleva contre lui beaucoup de jalousies, et se retira en Provence, où il mourut en 1449, âgé d’environ 80 ans. — Son neveu , Tanneguy-Duchâtel, vicomte de La Bellière, fut en faveur auprès de Charles VII, dont il paya les funérailles, servit avec le même zèle sous Louis XI, devint grand-maître des écuries et gouverneur du Roussillon, et périt au siège de Bouchain, en 1477. B.
TANNENBERG, vge des Etats prussiens (Brandebourg), dans le cercle de Potsdam, près de Teltow. Victoire de Ladislas V, roi de Pologne, sur les chevaliers Teutoniques, le 15 juillet 1410.
TANSILLO (Loids), poète italien, né à Venosa vers 1510, m. en 1568, passa une partie de sa vie dans les camps. Parmi ses œuvres, qui se distinguent par la pureté et l’harmonie du style, on remarque : Il Vendemmiatore, Naples, 1534, in-4°, traduit err français par Mercier sous le titre de Jardin d’ Amour ou le Vendangeur, Paris, 1798, in-12; le Lagrime di san Pielro, Vicho, 1585, in-4°; la Balia , Verseil, 1767, in-4° ; Il Podere, Turin, 1769, in-12.
TANTAH, v. de la Basse-Egypte, à 90 kil. N. -N.- O. du Caire, 36 N. de Menouf; 4,000 hab. Belle mosquée de Seïd -Ahmed- El -Bedaouy, qui attire, trois fois chaque année, de nombreux pèlerins; foires célèbres où se rendent aussi beaucoup de marchands ; station du chemin de fer d'Alexandrie au Caire et à Suez.
TANTALE, fils de Tmole, et roi de Sipyle en Phrygie, fut père de Brontée, de Pélops et de Niobé. Il irrita Jupiter par le rapt de Ganymède, et en volant du nectar et de l’ambroisie pour en faire goûter aux mortels. Ayant reçu les dieux à sa table, il voulut éprouver leur science, et leur fit servir les membres de son propre fils Pélops, qu’il avait égorgé. Plongé dans le Tartare par Jupiter, il fut condamné à souffrir perpétuellement la faim et la soif : les branches des arbres s’élevaient quand il essayait d’en atteindre les fruits, et l’eau fuyait quand il en approcli3.it scs lèvres.
TANTALLAN, chat. d’Ecosse. ’/.Berwicjc (North-).
TANUCCI (Bernard, marquis de), jurisconsulte et homme d’Etat, né à Stia (Toscane), en 1698, m. en 1783, se fit connaître en soutenant les prétentions des Pisans relativement à la découverte des Pandectes , s'attacha à l’infant don Carlos, le suivit à la conquête de Naples, et devint son premier ministre. Il signala son administration par de nombreuses innovations, attaqua le pouvoir pontifical, diminua les taxes imposées par la chancellerie romaine, interdit au clergé les acquisitions de biens de main-morte, enleva au nonce du pape le droit de prononcer des arrêts dans le royaume de Naples et de les faire exécuter, limita la juridiction des évêques , réduisit l’Inquisition à l’impuissance, porta atteinte aux privilèges de la noblesse força les barons de répondre aux plaintes de leurs vassaux, promulgua le Codice carolino, et fonda son système financier sur des lois fiscales. Sous Ferdinand IV, il abolit les dîmes, supprima beaucoup de couvents, réduisit de moitié le corps ecclésiastique, et bannit les Jésuites. Enfin la reine Caroline le fit éloigner des affaires, 1776. Parmi ses ouvrages, on cite: Epistola de Pandectis Pisanis in Ama/phitanâ direptione inventis, Florence, 1731, 2 vol. in-4°. B.
TANZIMAT, c.-à-d. Charte d’organisation. Sous ce nom le sultan Abdui-Medjid a, depuis 1839, rendu obligatoire dans tout l’empire ottoman le hatti-shérif de Gulhané, c.-â-d. l’organisation politique, administrative, financière, judiciaire et militaire dont son prédécesseur Mahmoud II avait jeté les bases. V. mahmoud u.
TAO, un des noms de l’Etre suprême chez les Chinois. C’est la loi, la raison réglant la nature. Au vie siècle av. J.-C., Lao-Tseu fonda une secte dite Tao-Tsée, et qui adore Tao ; ses doctrines sont exposées dans le Lao Tsea Tao te King (le Livre de la voie et de la vertu), traduit en français, et publié avec le texte chinois et un commentaire, par M. Stanislas Julien, Paris, 1841, in-8°. V. Pauthier, Mémoire sur l'origine de la doctrine du Tao, Paris, 1831.
TAO-KOUANG, c.-à-d. Splendeur de la raison, empereur de la Chine, 1820-1850, né en 1781, soutint, de 1839 à 1842, la guerre contre les Anglais, qui voulaient introduire l’opium dans ses Etats, se vit enlever Canton, Hong- Kong, Chusan , Ning-Po, Yang-tsé-Kiang, Shang-Haï, Nanking, et dut non-seulement céder aux exigences de l’Angleterre, mais abandonner Hong-Kong, payer 21 millions de dollars, et ouvrir au commerce européen les ports de Canton, Amoy, Fou-Tchéou, Ning-Po, et Shang-Haï.
TAOQUES, Taochi, anc. peuple d’Arménie, au N.-O. Il essaya de s’opposer à la retraite des Dix Mille.
TAORMINA, anc. Taxxromenium, v. forte de Sicile, sur
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la côte E., près de la Méditerranée, dans la prov. et à 50 kil. S.-O. de Messine; 3,000 hab. Mal bâtie, mais admirablement située. Ruines antiques d'un théâtre, taillé, presque en entier, dans une montagne de roche au sommet de laquelle il se trouve. 11 contenait 30,000 spectateurs environ. II y a encore des restes de citernes, d’aqueducs, d’une espèce de cirque, qu’on croit avoir été une naumachie, et, aux abords de la ville, plusieurs tombeaux. Comm. de vin et de chanvre. Aux environs, carrières de plâtre, et de marbres rouges.
TAO-TSÉE, secte chinoise. F.Tao.
