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avec les croyances, le ton de noblesse et de dignité donné â tous les tableaux, les grâces enchanteresses de la diction, placent l’œuvre du Tasse auprès de celles d’Homère et de Virgile. Jamais on ne vendit avec autant de bonheur les émotions de la douleur et de la tendresse. Le style est toujours grave, majestueux, épique, le rliythme varié, l’expression travaillée et soutenue; on trouverait très-peu de vers faibles. Les critiques sévères blâment plusieurs discours diffus, des concetti qui tiennent au goût de l’époque, un excès de richesse et de vivacité dans le style, dans les images et dans les récits. Les principales traductions françaises de la Jérusalem délivrée sont : en vers, celle de Baour- Lormian, 1795 et 1819; en prose, celles de Mirabaud, 1724, de Panckoucke et Framery, 1783, de Lebrun, 1774, de Mazuy, 1838, de Philippon de la Madeleine, 1841, de F. Desserteaux, 1856. On a encore du Tasse: les Intrigues d’amour, comédie d’une intrigue étrangement compliquée, mais qui offre des situations inattendues et plaisantes, et dont le dialogue facile a beaucoup de sel ; des madrigaux, qui n’ont jamais été surpassés; plus de mille sonnets et canzones, qui attestent une sensibilité exquise, un cœur passionné et mélancolique, et où l’auteur, aussi tendre, aussi harmonieux que Pétrarque, a plus de vigueur, de verve et de mouvement; les Sept journées de la création, sa dernière production, recommandable encore par l’élégance du style et la beauté de quelques descriptions ; enfin des Discours philosophiques, des Lettres familières , des réfutations et des apologies contre ses ennemis ; tous ouvrages qui ont autorisé certains critiques à mettre sa prose presque au niveau de ses vers. Les OEuvres complètes du Tasse ont été publiées par Rosini, 30 vol. in-8»,Pise, 1821 etsuiv. B.
TASSILLON, duc de Bavière, 748-788, dernier descendant de la famille des Agilolfinges, épousa Luitperge, fille de Didier, roi des Lombards, détrôné par Charlemagne en 774. Pour venger son beau-père, il voulut former contre le puissant empereur une ligue avec les Saxons, les Avares, les Sarrasins d’Espagne, les ducs lombards du midi de l’Italie, et Adalgise, fils de Didier. 11 fut saisi, mis en jugement devant la diète d’Ingelheim, et condamné à mort; Charlemagne commua la peine en une prison perpétuelle, et Tassillou mourut à l’abbaye de Jumiéges. B.
TASS1N (René-Prosper), bénédictin, né en 1697 à Lonlay (Sarthe), m. en 1777, est surtout connu par un célèbre Traité de diplomatique, qu’il commença en 1727 et publia en 1750, 6 vol. in-4®, avec D. Toustain, qui mourut pendant l’impression du 2e vol. Tassin, après avoir terminé à lui seul les 4 derniers volumes de cet immense ouvrage, composa une Histoire littéraire de la congrégation de St-Maur, Paris et Bruxelles, 1770, in-4». Quelques manuscrits de ce savant existent à la Bibliothèque impériale de Paris. C — s.
TASSISUDON, v. de l’empire chinois, capitale du Boutan, sur le Tchin-chou, dans une vallée fertile de l’Himalaya, par 27» 50’ lat. N. et 87» 10’ long. E., à 600 kil. N.-É. de Calcutta. Résidence du Deb-radjah, souverain temporel, et du Dharmah-radjah, souverain spirituel. Immense palais. La citadelle est un bâtiment carré à 7 étages surmonté d’un pavillon en cuivre doré, au-dessous duquel est l’idole de Mahamounie, dont le Dharmah-radjah est l’incarnation. Il y a beaucoup d’éléphants aux environs de C6tte ville
TASSO , île de l’Archipel. V. Thasos.
TASSONI (Alexandre), poète italien, né à Modène en 1565, m. en 1635, fut secrétaire du cardinal Ascagne Colonna, 1599, et du duc de Savoie, 1618. François 1er, duc de Modène, le créa conseiller. On a de Tassoni : des Obser- \ valions sur Pétrarque, 1609, faites dans un esprit de justice et de loyauté, et pleines de satires de son propre temps ; la Secchia rapila, 1622, épopée héroï-comique en 12 chants, dont le sujet est la guerre que se firent Modène et Bologne ! à l’occasion d’un seau de puits, et que les Italiens regardent comme un modèle de bonne plaisanterie. Tassoni a su appliquer avec succès le style héroïque aux objets les plus légers et les plus badins, mélanger le plaisant et le sérieux; il a un esprit vif, ingénieux, sans fiel , une gracieuse facilité, une gaieté légère, une versification soignée. Malgré quelques trivialités, il ne mérite pas le dédain que lui a témoigné Voltaire, et a peut-être heureusement inspiré Boileau dans son Lutrin. B.
