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entre les monts Olympe au N., et Ossa au S., sur les Jeux rives du fleuve Pénée. Elle s’étend du S. -O. au N.-E.; sa longueur est de 7,405 met. (40 stades), et sa plus grande largeur de 643 mèt. |2 stades 1/2) environ; quelquefois elle se rétrécit à 30 mèt. — Ternpé était aussi une vallée de la Béotie. Les poètes anciens, Virgile surtout , 1 ont chantée ; elle avait 8 kil. de long, sur 33 mèt. de large.
TEMPELBUIIG, v. murée des Etats prussiens (Poméranie), à 39 kil. S.- O. de Neu-Stettin, sur le lac Drazig; 3.400 hab. Fondée au xme siècle par les Templiers.
TE.MPIO, v. forte de Pile de Sardaigne, ch.-l. d’arrond. (prov. de Sassari); 9,547 hab. Evêché. Connu, de porcs.
TEMPLE (Le), célèbre monument de Jérusalem, bâti et dédié par Salomon. On en a exagéré les dimensions : il n’avait que 60 coudées de longueur, 20 de largeur, et 30 de hauteur ( 27 m ,60 ; 9ni,20; 13re,80, environ). Mais il brillait par la richesse des matériaux et l’éclat des ornements. 11 se divisait en 4 parties : 1° le Parvis des Gentils , vestibule extérieur, où étaient admis même les étrangers, et où l’on entrait par 4 portes de bronze enrichies de lames d'or; 2° le Parvis des Juifs, réservé aux seuls Israélites, et où était l’autel des holocaustes ; 3° le Parvis des prêtres, Interdit à tout autre qu’aux Lévites, et fermé par des portes de cèdre, sur lesquelles étaient sculptés des pampres et des grappes de raisin dorés; il renfermait l’autel des parfums, le chandelier d’or à 7 branches, la table des pains de proposition, et la Mer d'airain , bassin servant aux purifications des prêtres, haut de 5 coudées, large de 10 (2»>,30, et 4m,60), mesurant 30 coudées (13“,80) de circonférence, et porté sur 12 bœufs d’airain qui regardaient, trois par trois, les quatre points cardinaux ; 4° le Sanctuaire ou Stmi< des Saints, séparé du reste du Temple par un immense voile, et où le grand-prêtre seul pouvait entrer une fois l’an ; le pavé était de marbre orné d’or, et les lambris, de cèdre doré, ornés de sculptures et de pierres précieuses ; au centre, était l’Arche d’alliance, audessus de laquelle se tenaient deux chérubins dorés, hauts de 10 coudées, et déployant leurs ailes. Plus de 200,000 ouvriers, tant Israélites que Tyriens, furent employés pendant sept ans et demi aux travaux du Temple. C. P.
TEMPLE (Le), monastère de Paris, chef d’ordre des Templiers de France, prit son nom des religieux qui l’habitaient (F. Templiers). Son enclos s’étendait entre les rues du Temple à TO., où était son entrée, de Vendôme au N., et de la L’orderie au S. Après la suppression des Templiers, il passa aux Hospitaliers de S‘- J ean-de- Jérusalem , et fut déclaré propriété nationale en 1790. C’était un lieu de franchise, où tous les ouvriers qui n’étaient pas reçus maîtres pouvaient travailler, sans être inquiétés par les gardes et jurés des métiers de Paris. Les débiteurs insolvables venaient aussi y chercher un refuge. On voyait , dans cet enclos: 1° l’hôtel du grand-prieur de France, construit par Jacques de Souvré dans la 2° moitié du xvne siècle, et où Philippe de Vendôme, successeur de ce seigneur, donna les fameux Soupers du Temple, chantés par Chaulieu ; 2° l’église conventuelle, bâtie sur le modèle de celle de Sl-Jean-de-Jérusalem; 3° une grosse tour flanquée de 4 tourelles, construite en 1212 par les Templiers pour placer leurs archives, destinée plus tard à mettre le trésor des rois de France, et où Louis XVI fut détenu du 14 août 1792 au 21 janvier 1793. On y enferma aussi la reine Marie-Antoinette et ses enfants, Montlosier, Sidney- Smith, Toussaint-Louverture, Pichegru, Moreau, Cadoudal. Depuis la fin du xvme siècle, on ouvrit, sur les dé pendances du Temple, les rues de la Petite-Corderie, Dupetit-Thouars, Percée, etc.; une autre partie est devenue un marché pour le vieux linge. La tour a été abattue en 1811 ; l’hôtel du grand-prieur, restauré, à la même époque, et qui devait servir au ministère des cultes, fut érigé, sous Louis XVIII, en 1816, en couvent de Bénédictines sous la direction de la princesse de Bourbon-Condé , ancienne abbesse de Remiremont; abandonné par les religieuses en 1848, il a été démoli en 1854, et depuis 1857, un vaste et beau jardin occupe tout l’anc. terrain de l’nôtel et de ses cours. B.