TAPHIES, et plus anciennement TÉLÉBOIDES, Taphiœ, OU Teleboides insulæ, petites îles de la mer Ionienne, entre l’Acarnanie et Leucade, ainsi nommées de Taphius, fils, et Téléboas, petit-fils de Neptune, qui y régnèrent. Auj. Megalo-Nisi.Les Taphiens, marins et pirates, furentexterminés par Amphitryon. — On appelait aussi Taphiens ou Télébnëns un peuple de l’Etolie, et les habitants de l’ile de C’aprée, colonisée, disait-on, par les Téléboëns d’Etolie.
TAPHROS, c.-à-d. en grec fossé, v. de la Sarmatie européenne; auj. Pérékop.
tapiiros (détroit de), nom ancien des Bouches- de - Bonifacio.
TAPIAU, v. des Etats prussiens (Prusse), à 42 kil. E. de Kœnigsberg, sur la rive dr. de la Pregel; 3,500 hab. Château de l’Ordre Teutonique , converti en dépôt de mendicité.
TAPOLCSAN (NAGY-), brg de Hongrie, comitat et à 26 kil. N. de Neitra, près de la Neitra; 2,600 hab. Draps communs. Récolte de vin et de safran.
TAPPA, royaume de Nigritie. V. Niffé.
TAPROBANE, nom anc. de l’ile de Ceylan. TAPSUS. V. Thapsus.
TAPTY, anc. Goaris , riv. de l’Hindoustan, naît dans les monts du Gandouana, sépare le Kandéich et le Bérar, arrose le Goudjérate, passe à Bourhampour et Surate, et se jette dans la mer des Indes, par deux embouchures, au golfe de Cambaye, à 16 kil. E. de Surate, après un cours de 800 kil. environ. Il reçoit la Pournah et la Ghirna. Les Banians et les Gentous avaient un respect religieux pour ce fleuve.
TAPURIENS ou TAPYRES, Tapuri, Tapyri, anc. peuple qui habitait au S. de la mer Caspienne, dans le Tabaristan actuel.
TAR, riv. des Etats-Unis (Caroline du Nord), naît au N.-O. d’Oxford, et se jette, sous le nom de Pamlico, dans l’océan Atlantique , au Pamlico-Sound ; cours de 300 kil.
TARA, v. de Sibérie, district et à 260 kil. N. d’Omsk, 1 2 kil. de l’Irtisch; 6,000 hab. Comm. actif avec les Kinrhiz et les Bonkares. — fondée en 1594.
TARAFA, poëte arabe païen, montra de bonne heure son talent pour la poésie. Sa jeunesse fut orageuse ; il peint dans sa Moàllaqa ses habitudes et ses goûts. Ayant dissipé ses ressources, il passa avec Motelammis, son oncle et poëte célèbre , au service du roi Amr, fils de Hind et de Moundbir III. Mais le roi, blessé de certaines libertés de tenue et de manières de Tarafa , résolut de le faire mourir avec son oncle , dans la crainte des satires de ce dernier. Il leur permit de se retirer dans leur famille, et leur donna des lettres de recommandation pour le gouverneur de leur pays. Ces lettres renfermaient l’ordre de mettre à mort le porteur. Les deux poëtes ne savaient pas lire ; Motelammis pria quelqu’un de lui lire sa lettre ; en ayant entendu le contenu, il la jeta, et engagea Tarafa à l’imiter. Celui-ci refusa , continua sa route , et remit sa lettre au gouverneur, qui le fit enterrer vivant , en 563 ou 564. Tarafa avait alors 20 ans selon les uns, et, scion Reiske, 26 ans. D.
TARAISE , patriarche de Constantinople, né dans cette ville vers 740, m. en 806 , succéda en 784 au patriarche Paul ; mais, en cédant aux instances de l'impératrice Irène, il exigea qu’un concile général fût assemblé pour condamner les Iconoclastes : ce fut le 2e de Nicée, 787. 11 empêcha aussi Constantin V de répudier son épouse. On a de lui un Discours à Irène , et des Lettres au pape Adrien et aux évêques , dans le recueil des Conciles du P. Labbe.
TARAN ou TARANTS , dieu du tonnerre chez les Gaulois.
TARANCON, ville d’Espagne, dans la province et à l’O.-S.-O. de Ouenca , près du Rianzarès; 4,400 habit. Récolte de vins.
TARANTAISE, Taranlasia , anc. province et comté des Etats sardes (Savoie) , entre le Faucigny au N. , les provinces d’Aoste à l’E. , de Maurienne au S.-O. , et le duché de Savoie au N.-O.; 60 kil. sur 30; 50,000 hab. Ch.-l. , iloutiers. Climat froid, mais sain. Couverte par les Alpes
( on y remarque le montlséran et le Petit-Si-Bernard I , et arrosée par l’Isère. Récolte de blé, safran, châtaignes, fruits. Les mulets y remplacent les chevaux. — C’est l’ancien pays des Centrons. Au moyen âge, Tarantasia ou Darantasia (auj. Mouticrs) en devint la capitale; la Tarantaise fut gouvernée nar ses évêoues iusau’àla fin du XIe siècle, réunie alors à la Savoie ; auj . à la France, arr. de Mouticrs.
TARARE , Taratrum , ch.-l. de canton (Rhône) , arr. et à 29 kil. S.-Ô. de Villefranche, sur la Turdine et le chem. de fer de Paris à Lyon par le Bourbonnais; 13,596 hab. Centre d’une fabrication importante et renommée de mousselines unies et brodées, et de peluches de soie, occupant 50,000 ouvriers répandus dans les départ, voisins.
