‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 56 sur 864 · LED · texte numérisé non relu

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de son débit, l’énergie et le naturel de son jeu, opérèrent une révolution dans la déclamation dramatique ; elle enseigna comment il faut parler la tragédie. Jocaste, Pauline, Atlialie, Zénobie, Roxane , Hermione , Eriphyle, Mariane , (Jornélie , Phèdre surtout, sont les rôles dans lesquels elle excella. Elle eut peu de succès dans la comédie, qu'elle s’obstina pourtant à jouer. Aimée de Voltaire et de Maurice de Saxe, elle est citée pour d’heureuses réparties, de jolis vers et des lettres pleines d’esprit et de sentiment. On dit qu’elle mourut empoisonnée par une princesse sa rivale; mais ce fait n’est nullement prouvé. J. T.

LECTEUR, le 2e des quatre ordres mineurs dans l'Eglise latine primitive. Les lecteurs étaient chargés de lire dans l’église les saintes Ecritures, les Actes des martyrs, les homélies des Pères , les lettres des évêques à leurs administrés, de chanter les leçons à chaque nocturne des Matines, de bénir le pain et les fruits nouveaux , d’instruire les catéchumènes et les enfants. Dans l’Eglise grecque, l’office de lecteur est le 1er degré pour parvenir à la prêtrise; celui qui l’a reçu est chargé de lire la sainte Ecriture au peuple, les jours de grandes fêtes.

LECTEURS ROYAUX , nom donné autrefois aux professeurs du Collège de France, parce qu’ils étaient censés ne lire que des leçons écrites à l’avance.

LECT1CA1RES (du latin lectica, voiture), hommes chargés, dans le Bas-Empire, d’emporter les morts, afin de les enterrer.

LECT1STERNE , Leclisternium, espèce de sacrifice public, chez les anciens Romains. R consistait en un simulacre de festin donné aux dieux dans les temples : on plaçait leurs statues sur des lits de triclinium , devant une table où l’on servait un festin simple et frugal. Les déesses étaient placées sur des sièges et non couchées. Les Lectisternes étaient publics, et préparés par les Septemvirsépulons ( V. Epulons). Il y en avait de périodiques, fondés dans certains temples ; mais, plus ordinairement, ils n’étaient qu'occasionnels, et duraient depuis un jour jusqu’à huit jours. On célébrait les Lectisternes à propos de prodiges qui intéressaient la félicité publique, et quelquefois en signe de réjouissance. Les quindécemvirs les ordonnaient, après avoir consulté les livres Sibyllins. C. D — T.

LECT1US (Jacques de Lect, en latin) , jurisconsulte, né à Genève en 1560, m. en 1612, professa le droit dans sa patrie, fut ensuite conseiller d’Etat, et ambassadeur de la république en Angleterre sous la reine Elisabeth, puis dans les Provinces-Unies. Il a laissé des ouvrages de droit, dont les éditions particulières sont très-rares, mais qui fout partie du Thésaurus juris romani d’Everard Ôtton, Leyde, 1725. On a encore de lui une édition estimée des Lettres de Symmaque, avec des notes latines, Lyon, 1598, in-8» ; A ’otœ et variœ lecliones in poêlas græcos, Genève, 1606, in-8»; Claudxomastyx, ibid., 1610, in-8°. C. N.

LECTOURE, Lactora, s.-préf. (Gers), à 36 kil. N. d’Atich, sur un rocher escarpé, près de la rive dr. du Gers; 3,000 hab. Trib. de lre instance, collège. On y remarque ; une fontaine antique de Diane, dite Hondelia ; l’église gothique; la belle promenade du Bastion, d’où la vue s’étend jusqu’aux Pyrénées. Patrie de Roquelaure et du maréchal Lannes, auquel une statue en marbre blanc a été élevée. Fabr. de serges, grosses draperies et cuirs. Comm. de grains, vins, eaux-de-vie, bestiaux. — Ancienue cité ibérienne, les Phocéens y apportèrent leur civilisation ; sous les Romains, elle devint une des grandes cités de la Gaule méridionale; en 844, les Normands la pillèrent. Au Xe siècle, elle était la capitale de la vicomté de Lomagne, gouvernée par ses seigneurs, et qui passa, en 1312, aux comtes d’ Armagnac. La souveraineté de Lectoure était partagée entre ses évêques et les comtes, mais elle conservait ses libertés municipales. Elle fut prise par Charles VII sur Jean d'Armagnac en 1455, et par Louis XI, en 1473. Montluc l’enleva aux protestants en 1562. Henri IV la leur donna comme place de sûreté. Son château servit de prison, en 1632, au due de Montmorency.

