‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 568 sur 864 · TES — 2602 — TES · texte numérisé non relu

TES — 2602 — TES

fit lever aux Impériaux le siège de Pignerol, reçut en 1696 la mission de détacher le duc de Savoie de l’alliance autrichienne , ne put d’abord y réussir, mais après des succès de Catinat, signa la paix entre la Savoie et la l’ rance ; il fut nommé maréchal de France en 1703, défit les Portugais devant Badajoz, assiégea inutilement Barcelone en 1704, revint en France faire lever aux Piémontais le siège de Toulon, 1707, fut ambassadeur à Rome et à Madrid, 1708, et se retira dans sa vieillesse chez les Camaldules. Grimoard a publié les Mémoires et Lettres du maréchal dt Tessé, Paris, 1806, 2 vol. in-8*. B.

TESSENDER-LOO, v.de Belgique (Limbourg), à 25 kil. N.- O. d’Hasselt. C’est l’anc. Toxandria.

TESSÈRAIRE, Tesserarius, soldat qui, dans une armée romaine, recevait du tribun de sa légion le mot d’ordre écrit sur une tessère ( V. ce mot ) , et allait le faire connaître de tente en tente. C. D — y.

TESSÈItE, Tessera , dé cubique pour divers jeux de hasard chez les anc. Romains. On en avait 2 ou 3 que l’on jetait sur une table creuse avec un cornet. — Tessère de milice, petite planchette de bois sur laquelle les généraux romains, à la guerre, écrivaient les ordres qu’ils donnaient dans le camp. Des soldats allaient les porter ( V. Tesse- EAlRE). — Tessère d'hospitalité, petit morceau de bois, d’os, ou d’ivoire, oblong, sur lequel on inscrivait les noms de deux hôtes; en se quittant, chacun en gardait une moitié, qui servait de signe de reconnaissance dans les familles respectives , et donnait droit d’y être accueilli comme hôte. — Tessère théâtrale, petit jeton d’ivoire ou d’airain que les candidats aux magistratures, chez les anciens Romains, distribuaient à leurs partisans, pour occuper, dans les jeux publics, des places qu’ils faisaient garder à cet effet. La tessère portait souvent l’indication de la section et du gradin du théâtre et de l’amphithéâtre où la place était gardée. — Tessère de gladiateurs, espèce de petite réglette donnée aux gladiateurs comme signe de distinction , et qu’ils portaient au col; leur nom était gravé dessus, ainsi que l’époque où ils avaient combattu. — Tessère fromentaire, marque donnée aux pauvres citoyens pour avoir une ration de blé à l’Annone ( V. ce mot). C. D — Y.

TESSIER (Alexandre-Henri), agronome, né à Angerville en 1742, m. en 1837, était fils d’un notaire, et s’occupa de bonne heure des sciences naturelles. Nommé directeur de l’établissement rural de Rambouillet , il contribua beaucoup à propager les mérinos en France; membre de l’Académie des Sciences depuis 1783, il rédigea les Annales d' agriculture de 1798 à 1817, et fut collaborateur de V Encyclopédie méthodique et du Dictionnaire des sciences naturelles. Il a écrit aussi beaucoup d’opuscules sur l’agriculture et l’art vétérinaire , entre autres : des Maladies des grains ; des Maladies des bestiaux, etc. Il avait encore étudié la médecine, et donna une thèse de l'Influence de la douce égalité de l'âme sur la santé, £

TESSIN (Nicodème, comte de), sénateur de Suède et grand-maréchal de la cour, né en 1654 à Nikôping, m. en 1718, est surtout connu par ses travaux d’architecture, parmi lesquels on distingue le palais du roi à Stockholm , et le château royal de Drotningholm. B.

tessin (Charles-Gustave, comte de) , fils du précédent, né en 1695 à Stockholm, m. en 1770, révéla de grands talents dans les discussions politiques qui s’élevèrent en Suède après la mort de Charles XII, et fit triompher le parti des ( h» peaux ( V. ce mot). Président de l’assemblée de la noblesse à la diète de 1738 , il fit accorder les plus grands encouragements à l’industrie et au commerce , conseilla l’alliance française , et , ambassadeur â Paris de 1739 à 1742 , conclut le traité qu’il désirait. Chargé ensuite de rétablir la bonne intelligence entre le Danemark et la Suède , et négocier à Berlin le mariage de Louise- Ulrique , sœur du prince Frédéric de Suède , il dirigea , de 1747 à 1752, les affaires étrangères comme président de la chancellerie, en même temps qu’il remplit les fonctions de gouverneur du prince royal (depuis Gustave III). En 1761 , fatigué de lutter contre les partis , il finit par résigner toutes ses charges, et se retira dans sa terre d’Akerô en Sudermanie.

tessin ou tésin, Ticinus , en italien Ticino , rivière de Suisse et d’Italie, naît au mont Sl-Gothard , près des sources de la Reuss, coule au S. , traverse le lac Majeur, sépara jusqu’en 1859 les Etats sardes du roy. Lombard- Vénitien, et se jette dans le Pô, près de Pavie ; elle est navigable sur 279 kil Annibal battit P. Scipion sur ses bords, l’an 535 de Rome, 218 av. J.-C.