temple, Templum , nom générique de tout lieu consacré par les augures, chez les anciens Romains, même quand il ne servait au culte d’aucune divinité spéciale. — On appelait encore temples les légions du ciel dans lesquelles on observait les auspices, et que l’augure divisait fictivement avec son lituus ou bâton augurai. C. D — v.
temple, nom qui fut donné, à Paris et en France, à plusieurs églises, après l’abolition du culte en 1793. Par décret de la Convention, l’église Notre Dame fut le temple de la Raison; celle de St-Roch, le temple du Génie; celle de b'-Germain-l’Auxerrois, le temple de la Reconnaissance. En
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1798, une loi établit dans chaque commune où il y avait une administration municipale, un temple décadaire, où, chaque décadi, on célébrait publiquement les mariages, et Ton proclamait les lois nouvellement rendues. Ce temple était une des anciennes églises. Cet usage cessa en 1800.
temple (Le), brg (Gironde), arr. et à 35 kil. N.- O. de Bordeaux ; 550 hab. Il appartint d’abord aux Templiers , puis à Tordre de Malte.
temple (le chevalier William), diplomate, né à Londres en 1628, m. en 1698 ou 1700, voyagea en France, en Hollande et en Allemagne, apprit les langues de ces pays, entra à la Chambre des Communes en 1661, négocia, en 1665, l’alliance de Charles II et de l’évêque de Munster contre la Hollande, et, en 1665, la Triple alliance entre la Hollande, l’Angleterre et la Suède contre Louis XIV. Il concourut aussi à la paix d'Aix-la-Chapelle, 1668, aux négociations de Nimègue, 1674-78, et fit ensuite partie du ministère, où il fut en opposition avec Shaftesbury. Il se retira des affaires en 1685, et vit la révolution de 1688 sans y prendre part. 11 a laissé des Mémoires fort intéressants, des Observations sur les Provinces-Unies, des Lettres, une Introduction à l’Histoire d'Angleterre, des Mélanges, etc. Ses OEuvres ont été réunies en 1814, 4 vol. in -8®.