LÈCUY (Jean-Baptiste) , dernier abbé de l’ordre de Prémontré, né en 1740 à Ivoy-Carignan (Ardennes) , m. en 1834, prit l’habit de religieux en 1761, devint supérieur général de son ordre en 1780, membre de l’administration provinciale de Soissons en 1787, chanoine honoraire de j Paris en 1802, chapelain de Marie-Julie, épouse de Joseph Bonaparte, en 1804, et vicaire général honoraire de Paris en 1824. On a de lui de nombreux ouvrages, parmi lesquels on distingue : Abrégé de l'histoire de T Ancien et du Nouveau Testament, 1810, 2 vol. in.8°; Manuel d'une mère chrétienne , ou Courtes homélies sur les épitres et les évangiles des dimanches et [êtes, 1822, 2 vol. in-12 ; Recueil de pièces sur la prise de Constantinople , pour ( aire suite à l'Histoire by-

zantine, 1823, in-fol. Lécuy a fourni aussi beaucoup d’articles à la Biographie universelle de Michaud.

LECZINSKA (Marie). V. Marie.

LECZ1NSKI (Stanislas). V. Stanislas.

LÉDA, fille de Tliestius, roi d'Étolie, épousa Tyndare, roi de Sparte; aimée de Jupiter, qui prit, pour la séduire, la forme d’un cygne , elle mit au monde deux œufs : de l’un sortirent Pollux et Hélène ; de l’autre, Castor et Clytemnestre.

LE DAIM (Olivier Teufel, dit), ou le Diable , favori de Louis XI, né àThielt, valet de chambre et barbier du roi , obtint des lettres de noblesse, et se fit créer comte de Meulan, capitaine du château de Loches, gouverneur de St-Quentin. Envoyé en mission à Gand, auprès de Marie de Bourgogne, en 1477, il se rendit ridicule par son luxe et son orgueil. Après la mort de Louis XI, la régente Anne de Beaujeu le sacrifia à la haine populaire; il fut pendu, en 1484.

LEDBURY, v. d’Angleterre, comté et à 22 kil. S.-E. de Hereford, près des monts Malvern et de la Leden; 4,600 hab. Fabr. de cordes et de sacs. Curieuse église saxonne.

LEDE, v. de Belgique (Flandre orientale), à 12 kil. S.- O. de Termonde ; 3,500 hab.

LEDEGHEM, v. de Belgique (Flandre occidentale), à 9 kil. O.-N.-O. de Courtrai; 3,200 hab. Fabrication de toiles.

LEDERLIN (Jean-Henri), philologue, né à Strasbourg en 1672, m. en 1737, a donné des éditions estimées de YOnomasticon de Pollux, 1706, 2 vol. in-fol.; de l 'Iliade, Amsterdam, 1707, 2 vol. in- 12; des Varice historiœ d’Elien, 1713, in-8°.

LEDESIA , nom latin de Leeds.

LEDESMA, Blelisa, v. d’Espagne (Léon), prov. et à 33 kil. O.-N.-O. de Salamanque, sur la Tormès; 5,000 hab. Eaux minérales.

LEDIA SILVA, nom du pays de Laye.

LÉDIGNAN, ch.-l. de cant. (Gard], arr. et à 17 kil. S. d’Alais; 662 hab.

LEDO SALINARIUS , nom latin de Lons-le-Saunier.

LEDOUX (Claude-Nicolas), architecte, né en 1756 à Dormans (Champagne), m. à Paris en 1806, étudia sous Blondel. Il construisit, à Paris, les hôtels de Montmorency, d’Halleville, de Montesquiou, et de Thélusson, la belle porte monumentale de l’hôtel d’Uzès, constructions auj. détruites pour la plupart. Ses travaux les plus importants sont les Barrières de Paris, auxquelles il s’efforça de donner un caractère monumental. Il tomba souvent dans le bizarre et dans le lourd. Néanmoins plusieurs sont trèsbien réussies, entre autres, celles du Trône, de La V il — Iette, de l’Etoile, du Roule, d’Italie, et d’Enfer. Ses principaux ouvrages ont été gravés dans les Annales du Musée de Landon. Un a de lui : T Architecture considérée sous le rapport de l'art , des mœurs et de la législation, Paris, 1804, gr. in-fol., avec 125 pl., très-bel ouvrage. V. notre Dictionn. des lettres et des arts , au mot Profilées de Paris.