TAItASCON, Tarasco , ch.-l. de canton (Bouches-du- Rhône), arr. et à 15 kil. N. d’Arles, sur le chemin de fer d’Avignon à Marseille, et sur la rive g. du Rhône, en face de Beaucaire, qui lui est joint par un beau pont suspendu ; 8,910 hab. Tribunaux de lre instance et de commerce , collège , bibliothèque. Ancien château des comtes de Provence, servant auj. de prison. On remarque l’église de Sle- Marthe, en style gothique du xie siècle, avec de bons tableaux, et une crypte. Belle pépinière de Tonelle. Comm. de laines, vins, huiles, saucissons, etc. Fabr. de draps , tissus de soie et de filoselle. Culture de la garance, du chardon , de la graine de luzerne, des amandes, etc. — La tradition rapporte que, dans le 1er siècle ap. J.-C., un monstre nommé la Tarasque ravageait les bords du Rhône. Sle Marthe vint en Provence , et enchaîna le monstre avec sa ceinture. Une procession annuelle , le jour de la Pentecôte , rappelle ce miracle, et Ste Marthe est restée la patronne de la ville, à laquelle la Tarasque a laissé son nom.
tar ascon-sur-ariege , ch.-l. de canton (Ariége), arr. et à 17 kil. S. de Foix; 1,312 hab. Ville ancienne. Beau pont. Comm. de bestiaux , fromages , cuirs. Mines de fer et forges aux environs.
TARASQUE. V. Tarascon.
TARAZONA, Turiaso , v. d’Espagne (Aragon), prov. et à 94 kil. N.- O. de Saragosse ; 8,400 hab. Evêché suffragant de Saragosse. Belle cathédrale gothique. Cette ville , dont l’origine remonte aux Celtibériens , fut prise par les Arabes en 713, et reprise par les chrétiens en 1118. Son commerce et son industrie, autrefois importants, sont tout à fait déchus.
tar azona-de-la-m ANCHA , v. d’Espagne (Nouvelle- Castille) , près de la rive g. du Xucar, dans la province et à 25 kil. N.-Ü. d’Albacete; 4,840 hab.
TARBAGATA1, en chinois Soun-Tsing-Tclting , v. de l’empire chinois (Dzoungarie) , au pied du Takhta; 6,000 hab. Ch.-l. d’une division militaire. Elle est entourée de remparts en terre. — Fondée en 1767.
TARBÉ (Louis Hardouin) , né à Sens en 1753, m. en 1806 , fut successivement avocat, employé chez le contrôleur-général des finances , Lefebvre d’Ormessoii , premier commis des finances sous Necker et de Calonne , directeur des contributions sous de Lessart , enfin ministre des finances en 1791. Il organisa la contribution foncière et toutes les parties de l’administration financière, à peu près telles qu’elles existent aujourd’hui, et donna sa démission en 1792, après un exercice de dix mois. Il échappa à la Terreur, et, sous le Directoire et le Consulat, aima mieux cultiver les lettres que de rentrer aux affaires.
TARBELLES ou TARBELLIENS, Tarbelli , peuple de la Gaule (Novempopulanie) , le long de l’Atlantique; v. princip. : Aquœ Tarbellicœ (auj. Dax).
TARBES, Tarba , Tarvia , ch.-l. du département des Hautes-Pyrénées, à 756 kil. S. -U. de Paris, par le chem. de fer du Midi, et sur la rive g. de l’Adour; 13,098 hab. Evêché suffragant d’Aucli. Trib. de lre inst. et de comm., lycée, école normale primaire, bibliothèque. Dépôt d'étalons. Maisons d’aliénés. Fabr. de” carton, cartes à jouer, passementerie, étoffes do laine, chocolat; papeteries renommées, faisant aussi du papier à cigarettes, fonderies de métaux, etc., etc. Jolie ville au pied des Pyrénées. Commerce de bestiaux, chevaux, vins, cuirs, fers, papiers. Patrie de Barrère. — Poste militaire sous les Romains, et siège d’évêché vers 420 , Tarbes devint la capitale du comté de Bigorre. Elle jouissait de grandes libertés, qui furent réunies en coutumes ou Fors écrits en 1097. Tarbes fut plusieurs fois prise et reprise par les protestants et les catholiques au xvie siècle.
TARCHI (Angelo), compositeur de musique, né à Naples en 1760, m. à Paris en 1814, fut élève de Sala. Après avoir donné aux théâtres d’Italie beaucoup d’opéras, dont un seul, Il Conte di Saldagna, n’est pas oublié, il vint à Paris en 1797. Des pièces qu’il composa pour
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l'Opéra-Comique, on n’a gravé que Trente et quarante , 1799, et D'auberge en auberge , 1800. B.
TARDENOIS |Le), Tardenensis ager, petit pays de l’anc. France, dans le Soissonnais (Ile-de-France], entre Soissons et Château-Thierry ; ch.-l., La Fère-en-Tardenois. Auj. il est compris dans le département c’.e l’Aisne.
TARDETS , ch.-l. de cant. (Basses-Pyrénées), arr. et à 15 kil. S. de Mauléon; 751 hab.
TARDIEU , lieutenant-criminel de Paris , célèbre par son avarice, fut assassiné avec sa femme par deux voleurs, en 1665. Boileau a peint ce couple sordide dans sa Xe satire.
Tardieu (Nicolas-Henri), graveur célèbre, élève de G. Audran , né à Paris en 1674, m. en 1749, entra à l’Académie en 1716. Il a gravé les Batailles d'Alexandre, une Madeleine, le Sacre de Louis XV, etc. — Son fils, Jacques-Nicolas, a laissé, entre autres gravures estimées, les Misères de la guerre, le Déjeuner flamand d’après Téniers, etc., et on a de son neveu, Pierre-François, un Jugement de Paris d’après Rubens.
Tardieu (Antoine-François), dit de l'Estrapade, graveur-géographe, né à Paris en 1757, m. en 1622, exécuta pour Stanislas-Auguste, roi de Pologne, les cartes des palatinats de Cracovie, Plock, Lublin et Sandomir. On lui doit aussi une partie de l’atlas de Mentelle, l’atlas de V Histoire des guerres des Français en Italie d’après Lapie, celui du Voyage du jeune Anacharsis, etc.
Tardieu (Alexandre), graveur, de la famille des précédents, né à Paris en 1758, m. en 1844, étudia sous Wille, s’appliqua à imiter la manière de Nanteuil et d’Edelinck, et remplaça Bervic à l’Institut en 1822. On a de lui : deux portraits de Voltaire , d’après Largillière et Houdon ; celui de la reine Marie-Antoinette , d’après Mme Vigée-Lebrun ; Montesquieu, d’après David; la Psyché, d’après Gérard; Napoléon, d’après Isabey; Rulh et Booz , d’après Hersent, etc. Desnoyers fut son élève.