TATA, v. de Hongrie. V. Dotis.
TATANE-ARRIVOU. V. Tananariye.
TATARS. V. Tartares.
TATIEN, philosophe platonicien, né vers l’an 130 en Syrie, visita les villes les plus importantes de l’Orient, ot vint se mettre à Rome au nombre des disciples de S1 Justin ; mais après la mort de son maître, en 172, il retourna en
Orient, où il devint le chef de la secte des Encraliles ou Continents, qui s’interdisaient le mariage et l’usage du vin. Ses doctrines, qai avaient quelque rapport avec celles des Gnostiques, le firent considérer comme hérésiarque. Il ne reste de lui qu’un Discours aux Grecs, publié par W. Worth, Oxford, 1700, in-8°. — Un autre Tatien, de Mésopotamie, qui vivait au v» siècle, a écrit une Harmonie des Evangiles, dont la traduction latine par Victor de Capoue a été insérée dans la Bibliothèque des Pères.
TATIHOU, ile française de la Manche, sur la côte E. du département de ce nom. Elle a un fort qui protège la rade de Sl-Waast-la-Hougue.
TATITCHEV (Basile-Nikitich), historien russe, né en 1686, m. en 1750, fut du nombre des jeunes gens que Pierre Ier envoya étudier les sciences à l’étranger. A son retour, il fut officier d’artillerie, remplit diverses missions en Sibérie et en Suède, devint grand-maître des cérémonies de la cour en 1723, directeur-général des mines en 1734, rédigea le code réglementaire de cette administra^ tion, et reçut le titre de conseiller privé en 1737. Nommé gouverneur d’Astrakhan, son peu de succès contre les lvalmouks le fit rappeler, et il se retira, en 1745, dans sa terre de Voldin, près de Moscou. Il a laissé inachevée une Histoire de Russie, qui, sur l’ordre de Catherine II , fut publiée par Muller, à Moscou et à Sl-Pétersbourg, 1769-1784, 4 vol. in-4°, ouvrage très-utile à consulter. On lui doit aussi un Atlas de Sibérie, 1745, en 20 feuilles, et un Dictionnaire historique, politique et civil de la Russie (qui s’arrête à la lettre L), S^Pétersbourg, 1793. B.
TATIUS, roi des Sabins de Cures, fut introduit, par la trahison de Tarpéia, dans la citadelle bâtie par Romulus sur le mont Saturnien (Capitolin). Après un combat qui fut arrêté par l’intervention des Sabines, il partagea avec Romulus le commandement des Sabins et des Romains réunis en un seul peuple, l’an 9 de Rome, 744 av. J.-C,, et fut tué, au bout de 5 ans, à Lavinium , par des Laurentins, auxquels il avait refusé justice d’un meurtre. O.
tatius (Achille). V. achille.
TATRA (Monts), partie des Karpathes occidentales (Hongrie, comitats de Zips, de Liptau et d’Arva), sont compris dans la dorsale européenne. Points culminants : Eisthaler-Spitz, 2,666 mèt.; Lomnitz, 2,648 mèt.; Krivan, 2,512 mèt.
TATTA , grand lac salé de l’Asie - Mineure , dans un désert, au S.-E. delaPlirygie.
tatta, v. de l’empire du Maroc, à 240 kil. O de Draha; 10,000 hab.
tatta ou tattaii , anc. Patala ? v. de l’Hindoustan (Sindhy), près de la rive dr. du Sind , à 80 kil. S. -O. d’Haiderabad ; 15,000 hab (jadis 40,000). Comm. de riz, opium , coton , duvet de chèvres, châles, cachemires, tapis, drogues médicinales. — Prise par les Portugais en
TAUBER, riv. d’Allemagne, naît dans le Wurtemberg (Iaxt), coule à l’E., puis au N., par la Bavière (Moyenne et Basse-Franconie ), arrose le gr.-duché de Bade (cercle du Bas-Rhin), et se jette dans le Mein à Wertheim; cours de 130 kil.