TEMPLIERS, ordre religieux et militaire, fondé en Palestine, en 1118, par Hugues de Payens ou de Pains, de la maison des comtes de Champagne, et par huit autres gentilshommes, pour la défense de la Terre-Sainte. Aux trois vœux ordinaires de chasteté, de pauvreté et d’obéissance, ils ajoutèrent celui de porter les armes contre les infidèles, et de protéger les voyageurs et les pèlerins. Le roi Baudouin 11 leur accorda pour demeure une maison voisine des ruines du Temple de Salomon, d’où ils furent appelés Frères de la milice du Temple, Chevaliers du Temple , Templiers. Le pape Honorius II fit confirmer leur institut par le concile de Troyes en 1128, et une règle de l’Ordre fut écrite sous la direction de S1 Bernard. Les Templiers entendaient la messe 3 fois par semaine, et communiaient 3 fois Tan ; ils portaient un vêtement blanc, symbole de la pureté, avec une croix rouge, emblème du martyre ; leur vie était très-austère ; la règle leur imposait l’exil perpétuel de leur patrie, et une guerre sans trêve contre les infidèles; ils devaient toujours accepter le combat, fùt-ce d’un contre trois, ne jamais demander quartier, ne jamais donner de rançon. Leur étendard, nommé Daucéant, était mi-parti de noir et de blanc, avec cette légende : Non nobis, Domine, non nobis , sed nomini luo da gluriam : « Ne donne pas à nous Seigneur, ne donne pas à nous la gloire, mais à ton nom. » Les principales dignités établies par les statuts étaient celles du grand-maltre , qui avait rang de prince, des précepteurs, ou grands-prieurs, des visiteurs, et des commandeurs. Au-dessous des chevaliers, étaient les Frères servants — L’ordre des Templiers ne resta pas longtemps confiné en Palestine : en 1129, il avait déjà des établissements dans les Pays-Bas; en 1134, Alphonse Ier, roi de Navarre et d’Aragon, l’institua héritier de ses Etats; mais Tordre n’obtint qu’avec peine quelques villes d’Aragon, 1141. Au commencement du xne siècle, il possédait 9,000 domaines dans divers Etats, et en retirait revenu de 112 millions de livres environ. Il avait 17 places fortes dans le royaume de Valence. Philippe-Auguste, partant pour la Terre -Sainte , confia aux Templiers la garde de ses trésors et de ses archives. Ils avaient aussi en dépôt, dans leur maison de Londres, la majeure partie des richesses des rois d’Angleterre. Réunissant aux périls de la guerre les abstinences du cloître, Tordre du Temple réalisait l’idéal de la croisade, et, par sen courage et une abnégation sans bornes, méritait la reconnaissance et l’admiration des peuples de l’Occident. La défense de Gaza, 1171, la bataille de Tibériade, 1187, la conquête de Damiette, 1219, la croisade d’Egypte, 1250, fureut pour les Templiers autant d’occasions de signaler leur bravoure. Après la chute de Saint-Jean d’Acre, en 1291, ils se retirèrent à Limisso, dans l’ile de Chypre. Le grand-maître Gaudini n’avait sauvé que les trésors de l’Ordre et dix chevaliers. Mais Tordre se reconstitua avec rapidité, et les chevaliers étaient déjà très-nombreux lorsqu’ils se dispersèrent dans les commanderies qu’ils possédaient en Occident. — Mais ire se corrompirent vite dans la prospérité, et, 30 ans à peine après leur avoir donné des instructions, S* Bernard leur reprochait le luxe de leurs vêtements et de leurs armes, leur orgueil et leur avidité. Milice inquiète et indomptable, ils guerroyèrent meme contre les chrétiens : ils firent la guerre au roi de Chypre et au prince d’Antioche, détrônèrent le roi de Jérusalem Henri II et le duc de Croatie, ravagèrent la Thrace et la Grèce. Dans leurs rivalités contre les Hospitaliers, ils étaient allés jus-