TARD-VENUS, nom donné à des bandes d’aventuriers qui se formèrent en France après la paix de Brétigny, 1360. Ils mettaient les provinces à contribution , défirent Jacques de la Marche, commandant des troupes royales, à Brignais, 1361, et menacèrent le pape Urbain V dans Avignon. Le marquis de Montferrat les prit à sa solde, moyennant 60,000 florins d’or que lui paya le pape, et en délivra la France. Ils se composaient, en grande partie, de soldats mercenaires, de toutes nations, que la paix avait fait licencier.
TAltENTE, Tarentum , v. forte du royaume d’Italie (Prov. de T.ecce) , au fond du golfe de son nom, sur une île jointe au continent par 2 ponts de pierre, entre les baies de Mare-Picoolo et de Mare-Grande , à 106 kil. N. -O. de Lecce ; 22,000 hab. Archevêché. Belle cathédrale. Hôpital militaire. Le port s’ensable, mais la rade est magnifique. Vastes salines. Manufactures de coton, toiles, mousselines, velours, l’êclie active. Export, d’huile. Restes d’un théâtre, d’un cirque, et de plusieurs temples. Sur le territoire de Parente, on trouve le murex, coquillage si estimé des anciens, et la tarentule, espèce d’araignée venimeuse. — Cette ville, fondée, dit-on, par Taras et des Crétois, fut augmentée, en 707 av. J.-C., par Phalante, qui vint s’y établir à la tête des Pârthéniens exilés de Sparte. Située dans la partie S. -O. de l’Iapygie, elle devint, par son industrie et son commerce, une des cités les plus importantes de la Grande-Grèce, et aussi une des plus efféminées. Parmi ses monuments, on remarquait un colosse de Jupiter, qui ne le cédait en grandeur qu’à celui de Rhodes. Archytas y naquit. Après avoir pris une faible part à la guerre du Samnium, les Tarentins provoquèrent Rome, en attaquant quelques-uns de ses navires et en insultant ses ambassadeurs : mais, pour soutenir la lutte, ils durent appeler Pyrrhus (F. ce mot ) à leur secours, 281. La ville, prise par Papirius Cursor en 272, détachée de Piome par Annibal en 215, fut replacée sous le joug par Fabius Maximus en 209. Au moyen âge, quand les Normands se furent établis dans le S. de l’Italie, il y eut une principauté de Tarente, qui n’eut que deux souverains, du nom de Bohémond. Le titre reparut sous la maison d’Anjou, mais ne désigna plus qu’un fief. Quelques membres de la famille de La Tremoille, se prétendant héritiers des rois angevins, se firent appeler princes de Tarente. B.
tarente ( golfe de), golfe formé à l’extrémité S.-E. de 1 Italie par la mer Ionienne; 140 kil. de profondeur sur 110.
tarente (princes de). V. bouémond, louis, la tré- &IOILLE.
tarente ( duc de ). F. macdonald.
TARGE, grand bouclier circulaire, échancré sur le de-
vant et quelquefois losangé, en cuir, et ordinairement recouvert de lames de fer. — Monnaie qui portait au révéra l’empreinte d’un bouclier.
TARGET ( Gui- Jean-Baptiste ), célèbre avocat, né à Paris en 1733, m. en 1807 , se fit une grande réputation par ses plaidoiries , et surtout par ses consultations , et fut admis à l’Académie Française en 1785. Lors de la création du parlement Mnupeou, il ne voulut pas paraître à son audience. Député du Tiers-état aux Etats-Généraux de 1789, il ne réussit pas à la tribune. 11 refusa à Louis XVI d’être un de ses défenseurs, essaya de justifier ce refus dans une brochure intitulée le Républicain Target , fut, pendant la Terreur, secrétaire d’un comité révolutionnaire, dont il modéra les rigueurs, et devint conseiller du tribunal de cassation en 1798. On a de lui : Observations sur le commerce des grains, Paris, 1776, in-12 ; Mémoire sur l'état des protestants en France, 1787, ouvrage où il plaida avec éloquence la cause des protestants, alors privés des droits civils. B.
TARGON, ch.-l. de cant. (Gironde), arr. et à 24 kil. N. -O. de La Réole ; 215 hab. Il faisait partie du comté de Benauge, et forma ensuite nue seigneurie particulière. Victoire de Montluc sur les protestants, en 1563.
TARGOVICE ou TARGOWICA , petite v. de la Russie d’Europe (Kiev), sur la Sinucha, à 56 kil. S.-E. d’Ouman. Là fut formée, le 14 mai 1792, une confédération de seigneurs polonais, partisans de la Russie et ennemis de la nouvelle constitution.
TARGUM, c.-à-d. exposition ou explication, nom donné aux paraphrases chaldaïques de l’Ancien-Testament , qui ont pour auteurs Onkélos, Jonathan-ben-Uziel , Joseph l’Aveugle, etc.
TARICHÉE , Taricliœa, anc. v. de la Palestine ( Galilée), sur les bords du lac de Génésareth.
TARIFA, Julia Traducta , v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 42 kil. S.-S.-E. de Cadix, port à l’extrémité S. de l’Espagne, sur le détroit de Gibraltar; 11,860 hab. Place de guerre peu importante. Elle prit son nom du chef arabe Tarif ou Tarilc, qui débarqua en cet endroit. Elle fut prise aux Arabes en 1292. Les Maures y furent défaits par des chrétiens en 1340. Son territoire produit les meilleures oranges du royaume.
