‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 553 sur 864 · TAS · texte numérisé non relu

TAS

Turc et parlât un dialecte turc. Soumises auj. à la Russie, ces peuplades sont encore appelées à tort Tartares , nom qui ne convient qu’à quelques-unes de ces tribus , les Baskirs et les Ivalmoucks, établis vers les sources de l’Oural et à l’O. du Volga inférieur. Ces deux peuplades ont encore conservé les grossières superstitions des premiers Tatars , tandis que les peuplades turques ont toutes embrassé le mahométisme. Ainsi le nom de Tatars , différent de celui de Tartares ou de Tarlaro-Finnois qui est applicable comme désignation ethnographique à une grande race divisée en plusieurs rameaux, ne convient, comme nom particulier, qu’à un seul rameau de cette race , le rameau mongol. C. P.

TAltTARIE (Petite), nom donné au pays possédé par les khans de Crimée, parce que ces khans descendaient de la famille de Gengis-Khan , et étaient véritablement Tatars ; mais les peuples auxquels ils commandaient , appelés Tartares Nogals , et répandus auj. dans la (Aimée , la Caucasie et le Daghestan , étaient des peuplades turques , et parlent un dialecte turc. Le khanat de Crimée ou de Petite -Tartarie se forma au xve siècle d'un démembrement du grand khanat du Kaptschak. Il fut d’abord soumis aux sultans ottomans, qui le cédèrent, en 1774, 1783, 1792, à la Russie; il forme, entre le Dniester et le Don, les gouvernements de Tauride, de Kherson, et d’Iékatérinoslav. C. P.

Aartahie (Manche de). V. manche.

TAltTARIE INDÉPENDANTE. V. TUltKESTAN.

TARTARO, anc. Alrianus , riv. de la province autrichienne de Vénétie, naît près du lac de Garda, et se jette dans l’Adriatique, sous le nom de Canale Bianco, par plusieurs embouchures; cours de 100 kil. Des canaux le font communiquer avec le Pô et l’Adige.

TARTAS, Tartcsium, ch.-l. de canton (Landes), arr. et à 23 kil. O. -N. -O. de Sl-Sever, sur la Midouze, à 4 kil. de son confluent avec l’Adour; 1,742 hab. Jadis titre d’une vicomté possédée par la maison d’Albret. Vainement assiégée par les Anglais , 1440-41 , il devint , au xvie siècle , une des places fortes des calvinistes. Son château-fort fut détruit en 1621. Belle église du xme siècle. Comm. de vins, eaux-de-vie, safran, fruits, gibier, jambons, planches. On trouve aux environs beaucoup de perdrix rouges et de tortues.

TARTERON ( Jacques) , jésuite , né à Paris en 1644 , m. en 1720, professa la rhétorique et les humanités , et publia des traductions de Juvénal et de Perse, 1668, et d’Horace , 1685 et 1704 , estimées de son temps , et néanmoins fort médiocres.

TA1Î.TESSE , Tarlessvs , île d’IIispanie, sur la côte de la Bétique , formée par le Bétis près de son embouchure. Elle contenait une ville de même nom , colonie des Phéniciens. Le nom de Tartesse paraît s’être étendu à toute la contrée ibérienne où ce peuple faisait le commerce. Quelques savants veulent y reconnaître Gadès ou Carteia.

TART1NI ( Giuseppe ) , célèbre musicien , né à Pirano (Istrie) en 1692, m. à Padoue en 1770 , renonça à la théologie et au droit pour la musique. Il dirigea depuis 1721 la musique de l’église Sl-Antoine à Padoue. Il a contribué au progrès de l’art, autant par ses compositions que par l’école de violon qu’il a formée. La variété des idées , l’élévation du style, la pureté de l'harmonie, distinguent ses concertos et ses sonates : on cite surtout la sonate qu’il écrivit dans un songe , et appelée la Sonate du Diable. Tartini est aussi l’auteur d’un Traité de musique, Padoue, 1754 , in-4°, livre obscur et incohérent. Sa gloire est d’avoir établi les principes fondamentaux du maniement de l’archet, qui ont servi de base à toutes les écoles d’Italie et de France. B.

TARTLAN, en hongrois Prasmar, brg de Transylvanie, à 15 kil. N.-E. de Kronstadt; 4,000 hab. , Saxons. Industrie agricole.

TARUEDRUM. V. Orcas.

TARUENNA ou TERUENNA , v. de la Gaule (Belgique IIe | , capitale desMorins; auj. Térouanr.e.

TARUNTUS, nom ancien de la Dwina occidentale.

TARUS, nom anc. du Taro.

TARUSATES, peuple de la Gaule (Novempopulanie), à l’E. des Tarbelles ; capitale, Alures (auj. Aire).

TARV1S, brg des Etats autrichiens (province de L'arniole), située à 27 kil. S. -O. de Villach ; 1,300 hab. Usines à ter et à cuivre. Là est un passage des Alpes Juliennes, entre l’Italie et l’Autriche; Masséna le força, le 19 mars 1797.

TARVIS1UM, v. de l’anc. Vénétie; auj. Trévisc.

TASCIIFIN. F. Tachfin.

TA5CH1ENS ou TASQUES, Taschi, anc. peuple qui habitait les montagnes de la Mésopotamie.

TASCIIKEND. V. Taciikend.