tessin (Canton du), un des 22 cantons de la Suisse, au S., entre ceux d’Uri et du Valais au N., des Grisons au N.-E., te royaume d’Italie (provinces de Novare et

de Corne) au S. -O. et à l’O:; entre 45° 46' 45" et 46° 31’ 15” lat. N. , 5» 41’ 21” et 6» 39’ 38” long. E. ; 2 835 kil. car. ; 95 kil. sur 55; 116,313 hab. Ch.-l. , Lugano (les diètes se tiennent alternativement à Lugano , à Locarno , et à Bellinzona). Sillonné parles Alpes Helvétiques, sur lesquelles il s’appuie au N. , et qui forment de belles vallées fertiles, où abondent les pâturages. Arrosé par le Tessin et le Maggia , il contient le lac de Lugano et la partie N. du lac Majeur. On en tire du marbre, du cristal , des grenats , de la pierre ollaire , des bois de construction , des vins communs. Récolte de mais; peu de blé. Elève de bétail ; préparation de fromages ; vers à soie. Peu d'industrie manufacturière. Les habitants sont catholiques, et parlent généralement l’italien ; beaucoup d'entre eux vont exercer des métiers dans les contrées voisines. — Ce pays , d’abord dépendance de l’Italie, fut conquis par les Suisses en 1512. En 1798, il fut déclaré indépendant, et forma les deux cantons de Bellinzona et de Lugano, réunis en 1803 sous le nom de Tessin. La constitution du nouveau canton, rédigée en 1814, fut modifiée en 1830 et en 1839. Chacun des 38 districts élit 3 représentants au Grand - Conseil, qui exerce le pouvoir législatif et qui nomme le pouvoir exécutif composé de 9 membres. Il est le 18' de la Confédération par ordre d’admission , le 5e par son étendue , le 7e par sa population.

TESSY-SUR-VIRE, ch.-l. de canton (Manche) , arr. et à 18 kil. S. de Sl-Lô , sur la Vire ; 809 hab.

TEST, c.-à-d. en anglais épreuve, pierre de touche , nom donné à un serment que le Parlement imposa en 1673 , sur l’avis de Shaftesbury , à tous ceux qui devaient exercer quelque office public, afin de s’opposer aux intentions bienveillantes de Charles II pour les catholiques, et de frapper particulièrement le duc d’York ( depuis Jacques II), grandamiral d’Angleterre. Les fonctionnaires devaient déclarer par écrit qu’ils ne croyaient pas à la transsubstantiation. En 1678 , on ajouta au serment du Test une réprobation du culte de la Vierge et des saints. En 1682, le Test introduit en Ecosse contint une adhésion au protestantisme , et la renonciation au Covenant ( V. ce mot ) , ainsi qu’à toute doctrine de résistance au gouvernement. Le serment du Test , invention et instrument de parti, a été aboli en 1828.

TESTAMENT (Ancien et Nouveau). V. Bible.

testament chez les anc. Romains, Teslamentum , droit du citoyen de pouvoir disposer de ses biens après lui. Les hommes avaient ce droit à 14 ans , les femmes à 12 ; il se perdait par infirmité empêchant de manifester sa volonté. Originairement la succession légale était dans l'ordre de descendance directe; quiconque voulait l’intervertir, devait le faire devant le peuple, dans des comices par curies, tenus 2 fois l’an à cet effet. Plus tard , pour faciliter les testaments, on fit représenter les comices par 5 citoyens romains pubères. Jusqu’à la loi des XH Tables, le droit de testament n’appartint qu’aux patriciens : les plébéiens ne l’avaient que d’une manière détournée, par un acte de vente simulée à l’héritier de leur choix : c’était ce qu’on appelait la mancipation ( V. ce mot). Les XII Tables, proclamant l’égalité des droits entre les deux ordres , établirent que la mancipation serait désormais le seul mode de testar ment. — Testament sous les armes, Teslamenlum in procinclu. Un soldat en campagne, ou sur un champ de bataille, déclarait à haute voix , devant 3 ou 4 camarades , qu'il choisissait tel ou tels pour ses héritiers , et cette déclaration suffisait. C’était un reste du mode primitif du testament en assemblée de comices. C. D — y.

testament en France. Le testament est un acte par lequel le testateur dispose, pour le temps où il n’existera plus, de tout ou partie de ses biens , et qu’il peut révoquer ( Code Napoléon, art. 895 ). Nul ne peut tester, s’il n’est sain d’esprit , en possession de ses droits civils , majeur de 16 ans pour disposer de la moitié de ses biens , et de 21 ans pour la totalité. La femme mariée peut disposer par testament d'une manière absolue. — 11 y a trois sortes de testaments : olographe , par acte public , et mystique. Le testament olographe doit être écrit en entier, daté et signé de la main du testateur. — Le testament par acte public est dicté par le testateur à un notaire en présence de 4 témoins , ou à 2 notaires , dont un seul écrit , et devant 2 témoins. Le testateur, et deux témoins au moins, signent. — Le testament mystique ou secret est écrit ou dicté par le testateur, signé par lui, et remis fermé et scellé au notaire en présence de 6 témoins , au moins. — Les citoyens engagés dans une expédition militaire, en quartier ou en garnison hors du territoire français, ou prisonniers chez l’ennemi, peuvent faire recevoir leur testament par un officier supérieur, au moins chef de bataillon ou d’escadron, ou, à l’hôpital, par l’officier de santé en chef, assisté du commun-

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