TAUBMANN (Frédéric), poète latin et philologue, né à Wonseich (Franconie) en 1565, de parents pauvres, m. en 1613. Il eut de la réputation comme poète, et a laissé, comme philologue, des commentaires estimés, sur Plaute, publiés en 1621, in-4°, et sur Virgile, en 1618, in-4».
TAUENTZIEN (Frédéric-Bodislas-Emmanuetl, général d’infanterie prussienne, né à Potsdam en 1761, m. en 1824, fut élevé à l’Ecole militaire de Berlin, devint aide-de-camp du prince Henri, avec lequel il fit la campagne de 1778, reçut l’ambassade de S'-Pétersbourg en 1794, combattit sous le prince de Hohenlohe à Iéna. 1806, et sous Bulow à Dennewitz, 1813. et reçut le titre de comte de WiUemberg après avoir enlevé d'assaut cette ville. B.
TAULÉ, eh.-l. de cant. I Finistère), arr. et à 9 kil. N.- O. de Morlaix ; 726 hab.
TAL1LENTIENS. Taulentii , anc. peuple de PEpire, près de Dyrrachium ou Epidamne.
TAULER (Jean), Tauleius , mystique de 1 ordre de Sl-Dominique, né en Alsace vers 1294, m. à Strasbourg en 1361, a été loué par Luther et Mélanchthon, ainsi que par Bossuet. Outre des Sermons et des Lettres spirituelles, on a de lui des Méditations sur la vie et la passion du Sauveur, et des Institutions divines. Ses OEuvres, écrites en allemand, ont été traduites en latin par Surius, Cologne, 1548. Les Institutions ont été traduites en français par Loménio de Brienne, 1665, et insérées dans le Panthéon littéraire, Paris, 1835.
TAUNTON, v. et paroisse d’Angleterre (Somerset), à
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60 kil. S.- O. de Bristol, sur la Tone; 14,660 liab. On y remarque l’église de Sl-James en style gothique, l’hôtel-deville, le palais de justice, et les restes d’un château bâti par les Saxons. Fabr. de soieries et lainages.
taunton , v. des Etats-Unis (Massachusetts), ch.-l. du .comté de Bristol , à 66 kil S. de Boston; 15,380 hab. Manu f. de coton et forges.
TAUNUS , auj. Hashe , massif montagneux de l’Allemagne ( Hesse-Darmstadt, et Nassau), dans la chaîne des monts Hercyniens, tient vers le N.-E. au Vogelsgebirge, et aboutit vers le S.- O. à la rive dr. du Rhin, séparant le bassin de la Lahn de ceux du Mein et du Rhin. Points culminants : Grand-Feldberg, 868 mèt.; Alt-Kœnig, 800 mèt.
TAUPINS (FRANCS-). V. Francs-Taupins.
TAURASIA ou AUGUSTA TAURINORUM , nom anc. de Turin.
TAUREAU, 2e signe du zodiaque. C’est, d’après la Fable, le taureau qui enleva Europe, ou celui qui fut envoyé à Minos par Neptune, ou la génisse dont Io prit la forme.
TAURELLUS. V. Torelli.
TAURES, Tauri , anc. peuple qui habitait la Chersonèse Taurique et la partie environnante de la Sarmatie. S’ils n’étaient pas Scythes d’origine, du moins ils se mêlèrent aux Scythes; de là leur nom de Tauroscyth.es ou Scythntaurcs. Barbares et féroces, ils immolaient les étrangers à leur grande déesse Opis.
TAURESIUM. V. Justiniana.
TAURIANA, nom anc. de Sejiinara.
TAURIDE , un des noms de la Chersonèse Taurique.
tauride, gvt de la Russie d’Europe, au S., entre ceux d’Iékatérinoslav au N., de Kherson au N. -O., la mer Noire à l’O. et au S., le détroit d’Iénikalèh et la mer d’Azov à l’E., est formé de la presqu'île de Crimée et d’un vaste territoire au N. de cette presqu’île; 62,366 kil. carrés; 400 kil. sur 150; 687,343 hab. Ch.-l., Simphéropol. La Crimée est , en général , très-fertile ; mais la partie continentale de la Tauride offre de vastes plaines, couvertes de lacs salés et de marais, et arrosées par le Dniéper, la Konskaia et la Berda. Près de la mer d’Azov, des miasmes putrides corrompent l’atmosphère. La population , trèsmélangée, se compose de Turcs, de Cosaques, de Russes, de Grecs, d’ Arméniens, de Juifs et d’Allemands. Récolte de grains, de vins et de soie ; élève de bétail et de moutons mérinos ; exploit, de sel.