TAR1K (Ben-Zeyad), fameux général arabe, gouverneur du Maghreb ( anc. Mauritanie), comme lieutenant de Mouça, fut envoyé en Espagne, 710, quand le comte Julien , gouverneur de Ceuta, et Oppas, archevêque de Tolède, appelèrent les Musulmans contre Roderic, roi des Wisigoths. 11 prit terre au rocher qui de son nom s’appela Gibraltar (Djebel-al-Tarik, montagne de Tarik), défit Roderic à Xérès, 711, et soumit la plus grande partie de l’Espagne. Mouça, qui était jaloux de ses exploits, vint en Espagne, priva Tarik de son commandement , et le jeta même en prison ; celui-ci recouvra la liberté par ordre du calife Walid, qui le replaça à la tête d’un corps d’armce avec lequel il fit de nouvelles conquêtes en Espagne. Mais fatigué de nouvelles querelles entre Tarik et Mouça , Walid les rappela tous deux, et, bien qu’il fût satisfait des services de Tarik, ne l’employa plus, et le laissa mourir dans l’obscurité.
TARJOK, v. de la Russie d’Europe (Tver), sur les bords de la Tvertza. Elle couvre une étendue immense, mais n’a que 14,000 hab. environ. Fabr. de maroquins, bottes, pantoufles et coussins en cuir.
TARKI ou TARKHOU , jadis Semender, v. de l’empire russe (région caucasienne), dans le Daghestan, à 150 kil. N.- O. de Derbent; 12,000 hab., Kalmouks, Géorgiens et Arméniens. Résidence du khan des Kalmouks. Commerce avec la Perse.
TARMA, v. du Pérou (Junin), à 200 kil. N.-E. de Lima, sur le Chanchamayo; 11,000 hab. Mines de mercure et d’argent.
TARN , Tamis, riv. de France, naît au mont Lozère, coule au S. -O., arrose les départements de la Lozère, de l’Aveyron, du Tarn, de Tarn-et-Garonne, en passant par Milhau, Albi , Gaillac, où il devient navigable, Villemur, Montauban , Moissac, et se jette dans la Garonne, rive dr.; cours de 350 kil. Il reçoit, à droite : l’Aveyron; à gauche, la Dourbie, le Dourdou, la Rance et l’Agout. Ses débordements sont désastreux.
tarn |le), département du S. de la France, ch.-l. Albi ; formé d’une partie d'u Haut-Languedoc et de l’Albigeois; entre les départements de l’Aveyron au N.-E., de l’Hérault au S.-E., de l’Aude au S., de la Haute-Garonne au S. -O., de Tarn-et-Garonne au N.- O. Superf. : 574,414 hect. Pop.: 355.513 hab. Arrosé par le Tarn, l’Agout. la Viaur et l’Aveyron ; traversé au N. par les montagnes
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d’Auvergne, au S. et à l’E. par les montagnes Noires et les monts de l’Espinouse, ramifications des Cévennes. Sol fertile dans les vallées et les plaines : blé, vins, pommes de terre, mûriers. Les montagnes sont couvertes en partie de bois. Elève de chevaux et de gros bétail. Fabr. de draps, lainages, cuirs, papiers, aciers très-estimes. Mines de houille; carrières de marbre, d’argile et de plâtre. Ce département forme le diocèse d’Albi, et dépend de la Cour impériale de Toulouse.
tarn-et-garonne, département du S. de la France, ch. -d. Monlauban; formé, en 1808, de portions du Languedoc, du Quercy, de l’Agénois, du Rouergue, de laLomagne et de l’Armagnac ; entre les départements du Lot au N., de l’Aveyron au N.-E., du Tarn au S.-E., de la Haute-Garonne au S., du Gers et du Lot-et-Garonne à l’O. Superf.: 371,307 hect. Pop.: 228,969 hab. Arrosé par la Garonne, le Tarn , l’Aveyron , etc. Sol très-fertile : céréales, vins, fruits, plantes oléagineuses, légumes, chanvre, lin. Marbre, pierres de taille, terre à potier. Industrie peu importante : tanneries, minoteries, papeteries, faïences, eaux-de-vie, etc. Elève de mulets et de bestiaux. Ce département forme le diocèse de Montauban, et dépend de la Cour impériale de Toulouse.
TARNATES, v. de la Gaule, la même qu ’Agaunum ( V. ce mol ).
TARNQGROD, v. de Pologne (Lublin), dans le cercle de Zamosc, à 22 lui. S. de Bilgarey ; 4,000 hab. Dévastée par un incendie en 1856.
TARNOPOL , v. des Etats autrichiens (Galicie) , sur le Sereth, à 136 kil. E.-S.-E. de Lemberg ; 15,000 hab., dont
7.000 juifs. Ch.-l. de cercle. Fabr. de draps et de toiles. Comin. de céréales, miel, cire, chanvre, cuirs, potasse, eau-de-vie. Cédée à la Russie en 1809 , elle fut rendue à l’Autriche en 1814. — Le cercle de Tarnopol, entre ceux de Brzezany et de Zloczow à l’O. , de Czortkow au S. . et. les provinces russes de Wolhynie et de Podolie au N. et à l’E.; 246,115 hab. ; 3,678 kil. carrés.
TARNOW, ville des Etats autrichiens (Galicie), à 246 kil. O. de Lemberg; 4,700 hab. Ch.-l. de cercle; évêché; tribunaux; gymnase. Ane. château. Fabr. de toiles, cuirs, boissellcrie. — Le cercle de Tarnow, entre ceux de Rzeszow à TE., Sanok et Sandek au S., Cracovie à l’O., et la Pologne russe au N., a 3,780 kil. carr., et 253,118 hab.
TARNOWSKI (Jean), dit le Grand, général polonais, né à Tarnow en 1488, m. en 1571, combattit dans sa jeunesse pour le roi de Portugal contre les Maures. Créé comte de l’Empire par Charles-Quint, il reçut de Sigismond Ier, roi de Pologne, la châtellenie de Woiniski et le palatinat de la Petite - Russie , se distingua contre les Russes, puis contre les Turcs en Hongrie, fut élevé au rang de grand-maréchal de la couronne, et, après une victoire sur les Moldaves en 1531, fut reçu en triomphe à Cracovie. On a de lui : Conseils sur l’art militaire, en polonais, Tarnow, 1558, in-4°.
TARNOWITZ, v. des Etats prussiens (Silésie), à 15 kil. N.-N.-O. de Benthen; 4,000 hab. Direction et tribunal des mines. Exploit, de plomb argentifère.
