TET
daut militaire de l’hôpital. Le testament , ainsi reçu , devient nul 6 mois après le retour du testateur dans un lieu où il a la liberté d’employer les formes ordinaires. — La même faculté est donnée aux gens de mer : sur les bâtiments de l’Etat, l’officier commandant ou son lieutenant, conjointement avec l’officier d’administration, reçoivent les testaments ; sur les bâtiments du commerce, c’est l’écrivain conjointement avec le capitaine ou patron. Ce testament doit être déposé dans le 1er consulat français où le navire aborde ; il n’est valable qu’autant que le testateur meurt en mer, ou dans les 3 mois après qu’il est descendu à terre dans un lieu où il a pu le refaire dans les formes ordinaires [Code Napoléon , art. 967 etsuiv.). C. D — y.
testaments roLiTiQUES , nom que les modernes ont donné à des écrits posthumes laissés par des souverains ou des ministres d’Etat, ou qu’on leur attribue , et contenant ordinairement soit un sommaire de leurs actes, soit des conseils politiques pour leurs successeurs. — On ne cite guère, dans l’antiquité, qu’un acte de ce genre : c’est le testament politique d’Auguste, plus connu sous le nom d 'Inscription d'Ancyre ( V . Ancyre). Chez les modernes, on cite surtout les testaments politiques de Philippe-Auguste, de Richelieu, de Colbert, de Louvois, d’Albéroni, ■et de Pierre le Grand , tzar de Russie. — Le Testament de Philippe- Auguste est une ordonnance rendue par ce prince, avant son départ pour la croisade , dans le but d’organiser l’administration monarchique ( F. Philippe 11 Auguste) ■ — Le Testament politique de Richelieu , publié à Amsterdam, 1687, 2 part, in-12, est bien l’œuvre du cardinal : ■< C’est la peinture de son esprit, dit La Bruyère ; son âme tout entière s’y développe; l’on y découvre le secret de sa conduite et de ses actions; l’on y trouve la source et la vraisemblance de tant et de si grands événements qui ont paru sous son administration ; l’on y voit qu’un homme qui pense si virilement et si juste, a pu agir sûrement et avec succès, et que celui qui a achevé de si grandes choses, ou n’a jamais écrit, ou a dû écrire comme il a fait. » Foneemagne a doctement prouvé, malgré l’avis contraire de Voltaire, l’authenticité de ce Testament, dont il a donné l’édition la plus complète, 1764, précédée d’une Succincte narration de toutes les grandes actions du règne de Louis XIII depuis 1624 jusqu’en 1641. Une 3e partie du Testament politique de Richelieu , Amsterdam, 1689, n’est que la réimpression du Traité de la politique de France par Du Châtelet. — Le Testament politique de Colbert , La Haye, 1693 et 1711, in-12, est une œuvre apocryphe , mauvaise copie du Testament de Richelieu, fabriquée par Courtilz de Sandras. II en est de même du Testament politique de Louvois, du même auteur, Paris, 1695, in-12. — Le Testament politique d'Albéroni n’est pas de ce ministre fameux; ouvrage de Durey de Morsan , il fut publié , comme traduit de l’italien, à Lausanne, 1753, in-12, par Maubert de Gouvest, auteur lui-même d’un Testament politique du chevalier de 11 ’alpole, Amsterdam, 1767, 2 vol. in-12, qui vaut encore moins. — Le Testament politique de Pierre le Grand est auj. généralement regardé comme authentique, en ce sens qu’il fut composé avec des documents recueillis au ministère des affaires étrangères de Russie. Le tzar y' trace un plan d’agrandissement pour son Empire ; les principaux moyens qu’il indique sont : donner à la nation russe les usages européens ; alimenter l’anarchie en Pologne, afin de s’emparer de ce pays; se mêler aux querelles de l’Europe, et surtout de l’Allemagne; mettre en lutte l’une contre l’autre la France et l’Autriche , ainsi que leurs alliés, et profiter de leur affaiblissement pour tout envahir; s’étendre le long de la Baltique , et, pour cela, entretenir la jalousie de l’Angleterre, du Danemark, et du Brandebourg contre la Suède , qui finira par être subjuguée ; s’étendre de même sur la mer Noire, en créant une marine sur le bord de cette mer, en intéressant l’Autriche à chasser les Turcs de l’Europe, en employant l’ascendant de la religion sur les Grecs répandus dans l’empire ottoman; ne pas perdre de vue que le commerce de l’Inde donne à ceux qui en disposent la souveraineté de l’Europe. B.
TESTE (La) , Testa Boiorum , ch.-l. de cant. (Gironde), arr. et à 60 ldi. O.-S.-O. de Bordeaux; 3,032 liab. Port sur la rive S. du bassin d’Arcachon. Comm. de cabotage, et pêche; établissement de bains de mer très-fréquenté. Fabr. de résine et de térébenthine. Forges. Les seigneurs de La Teste portaient jadis le titre de Captais de Buch. Une tour de leur château a subsisté jusqu’en 1820.
TESTEl.lN I Louis), peintre, né à Paris en 1615, m. en 1655 , élève de Vouet , fut membre de l’Académie de peinture dès sa création en 1648 , et professeur en 1650. Il fit, pour l’église Notre-Dame, un St Pierre ressuscitant
Tabilhe , et la Flagellation de St Paul et de Silas. Lebrun le consulta souvent sur ses tableaux.
testelin (Henri), frère du précédent, né en 1616, m. à La Haye en 1695, fut membre, puis secrétaire de l’Académie de peinture, professeur en 1656, et dut s’expatrier, comme calviniste, à la révocation de l’édit de Nantes. On a de lui : Sentiments des plus habiles peintres sur la pratique de la peinture et sculpture , Paris, 1699, in-fol.