LEDRAN (Henri-François), chirurgien, né à Paris en 1685, m. en 1770, fut chirurgien-major et démonstrateur d’anatomie à l’hôpitâl de la Charité, chirurgien-consultant des camps et armées du roi, et membre de l’Académie de chirurgie. Il a laissé : Parallèle des différentes manières de tirer la pierre , Paris, 1730 et 1740, in-8°, où il se déclare partisan du grand appareil ; Observations de chirurgie, ibid., 1731, 2 vol. in-12; Traité des opérations de chirurgie, ibid., 1741 et 1742, et Londres, 1749, in-8°, avec des additions de Cheselden ; Réflexions pratiques sur les plaies d'armes à feu, ibid., 1737, 1740 et 1759, iu-8°, etc. On lui doitTinvention et le perfectionnement de divers instruments chirurgicaux.

LEDRU (Nicolas-Philippe), dit Cornus, physicien, né à Paris en 1731, m. en 1807, fut nommé par Louis XV professeur de mathématiques des eufants de France, et reçut un brevet pour convertir le fer en acier et fabriquer les instruments de physique. Il montra le premier en France la catoptrique ou fantasmagorie, et appliqua l'électricité au traitement des affections nerveuses.

LE DUC1IAT (J.), avocat, né à Metz en 1658, m. en 1735 à Berlin, où il s’était retiré en 1700, s’est fait un nom comme philologue. Il a donné, avec notes grammaticales et historiques, de bonnes éditions de la Satire Ménippée, Amst., 1709, 3 vol. in-8°; de Rabelais, 1711, 6 vol. in-8° ; des Aventures du baron de Fcenesle et de la Confession de Sancy par d’Aubigné, Amst., 1729, 2 vol. in-8° ; de Y Apologie pour Hérodote de H. Estienne, ibid., 1735, 3 vol. in-8°.Formey a publié, sous le titre de Ducatiana, Amsterdam , 1737, 2 parties in-8®, les notes dont Le Duchat n’avait pas, fait usage.

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LEE (Nathaniel), poëte dramatique anglais, né dans le comté d’Hertford vers 1648, m. en 1691 ou 1692, vécut dans la misère et dans les excès, et devint fou. Il a laissé 11 tragédies, dont 2 en société avec Dryden. Elles ont été réunies à Londres, 1734, 3 vol. in-8°.

LEE (Sophie), née à Londres en 1750, m. en 1824, cultiva les lettres avec succès. Elle a laissé : le Chapitre des accidents, 1780, comédie qui réussit; the Hecess, 1784, roman dont le sujet est le même que celui du Château de Kenilxvorth de Walter Scott; les Contes de Canterbury , 1798,

5 vol. in-12, en société avec sa sœur, miss Hariett Lee, etc. j

lee , riv. d'Irlande, affluent de la baie de Cork. Cours j -jg 55 kil.

LEEDS, Ledesia, v. d’Angleterre (York, West-Riding), à 35 kil. S.-O. d’ïork, à 300 N.-0. de Londres, par le chemin de fer Nord-Ceutral ; 190,000 habitants eu 1851, 228,187 au recensement de 1867. Ecole d’industrie et de j comin., bibliothèque, société littéraire. Succursale de la j Banque d’ Angleterre. Leeds s’étend en amphithéâtre sur la rive g. de l’Aire; on remarque les églises bl-Pierre, S‘- i Paul, Sl-Jean et S'-Jacques ; le pont de Wellington; le palais de justice; le marché au blé, orné d’une statue de la reine Anne; l’hôtel de ville, en style grec, le plus beau du royaume. C’est la première ville d’Angleterre pour la fabrication de la laine, des tapis, couvertures, draps, étoffes de soie, de ffl et de coton; elle possède aussi des papeteries, des fonderies, des fabr. de machines, savons, houillères, des carrières d'ardoises. Elle communique par chemins de fer avec York, Hull, Wakefield, Derby, Manchester, Halifax et Liverpool ; par l’Aire avec la mer du Nord. Leeds, qui existait au temps d’Edouard le Confesseur, avait autrefois une forteresse, où fut enfermé Richard II. Elle garde encore la charte de Charles II.

LELK, v. d’Angleterre, comté et à 33 kil. N.-N.-E. de Stafford; 11,738 hab. dans la paroisse, Grande fabrication de boutons et de cotonnades, de foulards et de rubans. Un canal l’unit avec le Treut et la Mersey, et la houille est toute voisine. Jolie église de Sl-Edouard le Confesseur.

LEER, v. du royaume de Prusse (prov. de Hanovre', | port de commerce sur la Leda, qui est à 10 kil. de son embouchure dans l’Ems, à 24 kil. S. d’Aurich ; 8,000 hab. Grands chantiers de construction, sucrerie, savon, navigation importante. Grains et bestiaux.

LEERDAM, v. du royaume de Hollande (Hollande méridionale), sur la Linge, à 12 kil. N. -O. de Gorkum; 2,000 hab. Aux environs est le village d’Aequoi, où naquit Jansénius.