TARO, Taras, riv. d’Italie, prend sa source au mont Penna (prov. de Parme), coule au S.-E., puis au N.-E., arrose la province de Parme, et se jette dans le Pô, rive dr., à 20 kil. N. -O. de Torricelle; cours de 130 kil. Elle donna en 1803 son nom à un département du 1er Empire français, entre ceux des Apennins au S., de Gênes à l’O., et le roy. d’Italie au N. et à l’E. ; ch.-l. Parme.
TARODANT ou TAROUDANT , v. de l’empire de Maroc, ch.-l. de la prov. de Sous, sur le Ras-el-Ouadi, dans une plaine fertile, à 230 kil. S.-S.-O. de Maroc;
20.000 hab. Elle est bâtie en pierre , et ceinte d’épaisses et hautes murailles. Fabr. de salpêtre, selles , manteaux dits haiks.
TAROTS. V. Cartes a jouer.
TARPÉIA, fille de Sp. Tarpéius, livra aux Sabins de Cures la citadelle de Rome, dont son père était gouverneur, sur la promesse qu’ils lui donneraient ce qu’ils portaient au bras gauche. Elle voulait parler de leurs bracelets d’or. Le roi Tatius lui jeta non-seulement son bracelet , mais encore son bouclier. Scs soldats en firent autant, et elle périt accablée sous le poids. Elle fut enterrée au mont Capitolin, et c’est de son nom qu’une partie de cette colline fut appelée Boche Tanpciennc. Auj. encore, le souvenir de Tarpéia est attaché aux grottes du Capitolin : les jeunes Romains disent que la Ilia Tarpéia, sorte de fée souterraine, y vit dans des palais d’or et de rubis.
TARTÉIF.N (Mont). V. Collines de Rome.
TARPÈIENNE (Roche) Bupes Tarpéia , roche célèbre de l’auc. Rome. Elle formait l’extrémité méridionale du
mont Capitolin, au-dessous de la Forteresse, et près de la porte Carmentale, était nommée de Tarpeïa (V. ce nom). La Roche Tarpéienne avait 31 à 32 mèt. d’élévation. On précipitait de son sommet les citoyens romains, criminels de haute trahison. Il en reste encore des parties importantes. C’est un tuf lithoïde. C. D — y.
TARQUIN l’Ancien, Lucius Tarquinim Prisent, 5e roi de Rome, l’an 139-175 de la ville, 614-578 av. J.-C., était fils du corinthien Démarate, qui était venu s'établir à Tarquinies. Il prit le nom de cette ville, et, d’après le conseil de sa femme Tanaquil, se rendit à Rome, vers l’an 126 de la ville, 627 av. J.-C. Sa fortune et ses talents lui acquirent bientôt une g’rande influence, et le roi Ancus Martius lui donna, en mourant, la tutelle de ses deux fils; mais, le trône n’étant pas héréditaire, il réussit à se faire proclamer roi lui-même. Il entretint par la guerre l’activité des Romains, prit Collatie aux Sabins ; Corniculum, Ficulnea, Camérie, Crustumerinm, Apioles, Medullia, Nomentum, etc., aux Latins, et soutint une guerre de 9 ans contre les Etrusques. A l’intérieur, il doubla le nombre des sénateurs et des chevaliers, construisit la Cloaque de Rome, jeta les fondements du Capitole, créa ou embellit le Cirque, etreconstruisitl’enceinte delà ville. Tarquin fut égorgé par des assassins qu’avaient apostés, dit-on, les fils d'Ancus.Son gendre, ServiusTullius, lui succéda. B.
tarquin le Superbe ( Lucius Tarquinius Superbus), 7e et dernier roi de Rome, 219-244 de la ville, 534-509 avant J.-C., petit-fils du précédent et successeur de Servius Tullius. Marié avec une fille de ce prince, il la fit périr, et épousa sa belle-sœur Tul’ie, femme perverse et ambitieuse, qui s’était aussi débarrassée de son époux Aluns. Tarquin forma un complot contre Servius : affectant de ne voir dans son beau-père qu’un usurpateur, il se fit proclamer roi cmime légitime successeur de larquin l’Ancien; et quand Servius accourut à cette nouvelle, il le précipita I du haut des degrés de la Curie. Le malheureux prince fut ensuite tué dans la rue Scélérate. Tarquin, en possession du pouvoir, abolit les lois de Servius en faveur de l’égalité des citoyens devant la loi et des impôts proportionnels, établit des impôts plus considérables sur toutes les classes, tua ou exila un grand nombre de sénateurs ; fit la guerre aux Volsques, et du butin pris sur eux, acheva la Cloaque de Rome et le Capitole. Aidé de son gendre Octavius Mamilius, dictateur de Tuseulum, il voulut imposer sa tyrannie aux villes latines; Gabies et Aidée résistèrent : la lre fut prise par un stratagème de Sextus Tarquin; pendant le siège de la 2e, l’attentat de Sextus sur Lucrèce souleva les Romains, qui chassèrent larquin du trône. 11 se retira à Gabies, et, pendant 14 ans, excita contre Rome les Véiens et les Tarquinieus, Rorsenna, les Sabins, et les Latins, fut blessé à la bataille du lac llégille, 496, et mourut octogénaire à Cuines.
tarquin (Sextus), fils aîné du précédent. Pendant une guerre de Rome contre Gabies, il se rendit dans cette ville, eu feignant un vif ressentiment contre son père. Elevé aux plus hauts emplois, il envoya demander à son père par quel moyen il lui livrerait Gabies. Tarquin abattit avec une baguette, en présence du messager, les têtes les plus élevées des pavots de son jardin. Sextus comprit cette réponse, fit périr les principaux habitants de Gabies, et ouvrit cette ville aux Romains. L’outrage qu’il fit à Lucrèce (R. ce mol) amena 1 expulsion de sa famille. Il fut tué à la bataille du lac Régille, en 496 avant J.-C. r B-
tarquin coleatin (Lucius) , neveu de Tarquin le Superbe, épousa Lucrèce, dont Sextus Tarquin devint vivement épris, et qu'il déshonora (R. Lucrèce). Les Tarquins ayant été chassés à la suite do cet attentat, Collatin fut élu consul avec Brutus l’an 244 de Rome, 5U9 av. J.-C., et déposé peu de temps après à cause de la haine du peuple contre le nom de Tarquin.