TESTI (Le comte Fulvio), poëte italien, né à Ferrare en 1593, m. en 1646, avait un caractère inquiet et ambitieux. Sa vie se passa à briguer des fonctions publiques; il fut bibliothécaire du duc Alphonse II, secrétaire d’Etat d’Alphonse III, et chargé de missions à Rome, ûlantoue, Milan, Venise, Vienne. Convaincu de correspondre secrètement avec Mazarin, il fut jeté en prison, où il mourut. On a publié ses OEuvres choisies, Modéne, 1817, 2 vol. in-8°. Marini faillit l’entraîner, mais l’exemple de Ciiiabrera rér forma son goût. Ses principales poésies sont des odes : la marche en est hardie et libre, le style plein de noblesse, de grâce, d’harmonie et de naturel.
TESTÔN, anc. monnaie d’argent, que l’on commença de fabriquer sous Louis XII ; on cessa d’en frapper en 1575, sous Henri III. Elle valait de 10 à 12 sols, et s’appelait Teston parce qu’elle avait une tête (teste) du roi pour marque. Les Testons avaient encore cours du temps de Louis XIV.
TESTlîY, vg;e (Somme), arr. et à 13 kil.S. dePéronne ; 416 hab. Victoire de Pépin d’Héristal, duc d’Austrasie, sur Thierry III, roi de Neustrie, en 687.
TET, Tells, Ruscino, riv. de France (Pyrénées-Orientales), naît au Puy-Prigue, sur les confins du département de l’Ariége, coule au S.-E., puis au N.-E., par Montlouis, Villefranche, Prades, et Perpignan, à 12 leil. E. de laquelle il se jette dans la Méditerranée; cours de 105 kilomètres.
TÉTÉ, v. de l’Afrique australe, dans la capitaineriegénérale portugaise de Mozambique, ch.-l. du gvt des Rivières-de-Seua , sur le Zambèze, par 6° 9' lat. S., et 31° 8' long. E. Défendue par un fort. Centre du commerce des Portugais avec l’intérieur de l’Afrique.
TÊTE DE PORC, capul porcinum, manœuvre militaire des anc. Romains, où un corps d’infanterie se rangeait en forme de coin pour percer la ligne ennemie. C. D— y-.
TETEROW, v. du gr. -duché de Mecklembourg-Scliwérin, à 26 kil. E. de Gustrow; 3,400 hab. Fabr. de toiles.
TÊTES-RONDES, nom donné en Angleterre, par les Cavaliers ou partisans des Stuarts, aux troupes de Cromwell , parce qu’elles avaient les cheveux coupés court. On Détendit ensuite à tous les adversaires de la royauté.
TÊTHYS, la lr' des divinités de la mer, fille d’Uranus et de la Terre, épousa l’Océan, son frère, et en eut les 3,000 Oeéanides, ainsi que les fleuves et les fontaines.
TÉTOUAN, v. murée de l’empire de Maroc (Fez), à 6 kil. de la Méditerranée, où elle a un port, à 48 kil. S.-E. de Tanger; 30,000 hab. Fabr. d’armes, maroquins, lainages, ceintures de soie; comm. de fruits. L’Espagne l’occupa en 1860, dans sa guerre contre le Maroc. — La ville fut fondée par les Romains sous le nom de Jagat.
TÉTRA DRACHME, poids et monnaie d’Athènes, valant 4 drachmes (F. ce mot).
TÉTRAPOLE, c.-à-d. quatre villes, nom donné par les anciens à quelques contrées, telles que la Séleucide en Syrie, le N. de la Lycie, la Doride en Grèce, Vile de Céphallénie, la Cyrénaïque en Afrique, et une partie de la l’hrygie, parce qu’elles renfermaient 4 villes principales. Le même nom était appliqué à la partie orientale de l’Attique, contenant 4 dèmes, et à Antioche, dont les 4 quartiers formaient comme autant de villes.
TÉTRARCHIE, c.-à-d. Etat partagé entre 4 chefs, nom donné : 1° aux divisions de l’anc. Galatie ( F. ce mot ) ; 2» aux Etats formés en Palestine après la mort d’Hérode; 3° au système d’administration de l’empire romain sous Dioclétien ( F. ce mot).
TÉTRICUS (P.-Pivesus ou Pesuvius), usurpateur sous l’empire romain , prit la pourpre à Bordeaux en 268 , étendit son autorité sur les Gaules, l’Espagne et la Bretagne, fut battu en 274, par Aurélien, se livra volontairement à lui, et orna son triomphe. Plus tard, Aurélien le nomma correcteur de toute l’Italie. F. De Boze, Histoire de Tclricus éclaircie et expliquée par les médailles (Mémoires de l’Académie des Inscript., t. 26).
TETSCHEN ou DIECZ1N, v. des Etats autrichiens (Bohême), sur la rive dr. de l’Elbe, à 31 kil. N. de Leitmeritz; 1,900 hab. Sources minérales, et bains dit Joseplisbad. Château des comtes de Thun, bâti en 1775.
TETTNANG, v. du royaume de Wurtemberg (cercle du