TAURIENS (Jeux), Ludi Taurii , jeux publics de l’anc. Rome, institués du temps de Tarquin le Superbe, en l’honneur des dieux infernaux, pour faire cesser une épidémie, qui attaquait les femmes, et que l’on attribuait à l’usage de la chair des taureaux de sacrifices. On les célébrait hors de Rome, dans le Cirque Flaminius pour ne pas évoquer les Mânes dans l’intérieur de la ville. C. D — t.
TAURINS, Taurini, peuple de la Gaule Cisalpine (Gaule Transpadane), vers les Alpes Cottiennes et les sources du Pô; ch.-!., Taurasia ou Augusta Taurinorum (auj. Turin).
TAURIQUE (Chersonèse). V. Chersonèse.
TAURIS, dite aussi Tabriz ou Tébriz,\. murée de Perse, cli-1. de l’Aderbaïdjan, à 480 kil. O. -N. -O. de Téhéran, près du lac d’Ourmiagh, par 38° 5’ lut. N., et 44“ 12’ long. E. ; 160,000 hab. Commerce très-important. Station des caravanes. On y remarque le beau bazar dit Kaisariéh, la mosquée de Chah-Djihan, bâtie en briques et ornée de coupoles vernissées, le palais du prince, et la citadelle, le plus grand établissement militaire de la Perse. Export, de café, safran, indigo, raisins secs, amandes, miel, cire, coton, sangsues, soies grèges, cachemires, tapis, etc. — Cette ville, fondée vers 790, par Zobéida, une des femmes du calife Haroun-al-Raschid , sur l’emplacement de l'ancienne Gazana, eut, dit-on, au moyen âge, 500,000 hab. En 1721, un tremblement de terre la ruina, et engloutit près de 100,000 personnes.
TAURISQUES , Taurisci, peuple celtique qui, chassé des bords du Danube, s’établit en Italie près d’Aquilée. Il y avait d’autres Taurisques dans les Alpes, en Daeie, et en Thraee.
TAUROBOLE, Taurobolium , sacrifice d’expiation chez les anc. Romains des derniers temps du Haut-Empire, espèoe de baptême du sang d’un taureau. Celui qni offrait le sacrifice (et ce pouvait être un particulier) se plaçait dans une fosse, que l’on recouvrait d’un plancher à clairevoie ; sur ce plancher un victimaire amenait un taureau et l’égorgeait; le sang s’écoulait par les trous du plancher, et le sacrifiant le recevait en entier sur sa tête, sa figure, sa langue, ses habits et toutes les parties de son corps. Ce sacrifice était une régénération mystique et éternelle, mais qu’il fallait renouveler tous les 20 ans. Des
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provinces envoyaient un homme l’offrir en leur nom, pont obtenir à l’Empereur une longue et heureuse vie, et des villes le recevaient pour elles-mêmes par députés. Taurobole était formé du grec tauros, taureau, et bn/è, effusion. Ce sacrifice, inventé peut-être du temps de Marc-Aurèle, se pratiqua aussi dans les Gaules. C. D — t.
TAUROMENIUM, auj. Taormina, v. anc. de Sicile, sur la côte E., était une colonie de Zancle ou Messane, construite sur les ruines de Naxos, en 358. Elle fut ravagée par Denys l’Ancien, puis par ltupilius pendant la guerre des esclaves, 132 av. J.-C., se montra hostile à Octave, et reçut une colonie de vétérans romains. TAUROSCYTHES. V. Taures.