TASMAN (Abel-Janssen ), illustre navigateur hollandais, né à Hoorn vers 1600, a rendu d’importants services à la géographie ; chargé, en 1642, par Van Diémen, gouverneur-général des Indes hollandaises, de faire un voyage de découvertes pour reconnaître l’étendue du continent austral, il trouva une terre qu’il appela Terre de Van Diémen ou Diéménie, et que, depuis 1855, on a nommée officiellement Tasmanie, une autre qu’il nomma Terre des Etats (auj. Nouvelle-Zélande), le groupe de petites îles dit des Trois rois , et une partie des archipels des Amis et de Fidji. On ne sait rien d’un voyage qu’il entreprit, eu 1644.

TASMANIE. V. Diémen (Terre de Van).

TASNAD, brg de Transylvanie (cercie de Samlyo), à 66 kil. N.-O. de Zilah; 3,000 hab. Culture de la vigne.

TASSE (Bernardo Tasso, dit le), poete italien, né en 1493 à Bergame, d’une antique et noble famille, m. en 1569, s’attacha successivement à Ferrante San-Severino, prince de Salerne, 1531, au duc d’Urbin, et au duc de Mantoue, qui le prit pour secrétaire et le nomma gouverneur d’Ostiglia. C’était un esprit fécond et facile, que les critiques du temps mirent au-dessus d’Arioste lui-même. Il a laissé des églogues, des odes, des élégies estimables, et un poëme de Floridant, qui ne parut qu’eu 1587. Mais son principal titre de gloire est un poëme en 100 chants, Amadis de Gaule , imité du roman de chevalerie de ce nom, et publié en 1559. Doué du talent d’imaginer et dépeindre, varié dans ses descriptions, mais souvent trop sérieux, narrateur coulant, rapide et clair, il a un style orné plus que poétique, agréable plus qu’entraînant. B.

tasse ( Torquato tasso, dit le), célèbre poète, fils du précédent, né en 1544 à Sorrente, m. en 1595, fit ses premières études chez les Jésuites à Naples, et les continua à Rome et à Bergame. Il étudia le droit à Padoue, 1561, mais abandonna bientôt la jurisprudence pour la poésie. Un poëme chevaleresque en 12 chants, Renaud, inspiré par Arioste, commença sa réputation, 1562; il a été traduit en français par Cavellier, 1813. Appeléàla courd’Alphonse II, duc de Ferrare, 1565, Le Tasse accompagna le cardinal Louis d’Este en France, 1571, où il fut reçu avec distinction par Charles IX. De retour à Ferrare, il donna VAminta, 1573, véritable modèle du drame pastoral : le sujet de ce poëme est peu intéressant ; l’action, invraisemblable, est mal liée ; mais les caractères, les mœurs, les passions, tout est idéal, et le style est d’une pureté, d’une élégance et d’une grâce parfaites; l’auteur possède au suprême degré le talent des détails. L ’Aminta a été traduite en vers français par Baour-Lormian, 1813, et en prose par Berthi-e de Bourniseaux, 1802. Le Tasse, après 12 années de travail, publia, en 1575, la Jérusalem délivrée , en 20 chants, sujet emprunté à l’histoire des Croisades, et son œuvre capitale ; elle fut cependant assez froidement accueillie d’abord, et le poëte engagea, pour la défendre, une vive polémique avec ses critiques, surtout avec Léonard Salviati. Puis, la passion qu’il conçut pour la belle Léonore, une des sœurs d’Alphonse II, le brouilla avec la cour de Ferrare ; il partit brusquement, 1577, et, luttant contre le besoin, habita tour à tour Naples, Mantoue, Urbin, et Turin. Il se hasarda de revenir à Ferrare, 1579 ; le duc, suivant une tradition contestée, l'aurait fait enfermer dans un hôpital de fous, et ne lui aurait rendu la liberté qu’en

1586, sur les instances du pape et des princes italiens. En

1587, parut Torrismond , tragédie trop vantée, bien qu'on y trouve des situations saisissantes et des chœurs magnifiques ; mais l'action est presque nulle, embarrassée de récits et de conversations, et le style est plus grave, plus pompeux, plus riche qu’il ne convient au dialogue. Le Tasse, poursuivi par l’envie, en vint à douter de lui-même : il composa une Jérusalem reconquise, en 24 chants, qu’il voulait substituer à son premier poëme, 1593 ; cet ouvrage, écrit dans un temps où le malheur portait quelquefois atteinte à la raison de l’auteur, est demeuré justement obscur. Enfin, sans remédier à sa misère, les grands de l’époque recherchèrent le poëte : il avait été appelé à Rome par le pape Clément VIII, pour y recevoir les honneurs du triomphe au Capitole, quand une fièvre l’emporta, avant la cérémonie, dans le couvent de S'-Onuphre. La Jérusalem délivrée est le principal titre du Tasse à l’immortalité : c’est l’épopée la plus belle et la plus régulière des temps modernes. L’étendue et la grandeur d’un sujet populaire dans tonte l’Europe, la beauté antique de 1 ensemble, la sévère unité d’une action dont l’intérêt est toujours soutenu et la marche toujours régulière, la variété des épisodes, des personnages et des caractères, la parfaite exactitude des descriptions, la vérité et l’élévation des sentiments, l’heureux emploi d’un merveilleux en harmonie

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