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qu’à leur lancer des flèches dans le Saint-Sépulcre. A Paris, Philippe le Bel trouva protection contre une émeute, eu 1300, dans le quartier qu’ils possédaient. Leur puissance lui donna de l’ombrage ; leur or excita sa convoitise ; ils avaient refusé de l’admettre dans l’Ordre ; il résolut de les perdre. Des bruits odieux furent répandus dans le peuple. Des accusations de blasphème, de sacrilège, d’idolâtrie, Circulèrent. Le 13 octobre 1307, le grand-maître Jacques Molay fut arrêté avec les 140 Templiers qui étaient à Paris. On saisit les autres chevaliers sur tous les points du royaume à la fois. Une commission fut instituée pour les jnger. Les Templiers furent accusés : 1° de renier J.-C. à leur réception dans l’Ordre, et de cracher sur la croix; 2° de s’abandonner entre eux à d’abominables impuretés ; 3° d’adorer Baphomet, idole dorée et argentée. On extorqua des aveux par les tortures; on prit à la lettre ce qui n’était que symbole; et quand le pape Clément V revendiqua son droit de juridiction, on s'arma des témoignages obtenus, et on répondit que le mal avait paru de nature à ne point souffrir de délai. Les Etats-Généraux de Tours (mai 1308 | soutinrent Philippe le Bel, qui alla trouver le pape à Poitiers, traînant après lui 72 Templiers qui confirmèrent leurs dépositions précédentes. Devant ces aveux, Clément V se réserva seulement le jugement du grandmaître et des dignitaires. Il envoya, dans tous les Etats chrétiens, l’ordre d’informer contre les Templiers; mais le roi ne put l’amener à prononcer l’abolition de l’Ordre. Une commission chargée d’informer au sujet de l’Ordre en général dans le royaume de France, s’établit à Paris, 1309. Tous les Templiers de France furent cités à comparaître. L’interrogatoire de Jacques Molay n’éclaira en rien l’affaire. En 1310, 546 Templiers comparurent ensemble, et, reprenant courage , rétractèrent tout ce qui avait été avoué, et présentèrent un mémoire justificatif, infirmant les témoignages obtenus contre eux comme extorqués ou achetés, et constatant les iniquités de la procédure. Un Concile provincial fut enfin convoqué à Paris par Philippe de Marigny, archevêque de Sens, pour juger les Templiers arrêtés à Paris et dans la province de Sens; il en abandonna 54 au bras séculier comme relaps, c.-à-d. pour avoir rétracté leurs vœux, et, malgré les instances des commissaires pontificaux, ils furent conduits au bûcher. Le 13 avril 1312, au concile de Vienne, le pape, dominé par Philippe le Bel, abolit l’Ordre du Temple. Les biens des Templiers devaient être donnés aux Hospitaliers. Cette décision fut partout exécutée, excepté en Espagne et en Portugal. Philippe le Bel, non content de s’adjuger le Temple et les trésors qu’il renfermait, exigea 300,000 liv. pour les trais de la procédure. Renvoyés devant les conciles provinciaux, la plupart des chevaliers furent remis en liberté. Les quatre grands dignitaires, Jacques Molay, le visiteur de France, et les commandeurs d’Aquitaine et de Normandie, furent amenés à Paris, devant une nouvelle commission, et condamnés à une prison perpétuelle. Molay et le commandeur de Normandie rétractèrent alors leurs aveux. Aussitôt Philippe, sans prendre avis de la commission ecclésiastique, ordonna que les deux relaps fussent conduits au bûcher. On les brûla à la nuit tombante dans une petite île de la Seine (auj. le terre-plein du Pont- Neuf), et leurs cendres furent jetées au vent.
Liste des grands-maîtres.
1118 Hugues de Payens.
1136 Robert le Bourguignon.
1147 Evrard des Barres.
1119 Bernard de Dramelai ouTramelai.
1153 Bertrand de Blanquefort.
1163 Philippe de Naplouse.
1171 Odon de Saint-Amand.
1179 Arnaud de Torage (origine inconnue).
1184 Terric, Thierry ou Tércnee (origine inconnue).
1183 Gérard de Riderfort ou de Redefort (Anglais ou Flamand).
1191 itobert de Sablé.
1196 Gilbert Horal ou Bral.
1201 Phi :ppe du Plessiez.
1217 Guillaume de Chartres.
1219 Pierre de Montaigu. *
1233 Armand de Périgord ou Peyragos.
1247 Guillaume de Souac ou Senai.
1250 Renaud de Vicjiitrs.
1256 1 bornas Béraut.
1273 Guillaume ou Guichard de Beaujeu.
1291 Le moine Gaudini (origine inconnue).
1298 Jacques de Molay.