TAIJRUS , nom employé par les anciens pour désigner, d’abord une chaîne de montagnes de l’Asie -Mineure, puis une suite de montagnes qu’ils croyaient s’étendre sans interruption et sous le même parallèle depuis le golfe d’issus jusqu’aux extrémités orientales de l’Asie. 1° Taurus propre, ou d’Asie- Mineure. Cette chaîne et ses ramifications forment, sur les trois côtes de la presqu’île, et particulièrement au S. et au N., une série de terrasses en étages, entre lesquelles s’étend un plateau central parsemé de steppes et de lacs salés. Les hauteurs du S. portaient proprement le nom de Taurus; celles du N., celui d'Anti-Taurus. Le Taurus, selon quelques auteurs anciens, commençait au cap Trogylion , formé par l’extrémité du mont Mycale, en face de Samos, et l’on comprenait parmi ses ramifications les monts Tmolus et Messogis en Lydie , Latmos et Lida en Carie. Mais , selon les auteurs qui la considéraient plus spécialement comme le commencement de la chaîne imaginaire qu’ils étendaient en ligne droite à travers l’Asie, il ne commençait que dans le S. de l’Asie-Mineure, au cap Sacré ou Chélidonien , sur les frontières de Lycie et de Pamphylie. Il s’étend parallèlement à la côte, dont il répète les inflexions, à travers la Pamphylie ancienne sous le nom moderne de Tachtaly-Dagh (2,300 mèt. ), la Pisidie et l’Isaurie ( Goh-üagh), la Lycaonie et la Cilicie, où, sous les noms d'Ara-Dagh , Dulghar-Dagh , Ala-Dagh , il ne reste pas au-dessous de 3,000 mèt. Vers la source du Pyramos, il lance au S. un contre-fort, le Gjaur-Dayh , qui, à sorç point de rencontre avec VAhmarDagh (anc. Amanus), forme le célèbre défilé des Portes Amaniques ; la branche principale se dirige au N.-E. sous le nom d' Achyr-Dagh , coupe l’Euphrate, sépare sa branche orientale (le Mourad) des sources du Tigre, contourne le lac de Van, et va rejoindre, prés de Bayezid, le mont Ararat et tout le système arménien. Là finissait pour les anciens le Taurus proprement dit. L’Anti -Taurus se détache du Taurus au N. de la Cilicie, vers l’ Ala-Dagh, et s’élève d’abord par le mont Argée ( Ardjisch-Dagh) , point culminant de tout le système d’Asie-Minèure ( 3,841 mèt. ). De ce point partent deux branches ; l’une court vers l’E. , entre l’Euphrate occidental ou Frat et l’Halys, sous le nom de Karabel-Vagh , et se rattache par les monts Moschiques à la chaîne du Caucase ; l’autre se dirige vers l’O. sous les noms de Ilassan-Dagh, Sultan-Dagh, Mourad-Dagh, Dumandjy-Dagh, et se termine près de Brousse par l’Olympe Mysien ou Keschisch-Dagh ( 1,600 mèt.). A cette montagne se rattache une 3e branche de l’Anti-Taurus , parallèle à la côte de la mer Noire, et formant comme la base d’un vaste triangle, dont le sommet est à l’ Argée et qui enferme le plateau central d'Asie- Mineure. Cette branche porte les noms d’ Ala-Dagh, Alkas- Dagh, et Knsch-Dagh, et se rattache vers l’E. aux monts Moschiques. — 2° Taurus de la Haute- Asie. Les anciens géographes , Dicéarque, Eratosthène, Strabon , croyaient que les prolongations du Taurus au-delà du golfe d’issus s’étendaient en ligne droite, sous le parallèle de Rhodes, jusqu’à l’extrémité orientale de l’Asie, sous les noms divers de monts Niphates, Arméniens ou Gordyens (monts du Ivourdistan), vers le lac Arsissa et les sources du Tigre, monts Choatras,Coronos, Sariphes, Paropamise ou Caucase Indien, Emodes, Imaüs. Au N. de cette ligne était la partie septentrionale, ou en deçà du Taurus par rapport aux Grecs de l’Hellade ; au S. , la partie méridionale ou au-delà du Taurus. Cette ligne de démarcation est généralement inexacte : du golfe d’issus au lac de Van, le Taurus passe du 36“ 15’ au 38° et 39“ ; et, à partir de ce point jusqu’au Paropamise (Hindou-Kho), qui reprend la direction moyenne de 36“, il n’y a pas de chaîne continue, mais seulement les hauts plateaux de l’Aderbaïdjan et de la Perse, où se dressent quelques cimes très -élevées (Sahoun, Elvend, •Demavend). A la dernière partie de la chaîne, l’Emodes (Himalaya), loin de suivre le parallèle de 36“, court du N. -O. au S.-E. sur la frontière de l’Inde du 36“ au 27°, et l’Imaüs, appelé plus tard dans cette partie Ottorochorrhas , loin d’être la continuation en ligne droite de