TARQUINIES, Tarquinii, auj. Turchina, v. de l’Italie ancienne (Etrurie), sur la Marta et près de son embouchure. Fondée, dit-on, parTarchon, allié d’Enée contre Turnus, elle fut la patrie de Tarquin l’Ancien. Les Romains la soumirenten 311 eten 283 av. J.-C. R.Corneto.
TARRACO, v. d’IIispanie, capit. de la Tarraconaise et des Cosétans, fut fondée par des Phéniciens. Les Carthaginois l’ayant détruite, le jeune Scipion la releva, et César en fit une colonie romaine. Les Wisigoths la ruinèrent de nouveau. C’est auj. Tarragone.
TARRACONAISE, Tarraconensis provincia , dite aussi Espagne cilérieure, une des trois grandes prov. de l’Espagne ancienne établies par l’empereur Auguste, et la plus septentrionale, entre la Gaule et la mer des Cantabrcs au N., l’Atlantique à l’O. , la Lusitanie et la Bétique au S., et la
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Méditerranée à l’E. ; capitale, Tarraco. Elle était habitée par les Callaïques, les Astures, les Cantabres, les Vaccéens, les Arévaques, les Carpétans, les Celtibériens, les Vascons, les Uergètes, les Ilercaons et les Castellans, et correspondait aux pays modernes de Catalogne, Aragon, Navarre, Biscaye, Guipuzcoa, Asturies, Galice, Léon, Vieille-Castille, partie de la Nouvelle-Castille, et Valence en Espagne, ainsi qu’aux provinces du Minho et de Tras-os- Montes en Portugal. Plus tard, on en détacha la Galécie, ainsi qu’une portion pour ajouter à la Carthaginoise, quand les Romains divisèrent l’Hispanie en cinq provinces.
TA Rit AG A, nom anc. de Larraga.
TARRAGONE, anc. Tarraco, v. forte d’Espagne (Catalogue), capitale de la prov. de son nom, à 78 kil.'S.-O. de Barcelone et 125 N.-E. de Madrid, port à l’emb. du FrancoU dans la Méditerranée, par 41° 8' 50" lat. N., et 1° 4’ 45" long. O.; 18,500 hah. Archevêché. Ecole de dessin et d’architecture nautique. Belle cathédrale gothique, aqueduc romain servant encore auj. Fabr. de mousselines, tissus de fil et de coton, draps, satins; distilleries d’eau-de-vie, papeterie, fonderie de fer, etc. Export, de bons vins, huile, grains, fruits. — Cette ville, prise par les Wisigoths en 467, par les Arabes en 713, fut presque détruite dans les guerres entre ceux-ci et les chrétiens, et relevée au xne siècle. Les troupes de l’archiduc Charles s’en emparèrent en 1705; elle fut rendue par le traité d’Utrecht, 1713. Les Français la prirent en 1811, malgré une héroïque résistance. Patrie de Paul Orose. — La prov. de Tarragone est formée d’une partie de l’anc. Catalogne, auS.-O., entre celles de Barcelone et de Lérida au N., de Téruel à l’O. , la prov. de Valence au S., et la Méditerranée à l’E.; 6,348 kil. carrés; 321,900 hab. en 1860. Export, de vins (240,000 hectolitres par an), d’esprit et d’eaux de-vie (90,000 hectolitres).
TARRAKA1, île de l’océan Pacifique, séparée de Pile JésoauS. par le détroit de La Pérouse, et de la Mandchourie à PO. par la Manche de Tartarie, vis-à-vis l’embouchure de l’Amour; entre 45“ 47' et 54° 20' lat. N., 139° 38' et 142° 26' long. E. Le Nord dépendait jadis de la Chine, et le Sud, partagé en deux presqu’îles, formant la baie d’Aniva, dépendait du Japon. L’île appartient auj. à la Russie (Littoral de la Sibérie Orientale). Sur la côte de PE. s’ouvre la baie Patience ; sur la côte de l’O., les baies de Langle et d’Estaing. L’intérieur est peu connu; le littoral paraît fertile. Les naturels, de race kourile , s’adonnent à la chasse et à la pêche. — La Pérouse reconnut cette île en 1787.
TARRASA, v. d’Espagne (Catalogne), province et à 22 kil. O. de Barcelone; 8,900 hab.
TARSÀT1CA, anc. ville d’Illyrie, dans la Liburnie; auj. Tersalz.
TARSE, Tarsus, auj. Tarsous, anc. ville d’ Asie-Mi neuve (Cilicie des Plaines), sur le Cydnus et à 19 kil. de son embouchure dans la Méditerranée. Fondée par des Grecs, ou, selon d’autres, par Sardanapale, c’était une grande et belle cité, un des entrepôts du commerce de l’Asie. Alexandre le Grand faillit y périr en se baignant imprudemment dans les eaux très-froides du Cydnus. On la nomma un instant Juliopolis, en l’honneur de J. César. Antoine y tint son tribunal pour juger les différends de la fameuse Cléopâtre et de son frère, au sujet du trône d’Egypte. Sous l’empire romain, Tarse rivalisa avec Athènes et Alexandrie pour ses écoles de philosophie et de rhétorique; on en fit, au tve siècle, la capitale de la Cilicie lre. Patrie du philosophe Athénodore, du rhéteur Hermogène. et de l’apôtre S1 Paul. B.
TARSIS V. Thaksis.
TARSOUS, anc. Tarse, v. de la Turquie d’Asie, ch.-l. de livah, dans l’eyalet et à 34 kil. S. -O. d’Adana, sur le Kara*ou, qui lui fait un port à son embouchure à 25 kil. plus bas; 8,000 hab. (30,000 en hiver). Elle est entourée de vastes jardins, et n’occupe pas le quart de l’emplacement de la ville antique. Exportation de coton, noix de galle, cuivre, laine, cire, sésame, etc.