LE EU VEN (Simon Van), en latin Leevius , jurisconsulte hollandais , né à Leyde en 1625 , m. à La Haye eu 1682, est auteur d’un recueil très-utile et très-savant : de Origine et de progressa juris civilis rrmani, etc. Ed. T.

LEEUWARDEN , v. forte du rty. de Hollande, capitale ; de la Prise, sur l’Ee, à 105 kil. N.-E. d’Amsterdam ; 25,377 ; hab. Ch. -1. d’arrond. Trib. civil et de commerce; école latine, bibliothèque ; arsenal; bourse; maison de correction. Entrecoupée de canaux et bien bâtie ; on y remarque une église renfermant les tombeaux des stathouders de la Frise, le palais de ces princes, l’hôtel de ville, etc. Fabr. de toiles et de papier; grande foire annuelle de chevaux.

LEEUWIN (Terre de), ou de la Lionne, partie S.-O. de l’Australie, au S. de la Terre d’Edels, de 31° 43’ à 35“ 4’ lat. S. Découverte en 1622.

LEEWAllD (Iles). V. Antilles.

LEFEBVRE (Jean), dit Toison d'Or, seigneur de Saint- Remy, chroniqueur du xve siècle , né à Abbeville, m. à Bruges en 1468, héraut de la cour de Bou-rgogne, a laissé des Mémoires sur les années 1407-1436 ; ils ont été publiés par Buchon, dans sa Collection des chroniques nationales, t. vu et vm. Ce n’est guère qu’un abrégé, souvent un plagiat, des chroniques de Monstrelet. B.

Lefebvue d’EtapIes (Jacques), en latin Fa’oer Stapulensis , savant critique , né vers 1455, m. en 1536, fut un de ceux qui commencèrent à chasser la barbarie qui régnait dans l’Université de Paris. Devenn suspect de luthéranisme, il se réfugia à Meaux, chez l’évêque Briçonnet, qui était son ami. Inquiété jusque dans cet asile, il reçut de l’évêque même le conseil de partir, et il se retira à Blois, puis en Guyenne. Il mourut â Nérac, âgé de près de cent un ans, honoré de la protection de Marguerite de Navarre. La plupart de ses écrits roulent sur des matières de théologie ou de philosophie. Les principaux sont : Psalterium quintupler giillicum , romanum , hebraicum , velus , concilia lum , 1509 et 1513; Commentaires sur les Evangiles , I Meaux, 1525; — sur les Epitres canoniques, ibid. , 1525; De j tribus et unicâ Magdalend dissertalio , Paris, 1519, in-4°, où

il soutient, contre l’opinion de plusieurs docteurs et l’office de St<s-Marie-Madeleine dans le bréviaire romain, que Madeleine la pécheresse, Marie-Madeleine, et Marie, sœur de Lazare, sont trois femmes différentes. C. N.

lefebvue (Franç. -Joseph ) , duc de Dantzick, né en 1756 à Rouffach (H. -Rhin), m. en 1820. Fils d’un meunier, qui le destinait à l’état ecclésiastique , il s’engagea dans les gardes-françaises en 1773. Il était parvenu au grade de sergent en 1789. Sous la République, son avancement fut rapide : général de division dès 1794, il se distingua aux combats de Lambach et de Giesberg, à la bataille de Fleuras, 1794, au premier passage du Rhin, 1795, aux batailles d’Altenkirchen, 1796, et de Stockach, 1799. Nommé commandant de la 17e division militaire, dont le chef- lieu était Paris, il contribua au coup d’Etat du 18 brumaire. Sénateur en 1800, maréchal de l’Empire en 1804, il commandait la garde impériale à pied aux batailles d’Iéna, 1806, et d’Eylau, 1807. Cette même année, il s’empara de Dantzick, que l’on réputait imprenable, conquête qui lui valut le titre de duc de Dantzick. En 1808 , il dirigea le 4e corps de l’armée d’Espagne, reçut, l’année suivante, en Allemagne, le commandement de l’armée bavaroise, et se signala à Abersberg, Eckmiihl, Wagram. Il fit la campagne de Russie à la tète de toute la garde impériale, et, pendant la campagne de 1814, opéra des prodiges à Montmirail, Arcis-sur-Aube , et Champanbert. A la lre Restauration, Louis XVIII le nomma pair de France ; ce titre lui fut conservé pendant les Cent-Jours ; mais la 2e Restauration le lui enleva; il ne le reprit qu’en 1819. A d’éminentes qualités comme général, Lefebvre joignait tontes les vertus du citoyen, la modestie, la simplicité de mœurs, le désintéressement. B.

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