TÀRTAGLIA (Nicolo), géomètre italien , né au commencement du xvie siècle, m. en 1557. Son nom lui vient d’une blessure qu’il reçut au sac de Brescia en 1512, et qui le rendit bègue. Orphelin à 6 ans, longtemps aux prises avec la misère , il étudia seul , devint un des plus grands mathématiciens de son siècle, et enseigna à Vérone, à vicence , à Brescia. 11 est auteur d’un grand nombre d’ouvrages sur les mathématiques et leurs applications à l’artillerie et a l’art militaire ; mais il est surtout connu par ses démêlés avec Cardan au sujet de la résolution de l’équation du 3e degré; Tartaglia prétend l’avoir communiquée à Cardan, qui se serait attribué injustement l’honreur de la
découverte. Ses principaux ouvrages sont : Nvcva scicnzti cioè invenzione nuovamente trovata utile per ciascuno spceulativo matematico bombardicro , ed altri , Venise, 1537, in-4° ; Euclide diligentamenle rassetato ed ail' inlegrilà ridolto , seconda le due traduzioni (de Campano et de Zamberto), Venise, 1543, in-fol.; Arehimedis opéra emendata , 1513, in-4° ; Quesiti ed invenzioni diverse , Venise, 1550, 1551, 1554, in-4°; General traltalo de’ numeri e misure, 1566-1560, in-fol., 2 vol.; Traltalo di aritmetica, 1556, in-4° ; Archimedis de insidenlibus aquœ, libri duo, 1565, in- l°; Balistique, trad. en français par Rieffel, Paris, 1846, in-8». V.
TARTARE (Le), partie de l’Enfer des Grecs et de3 Romains, où habitaient les coupables. Le Phlégéton l’entourait de ses eaux, et il était encore défendu par un triple mur. Tisiphone en avait la garde.
TARTÀRES, nom vague donné, pendant le moyen âge, et dans les temps modernes, comme celui de Scythes chez les Anciens, à toutes les nations nomades sorties de l’Asie centrale. Sous la forme plus correcte de Tatars , il désigne une tribu particulière, habitant entre l’Altaï et le lac Baïkal, et qui parait avoir été la souche des Mongols. C’est lorsque Gengis-Khan et ses successeurs eurent soumis à leur empire toutes les peuplades de l’Asie centrale et envahi l’Europe orientale, que les Européens étendirent le nom de Tatars à toutes les nations turques, toungouses et finnoises subjuguées et entraînées par lui. Leur nom fut corrompu en celui de Tarlares par les chrétiens du moyen âge, qui , à la vue des cruautés inouïes commises par ces handes, les crurent sorties du Tartare ou de l’enfer. Les moines qui les visitèrent à cette époque, par ordre du pape Innocent IV et de S* Louis, les représentent comme des hommes de taille moyenne, figure plato^t large, pommettes saillantes, nez court et écrasé, yeux petits et séparés par un grand intervalles,' oreilles grandes et éloignées de la face, bouche 'largement tendue, barbe et cheveux noirs, durs et en petite quantité. Us vivaient sous des tentes , passant leur vie à cheval pour faire la guerre ou mener paître leurs troupeaux dans leurs steppes sans bornes. Un fétichisme grossier ou le chamanisme le plus crédule était leur seule religion. Ces mœurs et le type physique ont permis de rattacher les Tartares ou Mongols de Gengis-Khan aux peuples asiatiques qui avaient envahi l’Europe avant lui , et, en ajoutant les analogies linguistiques , de considérer comme appartenant à une même race appelée Tartare ou Scylhique, et mieux Tartaro-F innoise , les Huns du ive et du ve siècle, les Bulgares et les Avares du vie et du vne, les Hongrois ou Madgyars du IXe, les Cumans, les Finnois, les Turcs, les Mongols et les Toungouses. Après Gengis Khan , l’empire tatar ou mongol forma quatre royaumes distincts : 1° à l’extrême Orient , Kublaï fonda l’empire des Tatars de Chine, chassés de ce pays en 1368 par un chef national , fondateur de la dynastie des Ming , qui subsista jusqu’en 1644 , et qui fut remplacée elle-même par les princes mandchoux , branche du rameau toungouse de la race tartaro-finnoise. Les Tatars proprement dits ou Mongols sont, au contraire, soumis auj. à l’empire chinois, dans la partie centrale de cet Empire, connue sous le nom de Mongolie; leurs tribus y portent les différents noms de Khalkas , Bouriates , Soyons , Kalmoucks ou Euleutes , Torgouts, Dzoungares ; leur religion est le bouddhisme ; 2» l’empire du Djaggataï , fondé entre les monts Bolor et la mer Caspienne , dans le pays appelé encore auj. à tort Tartarie Indépendante, et qui mérite plus justement le nom de Turkestan , était tout entier composé de peuplades turques soumises par les Mongols. Les princes seuls étaient Tatars ; tombé en décadence au milieu du xive siècle , il fut relevé bientôt par Tamerlan , qui en fit le centre d’un nouvel empire mongol, aussi vaste que le premier. Mais, après lui , les peuplades turques se rendirent indépendantes, et dominent presque seules auj. dans le Turkestan; 3° l’empire des Tatars de Perse, fondé par Houlagou, fut rattaché par Tamerlan au second empire tatar à la fin du xive et au commencement du XVe siècle ; mais la dynastie nationale des Sophis en chassa les conquérants tatars en 1506 , et auj. la population de ces pays est en grande majorité de race indo-germanique , Persans ou Afghans, avec quelques tribus Turcomanes; les Tatars proprement dits n’y séjournent plus ; 4° l’empire du Kaptschak , fondé par Batou , depuis la mer Caspienne jusqu’aux frontières de Pologne , fut la terreur de l’Europe orientale jusqu’à la fin du xve siècle. Il se sépare alors en plusieurs khanats , dont les chefs , descendant de Gengis-Khan, étaient Mongols ou Tatars. De là le nom de Tatars donné encore à ces khanats et à ces peuples d’Astrakhan , de Kazan, de Crimée , et de Sibérie, bien que les khans seuls fussent Tatars , et que le peuple fût